Tag: Gard

  • Nuñez muscle la flotte contre les incendies

    Nuñez muscle la flotte contre les incendies

    Sous le soleil de Nîmes-Garons (Gard), là où les avions jaunes et rouges de la Sécurité civile attendent la saison comme d’autres attendent l’orage, Laurent Nuñez a lancé depuis le tarmac, jeudi 4 juin, la campagne nationale 2026 de lutte contre les feux de forêt. Aux côtés de la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, et de la commissaire européenne Hadja Lahbib, le ministre de l’Intérieur est venu donner corps à une promesse présidentielle née après les incendies ravageurs de l’été 2022 : renforcer les moyens aériens français face à un risque qui ne cesse de gagner du terrain.

    L’annonce tient en une signature : l’État commande deux nouveaux Canadair DHC-515 au constructeur canadien De Havilland, pour près de 200 millions d’euros. Ils s’ajouteront aux deux appareils déjà commandés en 2024, attendus en avril et novembre 2028. Les deux nouveaux, eux, ne devraient arriver qu’en 2032 ou 2033. À terme, la flotte française doit compter 16 Canadair amphibies, en plus des huit Dash, trois Beechcraft, hélicoptères Dragon en renouvellement, dix hélicoptères bombardiers d’eau et six Air Tractors loués chaque été.

    « Le risque incendie ne cesse d’augmenter et nous devons l’intégrer », a martelé Laurent Nuñez, rappelant qu’en 2025, près de 15 000 départs de feu ont été recensés en France, pour 30 000 hectares brûlés. Parmi eux, 1 800 feux de forêt ont ravagé près de 20 000 hectares, avec le traumatisme encore vif du massif des Corbières, dans l’Aude. En Europe, ce sont environ un million d’hectares qui sont partis en fumée l’an dernier. Dans l’Aude, le mégafeu des Corbières a rappelé combien le Sud reste en première ligne, du Gard aux Bouches-du-Rhône, même si le danger s’étend désormais bien au-delà du pourtour méditerranéen.

    Le gouvernement met en avant une stratégie en trois temps : « Mieux prévenir, mieux combattre et mieux reconstruire. » La ministre Monique Barbut a insisté sur la prévention, avec les obligations de débroussaillement et les gestes du quotidien, rappelant que « neuf incendies sur dix sont d’origine humaine ». Laurent Nuñez a aussi annoncé le renforcement des véhicules terrestres, avec un parc qui doit passer d’environ 541 unités à 1 200 d’ici 2028.

    Des avions, mais

    quels moyens au sol ?

    Mais derrière la mise en scène ministérielle, la question sociale demeure brûlante. Car les avions ne suffisent pas à éteindre la colère des soldats du feu. La Fédération nationale des sapeurs-pompiers alerte : « La France ne peut pas attendre la livraison de nouveaux appareils étrangers pour préparer l’avenir. » Elle réclame une capacité française et européenne de production d’avions bombardiers d’eau, et s’inquiète de la baisse de 54,7% de la dotation de soutien à l’investissement structurant des Sdis.

    Quelques jours plus tôt, neuf syndicats de pompiers interpellaient déjà le gouvernement sur un financement des Sdis « au bord de la rupture ». Dans les casernes, la saison des feux commence rarement avec des discours : elle débute avec des effectifs tendus, des matériels vieillissants, des volontaires épuisés et des territoires qui brûlent plus vite que les budgets ne suivent.

    À Nîmes-Garons, l’État a donc affiché ses ailes. Reste à savoir si, sur le terrain, les femmes et hommes du feu auront les bras, les camions et les budgets pour tenir jusqu’à l’arrivée des avions.

  • Uzès fête ses 30 ans de danse populaire

    Uzès fête ses 30 ans de danse populaire

    À Uzès, les pierres blondes ont de la mémoire. Depuis trente ans, elles voient passer des corps, des élans, des silences, des foules debout. Le festival La Maison danse revient du 3 au 7 juin pour souffler ses bougies, non pas dans la nostalgie, mais dans le mouvement. Vingt-trois spectacles, vingt-deux chorégraphes, des ateliers, des films, des expositions, un bal, un jeu de piste et ce fameux 1 km de danse : la cité ducale se prépare à devenir, cinq jours durant, un grand plateau à ciel ouvert.

    Cette édition anniversaire relie les fils d’une histoire commencée en 1996 avec le Festival de la nouvelle danse. Trente ans plus tard, La Maison danse revendique toujours la même ambition : porter l’art chorégraphique au plus grand nombre, mêler les générations, ouvrir les scènes aux habitants, faire de la culture un bien commun plutôt qu’un privilège. La directrice Émilie Peluchon ne cache pas l’ambition du propos : le festival se dresse comme « une réponse à la brutalité du monde et au contexte politique de notre époque ». La danse comme résistance. Le corps comme argument.

    Une fête à hauteur d’habitants

    Symbole fort, Maguy Marin revient avec May B, pièce fondatrice déjà présente lors de la première édition. À ses côtés, les figures de ces trente années (Haleb, Ramalingom, Wampach, Hammoud, Carriau) passent le flambeau aux émergents : Aina Alegre, Soa Ratsifandrihana et Jonas Chéreau, nouvel artiste associé.

    Le festival ne se referme pas sur son histoire : il la met en jeu. Jeu de piste collectif dans les rues d’Uzès le samedi 6, exposition photographique en plein air sur trois décennies d’archives, mur de témoignages ouvert à toutes et tous, et un bal chorégraphié qui promet de faire tomber les frontières entre artistes et public. Et dimanche 7, le fameux « 1 km de danse » mêlera amateurs, scolaires et professionnels sur trois scènes simultanées. Gratuit, populaire et festif, comme 1996.

  • À Bagnols, Pascale Bordes s’en prend aussi aux associations

    À Bagnols, Pascale Bordes s’en prend aussi aux associations

    Contrairement à son homologue de Vauvert, Pascale Bordes avance masquée à Bagnols-sur-Cèze. Déjà comme députée, l’avocate avait adopté la stratégie de dédiabolisation de son parti et évitait sagement toute polémique. Désormais à la tête de la troisième ville du Gard, elle tente de conserver cette image consensuelle. Lorsqu’elle a été écartée de toutes les vice-présidences de l’agglomération du Gard rhodanien, l’édile s’est simplement fendue d’un communiqué laconique, se limitant à répondre aux « nombreuses interrogations d’habitants du territoire ». Côté communication, tout est donc verrouillé. Ses adjoints sont peu présents sur le terrain et c’est bien le cabinet de la nouvelle maire qui gère toutes les demandes.

    « Elle avance masquée », confirme Elian Cellier, secrétaire de la section bagnolaise du PCF. « Pour l’instant, elle ne commet pas d’erreurs majeures. Les adjoints ont consigne de ne rien dire. Sur certaines manifestations, il n’y a même pas de représentant de la mairie. Depuis les élections, j’ai assisté à plusieurs vernissages par exemple et je ne sais toujours pas à quoi ressemble l’adjoint à la culture. »

    Face aux contraintes budgétaires, Pascale Bordes a lancé plusieurs audits notamment sur la question de la couverture de la piscine. Elle fustige aussi le coût de la passerelle piétonne au-dessus de la Cèze, grand sujet de débat durant la campagne municipale. « Ils se plaignent mais lorsqu’ils étaient dans l’opposition, ils ont voté pour ces projets. Aujourd’hui, Pascale Bordes se plaint de l’endettement de la ville mais elle n’est jamais venue en conseil municipal lorsqu’elle était dans l’opposition pour alerter sur ces sujets. Et en même temps, elle a accordé toutes les majorations réglementaires d’indemnités d’élus, même celles qui ne sont pas obligatoires. Cela va coûter 54 000 euros par an à la commune pour les neuf adjoints », fustige l’élu d’opposition Jérôme Jackel (Debout).

    Coupe dans

    les subventions

    Lors du dernier conseil municipal où a été voté le budget primitif, une coupe dans les subventions aux associations a bien été prévue mais la majorité a joué le flou, disant étudier au « cas par cas » l’attribution de ces subventions. Pour l’heure, les associations ne savent donc pas à quelle hauteur leurs subventions vont être amputées. « La municipalité a prévu une coupe de plusieurs centaines de milliers d’euros. Le budget pour les associations était de 953 000 euros en 2023 et il passe cette année à 465 000 », explique Jérôme Jackel. Autre économie décidée sur le dos des associations : le camion qui livrait habituellement le matériel municipal lors d’événements ne sera plus mis à disposition. Ce sont donc désormais à elles de s’organiser.

    La grogne et l’inquiétude commencent donc à se faire sentir dans les associations bagnolaises. Le foot et le handball seraient notamment visés par d’importantes coupes. Le club de foot avait en effet déjà été la cible de la candidate d’extrême droite en campagne qui jugeait que la somme allouée au regard des résultats était trop élevée. « Pour l’instant on est dans le flou, on ne se sait pas qui va être raboté en premier. Mais je pense que le foot va prendre un coup de rabot. J’ai bien peur qu’elle utilise la scission du club puisque Pont-Saint-Esprit veut remonter un club, pour justifier le coup de rabot de peut-être 50% », prévient Jérôme Jackel avant d’ajouter : « Le tissu associatif, c’est la force vive d’un territoire. Si une mairie n’est pas capable de venir en soutien de ses forces vives, que fait le territoire ? Il meurt. »

    Discrète, Pascale Bordes va devoir, dans les prochains mois, assumer ses choix. Car si elle coupe dans les subventions aux associations, elle devra ensuite justifier l’important investissement promis dans la sécurité avec notamment le recrutement de policiers municipaux (le coût d’un policier municipal est estimé entre 62 000 et 63 000 euros par an) pour qu’ils soient disponibles 7j/7 et 24h/24 et « armés comme une BAC ». Tout cela épaulé par « un centre de supervision moderne ». Pour l’heure, l’ancienne députée s’est contentée de lancer un audit sur la sécurité mais le coût de ses promesses de campagne interroge sur sa réelle capacité à les mettre en œuvre. « Pour une commune comme Bagnols, un tel audit coûte déjà entre 40 000 et 60 000 euros », s’agace Jérôme Jackel qui préférerait que l’argent soit utilisé autrement. « Nous, au quotidien, on ne voit aucune différence. Les dealers sont toujours là. La ville est toujours aussi sale. Les problèmes sont toujours les mêmes », résume Elian Cellier.

  • En Occitanie, l’agriculture en quête d’un second souffle

    En Occitanie, l’agriculture en quête d’un second souffle

    N’en déplaise à Pascal Praud et sa clique de climatosceptiques, le dérèglement climatique est un fait bien réel, en témoignent les fortes chaleurs de ces derniers jours, inimaginables pour un mois de mai. Ce dérèglement se traduit par des épisodes climatiques plus intenses et plus fréquents, notamment des périodes de sécheresses. Obligeant certaines professions à réinventer ses modes de production, sous peine de disparaître. C’est le cas des agriculteurs, aux premières loges de ce dérèglement. « L’augmentation des températures et l’évapotranspiration plus importante impactent les cultures. Chacun essaye de s’adapter en fonction de son territoire, de son fonctionnement. Dans le pastoralisme, beaucoup vont au Mont Lozère pour mettre leurs bêtes au frais pendant 15 jours, 3 semaines. Pour ceux qui traient à l’année, les bêtes sont dehors toute la nuit. En maraîchage, face aux fortes températures, les produits susceptibles de se faire brûler seront couverts, mis à l’ombre », détaille Dominique Soullier, secrétaire de la Confédération paysanne héraultaise.

    La relégation de l’écologie et de la défense de l’environnement au second plan par nos responsables politiques ne risque pas d’inverser la tendance du dérèglement climatique. « À la vitesse où ça va, que faire ? Nous, paysans, sommes seuls. Quand est-ce que les collectivités territoriales vont s’apercevoir qu’il y a une grosse problématique avec l’agriculture méditerranéenne. Avec toute la matière grise que l’on a à Montpellier, nous avons besoin de nous mettre autour d’une table et d’avoir une réflexion collective afin d’amener des réponses sur le devenir de l’agriculture méditerranéenne dans 5, 10, 15 ans », poursuit Dominique Soullier.

    Des pistachiers et grenadiers

    Et l’agriculteur d’envisager plusieurs pistes de réflexion. Notamment sur la culture. « Nous sommes en train de voir mourir une filière, la viticulture, qui a besoin d’être remplacée. Car ce n’est pas en mettant des bassines de rétention que cela va changer la donne pour le vigneron, qui a besoin de revenu plus que d’eau. Il faut repenser l’agriculture méditerranéenne. On pourrait planter des pistachiers, des grenadiers ou encore des caroubiers, des plantes qui consomment beaucoup moins d’eau et qui pourraient être cultivées ici. Mais il y a besoin d’organiser la filière », insiste Dominique Soullier. Des idées que le syndicaliste aimerait être mises au débat. Mais il semblerait que taper sur l’interdiction de pesticides est plus porteur électoralement.

  • La fronde anti-McDonald’s gagne du terrain dans le Gard

    La fronde anti-McDonald’s gagne du terrain dans le Gard

    C’est le paradoxe sur lequel mise la direction de McDonald’s : malgré la fronde d’une partie des habitants à chaque annonce d’implantation d’un nouveau restaurant, si celui-ci parvient à ouvrir, il est très vite pris d’assaut. Le nouveau fast-food inauguré à Saint-Geniès-de-Malgoirès, bourgade de 3 200 habitants située entre Nîmes et Alès, l’illustre parfaitement. « J’ai rencontré des riverains, des locaux et des paysans de Saint-Geniès pour leur demander comment ça se passe avec ce nouveau McDo en zone rurale. Ils me disent que c’est plein. C’est incompréhensible. Mais s’il y a des gens qui sont en demande de cette bouffe-là, à ce prix-là, et que McDo offre ça, en tant que paysan, je n’ai pas grand-chose à dire », regrette Simon Le Berre, porte-parole de la Confédération paysanne du Gard qui s’était mobilisé contre cette ouverture.

    La direction de McDo en est bien consciente et a d’ailleurs affiné sa stratégie ces derniers mois autour de la ruralité. L’objectif désormais affiché par l’enseigne est simple : posséder un « restaurant » à moins de 20 minutes de chaque Français. Cette ambition est désormais lancée dans tous les départements. Dans le Gard, trois McDo ont ainsi ouvert en 2025 à Saint-Geniès donc, à Garons (5 400 habitants) et Langlade (2 300).

    Exploiter

    la désertification

    Après avoir maillé la banlieue nîmoise, le groupe américain cherche désormais à s’aventurer dans le reste du département. Un projet est actuellement à l’étude aux Mages, commune de 2 100 habitants au nord d’Alès. Un permis de construire déposé en avril est actuellement à l’étude. Mais la population locale a décidé de se mobiliser pour arrêter le projet en lançant une pétition qui a déjà rassemblé 600 signatures sur papier et près d’un millier en ligne. Elle avance plusieurs arguments pour s’opposer au projet comme « l’augmentation importante de la circulation automobile », les « risques accrus pour la sécurité des piétons et des enfants », les « nuisances sonores et olfactives », la « pollution visuelle et lumineuse dans une zone classée Réserve internationale de Ciel Étoilé », ou encore « l’impact économique très négatif sur l’ensemble des restaurants et commerces déjà présents ».

    Il y a un peu plus d’un mois, les habitants du territoire d’Anduze se sont aussi mobilisés. En effet, une zone commerciale est à l’étude sur la commune voisine de Boisset-et-Gaujac où seraient implantés une boulangerie Marie Blachère, un Carrefour Market et un McDo. Une pétition a également été lancée et dépasse les 1 500 signatures. Ici aussi les élus s’opposent au projet mais les maires font aussi part de leur impuissance face à des projets construits sur des terrains privés. Il y a quelques mois, c’était à Laroque, petit village héraultais à la frontière du Gard, que s’est constitué un collectif pour s’opposer au McDo qui a rassemblé 3 000 personnes pour sa pétition.

    « Ces nouvelles implantations ne vont pas dans le bon sens », regrette Claude Gaubert de l’association Que choisir de l’Hérault. « Ça va mettre en difficulté tout un tas de petits restaurants et cantines. Cela va à l’encontre d’une approche tournée vers les circuits courts et les produits locaux. Ça pose finalement un problème d’éducation à la nourriture puisqu’ils rencontrent un public. L’éducation nutritionnelle devrait être abordée dans les écoles. »

    Aujourd’hui, élus et collectifs s’interrogent effectivement sur leur capacité à lutter face à une telle multinationale. Ses installations posent aussi une question démocratique. « On peut le faire comme à l’ancienne, à la José Bové, et tout casser. Aujourd’hui trouver des militants qui sont prêts à faire de la prison pour s’opposer à un projet de construction, c’est compliqué. Certains seraient quand même motivés chez nous. Mais pour quel but ? Nous avons un doute à la Conf’ sur la pertinence de ces actions pour faire arrêter un projet », explique Simon Le Berre.

    Surtout, McDo, qui promet à chaque projet de créer de l’emploi, exploite une ruralité abandonnée par les services publics et touchée par le chômage. Dans ces terres où les lieux de sociabilisation disparaissent, la multinationale s’implante pour devenir le lieu de rendez-vous du territoire. Au détriment du local : ses restaurants, ses camions pizzas et ses agriculteurs locaux.

  • Gard : 129 nouveaux maires, un seul rendez-vous

    Gard : 129 nouveaux maires, un seul rendez-vous

    Dans le Gard, les élections municipales ont rebattu les cartes jusque dans les plus petites mairies. Avec 129 nouveaux maires sur 350 communes, des milliers d’adjoints et de conseillers fraîchement élus, le Salon des communes et intercommunalités du Gard arrive à point nommé. Le rendez-vous se tiendra jeudi 4 juin au Parc des expositions, pour une 10e édition qui prend des airs de passage de relais.

    Car derrière les rubans coupés et les stands alignés, c’est bien du quotidien des habitants qu’il sera question : éclairage public, écoles à rénover, réseaux d’eau vieillissants, subventions à décrocher, dossiers administratifs à déminer. En 2025, le salon avait réuni 2 400 participants. Cette année, les organisateurs espèrent faire mieux, avec 145 exposants, dont 80% d’entreprises locales.

    Un espace de ressources

    « Les maires morflent, on a besoin d’être ensemble », résume Joël Roudil, maire de Carnas et élu de l’AMF 30. Dans une période où les communes encaissent les contraintes budgétaires et les injonctions contradictoires, ce salon veut offrir un lieu de respiration, mais surtout d’outillage. Services de l’État, intercommunalités, entreprises, notaires, acteurs de l’énergie ou de l’Europe : tout est pensé pour permettre aux élus de repartir avec des contacts et des réponses.

    La journée s’ouvrira par l’assemblée générale de l’AMF 30, où Philippe Ribot devrait être réélu. Le maire de Saint-Privat-des-Vieux défend une association capable de dépasser les étiquettes politiques : Vincent Bouget, maire communiste de Nîmes, et Christophe Rivenq, maire LR d’Alès, sont ainsi pressentis comme vice-présidents. Une manière de rappeler que, dans les villages comme dans les villes, la défense des communes reste d’abord une affaire de terrain.

  • Des associations portent plainte après un déboisement

    Des associations portent plainte après un déboisement

    « C’est un patrimoine commun qu’il est nécessaire de conserver », lancent les membres de l’association écologiste Sorève. Alertés par un riverain, en début d’année 2026, de l’existence d’importants travaux de déboisement en cours sur le bois de Castille, ils se sont alors rendus sur place pour constater l’avancée des travaux. Ce massif boisé, à cheval sur Uzès et Blauzac, est en effet classé en EBC par ces deux communes depuis plus de 40 ans et renferme aussi un site archéologique datant du néolithique. Mais le propriétaire d’une partie de ce bois, un « viticulteur influent du territoire » selon les associations, a décidé de couper une partie du bois et d’abattre des centaines de chênes blancs et verts dont certains sont pourtant centenaires. Au total, ce sont 4,5 hectares qui ont été déboisés.

    « Nous avons porté plainte auprès du procureur de la République. On espère qu’une enquête va maintenant être diligentée. Le propriétaire est passible d’amendes lourdes qui peuvent aller jusqu’à 300 000 euros », ont annoncé les membres de la Sorève et de France nature environnement qui ont tenu un point presse sur le sujet mardi 26 mai. L’occasion pour eux d’alerter aussi la population face à des communes qui déclassent ces EBC pour développer des projets comme la construction de parcs de panneaux solaires. Car l’association rappelle qu’il est interdit de déboiser une zone classée en EBC. « Cette réglementation interdit tout défrichement du bois, tout abattage d’arbres sauf pour l’entretien mais c’est limité. Lorsqu’un propriétaire souhaite faire des travaux forestiers, il doit au préalable informer la commune en présentant son projet. Ça n’a pas été le cas pour le bois de Castille », fustige les membres de l’association.

    Face aux associations, le propriétaire s’est justifié en présentant ces coupes d’arbres comme des mesures de défense contre les incendies. Il a ensuite informé les associations que les travaux réalisés ne respectaient pas sa demande et qu’il préparait même un recours contre le prestataire qui a réalisé ces travaux. « Une piste DFCI fait 6 mètres de large, ici il y a des passages où la largeur atteint 20 m », précise la Sorève.

    Informée par les associations, la municipalité d’Uzès a pris un arrêté de suspension des travaux sauf que celui-ci est intervenu alors que des centaines d’arbres avaient déjà été coupées. La commune a alors demandé aux propriétaires de déposer une déclaration préalable a posteriori. Après une enquête de la commune de deux mois, la mairie d’Uzès a finalement décidé de rejeter la demande d’autorisation de défrichement.

    Sorève, interdit

    de communiquer

    Si les membres de la Sorève ont souhaité rester anonymes, c’est parce qu’un commissaire de justice leur a interdit de communiquer sur le sujet. En effet, pour constater les travaux en cours, les membres de l’association ont été contraints de se rendre sur un terrain privé. Et quelques jours plus tard, ils ont reçu une injonction pour leur interdire d’aller sur cette propriété privée. « On nous a demandé de cesser nos agissements et publications ainsi que leur parution dans tous nos supports », précise la Sorève. « C’est un dossier sensible car le viticulteur est très connu dans la région. Mais pour nous, c’est une affaire importante car si on valide ce qui a été fait, ça veut dire qu’on accepte le fait accompli et n’importe qui peut faire ce qu’il veut d’un bois classé. C’est important que la faute soit reconnue et que des sanctions soient prises sinon tout le monde fait ce qu’il veut. »

    Les associations attendent désormais un retour de la justice mais restent vigilantes pour qu’aucune coupe d’arbres sur le bois de Castille n’intervienne dans les prochains mois.

  • À Nîmes, le Refuge ouvre une porte aux jeunes LGBT+

    À Nîmes, le Refuge ouvre une porte aux jeunes LGBT+

    Il suffit parfois d’une phrase, d’une porte qui claque, pour qu’une vie bascule. Pour les jeunes LGBT+ rejetés par leur famille, parfois poussés vers la rue, la Fondation le Refuge veut désormais être une présence visible dans le Gard. Créée le 7 mai à Nîmes, sa délégation entend offrir écoute, accompagnement et protection à celles et ceux qui ne savent plus vers qui se tourner.

    Reconnue d’utilité publique, la Fondation le Refuge accompagne depuis plus de vingt ans des jeunes LGBT+ victimes de violences, de discriminations ou de rupture familiale. Après Montpellier, Avignon ou Toulouse, l’antenne gardoise vient combler un vide. « Il y avait un vrai besoin ici », souligne Nicolas Caseiro, responsable de la délégation. Dans un département où la ruralité pèse parfois sur les silences, le coming out peut devenir une épreuve redoublée. Le regard des autres y semble plus proche, plus dense, plus difficile à fuir.

    Écouter et protéger

    Pour l’heure, la délégation gardoise n’ouvrira pas de places d’hébergement propres. Les jeunes pourront toutefois être orientés vers les dispositifs existants dans la région. À Nîmes, l’urgence est d’abord de créer un point d’appui : « Recruter des bénévoles, trouver un local, tisser des liens avec les associations, les établissements scolaires, les services publics et les collectivités. »

    Car derrière les sigles et les débats publics, il y a des existences suspendues. Des jeunes qui n’osent pas parler. D’autres qui fuient. D’autres encore qui reconstruisent, pas à pas, un logement, un emploi, une confiance. À eux, le Refuge adresse un message simple, presque vital : « Vous n’êtes pas seuls. »

    Contact : Fondation le Refuge,
    09.39.03.63.03., 7
     jours sur 7,
    de 8h à minuit.

  • La Ville de Nîmes adapte ses écoles aux fortes chaleurs

    La Ville de Nîmes adapte ses écoles aux fortes chaleurs

    « C’est un sujet sur lequel on s’est très vite penché parce qu’en plus ça faisait partie de notre projet électoral », confirme Pierre-Édouard Detrez, le nouvel adjoint à l’éducation et à la réussite scolaire à Nîmes. Pour cela, il a rapidement lancé une étude de toutes les écoles pour connaître les besoins. Et depuis l’augmentation des températures fin mai, il reçoit un bilan quasiment quotidien de la situation dans les écoles et des problèmes rencontrés. Depuis la semaine dernière, les services techniques sont ainsi mobilisés, notamment sur quatre écoles (Marguerite-Long, Edouard-Vaillant, Georges-Bruguière et Langevin) où les climatiseurs étaient en panne dans les dortoirs.

    « Nous avions prévu que tous les dispositifs soient en place le 10 juin sauf que la vague de chaleur est arrivée plus tôt que prévu. Même s’il y avait la feria la semaine dernière, les services sont tout de même intervenus pour vérifier chaque classe de chaque école. Des ventilateurs ont aussi été distribués. 200 ventilateurs neufs sont prévus pour répondre à la situation et 1 100 brumisateurs vont aussi être distribués dans les jours à venir », promet l’ancien joueur international de rugby. Un rappel sur les bonnes pratiques a également été effectué auprès des directeurs d’école, des enseignants et des parents.

    Outre ces mesures d’urgence face à la canicule la plus précoce de l’Histoire, la municipalité a mis en place un service pour profiter des périodes de nuit pour rafraîchir les classes. « Pour l’instant, ce sont mille et une petites actions pour essayer de limiter la chaleur. Mais nous avons aussi entrepris un travail avec les services des bâtiments sur la climatisation. Nous souhaitons aussi remplacer les ventilateurs sur pied par des ventilateurs au plafond pour éviter que le matériel scolaire s’envole tout en baissant la température de 3 degrés. Il y a aussi des classes où les stores sont à l’intérieur et ça, ça n’empêche pas la chaleur d’entrer donc il faut les changer », explique Pierre-Édouard Detrez.

    Végétaliser à tout va

    Au-delà de ces mesures à court terme, la nouvelle municipalité prévoit de végétaliser un maximum de cours d’école durant les six ou sept années du mandat. « Il y a une partie des cours d’école déjà végétalisées mais pour le reste, nous avons pris pour modèle la ville de Marguerittes où ils ont entrepris ces travaux de “cours oasis” depuis plusieurs années. Nous souhaitons aussi créer des îlots de fraîcheur, installer progressivement des dispositifs d’ombrage, améliorer l’isolation thermique des bâtiments scolaires et renouveler les systèmes de ventilation. Nous travaillons aussi sur la climatisation mais pas celle d’il y a dix ans. Il faudra prendre le temps parce que ça fait beaucoup mais nous allons engager des travaux dès cet été dans certaines écoles. C’est nécessaire parce que c’est un sujet récurrent », ajoute Pierre-Édouard Detrez.

    Après les 81 fermetures d’école l’an dernier sur les 83 que compte la ville, la nouvelle municipalité espère donc qu’à la fin du mandat, les vagues de chaleur ne soient plus un problème dans les écoles nîmoises.

  • Le triathlon monumental débarque à Nîmes

    Le triathlon monumental débarque à Nîmes

    Si certains aiment regarder le Tour de France pour y découvrir les paysages et le patrimoine français, ils ne seront pas déçus par le triathlon monumental créé à Nîmes cette année. En effet, la course se jouera avec en toile de fond les plus grands monuments gardois comme la Maison Carrée à Nîmes ou le Pont du Gard, tous deux classés au patrimoine mondial de l’Unesco.

    « Nous nous réjouissons de la tenue de ce triathlon monumental qui s’annonce grandiose, et remercions les partenaires et services fortement mobilisés. Ce sera également un grand moment de fête pour tous, qui animera la cité », prévient Bruno Ferrier, Adjoint délégué aux Sports. Pour l’occasion, deux parcours sont proposés aux 1 300 athlètes attendus : un « facile » avec 1,5 km de natation, 40 km de vélo et 10 km de course à pied mais aussi un plus exigeant pour attirer les meilleurs triathlètes du moment, composé d’1,9 km de natation, 90 km vélo et 21 km course à pied. Pas un Ironman mais on s’y rapproche…

    Natation sous les arches du Pont

    Les athlètes s’élanceront au pied du mythique Pont du Gard et traverseront ses arches à la nage dans le Gardon. La transition Natation/Vélo se déroulera sur l’esplanade du Pont du Gard avant le début du parcours à vélo, entre vignes et oliviers. Les participants emprunteront alors le parcours du Tour de France 2025. La transition Vélo/Course à pied se tiendra sur l’esplanade de Nîmes laissant place à la course à pied dans le centre-ville de la capitale du Gard. Ce parcours mettra à l’honneur les monuments historiques nîmois dont la Maison Carrée, les Arènes, Carré d’Art, le Musée de la Romanité, les Jardins de la Fontaine, le temple de Diane et la Tour Magne, avant une arrivée sur le parvis des Arènes.

    Pour relever ce défi, de nombreux triathlètes internationaux ont répondu à l’appel à l’image du jeune Français, Maxime Chané, champion du monde en titre. L’épreuve sera d’ailleurs aussi à suivre sur La Chaîne L’Équipe.

    Pour cette première, les collectivités ont aussi souhaité ouvrir l’événement aux habitants en proposant un village exposants sur l’esplanade de Nîmes du vendredi au dimanche. Un DJ sera également présent dimanche dans les arches des Arènes pour l’arrivée des compétiteurs. L’association Da Storm proposera aussi des démonstrations de graffiti au pied de la Maison Carrée et tous les kilomètres de parcours urbain seront marqués par des animations. Quatre fan-zones seront aussi créées le long du parcours de cyclisme et cinq le long de la boucle de course.