Tag: Gard

  • La moto américaine efface le 1er mai

    La moto américaine efface le 1er mai

    Comme toutes les mairies gérées par le Rassemblement national, la politique culturelle à Beaucaire s’inscrit dans la défense des traditions locales. Ici, c’est donc naturellement la culture taurine qui capte toutes les attentions. « Une école taurine est en cours de mise en place avec une association qui a eu une subvention exceptionnelle à la création, ce qui est assez rare. Il y a aussi une novillada qui va voir le jour. Pour eux, la culture c’est la culture taurine et provençale, point », explique Luc Perrin.

    L’élu d’opposition, également secrétaire de l’association Latinos Sin Fronteras, remarque qu’il est aussi très difficile pour certaines associations d’obtenir une salle  : « Il y a toujours de grandes difficultés pour avoir des réponses. Nous essayons d’organiser une fête avec l’association pour le 20 mai. On a demandé une salle il y a plus d’un mois et je n’ai aucune réponse. J’ai fait une relance, toujours sans réponse. Si ce qu’on demande ne leur plaît pas, ils préfèrent ne pas répondre plutôt que de dire non ».

    À Beaucaire, la culture chrétienne est également à l’honneur avec notamment la traditionnelle crèche installée chaque année dans la mairie malgré les multiples condamnations judiciaires. « Il y a aussi la Sainte-Madeleine, les vendanges de la Madeleine, la cuvée de la Madeleine où les maires sont toujours présents sans écharpe. Le maire assiste à des messes et on voit bien qu’il ne fait pas ça en toute discrétion, il s’affiche mais sans écharpe », détaille Luc Perrin.

    Les USA à l’honneur

    Comme depuis onze ans, les drapeaux américains ont envahi les rues de Beaucaire vendredi 1er mai. En effet, la fête des travailleurs a toujours été fustigée par l’extrême droite. Alors à Beaucaire, la municipalité RN a décidé de l’invisibiliser en organisant une grande fête de la moto américaine. Harley-Davidson, tatouages, musique country et jeeps sont au rendez-vous de cet événement qui a tout du rassemblement Maga (Make America Great Again, la devise de Donald Trump). Une procession de motards est même bénie par des prêtres. Pendant le temps d’une journée, la municipalité RN ne voit donc pas d’objection à célébrer une culture étrangère…

    « Ça fait toujours très bizarre de voir le curé bénir les motards sous une nuée de drapeaux américains. Mais cet événement a un succès énorme donc si on le critique, on passe pour un rabat-joie », explique Luc Perrin. « À Beaucaire, on met en place ces fêtes américaines pour effacer le 1er mai des calendriers », confirme Jean Vanhaute, président de l’institut d’histoire sociale de la CGT du Gard.

  • [Info La Marseillaise] Bar Le Prolé à Alès : procès le 6 octobre pour 3 membres du Bloc Montpellierain

    [Info La Marseillaise] Bar Le Prolé à Alès : procès le 6 octobre pour 3 membres du Bloc Montpellierain

    La nouvelle était attendue avec une certaine impatience. Près d’un an après la violente agression par des membres du groupe néo-nazi le Bloc Montpellierain de militants communistes et du public réunis au Bar du Prolé à Alès, en mai 2025, le procureur de la République a décidé de renvoyer devant la justice trois individus.

    « Après que ces individus aient été gardés à vue, en février, puis relâchés, nous redoutions un classement sans suite qui aurait été non seulement incompréhensible mais révoltant au moment où, de surcroît, la peste brune déballe au grand jour sa haine et sa violence. Depuis un an, les victimes et leurs trois avocats n’ont eu de cesse de donner de la voix pour que ces auteurs de violences ne jouissent pas d’une impunité. Au nom des communistes Alésiens, des victimes et des amis du Prolé, je me réjouis de cette première étape. Je suis soulagé de savoir que des violences ne demeurent pas sans poursuites , a fortiori, ici, des violences politiques» réagit Giovanni Di Francesco secrétaire de la section alésienne du PCF .

    Feria d’Alès du 13 au 16 mai
  • Vincent Bouget remet la mairie au contact des Nîmois

    Vincent Bouget remet la mairie au contact des Nîmois

    C’était l’un des fils rouges de la campagne de « Nîmes en commun » : ne plus faire la ville sans ses habitants. À peine installé à l’Hôtel de Ville, Vincent Bouget veut donner corps à cette promesse. À partir du jeudi 7 mai et jusqu’au 2 juillet, le nouveau maire de Nîmes lance « Bonjour Nîmes », une série de sept rencontres publiques dans les grands secteurs de la ville. Une première séquence politique qui dit déjà beaucoup de la méthode revendiquée par la nouvelle majorité : sortir des bureaux, écouter, faire parler les quartiers et tenter de recoudre une ville fracturée.

    La première rencontre a lieu ce jeudi 7 mai, à 18h30, à la Maison des associations, pour le secteur Costières. Suivront Garrigues nord, Garrigues ouest, Nîmes centre, Grézan-Chemin bas d’Avignon, Courbessac-Mas de Mingue, puis Nîmes Ouest-Saint-Césaire. À chaque fois, le maire, sa première adjointe Amal Couvreur et des élus municipaux viendront échanger avec les habitants. Au programme : la projection d’un film-enquête réalisé auprès de Nîmois du secteur concerné, puis une discussion sur les attentes, les urgences et les priorités du quotidien.

    Pour Vincent Bouget, l’enjeu dépasse le simple exercice de communication. « Les Nîmoises et les Nîmois ont beaucoup dit que la ville n’était pas assez unie, que les élus étaient trop distants », rappelle la municipalité. Le nouveau maire, lui, insiste sur la nécessité de repartir de la parole habitante : « Parce que nous ne ferons rien seuls, nous avons besoin de nous écouter et de travailler tous ensemble. C’est la seule façon de réussir la transformation en profondeur de notre cité. »

    Une méthode héritée

    de la campagne

    Ces rendez-vous s’inscrivent directement dans la continuité de la campagne municipale victorieuse de mars. Nîmes en commun avait bâti son projet à partir de milliers de contributions, de réunions publiques et d’arpentages dans les quartiers. Le collectif promettait alors de « rendre le pouvoir aux Nîmois », de renforcer les conseils de quartier et de rompre avec une gestion jugée trop verticale après vingt-cinq ans de majorité Fournier.

    La différence avec l’ancienne municipalité se joue donc d’abord sur le rapport au pouvoir. Vincent Bouget ne veut pas seulement gérer les dossiers depuis l’Hôtel de Ville : « On peut très rapidement se retrouver enfermé dans son bureau et ne voir personne », confie-t-il. Depuis le début du mandat, il dit chercher à rester « au contact des habitants, des entreprises, des associations, dans tous les quartiers ». Même dans les gestes simples : « J’essaye le maximum de venir en mairie à pied. Les gens nous interpellent sur leurs problèmes personnels, leurs problèmes plus globaux, ou parfois juste pour un bonjour. C’est déjà une belle première étape. »

    Des attentes concrètes

    Ces réunions ne devraient pas rester dans les grands principes. Voirie abîmée, vitesse automobile, fossés à nettoyer, manque de lieux pour se réunir : dans les quartiers, les demandes s’annoncent concrètes. Mais Vincent Bouget veut éviter le simple guichet à doléances. Ces rencontres doivent aussi servir à refonder une démocratie locale, à commencer par des conseils de quartier dont le fonctionnement, estime-t-il, « est à revoir ». L’objectif affiché est d’aboutir, à l’automne, à de nouveaux fonctionnements capables de mieux traiter l’ensemble des problèmes du quotidien.

    Reste à transformer l’écoute en décisions. C’est là que la nouvelle majorité sera jugée, après avoir promis une ville « où chacune et chacun compte. » Sept rendez-vous pour faire connaissance, mais aussi pour prouver qu’un changement de mairie peut signifier un changement de méthode.

    Inscription aux rencontres et dates sur www.nimes.fr

  • À Vauvert,la culture sabrée par la mairie RN

    À Vauvert,la culture sabrée par la mairie RN

    L’offensive du Rassemblement national contre la culture est loin d’être terminée à Vauvert. En effet, l’un des premiers actes du nouveau maire Nicolas Meizonnet a été d’annuler l’exposition photos de Sylvain Brino (pourtant très consensuelle puisqu’elle mettait à l’honneur la Camargue) pour des prises de position contre l’extrême droite sur ses réseaux sociaux. Puis, ce fut au tour de Jazz à Vauvert d’être tout simplement annulé pour des « raisons économiques ». « Jazz à Vauvert fonctionnait très bien. Il y avait des Vauverdois mais aussi des gens de l’extérieur. Ils disent qu’il n’y avait pas de retombées économiques mais ce n’est pas vrai parce qu’il y a des gens qui venaient de loin et qui logeaient et mangeaient à Vauvert », explique l’élue d’opposition Magali Nissard, qui constate également que « la droite soutient Nicolas Meizonnet aussi car ils n’ont pas supporté que nous ayons modifié ce festival où nous avions ajouté un concert dans chaque école et des animations gratuites dans la ville ». Face à cette censure, le festival jazz à Vauvert sera accueilli par la commune de Vergèze les 26 et 27 juin.

    Les associations bientôt visées ?

    Nicolas Meizonnet tente en effet de justifier cette politique en s’appuyant sur les finances de la ville qui serait « quasiment ruinée ». Sauf que beaucoup y voient plutôt la volonté d’écarter tout ce qui ne convient pas au RN qui préfère axer sa politique culturelle sur la défense des traditions taurines et camarguaises.

    Après ces annulations, la municipalité cherche en effet à couper dans les subventions aux associations, notamment culturelles. Elle aurait trois associations dans le collimateur puisque le RN a toujours fustigé lorsqu’il était dans l’opposition Jazz à Junas (qui portait le festival Jazz à Vauvert), l’association Les avocats du Diable et Atout philo. Benjamin Rouvière, son fondateur, a été convoqué par le maire mais n’a pas souhaité se rendre au rendez-vous : « On m’impose l’heure et le jour et on ne me donne pas le motif donc je n’y suis pas allé. Mais j’ose imaginer ce qu’on allait me dire, c’est-à-dire ce qu’ils disaient lorsqu’ils étaient dans l’opposition, à savoir que notre subvention était trop élevée alors qu’on fait des petits concerts l’été et qu’on mobilise des auteurs, des philosophes, des sociologues, le reste de l’année. Cela fait six ans que nous existons et nous proposons en moyenne une manifestation par mois. » Atout philo touchait en moyenne 2 000 euros par an de la part de la mairie mais Benjamin Rouvière ne « serait pas surpris si elle était sucrée cette année ».

    Le dessinateur Eddie Pons, président de l’association littéraire Les avocats du Diable, a, de son côté, honoré sa convocation lundi 4 mai où le maire lui a annoncé que la subvention serait baissée de 30%, soit une coupe de 1 000 euros. « On n’a pas encore pris de décision mais on s’interroge sur notre engagement vis-à-vis de la ville de Vauvert », confirme-t-il.

    « Pour l’instant, le maire ne nous a pas donné le détail du budget 2026 mais il faut lire entre les lignes et on voit que pour les subventions aux associations, une baisse de 93 000 euros est prévue. Une association culturelle m’a contacté et ils lui ont annoncé une baisse de 30% de la subvention. Dans les 93 000 euros, il y a les 63 000 euros de Jazz à Junas mais il en manque donc d’autres associations vont être touchées », prévient Magali Nissard qui remarque qu’aucune baisse de budget ne concerne, par contre, les festivités.

  • [Entretien] Marion Mazauric : « Ne laissons pas passer le moindre acte de censure »

    [Entretien] Marion Mazauric : « Ne laissons pas passer le moindre acte de censure »

    La Marseillaise : À peine élu, le maire de Vauvert a fait annuler une exposition sous prétexte que les opinions politiques de l’artiste ne lui plaisaient pas. Vous étiez à l’initiative d’une pétition intitulée
    « Stop à la censure culturelle par le RN à Vauvert » : pourquoi vous être emparée du sujet ?

    Marion Mazauric : Nous avons lancé cette pétition pour signaler publiquement et massivement ce cas de censure, et parce que nous voulions en faire une question nationale. Ce qui me vient tout de suite à l’esprit avec cet événement, c’est un livre de Franck Pavloff, Matin Brun, où il met en scène une nation dans laquelle la dérive autoritaire commence par un premier petit interdit absurde. Dans ce récit, celles et ceux qui protestent sont écartés, puis de fil en aiguille, quand la liberté de tous finit par être menacée, il n’y a plus personne pour la défendre. C’est la même idée avec cette pétition : ne surtout pas laisser passer le premier acte de censure. On est déjà à plus de 3 500 signatures. Cet appel ne s’adresse pas seulement aux Vauverdois, mais à tout le monde. Il y a une vraie tentative de banalisation de l’extrême droite aujourd’hui, mais on ne peut pas interdire une exposition sur la base des opinions supposées d’un artiste. La diversité et la liberté des opinions sont absolument essentielles. Dans le monde de l’édition, nous y sommes viscéralement attachés : une table littéraire est un espace de tolérance.

    Le monde de l’édition a justement été très bouleversé ces dernières années avec, entre autres, le rachat du groupe Hachette par Vincent Bolloré en 2023. Quel rôle les maisons indépendantes ont-elles à jouer face à ces évolutions ?

    M.M. : Les maisons d’édition indépendantes sont de moins en moins nombreuses mais elles sont de plus en plus importantes, parce que ce sont elles qui assurent la recherche de tendances nouvelles. D’ailleurs, pendant des années, la pensée critique et politique n’a été publiée que par des indépendants, qui prennent généralement plus de risques éditoriaux que les grands groupes. Ces risques sont absolument nécessaires pour éviter l’uniformisation du marché, et c’est d’ailleurs valable pour tous les domaines de la culture. Ce qui se passe avec Vincent Bolloré dans le milieu de l’édition, c’est avant tout la conséquence du manque de régulation de la concentration industrielle sur ce marché, mais c’est aussi la conséquence de l’arrivée d’industriels qui investissent désormais dans la production des idées, pour prendre le contrôle de la fabrique des opinions et de l’idéologie du pays.

    Quels sont les risques que fait courir à la culture cette progression de l’extrême droite ?

    M.M. : Les écarts d’accès à la culture sont déjà énormes sur notre territoire, notamment entre certaines grandes villes et des zones comme Vauvert par exemple. Le risque fondamental que pose alors l’extrême droite, c’est celui de voir s’institutionnaliser de plus en plus une culture à deux vitesses. Avec d’une part, une culture accessible à l’élite et de l’autre, une culture de consommation, pour le « bon peuple », prié de penser le moins possible. Le Rassemblement national réussit à faire opérer des changements de sens, comme par exemple le fait que le racisme devienne une « opinion » alors que c’est un délit. Pour faire cela, il y a quelque part une volonté d’acculturer les populations, pour mieux en profiter. Pourquoi ? Parce que la culture est un lieu de rassemblement, de partage collectif, qui se crée avec les différences. C’est aussi une forme d’éducation populaire à l’émotion et aux sentiments, à ce qui nous rassemble. Quand vous lisez un livre par exemple, vous entrez dans la vie de quelqu’un d’autre et la complexité du monde apparaît. Bref, la culture se pratique collectivement et elle donne des mots et des outils pour penser, s’exprimer et être avec les autres. Or, l’extrême droite fait de la culture une instrumentalisation politique. Quand une mairie choisit quelle exposition ou quel concert doit être donné, cela devrait interroger les électeurs : qui choisit pour eux et pourquoi ? Quel est le projet culturel derrière ces choix ? Vauvert est un laboratoire de ce qui risque d’être fait demain partout où le RN prendra le pouvoir.

    Des pistes pour résister à cette instrumentalisation politique de la culture, dans le monde de la littérature et de l’édition notamment ?

    M.M. : Réfléchissons, lisons, régalons-nous. En tant que consommateur de livres par exemple, on ne peut pas privilégier exclusivement les éditions indépendantes, mais on peut avoir de la curiosité et aller visiter des librairies indépendantes. Nous sommes même obligés d’avoir de la curiosité, pour ne pas nous contenter du prêt-à-penser. Et j’aimerais ajouter plus largement qu’en parallèle, il ne faut pas mépriser l’électorat du RN, mais plutôt essayer de comprendre comment on en est arrivé là : les injustices sociales et culturelles ont des conséquences et nous sommes dans un système inégalitaire depuis trop longtemps.

  • La fécondité au plus bas en Occitanie

    La fécondité au plus bas en Occitanie

    Le phénomène est français (même européen) mais plus fort encore en Occitanie, qui compte 6,2 millions d’habitants. La population de notre région a beau être de plus en plus nombreuse (+0,8%/an contre +0,3%/an en France depuis 10 ans), ce n’est que grâce à son solde migratoire positif. C’est-à-dire que l’Occitanie accueille beaucoup plus d’arrivées qu’elle ne concède de départs (vers d’autres régions ou des pays étrangers).

    Car pour le reste, son solde naturel est plus que jamais négatif. Depuis 2017, la courbe des décès est supérieure à celle des naissances dans notre région qui accuse un déficit naturel de -12 700 en 2024 au lieu de
    -11 000 l’année précédente. Seule la Haute-Garonne conserve encore davantage de naissances que de décès.

    La raison est simple, révèle une étude de l’Insee. Même en étant moins forte qu’en 2023
    (-8,4% après l’éphémère rebond du Covid et des confinements), la baisse des naissances se poursuit en 2024 avec 1 100 naissances de moins. Soit à peine 51 300 bébés nés en Occitanie en 2024 (-2,2% comme en France). Un recul entièrement dû à la chute du taux de fécondité puisque « le nombre de femmes en âge d’avoir des enfants continue d’augmenter », renseigne l’Insee. Par ailleurs, cette baisse de la fécondité n’épargne aucune classe d’âge, y compris chez les femmes de 35 à 49 ans, où le taux était en hausse jusqu’en 2021. En raison de « l’allongement des études, des mises en couple plus tardives et du souhait des femmes d’être stabilisées dans la vie professionnelle », l’âge moyen du premier enfant est plus tardif en France (31,1 ans contre 26,8 ans en 1975).

    Le climat anxiogène en raison de la chute du pouvoir d’achat, de l’enjeu climatique ou de la crainte des guerres peut-il expliquer ce phénomène ? Toujours est-il que la fécondité est au plus bas en Occitanie, avec à peine 1,46 enfant par femme (1,62 en France), un record historiquement faible depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

    En parallèle, le nombre de décès augmente. En 2024, 64 000 habitants ont disparu, soit 0,8% de plus qu’en 2023. Une tendance là aussi nationale (+1%) entièrement due au vieillissement de la population du fait de « l’arrivée aux âges de forte mortalité des générations nombreuses du baby-boom d’après guerre », les conditions sanitaires plus favorables en 2024 qu’en 2023 n’étant pas un facteur conjoncturel pertinent.

    La résultante de ces deux tendances qui s’amplifient est que la population de l’Occitanie vieillit. Près d’un Occitan sur quatre (24% au lieu de 22% dans le pays) est âgé de 65 ans ou plus. Il y a 20 ans, les seniors ne pesaient que 19% de la population d’Occitanie. Depuis 2022, ils sont devenus plus nombreux que les jeunes de moins de 20 ans (23% de la population régionale). À noter que sur cet indicateur, les disparités sont fortes. Si le Lot est le département français qui compte le plus de seniors (33%), la Haute-Garonne compte parmi les plus jeunes (18% de 65 ans ou plus). L’Hérault et le Gard sont dans une position intermédiaire (23 à 25% de seniors).

    Malgré tout, l’espérance de vie à la naissance se stabilise en Occitanie à son niveau d’avant pandémie comme dans le reste de l’Hexagone. Elle s’élève à 85,7 ans pour les femmes et à 80,3 ans pour les hommes.

  • Les cérémonies du 8 mai dans le Gard et l’Hérault

    Les cérémonies du 8 mai dans le Gard et l’Hérault

    Aussi étrange et inquiétant que cela puisse paraître, ce jour qui a changé la face du monde n’est pas connu de tous les Français. Au travers de plusieurs études, on estime entre 20 et 30% des Français qui ignorent la signification exacte du 8 mai 1945. C’est particulièrement vrai chez les jeunes générations parfois confuses sur le sujet. Preuve que le devoir de mémoire ne doit jamais s’éteindre et qu’il est important d’assister le plus souvent possible, avec ses enfants, à ces cérémonies du souvenir. À l’heure où l’Éducation nationale est décriée et où l’instabilité politique du monde inquiète et où le fascisme fait son retour, rendre hommage à ceux qui ont donné leur vie pour leur pays est un devoir de citoyen.

    Hérault

    Montpellier. 9h30, monument aux morts.

    Sète. 11h : Cérémonie au monument aux morts du jardin du Château d’eau, au parc Simone Veil.

    Béziers. Rassemblement à 11h devant la mairie. Cortège jusqu’au monument aux Morts situé devant l’église pour un dépôt de gerbe. Second cortège jusqu’au cimetière pour un dépôt de gerbe au monument aux Morts.

    Lattes. 11h, parvis de la mairie. Lavérune. 11h, place de la mairie.

    Lunel. 10h30, parvis du musée Médard : départ d’un défilé ouvert par des véhicules militaires de collection suivi par les portes drapeaux et les associations d’anciens combattants. Cérémonie à 11h au parc Jean Hugo.

    Aniane. 11h, place de l’hôtel de ville Lodève. 11h, monument aux morts Balaruc-le-Vieux. 11h, monument aux morts.

    Bouzigues. Rassemblement devant l’ancienne mairie à 9h50, avant que le cortège ne se mette en marche à 10h en direction du monument aux morts, place de la Victoire, Bouzigues

    Agde. 9h30 – 12h30 / 14h00 – 18h00 : reconstitution de la seconde guerre mondiale et visite des bunkers. parking Antoine Groignard, La Tamarissière. 11h00 : commémoration officielle, monument aux Morts. Cimetière Vieux.

    Mudaison. 11h, monument aux morts, situé au cimetière.

    Paulhan. 11h : départ du cortège depuis la mairie ; 11h15 : dépôt de gerbe au monument du Général Stefanik ; 11h30 : dépôt de gerbe au monument aux morts.

    Gard

    Nîmes. 11h30, place du 11-Novembre, monument aux morts.

    Alès. 11h, square Verdun, jardins du Bosquet.

    Bagnols-sur-Cèze. 10h, Monument Privat, route des Cévennes ; puis 11h, départ place Mallet vers les monuments aux morts.

    Beaucaire. 11h, cimetière de la route de Saint-Gilles, monument aux morts, Saint-Gilles. 11h, Place Jean Jaurès, monument aux morts.

    Vauvert. 12h, place de la Liberté, monument aux morts.

    Aigues-Mortes. 11h, monument aux morts.

    Uzès. 11h15, avenue de la Libération, monument aux morts. Pont-Saint-Esprit. 11h30, devant le monument aux morts. Marguerittes. 11h, monument aux morts.

    Les Angles. 11h, monument aux morts du vieux cimetière, rue Alphonse-Daudet.

    Manduel. 11h, départ de la place Bellecroix vers le monument aux morts.

    Caissargues. 9h, monument aux morts.

    Cendras. 11h, place SalvadorAllende, monument aux morts.

  • À Nîmes, un projet contesté de parking-silo stoppé net

    À Nîmes, un projet contesté de parking-silo stoppé net

    C’est un premier signal politique envoyé depuis l’hôtel de ville. À peine installée, la nouvelle majorité municipale de Vincent Bouget a décidé de suspendre le projet de parking-silo prévu rue de l’Hôtel-Dieu, dans le quartier de la Placette à Nîmes. Porté par la Holding Tissot et GGL, ce programme devait faire sortir de terre un bâtiment de quatre niveaux, pour environ 318 places de stationnement, à l’emplacement de l’ancien Vaisseau 3008. Un projet validé dans les derniers jours de l’ancienne municipalité.

    « Comme nous nous y sommes engagés, la voix des Nîmoises et des Nîmois sera écoutée et guidera nos décisions. […] Je ne souhaite aucun passage en force », a tranché Vincent Bouget. Le maire de Nîmes a estimé que ce parking « entraînerait des nuisances insolubles pour les habitants » et demande désormais à son adjoint à l’urbanisme, Pierre Jaumain, de retravailler le dossier avec les riverains et le promoteur. La formule marque une rupture assumée avec la séquence précédente, accusée d’avoir imposé le projet sans écoute suffisante.

    Car à la Placette, la mobilisation ne date pas d’hier. Le comité de quartier, accompagné d’un syndicat d’immeuble et de requérants individuels, avait déposé en mars un recours contentieux puis un recours gracieux. En cause : un parking jugé « surdimensionné », susceptible d’entraîner « bruit, pollution, encombrement » et risques accrus autour de la sécurité de l’école. « Par son ampleur, ce projet dédié essentiellement au stationnement est défavorable au respect du cadre de vie des résidents », alertait le comité.

    Un premier test pour

    la méthode Bouget

    Pour le comité de quartier, le changement de ton est déjà notable. Après plusieurs mois d’alerte, ses représentants estiment désormais être davantage entendus par la nouvelle municipalité que par l’ancienne équipe. La mairie, elle, marche sur une ligne de crête. Pierre Jaumain affirme vouloir éviter l’affrontement juridique. « Nous ne sommes pas dans un esprit de contentieux. Je suis pour le respect de la parole des porteurs de projet ainsi que des habitants du quartier. » L’adjoint reconnaît aussi qu’il faudra composer avec un terrain privé et avec certains besoins de stationnement dans ce secteur proche du centre des congrès H2 et des hôtels haut de gamme. « Tout est question de proportion », souligne-t-il.

    Côté promoteur, la prudence domine. Propriétaire du terrain, Romain Tissot rappelle que l’opération relève d’un projet immobilier privé, autorisé après instruction par les services compétents. Sans détailler d’éventuelles évolutions, il se dit disposé à poursuivre les échanges avec la Ville pour chercher une solution équilibrée dans ce quartier en pleine mutation. Une réunion avec la municipalité doit permettre d’ouvrir cette nouvelle séquence. Après des années d’urbanisme mené au nom de l’attractivité, la nouvelle majorité affiche avec cette décision une autre boussole : l’écoute et le dialogue.

  • « Uzès Seul en Scène » mise sur l’émotion et la solidarité

    « Uzès Seul en Scène » mise sur l’émotion et la solidarité

    Quatrième édition, et déjà l’allure d’un rendez-vous bien installé. Du mercredi 6 au samedi 9 mai, le festival Uzès Seul en scène revient dans la cité ducale avec une programmation resserrée, populaire et ambitieuse, portée par son directeur artistique Patrick Timsit. Théâtre, danse, humour, stand-up, musique : l’événement veut faire dialoguer les formes et les publics, sans réserver la scène aux seuls initiés.

    Une nouvelle dimension solidaire

    Les premières têtes d’affiche annoncées sont déjà complets : Alex Lutz ouvrira le bal le 6 mai avec Sexe, grog et rocking chair, finalement présenté à l’Ombrière pour des raisons techniques. Suivront Marie-Claude Pietragalla avec Barbara, Philippe Caverivière avec Tu crois que c’est une bonne idée ?, puis Bernard Lavilliers et Le comptoir des voyageurs.

    Trois nouveautés viennent compléter la programmation. Le vendredi 8 mai à 11h, la réalisatrice et scénariste Danièle Thompson donnera une masterclass au cinéma Capitole, animée par Karim Ghiyati, directeur d’Occitanie Films. Le soir même, place au Comedy Club avec Amandine Lourdel, Yacine Belhousse, Adel Fugazi, Ethan Lallouz et Denise.

    Enfin, samedi 9 mai à 21h30, Philippe Corti clôturera le festival avec un DJ set à l’Ombrière. Cette soirée, comme la masterclass, aura aussi une dimension solidaire : les recettes seront reversées à la Banque alimentaire du Gard. « C’est vraiment local et les gens savent où ça va. C’est important de le savoir. C’est concret », insiste Patrick Timsit.

  • Dans le Gard, la Conf’ paysanne alerte sur l’extension d’un abattoir à volailles

    Dans le Gard, la Conf’ paysanne alerte sur l’extension d’un abattoir à volailles

    À Saint-Bauzély, l’abattoir de volailles Duc ne fait plus seulement débat dans le village. Si l’abattoir fait vivre la commune de 700 habitants depuis 40 ans, le projet d’extension du site, qui prévoit une montée en puissance considérable de l’activité, suscite désormais l’opposition frontale de la Confédération paysanne du Gard. Dans un communiqué publié le 22 avril, le syndicat dénonce une opération qui incarnerait, selon lui, « une fuite en avant industrielle, incompatible avec les enjeux sociaux, environnementaux et paysans actuels ».

    Le dossier prévoit de faire passer la capacité actuelle d’environ 75 tonnes de volailles par jour à près de 200 tonnes à l’issue du programme d’investissement, selon les éléments présentés lors de l’enquête publique. La Confédération paysanne évoque, elle, une perspective de 250 tonnes : cela représenterait environ 250 000 volailles abattues chaque semaine. Une échelle qui, pour le syndicat, dit tout du modèle défendu : celui d’un élevage intensif, tourné vers les volumes. « Derrière ces outils industriels se cachent des cadences élevées, une pénibilité accrue et une déshumanisation du travail », insiste le syndicat.

    Un village face aux risques

    Les inquiétudes traversent déjà une partie du village situé entre Nîmes et Alès : odeurs, bruit, circulation de poids lourds, risques d’incendie ou pollution des eaux nourrissent la contestation. Le collectif Non aux plumes et au goudron dénonçait le 19 janvier un « dossier incomplet et peu clair » et relève de « nombreuses zones d’ombre ». Il s’alarmait aussi de l’ancien abattoir incendié, toujours pas sécurisé, dont la démolition ne figurait pas dans le dossier malgré la présence d’amiante. S’ajoute un avis du Sdis 30, cité par la Mission régionale d’autorité environnementale, estimant qu’« un feu généralisé est probable » et que les secours pourraient être confrontés à une « impossibilité opérationnelle » pour en limiter la propagation, alors que l’usine se situe à 80 mètres des premières habitations et à 150 mètres d’une école.

    La question de l’eau concentre aussi les critiques. La Confédération paysanne dénonce une consommation qui passerait de 403 à 800 m³ par jour, avec des pointes pouvant atteindre 900 m³. Dans un département déjà régulièrement frappé par les sécheresses et les restrictions, le syndicat y voit « un non-sens écologique ». Plus de production, martèle-t-il, c’est « plus de pollution, des rejets d’eaux usées, une consommation d’eau exorbitante, une circulation de poids lourds incessante. À l’heure de l’urgence climatique et de la relocalisation alimentaire, ce projet fait exactement l’inverse ! ».

    Un refus du chantage

    à l’emploi

    Le débat local n’est pas nouveau. Lors de la réunion publique de janvier, la direction de Duc avait mis en avant la nécessité de répondre à une demande croissante de volaille en France et de lutter contre les importations étrangères, présentées comme moins-disantes sur les normes. Des créations d’emplois ont également été avancées : jusqu’à 100 salariés supplémentaires. Là encore, Reporterre soulignait les écarts entre les annonces publiques et le dossier déposé en préfecture, qui mentionnerait 26 créations de postes directs. D’autant que ces emplois risquent surtout d’être des postes pénibles et précaires.

    Mais pour le syndicat, la promesse d’emplois ne peut pas servir de blanc-seing à l’agro-industrie : « Soutenir ce projet revient à tourner le dos à une agriculture paysanne, locale et durable au mépris des populations environnantes », affirme-t-il. Face à ce modèle, la Conf’ met en avant d’autres choix : développement des circuits courts, abattoirs de proximité à taille humaine, soutien à l’installation paysanne. Le syndicat demande donc aux pouvoirs publics de refuser le projet, aux élus locaux de « prendre leurs responsabilités » et aux citoyens de se mobiliser. Son exigence est claire : « l’abandon du projet d’extension », « l’arrêt du soutien public à l’agro-industrie » et des « investissements massifs dans l’agriculture paysanne et les circuits courts ». La décision finale appartient désormais au préfet du Gard.