Tag: Gard

  • Occitanie : Basile Imbert lance sa campagne à Alès

    Occitanie : Basile Imbert lance sa campagne à Alès

    Les socialistes misent sur la jeunesse. Après le départ d’Arnaud Bord, le PS alésien était orphelin d’un leader capable de battre la campagne. Il s’est finalement rangé ces derniers mois derrière Basile Imbert, un natif d’Alès au parcours universitaire irréprochable. Diplômé d’une double licence à l’université de Montpellier en sciences politiques et en économie, il a ensuite été reçu major de son master politique et vient de boucler un doctorat sur « le tournant vert du conservatisme européen ». Directeur de cabinet du maire de Saint-Hilaire-de-Brethmas depuis 2020, il avait également accompagné Arnaud Bord sur ses précédentes campagnes.

    Mais cette fois, il sera en première ligne après avoir acté la division de la gauche puisqu’il ne s’est pas entendu avec le Printemps alésien et a été lâché par la suite par la France insoumise.

    Mercredi 5 novembre, il a donc officialisé son lancement dans la course à la mairie d’Alès. Pour cette soirée organisée au bar de la Rotonde, le socialiste a rassemblé une quarantaine de personnes dont la grande majorité sont membres ou sympathisants du PS. Quelques écologistes étaient également présents ainsi que des militants de Place publique alors que le chef de file du parti de Raphaël Glucksmann à Alès est pourtant allié à Paul Planque (PCF/Printemps alésien). « Je suis persuadé que Place publique finira par soutenir une alliance avec les socialistes parce que c’est la logique », précise le jeune candidat.

    Quatre priorités

    Basile Imbert a profité de cette soirée pour présenter ses premières propositions sur les quatre priorités identifiées, à savoir « le cœur de ville, la sécurité, la santé et l’écologie ». « Nous proposons donc une tarification sociale et écologique de l’eau, la végétalisation de la place des Martyrs de la résistance, une réflexion sur les parkings en cœur de ville, un bus de prévention en partenariat avec la faculté de médecine et un renforcement de la police municipale qui doit s’accompagner de beaucoup d’actions de prévention », a détaillé le candidat. La prochaine salve de propositions devrait concerner l’éducation.

    Reste désormais à impulser une dynamique à cinq mois de l’échéance électorale. Car en 2020, Arnaud Bord, longtemps en campagne en solitaire, avait fini par se ranger derrière le Printemps alésien. « À l’époque, Paul Planque était tout nouveau à Alès et il était présenté comme l’alpha et l’oméga capable d’inverser la vapeur. La différence avec 2020, c’est qu’aujourd’hui il n’y a pas de leader naturel à gauche à Alès », explique Basile Imbert qui devra aussi trouver 43 noms pour compléter sa liste : « On y travaille et je peux déjà dire qu’il y aura des surprises avec des personnes de la société civile que les Alésiens connaissent ». S’il promet de dévoiler cette liste « avant Noël », le socialiste a prévu deux mois de rencontres avec la population au travers de porte-à-porte et de réunions publiques.

  • 13 novembre : dix ans après, l’Occitanie se souvient

    13 novembre : dix ans après, l’Occitanie se souvient

    Dix ans se sont écoulés, mais l’émotion demeure intacte. Ce jeudi 13 novembre, à midi, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées devant l’Hôtel de Ville de Nîmes pour honorer la mémoire des victimes des attentats de Paris et Saint-Denis. Autour du maire Jean-Paul Fournier, des élus et du préfet, une minute de silence a d’abord été observée, « un silence où se mêlent la peine et l’espérance », a-t-il déclaré, rappelant la gravité de ces attentats qui ont « fait vaciller tout un pays », marqué une génération entière et transformé durablement l’approche nationale face au terrorisme. S’en est suivi l’hymne national, en mémoire des 132 morts et des centaines de blessés.

    Le maire a insisté sur la nécessité de transmettre cette mémoire collective : « Dix ans ont passé, mais la France n’oublie pas. Elle se recueille et elle tient debout. Et ici comme ailleurs, nous faisons vivre ce qui a été attaqué : la liberté, la fraternité, la laïcité. » Le préfet Jérôme Bonet, présent à ses côtés, a salué l’engagement des forces de secours mobilisées en 2015 et la responsabilité de chacun dans la défense des valeurs républicaines.

    Se souvenir ensemble

    À Montpellier, un hommage s’est tenu à 14h30 au Monument aux morts, sur l’Esplanade Charles-de-Gaulle. Élus, habitants et représentants des institutions y ont participé, dans la continuité des commémorations organisées dans tout le pays. Là aussi, la sobriété et le recueillement ont dominé. Le maire Michaël Delafosse a rappelé que « le 13 novembre 2015, le fanatisme islamiste arrache les vies humaines au Bataclan, sur les terrasses ». Pour lui, l’hommage est aussi un engagement : « Notre pays affronte l’épreuve, en se tenant debout pour protéger nos valeurs de liberté et de fraternité. Les victimes sont indéfectiblement dans nos mémoires. Elles nous obligent, Montpellier se souvient. »

    À Nîmes et à Montpellier comme partout dans l’Hexagone, l’émotion était la même : une douleur encore sensible, mais aussi la nécessité de rester vigilant face à la menace et la volonté de rester unis. Dix ans après le 13 novembre, la région a réaffirmé une certitude : la mémoire continue de rassembler.

  • Nîmes : « Cette ville a les ressorts pour résister », selon Vincent Bouget

    Nîmes : « Cette ville a les ressorts pour résister », selon Vincent Bouget

    Dans l’arrière-salle du Prolé, la soirée touchait à sa fin lorsque Vincent Bouget a pris la parole. Sans notes, le candidat de la gauche nîmoise a replacé le questionnaire citoyen dans une perspective plus large : « On ne transformera pas cette ville à quelques-uns. Si on veut la changer, il faut que les Nîmois se réapproprient leur vie, leur histoire, la politique, leur quartier ». Pour lui, l’objectif dépasse la collecte de réponses : il s’agit d’un processus de réappropriation démocratique. « Beaucoup de gens n’y croient plus, a-t-il reconnu. Ils ne pensent pas qu’on puisse faire autrement, ni qu’on puisse le faire ensemble. C’est ce doute qu’il faut combattre. » D’ici la restitution du 11 décembre, Bouget veut mobiliser « jusqu’au dernier jour » pour que chaque Nîmois puisse s’exprimer.

    « En face, les forces réactionnaires se mettent en marche »

    L’intervention a aussi pris des accents politiques plus combatifs. Le candidat de la gauche unie a dressé un constat clair : « L’extrême droite se met en ordre de marche, pendant que la droite court derrière elle » Face à cela, Bouget appelle à ne pas se démoraliser : « Oui, les forces adverses sont puissantes, mais notre réponse, c’est le travail de terrain. 160 points de contact en deux mois, des milliers de rencontres : c’est ça qui compte ». Il conclut sur une note d’humilité : même en cas de victoire, « rien ne sera facile ». Mais, dit-il, « notre force, ce sera cette réunion des habitants de tous les quartiers. Cette ville a des ressorts pour résister et reconstruire ensemble ».

  • Quel avenir pour les Halles de Bagnols-sur-Cèze ?

    Quel avenir pour les Halles de Bagnols-sur-Cèze ?

    Lors du vote du conseil municipal pour se porter garant du prêt contracté par Anthony Gazan pour rénover les Halles en 2022, les élus avaient voté pour à l’unanimité. Seule la gauche et notamment le Parti communiste s’étaient inquiétés de ce choix, tant le projet porté par un acteur privé semblait ambitieux. Trois ans plus tard, force est de constater que le pari a été raté.

    En 2022, ce projet porté par Anthony Gazan, professionnel de l’immobilier, avait en effet été labellisé par le programme Action Cœur de Ville dans l’objectif de redynamiser le centre-ville. Celui-ci a donc bénéficié d’un prêt à taux zéro de 1,15 million d’euros de la part de la Banque des Territoires, pour lequel la Mairie s’est portée garante à 50%, en optant pour l’hypothèque. « Condition indispensable à l’obtention du prêt », précise aujourd’hui la municipalité. Mais seulement seize mois après son ouverture, ces Halles ont fermé en catimini après le départ des deux derniers commerçants.

    « Nous n’avons jamais cru à ce projet déjà parce qu’il avait eu des précédents ratés dans les partenariats publics-privés comme par exemple le lotissement PUP de la route d’Orsan ou Bagnols plage », explique Elian Cellier, le secrétaire de la section communiste bagnolaise. « Il manquait aussi un parking pour accueillir les clients. Et quand ça a commencé, les loyers des commerçants étaient exorbitants donc ça n’a pas marché ». Depuis un an, le rideau est donc descendu sur ces Halles qui abritaient historiquement un cinéma.

    Mais fin octobre, une annonce est apparue sur le site Le Bon coin pour proposer à la vente le fonds de commerce à 215 000 euros pour cet espace de 550 m2. « Qui va vouloir investir alors que le centre-ville est un désert et que le trois-quarts des magasins sont fermées ? Je pense que c’est invendable. On se demande pourquoi la mairie ne s’est pas saisie de ce bien dont elle prétend avoir une garantie ? », interroge Elian Cellier.

    Nouveau sujet des prochaines Municipales

    Dans ce contexte, la municipalité se fait discrète rappelant « qu’aucune somme d’argent n’a été versée par la mairie, situation qui demeure inchangée » et que « la seule subvention versée est celle de la Région » dans le cadre du projet « reconquête des friches ». Mais elle ne dit rien sur sa volonté ou non de récupérer ce bâtiment ou sur l’avenir des Halles. Le maire, Jean-Yves Chapelet, ne souhaite pas s’exprimer dans ce dossier.

    « Même si la mairie récupère le bâtiment, on en fait quoi ? Le bâtiment est bien rénové mais s’il faut l’adapter à un nouveau projet, ça va demander des investissements », souligne le communiste avançant une idée volontairement provocatrice sur un territoire où l’extrême droite prospère : « On pourrait y mettre la mosquée comme elle risque d’être expulsée de son lieu [la Cour d’appel de Nîmes a mis sa décision en délibéré après une audience le 6 novembre, faisant suite à l’affaire de l’imam Mahjoub Mahjoubi, Ndlr]. Qu’est-ce qu’on fait avec les musulmans ? On les renvoie dans les caves ? Il faut leur proposer autre chose ».

    De son côté, le candidat aux élections municipales de mars prochain Jérôme Jackel (Debout!) souhaite également que la municipalité récupère le bâtiment. « Aujourd’hui, les Halles font office de verrue dans le paysage urbain. C’est une structure abandonnée qui ternit l’image de notre ville. Je propose donc de réutiliser cet espace pour le musée archéologique qui est aujourd’hui vétuste et ne répond pas aux normes d’accessibilité aux personnes à mobilité réduite », avance l’ancien insoumis. À cinq mois des élections, l’avenir des Halles de Bagnols-sur-Cèze pourrait bien venir animer la campagne municipale.

  • Les courses camarguaises ont trouvé un nouvel assureur pour l’an prochain

    Les courses camarguaises ont trouvé un nouvel assureur pour l’an prochain

    Le monde de la bouvine a frôlé la catastrophe. Fin octobre, les manadiers des Bouches-du-Rhône, du Gard et de l’Hérault découvraient la lettre de Groupama Méditerranée annonçant la résiliation de leurs contrats d’assurance pour les jeux taurins dès le 31 décembre 2025. En cause : « 5,7 millions d’euros de sinistres sur trois ans », pour un secteur jugé « structurellement déficitaire ». Sans couverture, impossible d’organiser abrivados, bandidos ou encierros : le Code civil rendant les éleveurs pleinement responsables des dommages causés par leurs bêtes. L’annonce faisait planer une menace inédite sur les fêtes votives.

    Mais une réunion en préfecture du Gard début novembre avec les représentants de la Confrérie des gardians et la Nacioun Gardiano a permis de trouver une solution : un nouveau contrat porté par le courtier Dolce Vita Assurances, basé à Eygalières, qui a fédéré plusieurs compagnies françaises et européennes prêtes à couvrir les manadiers et gardians bénévoles. Sous conditions cependant : respect strict des traditions et du bien-être.

    Une vingtaine de manades, une soixantaine de clubs taurins et plus de 200 gardians pourraient en bénéficier dès la saison 2026 qui devrait débuter le premier week-end de mars. « On a trouvé une solution, mais à nous maintenant d’être responsables », a prévenu Frédéric Lescot, président de la Confrérie des gardians. Le monde taurin camarguais avait du suspendre fêtes et abrivados à l’automne, suite à l’épizootie de DNC dans toute la France. Si les troupeaux n’ont pas été touchés dans la région, le principe de précaution a prévalu.

  • Une autre image de Damas chez Negpos

    Une autre image de Damas chez Negpos

    Lancé en pleine période Covid, le festival Villes invisibles se pérennise à la galerie Negpos de Nîmes malgré la « diminution impressionnante des membres permanents de l’équipe due principalement à la disparition intégrale des emplois aidés », précise Patrice Loubon, le directeur artistique de la galerie.

    Pour autant, le festival renouvelle sa proposition d’éclairer les villes invisibles autour d’une exposition du photographe arlésien Jean-André Bertozzi, qui s’était rendu à Damas, capitale de la Syrie, en 2005, six ans donc avant la révolution avortée suivie par l’émergence de l’État islamique, la guerre civile et la chute de Bachar El-Assad fin 2024. « On a beaucoup entendu parler de cette ville ces 15 dernières années, mais ici, on se plonge dans la période précédant les Printemps arabes où l’on peut percevoir que quelque chose va se passer. Il y a comme une tension sourde dans ces photographies, qui révèle une explosion imminente », résume Patrice Loubon.

    « Tourner la page »

    Avec cette exposition, Negpos se projette désormais sur la suite après une année 2025 marquée par les actes de vandalisme contre l’exposition « Benzine Cyprine », de Kamille Levêque Jégo, fin avril, quinze jours après son inauguration. Suite à ce saccage, la galerie avait été contrainte de revoir son programme pour accueillir à nouveau cette exposition féministe jusqu’au 15 octobre dernier. « L’enquête est au point mort. Le principal suspect doit être convoqué prochainement mais il manque des preuves concrètes même si cette personne nous avait plusieurs fois menacés. Mais nous sortons enfin de ce tunnel et « Villes invisibles » a permis de tourner la page », confirme le directeur artistique de Negpos.

    Désormais tourné vers l’avenir, Patrice Loubon connaît déjà le thème de la 7e édition du festival de l’an prochain : « Ce sera Gaza parce que c’est obligatoire. Ce sera le travail d’une photographe grecque avec un jeune Gazaoui qui a déménagé au Caire. Cela évoquera aussi ce jeune photographe palestinien car nous ne voulons jamais détacher l’urbain de l’humain ».

  • Postes rurales : les maires du Gard montent au créneau

    Postes rurales : les maires du Gard montent au créneau

    L’Association des maires et des présidents d’EPCI du Gard (AMF30) tire la sonnette d’alarme. Dans un communiqué publié le 4 novembre, elle exprime sa « vive inquiétude » face à la réduction annoncée du financement de la présence postale territoriale dans le projet de loi de finances 2026.

    Le 6e contrat de présence postale territoriale, signé en février 2023 entre l’État, La Poste et l’Association des maires de France (AMF), devait garantir 174 millions d’euros pour assurer le maintien du réseau postal sur tout le territoire. Mais cette enveloppe risque d’être rabotée à 122 millions d’euros, selon les projections budgétaires. Cette chute s’explique par deux baisses conjuguées : la dotation annuelle de l’État passerait de 120 à 76 millions d’euros, et le produit des abattements fiscaux de La Poste (CFE, CVAE, taxe foncière) tomberait à 46 millions, contre 54 millions prévus.

    La fin d’un maillage

    postal équilibré ?

    « Cette baisse compromettrait le financement des agences postales communales, intercommunales et des relais commerçants », alerte l’AMF30. Des structures pourtant au cœur de la vie des villages, assurant les services postaux, mais aussi un lien social indispensable. Les commissions départementales, chargées d’adapter localement le service, seraient elles aussi privées de moyens d’action suffisants. Pour Philippe Ribot, président de l’AMF30, l’enjeu dépasse le seul cadre budgétaire : « Sans rétablissement des crédits à 174 millions d’euros, c’est la mise en œuvre du contrat de 2023 qui serait menacée, et avec elle la cohésion de nos territoires ». L’association appelle désormais les parlementaires gardois à se mobiliser dans les débats budgétaires pour maintenir ce financement intégral. A.J

  • L’agriculture occitane va devoir anticiper et vite s’adapter

    L’agriculture occitane va devoir anticiper et vite s’adapter

    Il va falloir entièrement réorganiser les filières agricoles. » Régulièrement pris à partie sur les réseaux sociaux par les climatosceptiques, Serge Zaka défend un discours alarmiste mais étayé scientifiquement quant à l’avenir incertain de l’agriculture en Occitanie.

    L’agroclimatologue héraultais aime à rappeler que le Sud de la France, en raison des influences de la Méditerranée, compte parmi les régions les plus exposées aux effets du changement climatique. Des influences déjà perceptibles eu égard aux gels hivernaux, aux pluies torrentielles ou aux canicules estivales appelées à devenir la norme d’ici 2050. « Ce n’est plus seulement l’agriculture mais l’écosystème lui-même qui est touché », nous expliquait-il encore au début de l’été, au moment de donner une conférence lors des Univershiftés.

    Connue pour sa résistance à la sécheresse, la vigne, qui souffre déjà du « stress hydrique », sera à terme sous la menace du « stress thermique ». La transition vers les cépages résistants est déjà enclenchée. Et les collectivités (Région, Départements) lancent les premiers projets de retenues hivernales pour l’irrigation. Mais avec un climat d’ici 30 ans comparable à celui de l’Andalousie, cela risque de ne pas être suffisant si rien n’est fait pour enrayer le phénomène à l’échelle mondiale. Quand on s’approche des 50 degrés au soleil c’est un fait : aucun humain, animal, ni végétal ne résiste à quelques exceptions près (plantes grasses type cactus, scorpions, serpents…).

    Les experts en sont convaincus : si on peut imaginer que de la vigne puisse être plantée plus au nord de la région, des productions agricoles devront être abandonnées. « Au lieu de planter des abricotiers on va plutôt planter des oliviers, au lieu de planter de la vigne, on va planter des pistachiers ». Tout porte à penser que la filière agricole va devoir se réorienter vers des variétés moins gourmandes en eau comme le sorgho, le figuier, l’amandier, la grenade, le pois chiche, la patate douce…

    Des changements drastiques qui doivent s’anticiper au plus vite car ils nécessitent d’énormes investissements. Au-delà de la France, l’Europe devra mettre la main au porte-monnaie pour accompagner l’interprofession. Sans quoi les régions méditerranéennes risquent de devenir importatrices.

  • « Cette COP va acter l’échec de l’accord de Paris »

    « Cette COP va acter l’échec de l’accord de Paris »

    La Marseillaise : Cette COP s’ouvre dix ans après les accords de Paris, prévoyant de limiter le réchauffement climatique sous la barre de +1,5°C d’ici 2100. Dix ans plus tard, ces objectifs ne sont pas atteints et le dérèglement climatique s’accélère…

    Alix Roumagnac : Effectivement, le dérèglement s’est mis en place, il ne faut plus parler au futur. On a eu le tort, peut-être il y a 10 ans, de parler de 2050, 2100, sans se rendre compte que les conséquences étaient déjà là. Les récents événements climatiques, que ce soit l’ouragan Melissa en Jamaïque ou le super typhon aux Philippines, en attestent. Ça va être un des aspects de la discussion de cette COP. Aujourd’hui ce sont les pays qui ne sont pas les principaux émetteurs de gaz à effet de serre, comme la Jamaïque, les Philippines, qui en subissent les conséquences.

    Les objectifs de Paris sont-ils toujours atteignables ?

    A. R. : Je pense que cette COP va acter l’échec de ces objectifs et tenter d’en établir de nouveaux. On s’est déjà rapproché des +1,5°C, donc on sait qu’on ne va pas pouvoir les obtenir. Malgré l’échec, la trajectoire, qui se situait, il y a 10 ans, aux alentours de +4 °C à la fin du siècle, a été un peu modifiée. Un certain nombre de pays ont mis en place des actions et désormais, on est à +2,8°C ou +3°C à la fin du siècle. Ce n’est pas suffisant, mais on voit que ces COP, malgré toutes les difficultés que l’on connaît, ont quand même un effet. Toute la difficulté de cette nouvelle conférence va être comment bâtir quelque chose avec l’absence des États-Unis, un des principaux pollueurs et principaux émetteurs.

    Justement, l’absence des États-Unis ne risque pas de compromettre le moindre accord ?

    A. R. : Les États-Unis entraînent derrière eux un certain nombre d’États, soit des états de connivence doctrinale comme l’Argentine, qui suivent cette position et profitent de l’occasion pour ne plus avoir à faire d’efforts, soit certains qui ne veulent plus faire d’efforts car le principal pollueur n’en fait pas. C’est toute la difficulté de cette COP, que ce soit en termes d’atténuation comme en termes de compensation. Quand on parle des fonds à mettre en place pour compenser les pays qui subissent les conséquences du réchauffement, il est clair que les États-Unis ne voudront pas participer à cette compensation, et ça rend les choses compliquées. Que peut faire la communauté internationale dans cette situation ? Les pays européens ont dévoilé leur nouvelle feuille de route cinq jours avant le démarrage de la COP. Ce qu’on peut espérer, c’est la reprise du leadership européen pour essayer de donner une dynamique dans cette période un peu particulière.

    Un autre enjeu de cette COP est de sortir des énergies fossiles, mais ne faudrait-il pas envisager une baisse de la consommation ?

    A. R. : Ça va être une complexité supplémentaire. La baisse des énergies fossiles, paradoxalement, c’est la COP28 à Dubaï qui avait réussi à faire un petit pas en avant sur ce sujet. Là, le Brésil est quand même un pays producteur de pétrole. Il a encore récemment donné des nouvelles autorisations de licence pour du forage pétrolier. Donc on sent que cette COP ne fera certainement pas d’avancée supplémentaire sur la sortie des énergies fossiles. Ce sera plus certainement un sujet sur la préservation des forêts. La sortie des énergies fossiles est une chose mais on sait que le seul élément qui va permettre d’inverser la tendance, c’est une modification forte dans nos modes de consommation, quel type de croissance on peut avoir pour justement diminuer nos consommations. Et on voit malheureusement qu’aujourd’hui les intérêts particuliers de chaque pays et le développement économique prennent le pas de manière très forte sur l’intérêt général de la planète. C’est vrai aux États-Unis, mais c’est vrai partout dans le monde. En France, ces dernières années, les débats portent sur la limitation de la dette, l’augmentation du pouvoir d’achat mais la transition écologique est passée très en retrait de toutes les préoccupations que ce soit des politiques ou des citoyens. Pourtant, il y a trois, quatre ans, après le Covid, on observait une conscience écologique chez les citoyens avec des petites avancées. Là, on observe plutôt un recul de cette problématique.

    Ce recul sur l’environnement ne risque-t-il pas d’engendrer un sentiment de démobilisation, de résignation chez les citoyens ?

    A. R. : C’est complexe. Il y a une grande volonté aux COP – j’étais présent à la COP27, à la COP28. Le sujet, c’est plus d’arriver à convaincre l’opinion publique de l’intérêt de faire des petits pas. Ce combat doit être le résultat de petits efforts de chacun tous les jours. Le problème c’est qu’on a parfois des positions trop extrémistes. Selon le palmarès international des efforts des États en matière climatique de 250NOW, les premiers classés sont les pays scandinaves, la Suisse, le Luxembourg, et la France arrive septième. Sans aucune surprise, les derniers pays de l’OCDE sont les États-Unis, le Canada, l’Australie. Pourtant, en France, on a plutôt un sentiment général qu’on ne fait pas assez d’efforts. Et certaines associations mettent la France au tribunal alors qu’elle fait partie des leaders mondiaux à montrer l’exemple. Cette mise en cause peut affaiblir la voix de la France. Je pense que c’est un sujet qui devrait rassembler au-delà des oppositions. C’est un sujet prioritaire mondialement, la dette écologique est beaucoup plus grave que la dette financière. Aujourd’hui, on n’a pas de partis, de gens qui arrivent à se positionner sur ce sujet de manière suffisamment forte pour créer cette dynamique.

    Cette politique de petits efforts est menée par certaines associations et municipalités. Mais cette légende du colibri, popularisée par Pierre Rabhi, est-elle efficace ?

    A. R. : Oui, je crois beaucoup justement à l’effet colibri sur plusieurs sujets. C’est vraiment un marathon qu’on a à faire pour arriver à gagner cette bataille pour le climat. Et on n’a jamais gagné un marathon en partant en sprint. C’est une course de fond, un enchaînement. Un premier petit geste va donner envie le lendemain d’en faire un deuxième ou d’en faire plus. Et c’est vrai au niveau du citoyen, au niveau de la collectivité, de l’entreprise, de l’État. C’est cette dynamique générale qu’il faut générer.

    Propos recueillis par Louis Dupin

    « Les intérêts particuliers des pays prennent le pas sur l’intérêt général
    de la planète »

    « Nous avons besoin de solutions (…). Nous devons aller beaucoup plus vite »

  • Une semaine pour défendre le droit des enfants

    Une semaine pour défendre le droit des enfants

    C’est au Pont du Gard, site emblématique et symbolique du lien entre les générations, que le Département a lancé, le 5 novembre, la Semaine gardoise des droits de l’enfant. Autour de Maryse Giannaccini, vice-présidente du Conseil départemental déléguée à la Protection de l’enfance, de Bénédicte Quimpert, présidente de Défense des enfants international Gard (DEI 30), et de David Rohi, chef du pôle régional Occitanie du Défenseur des droits, une trentaine d’associations étaient réunies pour sensibiliser petits et grands aux droits fondamentaux inscrits dans la Convention internationale des droits de l’enfant, adoptée il y a 36 ans.

    Le Forum des enfants, organisé ce jour-là, a réuni des centaines de jeunes autour de jeux, d’ateliers éducatifs et de rencontres citoyennes. Le Conseil départemental des jeunes, composé de collégiens engagés, s’est illustré en animant des débats et des micros-trottoirs sur la citoyenneté et le développement durable. Parmi les intervenants, Marine Kedjroub, 21 ans, ancienne bénéficiaire de l’Aide sociale à l’enfance (ASE), a livré un témoignage poignant : « Être placée, ça a été comme une tempête. Mais j’ai compris que c’était pour me donner la chance de devenir la jeune femme que je suis aujourd’hui ».

    Une semaine

    pour sensibiliser

    Dans le Gard, près de 4 000 enfants sont confiés à l’ASE, soit deux fois plus qu’il y a trois ans. « C’est une priorité absolue », souligne Maryse Giannaccini. Le Département mobilise 430 assistants familiaux, 12 Maisons d’enfants à caractère social et une vingtaine de lieux de vie, pour un budget annuel dépassant les 95 millions d’euros. « C’est en les accompagnant aujourd’hui dans leurs apprentissages et leurs libertés fondamentales qu’ils construiront une société plus solidaire demain », rappelle la présidente Françoise Laurent-Perrigot.

    Du 19 au 28 novembre, la Semaine des droits de l’enfant se poursuivra dans onze communes gardoises, de Nîmes à Barjac, en passant par Uzès, Alès ou Pont-Saint-Esprit, avec conférences, spectacles, expositions et projections : le programme est à retrouver le site du département. Temps fort de l’édition : la rencontre Jeunes en lumière, le 19 novembre à Vergèze, où des enfants confiés à l’ASE témoigneront de leur parcours devant des professionnels. « Les enfants ont des droits particuliers parce qu’ils ont une vulnérabilité, conclut David Rohi. Nous avons encore beaucoup de chemin à faire pour que leur parole soit vraiment entendue ».