Tag: grève

  • La grève pour les salaires à Aubagne débouche sur un rendez-vous

    La grève pour les salaires à Aubagne débouche sur un rendez-vous

    Il est un peu plus de 11h et les salariés de l’Association régionale d’aide aux infirmes moteurs, cérébraux et aux polyhandicapés (Araimc) en grève pénètrent, en silence, dans l’Espace des Libertés où se tient la journée de l’association. Après les avoir accueillis par une brève allocution, Augustin Moyolo, le directeur général de cette association qui gère 4 établissements dans le secteur médico-social, Saint-Thys, les Violettes, Decanis à Marseille, et la Gauthière à Aubagne, leur demande si quelqu’un veut prendre la parole. Les salariés alors, toujours en silence, lui tournent le dos et s’en vont… Ambiance.

    Depuis 10h du matin, les grévistes et les délégués syndicaux (DS) de la CGT se sont massés devant l’Espace des Libertés. Sophia Meberki, DS aux Violettes, a lancé : « Ce n’est pas de gaieté de cœur que nous faisons grève, c’est à cause du mépris de la direction. » Dans la foule, les pancartes brandies donnent le ton : « Ma pancarte est pourrie, mon salaire aussi ! ». « L’engagement on l’a, la reconnaissance on l’attend ! ».

    Grève très suivie

    aux Violettes

    Une des principales revendications de la CGT porte en effet sur les salaires. « On était prêts à une revalorisation même minimale, avec par exemple plus 7 euros pour les plus bas salaires », expose Sophia Meberki. « La direction nous dit qu’elle n’a pas d’argent, mais dans le même temps elle a acheté un nouveau siège social à Gémenos à plus d’un million d’euros… », épingle-t-elle. En milieu de matinée, Bernard Cresta, DS CGT central, annonce « 95% de grévistes aux Violettes, 45% à la Gauthière, 30 à 40% à Saint-Thys, 90% lors du débrayage d’une heure trente à Decanis ».

    Accompagnante éducative et sociale aux Violettes, Esther, 47 ans, témoigne : « On se donne corps et âme pour un salaire avec lequel on n’arrive pas à boucler les fins de mois. On fait des heures supp’. On voudrait de la reconnaissance, qui passe entre autres par la revalorisation salariale. » Joint par téléphone, Augustin Moyolo, directeur général de l’Araimc, a argué : « La CGT demande à ce qu’on augmente les salaires de tout le monde, avec un coefficient multiplicateur appliqué chaque année. Mais en 2025, nos établissements sont en déficit d’activité. On ne peut pas donner cette prime. Notre financement repose sur les subventions de l’Agence régionale de santé et du conseil départemental. Et je ne peux pas déroger à la convention collective. Chaque année on essaie de faire quelque chose au niveau social, mais on ne peut pas mettre en difficulté notre association. » Quant au nouveau siège social, « il a été financé avec nos fonds d’investissement pour améliorer les conditions de travail des salariés ».

  • Des personnels du médico-social en grève à Aubagne pour leur salaire

    Des personnels du médico-social en grève à Aubagne pour leur salaire

    « Les brasiers chauffaient depuis longtemps… », lance Bernard Cresta. Il est le délégué syndical CGT central des établissements de l’Araimc : l’Institut d’éducation motrice Saint-Thys, le Foyer d’accueil médicalisé les Violettes, le centre Decanis à Marseille, la Gauthière à Aubagne. Cette association du secteur médico-social a son siège social à Aubagne. 500 salariés travaillent au sein de ces cinq structures.

    Ce qui a attisé les flammes ? « Dans le cadre des Négociations annuelles obligatoires (NAO), notre demande de revalorisation salariale, portée par la CGT depuis quatre mois, a échoué. Début novembre, la direction nous a annoncé son refus ferme et définitif pour manque de budget. Elle nous a baladés, on s’est sentis méprisés », réagit le délégué syndical. « Mais nous avons appris il y a peu que l’association allait acheter un siège social à plus d’un million d’euros à Gémenos… » L’autre « point de tension » évoqué par Bernard Cresta concerne « la décision unilatérale de la direction générale et du conseil d’administration de prendre l’Association pour les foyers et ateliers des personnes handicapées (Afah), environ 170 salariés, sous mandat de gestion, sans tenir compte de l’avis défavorable des élus, des salariés et de la CGT. »

    « Deux boulots pour joindre les deux bouts »

    Pour le syndicat, « la direction générale devrait plutôt se concentrer à améliorer le fonctionnement, l’organisation de ses établissements et le suivi des personnes en situation de handicap ». Dans certains établissements de l’Araimc, « le taux d’absentéisme atteint 13%, parfois 20%», indique-t-il. Il invoque « la pénibilité, l’usure du travail ». « On aime notre boulot mais ça ne paie pas les factures… On a des salaires tellement bas que les salariés, à 80% des femmes, souvent mères isolées, divorcées ont souvent deux boulots pour joindre les deux bouts », décrit-il. Par exemple, « des aides médico-sociales, des aides-soignantes qui sont toute la journée et les week-ends auprès des résidents en situation de handicap ou polyhandicap ont un niveau de salaire de 1 700 euros par mois avec dix ans d’ancienneté… ».

    Pour toutes ces raisons, les salariés de l’Araimc sont appelés à faire grève et à se rejoindre à 9h30 devant l’Espace des Libertés, avenue Antide-Boyer. La date n’a pas été choisie par hasard : « On fait cette grève à l’occasion de la journée associative de l’Araimc, à l’Espace des Libertés. On a demandé une audience en fin de matinée auprès du directeur général et nous voudrions rencontrer la déléguée interministérielle qui sera là. On veut lui dire que les salaires du secteur médico-social doivent être revalorisés. On ne résoudra pas le problème de l’absentéisme tant qu’ils ne l’auront pas été. » Une des revendications de la CGT Araimc est « le recrutement immédiat dans tous les postes vacants et le remplacement systématique des absences pour maladie ou accident du travail ».

  • Les salariés en lutte font front commun pour le 2 décembre

    Les salariés en lutte font front commun pour le 2 décembre

    « Combattre les stratégies destructrices en matière d’emplois et ne pas laisser les Bouches-du-Rhône devenir une zone de non-droit du travail », résume Marc Pietrosino, secrétaire général de l’Union départementale CGT 13.

    L’organisation réunissait des travailleurs de luttes emblématiques et de « dossiers stratégiques », ce mardi en conférence de presse. Avec la ferme intention de rappeler les réalités auxquelles ils font face en lien direct avec les politiques budgétaires libérales prises par les différents gouvernements. « Deux ans de combat syndical et juridique » pour les salariés de la blanchisserie Pamar à Marseille, qui dénoncent « l’absence de respect de l’hygiène » sur leur site et une situation intenable au niveau managérial. Quelques années de lutte de plus pour les travailleurs de la Centrale de Gardanne, qui se battent toujours « pour le développement du site » depuis l’annonce de la fermeture des centrales à charbon et l’aboutissement du projet industriel porté par les salariés et la CGT. Leurs homologues du secteur de l’énergie rappellent leur grève reconductible d’il y a quelques semaines pour des revalorisations salariales, ciblant une grille qui débute « en dessous du Smic »… À chaque fois, les mêmes maux et les mêmes conséquences. « Les politiques nationales ont des conséquences sur nos vies et notre travail quotidien », comme le résume Hélène Honde, pour la Coopérative de presse et de messagerie méditerranéenne (CPMM). Et elle est bien placée pour le savoir puisque la coopérative est issue d’un vif combat pour le maintien de l’emploi des ex-salariés de la SAD, filiale de Presstalis, messagerie de distribution de presse, liquidée judiciairement en 2020.

    Des milliers d’emplois menacés

    Si l’entreprise des travailleurs se développe depuis, reste que « la distribution de la presse est en danger ». La faute aux aides de l’État pour la filière « qui ne ruissellent pas et qui sont accaparées par une poignée d’éditeurs ».

    Autre dossier qui résume bien les conséquences des budgets d’austérité libéraux : celui des marins de Marseille. Frédéric Alpozzo, secrétaire général de la CGT des marins de Marseille, tient à remettre les points sur les i : « Il faut savoir qu’on paie, avec nos impôts, des subventions pour les transports low cost alors qu’on fait face à une concurrence déloyale de compagnies maritimes où tous les salariés sont en statut précaires. » Dans son secteur, la menace est claire : « Pour le transmanche, Brittany Ferries passe des navires sous pavillon des Bahamas et nous, on fait un chantage à l’emploi pour qu’on s’aligne, sans contrats de travail français. » Avec la menace d’une vente de la Méridionale et de la libéralisation à tout va du secteur maritime, 600 à 700 emplois sont menacés. Même calcul pour la distribution de la presse : entre les diffuseurs, points de vente et chauffeurs, la CPMM estime à près de 700 le nombre de postes en jeu sur la région. Avec à chaque fois, des emplois indirects et induits avec des conséquences bien plus graves à venir. D’où le message commun de battre le pavé, le 2 décembre, à Marseille et à Arles, pour la journée de grève intersyndicale. Car pour le cas des marins de Marseille, comme celui des salariés de la Centrale thermique de Gardanne ou de la CPMM, les conséquences dépassent la question des conditions de travail des salariés. « La distribution de la presse est une question de démocratie et d’accès à l’information », note Hélène Honde. Les marins rappellent que la continuité territoriale via les délégations de service public de la Corse est aussi remise en cause avec ces politiques libérales. Et que dire du lien entre la production d’une centrale thermique et
    la précarité énergétique. Kalathoumi Ibouroi pour les salariés de Pamar conclut : « On se bat pour notre réintégration mais on lutte aussi pour les salariés qui souffrent en silence. »

  • Mobilisation des agents de la sûreté aéroportuaire à Marignane

    Mobilisation des agents de la sûreté aéroportuaire à Marignane

    Perturbations à venir ce mardi du côté des agents de sûreté à l’aéroport de Marignane. Deux syndicats, CGT et CFDT, organisent un rassemblement dans le terminal 1 doublé d’un appel à la grève. Le tout répondant à une colère sociale des salariés pour une multitude de problématiques, allant du chauffage sur les lieux de travail à des questions d’accords d’entreprise. « On demande l’application des accords d’entreprise pour tous les salariés. Certains y dérogeraient, notamment les nouveaux entrants, et n’ont pas un week-end sur deux de repos », campe Jean-Marc Cortiana, délégué syndical CGT de l’entreprise ICTS, qui assure la sûreté à l’aéroport Marseille-Provence. Alain de Gennaro, pour la CFDT ICTS, dénonce aussi « des salariés qui travaillent dans le froid notamment sur le terminal 2 ».

    Autre « point d’achoppement » avec la direction : le recrutement à venir de plusieurs CDI alors que « plusieurs salariés, actuellement en temps partiel, souhaitent passer en temps plein ». « On demande simplement l’application de la loi sur le sujet », insistent Jean-Marc Cortiana et Alain de Gennaro, d’une même voix.

    Les deux organisations syndicales ont aussi dans le viseur une revalorisation salariale au regard des résultats de l’aéroport : une prime de 1 000 euros pour la CFDT quand la CGT revendique une hausse globale des salaires ainsi qu’un élargissement de la prime d’ancienneté au-delà de 15 ans. Contacté, l’aéroport assure qu’ils bénéficient des mêmes températures que les voyageurs, du chauffage l’hiver comme de la climatisation l’été. Et explique qu’il y a des mesures spécifiques mises en place pour ceux officiant sur le terminal 2.

  • La CGT hausse le ton pour le budget de la Sécurité sociale

    La CGT hausse le ton pour le budget de la Sécurité sociale

    « Il est hors de question de laisser ces débats lunaires se faire dans le silence ! ». À la Bourse du travail de Marseille, ce jeudi, Greg Fontaine, infirmier à l’hôpital de la Timone et co-secrétaire de la CGT AP-HM (Assistance publique-Hôpitaux de Marseille), tient à « sonner l’alerte » sur le projet de loi de finances de la Sécurité sociale (PLFSS) débattu au parlement.

    Le tout, à l’occasion d’une journée de communication nationale de la fédération CGT de la santé et de l’action sociale. Ce budget pour 2026 est jugé comme une « catastrophe » annoncée pour les établissements de santé et notamment les hôpitaux publics. « Ils sont déjà à l’os et une nouvelle réduction de moyens risque de provoquer leur effondrement », dénonce-t-il. La montée au créneau des organisations CGT ne vient pas de nulle part : « Le PLFSS 2026 prévoit une suppression de 7 milliards d’euros pour le budget de la santé, tandis que le budget de l’armée bénéficie d’une hausse sans contreparties », renchérit Ludovic Vergnaud-Rousseau, pour l’USD 13 (Union syndicale départementale de la santé) et aide médico-psychologique à l’association Unapei.

    Si les maux des hôpitaux sont connus, Greg Fontaine tient à les remettre en avant : « Les structures subissent une crise de l’emploi qui met en danger la santé des personnels et des patients. 92% des établissements déclarent des difficultés de recrutement. » L’analyse de la CGT s’appuie sur des données chiffrées : « Pour le seul secteur de la santé, il y a 180 000 postes qui sont à pourvoir selon une étude de la Dares au 1er trimestre 2025. »

    « Manque de matériel

    à tous les niveaux »

    Et l’organisation estime à 74 000 aides-soignants et 43 000 infirmiers et sages-femmes manquants en France. Même constat dans le privé et les structures associatives du reste du secteur : « Des maternités ferment, les Samu sont saturés, les personnes âgées souffrent dans les Ehpad », énumère Ludovic Vergnaud-Rousseau. La faute à « 30 ans de politique libérale et d’une gestion des établissements comme des usines à soins ». Et qui risque de se poursuivre avec ce PLFSS, la CGT ciblant plusieurs mesures qui ne passent pas : « Jour de carence pour les arrêts maladie, gel du point d’indice pour les fonctionnaires et doublement des franchises médicales. »

    Greg Fontaine rappelle les conséquences concrètes de ces mauvais coups dans les services : « Les brancardiers de la Timone se sont mobilisés contre le sous-effectif, les agents de la sécurité incendie également. Et les soignants des Baumettes ont fait grève contre la suppression de jours de repos compensateur ! ». Séverine Jeanroy, aide-soignante à l’hôpital Nord à Marseille et élue CGT confirme que ces exemples ne sont pas des cas isolés : « La situation à [l’hôpital] Nord s’aggrave d’année en année. L’attente pour avoir des rendez-vous est rallongée, les patients sont hébergés dans des services dont ils ne dépendent pas. » Et rappelle « le manque de matériel à tous les niveaux comme les appareils à tension, les couvertures… »

    Alerte à la population

    D’où « l’alerte à la population » lancée par les organisations CGT qui demandent sa participation pour « interpeller les élus ». Notamment en vue d’obtenir un PLFSS en « hausse entre 7 et 10% ». Ou, à défaut, « que les parlementaires s’y opposent » et donc ne votent pas le texte. Marc Pietrosino, secrétaire général de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône rappelle que le refus de cette politique passe par la mobilisation le 2 décembre dans la rue avec un appel confédéral à la manifestation et à la grève : « On ne pouvait pas ne pas manifester contre ce budget qui est encore pire que les précédents. »

  • La Poste : le licenciement pour désorganisation ne passe pas

    La Poste : le licenciement pour désorganisation ne passe pas

    Après une grève massive, le 4 novembre, contre le licenciement « pour désorganisation » de Gaëtan, facteur du 5e arrondissement de Marseille, la CGT se remobilisait, ce vendredi, toujours en soutien au travailleur. Et l’organisation syndicale est venue avec un paquet d’arguments pour faire « reconnaître l’erreur » de l’entreprise, alors qu’un CSE se déroulait le jour même.

    Elle a notamment présenté une délibération « votée par l’ensemble des élus du CSE », qui réclame « une réintégration des agents licenciés pour le motif de désorganisation de service ». « On demande un plus strict contrôle et un regard des instances représentatives sur ces procédures », explique Karim Bouzana, délégué CGT AP 13.

    Pour rappel, Gaëtan, facteur aux 20 années de service à son compteur, a été licencié pour ce motif pour le moins étonnant. La CGT estime à plusieurs dizaines ce type de procédures dans la région. « On a aussi remis à la direction une partie des dizaines de pétitions signées par les personnels pour sa réintégration. Il y a aussi une cagnotte qui a été lancée par des usagers pour le soutenir », poursuit Éric Chenais, responsable CGT. Autant de points qui vont « à l’encontre des arguments de La Poste qui affirme qu’il est toujours malade et qu’il désorganise le service ». « Les usagers disent au contraire qu’ils étaient contents de son service et qu’ils le voyaient souvent », développe le responsable.

    Préavis de grève pour

    la semaine prochaine

    Sollicitée, La Poste maintient d’ailleurs la même position adoptée depuis le début de l’affaire : « Le licenciement pour désorganisation de l’entreprise est une procédure juridiquement encadrée. Un employeur peut procéder à un tel licenciement pour motif personnel non disciplinaire lorsque les absences, même justifiées par l’état de santé, désorganisent l’entreprise et imposent le recrutement définitif d’un remplaçant. »

    Chacun jugera de la pertinence de telles justifications pour le service public postal, au plus de 230 000 salariés dans le pays. Reste qu’elle affirme que « toute décision d’engager une procédure de licenciement est prise collégialement après un examen rigoureux des éléments objectifs qui fondent un licenciement sur une cause réelle et sérieuse et reste exceptionnelle ». Quoi qu’il en soit, la CGT a « demandé à ce qu’une délégation soit reçue » et a quitté le CSE suite au refus de la demande, de même que les élus de SUD PTT. Et a déposé un préavis de grève pour la semaine prochaine.

  • La CGT Territoriaux conteste les sanctions des agents des cimetières

    La CGT Territoriaux conteste les sanctions des agents des cimetières

    « On a condamné ces agents pour protéger un système », tonne Mikael Casanova, secrétaire général de la CGT Territoriaux de la Ville de Marseille. Son organisation appelle à la grève et à un rassemblement, ce mercredi, devant le tribunal administratif. Lieu où seront contestées les sanctions prises à l’encontre de cinq agents des cimetières, quatre révoqués et mis en retraite d’office, le dernier exclu des services pour une durée de 2 ans. Le tout, suite à des alertes portant sur d’importants « dysfonctionnements » dans le pôle des opérations funéraires de Marseille.

    Un rapport d’enquête administrative, en date de juillet 2024, que nous avons pu consulter, relate les faits reprochés aux agents : ils vont de la présence d’alcool sur le lieu de travail à la « présence de sacs-poubelles avec des corps sans identification dans l’ossuaire » ou encore la « présence d’ossements dans les reliquaires sans identification ». Ils ont même été soupçonnés de trafic d’or via le vol de dents. Des faits que conteste la CGT. « Il n’y a pas de trafic de dents en or. On ne nie pas toutes les fautes mais il faut les mettre au regard d’un manque d’organisation, de moyens et de formation. On s’en prend aux mauvais agents, aux exécutants », défend Mikael Casanova.

    « Des problèmes systémiques »

    Il prend l’exemple des corps dans les sacs-poubelles : « Ce ne sont pas les agents qui se sont réveillés un matin et ont mis des corps dedans. Ces sacs étaient fournis par la Ville, il y avait des consignes. » En clair, l’organisation syndicale évoque « des problèmes systémiques, une gestion défaillante » et rappelle qu’elle alertait également « depuis 2018 » sur le sujet.

    Contactée, la Ville de Marseille explique maintenir ses positions en vue de l’audience : « Les sanctions prises sont appropriées et proportionnées au regard des fautes extrêmement graves relevées. » La commune cite des « atteintes à la dignité humaine » et « une situation catastrophique ». Elle reconnaît également des « problématiques systémiques » dans le service, mais affirme s’y être attaquée avec une série de mesures pour « améliorer les conditions de travail des agents ». La Ville pointe « l’acquisition de nouveaux équipements, la réorganisation du service avec le renouvellement des cadres, le recrutement d’un nouveau directeur dès 2022… ». Et de conclure : « C’est le droit des agents de faire appel des sanctions, la Ville suivra la décision de justice, mais il y a la volonté que cette situation ne puisse plus se reproduire, d’un point de vue organisationnel comme individuel. »

  • CHU de Nîmes : le personnel entre en grève

    CHU de Nîmes : le personnel entre en grève

    Les agents du CHU de Nîmes Carémeau ont cessé le travail ce jeudi 6 novembre, à l’appel de la CGT. Un préavis de grève local a été déposé pour dénoncer la dégradation des conditions de travail et réclamer une meilleure reconnaissance. Le rassemblement, organisé à partir de 12h devant l’entrée principale du CHU, a réuni plusieurs dizaines d’agents de différents services, déterminés à faire entendre leurs revendications.

    « Nous demandons simplement les moyens de bien faire notre métier », résume Nathalie Argenson, infirmière au CHU. Au cœur des revendications : la mise en place dès janvier 2026 d’une protection sociale complémentaire avec participation financière de l’employeur, mesure attendue depuis plusieurs mois. Le personnel hospitalier réclame également une négociation pour faciliter l’accès aux soins pour les agents au sein même de l’établissement afin d’alléger des dépenses de santé souvent lourdes pour ces derniers. Les grévistes demandent par ailleurs l’augmentation des effectifs du service social, jugés insuffisants pour répondre à la montée des besoins, ainsi que la gratuité de certaines prestations internes comme le logement temporaire, la conciergerie ou les chambres de garde.

    Gagner le meilleur pour mieux soigner

    La question salariale fait également partie des revendications : le syndicat demande le respect du taux de 33% de part saisissable du salaire, afin de mieux protéger les agents en situation de dettes ou de difficultés financières. Au-delà des chiffres, les hospitaliers du CHU de Nîmes disent se battre pour « le respect et la dignité » d’un métier qu’ils jugent de plus en plus fragilisé. La CGT appelle à la poursuite de la mobilisation et à un dialogue réel avec la direction. « Cette grève n’est pas un coup d’éclat, mais un avertissement. Si nous n’obtenons pas d’avancées, nous irons plus loin », préviennent les représentants syndicaux.

    Ce mouvement s’inscrit dans un contexte de malaise durable au sein du corps médico-social, marqué par une perte d’attractivité des métiers, des salaires jugés trop bas et une charge de travail en hausse constante. Depuis plusieurs mois, les mobilisations se succèdent dans les hôpitaux comme dans les Ephad, traduisant des « manques de moyens structurels et un sentiment d’abandon  » selon Nathalie Argenson. À Nîmes comme ailleurs, les soignants disent aujourd’hui leur exaspération face à un système qu’ils estiment « à bout de souffle ».

  • Première grève dans les TER de Transdev

    Première grève dans les TER de Transdev

    C’est le premier préavis de grève déposé depuis la reprise par l’entreprise privée Transdev de la ligne TER Marseille-Nice. Dans un communiqué publié mercredi, SUD Rail appelle l’ensemble des salariés opérant sur le trajet à entrer en grève dès ce jeudi pour une durée indéterminée. Au cœur des revendications : l’exigence d’une révision des salaires et l’amélioration des conditions de travail. « Il y a aujourd’hui des rémunérations très en dessous de ce qui avait été promis au départ, notamment à ceux qui ont passé des entretiens avec Transdev, s’indigne Frédéric Michel, délégué syndical pour SUD Rail. Un ex-conducteur de bus de la boîte qui est passé conducteur de train sur la ligne a perdu entre 500 et 600 euros de salaire. Ça n’est pas tenable. » Le délégué syndical souligne également que certains points de la Convention collective nationale de la branche ferroviaire, qui s’applique en théorie à l’ensemble des entreprises du secteur, ne sont pas respectés. Parmi eux : les accords « classifications et rémunérations », qui permettent d’établir un niveau de qualification et donc de rémunération. « Des agents Transdev sont aujourd’hui classe 2 alors qu’ils devraient être classe 3 ou 4, sachant que la classe 1 est le niveau d’entrée », poursuit Frédéric Michel.

    « Dumping social »

    « L’ouverture à la concurrence, dont le président de la Région Paca s’est fait le précurseur, n’a jamais eu d’autre objectif que d’organiser un dumping social dans la branche ferroviaire », lit-on dans le communiqué SUD Rail. En clair : l’arrivée des entreprises privées sur les rails expose les salariés à des pratiques concurrentielles classiques de la part de leur employeur, qui peuvent choisir d’abaisser les coûts de production en abaissant celui de la main-d’œuvre. Deux agents sur trois devraient participer à la grève selon l’enquête interne de SUD Rail, contre 17% seulement selon Transdev. La compagnie ferroviaire privée annonce le fonctionnement d’un train sur deux ce jeudi.

  • Grève à la cimenterie Imerys pour l’obtention d’une prime de pénibilité

    Grève à la cimenterie Imerys pour l’obtention d’une prime de pénibilité

    C’est leur quatrième jour de grève. Ce mardi matin, les salariés d’Imerys, cimenterie à l’entrée de Fos-sur-Mer, sont sur le piquet de grève devant le portail de l’entreprise depuis lundi, après avoir reconduit à l’unanimité leur mouvement, suspendu le week-end pour négocier.

    « Nous discutons depuis un an avec la direction pour obtenir la même prime que tout le reste de l’entreprise au service fabrication », explique Ludovic Olive, délégué syndical CGT de l’usine, pour une somme équivalente à six euros par personne et par jour. « Aujourd’hui, les contremaîtres ont la possibilité de pointer les primes, et ce depuis le mois d’octobre. Mais ils ne le font pas », déplore-t-il. Une revendication pourtant « modérée » selon le syndicaliste, qui affirme que « sur 28 postes en fabrication, 26 sont grévistes, comme 80% des collègues à l’expédition » pour une « large participation » au global pour les ouvriers, dans une usine où l’encadrement et la maîtrise sont nombreux.

    Climat social dégradé

    Contactée, la direction d’Imerys ne « commente pas le mouvement social en cours », mais affirme pourtant en réponse à notre sollicitation « rester ouverte au dialogue social avec nos parties prenantes syndicales comme c’est le cas depuis le début du mouvement ».

    Mais après le dernier rendez-vous de vendredi, le dialogue social est au point mort depuis la reprise de la grève lundi, « la direction ne s’est même pas présentée », commente un élu CGT au Comité social et économique (CSE). La prime de pénibilité n’est pas le seul sujet de discorde. En cause, un climat social dégradé qui avait déjà fait l’objet d’un mouvement de grève à la mi-octobre. « Il y a une mauvaise ambiance, un management toxique », tance le secrétaire du CSE Gautier Moreno (CGT). « Il n’y a plus de lien entre les managers et les collègues sur le terrain. Sans parler des pressions sur les élus alors qu’on demande des réponses sur la présence de Chrome-6 dans les ateliers », un agent cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction (CMR).

    La période tient d’un prélude à l’approche des négociations annuelles obligatoires (NAO), qui doivent avoir lieu « d’ici deux-trois semaines » d’après Ludovic Olive, pour lesquelles il « n’y a pas encore de calendrier », mais qui doivent déboucher sur un accord « avant Noël ».