Tag: Gard

  • Les Amis de La Marseillaise du Gard invitent à un grand loto

    Les Amis de La Marseillaise du Gard invitent à un grand loto

    « La Marseillaise doit prendre toute sa place dans le paysage gardois. L’association des Amis de la Marseillaise du Gard Vous appelle à la rejoindre par votre adhésion annuelle pour la somme de 10 euros et l’abonnement au journal. » Jean-Paul Sorriaux préside depuis le 13 juin 2025 l’association des Amis de La Marseillaise du Gard. Samedi 28 mars, elle organise un grand loto de soutien au journal au Cercle de l’avenir à Nîmes. Rendez-vous à partir de 16 heures pour moment qui s’annonce très convivial et heureux après l’élection de Vincent Bouget à la mairie de Nîmes. « En 1995, La Marseillaise avait joué un grand rôle dans l’élection du communiste Alain Clary à Nîmes » se souvient Jean-Paul Sorriaux.

    Pour Serge Baroni, président de l’association, il s’agit « de faire encore mieux connaître La Marseillaise dans ce département. » Au quotidien, la mission première que se fixe le comité est de « faire connaître et vendre le journal, réaliser des abonnements ». Auprès d’un large public mais aussi du cœur du lectorat de La Marseillaise que sont les militants et citoyens dont le cœur penche à gauche, les syndicalistes, les travailleurs, les femmes, les opprimés. « La Marseillaise, c’est le journal qui défend les intérêts des petites gens, des travailleurs. C’est une question démocratique de faire progresser son lectorat, alors que les discours de haine pèsent dans les têtes », insiste Jean-Paul Sorriaux.

    Samedi 28 mars à partir de 16h, au Cercle de l’avenir Monique- Jourdan 25 bis, rue Nico, Nîmes.

  • La gauche alésienne face au défi de la reconstruction

    La gauche alésienne face au défi de la reconstruction

    25,85%. C’est ce que pèse aujourd’hui la gauche à Alès lorsqu’on additionne les scores de la liste PS-Écologistes (10,79%) et celle du PCF-LFI (15,06%) au premier tour des municipales avant qu’elles ne décident de se retirer pour faire barrage au RN. À peine un électeur sur quatre donc, chiffre d’autant plus inquiétant que la participation n’a pas dépassé les 50 %.

    Pour savoir comment réagir, les forces de gauche tentent déjà d’établir une analyse de l’échec. Si la désunion à gauche a forcément pesé dans leur faible score, le communiste Giovanni Di Francesco regrette aussi l’incapacité des deux listes à mobiliser l’électorat populaire : « Quand on fait de certains quartiers d’Alès des secondes zones, les gens finissent par penser qu’ils vivent ailleurs et ne s’intéressent plus à cette société donc ils ne votent pas. Le vote dans les quartiers est intéressant mais faire 40 % avec une participation inférieure à 30 %, ça ne pèse pas dans la balance ». Béatrice Ladrange, citoyenne non encartée élue dans le précédent mandat dans l’opposition avance un autre argument : « Il y a un changement de sociologie à Alès. Des tours ont été détruites dans le mandat précédent et cette population est partie dans des villages autour d’Alès qui construisent des logements sociaux. Dans le même temps, beaucoup de retraités sont arrivés à Alès ces dernières années ».

    Une fois ces premiers éléments relevés qui vont demander une analyse plus affinée dans les prochaines semaines, la gauche veut rapidement se remettre au travail pour construire une alternative crédible à la fois à la droite municipale de Christophe Rivenq mais aussi à la montée de l’extrême droite. « Il faut continuer le travail réalisé durant la campagne c’est-à-dire de continuer d’aller à la rencontre de la population, ne pas la laisser tomber. Nous avons six ans pour tout construire. Il faut donc faire de la pédagogie, de l’information. Nous n’avons pas de médias pour nous, il faut donc se déployer, écouter les problèmes des gens et voir les solutions que l’on peut leur apporter à notre niveau », explique Martine Sagit, secrétaire de l’union locale CGT qui était présente sur la liste de Paul Planque.

    Multiplier les réunions publiques, assister au conseil municipal, informer la population, échanger avec les habitants sur les moyens d’actions, c’est aussi l’avis de l’Insoumis Armand Crépin : « Cela passe par les mobilisations sociales mais aussi en soutenant le travail des associations contre la rupture du lien social. Il n’y a que la présence sur le terrain qui marche parce que les discours ne fonctionnent plus ». Pour Béatrice Ladrange aussi la gauche doit se « mobiliser dans des collectifs citoyens qui se battent sur certaines thématiques comme l’eau, la pollution ou le mal-logement ».

    « Il faut reprendre le travail à la base. Il faut qu’on mène les combats du quotidien. Mais il faut surtout travailler à l’unité de la gauche », conclut Bernard Motto-Ros de L’Après.

  • Bagnols-sur-Cèze, 3e ville du Gard, bascule au RN

    Bagnols-sur-Cèze, 3e ville du Gard, bascule au RN

    Après Beaucaire, 4e ville du Gard il y a douze ans, c’est au tour de Bagnols-sur-Cèze de tomber. Si la vague brune a été contenue de justesse à Nîmes et Alès, elle a emporté une terre labourée depuis des décennies par le Parti socialiste, qui s’est totalement retiré du scrutin municipal cette année.

    Cette « défaite annoncée » comme le dit le communiste local Elian Cellier, n’était pas inéluctable. Bien sûr, la députée de la circonscription Pascale Bordes, réélue en 2024, partait favorite. Mais un scrutin local n’est pas un scrutin national. Si la députée est parvenue à lisser l’image du parti d’extrême droite sur son territoire, elle comptait aussi de nombreuses faiblesses : une liste familiale inexpérimentée composée de nombreux couples, un programme uniquement axé sur la sécurité et une absence assumée dans l’opposition au conseil municipal depuis cinq ans signe que ses priorités n’étaient pas vraiment les sujets locaux. Mais en face, l’irresponsabilité de la désunion l’a emporté et avec elle, la menace d’une implantation durable de l’extrême droite sur le territoire bagnolais.

    « Ils sont complices »

    Élu sur une liste de gauche en 2008, le maire sortant Jean-Yves Chapelet n’a cessé de glisser vers la droite. Puis, les dossiers de l’imam Mahjoubi et la prolifération du trafic de drogue ont fini de le décrédibiliser. Incapable de s’en rendre compte avant le scrutin, Jean-Yves Chapelet est arrivé deuxième du premier tour mais avec un score historiquement bas (18,25%) qui montrait son incapacité à rassembler (25,02% au second tour). Il n’a d’ailleurs même pas tenté une alliance avec Philippe Broche arrivé 4e avec 14,43%. Incapable non plus de s’entendre avec les autres forces de gauche, Jérôme Jackel (Debout!) n’a jamais envisagé de se retirer et termine dernier de la triangulaire (22,10%).

    Après la victoire du RN, Elian Cellier s’en est pris aux auteurs de la désunion : « On ne peut rien contre la bêtise des hommes. Chapelet élu en 2008 sur une liste de gauche aura mandat après mandat exclu les communistes, les socialistes pour rejoindre le centre droit. Les idiots-utiles que sont les Jackel, Michel Cegielski (éliminé au 1er tour), Sylvain Hille (PS), Alain David (SE) et Christophe Prévost (ancien gilet jaune, plusieurs fois candidats) portent une lourde responsabilité dans la prise de la ville par le RN. Cette situation était pourtant prévisible. À croire qu’ils sont complices ».

  • Vincent Bouget, l’épopée d’une victoire populaire

    Vincent Bouget, l’épopée d’une victoire populaire

    Au Prolé, dans la soirée du dimanche 22 mars, la pluie n’a pas éteint la braise. Elle l’a attisée. Dans la cour et sous les néons, on lisait sur les visages la même fatigue joyeuse : celle des campagnes qu’on mène au corps à corps, à force de tracts, de portes frappées, de réunions qui finissent tard, de doutes avalés sans jamais baisser les yeux. Et puis, d’un coup, l’annonce : Vincent Bouget est élu maire de Nîmes avec 40,97% des voix, devant Julien Sanchez (RN) à 37,52% et Franck Proust (LR-Horizons) à 21,51%. La ville venait de basculer. La droite clanique, au pouvoir depuis vingt-cinq ans, venait de tomber. L’extrême droite du RN, qui rêvait de s’offrir la « Rome française » comme un trophée, venait d’être repoussée.

    Dans ce bar-phare de la gauche nîmoise, institution plus que QG, on ne célébrait pas seulement un score. On célébrait une revanche sociale, une dignité retrouvée, une mémoire transmise. Les bras se lèvent, les mains tremblent, les larmes montent sans prévenir. On s’étreint comme après une délivrance. Vincent Bouget apparaît, happé par les accolades, le regard humide. Il serre sa famille, embrasse sa mère, cherche sa fille en visio, et déjà la foule scande son prénom comme on scande une promesse : celle que la ville cesse d’être un décor pour les puissants, et redevienne un foyer pour celles et ceux qui la font vivre.

    Une victoire, une méthode : écouter puis construire

    Ce soir-là, l’émotion avait la densité d’une histoire longue. Car ce n’est pas une victoire « tombée du ciel ». C’est une victoire labourée. Deux ans de construction, de discussions, de désaccords surmontés. Deux ans à aller dans les quartiers populaires comme dans les rues du centre, à écouter la colère, les peurs, la lassitude. Deux ans à construire un programme avec les habitants au travers d’un questionnaire rempli à 3 000 reprises, à multiplier les réunions, à sonder, à recueillir, à recommencer. Cette liste qui porte le nom de sa méthode, « Nîmes en commun », n’a rien d’un slogan : c’est un fil tendu entre la politique et le quotidien, entre la mairie et la ville réelle.

    À peine le résultat digéré, une idée s’impose : aller à la mairie. Comme une évidence. Comme un rite. Le cortège s’organise, grossit à vue d’œil, envahit les ruelles. Et la marche devient un récit en mouvement : on reconnaît des visages croisés pendant deux ans, des militants de l’ombre, des habitants des quartiers populaires, des jeunes qui votent pour la première fois, des anciens qui n’y croyaient plus. Bouget avance lentement, arrêté tous les deux mètres par une main posée sur son épaule, une embrassade, un « merci », un « on l’a fait », des milliers de « on a gagné. »

    La droite fracturée,

    la gauche rassemblée

    Dans cette procession, il y a une chose qu’aucun bulletin ne mesure : le lien. Celui de l’implantation. Celui d’un travail patient, à rebours des campagnes hors-sol. Face à un candidat RN, Julien Sanchez, parachuté en janvier par le parti, quasi absent du terrain, préférant vanter les méthodes brutales et unilatérales de Donald Trump en conférence, porté par une stratégie nationale et un programme lacunaire, la gauche nîmoise opposait une force simple : connaître la ville, ses fractures, ses noms, ses douleurs, ses solidarités.

    En face, la droite nîmoise aura offert le spectacle d’une succession ratée, d’une guerre de chefs entre Franck Proust et Julien Plantier, héritiers proclamés de Jean-Paul Fournier, frères ennemis pendant des mois, avant une fusion forcée au soir de leur débâcle du premier tour. Une addition de logos, tardive, sans souffle, sans vérité. Nîmes a sanctionné ce manège. Et la leçon est brutale : on ne gouverne pas une ville comme un patrimoine à transmettre, ni comme une vitrine à vendre.

    Car l’autre leçon, plus grande encore, vient de la gauche. À Nîmes, l’union n’a pas été un mot d’ordre plaqué : elle a été un travail. Une preuve. Une discipline. Ici, communistes, socialistes, écologistes, militants de Génération.s, de Place publique, de L’Après, et une large part de la société civile ont choisi de se compter ensemble plutôt que séparément. Non pas au dernier moment, dans l’urgence d’un second tour, mais dans la durée, à force de rencontres, de débats, de concessions, de respect des désaccords. Et quand certains, au niveau national, s’épuisent à la division, Nîmes rappelle que l’unité n’est pas une posture : c’est une stratégie pour gagner, mais surtout une condition pour gouverner.

    Quartiers populaires :

    le sursaut qui change tout

    Entre les deux tours, quelque chose s’est levé. Dans les quartiers populaires, là où l’abstention est souvent le premier parti, on a vu un sursaut : une mobilisation décisive, avec une hausse moyenne de participation de 11% pouvant monter jusqu’à 17%. Pas un miracle : des discussions partout, des voisins qui se convainquent, des familles qui se parlent, des jeunes motivés à voter parce que l’enjeu dépassait les querelles politiciennes. Et dans les urnes, la vague est nette : Bouget fait carton plein à Valdegour (jusqu’à 76%, école Gustave-Courbet), au Chemin-Bas d’Avignon (79%, Jean-Zay), au Mas de Mingue (74%, Jean-d’Ormesson) et à Pissevin (84%, Henri-Wallon/Paul-Langevin). À l’inverse, Julien Sanchez s’effondre dans ces secteurs (de 6 à 15%), quand il est surtout en tête dans des quartiers plus « ville active » et pavillonnaires (René-Char, Mas de Ville, Vacquerolles). La droite, elle, ne conserve qu’un îlot : Castanet, où Franck Proust arrive en tête avec 36% (Combe des Oiseaux).

    Bouget le dit avec gravité : « Il y a eu un sursaut citoyen. Dans les quartiers populaires comme partout dans la ville. » Et il ajoute : « Je veux saluer celles et ceux qui l’ont fait pour faire barrage. Cela nous oblige. » Oui : cette victoire oblige. Elle oblige à réparer, à rassembler, à tenir la promesse d’une mairie qui regarde enfin vers Pissevin, Valdegour, le Chemin-Bas, Richelieu, La Gazelle, et pas seulement vers les cartes postales.

    Du balcon, une nouvelle ère

    Arrivé à l’Hôtel de Ville, Bouget prend la parole au balcon devant près de 2 500 Nîmois. Derrière lui, des figures de la gauche locale, mais aussi des visages qui disent la portée de l’instant. On voit Alain Clary, dernier maire communiste de Nîmes de 1995 à 2001, ému aux larmes comme un témoin qui voit l’histoire reprendre son cours. À ses côtés, Françoise Laurent-Perrigot, présidente (PS) du Département et Carole Delga, présidente (PS) de Région, venues saluer une victoire qui dépasse les frontières de la cité romaine. Clary parle d’« une nouvelle génération, une nouvelle façon de faire de la politique, un nouvel espoir ». Et la ville comprend que ce soir ne referme pas une parenthèse : il ouvre un chapitre.

    Bouget, lui, refuse l’ivresse personnelle. « Je ne suis pas dans une logique personnelle. Nous sommes au début de l’histoire. Dès demain, nous allons nous mettre au travail », promet-il. Puis il dédie : à sa famille, à sa grand-mère résistante récemment disparue, à celles et ceux qui ont porté la flamme quand la ville semblait promise à la résignation.

    Ce dimanche de mars, Nîmes a vécu plus qu’une alternance. Elle a vécu un moment de vérité : celui d’une ville qui choisit l’ancrage contre le parachutage, la solidarité contre la peur, l’union contre les egos. Dans vingt ans, on lira peut-être ce soir comme une date. Les Nîmois l’ont vu comme une scène : du Prolé au balcon, la ville marchait. Et elle se retrouvait.

    « Voir qu’il y a une nouvelle génération, une nouvelle façon de faire de la politique, un nouvel espoir, c’est formidable »

  • À Nîmes, le nouveau maire Vincent Bouget lance son mandat sur le terrain

    À Nîmes, le nouveau maire Vincent Bouget lance son mandat sur le terrain

    À Nîmes, la première journée de Vincent Bouget (PCF) « maire élu » ressemble à un manifeste en actes. Pas encore officiellement installé – il faudra attendre le prochain conseil municipal – le vainqueur du second tour (40,97%) a choisi d’entamer son mandat au plus près de celles et ceux qui font vivre la ville. Lundi matin, dès 8 heures, au lendemain d’une alternance qui a mis fin à 25 ans de gestion à droite, direction le service des « Ateliers » de la municipalité. À ses côtés, Amal Couvreur, numéro deux de la liste.

    Dans un atelier aux odeurs de métal et de peinture, le ton est donné. Le nouveau maire serre des mains, échange quelques mots, écoute. Aux agents, il adresse un message simple, presque inaugural : la nouvelle équipe veut leur exprimer « toute la considération, le respect et la confiance ». Manière de rappeler que le service public municipal ne se décrète pas depuis un bureau : il se construit au quotidien, sur le terrain, avec celles et ceux qui réparent, entretiennent, aménagent, assurent la continuité.

    Cette entrée en matière n’est pas improvisée. Vincent Bouget l’avait annoncée dès le soir de sa victoire : « Nous nous adresserons aux agents de la Ville », première priorité avant la passation. « Ce sont eux qui feront vivre les politiques publiques », répétait-il pendant la campagne. Dans la continuité, il veut « embarquer » l’administration municipale dans la dynamique nouvelle : dès les prochains jours, il promet d’aller de service en service, de rencontrer les équipes, de prendre la température, de « rassurer » ceux qui doutent, et d’entendre les difficultés du quotidien. Le maire élu évoque déjà une tournée plus large des services entre avril et juin et, fin avril, des Assises du personnel pour partager les constats et recueillir les propositions.

    D’abord écouter

    L’après-midi, changement de décor : cap sur le centre-ville. À 15 heures, départ annoncé depuis la Petite Bourse pour une déambulation au contact des Nîmoises et des Nîmois. Là encore, le geste est politique : montrer, au lendemain d’une alternance historique, que le mandat s’ouvrira dehors, au milieu des habitants, et pas seulement dans les salons de l’Hôtel de Ville.

    Après la nuit de liesse au bar du Prolé et la marche vers la mairie, Nîmes se réveille avec un nouveau visage à sa tête. Et dès le premier matin, Vincent Bouget et Amal Couvreur veulent graver une idée : gouverner, ce sera d’abord écouter, rassurer et travailler.

  • Victoire historique de l’union de la gauche à Nîmes avec Vincent Bouget

    Victoire historique de l’union de la gauche à Nîmes avec Vincent Bouget

    Historique. Le Prolé de Nîmes, transformé dimanche soir en point de ralliement de l’équipe de Nîmes en commun a explosé de joie et de bonheur à l’annonce des résultats. Vincent Bouget, candidat de la liste d’union de la gauche et des écologistes remporte l’élection municipale et sera, dans quelques jours, élu par le conseil municipal nouveau maire de Nîmes. Cette cité de plus 150 000 habitants était la dernière place forte de la droite LR en France. Sa défaite signe la déliquescence de la droite au profit de l’extrême droite. La participation a été aussi plus importante avec 58,49% contre 51,04% au premier tour. Un regain qui a bénéficié à la liste Nîmes en commun. « Ce soir, je ressens d’abord une immense fierté. Fierté que les Nîmoises et les Nîmois aient repris en main le cours de leur histoire. Il y avait un risque réel dans cette ville, et ils ont fait le choix de la confiance, le choix d’un avenir différent. À partir de demain, nous allons travailler avec eux, pour eux », a déclaré Vincent Bouget, ému.

    « Fierté d’avoir battu l’extrême droite »

    « Il y a aussi une fierté particulière d’avoir battu l’extrême droite. Mon engagement politique s’est construit sur ce refus de la voir accéder au pouvoir. J’ai toujours combattu les logiques de repli, de division, de ségrégation. Ce soir, tout cela se cumule, et cela rend ce moment très particulier. Rien n’était gagné d’avance. Ce sont les Nîmois qui ont fait cette élection. Ils se sont mobilisés comme ils savent le faire, avec leurs valeurs de générosité, de solidarité, leur envie de vivre et de travailler ensemble. »

    Comme il l’a dit durant la campagne, « nous allons travailler avec tous les habitants de cette ville, quels qu’ils soient. Ce qui a fait la différence, c’est le travail, la confiance, la générosité, et ce peuple nîmois qui est profondément attaché à sa ville ». Vincent Bouget précise : « Je ne suis pas dans une logique personnelle. Ce qui compte, ce sont les dossiers de la ville. Nous sommes au début de l’histoire. Dès demain, nous allons nous mettre au travail, en restant nous-mêmes, avec les habitants. Il y a une histoire à Nîmes, avec une empreinte communiste ancienne, mais notre victoire est celle d’une liste plurielle, ouverte, diverse, avec toute la gauche et de nombreux citoyens engagés. Nous allons continuer à rassembler. »

    Rien n’était pourtant joué pour la gauche. Dimanche dernier, la liste RN était arrivée en tête d’une poignée de voix : son candidat, Julien Sanchez avait obtenu 14 414 voix (30,39%) contre Vincent Bouget et ses 14 251 voix (30,05%), soit 163 voix d’écart. Une semaine après, la mobilisation des Nîmoises et Nîmois a porté ses fruits : Vincent Bouget récolte pour ce second tour décisif 40,97% des suffrages exprimés et creuse l’écart avec l’extrême droite avec 1 852 voix d’avance. Un bond de 10 points qui assure la victoire de toute la gauche dans la capitale gardoise.

    En deuxième position, Julien Sanchez obtient 37,52% des suffrages exprimés. Un résultat en progression de plus de sept points qui s’explique par le report de voix d’une partie de l’électorat traditionnel de droite sur le RN. En effet, dimanche dernier, la droite avait payé sa guerre des chefs : Franck Proust récoltait 9 270 voix (19,55%) et Julien Plantier 7 376 voix (15,55%). Ils totalisaient 35,10%, mais séparés ils ont laissé le RN s’installer en tête. Résultat, la liste fusionnée a recueilli ce dimanche seulement 21,51%. La gauche a pu pleinement compter sur le score de Pascal Dupretz (LFI) et ses 2 114 voix.

    Le Parti communiste a salué « une immense victoire pour toutes celles et ceux qui, depuis des mois, se sont mobilisés pour porter une alternative de progrès dans la ville face à la menace très réelle de l’extrême droite ». Le secrétaire national du PCF Fabien Roussel a adressé ses « immenses félicitations à Vincent Bouget ».

  • [DIRECT] Revivez le deuxième tour des élections municipales

    [DIRECT] Revivez le deuxième tour des élections municipales

    Veuillez patienter quelques secondes… Le direct va s’afficher !

  • La société civile appelle aussi au barrage de l’extrême droite dans le Gard

    La société civile appelle aussi au barrage de l’extrême droite dans le Gard

    Face à la percée de l’extrême droite dans l’Hérault et encore plus dans le Gard, plusieurs acteurs de la société civile sont sortis du silence cette semaine. Ils souhaitaient à la fois alerter sur les risques de l’extrême droite mais aussi appeler à la mobilisation le 22 mars pour tenter de contenir la vague brune.

    C’est par exemple le cas de l’Union départementale CGT du Gard qui a tenu un point presse le 18 mars. « Ce dimanche 15 mars, le premier tour des élections municipales a confirmé une menace sans précédent : dans de nombreuses grandes villes et communes de France comme Nice, Toulon, Marseille, mais aussi dans notre département, la droite radicalisée et l’extrême droite sont en passe de s’emparer du pouvoir au second tour. À Beaucaire et Vauvert, le Rassemblement National est déjà aux commandes. Bagnols-sur-Cèze, Nîmes et Alès pourraient basculer à leur tour. Cette situation est d’une gravité extrême », a prévenu le syndicat qui appelle à une « réaction immédiate et massive de toutes celles et ceux qui refusent de voir les ennemis de la démocratie, les adversaires des droits sociaux et des libertés syndicales, diriger nos communes ».

    La culture en danger

    La Ligue des droits
    de l’Homme Languedoc-Roussillon appelle aussi à voter « pour la démocratie, pour l’État de droit et contre l’extrême droite ». « Dans les communes qu’elle dirige, l’extrême droite nous montre son vrai visage : une régression sociale durable, de graves atteintes aux droits et libertés, une forte présence policière mais sans tranquillité publique, un délitement de notre État de droit, avec une violation réitérée des décisions de justice. Les victoires municipales servent de vitrine et de tremplin à l’extrême droite : elles banalisent ses discours, installent durablement ses réseaux et préparent ses conquêtes nationales », écrit la LDH qui appelle à des sursauts citoyens à Nîmes, Agde, Narbonne et Carcassonne notamment.

    Patrick Malavieille, vice-président du Département du Gard, délégué à la culture et à l’éducation artistique a aussi convié plusieurs acteurs de la culture gardois mercredi 18 mars pour aussi alerter sur l’impact des politiques d’extrême droite sur le monde de la création. « Après Beaucaire et Vauvert, la perspective de voir le RN prendre les mairies de Nîmes, d’Alès et de Bagnols et leurs intercommunalités, fait peser de très graves menaces sur la culture. Le schéma départemental de la culture, coconstruit avec les acteurs culturels et les collectivités partenaires, ne pourrait supporter le désengagement de ces trois grandes villes. Aujourd’hui, c’est notre devoir que d’alerter les Gardoises et les Gardois sur le devenir de la culture, de l’éducation artistique et de la place des artistes. Les élus RN au conseil départemental comme au conseil régional votent systématiquement contre les budgets culturels », explique l’ancien député.

    Autour de lui, Sylviane Manuel, directrice du Pôle national cirque Occitanie, Olivier Lataste, directeur du Cratère, Scène nationale à Alès et Clément Amouroux directeur du festival Itinérances et coordinateur de l’École Au Cinéma, ont répondu à l’appel. À distance, Émilie Peluchon, directrice de La Maison Danse d’Uzès et Antonin Beaury directeur du Périscope, ont également rejoint l’appel et confirmé les craintes du communiste. Ce point presse faisait aussi suite à l’appel de l’intersyndicale du spectacle vivant public mardi 17 mars à « empêcher l’arrivée au pouvoir des forces d’extrême droite et de droite radicalisées ».

  • [Entretien] Vincent Bouget : « Dimanche, il faut un sursaut démocratique »

    [Entretien] Vincent Bouget : « Dimanche, il faut un sursaut démocratique »

    La Marseillaise : Dimanche soir, dans quel état êtes-vous à l’annonce des résultats ?

    Vincent Bouget : On réalise deux choses à la fois. D’abord qu’on fait le score important qu’on espérait : passer la barre des 30%. À Nîmes, au premier tour des municipales, c’est quand même formidable. Et en même temps, on prend en pleine figure la progression de l’extrême droite, accélérée sur la dernière semaine. Symboliquement, les voir passer devant, ça fait mal. Donc oui : une bonne nouvelle… un peu éclipsée par le risque RN. Et on comprend qu’on est entrés dans un moment grave et crucial. Il faut remobiliser, tout de suite, parce que beaucoup de nos électeurs ont eu du mal à avaler le truc.

    Qu’est-ce que ce premier tour dit de Nîmes, selon vous ?

    V.B. : Ça dit que Nîmes est abîmée. On a fait campagne sur le lien social, sur des gens qui se sentent isolés. Et le vote d’extrême droite, c’est une conséquence de l’affaiblissement du lien social, des difficultés à s’en sortir, des tensions. Et puis Nîmes n’est pas isolée : la montée de l’extrême droite, elle est partout. Enfin, ça dit aussi l’état dans lequel la droite laisse la ville. La droite a joué, même politiquement, comme tremplin à cette ascension.

    Julien Sanchez a mené une campagne peu visible. Comment expliquer qu’il soit en tête ?

    V.B. : Justement : ils n’ont pas besoin. Le vote d’extrême droite, c’est comme la fièvre. Quand un corps est malade, il réagit avec de la fièvre. Ils font deux, trois trucs un peu efficaces et ça suffit. Mais ça révèle surtout le vide : quelqu’un qui ne connaît pas la ville, pas ses habitants, pas son histoire. Et derrière, rien : ni projet, ni programme, ni vision, ni connaissance des dossiers… c’est le néant total.

    Dans les quartiers populaires, vous êtes haut, mais la participation est très faible…

    V.B. : La fracture démocratique qu’on dénonce est réelle, et ce n’est pas une campagne qui la répare. Il faut du temps. Dans ces quartiers, le sentiment que voter ne sert à rien est très fort, et les préoccupations immédiates écrasent le reste. Mais cette semaine, on sent davantage de mobilisation : le choix est plus clair. La possibilité que la gauche l’emporte, et le risque, en face, que l’extrême droite gagne, peuvent et doivent provoquer un sursaut supplémentaire. On va continuer à tout faire pour. Et moi, je pense que ça va pousser fort dimanche. C’est ce que nous renvoie le terrain.

    Quel message envoyez-vous aux électeurs LFI et à ceux qui hésitent ?

    V.B. : D’abord, à gauche, on peut avoir des choix différents, mais on peut se retrouver sur l’essentiel, d’autant que le risque de l’extrême droite est tel qu’il ne faut pas hésiter. Les électeurs LFI se sont mobilisés sur la colère sociale, le pouvoir d’achat, la lutte contre les discriminations : je partage ces combats-là. Et à ceux qui ne veulent ni RN ni gauche, je dis : on vit une inversion des valeurs, une forme de post-vérité. Des mots qui ne veulent plus rien dire, des mensonges. Moi, je m’adresse à l’intelligence et au discernement. Et surtout : ce que porte Julien Sanchez, ce sont des valeurs, des modèles – Jean-Marie Le Pen et Donald Trump – qui n’ont rien à voir avec un projet municipal sérieux pour Nîmes.

  • Gard : une triangulaire à Pont-Saint-Esprit

    Gard : une triangulaire à Pont-Saint-Esprit

    À Pont-Saint-Esprit, le premier tour des municipales a livré un double message : la prime au sortant et le rejet net de l’extrême droite. Dimanche 15 mars, le maire Valère Segal (Réussir le Pont de demain) arrive largement en tête avec 41,16 % des suffrages. Derrière, la bataille est plus ouverte : Olivier Esquer (Pont en action) obtient 18,40%, suivi de Benjamin Desbrun (Rassembler pour agir, 16,45%) et Morad Hourfane (Le Pont que nous voulons, 13,22%). La participation atteint 56,58%, laissant encore une abstention lourde (43,42%) : un réservoir décisif pour le second tour.

    Dans l’entre-deux tours, le paysage s’est rapidement clarifié. Troisième, Desbrun a annoncé son retrait, appelant à « faire barrage au maire sortant », qu’il accuse d’enfumer les Spiripontains sur plusieurs dossiers, du futur collège aux projets autour de l’Hôtel-Dieu. Sa sortie de route révèle un scrutin polarisé : davantage qu’un débat de fond, cette campagne a été un affrontement de personnes et de récits.

    L’extrême droite humiliée

    La séquence la plus marquante reste l’échec cuisant d’Aurélie Delwarte. La candidate d’Identité Libertés, alliée au RN, termine dernière avec 10,77%. Un score qui actera son retrait du second tour, malgré sa qualification. Elle justifie ce désistement au nom de « l’intérêt de Pont-Saint-Esprit », tout en dressant un tableau anxiogène (insécurité, narcotrafic, fiscalité) et, sans le dire, en orientant ses électeurs vers la liste Esquer. Un revers politique pour une candidature déjà plombée par ses proximités idéologiques et ses controverses : à Pont-Saint-Esprit, la tentative de banalisation de l’extrême droite n’a pas pris.

    Résultat : une triangulaire dimanche 22 mars entre Segal, Esquer et Hourfane. Le maire sortant refuse toute fusion et joue la carte de la stabilité. Olivier Esquer appelle à la mobilisation, martelant que « 58% » des votants n’ont pas choisi Segal. Morad Hourfane, lui, persiste « sans ralliement », et tente de fédérer tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans la majorité sortante.