Tag: Gard

  • [DIRECT] Revivez le premier tour des élections municipales

    [DIRECT] Revivez le premier tour des élections municipales

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  • [Occitanie] Les députés, principaux ancrages locaux du RN

    [Occitanie] Les députés, principaux ancrages locaux du RN

    Si l’extrême droite a raflé toutes les circonscriptions du Gard en 2024 et une partie de la ruralité héraultaise, son ancrage au plus près de la population reste encore à prouver. Sans personnalités locales reconnues, le RN ou l’UDR sont en effet contraints de s’appuyer sur leurs députés pour tenter d’engranger des victoires pour ces élections municipales des 15 et 22 mars. Ce pari n’est en effet pas très risqué : avec le non-cumul des mandats, soit ils sont élus et seront alors remplacés à l’Assemblée nationale par leur suppléant (garantissant à leur parti le même nombre de députés), soit ils perdent et ils gardent leur poste de député. Tour d’horizon de ces députés en campagne.

    Pascale Bordes

    à Bagnols-sur-Cèze

    Les Bagnolais vont-ils élire une candidate qui a méprisé les questions locales pendant cinq ans ? Élue d’opposition depuis 2020, la députée de la 3e circonscription du Gard n’a en effet plus mis les pieds en conseil municipal depuis 2021. Pourtant, l’avocate Pascale Bordes a été facilement réélue députée en 2024 (46,65% au premier tour, 53,92% au second). Après avoir écarté les profils « problématiques » du RN à Bagnols, elle fait aujourd’hui figure de favorite dans la 3e ville du Gard. Et signe que le parti a misé sur elle, Marine Le Pen en personne est venue la soutenir vendredi 6 mars. Si elle est élue, c’est Catherine Dellong-Meng qui siégera à l’Assemblée.

    Nicolas Meizonnet

    à Vauvert

    Dans le parti lepéniste, la politique, c’est une affaire de famille. Après le père, Jean-Louis Meizonnet, battu en 2020 par Jean Denat (par 155 voix), c’est au tour du député Nicolas Meizonnet de défier l’édile socialiste de Vauvert. Adhérent du Front National depuis 2011, il devient député en 2020 lors de la démission de Gilbert Collard en partance pour le Parlement européen. Contre le mariage pour tous, félicitant Donald Trump lors de son élection, Nicolas Meizonnet a aussi dirigé le FN gardois en 2017. S’il est élu, c’est Caroline Devaux qui le remplacera à l’Assemblée nationale.

    Julien Sanchez à Nîmes

    Julien Sanchez a préparé son atterrissage à Nîmes. Maire de Beaucaire depuis 2014, l’adhérent du FN depuis 2000 qui garde Jean-Marie Le Pen pour « modèle » s’est fait élire en 2024
    au Parlement européen. Également en charge des investitures du parti pour ces élections municipales, il ne passe donc qu’un an à Strasbourg avant d’annoncer sa candidature dans la capitale du Gard… S’il est très peu présent sur le terrain, il a reçu le président du RN Jordan Bardella pour un meeting, le 3 mars.

    Alexandre Allegret-Pilot à Bessèges

    Le Haut-savoyard parachuté par Éric Ciotti dans les Cévennes, promettait des défaites à tous les maires de gauche (et notamment communistes) sur sa circonscription. Finalement, l’absence de relais locaux ne lui a pas permis de peser sur les listes dans sa circonscription à l’exception de Bessèges. La ville du nord du Gard était promise à son assistant parlementaire Nathan Casano sauf que celui-ci est inéligible (il n’a pas présenté ses comptes de campagne après sa candidature aux législatives de 2022). Tant pis, le député UDR s’est rangé en cinquième position de la liste menée par l’entrepreneur pro Zemmour, Hervé Fiselle (mais largement construite par Nathan Casano).

    Aurélien Lopez-Liguori à Agde

    Après l’affaire de la « voyante ventriloque » et l’emprisonnement du maire Gilles d’Ettore (LR), le RN a très vite compris qu’il avait une carte à jouer dans la cité balnéaire héraultaise. C’est donc au député de la circonscription, Aurélien Lopez-Liguori, que la tâche a été confiée (il a dû pour cela déménager de Sète à l’été 2025) ce qui a provoqué des départs dans les rangs des élus RN locaux. Il a lui aussi reçu Jordan Bardella début février. Agde est devenu un véritable enjeu pour le parti d’extrême droite qui considère l’agglomération comme la plus prenable de France. Aurélien Lopez-Liguori aurait aussi dans le viseur la présidence du Département de l’Hérault en 2028. En cas d’élection, il sera remplacé à l’Assemblée par Bernard Chaumeil qui figure sur la liste d’Yves Michel (DVD) à Marseillan.

    Julien Gabarron

    à Béziers

    Après Emmanuelle, Robert ? Vainqueur face à la députée sortante et femme de Robert, Emmanuelle Ménard, Julien Gabarron tente désormais de s’attaquer à l’édile de Béziers qui a reçu le soutien des Républicains à défaut d’avoir celui du RN. Élu en 2014 avec l’aide du Front national, Robert Ménard reste en tête des sondages et pourrait même être élu au premier tour. Julien Gabarron, patron du RN héraultais, ancien membre de l’UMP, a tout de même reçu le soutien de trois responsables locaux de LR et espère créer la surprise dans la 2e ville de l’Hérault.

    Manon Bouquin à Mèze

    Comme en 2020, l’ostréiculteur Joël Armentier, membre du parti d’extrême droite depuis 20 ans, se lance dans la campagne des municipales. Mais cette année, il pourra compter sur le soutien de la députée du coin Manon Bouquin qui figure à la deuxième place de sa liste. Battue en 2022, l’assistante parlementaire d’Aurélien Lopez-Liguori a en effet pris sa revanche en 2024. Candidate initialement à Paris, Manon Bouquin est une ancienne militante de la Cocarde étudiante, un syndicat étudiant d’extrême droite qui a participé à des actions violentes.

    France Jamet

    à Montpellier

    Cette historique du Front national, fille d’Alain Jamet qui a fondé le parti avec Jean-Marie Le Pen et encartée dans le parti d’extrême droite depuis 1974, est devenue députée européenne lorsque Louis Aliot a été élu à l’Assemblée nationale en 2017. Soutenue cette année par l‘UDR et « Identité et Liberté », elle s’était déjà présentée dans la capitale de l’Hérault en 2014 (13,8% au 1er tour, 9,1 au second). Malgré la présence du dissident Thierry Tsagalos, France Jamet est donnée entre 8 et 10% dans les sondages.

  • Beaucaire pourrait-elle changer d’ère ?

    Beaucaire pourrait-elle changer d’ère ?

    Ensuite parce qu’il a laissé la place à Nelson Chaudon, 21e sur sa liste, qui, du haut de ses 33 ans, n’a que peu d’expérience en politique. Pour les électeurs, l’heure est aussi à juger le bilan de 12 ans de gestion par le RN. Et là, les points noirs sont nombreux. Car au-delà d’une ville fracturée, le centre-ville est délaissé, les points de deal n’ont pas tous été démantelés comme promis malgré une hausse importante des effectifs de police municipale, le marché est en perte de vitesse, la voirie est en mauvais état et l’investissement sur la base nautique de 8 millions d’euros contraint aussi les finances de la Ville.

    En face, Luc Perrin, à la tête de la liste « Unis pour Beaucaire », tente d’avancer un programme solidaire pour fédérer la commune en ayant par exemple un élu délégué et un référent dans chaque quartier. Le candidat soutenu par les forces de gauche souhaite aussi rénover l’École nationale, végétaliser les cours d’école, remettre la Maison des jeunes en activité, augmenter les places en crèche et créer un « vrai comité des fêtes ».

  • L’Appel de Vincent Bouget aux Nîmois…

    L’Appel de Vincent Bouget aux Nîmois…

    La Halle des sports n’a pas seulement fait le plein dimanche 8 mars. Elle a aussi donné à voir autre chose : la montée d’une colère populaire contre vingt-cinq ans de pouvoir verrouillé à droite à Nîmes. Plus de 1 200 personnes se sont rassemblées autour de Vincent Bouget et de la liste Nîmes en commun pour porter une ambition claire : arracher la ville à un système usé, clanique, incapable de répondre à l’urgence sociale, démocratique et écologique.

    Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Après un quart de siècle de règne de Jean-Paul Fournier et de ses héritiers, Nîmes paie le prix d’une gestion de notables : une ville fracturée, abandonnée par endroits, inégalitaire partout, où l’affichage et la communication ont trop souvent tenu lieu de projet collectif. Derrière les rivalités entre Franck Proust et Julien Plantier, c’est la même droite qui se déchire pour l’héritage d’un système à bout de souffle. Une droite qui a isolé les quartiers populaires, laissé prospérer les trafics, méprisé le tissu associatif et tourné le dos à trop d’habitants ; qui a privilégié l’entre-soi au destin de milliers de Nîmois.

    Dans cette campagne, le meeting du 8 mars a donc pris des allures de démonstration politique. Sur scène, Amal Couvreur, Pierre Jaumain, Julien Pacioni et Soukaïna Benjaafar ont martelé le même cap : défendre les droits des femmes, soutenir les quartiers populaires, retisser les solidarités, faire reculer les inégalités et tenir tête à l’extrême droite, qui prospère toujours sur les abandons de la puissance publique.

    En finir avec le clanisme

    En clôture, Vincent Bouget a assumé la charge contre le vieux logiciel de la droite nîmoise. Il a dénoncé une ville « abîmée », victime « du clanisme et de l’isolement » imposés par les équipes qui la dirigent depuis vingt-cinq ans. Il a opposé à cette logique de confiscation du pouvoir un projet bâti dans l’écoute des habitants, au fil de réunions, de porte-à-porte et d’échanges dans tous les quartiers. Son discours a dessiné une ligne nette : réunir une ville coupée en deux, investir dans la jeunesse, rendre enfin le pouvoir aux habitants. La gauche veut démontrer qu’il existe une alternative concrète à la fois au pourrissement libéral de la droite locale et au poison identitaire du RN.

    À une semaine du premier tour, ce meeting aura confirmé une chose : à Nîmes, l’alternance n’est plus une hypothèse lointaine. Elle devient une possibilité historique. Reste à transformer l’espoir en votes. Car face à une droite en décomposition et à une extrême droite qui guette la moindre faillite politique pour avancer ses pions, rien ne sera donné. Tout devra être arraché.

  • Face à la droite, l’ancien maire d’Aramon à la rescousse

    Face à la droite, l’ancien maire d’Aramon à la rescousse

    Lors des deux mandats de maire de Michel Pronesti, Pascale Prat fut l’une de ses élues (2008-2014) et même son adjointe (2014-2020). Pourtant, le 15 mars, c’est bien contre la maire sortante que Michel Pronesti se présente à Aramon. « Malheureusement, elle a bien changé ! », regrette le militant communiste qui mène la liste divers gauche (DVG) « Aramon : plusieurs générations, une même ambition ». S’il fait son retour au premier plan, c’est dit-il, en raison d’une dérive droitière de la municipalité sortante. « Des citoyens sont venus me chercher, ça ne va pas du tout avec elle ». En 2020, Michel Pronesti décide de faire un break pour « raisons personnelles ». Il soutient la liste (DVG) de Jean-Marie Rosier qui se fait élire. Lequel décède en 2022. Depuis que Pascale Prat a pris sa place, tout irait de travers. « Sa gestion est verticale, elle est frileuse sur l’argent public. Elle se dit apolitique mais a été rejointe par des gens très à droite et parle comme eux alors que nous n’avons pas de problème de sécurité ici », illustre M. Pronesti. L’ancien maire déplore que le projet de maison de santé qu’il avait engagé n’ait jamais vu le jour dans ce désert médical. M. Pronesti s’engage à enfin le concrétiser. Face à celle dont il affirme qu’elle est « incapable d’insuffler de nouveaux projets », il propose un vrai pôle de santé pluridisciplinaire. M. Pronesti entend aussi sécuriser les établissements scolaires, préserver la présence industrielle en redynamisant la centrale EDF fermée via l’énergie verte circulaire ou l’hydrogène vert. Il promet de travailler en « bonne coopération » avec ses voisins et ne briguera pas la présidence de la Communauté de communes.

  • C. Cerpedes : « Trois médecins maintenus et demain l’électricité moins chère »

    C. Cerpedes : « Trois médecins maintenus et demain l’électricité moins chère »

    La Marseillaise : Comment se déroule la campagne ?

    Claude Cerpedes : Depuis que nous avons présenté notre liste fin décembre, nous avons sorti un questionnaire auprès de la population pour avoir leur sentiment. Nous avons renouvelé notre liste à quasiment 50%. Nous avons donc de l’expérience et un renouvellement avec de la jeunesse. Il y a une très belle dynamique. Nous sommes une liste divers gauche avec un maire qui annonce haut et fort son appartenance au Parti communiste.

    Quel bilan tirez-vous de ce mandat ?

    C.C. : J’ai travaillé presque 40 ans dans les collectivités donc je sais où aller chercher les subventions. Nous sommes passés de presque rien comme subvention à des projets qui sont tous financés à au moins 60%, ce qui nous permet de démultiplier nos projets. 80% de notre programme a été réalisé. Nous n’avons pas pu faire le gymnase car l’État ne finance quasiment plus ces infrastructures. Nous n’avions pas prévu la crise énergétique, ni l’inflation, et pourtant nous avons réussi à faire l’isolation de nos trois écoles durant ce mandat avec des subventions entre 64 et 78%. Nous avons aussi inauguré notre maison de santé en septembre 2023 qui a coûté 2 millions d’euros subventionnés à plus de 60%, qui nous a permis de garder les trois médecins de la commune mais aussi d’accueillir d’autres professionnels de santé.

    Dans le premier mandat nous avons refait la pelouse du stade, là, nous venons de refaire les vestiaires. Nous avions aussi eu la volonté d’accueillir des logements sociaux. En cinq ans, nous en avons livré 170. Cela nous a permis de passer la barre des 20 % de logements sociaux et ainsi de ne pas payer la taxe de 17 000 euros que ça nous coûtait. Cette somme, nous l’avons affectée au CCAS pour créer une aide au paiement des licences sportives ou culturelles pour tous les enfants jusqu’à la fin du collège.

    Quel est votre projet pour
    ce prochain mandat ?

    C.C. : Nous allons poursuivre nos trois piliers qui sont la solidarité, le vivre-ensemble et l’environnement. Nous avons en cours la renaturation du quartier populaire historique de Camont. Cela représente deux hectares. Nous proposons aussi de faire la renaturation des cours de nos trois écoles. Dans les projets importants, il y a la création d’une association pour regrouper les producteurs d’électricité photovoltaïque et des locataires. Actuellement, les producteurs vendent leur surplus d’électricité entre 10 et 12 centimes le kilowattheure. Dans l’association, ils le vendraient à 15 centimes. Les locataires achètent cette électricité à 18 centimes au lieu de 25 centimes qu’ils paient actuellement. C’est donc du gagnant-gagnant.

    Vos opposants vous critiquent régulièrement sur la sécurité.
    En avez-vous fait un thème de campagne ?

    C.C. : Nous avons quatre policiers municipaux contrairement aux communes autour de nous qui en ont moins. Ils n’ont pas de tâches administratives et sont sur le terrain avec une équipe de jour et une équipe de nuit. Nous avons un réseau de caméras vieillissant et que nous allons remettre au goût du jour. D’après les statistiques, nous sommes la commune périurbaine qui a le moins de délits. Nous avons une brigade de gendarmerie sur place. Nous avons aussi mis en place des éducateurs de rue pour prendre en amont les problèmes. On pourrait toujours réclamer plus de policiers mais c’est très populiste.

    Entretien réalisé par T.A.

  • Le Gard, un scrutin scruté au national

    Le Gard, un scrutin scruté au national

    C’est un grand mouvement de bascule que pourrait opérer le Gard avec ces élections municipales des 15 et 22 mars. D’abord parce que la capitale du département pourrait revenir à gauche. C’est en tout cas la tendance confirmée par tous les sondages. La personnalité de Vincent Bouget (PCF), sa démarche d’écoute de la population et les nombreux soutiens de poids reçus lui ont permis d’engranger une réelle dynamique. « L’élection à Nîmes est scrutée au niveau national », annonçait la députée européenne socialiste Chloé Ridel il y a quelques semaines. Effectivement, le basculement de Nîmes serait un petit séisme. D’abord parce que la ville, gérée depuis plus de vingt ans par Jean-Paul Fournier, est la dernière cité de plus de 150 000 habitants dirigée par Les Républicains en France. Ensuite, parce que Vincent Bouget pourrait à l’inverse permettre au PCF de conquérir à nouveau une ville de cette ampleur. il pourrait aussi l’emporter au Havre, ville de 166 000 habitants où le député Jean-Paul Lecoq est donné au coude à coude avec Édouard Philippe, le maire sortant.

    Rivenq impopulaire à Alès

    À Alès, la donne semble plus difficile pour la gauche. D’abord parce que la droite municipale reste unie après que Max Roustan a laissé le fauteuil de maire à Christophe Rivenq il y a un peu plus d’un an. La gauche avance aussi divisée avec une liste PCF-LFI et une liste PS-Écologistes, qui ne permet pas d’avoir la même dynamique qu’à Nîmes. Mais l’impopularité de Christophe Rivenq et l’envie de renouvellement rendent le suffrage incertain, là où Max Roustan a été réélu dès le premier tour lors des quatre derniers scrutins…

    Sauf union des droites, une victoire de l’extrême droite dans les deux principales villes du département semble impossible (à Alès, le candidat est quasiment invisible). En réalité, en dehors du bastion Beaucaire et des villes ciblées par les députés (lire page 12), l’extrême droite, qui avait pourtant raflé les six circonscriptions lors des dernières législatives en juin 2024, peine à confirmer son ancrage local. Le parti lepéniste illustre ainsi ses difficultés à monter des listes et à s’appuyer sur des candidats « crédibles ». Face à ce constat, le RN a gangréné de nombreuses listes de droite sans mentionner d’étiquette politique pour entretenir le flou. Une union des droites devenue en somme de moins en moins tabou à l’échelon local, qui prolifère tant en Camargue gardoise que dans le Gard rhodanien.

    Outre les grandes villes, les Cévennes, qui avaient comme le reste du département voté majoritairement à l’extrême droite aux dernières législatives, font tout de même de la résistance pour ces élections municipales. Ainsi, le Parti communiste est seul en lice à La Grand-Combe, Cendras, Domessargues, Le Martinet et conservera donc plusieurs communes. Emmanuel Grieu (Debout!) et l’ancien député Michel Sala (L’Après) resteront aussi aux commandes de leurs petites communes rurales cévenoles. À Anduze, au Vigan, à Barjac ou encore à Saint-Martin-de-Valgalgues, les maires sortants de gauche ont de la concurrence mais ils s’appuient sur un solide bilan avant le scrutin. Partout des listes citoyennes, sans bannière politique mais prônant des valeurs progressistes, ont aussi été montées et se mobilisent contre l’extrême droite.

    À la veille du premier tour, ce dimanche 15 mars, les élections municipales dans le Gard, symbole de la tripartition de la vie politique française, n’ont ainsi jamais été aussi incertaines.

  • Extrême droite : la liste de bric et de broc de Bessèges

    Extrême droite : la liste de bric et de broc de Bessèges

    La liste d’Hervé Fiselle à Bessèges ressemble à un jeu des sept familles. Si les patronymes diffèrent, plusieurs membres d’une même famille sont en effet bien représentés dans la liste d’extrême droite qui a été déposée dans les tous derniers instants du délai légal. C’est notamment le cas de la famille de Nathan Casano. L’assistant parlementaire du député de la 5e circonscription du Gard est inéligible puisqu’il n’a pas présenté ses comptes de campagne après les élections législatives de 2022. À la manœuvre pour monter cette liste, il a ainsi réussi à convaincre son père (3e de la liste), sa mère (12e), son oncle (17e) et sa grand-mère (18e) de s’engager.

    Autre famille bien représentée : celle d’Amandine Juras. Cette amie d’enfance de Nathan Casano qui était sa suppléante en 2022 se présente à la quatrième place aux côtés de son frère (11e) et de son père (23e). À ces deux familles s’ajoute la tête de liste Hervé Fiselle et sa femme (8e) avec qui il partage une passion commune pour Eric Zemmour et Sarah Knafo, ainsi que Florence Boutet (6e) et son mari Laurent (11e). Quatre familles représentent donc près de la moitié de la liste…

    Si les candidatures d’une même famille ne sont pas illégales, seulement deux personnes d’une même famille peuvent appartenir au conseil municipal. « Le nombre d’ascendants et descendants en ligne directe père, mère, grand-père, grand-mère, fils, fille, petit-fils, petite-fille, frères et sœurs qui peuvent être simultanément membres du même conseil municipal est limité à deux dans les communes de plus de 500 habitants », précise ainsi la préfecture du Gard.

    « Je suis au courant », affirme Hervé Fiselle. « Ce n’est pas un problème parce qu’ils n’ont pas tous le même avis. Ça prouve aussi que la famille est unie. Pour des personnes qui cherchent la petite bête, ça peut manquer un peu de transparence mais là on parle de la forme et pas du fond », ajoute l’entrepreneur qui dit avoir « un grand projet national » pour mettre Bessèges en lumière.

    Pour compléter la liste, Alexandre Allegret-Pilot est venu faire le nombre (5e). Un choix justifié par le « scandale » de inéligibilité de son assistant parlementaire. L’équipe compte aussi dans ses rangs Yves Gaillac, historique du Front national à Bessèges qui a milité « toute sa vie pour le parti d’extrême droite », comme l’écrit France 24 dans un reportage réalisé dans l’entre-deux-tours des Présidentielles 2012 sur les électeurs frontistes qui disent « non » à Sarkozy.

    Autre signe que la constitution de la liste avec 23 noms a été douloureuse, Nathan Casano est allé convaincre Francette Moulin, 77 ans, de rejoindre l’équipe. Lorsque la liste a officiellement été diffusée, sa famille issue de « plusieurs générations de communistes » s’est insurgée. « Elle m’a dit que Nathan Casano est allé la voir et lui a dit qu’il lui manquait une personne sur la liste. Francette, c’est une personne qui ne réfléchit pas beaucoup et qui ne pose pas beaucoup de questions. Elle a dit oui comme elle aurait dit autre chose. Quand je lui ai dit dans quoi elle s’embarquait, elle m’a dit : « maintenant c’est trop tard je ne peux plus rien faire ». Je lui ai dit que ses parents, son grand-père, les tantes, tous doivent se retourner dans leur tombe », témoigne une cousine. Depuis, Francette Moulin a connu de graves problèmes personnels et ne fera ni campagne, ni ne pourra siéger au conseil municipal.

    Nathan Casano, futur maire ?

    Pour Nathan Casano, le rêve d’occuper le fauteuil du maire de Bessèges n’est pas nouveau. Après sa candidature aux législatives de 2022, il a passé beaucoup de temps sur le terrain. Depuis trois ans, il gère par exemple l’association Pass’Temps qui intervient dans l’Ephad Maison de secours, ou il prend part chaque année au Corso Fleuri, véritable tradition dans la commune de 2 900 âmes. Depuis qu’il est assistant parlementaire, il fait aussi régulièrement participer le député Alexandre Allegret-Pilot à toutes sortes de festivités.

    Malgré son inéligibilité prononcée en 2023, Casano a tout de même annoncé sa candidature à l’élection municipale dans une vidéo postée sur ses réseaux sociaux début janvier. Il a bien tenté de contester cette inéligibilité auprès du Conseil constitutionnel mais celui-ci a refusé sa requête. C’est pourtant lui, aux côtés d’Hervé Fiselle qui a déposé la liste en préfecture fin février. Il affirme même qu’il pourrait devenir maire : « C’est Hervé Fiselle qui mènera la liste jusqu’au second tour. À l’issue de celui-ci, je serai éligible et serai donc votre maire », écrit-il. Même si son inéligibilité s’arrête effectivement le 17 mars, soit donc dans l’entre-deux-tours des élections municipales, la règle est claire : « Les conditions d’éligibilité s’apprécient par rapport à la date du premier tour de scrutin ». Nathan Casano ne pourra donc pas devenir maire. En tout cas pas le 22 mars au soir du second tour.

    Peu importe, Nathan Casano s’affiche partout, sur les réseaux sociaux, les tracts, anime les réunions publiques et figure même sur l’affiche officielle de campagne aux côtés d’Hervé Fiselle et Alexandre Allegret-Pilot. Si là encore la manœuvre n’est pas illégale, de nombreux habitants se sont interrogés sur l’ambiguïté de la démarche. Pas un problème pour Hervé Fiselle : « Nathan aurait du être éligible. Le Conseil constitutionnel a eu une façon de compter qui n’est pas logique. Il est inéligible mais il n’a pas piqué dans la caisse, il n’a pas volé. Si Nathan avait été à gauche, le problème ne se serait pas posé ».

    Une omniprésence qui interroge et qui s’accompagne d’une petite musique à Bessèges : une fois élue, Hervé Fiselle pourrait démissionner avec tout son conseil municipal pour provoquer de nouvelles élections. Nathan Casano serait alors en mesure de se présenter. Hervé Fiselle dément ce scénario : « Les choses ont été mal présentées. Ce n’est pas inscrit dans ce sens. Je n’ai pas pour habitude de me battre pour lâcher l’affaire après. Les choses ont évolué depuis (le message où Nathan Casano dit qu’il sera maire au soir du second tour, Ndlr). Je suis pour la transparence. Les choses se décident à 23 et elles se décident parce qu’il y a une question qui est posée. Pour l’instant la question ne se pose pas. Mon seul souci c’est de redresser la ville. Tout le temps que je pourrais le faire, j’assumerai le mandat ».

    Trois autres listes sont en course à Bessèges, celle de l’adjointe à l’éducation Christine Roux, celle de l’adjoint à l’économie et au commerce Gilbert Baptiste et celle de la responsable associative Sophie Lalanne.

  • Dix jours de cinéma d’outre-Manche à Nîmes

    Dix jours de cinéma d’outre-Manche à Nîmes

    Pendant dix jours, le public pourra découvrir plus d’une trentaine de films couvrant plus d’un siècle de cinéma britannique et irlandais au cinéma le Sémaphore et à Carré d’Art. Avant-premières, films inédits, documentaires ou classiques restaurés composent une programmation éclectique fidèle à l’ADN du festival : mêler patrimoine et création contemporaine.

    Temps fort de cette édition, la venue du réalisateur irlandais Jim Sheridan, figure majeure du cinéma engagé. L’auteur de My Left Foot, In the Name of the Father ou The Boxer accompagnera plusieurs projections et rencontres avec le public. Six de ses films seront présentés durant le festival.

    Classiques et découvertes

    Les organisateurs proposent également plusieurs hommages, notamment au cinéaste britannique Charles Crichton, réalisateur du célèbre Un poisson nommé Wanda, ainsi qu’à Peter Watkins, disparu en 2025. Le festival mettra aussi en lumière la vitalité du nouveau cinéma irlandais avec plusieurs films inédits, dont Aontas, Fréwaka ou Horseshoe. Des courts-métrages de la London Film School, présentés par son directeur Chris Auty, complètent la programmation.

    Autre rendez-vous original : un ciné-concert autour de Sherlock Holmes, porté par Virgile Goller, qui fera dialoguer images muettes et musique en direct. Master classes, rencontres avec les invités et séances spéciales jalonneront également ces dix jours de projections.