Tag: Gard

  • Nîmes : les femmes de chambre en grève

    Nîmes : les femmes de chambre en grève

    Un chiffre : 87 centimes. Voilà pourquoi les femmes de chambre de l’hôtel Imperator-Maison Albar à Nîmes se mobilisent depuis plusieurs mois. Outre de meilleures conditions de travail, elles réclament surtout une augmentation de 87 centimes bruts de l’heure. Déjà mobilisées en juillet, elles ont relancé le piquet de grève vendredi 18 septembre, en pleine feria des Vendanges. Et cette fois, elles ne comptent pas reprendre le travail avant d’avoir obtenu gain de cause.

    « Elles demandent aussi de l’aménagement au niveau des offices, et le remplacement de matériel qui est complètement obsolète, complètement dégradé, à la limite de la rupture », précise David Goslin, délégué syndical CGT et responsable technique qui ajoute « qu’une seule équipière sur une quinzaine de personnes a décidé de travailler ».

    Pour tenir, les femmes de chambre peuvent compter sur la solidarité. Une caisse a ainsi été installée devant le piquet de grève et a déjà reçu de nombreux dons de la population. La CGT a également lancé une caisse de grève à laquelle toutes les corporations du syndicat ont participé. « Tout cela nous permet de payer les heures de grève des filles », se félicite David Goslin. Samedi 19 septembre, elles ont également reçu le soutien de la municipalité de Nîmes et de son maire Vincent Bouget, venu à leur rencontre.

    Dialogue tendu

    Après plusieurs jours de grève, le dialogue s’est tendu avec la direction. David Goslin lui reproche d’avoir embauché des salariés en CDD pour remplacer les grévistes, ce qui est illégal. « La direction a souscrit des contrats CDD pour quatre personnes avec, comme intitulé, “équipier bar” mais les gens étaient informés que c’était pour travailler au niveau des chambres. Il y a donc eu de faux contrats établis avec de faux postes de travail pour les faire travailler au niveau des chambres. Nous avons donc demandé l’intervention de l’inspection du travail », explique David Goslin.

    Le dialogue avec la direction a finalement été ouvert le 23 septembre. Mais « nous avons interrompu la réunion après seulement 15 minutes de négociation, à la suite du refus de la direction d’accéder à la demande de revalorisation salariale », précise David Goslin.

  • La colère des pêcheurs calmée, mais pour combien de temps ?

    La colère des pêcheurs calmée, mais pour combien de temps ?

    La ministre savait son déplacement en Occitanie périlleux. En guise d’accueil dans les ports sétois et graulens, les bateaux étaient quasiment tous recouverts de banderoles avec des slogans comme : « Bruxelles, arrêtez le carnage ! » ou « pêcheurs à l’agonie ». « La hausse du prix du carburant a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase », confirme Bernard Perez, président du comité régional de pêche d’Occitanie. En effet, l’augmentation du prix du gasoil à des niveaux records avait poussé les pêcheurs de Méditerranée à se mobiliser la semaine du 14 au 18 septembre et à annuler les sorties en mer.

    Lundi 21 septembre, Catherine Chabaud a donc échangé avec des pêcheurs héraultais et gardois. L’idée était de poursuivre le dialogue entamé avec une partie d’entre eux la semaine précédente à Paris. À la suite de ces rencontres, la ministre a notamment annoncé sa volonté de parvenir à une « révision » du plan West Med qui soit « acceptable pour tout le monde ». Ce plan de gestion européen des pêches en Méditerranée occidentale pour préserver la ressource, dont une deuxième version encore plus restrictive est entrée en vigueur début 2025, est décrié par les pêcheurs car jugé trop restrictif. La ministre a également promis des annonces le 23 septembre, qui devaient notamment concerner les prix du carburant. Après cette rencontre, les pêcheurs ont décidé de lever leur mouvement de contestation.

    Les annonces sur le gasoil saluées

    Mercredi 23, Catherine Chabaud a donc effectué plusieurs annonces comme l’accélération du paiement des aides, le lancement d’un prêt à taux zéro plafonné à 50 000 euros par entreprise mais surtout, l’augmentation des aides sur le carburant. En effet, « l’aide sera désormais indexée sur le maximum admis par la Commission européenne, soit une couverture de 70% de la hausse des coûts par rapport à la situation d’avant-crise, quelle que soit la hausse des cours dans les semaines à venir », a précisé le gouvernement dans un communiqué.

    « Sur le prix du gasoil, les annonces vont dans le bon sens. Sur le reste, nous sommes en discussion parce qu’il y a tout à construire. Les bateaux ne sont toujours pas rentables donc il faut trouver des modèles différents. Il faut notamment lutter contre la lourdeur administrative. Nous allons travailler sur ces sujets avec la ministre. Nous voulons croire en l’avenir et construire un avenir pour nos jeunes mais il faut qu’on nous donne les moyens et qu’on nous écoute », explique Bernard Perez, qui prévient : « Vu la situation actuelle, on fait au jour le jour. Si ça ne va pas dans le bon sens, on est prêt à se remobiliser. »

  • [Sénatoriales] Le cadeau empoisonné de Fournier à Burgoa

    [Sénatoriales] Le cadeau empoisonné de Fournier à Burgoa

    L’entretien accordé au mensuel d’Objectif Sud (anciennement Objectif Gard) a fait l’effet d’une bombe dans le microcosme politique gardois. Jean-Paul Fournier y affirme d’abord que « pas grand-chose » le sépare aujourd’hui du RN. Puis l’ancien maire de Nîmes pendant 25 ans assume : « Julien Sanchez fait des propositions intéressantes. Avec le recul, il aurait peut-être fallu regarder les choses autrement. (…) Il fallait trouver un accord rapidement. Il y avait des propositions. (…) Il fallait discuter et trouver un accord. »

    Ces propos ont fait l’effet d’un petit tremblement de terre. D’abord parce qu’ils proviennent de l’homme qui avait la main sur la droite dans le département depuis 25 ans. Mais surtout, parce que Jean-Paul Fournier avait, jusqu’ici, toujours tenu le RN à distance, défendant le barrage républicain en refusant la ligne du ni-ni pourtant prônée par son parti et s’était dit « révolté » par l’alliance conclue par Éric Ciotti avec le RN en 2024.

    « C’est un renoncement de plus à la République et à l’intérêt général de celui qui a déclaré, il y a peu, que Nîmes l’intéressait plus que les Nîmoises et les Nîmois. L’amertume et le repli personnel et politique évitent l’inconfort de l’examen de conscience. Nous verrons ce que l’histoire retiendra », a réagi Pierre Jaumain, premier fédéral du PS du Gard. Même indignation du côté de Christian Bastid, premier secrétaire du PCF 30 : « Je condamne ces propos qui montrent le glissement de la droite vers l’extrême droite. C’est très choquant, très inquiétant et ce sont des propos qui vont à l’encontre de tout ce qu’il a toujours dit publiquement. »

    La digue a sauté

    Ces propos ont également indigné la droite gardoise et notamment Laurent Burgoa. La tête de liste (LR) aux élections sénatoriales, alliée pour cette élection avec le centre, a immédiatement rappelé qu’il était contre toute alliance avec le RN. Un sacré caillou dans la chaussure de celui qui est régulièrement la cible de l’extrême droite pour avoir justement refusé toute alliance aux élections municipales.

    Plus largement, la sortie de Jean-Paul Fournier marque surtout le basculement d’une droite dite « républicaine » vers l’extrême droite, qui s’opère du Parlement européen aux collectivités locales en passant par l’Assemblée nationale et le Sénat. Et chaque élection donne l’opportunité aux élus de droite de franchir le Rubicon. Le Gard n’échappe pas à la règle.

    Fournier avait déjà vu son ancien adjoint, Marc Taulelle, rejoindre Reconquête en 2022, puis le parti de Marion Maréchal avant d’intégrer la liste de Julien Sanchez (RN) aux dernières municipales. Il avait ainsi pu retrouver d’anciens collègues de la majorité Fournier. En effet, Monique Boissière (conseillère municipale élue depuis près de 20 ans au sein de la majorité LR), Christine Tournier-Barnier (adjointe déléguée à l’administration générale et élue à Nîmes depuis 2001) et Loumy Bourghol (militante historique de la droite locale) ont rejoint la liste de Julien Sanchez en mars. Tout comme Jean-François Durand-Coutelle, maire de Saint-Geniès-de-Malgoirès, vice-président de Nîmes Métropole et adhérent LR depuis 2020.

    Dernier défecteur en date : Régis Bourelly. Le maire de Saint-André-de-Valborgne, dans les Cévennes, élu sous l’étiquette LR, n’a pas hésité à rejoindre la liste de Sylvie Josserand (RN) pour ces élections sénatoriales. Une prise importante pour le RN qui a bien l’intention de récupérer la place de la droite dans le département. Il est peut-être là le grand remplacement…

  • Climat : une marche pour « demander des comptes »

    Climat : une marche pour « demander des comptes »

    « Qui aurait pu prédire la crise climatique ? » La phrase prononcée par Emmanuel Macron lors de ses vœux de 2022 reste en travers de la gorge de Cathy Valat, membre d’Alternatiba Montpellier. « La Gironde avait brûlé quatre mois plus tôt », rappelle la militante. « Cette année, c’est bien pire encore, avec l’été qu’on vient de vivre. » L’été le plus chaud jamais enregistré en France depuis 1900, avec une saison des feux qui a, elle aussi, battu des records (l’incendie géant parti de Saumos, en Gironde, le 22 juillet a ravagé 42 000 hectares en quelques jours).

    « Qui aurait pu prédire que 8 100 personnes mourraient de la canicule cet été ? Qui aurait pu prédire que celles et ceux qui mourraient d’abord seraient les habitantes et les habitants des quartiers populaires, les familles précaires dans des logements sans isolation, les personnes âgées ou en situation de handicap restées seules, celles et ceux qui travaillent dehors et celles et ceux qui dorment dans la rue ? Qui aurait pu prédire la crise de l’agriculture, prise de plein fouet cette année ? », ironise la militante montpelliéraine, reprenant les termes de l’appel national à la mobilisation « pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale » lancé au cœur de l’été sous forme d’une lettre ouverte au président de la République.

    À Montpellier comme dans plusieurs villes de l’Hérault et du Gard (voir rendez-vous ci-contre), des citoyens soutenus par des associations, des syndicats et des partis politiques de gauche ont décidé de relayer ce mouvement national qui a réuni, en quelques semaines, plus de 40 000 signataires et recense 250 mobilisations dans tout le pays le 26 septembre.

    « On n’a pas été écoutés »

    Voilà des décennies, insiste Cathy Valat, que les scientifiques alertent : « Le Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) tire la sonnette d’alarme depuis 1990. À de nombreuses reprises, par voie de presse, de pétitions et même de manifestations, des milliers de scientifiques du monde entier ont tenté d’alerter les dirigeants politiques. Ils ont été magnifiquement ignorés… », déplore la Montpelliéraine. Les citoyens sont eux aussi montés au créneau, avec des marches pour le climat, des mobilisations par des grèves, des pétitions (deux millions de signatures contre le retour d’un insecticide interdit), des actions autour de l’eau, de l’agriculture ou de la justice sociale. « Pour tout ça, on n’a pas été écoutés. On nous a dit qu’on exagérait, qu’on était des radicaux, même des écoterroristes », dénonce la militante. « Et voilà où on est… La démarche du collectif n’est pas du tout de se plaindre. Mais par contre, on demande des comptes », poursuit-elle.

    L’appel national porte notamment trois revendications : un plan d’urgence « pour protéger les habitants, en particulier les travailleurs et les populations les plus précaires, et pour disposer de moyens de secours, à la hauteur des crises » ; un plan d’adaptation, avec notamment rénovation des logements, protection de l’eau et restauration des écosystèmes ; et un plan d’atténuation, pour sortir des énergies fossiles et développer les transports publics. Pour les financer, le collectif réclame la taxation des superprofits des énergies fossiles et de l’armement, ainsi qu’un impôt climatique sur les patrimoines des plus riches. Il demande également un Fonds vert [qui aide les collectivités locales à concrétiser leurs projets écologiques, Ndlr.] à la hauteur des besoins : doté de 2,5 milliards d’euros en 2024, son enveloppe est tombée à 837 millions en 2026… « Par contre 6,7 milliards ont été ajoutés au budget des armées en une année. »

    LES RENDEZ-VOUS

    – Montpellier : 12h, repas partagé ; 13h, forum « Quelles actions collectives pour un plan climat ambitieux ? » ; 15h, rassemblement et marche, Esplanade Charles-de-Gaulle.

    – Sète : 11h, place Aristide-Briand.

    – Nîmes : 16h30, parvis central, avenue Feuchères/esplanade Charles-de-Gaulle.

    – Alès : 10h30, Halles de l’Abbaye, face à la brûlerie.

    – Le Vigan : 10h, place de la mairie.

  • [Entretien] Michel Crespy : « Une élection personnalisée où tout le monde se connaît »

    [Entretien] Michel Crespy : « Une élection personnalisée où tout le monde se connaît »

    Le scrutin sénatorial dans les départements du Gard et de l’Hérault, dimanche 27 septembre, a un très grand intérêt car il va refléter les résultats des dernières élections municipales. En effet, l’essentiel des grands électeurs sont issus des conseils municipaux nouvellement élus en mars de cette année. Si c’est aussi le cas dans les autres départements concernés par le renouvellement de la moitié des sénateurs. La réélection très confortable de Michaël Delafosse (PS) à Montpellier et, surtout, la bascule de Nîmes à gauche avec l’arrivée à la tête de la mairie et de la métropole de « Nîmes en commun » dirigée par Vincent Bouget (PCF), peut faire progresser la gauche au Sénat.

    La Marseillaise : En quoi ce scrutin est-il important dans l’optique de la présidentielle ?

    Michel Crespy : Pas tellement dans l’optique de la présidentielle avec qui il n’a pas de lien direct mais plutôt dans la suite de l’exercice du pouvoir. Le président élu aura à faire avec le Sénat qui a peu de chance de varier beaucoup et peut ralentir, bloquer ou favoriser les initiatives du futur gouvernement. Plusieurs candidats (Le Pen, Philippe, Attal…) laissent entendre qu’ils voudraient faire des réformes constitutionnelles. Pour cela, il faut avoir un texte conforme voté par l’Assemblée et le Sénat. Ce dernier peut soit bloquer une réforme soit obliger à recourir à l’article 11 [référendum], c’est-à-dire une sorte de coup d’État constitutionnel.

    Dans le Gard, la gauche peut-elle espérer un siège de plus grâce à Nîmes ?

    M.C. : Oui et le RN aussi. Ce sont les deux incertitudes du Gard. Le 3e siège pourrait ne pas rester à la droite. C’est compliqué car le corps électoral est composé de personnes qui connaissent bien la politique : les électeurs connaissent tous les candidats et inversement. C’est une élection moins partisane car peu de grands électeurs sont membres de partis. Elle est très personnalisée car tout le monde se connaît. Il y a des amitiés, inimitiés, convergences d’intérêts. Il y aura des élus de droite ou de gauche qui voteront pour un autre camp.

    À la faveur des villes conquises dans le Gard, le RN peut-il ravir un siège à la droite ?

    M.C. : C’est possible d’autant qu’un certain nombre de maires sans étiquette vont voter RN sans être RN. Pour toutes sortes de raisons : proximité locale, idéologique, amicale, inimitié vis-à-vis des candidats de droite. Les tabous sont tombés et le RN commence à avoir une implantation locale sérieuse avec tous ses conseillers municipaux et des sympathies RN pas toujours affichées aux municipales.

    Dans l’Hérault, le fait que la gauche ait 3 sièges est-il une exception ?

    M.C. : Quelque part oui. Cela ne reflète pas les résultats nationaux des législatives par exemple. Le corps électoral est très déformé aux sénatoriales. Cela tient beaucoup aux personnalités avec beaucoup de gens qui se connaissent. J’ai rencontré des gens qui ne sont pas de gauche mais considèrent que Hussein Bourgi [socialiste] a fait le boulot.

    Le retrait de 2 sortants, Christian Bilhac (PRG) et Henri Cabanel (divers gauche / ex-PS) est-il un élément qui rebat les cartes dans l’Hérault ?

    M.C. : Oui parce que les sortants ont des voix personnelles. Ils ont noué des liens avec des élus. Ceux qui les remplacent, on les connaît moins. Les votes ne se reportent pas automatiquement sur le remplaçant. La présence de Kléber Mesquida [président socialiste du Département de l’Hérault] sur la liste Manenc peut peser aussi.

    Il se murmure que Jean-Pierre Grand serait en difficulté…

    M.C. : C’est difficile à savoir parce que dans le secret des urnes… On peut penser que Jean-Pierre Grand peut être en difficulté car il y a plus de candidats de droite. Qu’il est concurrencé par Joseph Francis qui a noué des liens avec plusieurs municipalités dans le pourtour montpelliérain. Il y a aussi l’usure (sénateur depuis 2014 et âgé de bientôt 76 ans) qui finit par jouer. Le Sénat avait la réputation d’être une sorte d’Ehpad, c’est beaucoup moins vrai à l’heure actuelle. La perte de Castelnau-le-Lez sera autant d’électeurs en moins. Son départ des Républicains [chez Horizons désormais] n’est pas forcément un atout. La droite a perdu Agde, c’est compliqué à Sète… Il n’est pas impossible que Jean-Pierre Grand soit battu.

  • Une journée contre l’extrême droite à Alès

    Une journée contre l’extrême droite à Alès

    « La date de cette journée a été calée avant de connaître celle du procès, mais ça tombe bien », admet Cécile Alphon-Layre. En effet, cette journée est née après l’attaque du Prolé en pleine feria 2025 par un groupuscule d’extrême droite. Et le procès de trois de ces membres est justement prévu le 6 octobre prochain (un rassemblement est organisé devant le tribunal à 8h30). « C’est la fédération anarchiste qui nous a contactés après l’agression du Prolé pour travailler à une interorganisation contre l’extrême droite. Celle-ci est née il y a un an et elle avait pour but d’organiser une journée contre les idées d’extrême droite », confirme la nouvelle secrétaire de la section alésienne du PCF.

    Les 28 collectifs présents vont donc tenir des stands dans la grande salle de l’Espace Cazot alors que le hall accueillera les débats et la pièce de théâtre. Le premier événement de la journée débute à 15 heures avec une conférence de Christophe-Cécil Garnier, co-rédacteur chez Street-press et co-auteur de L’extrême danger, connaître et contrer l’extrême droite radicale. Ensuite, à 17h, place à la pièce de théâtre On l’a brun mérité, du collectif Lakolok.

    Un débat, quatre concerts

    L’autre moment fort se déroulera à 18 heures avec un débat entre Christophe-Cécil Garnier, le journaliste de L’Humanité Grégory Marin, l’avocate et présidente de la LDH de l’Hérault Sophie Mazas et Vincent Jarousseau, auteur de Dans les âmes et les urnes, 10 ans à la rencontre de la France qui vote RN.

    Enfin, quatre animations musicales clôtureront la journée : le collectif de hip-hop Tabou Records (20h), les rockeurs de Lampyre (20h45), les rappeurs de Las Quadra (21h45) et enfin le DJ set de Freaksteddy (22h45). Les fonds récoltés lors de cette journée seront reversés à une caisse de solidarité pour les victimes d’agression de l’extrême droite.

  • [Entretien] Cathy Chaulet, maire de Saint-Privat-de-Champclos : « On n’a pas le droit de la jouer perso »

    [Entretien] Cathy Chaulet, maire de Saint-Privat-de-Champclos : « On n’a pas le droit de la jouer perso »

    La Marseillaise : Comment se déroule la campagne ?

    Cathy Chaulet : Bien. Nous avons un bon accueil dans les communes. Nous avons une équipe unique, collective, combative et à l’écoute. On sillonne le département, soit par des rendez-vous individuels, soit par des réunions entre grands électeurs. On essaye d’être chaque fois le plus nombreux possible, si on peut y aller à 5 on y va à 5. Après, nous sommes des élus locaux, donc nous connaissons aussi d’autres élus et les spécificités liées à nos territoires.

    Quelles sont les attentes des élus et des maires que vous rencontrez ?

    C.C. : Ce qu’ils demandent en priorité, c’est de la simplification administrative, des allègements, et de l’autonomie financière. Ils souhaitent un peu plus de décentralisation mais avec des moyens. Ils veulent qu’on n’ait pas un État contraignant, mais un État qui soit facilitateur. C’est particulièrement demandé dans le cadre des appels à projets. Ensuite, ils demandent de la confiance, que l’on fasse confiance aux élus locaux qui sont quand même au cœur des réalités du quotidien et de la proximité. Enfin, ils réclament la défense des services publics, un sujet très important pour notre liste que nous portons depuis longtemps. Les communes ne réclament pas des privilèges mais d’être simplement entendues, écoutées, parce qu’elles sont au cœur des réalités de ce que vivent les Français, que ce soit en ville ou à la campagne.

    Ce sont des thématiques où la gauche a des idées à faire avancer…

    C.C. : On essaie de peser fort sur ces thèmes. Mais la simplification c’est facile de l’annoncer, après il faut la traduire. Parce que parfois, il y a des décrets qui n’arrivent pas. Il faut surtout parvenir à prendre en compte cette richesse d’expérimentation qui fait que l’on ne peut pas appliquer les mêmes choses en Bretagne que sur le pourtour méditerranéen ou simplement entre Saint-Privat-de-Champclos et Nîmes.

    Quels sont les autres axes de votre campagne ?

    C.C. : Nous voulons défendre les communs, l’eau, l’air, les sols… parce que c’est l’essentiel. Même si c’est peut-être une utopie, nous souhaitons une non-marchandisation de ces communs. C’est très important, surtout dans un contexte de changement climatique qui fait que tous les secteurs du quotidien et l’ensemble des citoyens sont impactés, que ce soit l’habitat, les bâtiments, qu’ils soient scolaires ou qu’ils soient municipaux, que ce soit la santé, que ce soit les conditions de travail des salariés à l’extérieur comme à l’intérieur… Il y a des enjeux face à la déprise agricole qui pose la question de la prévention des incendies et qui pose la question des moyens de la sécurité civile. Ce sont des sujets transversaux qui reviennent régulièrement dans la bouche des élus. Aujourd’hui, cette transition est à défendre, et c’est même le défi de demain.

    Sur ces sujets, qu’apporte votre expérience de vice-présidente du conseil départemental du Gard en charge de l’agriculture ?

    C.C. : J’ai peut-être une écoute différente et une plus grande expérience. Mais je suis issue de ce monde de paysans, issue de cette ruralité. J’y suis née, j’y ai grandi et j’y vis. Toutes ces questions sont au cœur de mon mandat, au Département mais aussi de mon mandat de maire. Je pense que c’est donc la réalité et le quotidien de beaucoup d’élus. Chez moi, je suis atterrée de ce que je vois. J’avais une commune complètement agricole, et aujourd’hui il ne reste plus personne. Le peu qu’il y a ne gagne pas sa vie, y compris sur la lavande et le lavandin. Aujourd’hui, ces plantes plutôt résistantes sont mises à mal.

    Sur un plan plus politique, pensez-vous aujourd’hui que le troisième siège de ces élections sénatoriales dans le Gard se joue entre vous et le Rassemblement national ?

    C.C. : C’est difficile à dire mais j’ai très peur. On se bagarre. La présidente du Département, Françoise Laurent-Perrigot (PS), a raison de dire que le vote utile c’est le vote de la liste du Gard en commun, parce que c’est le seul moyen d’envoyer une sénatrice de gauche au Sénat. Tout le reste, ce sont des voix perdues et des voix qui feront les beaux jours du RN. La bataille va être compliquée mais on se bagarre pour aller arracher ce siège en réaffirmant que le vote utile, c’est le vote Bouad. Surtout que, quand on entend aujourd’hui les débats du Rassemblement national et cette volonté de changer la Constitution, on se dit qu’il faudra qu’au Sénat, il y ait un peu plus de gens qui pèsent pour que tout ne leur soit pas ouvert. Et quand on voit le glissement de la droite, on est en droit d’avoir peur. On a rencontré beaucoup de maires, on est allé dans des endroits franchement pas faciles pour la gauche, mais on n’a pas l’impression que les maires sans étiquette soient proches du Rassemblement national.

    Dans ce contexte, que pensez-vous de la candidature de Carole Bergeri qui est également vice-présidente du conseil départemental du Gard ?

    C.C. : Dès lors qu’on fait partie d’un collectif et d’une majorité départementale, les aventures individuelles ne doivent pas être au rendez-vous. Sinon, on ne peut pas dire qu’on fait de la politique et qu’on est là pour l’intérêt commun et l’intérêt général. Quand on a en face six députés d’extrême droite, plus un septième qui est au Parlement européen, et quand on voit le résultat des élections municipales, on n’a pas le droit de la jouer perso.

  • Les agents des services publics se rebiffent

    Les agents des services publics se rebiffent

    Tous unis ! Les huit organisations composant l’intersyndicale de la fonction publique (CGT, FO, CFDT, Unsa, FSU, Solidaires, CFE/CGC et FA-FP) annoncent un mardi 29 septembre de grèves et de manifestations massives dans tout le pays, en métropole et outre-mer. À Montpellier et Nîmes, les cortèges partiront respectivement à 14h et 14h30 de la Place Albert 1er et de la Maison Carré.

    Ces agents des services publics, titulaires ou contractuels, représentent 10% de la population active et assurent les services publics du quotidien quel que soit leur métier. À titre d’exemple non exhaustif, ils et elles sont policiers ou enseignants dans la fonction publique d’État ; cantinières, éboueurs ou ingénieurs dans la fonction publique territoriale ; médecins, infirmiers, brancardiers, aides-soignants ou secrétaire dans la fonction publique hospitalière. Des métiers publics qui échappent au système marchand.

    Mercredi 23 septembre, lors d’une conférence de presse, toutes les organisations syndicales représentant les quelque six millions de travailleurs de la fonction publique ont rappelé les raisons de la colère : « La semaine dernière [le premier ministre Sébastien Lecornu] a annoncé les premiers contours de son budget. Il confirme une nouvelle fois le gel du point d’indice à la veille de la mobilisation Fonction publique du 29 septembre ce qui résonne comme une véritable provocation. Et il annonce 54 milliards de coupes budgétaires. »

    Pour les agents publics, précise l’intersyndicale « ce ne sont pas des chiffres abstraits : ce sont des rattrapages de perte de pouvoir d’achat qui n’auront pas lieu. Or les agents publics ont perdu plus de 6% de pouvoir d’achat depuis la dernière revalorisation du point d’indice en juillet 2023 et plus de 15% depuis 10 ans ! ». Alors que l’inflation galope, alimentée par le coût des produits pétroliers et de l’alimentation, les travailleurs du public vont continuer de s’appauvrir. « Combien d’agents publics de plus auront leur traitement indiciaire inférieur au Smic ? », interroge l’intersyndicale.

    « Jamais il n’y a eu autant de dividendes dans notre pays. La France est deuxième sur le podium mondial. Nous préférerions qu’elle soit championne du monde des salaires et des droits sociaux », a déclaré mercredi la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet. Elle appelle à faire du 29 septembre une « grande journée de grève » avec pour « mot d’ordre, les salaires et les services publics ». 150 cortèges étaient déjà annoncés. Le secteur public est moteur de la colère sociale qui gronde.

  • Nîmes Olympique : leader sur le terrain, divisé en coulisses

    Nîmes Olympique : leader sur le terrain, divisé en coulisses

    Samedi 19 septembre au soir, à Saint-Symphorien-sur-Coise, les Crocos ont encore gagné. Un succès 3-1 chez Haut Lyonnais, le cinquième en autant de journées, et un fauteuil de leader solidement accroché. Sur le terrain, Nîmes Olympique ne pouvait rêver meilleur départ, le meilleur même depuis 1949-1950. Dans les bureaux, le décor est autrement moins réjouissant.

    Ce décalage a pris une dimension très concrète le 14 septembre. Ce jour-là, le président de l’Association Nîmes Olympique, Yannick Liron, a annoncé 630 000 euros de déficit sur l’exercice 2025-2026 : 500 000 euros pour la société Nîmes Olympique Ensemble de Thierry Cenatiempo et 130 000 euros pour l’Association. « Il faut qu’on se mette tous autour de la table et qu’on arrête ce cirque. Il faut siffler la fin de la partie », a-t-il lancé en conférence. Car derrière le trou comptable se cache surtout un profond désaccord sur la manière de solder la saison passée.

    SAS et Association se réclament mutuellement de l’argent. En cause, des refacturations de prestations, de billetterie, de mise à disposition d’infrastructures et surtout la répartition des dépenses liées aux Antonins et à la Bastide. La Ville avait versé 1,1 million d’euros à l’Association lors du sauvetage, mais près de 960 000 euros ont été absorbés par les deux équipements la saison dernière, selon Yannick Liron. En parallèle, environ 100 000 euros de recettes de mécénat et de partenariat promises n’ont jamais été concrétisées. Le montage construit dans l’urgence à l’été 2025 montre aujourd’hui ses coutures.

    « Ce sont des problèmes de personnes »

    L’été avait déjà donné le ton. Début août, Thierry Cenatiempo refusait de signer les conventions d’occupation des Antonins et de la Bastide, jugeant trop élevés les loyers proposés par la nouvelle municipalité. Le bras de fer se doublait alors d’un autre sujet sensible : la fan zone extérieure, où de la bière était vendue, avait été recalée par la préfecture, menaçant une source de recettes pour le club. Après quelques jours de négociations, un compromis était trouvé : 10 000 euros par match aux Antonins et 25 000 euros pour la Bastide, tandis que les buvettes et animations étaient réorganisées à l’intérieur du stade. Un épisode réglé, mais révélateur d’un club où chaque ligne comptable est devenue sensible.

    À l’intérieur aussi, l’équilibre se fragilise. Émiliano Marcos et Philippe Gas, deux entrepreneurs qui avaient participé au sauvetage de 2025 avant de s’éloigner de Thierry Cenatiempo, ont rejoint le conseil d’administration de l’Association. Ils assument désormais vouloir bâtir un « plan B », renforcer la formation locale et mobiliser les entreprises du territoire. Leur autre objectif est symbolique : permettre à l’Association de récupérer avant la fin de l’année la marque Nîmes Olympique, toujours détenue par Rani Assaf. De son côté, Thierry Cenatiempo affiche sa sérénité. Une ouverture de capital doit faire entrer notamment Kevin Denkey et un entrepreneur américain pour environ 700 000 euros, avec d’autres investisseurs annoncés. Le président assure que le dossier a avancé à « 80% », tout en précisant que ces nouveaux fonds n’ont pas vocation à éponger le déficit passé.

    Mais l’échéance est proche. Les comptes doivent être arrêtés avant le passage devant la DNCG fin octobre. L’Association, elle, ne peut pas présenter un exercice déficitaire. « Ce sont des problèmes de personnes. Les personnes, il faut qu’elles se rencontrent et qu’elles parlent », résume l’adjoint aux Sports Bruno Ferrier, alors que la Ville se dit prête à jouer les médiateurs. Le NO gagne de nouveau le samedi. Reste à savoir s’il saura aussi faire équipe le reste de la semaine.

  • Aux sénatoriales dans le Gard et l’Hérault, sept sièges sont en lice

    Aux sénatoriales dans le Gard et l’Hérault, sept sièges sont en lice

    À douze jours du scrutin, le casting est désormais complet. Dimanche 27 septembre, 1 982 grands électeurs dans le Gard et 2 729 dans l’Hérault choisiront sept sénateurs. Une élection discrète, mais qui ressemble à un troisième tour des Municipales : les nouveaux rapports de force locaux vont se traduire au Palais du Luxembourg.

    Un deuxième siège pour

    la gauche dans le Gard ?

    Dans le Gard, cinq listes se disputent trois sièges. Les sortants Denis Bouad (PS) et Laurent Burgoa (LR) partent avec une longueur d’avance, sans garantie pour leur camp de doubler la mise. En 2020, la droite avait obtenu 672 voix et deux élus, contre 663 voix et un siège pour la gauche. Six ans plus tard, la donne est bouleversée : la gauche a conquis Nîmes, quand le RN a pris Vauvert, Bagnols-sur-Cèze et conserve Beaucaire. L’avantage nîmois de la gauche est cependant rongé par sa dispersion. La liste d’union de la gauche, autour de Denis Bouad, « Le Gard en commun », réunit PS, PCF et PRG, avec la communiste Cathy Chaulet en deuxième position. L’objectif : transformer la victoire nîmoise en deuxième siège. Mais Carole Bergeri mène sa propre liste divers gauche et LFI part seule derrière Jean-Baptiste Thibaud. En 2020, une dissidence socialiste avait recueilli 118 voix ; la gauche n’avait échoué que de quelques suffrages à décrocher un deuxième élu. À la plus forte moyenne, chaque voix égarée peut coûter cher.

    À droite, Laurent Burgoa présente au contraire une liste unique allant de LR au centre, soutenue jusqu’à Renaissance. Malgré la perte de Nîmes, le sortant conserve un réseau dense d’élus ruraux. Mais son véritable adversaire pourrait être Sylvie Josserand. La députée RN conduit une liste où figurent les maires de Vauvert et Bagnols-sur-Cèze. Le parti à la flamme avait déjà obtenu 203 voix en 2020, avec un ancrage municipal bien moindre. Son entrée au Sénat consacrerait une nouvelle étape de son implantation dans un département où l’extrême droite a remporté toutes les circonscriptions législatives en 2024.

    Dans l’Hérault, trois sièges

    à défendre pour la gauche

    Dans l’Hérault, la gauche se présente avec une équation presque inverse : elle détient aujourd’hui trois sièges sur quatre et a donc beaucoup à perdre. D’autant que deux de ses trois sénateurs, Christian Bilhac (PRG) et Henri Cabanel (DVG), ne repartent pas. Leurs retraits ont libéré deux fauteuils et aiguisé les appétits : pas moins de six listes issues de la gauche ou de ses marges se retrouvent en concurrence.

    Le sortant socialiste Hussein Bourgi, soutenu par le maire de Montpellier Michaël Delafosse (PS) et allié au PCF, semble disposer du socle le plus solide, notamment à Montpellier. Sa réélection paraît à portée, mais faire entrer sa numéro deux, Julie Frêche (PS), sera une autre affaire. Aurélien Manenc (DVG), poussé par le président du Département Kléber Mesquida (PS), entend capter l’électorat rural ; Florence Brutus (PRG), soutenue par Christian Bilhac, espère maintenir une représentation radicale ; Audrey Imbert (DVG) joue sa carte, tandis qu’Agnès Gizard-Carlin pour Les Écologistes et Alexia Laforge pour LFI ont choisi l’autonomie. Une addition de candidatures risque de coûter à la gauche l’un de ses trois sièges. La droite, elle aussi éclatée, dispose toutefois d’un socle municipal solide. Le sortant Jean-Pierre Grand (Horizons) repart avec Patricia Mirallès, mais doit affronter Joseph Francis (DVD), entouré de plusieurs maires, Alain Berthet pour LR et Malik Hamadache (DVD), soutenu par David Lisnard, maire de Cannes et président de l’association des maires de France. À cette offre déjà fragmentée s’ajoutent Romain Arnoult (Reconquête) et Amaury Fretay (divers centre).

    118 voix pour le RN en 2020

    Et derrière cet embouteillage, le RN attend son heure. La députée Manon Bouquin parie sur l’ancrage municipal accru de l’extrême droite, notamment après la conquête d’Agde et dans un Biterrois où la droite radicale dispose déjà d’un solide terreau. En 2020, le RN n’avait obtenu que 118 voix. Cette fois, décrocher un siège ne relève plus totalement de la politique-fiction si les suffrages continuent de s’éparpiller. Gard et Hérault deviennent ainsi deux laboratoires d’un même phénomène : la capacité du RN à transformer ses performances électorales en implantation institutionnelle durable. Face à lui, la gauche conserve de fortes positions locales, mais ses divisions peuvent l’empêcher d’en récolter les fruits. Le 27 septembre, quelques dizaines de voix pourraient montrer combien l’union ou la dispersion finissent par se compter.