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  • [Mémoire] Février 1906, la grève des transbordeuses en Occitanie

    [Mémoire] Février 1906, la grève des transbordeuses en Occitanie

    Le 25 février 1906 à Cerbères, dans les Pyrénées-Orientales, près de 300 transbordeuses d’oranges décident de se mettre en grève. Bien que des femmes aient déjà participé à plusieurs mouvements sociaux aux côtés d’hommes, c’est une des premières grèves 100% féminine dans un domaine réservé généralement aux ouvriers. Pour comprendre sa genèse, il faut remonter quelques années en arrière. Avec l’apparition du chemin de fer, l’Espagne, pays exportateur d’agrumes, privilégie ce mode de transport pour ses marchandises. Mais lors de la jonction entre les chemins de fer français et espagnols, en 1878, la largeur des rails diffère. Si l’Hexagone s’est plié à la norme européenne avec des rails d’une largeur de 1,43 m, l’Espagne, elle, est restée fidèle au décret royal avec des rails d’une largeur de 1,66 m. Pour assurer le transport des agrumes entre les deux pays, deux gares sont construites (à Cerbères côté français). Ainsi naît la Corporation des transbordeuses d’oranges.

    Couchées sur les rails

    Les conditions de travail sont éreintantes. En 1903, à la suite d’une récolte exceptionnelle, les ouvrières demandent une augmentation salariale de quelques centimes. Mais trois ans plus tard, force est de constater que rien n’a bougé malgré la promesse de la direction. Les femmes se mettent alors en grève et bloquent la gare pendant 24 heures. Les patrons cèdent et acceptent l’augmentation. « Le syndicat avait obtenu une augmentation de 0,25 franc par wagon et par ouvrière (le salaire antérieur était de 0,75 franc) », écrivait alors le journaliste Albert Thomas dans les colonnes de l’Humanité.

    Fortes de leurs succès, les transbordeuses décident de créer un syndicat « rouge ». Mais la direction réplique en créant un syndicat « jaune » et interdit le travail aux syndicalistes rouges. Un nouveau bras de fer s’engage et, face au blocus de la gare, le gouvernement de Clemenceau décide d’envoyer l’armée en novembre 1906 pour les expulser. Les soldats refusent, des briseurs de grève sont alors envoyés et les grévistes se couchent sur les rails. Elles seront délogées à la lance à eau. Écœuré par ce traitement, le sous-préfet de l’époque finit par obliger la direction à ne pas discriminer à l’embauche. Une première lutte victorieuse qui en amènera d’autres.

  • Mars Bleu : Nîmes mobilisée contre le cancer colorectal

    Mars Bleu : Nîmes mobilisée contre le cancer colorectal

    Chaque année en France, plus de 43 000 personnes sont touchées par un cancer colorectal, responsable de plus de 17 000 décès. Pourtant, détecté suffisamment tôt, il peut être guéri dans neuf cas sur dix. C’est tout l’enjeu de Mars Bleu, mois national consacré à la prévention et au dépistage, auquel Nîmes participe activement avec de nombreuses actions destinées au grand public.

    Au CHU de Nîmes, cette mobilisation prend une dimension particulière. L’établissement met en avant dix années d’engagement dans la prise en charge des cancers et rappelle l’importance d’un dépistage précoce. « Il faut lever le tabou sur ce test, moins désagréable qu’une chimio ! », insiste le docteur Caillo, gastro-entérologue.

    Un dépistage encore

    trop faible dans le Gard

    Le dépistage organisé concerne les femmes et les hommes âgés de 50 à 74 ans, sans symptôme particulier. Il repose sur un test immunologique simple et gratuit, réalisable à domicile tous les deux ans. En cas de résultat positif, une coloscopie permet d’identifier l’origine du saignement et, dans de nombreux cas, de retirer les polypes avant qu’ils ne deviennent cancéreux.

    Dans le département, la participation reste inférieure aux moyennes nationale et régionale. En 2025, le taux de dépistage atteignait 24,8% à Nîmes, alors que plus de 259 000 habitants du Gard sont concernés par ce test. « Malheureusement, le dépistage stagne. Il est largement inférieur à ce qu’il faudrait », regrette le docteur André Mathieu, de la Ligue contre le cancer.

    Pour tenter d’inverser la tendance, les acteurs locaux se mobilisent tout au long du mois. Les « Mardis Bleus » proposent des stands d’information au CHU Carémeau pour répondre aux questions du public et expliquer le test. Des réunions sont aussi organisées avec les professionnels de santé, tandis que des actions de sensibilisation se déploient dans les entreprises et les pharmacies.

    La mobilisation passe également par des initiatives symboliques et populaires : la Maison Carrée illuminée en bleu du 10 au 17 mars, ou encore une randonnée à vélo entre les CHU de Nîmes et Montpellier jusqu’à Sommières, destinée à promouvoir la prévention. Au-delà de l’information, l’objectif est clair : encourager chacun à franchir le pas. Car face à ce cancer fréquent mais largement évitable, le dépistage reste l’arme la plus efficace.

    Ligne dédiée dépistage cancer colorectal : 04.66.68.51.51. ou depistage.ccr@chu-nimes.fr

  • La CGT d’Alès alerte sur la situation de l’emploi

    La CGT d’Alès alerte sur la situation de l’emploi

    Alors que les débats sur l’international ou sur les élections municipales occupent une bonne partie de l’actualité, la CGT d’Alès a souhaité fin février sonner l’alarme face à une situation de l’emploi qui s’aggrave. Sur la ville d’Alès, le chômage atteint en effet 15,6% de la population active, soit le double du niveau national. « Nous estimons que 5 000 postes ont été supprimés en 25 ans, sans compter les emplois induits. Nous craignons qu’avec l’arrivée de l’intelligence artificielle, de nombreux emplois ne soient encore perdus », s’inquiète Martine Sagit, la secrétaire de l’union locale CGT d’Alès.

    Pour la CGT, plusieurs facteurs expliquent ces chiffres inquiétants : fracture numérique, désindustrialisation ou encore casse des services publics : « On nous avait promis qu’avec la fermeture des mines, des industries allaient arriver sur le bassin alésien, sauf que toutes les entreprises qui sont venues ferment petit à petit. Des postes sont supprimés dans le service public. À la Sécurité sociale, on est désormais accueilli par un agent de sécurité, il n’y a plus de guichet. Nous pensons qu’il faut remettre de l’humain partout. »

    Soutien aux chômeurs

    Mais le syndicat souhaitait aussi alerter sur la situation de travailleurs pour qui le travail ne permet pas de vivre décemment : « À la CGT, nous recevons entre 100 et 120 personnes par mois. Ils sont dans des situations de pauvreté d’un autre temps. Nous avons un rôle pour accompagner ces personnes pour leur condition de travail mais aussi en dehors. Il y a une détresse morale très importante. »

    Dernier point soulevé par Martine Sagit, la « stigmatisation des chômeurs » : « On dit tout le temps que les chômeurs sont des feignants, qu’ils ne cherchent pas de travail et que les gens au RSA volent nos cotisations sociales. On stigmatise le chômeur mais jamais celui qui ne paie pas ses impôts comme les 13 000 millionnaires qui ne paient pas d’impôt. Sur le bassin alésien, il y a 169 000 habitants dont 69 000 qui travaillent. 16 000 sont demandeurs d’emplois. Sur ces 16 000, seulement 7 300 perçoivent une indemnité, le reste ne perçoit rien. Seulement 22% des gens qui peuvent toucher le RSA le touchent réellement. » Des chiffres que la CGT tente de marteler pour changer le regard sur les chômeurs.

  • Troisième Festival féministe des Ami.es du Prolé à Nîmes

    Troisième Festival féministe des Ami.es du Prolé à Nîmes

    Les Ami.es du Prolé organisent le festival féministe à Nîmes dans plusieurs lieux de la ville : le bar du Prolé, le Spot, le Sémaphore, le lycée Daudet et dans la rue. Du vendredi 6 au 28 mars, sous le titre « Battement d’elles », le festival, dont La Marseillaise est partenaire, propose des spectacles, des conférences, des expositions, des tables rondes, projection de film et bal.

    Du 6 au 28 mars au Prolé

    Exposition collective avec : Mademoiselle a les nerfs (collages), Paillettes et Mimosa (gravures, masques). Patricia Hamel (photos « tu en touches une, on répond toutes, Nîmes, octobre 2025 »), Sylvie Vanston (photos, « femmes au travail dans le monde »). Entrée libre. 80, rue Jean-Reboul, Nîmes.

    Vendredi 6 mars au Prolé

    17h30, Julie Émile Fabre présente son livre Le procès, des violences intrafamiliales à l’affaire Pelicot. Stand de la librairie L’eau Vive. 19h, vernissage de l’exposition collective avec la chorale « Les Simones » et la « Chorale des luttes ». Restauration assurée par le Secours Populaire. 20h30, Soirée DJset (de table) avec DJ La Frange « Out of the kitchen ». Performance et dance floor.

    Samedi 7 mars au Spot

    18h, spectacle « Elles improvisent », avec huit improvisatrices. Au 8 Rue de l’Enclos Rey, Nîmes. 04.66.36.85.64. Réservations sur helloasso.com et le site du Spot. Tarif 8 euros. Recette au profit de Via Femina Fama.

    Jeudi 12 mars lycée Daudet

    18h30, spectacle Silex. Conférence acrobatique sur la sexualité par la compagnie Sid. Dès 14 ans, Silex est une alternative démystifiante de croyances sexuelles et amoureuses. Réservation obligatoire sur helloasso. Entrée gratuite pour les adhérents 2026 des Ami.es du Prolé et les élèves du lycée Daudet. Autres : 5 euros.

    Samedi 14 mars au Prolé

    18h, contes au féminin par Teddie Allin et Claire Chevalier. Public : famille et à partir de 7 ans. 16h, goûter avec crêpes. Entrée libre. 80, rue Jean-Reboul, Nîmes.

    Mardi 17 mars

    18h15, projection du film Jane Austin a gâché ma vie de Laura Piani. En partenariat avec Les écrans britanniques et irlandais. 25 Rue Porte de France, Nîmes. 04.66.67.83.11.

    Samedi 21 mars au Prolé

    14h30, rencontre avec Violaine de Fillipis-Abate, autrice de La résistance écarlate : les femmes face au nouveau backlash ». 80, rue Reboul, Nîmes. Entrée libre.

  • Vincent Bouget, « les Nîmois seront le levier de l’avenir »

    Vincent Bouget, « les Nîmois seront le levier de l’avenir »

    La campagne à Nîmes s’intensifie à quelques jours du premier tour des élections municipales, dimanche 15 mars. Nous avons rencontré celui qui fait souffler un vent de renouveau sur la cité romaine avec la liste qu’il conduit, Nîmes en commun. Vincent Bouget (PCF), en tête dans les sondages, a su fédérer largement à gauche et, au-delà, chez les citoyens sur la base d’un projet co-réalisé avec les habitants. Rassembler et réconcilier la ville sont ses grandes priorités afin que toutes et tous vivent enfin bien à Nîmes.

    La Marseillaise : Si vous êtes élu maire de Nîmes, le 22 mars, quelle sera votre première mesure ?

    Vincent Bouget : Je serai fidèle à ma méthode et à mes engagements : j’irai voir les agents de la Ville qui seront dès le lendemain de l’élection et tout au long du mandat celles et ceux qui mettrons en œuvre la politique. Ils sortent de 25 ans d’une gestion assez autoritaire. Le maire n’a jamais rencontré les organisations syndicales du personnel municipal. Moi, j’ai besoin de les écouter, parce que c’est avec eux que nous allons agir.

    Ensuite, il faut s’occuper des enfants. D’abord, la préparation de la fin de l’année scolaire parce que l’année dernière 81 écoles sur 83 ont été fermées à cause de la canicule. Ensuite, il y a les vacances et on sait que, pour un certain nombre de nos enfants et de leurs familles, l’été est long, voire dur à passer. Il faut proposer à la fois une véritable offre d’activités à Nîmes, et des départs en vacances pour les plus modestes, en lien avec les associations. Et puis, il faut préparer la rentrée pour que l’école redevienne un lieu d’émancipation pour nos enfants. Et enfin, parce que les arbres qui feront de l’ombre dans 15 ans doivent être plantés aujourd’hui, nous lancerons très rapidement, en avril, le grand plan de végétalisation partagé, accompagné d’urbanistes, dans une démarche de concertation avec les Nîmois.

    Nîmes en commun, c’est un collectif mais c’est aussi une démarche participative menée depuis un an et demi. Est-ce que cela explique la dynamique de votre campagne ?

    V.B : Je fais confiance aux Nîmoises et aux Nîmois pour décider de leur avenir, donc nous avons commencé il y a 18 mois, en les écoutant. Je suis convaincu que cette façon de faire recrée du lien et de la confiance. Loin du spectacle national très rejeté par la population et très éloigné de la vie quotidienne. On ne résout pas les difficultés sociales à coups de tweets : la complexité des situations appelle des réponses de fond, partagées et travaillées avec les habitants. Nous avons donc largement donné la parole, sans la prendre nous, pour rompre avec cette distance entre les responsables politiques et la population. Il a d’ailleurs été beaucoup question de lien social, de retrouver des liens entre les gens. Et aujourd’hui, les propositions que nous faisons, construites avec les Nîmois, trouvent un véritable écho dans la population.

    Chacune de vos réunions publiques fait le plein. Comment l’expliquez-vous ?

    V.B. : Les Nîmois, comme partout ailleurs mais ici encore plus, ont été considérés comme des spectateurs ou des consommateurs de la politique. Notre volonté a été tout de suite de leur dire « soyez actrices et acteurs » en prenant part à la réflexion sur l’avenir de notre ville. Et au soin du 22 mars, nous continuerons. La politique que nous voulons mener ne pourra se réaliser pleinement que si, dans la ville, les Nîmoises et les Nîmoises y prennent toute leur part. La participation citoyenne est un levier de transformation de la ville et de la vie.

    Nîmes en commun c’est aussi une union forte des gauches (hors LFI), citoyenne et écologique. Cette union, dans la diversité, est-elle aujourd’hui indispensable pour proposer une véritable alternative ?

    V.B : Cette union n’est pas un accord électoral de partis où comme d’habitude on se partage des bouts de liste et des bouts de programme. Nous avons fait l’inverse. J’ai proposé à toutes les sensibilités de la gauche politique, sociale et citoyenne de se retrouver dans une démarche d’écoute et de mise en débat avec la population. Une très large majorité à dit « oui » et aujourd’hui, le collectif Nîmes en commun compte plusieurs centaines de personnes. Nous ne sommes pas une superposition de partis, mais un collectif solide, avec des composantes partisanes en soutien de cette démarche et apportant toute leur expérience militante. Nous avons naturellement conjugué nos différences et fait de la diversité un atout. Cette union demain restera toujours solide parce qu’elle est riche d’une expérience, de cette aventure qui dure depuis l’automne 2024. Et je crois que cela répond sincèrement à l’aspiration à l’unité qui est très forte dans la population. Le rassemblement est la seule voie crédible, une des conditions de la victoire.

    Cette culture de l’unité n’est pas propre à cette campagne ?

    V.B : J’ai toujours été convaincu que le rassemblement était la seule voie possible. Rassembler les partis, mais avant tout, rassembler les Nîmois. Je creuse un sillon depuis plus de dix ans. En 2020, c’était une amorce de ce que l’on fait aujourd’hui, c’est-à-dire d’ouvrir la construction du projet aux habitants. Et puis nous avons marqué des points aux municipales, ce qui nous a donné du crédit. En 2021, nous avons réussi l’union aux élections départementales et, avec mon binôme écologiste, nous avons gagné un canton sur la ville, face à la droite, puis à l’extrême droite. Depuis 2020, avec le groupe de gauche à la Ville, nous avons travaillé sur tous les dossiers, pour préparer l’élection de cette année. Quand à l’automne 2024 on a décidé de s’engager dans l’élection municipale on s’est appuyé sur toute cette histoire. J’espère que le travail paiera, au bout. En tout cas, il nous est crédité.

    Les Nîmoises et les Nîmois méritent tout cet engagement. Je ne crois pas qu’on leurre longtemps les habitants à coups de petites phrases, de coups de communication comme on le voit aujourd’hui à droite comme à l’extrême droite avec des gens qui font volte-face, trahissent ou qui débarquent dans cette ville et qui tels des vautours, fondent sur les difficultés sociales en espérant prospérer dessus.

    Je crois que les gens reconnaissent la sincérité, l’humilité, le travail. Je n’ai pas d’autre façon de faire de la politique. Il faut redonner toute sa dignité à l’action publique, c’est la seule façon de respecter les gens. Quand on respecte la parole des Nîmois, on reconnaît leur dignité démocratique.

    Nîmes est une ville qui a des difficultés importantes sur le plan social, économique, de l’emploi. Comment une municipalité peut-elle agir ?

    V.B : On pouvait penser que la droite était une experte en économie. En réalité on voit que les échecs sont nombreux et l’absence de réalisations est patente. L’exemple le plus marquant est la zone Magna Porta qui tous les ans est présentée comme celle qui va créer des milliers d’emplois et, au final, reste désespérément vide. Quand on discute avec les salariés, les chefs d’entreprise on s’aperçoit de l’isolement complet des responsables politiques qui ne dialoguent pas. C’est un constat que j’ai fait en rencontrant les entrepreneurs du territoire. Nous proposons que la Ville joue un rôle de lien. La Ville et l’agglomération doivent mettre autour de la table tous ceux qui participent à la création d’activités économiques. C’est ce que nous proposons avec la création d’une agence de développement économique qui n’existe pas. Et nous devons préparer l’avenir, en créant des filières dans les domaines de la transition écologique, de la gestion de l’eau. Enfin, Nîmes doit renouer avec son histoire, en s’investissant pleinement dans l’économie sociale et solidaire, qui est un vrai modèle vertueux et prospère. Nous créerons une école de la coopération. Cette fierté nîmoise doit être un levier de développement.

    Les sondages vous placent tous en tête du premier tour, le 15 mars. Mais vos adversaires de droite sont bien présents et, surtout, l’extrême droite menace. Pour l’emporter, Nîmes en commun doit largement rassembler. Quel est votre message aux Nîmois ?

    V.B : C’est le message que nous portons depuis le début : réunir les Nîmoises et les Nîmois est notre premier engagement. Réunir et respecter tout le monde. Pour nous, chacune et chacun comptent. Les 15 et 22 mars, les citoyens ont un choix : faire de Nîmes une ville méditerranéenne qui compte, ou ne rien changer, voire sombrer dans le repli sur soi et la haine de l’autre. Nous avons déjà suffisamment de Defi à relever : le réchauffement climatique, la drogue… Je ne me résoudrais pas à ce qu’en plus nous ayons l’extrême droite ! Ce danger, c’est la base de mon engagement. Notre message est donc simple : dès le premier tour, si nous voulons faire face, ensemble aux difficultés et avancer sereinement, il faut une large mobilisation. Être rassemblé, dans le respect des convictions et des différences de chacun.

  • [Entretien] Philippe Pujol : « Le narcotrafic est le symptôme d’un problème de société »

    [Entretien] Philippe Pujol : « Le narcotrafic est le symptôme d’un problème de société »

    La Marseillaise : Quel regard portez-vous sur la situation nîmoise ?

    Philippe Pujol : Je ne suis pas un spécialiste de Nîmes, mais on observe ici ce qui s’est passé à Marseille il y a quinze ans. Le narcotrafic n’est jamais un phénomène isolé : c’est le symptôme d’un problème de société. On vit dans des sociétés de performance qui poussent vers la cocaïne et, en parallèle, dans des sociétés du mal-être qui favorisent la consommation de cannabis. Ensuite, quand les institutions n’arrivent pas à réduire les inégalités sociales, économiques ou culturelles, les trafiquants exploitent ces failles. Quand un trafic apparaît quelque part, c’est le signe qu’il y a eu pendant des décennies une faiblesse des politiques publiques.

    La guerre entre réseaux a marqué l’actualité nîmoise…

    P.P. : Le conflit a opposé des réseaux locaux, qui ont ponctuellement sollicité un appui logistique à Marseille. Mais à Nîmes, les trafics restent essentiellement gérés par des acteurs locaux. Les réseaux naissent localement : ce sont souvent des enfants du quartier qui se retrouvent là parce que les conditions sociales et politiques l’ont permis. On parle souvent d’abandon des quartiers, mais je dirais qu’il y a aussi une exploitation politique de la misère. Quand les quartiers populaires votent peu, ils sont délaissés, voire utilisés par des systèmes clientélistes. C’est un terreau pour la délinquance.

    Qui sont réellement les acteurs du trafic de drogue ?

    P.P. : Les gens imaginent des armées de trafiquants qui gagnent énormément d’argent. En réalité, les vrais chefs sont très peu nombreux. À Marseille, j’en compte environ 150. À Nîmes, il y en a peut-être une dizaine. Les autres sont des jeunes exploités : guetteurs, revendeurs, petits bras du réseau. On leur fait croire qu’ils vont gagner de l’argent, mais ils finissent souvent endettés, en prison ou blessés. Le trafic fonctionne comme un système d’exploitation. Les plus puissants sont peu visibles, tandis que ceux qu’on voit dans la rue sont les plus vulnérables.

    Comment lutter efficacement contre ces phénomènes ?

    P.P. : La répression seule ne peut suffire. Bien sûr, il faut une police judiciaire forte pour viser les têtes de réseau, et ça relève de l’État. Au niveau municipal, la priorité est la tranquillité et la prévention. Recréer du lien entre la police et les habitants, repérer très tôt les situations de vulnérabilité et agir socialement. Aujourd’hui, on attend que les problèmes arrivent pour les dénoncer politiquement ou médiatiquement. Il faudrait au contraire intervenir très tôt, parfois dès l’enfance, pour éviter que certains jeunes basculent.

    Que pensez-vous des propositions portées par Nîmes en commun ?

    P.P. : Ce que j’ai entendu va plutôt dans le sens d’une police de proximité et d’un travail de terrain, donc oui. Une police municipale doit d’abord être une police de tranquillité publique : gérer les conflits de voisinage, recueillir de l’information. La lutte contre le narcotrafic relève de la police nationale et de la justice. Si on donne trop de pouvoir sécuritaire aux polices municipales, on prend aussi un risque politique, parce qu’elles dépendent directement des maires. Mais une police de proximité formée, qui circule dans les quartiers et dialogue avec les habitants, est utile.

    Quelles priorités pour Nîmes ?

    P.P. : La santé mentale, puis la réduction des inégalités. Cela passe par l’équité : donner davantage à ceux qui ont le moins de chances. Il faut identifier les jeunes vulnérables et agir très tôt. Le maire a des leviers importants, notamment à travers les politiques sociales, le soutien aux associations et l’urbanisme. Les choix en matière de logement ou de permis de construire influencent directement la mixité sociale et la formation de ghettos. Si on veut une ville plus sûre, il faut d’abord une ville plus juste.

  • Cette année, la grève féministe sera antifasciste et solidaire dans l’Hérault et le Gard

    Cette année, la grève féministe sera antifasciste et solidaire dans l’Hérault et le Gard

    « Cette année, les questions de l’antifascisme et du contexte international vont être saillantes dans les mobilisations du 8 mars », affirme Marie, membre de l’Interorga féministe de Montpellier. Comme chaque année, cette organisation qui rassemble différents collectifs, syndicats et associations, a préparé la manifestation féministe du 8 mars, à l’occasion de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes.

    Le cortège partira dimanche 8 mars de la place Albert Ier, à 14h. Il remontera ensuite le boulevard Henri IV et passera par la place de la Préfecture, avant de terminer sur la place de la Comédie. Plusieurs collectifs seront alors invités à prendre la parole, notamment Montpellier contre l’extrême droite, des collectifs en soutien aux peuples palestiniens, kurdes et iraniens, ou encore l’intersyndicale.

    « En plus de réaffirmer notre antifascisme et notre opposition aux guerres impérialistes, la question de l’égalité au travail sera également centrale, précise Marie. Il faut bien rappeler que la journée du 8 mars est une journée d’appel à la grève internationale féministe, issue de différents mouvements révolutionnaires. La question de la grève est d’autant plus importante depuis la période du Covid, qui a montré à quel point les femmes sont surreprésentées dans les métiers essentiels. Et nous savons que ces grèves peuvent être très massives, grâce aux exemples de l’Espagne ou de l’Argentine. »

    10h30 à Alès, 11h à Sète, 14h30 à Nîmes

    Dans la deuxième ville de l’Hérault, à Béziers, une manifestation organisée par l’intersyndicale (CGT, FSU, Unsa, Solidaires et CFDT) aura également lieu ce dimanche, pour la quatrième année consécutive. Elle partira du parvis du Théâtre à 10h30, avant de rejoindre la Bourse du travail, puis la place David-d’Anger, où se tiendront des prises de paroles et quelques stands, dont celui du Planning familial. Le cortège sera aussi accompagné de différentes animations du collectif féministe Les rosies de Béziers, et la mobilisation s’achèvera par un concert du groupe La tible. Ici aussi, le contexte politique sera au cœur des revendications : « La lutte contre l’extrême droite va de pair avec la lutte féministe, il y aura donc des prises de parole à ce sujet. Et bien sûr, la question des guerres et de leur impact sur les femmes sera aussi abordée », assure Julien Rader, secrétaire CGT de l’Union locale de Béziers.

    Ailleurs dans le département, la manifestation de Sète se tiendra à 11h au départ de la place de la mairie et celle de Ganges partira de la mairie à la même heure.

    Dans le Gard, le cortège féministe d’Alès est prévu au départ de la sous-préfecture à 10h30, le dimanche 8 mars. De son côté, le cortège féministe de Nîmes est prévu le samedi 7 mars, à 14h30 au Carré d’art. Il se dirigera vers le tribunal et sera constitué, entre autres, des syndicats Solidaires, FSU et CGT, et de l’association Femmes Solidaires. « De notre côté, en tant que syndicat, nous voulons faire entendre nos revendications liées à l’égalité au travail, précise Christine Boularasse, membre de Solidaires 30. La première loi sur l’égalité salariale en France date de 1972 et pourtant, les femmes gagnent toujours 28% de moins que les hommes, notamment à cause des temps partiels imposés. Nous revendiquons aussi la revalorisation salariale des métiers féminisés, comme tous les métiers liés aux soins. » La militante rappelle également qu’il reste de nouveaux droits à conquérir concernant les violences sexistes et sexuelles au travail (VSST) ou encore la prise en charge des « congés hormonaux ». Par ailleurs, Solidaires est également signataire de l’appel national à la grève lancé par le collectif Grève Féministe, appelant à la grève du travail, des tâches domestiques et de la consommation, résumée par le slogan « Sans les femmes, tout s’arrête ».

  • [Campagne électorale] Les réseaux sociaux : outils essentiels, miroirs déformants

    [Campagne électorale] Les réseaux sociaux : outils essentiels, miroirs déformants

    Un maire sortant (Michaël Delafosse) qui multiplie les selfies. Un milliardaire (Mohed Altrad) qui se fait filmer façon Trump à manger des frites dans un fast-food. Un humoriste (Rémi Gaillard) qui empile les projets délirants (stade-parc, zoologramme…) générés à base d’intelligence artificielle. Un ancien édile (Philippe Saurel) qui se met en scène en boxant dans un clip pour déclarer sa candidature… Six ans après avoir hérité du titre « plus folle de France », la campagne 2026 à Montpellier illustre le virage pris par la politique. « Les réseaux sociaux sont devenus incontournables dans la communication politique », résume le politiste montpelliérain Romain Fargier. « En être absent aujourd’hui, c’est quasiment une faute professionnelle quand on est un politique », insiste l’enseignant-chercheur en sciences politiques à l’Université Paul Valéry.

    Selon lui, le phénomène n’épargne pas les petites communes et tend à se professionnaliser dans les grandes villes. « Jusqu’en 2020, il y avait une forme d’amateurisme. Les élus locaux avaient une réticence vis-à-vis des réseaux sociaux, ne les prenaient pas au sérieux », se souvient ce membre du Centre d’études politiques et sociales (Cepel). Leur institutionnalisation lors de la Présidentielle 2017 avec J.-L. Mélenchon qui « investit YouTube » a fait son œuvre. « On observe une forme de diplomatie sur les réseaux sociaux des chefs d’État comme Trump, Poutine et même Macron », illustre Romain Fargier. À l’échelle locale, il parle d’une « professionnalisation ». « Ce n’est plus le stagiaire ou le chargé de com’ qui s’occupe des publications. Ce sont des community managers, des communicants dans des staffs dédiés dans les grandes villes ». Chartes, vidéos montées, esthétique numérique, infographie, ajout de musique… les contenus postés sont parfois soigneusement retravaillés.

    Terriers de lapin

    Une façon pour les candidats de mieux maîtriser leur propagande plutôt que de s’en remettre aux médias vis-à-vis desquels la défiance grandit en raison du manque d’indépendance des grands groupes. « Le système médiatico-politique est devenu hybride : il n’y a plus les réseaux sociaux d’un côté et les médias de l’autre ». Au-delà de Facebook, Instagram ou X, cela conduit aussi les candidats à privilégier les « rabbit holes » [terriers de lapin] via des canaux de communication interne type Telegram, Signal, WhatsApp. « Ces réseaux sociaux à usage de commentaire sont l’héritage des forums des années 90-2000. Le volume d’informations partagées qui amplifie l’effet de bulle, dépasse les contenus partagés publiquement », assure Jacqueline Markovic, consultante et formatrice en communication numérique. « Pour les gens, c’est un moyen de se préserver face au déferlement de l’info, de se créer un environnement moins toxique avec moins de trolls, de cyberharcèlement », ajoute l’ancienne déléguée aux contenus numériques auprès de Yannick Jadot.

    IA et fake news

    Aujourd’hui colistière de Michaël Delafosse, elle met en garde contre la reproduction des biais cognitifs sur certaines plateformes. « Les algorithmes de Meta (Facebook, Instagram) discriminent les femmes. Il y a un manque de transparence, de la pub et des comptes recommandés alors qu’on ne les suit pas ». Jacqueline Markovic ajoute que l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) est susceptible de fausser des campagnes électorales. « Cela peut générer des fake news, il faut avoir l’œil pour les repérer. Certaines formations politiques sont plus avancées dans l’utilisation des RS comme la fachosphère qui utilise des fermes à trolls russes comme lors de la campagne d’Éric Zemmour ». Elle estime néanmoins que les réseaux sociaux dans leur ensemble sont un outil de long terme. « Il faut du temps pour créer une audience, une communauté ». Romain Fargier ajoute qu’à ce jour, « il n’existe pas de corrélation directe entre le nombre de likes sur les réseaux sociaux et le résultat des élections car le vote est plurifactoriel, il répond à des logiques complexes propres à chacun ».

    C’est sans doute pourquoi peu de candidats abandonnent les recettes qui ont fait leurs preuves. « Il y a un vrai impact sur les réseaux, une de mes vidéos d’une minute sur les bus a fait 20 000 vues. Mais cela ne remplace pas le contact humain sur les marchés, les porte-à-porte, les réunions, cafés débat… », insiste Thierry Antoine, candidat du Printemps de Béziers. L’écologiste est en revanche « moins fan » des meetings qui « prennent du temps et ont un coût ». C’est là un autre atout des réseaux sociaux. « Ils sont gratuits alors que même les tracts coûtent cher ! », s’exclame l’écologiste Lise Florès. Un argument de poids lorsqu’on n’a pas beaucoup d’argent pour faire campagne comme la tête de liste de Lunel Collectif. « Cela pose une question démocratique : il faut de l’argent pour se présenter aux élections ». Un autre sujet à débattre…

  • À Bessèges, Jacques Molle insiste sur le travail avec l’intercommunalité

    À Bessèges, Jacques Molle insiste sur le travail avec l’intercommunalité

    Pour Jacques Molle, candidat sur la liste « Agir pour Bessèges » aux côtés de Christine Roux, la commune a de nombreux atouts « d’un point de vue économique, environnemental. Nous sommes dans le Parc national des Cévennes, à une heure et quart de Nîmes. On a un potentiel touristique important mais mal exploité. Il y a une vie économique, sociale et politique à prendre à bras-le-corps », explique le militant communiste. Il estime qu’il faut avoir « cette volonté politique de transformer cette cité avec ses habitants, ce qui n’a pas été fait. » regrette l’élu qui fut pourtant membre de l’équipe du maire Bernard Portalès (qui ne se représente pas). Jacques Molle insiste sur la vitalité de la communauté de communes de Cèze-Cévennes et son travail en matière d’accès aux soins. « Nous avons une maison de santé avec une patientèle de 5 000 personnes », soit plus que le nombre d’habitants de la commune. Outre l’accès aux soins, « Agir pour Bessèges » veut intégrer le dispositif Petites villes de demain. « Je sais que nous serons accueillis à bras ouverts par le président de la Communauté de communes, Olivier Martin ».

    La réouverture de la liaison ferroviaire Alès-Bessèges, prévue dans quelques années (2030) permettrait de donner vie à la gare. « La SNCF pourrait décider de céder le site à la communauté de communes ». pour le transformer en un lieu de rencontres et de services publics, propose Jacques Molle.

  • [Entretien] Stéphane Zumsteeg : « Une possibilité de bascule à gauche » à Nîmes

    [Entretien] Stéphane Zumsteeg : « Une possibilité de bascule à gauche » à Nîmes

    La Marseillaise : Quel est le principal enseignement du sondage Ipsos-BVA pour La Marseillaise et Experts et territoires sur les intentions de vote pour le premier tour des élections municipales de Nîmes ?

    Stéphane Zumsteeg : Nous voyons que, petit à petit, il y a une possibilité que la ville de Nîmes bascule à gauche. La liste conduite par Vincent Bouget est à un niveau assez élevé avec des intentions de vote à 29%. Cela correspond à l’étiage de la gauche si l’on compare ce résultat aux scores des municipales de 2020 de l’ordre de 28% pour la gauche et aux Européennes de 2024 avec 38%.

    Comment expliquez-vous cette position de la liste Nîmes en commun conduite par Vincent Bouget ?

    S.Z. : L’analyse que nous pouvons faire c’est qu’au fur et à mesure que nous nous rapprochons du premier tour, le 15 mars, la liste de Vincent Bouget bénéficie d’un réflexe de vote utile de l’électorat de gauche. Nous pouvons penser que même si LFI reste sous la barre des 10% et n’appelle pas à voter pour Nîmes en commun, leurs électeurs pourraient, eux, le faire. Car la tête de liste de Nîmes en commun, Vincent Bouget, est communiste et que l’essentiel pour ces électeurs est d’une part de faire basculer la ville de Nîmes à gauche et éviter l’arrivée de l’extrême droite.

    Votre enquête place le candidat de l’extrême droite RN à 26% comment analysez-vous ce score ?

    S.Z. : Le candidat du RN Julien Sanchez est dans une situation compliquée même si son score, 26%, est élevé. On ne voit pas de réserves de voix pour le RN.

    Un rapprochement de l’extrême droite avec les candidats de droite est-il possible au second tour ?

    S.Z. : Ce n’est pas du tout la ligne officielle de Marine Le Pen, elle a été très claire là-dessus, avec Jordan Bardella cela serait peut-être autre chose. Rappelons qu’en 2020, aux municipales, la liste RN avait obtenu 14,5% à Nîmes. Mais la situation en 2026 n’est pas comparable. En 2020, le taux d’abstention était de 67,58%!

    Le RN a depuis 2020 réalisé 29,8% aux élections européennes de juin 2024. Si à la présidentielle de 2022, le RN a obtenu 20,1%dans la ville de Nîmes, n’oublions pas qu’Éric Zemmour a réalisé dans cette même ville le score de 9,9%. Le total de l’extrême droite était donc haut.

    La droite nîmoise est divisée mais peut-elle fusionner au second tour?

    S.Z. : Avec respectivement 22% pour Franck Proust et 16% pour Julien Plantier, une fusion des deux listes au second tour mettrait la droite dans une situation favorable. Mais si la liste de Julien Plantier se maintient, les possibilités de l’emporter pour Franck Proust sont limitées. Au second tour, le rôle des outsiders sera décisif.