Tag: Gard

  • Le Gard, un scrutin scruté au national

    Le Gard, un scrutin scruté au national

    C’est un grand mouvement de bascule que pourrait opérer le Gard avec ces élections municipales des 15 et 22 mars. D’abord parce que la capitale du département pourrait revenir à gauche. C’est en tout cas la tendance confirmée par tous les sondages. La personnalité de Vincent Bouget (PCF), sa démarche d’écoute de la population et les nombreux soutiens de poids reçus lui ont permis d’engranger une réelle dynamique. « L’élection à Nîmes est scrutée au niveau national », annonçait la députée européenne socialiste Chloé Ridel il y a quelques semaines. Effectivement, le basculement de Nîmes serait un petit séisme. D’abord parce que la ville, gérée depuis plus de vingt ans par Jean-Paul Fournier, est la dernière cité de plus de 150 000 habitants dirigée par Les Républicains en France. Ensuite, parce que Vincent Bouget pourrait à l’inverse permettre au PCF de conquérir à nouveau une ville de cette ampleur. il pourrait aussi l’emporter au Havre, ville de 166 000 habitants où le député Jean-Paul Lecoq est donné au coude à coude avec Édouard Philippe, le maire sortant.

    Rivenq impopulaire à Alès

    À Alès, la donne semble plus difficile pour la gauche. D’abord parce que la droite municipale reste unie après que Max Roustan a laissé le fauteuil de maire à Christophe Rivenq il y a un peu plus d’un an. La gauche avance aussi divisée avec une liste PCF-LFI et une liste PS-Écologistes, qui ne permet pas d’avoir la même dynamique qu’à Nîmes. Mais l’impopularité de Christophe Rivenq et l’envie de renouvellement rendent le suffrage incertain, là où Max Roustan a été réélu dès le premier tour lors des quatre derniers scrutins…

    Sauf union des droites, une victoire de l’extrême droite dans les deux principales villes du département semble impossible (à Alès, le candidat est quasiment invisible). En réalité, en dehors du bastion Beaucaire et des villes ciblées par les députés (lire page 12), l’extrême droite, qui avait pourtant raflé les six circonscriptions lors des dernières législatives en juin 2024, peine à confirmer son ancrage local. Le parti lepéniste illustre ainsi ses difficultés à monter des listes et à s’appuyer sur des candidats « crédibles ». Face à ce constat, le RN a gangréné de nombreuses listes de droite sans mentionner d’étiquette politique pour entretenir le flou. Une union des droites devenue en somme de moins en moins tabou à l’échelon local, qui prolifère tant en Camargue gardoise que dans le Gard rhodanien.

    Outre les grandes villes, les Cévennes, qui avaient comme le reste du département voté majoritairement à l’extrême droite aux dernières législatives, font tout de même de la résistance pour ces élections municipales. Ainsi, le Parti communiste est seul en lice à La Grand-Combe, Cendras, Domessargues, Le Martinet et conservera donc plusieurs communes. Emmanuel Grieu (Debout!) et l’ancien député Michel Sala (L’Après) resteront aussi aux commandes de leurs petites communes rurales cévenoles. À Anduze, au Vigan, à Barjac ou encore à Saint-Martin-de-Valgalgues, les maires sortants de gauche ont de la concurrence mais ils s’appuient sur un solide bilan avant le scrutin. Partout des listes citoyennes, sans bannière politique mais prônant des valeurs progressistes, ont aussi été montées et se mobilisent contre l’extrême droite.

    À la veille du premier tour, ce dimanche 15 mars, les élections municipales dans le Gard, symbole de la tripartition de la vie politique française, n’ont ainsi jamais été aussi incertaines.

  • Extrême droite : la liste de bric et de broc de Bessèges

    Extrême droite : la liste de bric et de broc de Bessèges

    La liste d’Hervé Fiselle à Bessèges ressemble à un jeu des sept familles. Si les patronymes diffèrent, plusieurs membres d’une même famille sont en effet bien représentés dans la liste d’extrême droite qui a été déposée dans les tous derniers instants du délai légal. C’est notamment le cas de la famille de Nathan Casano. L’assistant parlementaire du député de la 5e circonscription du Gard est inéligible puisqu’il n’a pas présenté ses comptes de campagne après les élections législatives de 2022. À la manœuvre pour monter cette liste, il a ainsi réussi à convaincre son père (3e de la liste), sa mère (12e), son oncle (17e) et sa grand-mère (18e) de s’engager.

    Autre famille bien représentée : celle d’Amandine Juras. Cette amie d’enfance de Nathan Casano qui était sa suppléante en 2022 se présente à la quatrième place aux côtés de son frère (11e) et de son père (23e). À ces deux familles s’ajoute la tête de liste Hervé Fiselle et sa femme (8e) avec qui il partage une passion commune pour Eric Zemmour et Sarah Knafo, ainsi que Florence Boutet (6e) et son mari Laurent (11e). Quatre familles représentent donc près de la moitié de la liste…

    Si les candidatures d’une même famille ne sont pas illégales, seulement deux personnes d’une même famille peuvent appartenir au conseil municipal. « Le nombre d’ascendants et descendants en ligne directe père, mère, grand-père, grand-mère, fils, fille, petit-fils, petite-fille, frères et sœurs qui peuvent être simultanément membres du même conseil municipal est limité à deux dans les communes de plus de 500 habitants », précise ainsi la préfecture du Gard.

    « Je suis au courant », affirme Hervé Fiselle. « Ce n’est pas un problème parce qu’ils n’ont pas tous le même avis. Ça prouve aussi que la famille est unie. Pour des personnes qui cherchent la petite bête, ça peut manquer un peu de transparence mais là on parle de la forme et pas du fond », ajoute l’entrepreneur qui dit avoir « un grand projet national » pour mettre Bessèges en lumière.

    Pour compléter la liste, Alexandre Allegret-Pilot est venu faire le nombre (5e). Un choix justifié par le « scandale » de inéligibilité de son assistant parlementaire. L’équipe compte aussi dans ses rangs Yves Gaillac, historique du Front national à Bessèges qui a milité « toute sa vie pour le parti d’extrême droite », comme l’écrit France 24 dans un reportage réalisé dans l’entre-deux-tours des Présidentielles 2012 sur les électeurs frontistes qui disent « non » à Sarkozy.

    Autre signe que la constitution de la liste avec 23 noms a été douloureuse, Nathan Casano est allé convaincre Francette Moulin, 77 ans, de rejoindre l’équipe. Lorsque la liste a officiellement été diffusée, sa famille issue de « plusieurs générations de communistes » s’est insurgée. « Elle m’a dit que Nathan Casano est allé la voir et lui a dit qu’il lui manquait une personne sur la liste. Francette, c’est une personne qui ne réfléchit pas beaucoup et qui ne pose pas beaucoup de questions. Elle a dit oui comme elle aurait dit autre chose. Quand je lui ai dit dans quoi elle s’embarquait, elle m’a dit : « maintenant c’est trop tard je ne peux plus rien faire ». Je lui ai dit que ses parents, son grand-père, les tantes, tous doivent se retourner dans leur tombe », témoigne une cousine. Depuis, Francette Moulin a connu de graves problèmes personnels et ne fera ni campagne, ni ne pourra siéger au conseil municipal.

    Nathan Casano, futur maire ?

    Pour Nathan Casano, le rêve d’occuper le fauteuil du maire de Bessèges n’est pas nouveau. Après sa candidature aux législatives de 2022, il a passé beaucoup de temps sur le terrain. Depuis trois ans, il gère par exemple l’association Pass’Temps qui intervient dans l’Ephad Maison de secours, ou il prend part chaque année au Corso Fleuri, véritable tradition dans la commune de 2 900 âmes. Depuis qu’il est assistant parlementaire, il fait aussi régulièrement participer le député Alexandre Allegret-Pilot à toutes sortes de festivités.

    Malgré son inéligibilité prononcée en 2023, Casano a tout de même annoncé sa candidature à l’élection municipale dans une vidéo postée sur ses réseaux sociaux début janvier. Il a bien tenté de contester cette inéligibilité auprès du Conseil constitutionnel mais celui-ci a refusé sa requête. C’est pourtant lui, aux côtés d’Hervé Fiselle qui a déposé la liste en préfecture fin février. Il affirme même qu’il pourrait devenir maire : « C’est Hervé Fiselle qui mènera la liste jusqu’au second tour. À l’issue de celui-ci, je serai éligible et serai donc votre maire », écrit-il. Même si son inéligibilité s’arrête effectivement le 17 mars, soit donc dans l’entre-deux-tours des élections municipales, la règle est claire : « Les conditions d’éligibilité s’apprécient par rapport à la date du premier tour de scrutin ». Nathan Casano ne pourra donc pas devenir maire. En tout cas pas le 22 mars au soir du second tour.

    Peu importe, Nathan Casano s’affiche partout, sur les réseaux sociaux, les tracts, anime les réunions publiques et figure même sur l’affiche officielle de campagne aux côtés d’Hervé Fiselle et Alexandre Allegret-Pilot. Si là encore la manœuvre n’est pas illégale, de nombreux habitants se sont interrogés sur l’ambiguïté de la démarche. Pas un problème pour Hervé Fiselle : « Nathan aurait du être éligible. Le Conseil constitutionnel a eu une façon de compter qui n’est pas logique. Il est inéligible mais il n’a pas piqué dans la caisse, il n’a pas volé. Si Nathan avait été à gauche, le problème ne se serait pas posé ».

    Une omniprésence qui interroge et qui s’accompagne d’une petite musique à Bessèges : une fois élue, Hervé Fiselle pourrait démissionner avec tout son conseil municipal pour provoquer de nouvelles élections. Nathan Casano serait alors en mesure de se présenter. Hervé Fiselle dément ce scénario : « Les choses ont été mal présentées. Ce n’est pas inscrit dans ce sens. Je n’ai pas pour habitude de me battre pour lâcher l’affaire après. Les choses ont évolué depuis (le message où Nathan Casano dit qu’il sera maire au soir du second tour, Ndlr). Je suis pour la transparence. Les choses se décident à 23 et elles se décident parce qu’il y a une question qui est posée. Pour l’instant la question ne se pose pas. Mon seul souci c’est de redresser la ville. Tout le temps que je pourrais le faire, j’assumerai le mandat ».

    Trois autres listes sont en course à Bessèges, celle de l’adjointe à l’éducation Christine Roux, celle de l’adjoint à l’économie et au commerce Gilbert Baptiste et celle de la responsable associative Sophie Lalanne.

  • Dix jours de cinéma d’outre-Manche à Nîmes

    Dix jours de cinéma d’outre-Manche à Nîmes

    Pendant dix jours, le public pourra découvrir plus d’une trentaine de films couvrant plus d’un siècle de cinéma britannique et irlandais au cinéma le Sémaphore et à Carré d’Art. Avant-premières, films inédits, documentaires ou classiques restaurés composent une programmation éclectique fidèle à l’ADN du festival : mêler patrimoine et création contemporaine.

    Temps fort de cette édition, la venue du réalisateur irlandais Jim Sheridan, figure majeure du cinéma engagé. L’auteur de My Left Foot, In the Name of the Father ou The Boxer accompagnera plusieurs projections et rencontres avec le public. Six de ses films seront présentés durant le festival.

    Classiques et découvertes

    Les organisateurs proposent également plusieurs hommages, notamment au cinéaste britannique Charles Crichton, réalisateur du célèbre Un poisson nommé Wanda, ainsi qu’à Peter Watkins, disparu en 2025. Le festival mettra aussi en lumière la vitalité du nouveau cinéma irlandais avec plusieurs films inédits, dont Aontas, Fréwaka ou Horseshoe. Des courts-métrages de la London Film School, présentés par son directeur Chris Auty, complètent la programmation.

    Autre rendez-vous original : un ciné-concert autour de Sherlock Holmes, porté par Virgile Goller, qui fera dialoguer images muettes et musique en direct. Master classes, rencontres avec les invités et séances spéciales jalonneront également ces dix jours de projections.

  • La santé, une priorité à Saint-Martin-de-Valgalgues

    La santé, une priorité à Saint-Martin-de-Valgalgues

    Les allers et retours ne faiblissent pas devant la façade rouge criarde de la maison de santé Ambroise-Croizat. Sur le bassin alésien, les soignants et notamment les médecins se font rares. Alors, les habitants des communes voisines sont nombreux à se déplacer à la maison de santé de Saint-Martin-de-Valgalgues. Celle-ci a été inaugurée en 2023 en présence de Pierre Caillaud-Croizat, le petit-fils du ministre communiste et père de la Sécurité sociale.

    Cet aboutissement a été le fruit d’un important travail et fait suite à un référendum organisé sur la commune en 2018 où les Saint-Martinois ont plébiscité à 96% cet investissement. Malgré une ouverture retardée par la pandémie de la Covid, ce centre a permis de garder la présence des trois médecins qui avaient des velléités de partir et d’attirer de nombreux autres soignants. Ainsi aujourd’hui, la maison de santé compte des infirmières, des kinésithérapeutes, ostéopathes, psychologues, orthophonistes, podologues, sages-femmes, naturopathes et d’autres soignants qui travaillent aussi en lien avec le centre comme les pharmaciens ou un chirurgien-dentiste.

    « Nous avons un logiciel commun entre les soignants et nous faisons des réunions entre nous pour parler des situations complexes », explique Marielle Auvergne, psychanalyste qui est également la coordinatrice de la maison de santé et ne serait pas venue travailler à Saint-Martin-de-Valgalgues sans la création de cette maison de santé. « J’aime beaucoup travailler avec les autres professionnels de santé. C’est dommage d’être enfermé tout seul dans un cabinet. C’est bien d’avoir aussi l’avis des autres. Je pense que les médecins ont aussi des peurs et ça peut rassurer de travailler en groupe au lieu d’être isolé. »

    Si la structure cherche toujours désespérément un dermatologue, des renforts de médecins pourraient arriver rapidement. Les trois docteurs saint-martinois étant formateurs et salariés du groupe de santé Filieris – garantissant la présence d’un médecin en permanence – la structure devrait accueillir un docteur junior en octobre et pourrait participer à l’accueil de médecins cubains si le projet aboutit.

    Trois listes en concurrence

    « Beaucoup de retraités viennent s’installer ici pour trouver du soleil ou trouver du vivre-ensemble mais ils cherchent forcément un médecin. Le fait d’avoir réalisé cette maison de santé et d’être en capacité d’accueillir de nouveaux médecins, c’est vraiment un atout. Parce que des gens me disent que s’ils n’ont pas de docteur, ils vont devoir repartir d’où ils viennent », explique Claude Cerpedes.

    Face à l’édile communiste s’est hissée son ancienne première adjointe. Officiellement pour une opposition sur le budget et officieusement pour des désaccords personnels, Lucile Pialat a quitté la majorité et s’est lancée dans la course aux municipales. Soutenue par trois anciens membres de la majorité, elle avance aujourd’hui sur une corde raide en tentant de critiquer un bilan auquel elle a participé. À la tête de la liste « Ambitions et perspectives pour Saint-Martin », elle critique des travaux réalisés avec « précipitation » ou la propreté dans certains quartiers « laissés à l’abandon ».

    Déjà opposant durant ce mandat, Mickaël Thery assume une ligne dure à droite où il est surtout question de sécurité avec le « renforcement de la police municipale » et l’embauche de deux agents supplémentaires. Il est également très critique à l’égard des soutiens financiers à des causes internationales comme l’Ukraine, la Palestine, la paix ou le secours en mer.

    Des critiques vite balayées par l’édile qui préfère s’appuyer sur son bilan : « Les habitants voient que notre gestion est faite de compétence et de bienveillance. Sur 3 500 inscrits, il y a près de 1 000 nouveaux inscrits depuis six ans. Je crois que les gens connaissent le maire et qu’ils sont contents de la manière dont la ville est gérée », conclut Claude Cerpedes.

  • Le RN tente une conquête aux relents identitaires à Bellegarde

    Le RN tente une conquête aux relents identitaires à Bellegarde

    À Bellegarde, commune gardoise d’un peu plus de 8 000 habitants, la campagne des municipales prend une tournure particulièrement politique. Le maire sortant Juan Martinez, ancien socialiste en poste depuis 2008, brigue un quatrième mandat. Mais la principale menace vient désormais du RN, bien décidé à conquérir la ville.

    À la tête de la liste Bellegarde, notre choix de vie, Juan Martinez met en avant son bilan : baisse de la fiscalité communale, ouverture prochaine d’une crèche de 45 places, création des halles, maintien d’une navette intra-urbaine ou encore installation de panneaux photovoltaïques sur les écoles. La municipalité revendique aussi le maintien de l’eau en régie publique et le renforcement de la police municipale.

    Un profil qui interroge

    Face à l’édile, le RN a choisi pour mener la bataille Philippe Gibelin, 75 ans, ancien conseiller municipal et figure associative locale. Mais derrière cette image de notable discret se cache un parcours politique bien plus marqué. Selon plusieurs enquêtes de presse, l’homme a longtemps évolué dans la mouvance identitaire. Dans les années 1980, il fut trésorier du Grece, laboratoire idéologique de la « nouvelle droite », connu pour ses thèses ethno-différentialistes. Il a également participé à des initiatives militantes contre l’immigration, notamment en Hongrie lors de la crise migratoire de 2015.

    Un profil qui tranche avec les efforts de normalisation affichés par le RN. Malgré cela, les responsables locaux du parti ont choisi de l’investir, espérant transformer Bellegarde en nouvelle prise politique dans le Gard. Dans un département marqué par les tensions sociales et la montée des votes d’extrême droite, l’élection s’annonce donc déterminante.

  • Hiver pluvieux : faut-il craindre une invasion de moustiques ?

    Hiver pluvieux : faut-il craindre une invasion de moustiques ?

    C’est une question qu’on ne peut s’empêcher de se poser : les pluies abondantes survenues depuis décembre pourraient-elles favoriser la prolifération des moustiques sur nos littoraux héraultais et gardois cet été ?

    Une chose est sûre, l’Aedes detritus, espèce de moustique hivernale caractéristique des zones humides du littoral, est déjà bien présent dans le Gard et l’Hérault. « Les prospections réalisées par les agents ont mis en évidence la présence de larves sur près de 6 000 hectares entre janvier et février 2026, contre 2 900 hectares sur la même période de la saison 2025 », illustre l’EID dans un communiqué. Un phénomène favorisé par la pluie tombée en abondance depuis le mois de décembre. « Ces précipitations ont entraîné plusieurs épisodes de submersion, installant durablement des niveaux d’eau élevés sur les zones humides littorales. (…) L’ampleur et la persistance de ces submersions ont favorisé des éclosions généralisées d’Aedes detritus », confirme l’EID.

    1 300 hectares traités dans l’Hérault, 900 dans le Gard

    « Nous avons donc d’ores et déjà commencé les traitements par voie aérienne ou par moyens terrestres, quand les conditions le permettent », explique Jean-Claude Mouret, responsable du pôle coordination
    opérationnelle de l’EID Méditerranée. « On cible les larves avec un bio insecticide que l’on épand sur les zones où l’on a trouvé les larves. Nous sommes intervenus sur le littoral gardois, dans des communes comme le Grau-du-Roi ou Aigues-Mortes, ainsi que sur le littoral héraultais, depuis Vendres jusqu’à La Grande-Motte. » Fin février, près de 1300 ha de zones humides avaient ainsi déjà été traités depuis le début de l’année dans l’Hérault et près de 900 ha dans le Gard, sur un total d’un plus de 2 700 ha sur l’ensemble de la zone d’intervention de l’EID Méditerranée. Pour autant, « sur les gîtes non traités (densités plus faibles) et dans une moindre mesure sur les gîtes traités, des émergences de moustiques adultes se produisent actuellement au gré des températures douces ».

    Reste que « cette situation exceptionnelle ne préfigure en rien le risque de nuisance pour le printemps et l’été. Les moustiques ont une durée de vie de trois semaines-un mois, pas plus », rassure Jean-Claude Mouret. « Nous allons poursuivre nos interventions.Tous les moyens de traitement sont engagés (avion, hélicoptère, drones, engins amphibie…) pour atténuer au maximum les nuisances résiduelles liées aux moustiques issus des zones humides.»

    Quant au fameux moustique tigre, qui évolue, lui, dans les zones urbaines à proximité des habitations, « les premières larves commencent à apparaître au mois d’avril », indique le représentant de l’EID. Donc pas d’éclosion à redouter pour le moment. Il faut profiter de la fin de l’hiver pour éliminer toutes les eaux stagnantes autour des habitations : vider les récipients, les brosser, les couvrir… La prévention restant la clé pour protéger les apéros des soirs d’été !

  • Bagnols-sur-Cèze : qui peut faire obstacle à l’extrême droite ?

    Bagnols-sur-Cèze : qui peut faire obstacle à l’extrême droite ?

    Si aucun sondage n’a été effectué à Bagnols-sur-Cèze, tous s’attendent à retrouver la députée RN en tête le soir du premier tour tant les scores du parti lepéniste y culminent à des sommets à chaque élection nationale. D’ailleurs, la conseillère municipale d’opposition qui est complètement absente des réunions plénières, accueillera Marine Le Pen à Bagnols-sur-Cèze vendredi 6 mars.

    Avec un discours axé sur la sécurité, Pascale Bordes espère prospérer dans une ville de 18 000 habitants gangrenée par le narcotrafic. Le trafic de drogues est d’ailleurs le sujet qui a le plus affaibli le maire sortant Jean-Yves Chapelet, notamment après la diffusion d’un épisode d’Envoyé spécial désastreux pour l’image de Bagnols. Mais l’édile, ancien socialiste aujourd’hui soutenu par des partis allant d’Horizons à Place Publique, espère tout de même être reconduit.

    Philippe Broche, la surprise ?

    Opposant pendant tout le mandat, Jérôme Jackel (Debout!, le parti de François Ruffin) mène une campagne active sur les réseaux sociaux et sur le terrain en étant très présent dans les quartiers populaires. S’il se présente comme « l’unique candidat de gauche », l’ancien insoumis semble tout de même manquer de soutiens locaux. Pour Michel Cegielski, ancien adjoint de Chapelet, c’est l’espace politique qui lui manque. Rejoint par quelques socialistes locaux (le PS n’a adoubé aucun candidat), il est loin d’incarner le changement attendu par une partie des Bagnolais.

    Reste donc l’alliance derrière Philippe Broche. Cet entrepreneur qui s’était présenté à la tête de la Chambre de commerce et d’industrie du Gard est un visage connu du milieu associatif bagnolais. Soutenu par le Parti communiste qui a pleinement intégré sa liste et souhaite incarner un programme de rupture, Philippe Broche a créé une dynamique qui lui permet de rassembler 200 personnes à chaque réunion publique. Le candidat d’« Ensemble changeons Bagnols » s’est fixé quatre priorités : la santé, la jeunesse, la sécurité (voir page 8) et le dynamisme économique.

    « On ne peut pas parler de relance de Bagnols-sur-Cèze si on ne parle pas de changement d’image de marque. Il faut donner de l’élan au centre-ville en mettant en place un grand marché de manière à créer un parcours commercial. Pour la santé, nous voulons créer un pôle santé avec des logements pour les étudiants. J’ai aussi sur ma liste l’ancien directeur des urgences de l’hôpital de Nîmes qui sera président du conseil de surveillance à ma place si je suis maire. Pour la jeunesse, j’ai des investisseurs avec moi qui vont venir créer un bowling avec un pôle d’animations jeunes comme les jeunes l’ont demandé », détaille Philippe Broche.

    Un bastion industriel

    Si l’histoire de Bagnols-sur-Cèze remonte à l’antiquité, elle est aujourd’hui surtout marquée par l’industrie. De 5 500 habitants en 1950, sa population dépasse les 16 000 dix ans plus tard avec l’implantation du Centre de recherche nucléaire de Marcoule. Elle devient ainsi la capitale du Gard rhodanien qui est le deuxième pôle industriel d’Occitanie.

    Fief du Parti socialiste, Bagnols a été dirigée depuis 2008 par le duo Jean-Christian Rey (aujourd’hui président de la communauté d’agglo du Gard rhodanien) et Jean-Yves Chapelet (qui a quitté le PS en 2018).

  • Plus de 1200 personnes au meeting de Vincent Bouget et de Nîmes en commun

    Plus de 1200 personnes au meeting de Vincent Bouget et de Nîmes en commun

    Un meeting historique : plus de 1200 personnes étaient présentes, dimanche 8 mars, à la Halle des Sports, pour le grand meeting de campagne de Nîmes en commun et de sa tête de liste Vincent Bouget (PCF).

    Amal Couvreur, Pierre Jaumain, Julien Pacioni et Soukaïna Benjaffar ont précédé Vincent Bouget sur scène, pour défendre le droit des femmes, soutenir les associations, les habitants des quartiers populaires, s’engager pour la création d’emploi, l’accès aux soins, promouvoir l’action environnementale, «mais une écologie humaine qui ne laisse personne au bord du chemin». Enfin, la lutte contre la montée de l’extrême droite a traversé toutes les prises de parole, dénonçant «leur stratégie de des boucs émissaires sans jamais apporter de solutions concrètes».

    Le public a fait une ovation lorsque Amal Couvreur a rendu hommage aux Nîmoises. « Parce que je crois profondément à l’écoute, parce que je pense que l’engagement politique commence d’abord par l’attention que l’on porte aux autres, par la capacité à entendre les attentes, les inquiétudes, les espoirs. Mais il est des moments où il faut aussi prendre la parole. Des moments où il faut dire ce que l’on croit juste. Des moments où il faut affirmer une vision pour notre ville. Et des moments où il faut se lever pour défendre ce qui nous rassemble. Et aujourd’hui, nous sommes le 8 mars, et soyons claires, nous sommes féministes. Nous le sommes parce que nous refusons les inégalités, nous refusons les violences, nous refusons l’assignation à résidence. Je voudrais rendre hommage à nos mères, nos grands-mères, nos filles et nos petites-filles. A celles que l’on voit et celles que l’on ne voit pas. »

    En conclusion du meeting, Vincent Bouget a rappelé le chemin parcouru depuis 18 mois, avec l’équipe de Nîmes en commun : « nous sommes allés à la rencontre des Nîmoises et Nîmois : nous avons écouté et nous avons beaucoup travaillé à partir de ce que vous nous avez dit. Je crois que nous vous avons entendu…Partout vous nous avez dit la même chose : Oui, les Nîmoises et les Nîmois aiment leur ville, profondément. Mais oui aussi, ils veulent que les choses changent. Et bien je vous le dis : les choses vont changer ! Ensemble nous allons réunir notre ville. Ensemble, nous allons investir pour la rafraîchir. Nous allons faire revivre son esprit solidaire, festif et populaire, nous allons la rendre plus sûre, plus dynamique… Ensemble, ces prochaines années, nous allons redonner aux Nîmoises et aux Nîmois des raisons d’être encore plus fiers de notre ville. ».

    Soulignant la richesse intellectuelle et historique de Nîmes, Vincent Bouget a évoqué une période particulièrement marquante du récit récent de Nîmes : la solidarité qui s’est fortement exprimée pendant les inondations de 2008 : « Cette solidarité est toujours là. Dans nos quartiers, dans nos associations, cans nos familles, et dans cette salle ce soir. »

    Enfin, avant un appel à la mobilisation générale jusqu’au 15 et 22 mars, Vincent Bouget s’est attaché à décliner son programme, en 3 axes . Premier engagement : « réunir la ville et mettre fin à la ville à deux vitesses. En redonnant du pouvoir d’achat par la gratuité des transports des jeunes, la mutuelle municipale et l’ouverture d’épiceries solidaires notamment. En nous tenant aux côtés des entreprises pour développer l’emploi. Et aux côtés de ceux qui en sont le plus éloignés pour lever les freins à l’embauche. En ayant la même exigence de propreté, de services publics, d’espaces publics dans tous les quartiers.»

    Deuxième engagement : « accompagner chaque jeune, pas un jeune sans écoute, pas un jeune sans solution. En investissant dans les écoles, pour des conditions d’enseignement optimales, même au début de l’été. En faisant de Nîmes une vraie ville étudiante. En facilitant financièrement l’accès au sport, à la culture, aux transports, véritables leviers d’émancipation. En créant un réseau de réussite pour accompagner les jeunes dans leurs premiers pas vers l’emploi : des stages jusqu’à l’entrée dans leurs premiers jobs.»

    Troisième engagement : «rendre le pouvoir aux habitants, fini la gestion clanique ! Nous changerons profondément la méthode, comme nous le faisons depuis 18 mois ; nous redonnerons le pouvoir aux Nîmoises et aux Nîmois. Nous les associerons aux choix qui les concernent. Les comités de quartier seront soutenus, par une écoute active, et une association pleine et entière aux projets de chaque quartier de la ville. Nous mettrons en place des budgets participatifs pour que la voix des Nîmois, leurs aspirations, se concrétisent en réalisations.»

  • Les trois expositions de la Galerie Negpos à Nîmes

    Les trois expositions de la Galerie Negpos à Nîmes

    D’abord, elle a reprogrammé « Benzine Cyprine », l’exposition de la photographe Kamille Lévêque Jégo. Puis elle a lancé dans la foulée son festival « Les Villes Invisibles ». « Ça s’est très bien passé, nous avons eu beaucoup de monde et beaucoup de soutiens de la part de nombreux partenaires. Maintenant, le rendez-vous est tellement apprécié, qu’il va être ritualisé », s’enthousiasme Patrice Loubon, directeur et fondateur de l’association NegPos.

    Pour clôturer ce festival, le centre d’art et de photographie organise deux expositions. La première, « De l’autre côté du périphérique » est accessible jusqu’au 31 mars au Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE) du Gard à Nîmes. Elle traite principalement des questions d’architectures et d’urbanisme et rassemble le travail de plusieurs photographes. « Il y a aussi des pratiques un peu différentes, il n’y a pas que de la photographie. Cette exposition veut montrer comment la ville de Nîmes se développe, sur des perspectives très commerciales aux dépens des terres agricoles, notamment au sud de la ville », prévient Patrice Loubon.

    La deuxième, ARTXINÎM, explore de son côté de l’urbex (l’exploration urbaine) local à travers, là encore, le regard de plusieurs photographes, à découvrir au sein de la galerie Negpos.

    Toujours dans sa galerie, Negpos vient également d’inaugurer la huitième édition de « Ceci n’est pas une photo » qui met à l’honneur l’artiste cubain Jorge Luis Marrero Carbajal. Celui-ci s’est fait connaître en ajoutant ses mains sur des photographies pour leur donner un sens poétique.

    « Comme la main est l’outil premier de l’artiste Jorge Luis Marrero Carbajal met en scène ses mains dans des contextes divers. C’est vraiment un jeu avec les mains. On découvre ainsi l’imaginaire de cet artiste. C’est très introspectif mais c’est aussi très abordable parce qu’il y a beaucoup d’humour », précise Patrice Loubon. Le public a désormais deux mois pour découvrir cette exposition intitulée « Plaisir intime ».

  • Ce que changerait une victoire de Nîmes en commun

    Ce que changerait une victoire de Nîmes en commun

    1. Réunir une ville jugée « à deux vitesses »

    Premier objectif affiché, martelé : rééquilibrer les politiques publiques entre les quartiers. La liste estime que certaines zones populaires souffrent d’un manque d’équipements et de services. Pour y répondre, elle propose la création de « Places communes » dans chaque quartier, des lieux de proximité mêlant services publics, activités associatives et espaces de rencontre. Ces structures pourraient accueillir, par exemple, des permanences d’élus, des jardins partagés, des ateliers associatifs ou des équipements sportifs ouverts aux habitants.

    2. Redonner du pouvoir aux habitants

    La question démocratique constitue un autre pilier du projet. La liste promet de renforcer la participation citoyenne avec des conseils de quartier plus décisionnels et des budgets participatifs. L’idée serait de permettre aux habitants de décider directement d’une partie des investissements municipaux : rénovation d’une place, aménagement d’un square ou création d’équipements de proximité.

    3. Renforcer la solidarité

    Face à la précarité, la coalition propose plusieurs dispositifs sociaux. Parmi eux, la création d’une mutuelle municipale négociée par la ville pour permettre aux habitants d’accéder à une complémentaire santé à tarif réduit. Le projet évoque aussi un campus des solidarités, destiné à coordonner associations, services publics et initiatives citoyennes. Des mesures plus concrètes sont envisagées, comme le développement de jardins partagés, d’épiceries solidaires ou de ressourceries.

    4. Une approche de la sécurité mêlant prévention et proximité

    Sur la sécurité, la liste défend une approche combinant présence policière et médiation. La liste propose notamment de renforcer la police municipale de proximité, avec des postes mobiles dans les quartiers, des bornes d’appel et d’augmenter les effectifs de médiateurs urbains chargés de prévenir les conflits. Elle souhaite aussi réaliser un audit du parc de caméras de vidéoprotection pour en évaluer l’efficacité.

    5. Faire de la jeunesse une priorité municipale

    La situation des jeunes à Nîmes constitue un axe central du programme. Parmi les propositions : gratuité progressive des transports publics pour les moins de 25 ans, création d’un pôle ressource jeunesse pour accompagner les jeunes dans leurs démarches (logement, formation, emploi) et renforcement du conseil municipal des jeunes avec un budget propre. Des actions sont également prévues contre le décrochage scolaire, notamment via des dispositifs d’accompagnement éducatif.

    6. Adapter la ville au changement climatique

    Face aux épisodes de chaleur de plus en plus fréquents, la liste met en avant une transformation écologique de l’espace urbain. Elle propose notamment une végétalisation massive de la ville, la création d’îlots de fraîcheur et la désimperméabilisation des sols pour lutter contre les fortes températures et les inondations. Les écoles et les quartiers les plus minéralisés seraient prioritaires dans ce plan d’adaptation.

    7. Développer l’économie sociale et solidaire

    Enfin, le collectif souhaite renforcer la place de l’économie sociale et solidaire dans le développement local. Le projet évoque notamment la création d’une école de la coopération, destinée à former habitants, entrepreneurs et associations aux pratiques coopératives. L’objectif serait d’encourager des modèles économiques plus participatifs, selon le principe « une personne, une voix ».