Tag: habitants

  • L’État veut faciliter l’accès au logement pour ses agents

    L’État veut faciliter l’accès au logement pour ses agents

    Difficulté pour se loger, manque d’attractivité, service public menacé… Pour le ministre de la Fonction publique, David Amiel, il s’agit de revoir l’équation dans des territoires où la pression foncière et le manque de logements sociaux pèsent lourds dans le budget des fonctionnaires. À la cité des douanes, au cœur de la Belle-de-Mai (3e), il a pu découvrir a contrario que la vie était plutôt agréable pour les agents. Au sein de cet ensemble de 11 bâtiments en pleine rénovation, qui abrite les douaniers depuis 1904, « on vit bien », résume Franck Testanière, directeur interrégional des douanes qui fait office de guide, même si, depuis le Covid, le quartier est « passé de populaire à difficile » nuance un des habitants.

    Le taux d’occupation des 200 logements habitables sur 240, du T2 au T4 avec des loyers accessibles, de 300 à 500 euros par mois, est de 100% poursuit le directeur, pour moitié des douaniers actifs et retraités, le reste étant dévolu aux autres fonctionnaires de Bercy. Deux bâtiments abritent des étudiants du Crous. Un « modèle innovant » se félicite le ministre… Rendu possible quand l’État n’a pas vendu les bijoux de famille, comme dans les Alpes ou le Vaucluse glissera au passage le directeur interrégional.

    Diagnostics territoriaux

    Mais « il y a une mobilisation générale du gouvernement pour le logement des agents publics, dont beaucoup sont des travailleurs en première ligne, ceux que l’on avait applaudis pendant la crise sanitaire et qui ne parviennent plus à se loger à une distance raisonnable de leur travail », assure David Amiel. Et de mettre en avant une proposition de loi portée par le groupe Renaissance pour leur faciliter l’accès au logement. « En parallèle, il y a la mobilisation des préfets pour trouver des solutions », complète-t-il, en permettant les réservations de logements sociaux, en faisant du logement intermédiaire ou temporaire.

    Dans une circulaire, le ministre va leur demander des « diagnostics territoriaux précis par métiers, par fonction publique ». Sur notre territoire, le travail a déjà été réalisé au niveau régional, avec l’Insee. Les besoins sont « criants à Marseille ou dans les Alpes-de-Haute Provence où il y a peu de biens à louer », indique le ministre. Des indications qui demandent à être « affinées au niveau départemental », précise Isabelle Épaillard, préfète déléguée à l’égalité des chances. Convenant que la tension est forte sur le logement social, elle souligne aussi « des signaux favorables » avec « une reprise du nombre d’agréments en 2025 », elle compte sur la loi, les gros projets de rénovation urbaine et de réhabilitation des co-propriétés dégradées à venir. Les préfets doivent rendre leur copie d’ici fin avril pour l’état des lieux, fin juin pour des actions ciblées.

  • Les candidats sollicités sur un pacte pour « Marseille propre »

    Les candidats sollicités sur un pacte pour « Marseille propre »

    Un dispositif de nettoyage et de collecte cher et inefficace… Les résultats du « plus grand baromètre citoyen jamais réalisé sur la propreté et les déchets à Marseille » dévoilés ce mardi 17 février par le collectif Basta sont finalement peu surprenants. Sur les 3 743 personnes qui ont répondu aux 48 questions, 79% trouvent la ville « très sale », 70% ne supportent plus les crottes de chiens, 40% ne connaissent pas les jours de passage de la collecte et 60% jugent « très prioritaire » de sanctionner les professionnels qui ne respectent pas les règles.

    Se basant sur les données de la Métropole, le collectif a établi que la quantité de déchets par habitant et par an est supérieure à la moyenne régionale, avec 342 kg contre 285, que le tri est à la traîne avec 38 kg d’emballages triés par an et par habitant à Marseille contre une moyenne régionale de 57 kg. Le tout pour un coût qui explose, la taxe d’enlèvement des ordures ménagères se montant à 245 euros par habitant et par an contre 140 au national, Marseille restant la ville la plus taxée de la Métropole. Face à ces piètres performances, « nous, collectif apartisan mais politique, au service des Marseillaises et des Marseillais, voulons mettre fin à une mauvaise gestion », explique Félix de Monts, de Basta.

    Pression citoyenne

    Après cette étude, un pacte pour Marseille propre, 5 chapitres pour 25 propositions, sera soumis aux candidats. Parmi elles, qu’un élu marseillais soit responsable de la propreté, de la collecte des déchets et des aménagements de voirie nécessaires, la mise en place d’un comité citoyen trimestriel avec une déclinaison par secteur. Et enfin l’organisation d’états généraux.

    « Je signe moi », s’emballe le candidat insoumis, Sébastien Delogu, quand Sébastien Barles, allié de LFI avec son collectif Vaï, se demande comment le pacte peut être opposable. « Moi aussi je signe », embraye Erwan Davoux, de « Marseille pour Tous » pour qui « on ne pourra pas avancer tant que le problème de gouvernance [entre Métropole et Ville] n’est pas résolu. » Une des représentantes du Printemps marseillais constate, elle, que plus de 90% des propositions sont raccord avec les celles de Benoît Payan tandis que du côté de Christophe Madrolle (Union des centristes et écologistes), candidat sur la liste de Martine Vassal (DVD), actuelle présidente de la Métropole, on joue la prudence. « On va le signer ce pacte », promet-il émettant des réserves sur un baromètre dont le collectif a convenu dans ses biais qu’il n’était pas représentatif de tous les Marseillais, avec une surreprésentation des habitants des 5e, 6e et 7e arrondissements au détriment des 13e, 14e et 15e, faute de ressources. « Il faut voir qui compose le futur comité car une résidence dans le 14e et le 8e, c’est pas pareil. Et plus de cantonniers c’est bien mais il faut revaloriser leur statut aussi », nuance-t-il.

    « Nous ne sommes pas candidats, nous voulons faire signer les gens et suivre les indicateurs. On sera là pour vérifier ce qui a été mis en place », martèle Félix de Monts. Le collectif n’excluant pas en dernier recours, de passer par la justice pour se faire entendre.

  • Tina Biard Sansonetti mise sur son expérience de terrain

    Tina Biard Sansonetti mise sur son expérience de terrain

    Venus de la Busserine, de Font-Vert ou de Font Obscure, ils sont nombreux à avoir fait le déplacement pour l’inauguration du local de campagne de Tina Biard Sansonetti (DVG), tête de liste du Printemps marseillais dans les 13-14. À l’aise, après avoir fait son entrée sur fond de Jump de Van Halen façon stade Vel’ aux côtés du maire sortant et candidat Benoît Payan (DVG), l’ancienne directrice du centre social de Saint-Joseph met en avant son expérience de terrain.

    « Je pense à Kamel, le premier jour où j’ai pris mes fonctions au centre où quand on parlait des transports, il m’avait qu’il n’y en a pas car “ils ne veulent pas qu’on descende”, je pense à toutes ces femmes qui se battent tous les jours pour simplement vivre dans des logements dignes, je pense à Élodie, Mounira après 20 ans de bataille pour avoir des écoles dignes, je pense à Daniel, Patricia, Gérard pour remettre du beau et avoir un jardin à Shollchaumel », égrène-t-elle.

    « Le RN, ici, on l’a vécu »

    Elle martèle : « Il est temps de transformer ce secteur » qui doit être traité comme « le premier de la ville » car le plus peuplé. Et de promettre de végétaliser la L2, des « grands équipements » avec un centre urbain du Merlan rénové assorti d’une bibliothèque et d’un cinéma, de créer des places de village pour « vivre ensemble », de réhabiliter les co-propriétés dégradées. Mais la mère des batailles reste la lutte contre l’extrême droite dans un secteur tombé aux mains de ce qui était alors le FN en 2014 avec l’élection de Stéphane Ravier. « Le RN ici on l’a vécu, c’est le clientélisme, le recul des services publics de proximité, la discrimination », rappelle-t-elle, estimant qu’il faudra se battre dès le 15 mars.

    Benoît Payan enchaîne, harangue une foule conquise. « De par l’histoire, vous, habitants de ces arrondissements, vous avez été relégués parce que vous ne votiez pas ou vous votiez mal, ou vous n’étiez pas nés dans le bon quartier. Ce n’est rien d’autre qu’une ville qui s’est coupée en deux qui s’est construite ici. C’est face à ces marchands de haine que nous nous dressons », lance-t-il.

    Il prône une politique faite avec « le cœur », sans « promesse d’appartements ou d’emplois », et appelle à agir « ensemble », dénonçant le poison de la division « dans le camp du progrès et de l’écologie. » Une pique claire au candidat LFI, Sébastien Delogu qui a fait des quartiers Nord son terrain favori.

  • [Entretien] Manuel Bompard : « Au second tour, face à l’extrême droite, on se rassemble »

    [Entretien] Manuel Bompard : « Au second tour, face à l’extrême droite, on se rassemble »

    La Marseillaise : On vous voit régulièrement dans le Var, vous serez aussi à Toulon le 21 février pour le meeting d’Isaline Cornil. C’est un enjeu particulier pour LFI ?

    Manuel Bompard : C’est un département au contexte difficile car la quasi-intégralité des députés sont d’extrême droite. Il y a une volonté d’y mener un travail de résistance aux idées du RN. Je suis également le référent du Var pour LFI, je viens donc régulièrement apporter mon soutien aux militants engagés dans les mobilisations et les campagnes électorales.

    À La Seyne, à Toulon, comme dans de nombreuses villes, LFI présente sa propre liste. Pourquoi ce changement de stratégie, après avoir favorisé l’union de la gauche avec le NFP et la Nupes ?

    M.B. : Il y a un certain nombre de listes au niveau national dans lesquelles on est engagé et qui sont soutenues par d’autres formations. On a cherché à partir de notre programme, et on a proposé à celles et ceux qui voulaient construire ces listes avec nous de le faire. Ça a été possible dans certains cas, dans d’autres non. Notre conviction, c’est que les listes de gauche ne pourront gagner des villes que si elles s’engagent sur des mesures claires : des services publics qui ne sont pas délégués au privé, l’accès à certains biens communs fondamentaux comme la gratuité de la cantine scolaire, l’expérimentation du référendum d’initiative citoyenne, la lutte contre le logement indigne… On a d’abord l’objectif de répondre aux aspirations des habitants, et on essaie ensuite de rassembler autour de ces propositions.

    Si LFI se retrouve au second tour derrière une liste de gauche, notamment dans des villes sous la menace de l’extrême droite, peut-on s’attendre à un retrait ?

    M.B. : Pas le retrait, le rassemblement. C’est vieux comme la gauche que plusieurs listes se présentent au premier tour, puis qu’elles se rassemblent. Et souvent, elles fusionnent, pour que les différentes sensibilités puissent être représentées au conseil municipal. On est très clair : partout où on sera en tête à gauche, on proposera le rassemblement. Si les candidats en tête font la même démarche, on y travaillera. Est-ce possible ? Je pense que tout le monde devra prendre ses responsabilités. Il peut y avoir des désaccords, des débats extrêmement profonds, mais il y a ensuite un devoir de responsabilité. Et ceux qui utilisent des prétextes pour justifier la division, favorisant la victoire de la droite ou de l’extrême droite, prendraient une très lourde responsabilité. Mon discours est très clair, que chacun en fasse de même. C’est la moindre des choses quand on se revendique de gauche : au second tour, face à l’extrême droite, on se rassemble.

  • Quand des officiers de tir simulaient l’apocalypse

    Quand des officiers de tir simulaient l’apocalypse

    À cinq cent mètres du bistrot du village, se trouvait l’accès à l’ancien poste de conduite de tir n°1 des missiles stratégiques de la force de frappe, là où entre 1971 et 1996 se sont succédés 182 officiers, des binômes aguerris, cloîtrés H24 dans une capsule blindée enfoncée à 1,7 km du sas d’entrée et à 500 mètres sous la montagne. Recevant l’ordre présidentiel irrévocable, ils devaient activer le tir simultané des 18 missiles de plus d’un mégatonne enterrés dans des silos sur le plateau d’Albion. Le poste de tir de Rustrel avait son jumeau à 30 km à Reilhannette (Drome) où deux autres officiers contrôlaient 9 autres missiles. Ce PC n°2 a lui été intégralement démantelé.

    En 1963, le conseil de défense décide d’investir le plateau d’Albion, plus sûr géologiquement que le plateau de Valensole. La cité Saint-Michel de 874 logements à Apt pour accueillir les militaires et leur famille. On aménage des routes adaptées aux convois de missiles. En 1968, plus de 1 000 ouvriers s’activent pour extraire 74 000m3 de roches et couler 40 000m3 de béton armé. La forteresse inexpugnable comprend sa propre centrale électrique, ses circuits d’aération, des galeries à angle droit pour casser le souffle d’une bombe ennemie, des puits de gaz brûlés, des tunnels et des puits d’évacuation de 1,6km, des trappes piégées et la fameuse capsule. On construit la base aérienne de Saint-Christol où 2 000 personnes vont, les installations de transmissions du Mont Ventoux, de la montagne de Lure et du Luberon. Le 1er Groupement de missiles stratégiques s’installe. Mais c’est à la gendarmerie qu’est confié le boîtier de contrôle gouvernemental des ogives, la surveillance des sites, l’escorte des convois et des équipages d’officiers de tir.

    « Pendant cinq ans, j’ai eu la responsabilité du tir de 9 missiles », nous avait confié en 2006 Jean-Louis Cahu, qui a été un très jeune officier de tir de 1979 à 1984. À 22 ans, il avait sous sa responsabilité des vecteurs de 96 fois la puissance de la bombe A qui a rasé Hiroshima le 6 août 1945 tuant instantanément 70 000 personnes. Sa désertion le 11 novembre 1984 a été un coup de tonnerre. À 26 ans, au terme d’une prise de conscience personnelle, il médiatisait son refus de tourner la clé.

    Des simulations d’incidents nucléaires

    Son quotidien était de surveiller les missiles dans les silos, de faire des exercices de mise sous tension. « J’avais la commande de tous les outils d’action mécanique sur les missiles. Chaque action, quelle que soit la commande qui visait à interagir avec le missile, ne se faisait jamais à la légère car nous agissions sur des “engins vivants”. Nous simulions des incidents nucléaires en vitesse accélérée pour voir en situation de stress maximal jusqu’où l’officier pouvait aller. » Des simulations qui n’étaient pas un jeu mettaient les nerfs de ces officiers à rude épreuve, précisément pour les filtrer. « Certains ont craqué à quelques secondes du tir. Dans les périodes de tensions internationales, on a eu des moments chauds à l’intérieur de la capsule. On ne pouvait pas vivre de situations plus stressantes qu’à ce poste. Je suis la démonstration que lorsqu’on ne croit plus à la dissuasion nucléaire, on ne peut plus tenir ce poste », avait-il confié à La Marseillaise. À ses procès il avait revendiqué un droit à l’objection permanente.

    L’ordre présidentiel devait leur parvenir par des canaux de transmissions durcis et redondants. « Ce n’est pas pour rien qu’on nous appelait les “hommes du Président”. Ma seule autorité, c’était le Président, le Premier ministre et le ministre de la Défense. Il n’y avait pas plus secret que ce poste de tir », disait l’ancien officier toujours astreint au silence.

    En février 1996, Jacques Chirac a signé la fin d’Albion. La dernière ogive a quitté le plateau le 26 février 1998. La science est descendue aux abris et des silos ont été recyclés en déchetterie, en plateforme d’observation astronomique. On peut même boire des canons au Bistrot de Lagarde sur un ancien silo. Sur le plateau, la Légion étrangère protège désormais les « grandes oreilles » d’une station d‘écoute de la DGSE car la « grande muette » est tout sauf sourde.

    Lire : [Immersion] Le « LSBB », un labo enfoui à l’écoute du silence

    « On ne pouvait pas vivre de situations plus stressantes »

  • La préfète de police lance des assises de la prévention

    La préfète de police lance des assises de la prévention

    « La lutte contre les stupéfiants ne fonctionne que si on a deux jambes, le répressif et la prévention » pose la préfète de police déléguée, Corinne Simon, à la veille du lancement d’assises sur le sujet. « Il se passe plein de choses mais chacun fait ça dans son silo », poursuit-elle. L’idée : « mettre en place un plan départemental de lutte contre l’entrée des jeunes dans la délinquance et le trafic de stupéfiants » en favorisant « l’échange d’informations avec les acteurs qui se trouvent autour de l’enfant, pour anticiper et agir ».

    « On a besoin d’avoir des signaux faibles » détaille la préfète, « un jeune qui a un taux d’absentéisme à l’école, ne va plus à son club de sport, change de copains, en rupture avec ses parents… Tout ça mis bout à bout, ce sont des alertes ». Pas de « grand raout » mais du « pratico-pratique », promet-elle avec une première réunion pour faire « un état des lieux ». Les objectifs seront définis « ensemble ».

    Autour de la table ce vendredi 6 février, 25 coordinateurs des CLSPD (Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance), obligatoire pour toutes les villes de plus de 5 000 habitants, soit 51 dans le département, des représentants de l’Éducation nationale, de la PJJ, de la Mildeca (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives), les trois procureurs de la zone, le responsable du centre loisirs jeunes de la police nationale 13 (CLJ), des délégués du préfet pour la politique de la Ville. Dans le cadre d’un appel à projets de la Mildeca, « Limits », deux communes des Bouches-du-Rhône sur les 30 retenues en France, viendront aussi partager leur expérience. Pas d’élus pour cause de municipales, ni d’associations, en période de subventions.

    Une cellule d’appui

    Quand on objecte que ces assises arrivent bien tard, au regard des appels à l’aide des acteurs de terrain, la réponse tombe. « On n’a pas attendu pour faire des actions » balance Jean-Christophe Roux, chef du bureau de la prévention de la délinquance, à la manœuvre avec Pierre Gilardeau, directeur de cabinet adjoint de la préfète. « Chaque année, au Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation, je présente ce que l’on fait avec le CLJ. On est passé de modules de lutte contre l’addiction à un module basé sur la notion de dette [qui fait que] le jeune ne peut plus sortir du réseau, basé aussi sur l’expérience des jeunes ciblés sur des collèges », précise-t-il.

    En « lien avec la Mildeca », précise Pierre Gilardeau, la préfète et son équipe réfléchissent aussi à la création d’une cellule administrative départementale « qui pourrait apporter un appui au travail fait par les communes qui a peut-être ses limites » explique Jean-Christophe Roux, à l’image de la Cepraf, cellule de prévention de la radicalisation et d’accompagnement des familles. Prochaine étape avec une seconde réunion à l’été.

  • Domessargues, le petit poucet de l’Étoile de Bessèges

    Domessargues, le petit poucet de l’Étoile de Bessèges

    Un village au rendez-vous d’une course internationale. Petit bourg rural gardois recouvert à plus de 50% de forêts, Domessargues fait figure de petit poucet dans l’organisation de l’Étoile de Bessèges. Et elle ne sera pas seulement traversée par les coureurs, puisqu’elle les verra passer par trois fois, accueillant l’arrivée de la deuxième étape et tout ce qui va avec (bus des équipes, podiums…). Une opportunité unique pour la commune, qui va se retrouver sous les feux des projecteurs et des caméras de télévision. « C’est une occasion exceptionnelle pour notre village de mettre en avant son patrimoine et de partager la passion du cyclisme avec les participants et les spectateurs. Nous sommes impatients d’accueillir les coureurs et amateurs de vélo pour cet événement majeur », se réjouit la municipalité.

    Un écran géant installé

    Le village sera donc en effervescence ce jeudi. Et pour que la fête soit complète, une trentaine de bénévoles – cyclistes amateurs, agents municipaux, élus – seront mobilisés, et un écran géant sera installé sur la place de la mairie. Un moment qui promet d’être historique, et unique dans le milieu du sport professionnel.

  • Benoît Payan veut prendre en main la propreté

    Benoît Payan veut prendre en main la propreté

    Marseille est « pourrie » et c’est la faute de la Métropole, entendre sa présidente et candidate de la droite et du centre à la Ville, Martine Vassal, a martelé Benoît Payan, maire DVG sortant et candidat du Printemps marseillais. La propreté, « c’est une question sur laquelle nous sommes interpellés tous les jours, il y a une confusion très grande sur les compétences et les Marseillais attendent des résultats » dans une ville « abandonnée sciemment, consciencieusement » pose-t-il. C’est bien pour lui « la Métropole qui a fait le choix de ne pas recruter, de bouleverser les tournées, de ne pas implanter les poubelles et centres de tri » en nombre suffisant. Alors que les Marseillais paient une taxe d’enlèvement des ordures ménagères, « la plus importante de la métropole et de France » assène Benoît Payan.

    Son idée : reprendre la main, tout en laissant les compétences à la Métropole, le nouveau mode de scrutin lui permettant de peser dans l’hémicycle du Pharo s’il venait à remporter les municipales. Une méthode différente de celle tentée en 2022, dans le cadre de la loi dite 3DS qui permettait le transfert de compétences de proximité de la métropole vers les communes. « J’avais poussé une gueulante et proposé de nous mettre autour d’une table pour récupérer la compétence » raconte-t-il, mais « patatras plus rien n’était possible, la Ville se serait retrouvée dans une situation où elle n’aurait eu que les difficultés, sans les moyens nécessaires pour appliquer sa politique », résume Benoît Payan. Quand Martine Vassal lors de ses vœux fin janvier évoquait, elle, un travail de trois mois « pour trouver un terrain d’entente » avorté, le maire de Marseille estimant que c’était « trop compliqué ».

    La donne a changé : « Pour la première fois, si nous gagnons la ville, nous avons la possibilité de prendre en main la propreté » estime le candidat du Printemps marseillais qui se donne trois ans pour « mettre les choses au carré », les maires de secteur reprenant la gouvernance pour le reste du mandat.

    Deux fois plus de poubelles

    Concrètement, sur la collecte, ce temps lui permettrait de faire un point sur les actions du public et du privé qui se sont vus répartir les différents secteurs de la ville et notamment sur les « avenants aux contrats à plusieurs millions d’euros », sans pour autant un retour total en régie. Sur le nettoyage des rues, il veut revoir le nombre de cantonniers, en le multipliant par deux, même s’il en convient, il ne le connaît pas, faute de réponse là encore, de la métropole. Il se fait plus précis sur les poubelles, qu’il veut passer de 7 000 à 15 000.

    Benoît Payan souhaite aussi sensibiliser les Marseillais avec de la pédagogie et également de la répression par le biais d’une police de la propreté qui dépendrait directement de la police municipale. Il s’agit aussi de mieux trier. « Réduire le contenu de la poubelle noire » rappelle Sophie Camard, maire GRS des 1-7 et tête de liste du Printemps dans son secteur, expliquant qu’en centre-ville, ce qui fait déborder les bacs, « c’est le mélange des déchets des particuliers et des professionnels ». Pour Anthony Krehmeier (PS), maire des 2-3 et lui aussi tête de liste de son secteur, « il n’y a pas de fatalité ». Considérant que « ramasser des poubelles n’est pas en soi insurmontable », il entend associer « commerçants, habitants et agents ».

    Au sein de l’équipe de Martine Vassal, la réaction n’a pas tardé. « La panique fait sacrément mentir le trouillard » a lancé son porte-parole, Romain Simmarrano, sur les réseaux sociaux, estimant que le maire allumait « un contrefeu de plus pour tenter de faire oublier l’enquête qui le concerne ».

  • Les derniers d’Encagnane exigent un relogement digne

    Les derniers d’Encagnane exigent un relogement digne

    Dans un local du quartier d’Encagnane, le collectif est de nouveau réuni. Accompagné, ce jour, de Mounir Ben Ammar, pour l’association Droit et Accès au Droit, aussi investi par Aymeric Caron pour les élections municipales. Ils ne sont plus qu’une vingtaine de foyers du Calendal et du Méjanes en attente de relogement, alors que les deux immeubles doivent être rasés dans le cadre du projet de rénovation urbaine dont le quartier fait l’objet.

    Si cette partie de la ville semble déjà vidée, une poignée de résidents restants demandent à nouveau, à être relogés dans des appartements aux loyers équivalents, salubres. « Sauf que nous n’avons aucune promesse écrite », rappelle Pierre. Face à lui, un dossier épais, les doléances des habitants, rapportées régulièrement lors de permanences relogement organisées par le bailleur social, Famille et Provence. « Mais force est de constater qu’on a une absence de suivi écrit et de calendrier. Rien, n’est acté. Lors de ces permanences, nos documents ne sont pas recueillis, nos accusés de réception ne sont pas signés », poursuit-il. Une promesse écrite de relogement provisoire est aussi demandée, en attendant la réalisation du projet Phares et Balises, issu de la restructuration urbaine.

    Insécurité, insalubrité

    « La mairie nous dit que 83% des relogés sont satisfaits. À entendre les témoignages, c’est l’inverse. On nous dit qu’on est des résistants : on veut partir mais dans de bonnes conditions », scande Hakim. Alors Nicole attrape son téléphone, met en ligne une ancienne habitante du quartier, dont les parents sont relogés au Paradou. « Ils se sont sentis obligés de partir et de prendre ce qu’on leur donnait. Ils ont laissé un 65 m² pour un loyer d’à peu près 550 euros. Ils se retrouvent dans 50 m² à 629 euros », explique cette dame. Plusieurs courriers auraient été envoyés au bailleur pour dénoncer des moisissures, une « multitude » de cafards, jusque dans le lit, la vaisselle… Un autre coup de fil, à une mère de famille cette fois-ci. Dans ce nouveau logement, à l’Îlot Europe, il n’y aurait pas d’eau chaude depuis deux mois. « Rien n’a été fait », conclut l’interlocutrice. La Ville, de son côté, rappelle que la minoration de loyer Anru obéit à un cadre strict et s’applique uniquement lorsque le relogement entraîne un coût que le ménage ne peut assumer, chaque situation étant étudiée individuellement : « Si des ménages n’y ont pas eu droit, c’est parce que les conditions pour appliquer la minoration n’étaient pas réunies. » Outre le « manque de visibilité sur les propositions », les habitants dénoncent des conditions de vie indignes, tout en payant des charges. Des squats dans les halls d’immeubles, qui auraient déclenché un incendie début décembre, des tirs dans le quartier, des détecteurs incendie défectueux… Déjà, des chauffages en panne cet hiver, avaient suscité la colère. « Sentiment d’insécurité totale », conclut Pierre. Le bailleur n’a pas pu nous répondre dans les temps. Eva Bonnet-Gonnet

  • À Noailles, les habitants ne lâchent rien sur le logement

    À Noailles, les habitants ne lâchent rien sur le logement

    Faire en sorte que le logement soit un thème fort de la campagne… Halles Delacroix (1er), à Noailles, le collectif du 5-Novembre et l’Assemblée des délogés ont fait le point sur le sujet avec les habitants, ce dimanche 2 février. Charte du relogement, encadrement des loyers, logements sociaux… « On nous a promis plein de choses », rappelle Anissa, membre de l’Assemblée, estimant qu’aujourd’hui, « on fait culpabiliser les délogés au lieu de s’en prendre aux propriétaires. » Si « nous nous sommes constitués en association, ce n’est pas pour rien, c’est qu’à Marseille la crise du logement n’est pas ponctuelle », insiste-t-elle.

    Sans jeter totalement l’opprobre sur la mairie, « dont on sait qu’elle n’a pas beaucoup de poids » nuance Anissa, « on veut les entendre, il nous faut des [engagements] pour nous les Marseillais ». L’heure était donc aux propositions et aux témoignages pour essayer d’avancer.

    Sur le « lieu ressource », en lieu et place de la dent creuse, rue d’Aubagne, « nous avons été entendus » se félicite Laura Spica, de l’association d’habitants « Noailles debout ! », et de promettre de ne pas lâcher. « On a envoyé une lettre à la mairie de secteur, pour qu’on soit associés au projet. Notre volonté a été respectée maintenant, il va falloir créer un comité de pilotage », précise-t-elle.

    Le droit au retour

    Jehane El Meddeb, propriétaire occupante délogée, revient sur son parcours. Obligée de quitter son foyer le 20 janvier 2020, elle témoigne des difficultés toujours bien réelles à réaliser des travaux, dans un système où il faut lutter « contre des syndics voyous ». Elle met le focus sur la charte du relogement. « C’est un peu moins l’enfer que sous la municipalité Gaudin, mais il y a toujours des gens à la rue », déplore-t-elle.

    Dominique, qui a dû quitter son logement en péril, évoque, lui le « droit au retour », impossible quand l’immeuble disparaît comme dans son cas, ou s’il est rénové et devient inaccessible avec un loyer revu à la hausse. À ses côtés, Bernard appelle à la force du collectif pour agir sur le droit à avoir un toit. « C’est à nous de gueuler et de monter au créneau, encadrer les loyers on en parle depuis des années, là on n’a plus les moyens de se loger dans une ville en tension », lâche-t-il.

    Camille propose de s’inspirer de l’association bayonnaise Alda, qui dénonce les niveaux des loyers et la prolifération des locations saisonnières. « Ils font ce que l’on appelle du “shaming” au propriétaire, lui mettent la honte », explique-t-il, exhortant le public à continuer à mettre la pression, même en cas de victoire, « car les pouvoirs publics reprennent très vite leurs mauvaises habitudes… »