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Tag: Gard
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La société civile appelle aussi au barrage de l’extrême droite dans le Gard
Face à la percée de l’extrême droite dans l’Hérault et encore plus dans le Gard, plusieurs acteurs de la société civile sont sortis du silence cette semaine. Ils souhaitaient à la fois alerter sur les risques de l’extrême droite mais aussi appeler à la mobilisation le 22 mars pour tenter de contenir la vague brune.
C’est par exemple le cas de l’Union départementale CGT du Gard qui a tenu un point presse le 18 mars. « Ce dimanche 15 mars, le premier tour des élections municipales a confirmé une menace sans précédent : dans de nombreuses grandes villes et communes de France comme Nice, Toulon, Marseille, mais aussi dans notre département, la droite radicalisée et l’extrême droite sont en passe de s’emparer du pouvoir au second tour. À Beaucaire et Vauvert, le Rassemblement National est déjà aux commandes. Bagnols-sur-Cèze, Nîmes et Alès pourraient basculer à leur tour. Cette situation est d’une gravité extrême », a prévenu le syndicat qui appelle à une « réaction immédiate et massive de toutes celles et ceux qui refusent de voir les ennemis de la démocratie, les adversaires des droits sociaux et des libertés syndicales, diriger nos communes ».
La culture en dangerLa Ligue des droits
de l’Homme Languedoc-Roussillon appelle aussi à voter « pour la démocratie, pour l’État de droit et contre l’extrême droite ». « Dans les communes qu’elle dirige, l’extrême droite nous montre son vrai visage : une régression sociale durable, de graves atteintes aux droits et libertés, une forte présence policière mais sans tranquillité publique, un délitement de notre État de droit, avec une violation réitérée des décisions de justice. Les victoires municipales servent de vitrine et de tremplin à l’extrême droite : elles banalisent ses discours, installent durablement ses réseaux et préparent ses conquêtes nationales », écrit la LDH qui appelle à des sursauts citoyens à Nîmes, Agde, Narbonne et Carcassonne notamment.Patrick Malavieille, vice-président du Département du Gard, délégué à la culture et à l’éducation artistique a aussi convié plusieurs acteurs de la culture gardois mercredi 18 mars pour aussi alerter sur l’impact des politiques d’extrême droite sur le monde de la création. « Après Beaucaire et Vauvert, la perspective de voir le RN prendre les mairies de Nîmes, d’Alès et de Bagnols et leurs intercommunalités, fait peser de très graves menaces sur la culture. Le schéma départemental de la culture, coconstruit avec les acteurs culturels et les collectivités partenaires, ne pourrait supporter le désengagement de ces trois grandes villes. Aujourd’hui, c’est notre devoir que d’alerter les Gardoises et les Gardois sur le devenir de la culture, de l’éducation artistique et de la place des artistes. Les élus RN au conseil départemental comme au conseil régional votent systématiquement contre les budgets culturels », explique l’ancien député.
Autour de lui, Sylviane Manuel, directrice du Pôle national cirque Occitanie, Olivier Lataste, directeur du Cratère, Scène nationale à Alès et Clément Amouroux directeur du festival Itinérances et coordinateur de l’École Au Cinéma, ont répondu à l’appel. À distance, Émilie Peluchon, directrice de La Maison Danse d’Uzès et Antonin Beaury directeur du Périscope, ont également rejoint l’appel et confirmé les craintes du communiste. Ce point presse faisait aussi suite à l’appel de l’intersyndicale du spectacle vivant public mardi 17 mars à « empêcher l’arrivée au pouvoir des forces d’extrême droite et de droite radicalisées ».
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![[Entretien] Vincent Bouget : « Dimanche, il faut un sursaut démocratique »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/03/692dff8f3a37a3efc1453f3ed772979e.png)
[Entretien] Vincent Bouget : « Dimanche, il faut un sursaut démocratique »
La Marseillaise : Dimanche soir, dans quel état êtes-vous à l’annonce des résultats ?
Vincent Bouget : On réalise deux choses à la fois. D’abord qu’on fait le score important qu’on espérait : passer la barre des 30%. À Nîmes, au premier tour des municipales, c’est quand même formidable. Et en même temps, on prend en pleine figure la progression de l’extrême droite, accélérée sur la dernière semaine. Symboliquement, les voir passer devant, ça fait mal. Donc oui : une bonne nouvelle… un peu éclipsée par le risque RN. Et on comprend qu’on est entrés dans un moment grave et crucial. Il faut remobiliser, tout de suite, parce que beaucoup de nos électeurs ont eu du mal à avaler le truc.
Qu’est-ce que ce premier tour dit de Nîmes, selon vous ?
V.B. : Ça dit que Nîmes est abîmée. On a fait campagne sur le lien social, sur des gens qui se sentent isolés. Et le vote d’extrême droite, c’est une conséquence de l’affaiblissement du lien social, des difficultés à s’en sortir, des tensions. Et puis Nîmes n’est pas isolée : la montée de l’extrême droite, elle est partout. Enfin, ça dit aussi l’état dans lequel la droite laisse la ville. La droite a joué, même politiquement, comme tremplin à cette ascension.
Julien Sanchez a mené une campagne peu visible. Comment expliquer qu’il soit en tête ?
V.B. : Justement : ils n’ont pas besoin. Le vote d’extrême droite, c’est comme la fièvre. Quand un corps est malade, il réagit avec de la fièvre. Ils font deux, trois trucs un peu efficaces et ça suffit. Mais ça révèle surtout le vide : quelqu’un qui ne connaît pas la ville, pas ses habitants, pas son histoire. Et derrière, rien : ni projet, ni programme, ni vision, ni connaissance des dossiers… c’est le néant total.
Dans les quartiers populaires, vous êtes haut, mais la participation est très faible…
V.B. : La fracture démocratique qu’on dénonce est réelle, et ce n’est pas une campagne qui la répare. Il faut du temps. Dans ces quartiers, le sentiment que voter ne sert à rien est très fort, et les préoccupations immédiates écrasent le reste. Mais cette semaine, on sent davantage de mobilisation : le choix est plus clair. La possibilité que la gauche l’emporte, et le risque, en face, que l’extrême droite gagne, peuvent et doivent provoquer un sursaut supplémentaire. On va continuer à tout faire pour. Et moi, je pense que ça va pousser fort dimanche. C’est ce que nous renvoie le terrain.
Quel message envoyez-vous aux électeurs LFI et à ceux qui hésitent ?
V.B. : D’abord, à gauche, on peut avoir des choix différents, mais on peut se retrouver sur l’essentiel, d’autant que le risque de l’extrême droite est tel qu’il ne faut pas hésiter. Les électeurs LFI se sont mobilisés sur la colère sociale, le pouvoir d’achat, la lutte contre les discriminations : je partage ces combats-là. Et à ceux qui ne veulent ni RN ni gauche, je dis : on vit une inversion des valeurs, une forme de post-vérité. Des mots qui ne veulent plus rien dire, des mensonges. Moi, je m’adresse à l’intelligence et au discernement. Et surtout : ce que porte Julien Sanchez, ce sont des valeurs, des modèles – Jean-Marie Le Pen et Donald Trump – qui n’ont rien à voir avec un projet municipal sérieux pour Nîmes.
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Gard : une triangulaire à Pont-Saint-Esprit
À Pont-Saint-Esprit, le premier tour des municipales a livré un double message : la prime au sortant et le rejet net de l’extrême droite. Dimanche 15 mars, le maire Valère Segal (Réussir le Pont de demain) arrive largement en tête avec 41,16 % des suffrages. Derrière, la bataille est plus ouverte : Olivier Esquer (Pont en action) obtient 18,40%, suivi de Benjamin Desbrun (Rassembler pour agir, 16,45%) et Morad Hourfane (Le Pont que nous voulons, 13,22%). La participation atteint 56,58%, laissant encore une abstention lourde (43,42%) : un réservoir décisif pour le second tour.
Dans l’entre-deux tours, le paysage s’est rapidement clarifié. Troisième, Desbrun a annoncé son retrait, appelant à « faire barrage au maire sortant », qu’il accuse d’enfumer les Spiripontains sur plusieurs dossiers, du futur collège aux projets autour de l’Hôtel-Dieu. Sa sortie de route révèle un scrutin polarisé : davantage qu’un débat de fond, cette campagne a été un affrontement de personnes et de récits.
L’extrême droite humiliéeLa séquence la plus marquante reste l’échec cuisant d’Aurélie Delwarte. La candidate d’Identité Libertés, alliée au RN, termine dernière avec 10,77%. Un score qui actera son retrait du second tour, malgré sa qualification. Elle justifie ce désistement au nom de « l’intérêt de Pont-Saint-Esprit », tout en dressant un tableau anxiogène (insécurité, narcotrafic, fiscalité) et, sans le dire, en orientant ses électeurs vers la liste Esquer. Un revers politique pour une candidature déjà plombée par ses proximités idéologiques et ses controverses : à Pont-Saint-Esprit, la tentative de banalisation de l’extrême droite n’a pas pris.
Résultat : une triangulaire dimanche 22 mars entre Segal, Esquer et Hourfane. Le maire sortant refuse toute fusion et joue la carte de la stabilité. Olivier Esquer appelle à la mobilisation, martelant que « 58% » des votants n’ont pas choisi Segal. Morad Hourfane, lui, persiste « sans ralliement », et tente de fédérer tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans la majorité sortante.
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Rassembler Nîmes pour s’opposer au RN
Mardi 18 mars, Nîmes a retenu son souffle. Sur l’Esplanade Charles de Gaulle, plus de 2 000 personnes ont répondu à l’appel de Vincent Bouget et de « Nîmes en Commun », ont fait masse, serrées dans l’émotion, portées par une même urgence : empêcher la ville de basculer. Les discours se sont enchaînés, les visages de la gauche locale -Françoise Laurent-Perrigot, Patrick Malavieille, Alain Clary- sont venus donner chair à ce moment, avant que, le lendemain matin, le soutien de Carole Delga ne vienne enfoncer le clou. À quatre jours du second tour, la gauche n’a pas seulement tenu meeting : elle a posé une scène, celle d’une ville qui se relève et refuse la résignation.
Car l’addition est brutale : il a suffi de 163 voix pour que Nîmes se retrouve, au soir du 15 mars, au bord d’un précipice politique. Il aura fallu attendre les derniers bulletins pour mesurer l’ampleur du choc. Le premier tour des municipales a livré un verdict aussi serré que lourd de sens : 163 voix seulement séparent le candidat du Rassemblement national Julien Sanchez (30,39%) de Vincent Bouget (30,05%), à la tête de l’union de la gauche. Derrière, la droite municipale, fracturée et affaiblie, s’effondre : Franck Proust (LR-Horizons) plafonne à 19,55%, Julien Plantier (DVD) à 15,55%. Pascal Dupretz (LFI) est éliminé avec ses 4,46%. Une photographie brutale d’une ville à la croisée des chemins.
Le soir même, au bar du Prolé, Vincent Bouget n’a pas joué les commentateurs : devant ses soutiens rassemblés en nombre, il a appelé à la bataille, à la mobilisation totale, en martelant que « pas une voix ne doit manquer ». Un appel adressé aux électeurs de gauche, évidemment, mais surtout à toutes celles et ceux qui refusent de livrer la ville à un projet de tri social et de discriminations.
Le RN Julien Sanchez admirateur de TrumpLe danger est d’autant plus grand qu’il avance masqué. Julien Sanchez, figure RN du Gard, a été parachuté par le parti en janvier pour tenter le « coup » dans la préfecture : présence minimale sur le terrain, campagne atone, et programme lacunaire. Beaucoup de slogans, peu de réponses concrètes aux urgences du quotidien. Cette stratégie est connue : nationaliser le scrutin, surfer sur les peurs, faire croire qu’un bulletin RN serait un « coup de balai », alors qu’il prépare surtout une mairie au service d’une idéologie d’exclusion.
Le RN veut faire de Nîmes un trophée. Une ville vitrine. Une ville test. Et, dans cette dernière semaine, Sanchez tentera de siphonner l’électorat de droite en jouant la comédie du vote utile, tout en insultant au passage ceux qu’il courtise. Sa sortie au lendemain du scrutin sur « l’orchestre du Titanic qui empêche les électeurs de voir l’iceberg communiste » visant le tandem Proust-Plantier n’est pas une blague : c’est une stratégie froide, tuer la droite pour régner sur ses décombres. Quitte à assumer, au passage, une boussole politique très claire : l’homme qui veut diriger Nîmes a une nouvelle fois revendiqué son admiration pour Donald Trump, son « action », ses décisions à coups d’arrêtés, et lâche sans détour au micro de Midi Libre : « Si j’étais Américain, je voterais pour Donald Trump, c’est sûr ! » Sa présence a Washington lors de l’investiture de l’autocrate le confirme. Voilà leur modèle : la brutalité érigée en efficacité, le mépris en méthode, l’autoritarisme en promesse, la ségrégation et la guerre en prime.
À droite, le prix des egoEn même temps, il est difficile de ne pas commenter le spectacle politique offert par le duo de la droite sortante. Pendant des mois, Franck Proust et Julien Plantier, héritiers proclamés de Jean-Paul Fournier, ont joué les frères ennemis. Guerre d’ambitions, guerre de places, guerre de succession, avec, au final, une droite coupée en deux, incapable d’assumer un bilan de 25 ans autrement que par des postures et du lavage de linge sale en public. Résultat : l’électorat se disperse, la majorité sortante s’effondre, et le RN se faufile.
Et voilà qu’au lendemain de la claque, la droite découvre soudain les vertus du rassemblement. Fusion express, tractations nocturnes, et une nouvelle liste : « Nîmes par-dessus tout ». Une union née non pas d’un projet clair, mais de la peur de perdre le pouvoir. Le manège a assez duré : quand on n’a pas réussi à se parler pendant des mois, on ne fabrique pas une dynamique en 48 heures à coups de calculs d’appareil.
Nîmes n’est pas seulement une « dernière grande ville LR ». C’est une ville travaillée par les fractures sociales, par l’abandon de quartiers entiers, par la crise du logement, par la santé qui recule, par les services publics qui s’étiolent : une ville où l’on demande aux habitants de tenir bon pendant qu’en haut on s’organise la succession. Une ville marquée par une droite qui préfère gérer la commune comme un patrimoine et une vitrine, multiplier les opérations de communication et les grands projets, plutôt que réparer le quotidien, et qui, dans la bataille d’héritage, s’est surtout donnée en spectacle. Et c’est précisément là que prospère l’extrême droite : sur les colères réelles, qu’elle détourne vers les boucs émissaires, la stigmatisation, la division.
La gauche rassemblée
en dynamiqueDu côté des listes de gauche, le cadre légal est clair : pas de fusion possible entre la liste LFI, restée sous la barre des 5%, avec celle de la gauche unie « Nîmes en commun ». Mais la réalité politique l’est tout autant : chaque voix comptera, l’enjeu dépasse les logos, et Pascal Dupretz a officiellement appelé à battre « l’extrême droite et la droite extrême ». La semaine qui s’ouvre n’est pas celle des susceptibilités : c’est celle de la responsabilité. D’autant que la participation n’a été que de 51,05% : l’autre réservoir, immense, côté chiffres, c’est l’abstention. Dans plusieurs quartiers populaires, la gauche est nettement devant… mais sur une participation très basse. Exemple parlant : le bureau 405 (école Henri-Wallon) situé dans le quartier Saint-Césaire. La participation y est seulement de 22,05%. Bouget monte à 46,36%, Sanchez à 4,60%, et le score LFI est particulièrement élevé avec 11,88% : un électorat social et contestataire existe, mais il faut le faire sortir.
À l’aube du premier tour, un sondage Ifop-Fiducial pour La Gazette testait plusieurs scénarios. Dans celui de la triangulaire qui attend les électeurs ce dimanche (Bouget-Proust-Sanchez), l’étude donnait Bouget à 41%, Proust à 31 % et Sanchez à 28%. Ces chiffres ne votent pas à la place des Nîmois. Mais ils disent une chose : la victoire est possible, à condition de construire un barrage populaire, pas un barrage de salon. Un barrage fait de porte-à-porte, de discussions, d’écoute, d’un discours clair : Nîmes n’a pas besoin de peur, elle a besoin de dignité. Vincent Bouget, en clôture de la réunion publique du 18 mars, a résumé l’enjeu : « Ce n’est pas le projet d’un clan, ce n’est pas un projet de division, c’est un projet pour tous les Nîmoises et les Nîmois, résolument tourné vers l’avenir. C’est cette nouvelle page que je vous propose d’ouvrir ensemble dès dimanche soir. » Dimanche 22 mars, Nîmes choisira.
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La ville de Vauvert tombe dans les griffes du RN
Il y a 6 ans, il avait déjà sué à grosses gouttes pour conserver son fauteuil de maire pour 155 voix. Dimanche 15 mars, Jean Denat n’a rien pu faire pour éviter la catastrophe. Avec 956 bulletins de retard, le socialiste (42,5%), battu en duel par le député RN Nicolas Meizonnet (57,5%), a perdu Vauvert, son bastion depuis 12 ans.
Après Beaucaire en 2014, avant peut-être Bagnols-sur-Cèze ce dimanche 22 mars, Vauvert devient la seconde ville gardoise à se jeter dans les bras de l’extrême droite. Au grand dam de Jean Denat, qui dit ne rien regretter. « Je suis triste et déçu, c’est la démocratie. Je souhaite bonne chance aux Vauverdois car la magie s’arrêtera vite », lâchait le maire déchu au soir du 1er tour.
Meizonnet, sa bête noirePour ce retraité de l’éducation nationale qui fut conseiller général puis départemental du canton de Vauvert de 1998 à 2015, le coup est rude. À 71 ans, se profile peut-être la fin d’une carrière politique. Laquelle avait déjà subi un coup d’arrêt en mars 2015. Alors président du Département du Gard depuis 6 mois, Jean Denat avait été battu dans son fief à la surprise générale par… Nicolas Meizonnet, sa bête noire !
Dimanche 15 mars 2026, c’est le même homme qui a réussi à déboulonner l’édile socialiste de sa ville. Élu député de la 2e circonscription du Gard en 2020 à la suite de la démission de Gilbert Collard, dont il était suppléant, Nicolas Meizonnet, réélu en 2022 puis aux législatives anticipées de 2024, a réussi à Vauvert là où son père, Jean-Louis Meizonnet, avait échoué.
Dimanche 15 mars, celui qui avait adhéré au FN en 2011, est arrivé en tête dans 9 des 10 bureaux de vote de cette terre de bouvine. N. Meizonnet a promis d’être « un maire de proximité, celui de tous les Vauverdois ». Vu la politique antisociale pratiquée par le RN dans le laboratoire voisin de Beaucaire, il est permis d’en douter.
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Itinérances ouvre des horizonset fait la part belle aux femmes à Alès
Ne rien céder aux vents contraires. Faire vivre coûte que coûte, à travers des films d’ici et d’ailleurs, « la générosité, le partage, l’ouverture, le débat ». Malgré une économie très fragilisée -lot commun, hélas, de nombreux festivals- conjuguée à la fermeture pour travaux de la scène nationale du Cratère, qui accueillait de nombreuses projections, Itinérances maintient son cap. Celui d’un festival à la fois « populaire et exigent. On revendique le fait d’être une manifestation farouchement généraliste », insiste son délégué général, Antoine Leclerc.
La fermeture des salles du Cratère a nécessité de repenser l’organisation du festival, qui se déroulera cette année entre le Cineplanet, le Capitole, la médiathèque en centre-ville et le théâtre éphémère du Cratère, installé dans le quartier de la Prairie, en périphérie. Le cœur du festival, lui, s’établira sur la place des Martyrs de la Résistance, où seront installés un accueil billetterie et une buvette.
Environ 200 films (courts et longs-métrages), dont 80 en avant-première ou inédits, seront présentés durant ces 10 jours. « L’idée d’un festival, c’est d’élargir les horizons. La sélection d’avant-premières va aller au Japon, en Corée, au Tchad, en Amérique du Sud, de l’autre côté de la Méditerranée… Ce qui n’empêche pas, au contraire, un ancrage local fort, avec notamment deux avant-premières régionales », dévoile Antoine Leclerc (Sauvons les meubles, de Catherine Cosme, tourné dans le Gard et Sauvage, de Camille Ponsin, tourné dans les Hautes Cévennes et inspiré d’un fait divers auquel Florence Aubenas a consacré, en 2021, une grande enquête dans Le Monde).
Des femmes et des films
Cette 44e édition sera placée sous le thème des « Magnifiques ! », ces « perdants magnifiques et héros du quotidien qu’on oublie souvent et que le cinéma, parfois, met dans la lumière et sublime », décrit Antoine Leclerc. « Yolande Moreau, avec son esprit frondeur et piquant, son âme humaniste et chaleureuse, avec l’empathie qui émane de ses personnages et de ses œuvres, est une incarnation parfaite de ces Magnifiques ». La comédienne se verra remettre, samedi 28 mars à 19h au théâtre éphémère du Cratère, le prix Itinérances 2026. Présente durant trois jours sur le festival, elle participera également à une rétrospective de ses films, à des rencontres et donnera une leçon de cinéma.
Une tonalité assez féminine se dégage des personnalités mises à l’honneur cette année. Outre Yolande Moreau, le festival accueillera la jeune réalisatrice catalane Carla Simón, qui présentera notamment son dernier film, Romería, en avant-première. Presque homonyme, la grande documentariste française Claire Simon sera là également pour un très beau documentaire consacré à l’œuvre de l’écrivaine Annie Ernaux (prix Nobel de littérature en 2022), appréhendé sous l’angle de lycéens et lycéennes qui découvrent son travail.
Autre personnalité féminine d‘envergure, la comédienne franco-palestinienne Hiam Abbass, prix Itinérances 2024, sera de retour sur le festival avec deux avant-premières : À voix basse de Leyla Bouzid et Seuls les rebelles, de Danielle Arbid, présentés dans le cadre du travail réalisé avec les associations du collectif La Méditerranée dans un fauteuil. Le festival recevra également Juliette Binoche, pas pour sa casquette de comédienne mais en tant que réalisatrice du documentaire En nous, qui retrace sa collaboration avec le danseur et chorégraphe Akram Khan pour un spectacle créé en 2007.
Côté hommages, deux temps forts. Le photographe Patrice Terraz, « mémoire photographique du festival depuis plus de 30 ans », présentera son court-métrage documentaire Pourquoi je ne suis pas devenu bassiste dans un groupe de rock, qui retrace son parcours. Un film que complète une exposition rétrospective de son travail présentée à la médiathèque. Enfin le grand réalisateur japonais Shôhei Imamura, deux fois Palme d’or à Cannes, sera également honoré à travers la projection de trois films réédités à l’occasion du centenaire de sa naissance.
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![[Tribune] « Nîmes en commun apparaît aujourd’hui comme étant la seule liste en situation de gagner face à l’extrême droite »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/03/e567a5fe2fe009d439e470c330899d75.webp)
[Tribune] « Nîmes en commun apparaît aujourd’hui comme étant la seule liste en situation de gagner face à l’extrême droite »
Une victoire du rassemblement national à Nîmes serait en rupture avec les valeurs portées par notre ville et par les femmes et les hommes qui l’ont construite au fil des siècles.
Nîmes en commun apparaît aujourd’hui comme étant la seule liste en situation de gagner face à l’extrême-droite.
L’humanisme, la bienveillance, l’entraide, la solidarité doivent l’emporter sur la haine et la peur. Pour rassembler la ville, changer la vie et construire un avenir meilleur pour nos enfants et nos petits enfants nous nous engageons aujourd’hui. »
Les signataires
Lydie Salvayre, écrivaine, Prix Goncourt 2014, Prix Marguerite Yourcenar 2025
Christian Polge, président d’associations
Antoine Penchinat, rhumatologue
Robert Finielz, premier avocat général auprès de la cour de cassation et administrateur de la maison de santé protestante
François Mirabel, Professeur des universités en économie
Mohamed Kani, Boxeur Professionnel, Triple Champion de France, Double Champion d’Europe, Pompier professionnel
Alexis Vandeventer, médecin
Karine Weiss, professeur en psychologie à l’université de Nîmes
Mounir Benslima, chef du service de Médecine légale du CHU de Nîmes et expert judiciaire
Francine Cabane, professeur d’histoire-géographie
Jean-Paul Boré, président Les Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation (AFMD)
Philippe Corcuff, universitaire
Remi Penchinat, médecin généraliste
Marion Mazauric, éditrice
Christian Dupuy-Girard, responsable association philosophique et humaniste
Bruno Mangin, président
d’associationPierre Costa, professeur de médecine
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L’extrême droite aux portes de la mairie de Bagnols-sur-Cèze
Entre un maire sortant complètement décrédibilisé et une gauche totalement désunie, le scrutin dans la troisième ville du Gard s’annonçait déjà favorable au RN avant le vote du premier tour. L’ampleur de la vague brune s’est confirmée dimanche 15 mars : la députée (RN) Pascale Bordes caracolait en tête avec 44,26%. Derrière, le maire sortant Jean-Yves Chapelet (soutenu par la macronie) arrivait tout juste en deuxième position avec 18,25%, devant Jérôme Jackel (Debout!) à 15,93%, Philippe Broche (soutenu par le PCF) à 14,43% et Michel Cegielski (PRG) à 7,13%.
Mais malgré ce désaveu criant pour le maire sortant et l’incapacité pour un autre candidat de le devancer, Jean-Yves Chapelet a appelé la population à l’union « pour le progrès et l’avenir » pour ne pas « laisser les clés de la ville à un parti ». Sauf que son opposant au conseil municipal, Jérôme Jackel, se maintient au second tour. L’élu municipal membre du parti de François Ruffin, a aussi lancé un appel à l’union et a proposé une fusion à Philippe Broche. Une réunion s’est déroulée le 16 mars entre les colistiers de Philippe Broche qui ont finalement décidé de se retirer. Jugeant l’offre de fusion « pas à la hauteur », Philippe Broche a refusé de s’allier avec Jérôme Jackel et, devant l’absence de coup de fil du maire sortant, n’a pas donné de consigne de vote. Le Parti communiste qui le soutenait a de son côté appelé à ce qu’ « aucune voix n’aille au Rassemblement National ».
Avec deux listes face à Pascale Bordes, les jeux semblent donc déjà pliés. « J’estime qu’à 160 voix du maire sortant je suis légitime », explique Jérôme Jackel. « J’irai chercher l’opposition. Les oppositions sont nécessaires. Si le maire avait été plus démocrate, je l’aurais suivi mais là, il règne seul. Si le RN doit prendre la ville, je serais là pour préparer l’avenir et être une opposition au RN, ce que Jean-Yves Chapelet est incapable d’incarner ».
RN : une équipe très familialeMalgré les forts résultats de l’extrême droite à Bagnols-sur-Cèze, la liste de Pascale Bordes montre à nouveau qu’il est plus facile au RN d’atteindre les 40 % que de trouver 33 noms pour constituer une liste. Ainsi, Objectif Gard dénombrait pas moins de sept couples dans la liste de la députée. Aussi, trois colistiers sont ou seront durant le mandat, nonagénaires. « Quant à certains jeunes de la liste, une petite recherche sur les réseaux montre qu’ils vont quitter ou ont déjà quitté la ville pour étudier ailleurs. Ainsi, une jeune femme explique qu’elle sera en septembre 2026 à Paris », ajoute Elian Cellier, secrétaire de la section communiste de Bagnols-sur-Cèze.
Cette liste, tout comme l’absence de Pascale Bordes en conseil municipal depuis 2021 alors qu’elle avait été élue dans l’opposition l’année précédente, n’a pourtant pas empêché les Bagnolais de plébisciter la députée d’extrême droite au premier tour.
![[DIRECT] Revivez le deuxième tour des élections municipales](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/03/3c1ec55325531877043369cf60669cee.jpg)
