La petite rue de la Pépinière sert d’accès, pour des centaines d’habitants, à une crèche, un jardin et un centre d’animation municipal ainsi qu’aux commerces depuis trois décennies. Elle est désormais condamnée par un portail, récemment soudé. Lors d’une assemblée générale, les 38 copropriétaires, le bailleur social HMP (Habitat Marseille Provence) devenu PML (Provence Métropole Logement) qui reste majoritaire au CA de la cité avec 130 logements sociaux, ont décidé de sa fermeture « pour raison de sécurité ».
Le 15 octobre, forts d’une pétition de 500 signatures, les habitants du quartier ont manifesté contre cette décision qui les oblige à faire un long et dangereux détour dans leurs activités quotidiennes. Soutenus dans leur démarche par la mairie de secteur, la mairie centrale, les associations Marsmob et le mouvement Debout, ils souhaitaient faire entendre raison aux copropriétaires de l’ancienne cité HLM progressivement privatisée. La nouvelle présidente de PML, Solange Biaggi, avait accepté de les recevoir mercredi.
Presque deux heures de tentatives de conciliation semblent être restées vaines. C’est « extrêmement déçus », que les représentants du collectif, de l’association pour les mobilités de demain et de locataires de PML sont ressortis du rendez-vous avec la direction du bailleur et les représentants des copropriétaires. « Nous n’avons eu que très peu d’ouverture pour dialoguer sereinement », résume Arnaud de Marsmob, notant un certain « mépris » devant les arguments exposés. « On nous répond qu’une concertation a été faite auprès de 13 locataires qui se sont montrés d’accord avec la décision du conseil » s’étonne Nadia Mendil, locataire elle-même pénalisée par cette privation d’accès et qui n’a jamais été consultée.
Le bailleur social semble « s’aligner sur la volonté des 38 propriétaires de condamner la rue à la circulation piétonne, même avec des créneaux horaires », regrette amèrement Nathalie Prost pour le collectif qui a proposé une médiation. Sans réponse sous quinzaine, le collectif jouera sur l’effet boule de neige : « 30% des cités marseillaises sont concernées par des voies privées » qui, revendiquées comme telles amènent à l’impasse. Contactée, la direction de PML n’a pas donné suite.

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