Tag: France

  • [C’est l’été] Lecture : « La souris bleue », de Kate Atkinson

    [C’est l’été] Lecture : « La souris bleue », de Kate Atkinson

    Considérée par Stephen King – excusez du peu ! – comme le meilleur mystère de la décennie, la fiction de Kate Atkinson, traduit par Isabelle Caron, nous conduit, sous une chaleur étouffante, à Cambridge, où un détective privé, au passé douloureux et qui a hérité du subtil humour britannique de sa créatrice, enquête sur des affaires criminelles non-élucidées. Parmi ces investigations, il y a celle de la souris bleue (d’où le titre), doudou d’une enfant volatilisée du jardin de ses parents, trente ans plus tôt. Un roman où l’invention foisonne de façon prodigieuse.

    Éditions Bourgois, 13 euros

  • [Entretien] Gilles Béna, directeur de recherche à l’IRD : « Il n’y a aucune réflexion et ça se fait au pas de charge »

    [Entretien] Gilles Béna, directeur de recherche à l’IRD : « Il n’y a aucune réflexion et ça se fait au pas de charge »

    La Marseillaise : Vous travaillez sur quoi actuellement ?

    Gilles Béna : Mon unité travaille sur la santé des plantes et notamment sur la lutte contre les pathogènes qui attaquent le riz, en Colombie, en Afrique ou en Asie du Sud-Est. Je travaille avec le Cambodge où nous avons monté en co-construction, un laboratoire mixte international. Notre problématique, c’est la culture du riz et la question de l’agroécologie : comment diminuer les traitements aux pesticides, aux insecticides par des approches alternatives.

    Concrètement ce travail au Cambodge se traduit comment ?

    G.B. : Fin août, je pars pour trois ans en affectation à Phnom Penh pour développer des programmes avec les chercheurs et enseignants-chercheurs locaux. Avoir une question de recherche et la développer avec nos partenaires du Sud sur des problématiques de leur pays, c’est le cœur de métier de l’IRD. Ces outils de projection, ces expatriations, ces missions longue durée font son originalité et permettent aussi d’encadrer et former des étudiants.

    Quel est l’intérêt d’être sur place ?

    G.B. : La continuité. Il y a cette image de « chercheurs hélicoptères », notamment pour les chercheurs américains qui restent quinze jours, prennent les données qui les intéressent et repartent. Ils vont associer les chercheurs du sud dans leurs publications mais en termes de formation, il n’y a rien. Nos projets sont plus ambitieux.

    On parle de la soft diplomatie de l’IRD. ça participe de cela ?

    G.B. : Complètement. On a des exemples de gens que l’IRD a accompagnés dans leur parcours scientifique de formation et sont rentrés dans des ministères de la recherche ou de l’enseignement supérieur des pays du sud. On voit qu’un lien intime et personnel, s’est créé avec l’IRD et la France. Tous les pays riches font de l’aide au développement mais souvent, ce n’est que du financement. L’IRD et la France ont une relation beaucoup plus proche via ces relations personnelles qui se nouent.

    Ce projet de fusion de l’IRD avec le CNRS, remet en cause votre mission ?

    G.B. : J’ai une lettre d’affectation au 1er septembre. L’interrogation, c’est si au 1er janvier, l’IRD a été dispersé au sein du CNRS : est-ce que le CNRS, qui est dans une vraie difficulté financière, va continuer à financer ces projections ? Si ce n’est pas le cas, des dizaines d’années de partenariats vont s’écrouler du jour au lendemain. Ce n’est pas la même ampleur mais on voit ce qui s’est passé avec les États-Unis de Trump qui ont, du jour au lendemain, arrêté leurs soutiens financiers. Ça a été catastrophique.

    Vous avez en tête d’autres cas de travaux de recherche ?

    G.B. : L’IRD a des partenariats dans à peu près tous les domaines de recherche, de la maladie du sommeil, la trypanosomiase africaine qui est en phase d’éradication en République de Gambie et est un exemple de réussite, à la gestion des stocks de poissons au Chili autour de la problématique de El Nino, dont le suivi a permis de donner des préconisations sur leur gestion. On peut décliner à la pelle les exemples de travaux issus de collaborations à long terme qui aboutissent à des choses vraiment concrètes.

    Et pour le quotidien des Français ?

    G.B. : J’ai vu mardi qu’un premier cas de virus West Nile dans les Pyrénées-Orientales a été observé. Ce virus de la vallée du Nil en Égypte est transmis par des moustiques. On voit bien qu’avec le réchauffement climatique, ces maladies qui sont travaillées par des unités de recherche de l’IRD depuis des années dans des pays du Sud, arrivent chez nous… C’est ce qui est un peu troublant dans cette volonté de faire disparaître l’IRD sur une base dogmatique, arguant que l’état doit être efficace, qu’il y a deux opérateurs, CNRS et IRD, et qu’il n’en faudrait plus qu’un. Mais il n’y a aucune réflexion et ça se fait au pas de charge. Officiellement, on n’est pas censé savoir que cette fusion arrive mais on l’annonce officieusement pour le 1er janvier. Tous les services administratifs disent « c’est impossible », sauf à aller au chaos.

  • Barrillot et Layrac sélectionnés pour le Tour de l’Ain

    Barrillot et Layrac sélectionnés pour le Tour de l’Ain

    Bohémond Barrillot et Gabriel Layrac ont en effet été retenus pour intégrer l’équipe de France U23 qui disputera l’épreuve du 28 au 30 juillet prochain. Une belle récompense pour les deux coureurs aixois, qui perpétuent ainsi la tradition du club de voir ses talents accéder aux sélections nationales.

    Piliers de la formation dirigée cette saison par Sébastien Cottier, les deux Espoirs réalisent un exercice 2026 particulièrement remarqué. Leur convocation en équipe de France vient récompenser des performances de haut niveau et confirme leur progression au sein du peloton national.

    Gabriel Layrac s’est notamment illustré, cette année, en prenant la troisième place des Championnats Sud Paca. Il avait également créé la sensation au printemps en remportant la première étape du Tour professionnel des Asturies, signant ainsi l’une des plus belles victoires de sa jeune carrière.

    De son côté, Bohémond Barrillot est tout simplement en train de réaliser sa meilleure saison. Actuellement sixième au classement des meilleurs Espoirs Continentaux, il affiche des statistiques impressionnantes avec cinq podiums, dont trois victoires, ainsi que quatorze Top 10 depuis le début de l’année. Une régularité qui lui vaut aujourd’hui cette première sélection sous le maillot bleu.

    Cette double convocation constitue une grande fierté pour l’AVCA Provence Dole et vient récompenser le travail accompli par les coureurs comme par l’encadrement du club. Tous les regards seront désormais tournés vers le Tour de l’Ain, où Bohémond Barrillot et Gabriel Layrac tenteront de briller sous les couleurs de l’équipe de France U23, aux côtés d’Arthur Blaise (Aarco), Thimotée Coudière-Cantin (Vendée-U), Corentin Lequet (Atria) et Jules Vaugrenard (Mayanne).

  • [Tour de France] Jasper Philipsen retrouve la lumière du Dauphiné

    [Tour de France] Jasper Philipsen retrouve la lumière du Dauphiné

    Parfaitement lancé par Mathieu Van der Poel, le sprinteur belge d’Alpecin Jasper Philipsen a devancé le Suisse Mauro Schmid et le Néerlandais Olav Kooij mercredi pour décrocher sa 11e victoire sur le Tour de France, la première de son édition 2025.

    Très ému à l’arrivée, Philipsen a laissé éclater son soulagement après une première partie de Grande Boucle particulièrement difficile.

    « Après de telles montagnes russes d’émotions sur ce Tour de France, j’ai dû attendre la 17e étape, souffle-t-il. Je m’étais bien préparé, mais je n’étais pas dans la forme de ma vie. Les premières étapes ont été horribles. Je n’arrivais pas à retrouver les sensations que j’espérais. Gagner après 17 étapes, c’est vraiment important pour l’équipe, qui a continué à croire en moi. J’étais déçu et frustré de ne pas avoir réussi à m’imposer jusque-là. »

    Les principaux favoris du classement général, à commencer par le maillot jaune Tadej Pogacar, ont franchi la ligne dans un deuxième groupe, tranquillement arrivé avec près de neuf minutes de retard.

    Cette victoire constitue le deuxième succès d’Alpecin-Deceuninck dans cette 113e édition du Tour, après celui de Mathieu Van der Poel à Ussel. Elle porte également à six le nombre de victoires belges sur cette Grande Boucle, en comptant les trois succès au sprint de Tim Merlier – depuis contraint à l’abandon – et les deux victoires de Remco Evenepoel.

    Pour Philipsen, ce succès représente un immense soulagement après avoir accumulé les places d’honneur depuis le départ du Tour. Le Belge est resté de longues secondes allongé sur le sol à l’arrivée, savourant pleinement son triomphe.

    « Cette victoire m’a coûté quelques années de vie. Je me suis battu entre les deux groupes. À un moment, je pensais que l’étape était perdue, mais l’équipe a continué d’y croire et a construit un plan. Les gars ont été incroyables et m’ont parfaitement amené jusqu’à la ligne d’arrivée », sourit-il.

    Grâce à cette victoire, Philipsen réalise également une excellente opération au classement du maillot vert. Il revient à seulement sept points du leader Mads Pedersen, lui aussi présent dans le groupe de tête et huitième de l’étape.

    Une étape débridée

    La journée avait été particulièrement mouvementée, marquée par une succession d’attaques qui ont rapidement morcelé le peloton. Même Isaac Del Toro, troisième du classement général, a été momentanément piégé.

    Un groupe de seize coureurs, parmi lesquels Mathieu Van der Poel et l’infatigable Quinn Simmons, a longtemps semblé pouvoir aller au bout. Mais il a finalement été repris par un groupe de six coureurs comprenant notamment Mads Pedersen et Jasper Stuyven.

    Ce dernier a tenté sa chance en solitaire dans le final, avant d’être repris à un peu plus de trois kilomètres de l’arrivée, dans la côte de la Commanderie.

    Dans les derniers kilomètres, Van der Poel a une nouvelle fois joué son rôle de poisson-pilote de luxe. Le Néerlandais a neutralisé les différentes offensives avant de placer Philipsen dans les meilleures conditions. Sur la dernière ligne droite, le Belge a jailli avec puissance pour s’imposer largement, les deux poings levés. Désormais, Philipsen vise le classement par points : « Les prochaines étapes seront difficiles, mais je vais me battre jusqu’à Paris pour le maillot vert. »

    Au classement général, Tadej Pogacar conserve son maillot jaune avec 4’32’’ d’avance sur Remco Evenepoel. Le Slovène devance toujours Isaac Del Toro et le Français Paul Seixas avant la première des trois étapes alpestres, prévue jeudi.

  • L’IRD, fleuron de la recherche, cible de l’état

    L’IRD, fleuron de la recherche, cible de l’état

    La nouvelle a fait l’effet d’une bombe auprès des 2 300 agents. Vent debout, des directrices et directeurs scientifiques de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) réclament au gouvernement, dans une tribune publiée mi-juillet dans Le Monde, de suspendre le projet d’intégration de leur établissement au Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Cette perspective suscite l’inquiétude chez les personnels.

    Créé il y a 80 ans, cet établissement dont le siège est basé depuis 2008 à Marseille, est un organisme de recherche public français pluridisciplinaire engagé dans des partenariats équitables sur le développement durable et solidaire avec une cinquantaine de pays du Sud. Il intervient en Afrique, en Amérique latine, en Asie et dans les Outre-mer. Ses travaux portent sur la santé, le climat, la biodiversité, l’agriculture ou les dynamiques sociales et géopolitiques.

    Mission « état efficace »

    Dans le cadre de la mission « État efficace » portée par le gouvernement Lecornu, l’IRD serait appelé à rejoindre le CNRS. Et le conditionnel prend ici tout son sens. « Officiellement, il n’y a aucune lettre écrite des ministères aux PDG du CNRS et de l’IRD », souligne Gilles Béna, directeur de recherche à l’IRD. Et si l’échéance du 1er janvier 2027 circule avec insistance, « formellement, les discussions sur comment on intègre le personnel et on maintient les activités de l’IRD, n’ont pas commencé. On est dans le flou le plus total ».

    L’option a d’abord été accueillie avec incrédulité par le personnel. « C’est un éternel serpent de mer. J’ai été recrutée en 2002 et on parlait déjà de projet de rapprochement avec le CNRS », note Fabienne Cartieaux, secrétaire générale du STREM-CFDT, syndicat majoritaire de l’établissement.

    La critique porte d’abord sur le manque de visibilité de l’opération. « On a essentiellement des informations en off », souligne la syndicaliste. Si la PDG de l’institut, Valérie Verdier, a confirmé l’existence de discussions en ce sens, les contours du projet restent incertains.

    Aucun document officiel n’a été présenté aux instances représentatives du personnel. Or une réforme d’une telle ampleur nécessite a minima d’être examinée en comité social d’administration. « Ce qui se dit avec insistance, c’est que ça se fera à marche forcée puisque le ministère souhaiterait que ce soit acté au 1er janvier 2027 », reprend Fabienne Cartieaux. Selon nos informations, un décret est attendu et des lettres de mission doivent arriver vendredi sur les bureaux des présidents du CNRS et de l’IRD.

    Outil stratégique

    Pour ses détracteurs, le projet menace bien davantage qu’une structure administrative. « Rapatrier l’IRD au CNRS veut dire que toute la spécificité de ses implantations dans le Sud et toute notre diplomatie sur le savoir et la coopération, vont être minés », s’alarme Hendrik Davi, député marseillais de L’Après qui a adressé une lettre ouverte au Premier ministre. L’élu redoute que cette réorganisation « déstabilise les collectifs existants » et fragilise des recherches stratégiques « en océanographie, sur les maladies infectieuses et émergentes, le chikungunya, la dengue ou le changement climatique ».

    Les organisations syndicales sont vite montées au créneau. Le 9 juillet lors d’un comité social d’administration, les représentants du personnel ont demandé des précisions sur le calendrier et les modalités. Sans succès. Dans un communiqué, le SNCS-FSU et le SNTRS-CGT dénoncent l’absence de concertation et alertent sur ses conséquences pour les agents de cet « outil stratégique de la France, au service de la science, de la diplomatie, du développement durable, des Outre-mer et des partenariats internationaux ».

    La pérennité des missions inquiète en premier lieu les chercheurs. « On aurait pu imaginer que l’IRD devienne un onzième institut du CNRS avec des missions et des vocations préservées mais on s’oriente vers une fusion. Une véritable vente à la découpe », poursuit Fabienne Cartieaux. Une perspective qui nourrit les craintes d’une dilution progressive des activités de l’établissement.

    Économies de bout

    de chandelles

    « Des dizaines de chercheurs et d’étudiants de pays qui ont besoin de développer leur recherche scientifique et voient comme une opportunité extraordinaire le fait de le faire avec un institut français, vont rester sur le carreau », insiste l’anthropologue Kali Argiriadis qui travaille depuis 25 ans sur Cuba, le Mexique et Haïti. « Chaque représentation IRD qui disparaît, c’est une ou plusieurs dizaines de personnes des pays où sont implantées ces représentations qui disparaissent aussi. Cette façon de travailler est d’une richesse extraordinaire. » Pour elle, la France « va perdre des opportunités de découvertes et d’avancées scientifiques ».

    Les opposants au projet rappellent aussi que l’IRD représente un puissant outil d’influence internationale. « C’est 80 ans de partenariats tissés et de relations de collaboration très fortes qui ont un rôle de soft power diplomatique, énorme », rappelle Fabienne Cartiaux. Des coopérations qui ont permis de former des générations de chercheurs devenus parfois responsables académiques ou ministériels dans leur pays. « Ça nous permet d’avoir des relations d’une qualité exceptionnelle. En ces temps pas très réjouissants il semble malvenu de détricoter tout ça », insiste-t-elle, regrettant « des économies de bout de chandelle : les budgets de nos travaux au Sud, c’est autour de 22 millions par an. à l’échelle du budget de la France c’est ridicule mais l’impact est énorme ».

    L’AFD déjà minée

    Le projet du gouvernement pour l’IRD fait écho aux difficultés de l’AFD (agence française de développement), principal opérateur public de la politique française dans le monde qui a perdu 70% de ses ressources en trois ans, rappelle la CGT dans un communiqué, estimant que 160 à 380 postes seraient menacés en 2027, « avec une réorientation des priorités vers les intérêts économiques des grands groupes, au détriment des pays les plus vulnérables ».

  • L’impasse de l’austérité

    L’impasse de l’austérité

    Dans la novlangue du gouvernement, il faut traduire l’opération « État efficace », concocté par le Premier ministre Sébastien Lecornu, par « destruction du service public et des outils remarquables de la recherche français ». C’est plus long mais cela colle parfaitement à la réalité. On sait depuis Orwell que « la paix, c’est la guerre » et que « 2+2 = 5 ». C’est donc la sidération qui domine au sein des travailleurs de l’Institut de recherche pour le développement, l’IRD depuis qu’ils ont appris qu’un projet de fusion avec le CNRS était sur la table du gouvernement. Selon les informations de La Marseillaise, l’affaire pourrait être pliée en moins de six mois. Mais rien n’est fait et la médiatisation, la mobilisation des personnels pourraient mettre un coup d’arrêt à ce projet d’appauvrissement de la recherche publique. Quelle est, de plus, la légitimité réelle d’un gouvernement en fin de course, à quelques mois de l’élection présidentielle pour qu’il se croie autorisé à détruire 80 ans d’histoire et de travaux nécessaires ?

    Lecornu sort le rabot

    Le Premier ministre a dévoilé ses intentions dans Paris Match, propriété de Bernard Arnault, un des individus les plus riches du monde, qui n’aime pas payer des impôts et dîne à l’occasion avec Marine le Pen. Et que nous dit l’autoproclamé « moine soldat » de la macronie finissante ? Qu’il faudra, dans le budget 2027, raboter encore les finances publiques sans augmenter les impôts mais en demandant, par exemple « un effort à ceux qui achètent plus de 50 boîtes de médicaments par an ou vont plus de 25 fois chez le médecin par an ». Ce sont des recettes libérales éculées à des années-lumière des défis à relever et des aspirations citoyennes. Des propos qui illustrent aussi la terrible impasse de l’austérité.

  • Fin de partie chaotique de la session parlementaire

    Fin de partie chaotique de la session parlementaire

    Les débats se sont nettement tendus peu après minuit dans la nuit de lundi à mardi, face au refus du gouvernement de permettre aux députés de voter sur des amendements déposés par plusieurs d’entre eux pour supprimer du texte sur l’urgence agricole le volet sur les néonicotinoïdes, introduit au Sénat. À ce stade de la procédure, le gouvernement bénéficiait en effet d’un droit de veto, et pouvait décider de leur mise au vote.

    Une partie du bloc central a protesté avec vigueur contre ce choix, encouragée par toute la gauche: « Si le débat doit avoir lieu, ayons ce débat », a plaidé l’ancienne ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher (Ren.), face à une ministre de l’agriculture, Annie Genevard, inflexible. Le président du groupe EPR Gabriel Attal s’est étonné que le gouvernement ne laisse pas le Parlement « trancher ». La ministre de l’Agriculture a finalement vu son texte approuvé par une large majorité
    – 296 voix contre 224 -, ce dont elle s’est dite « très satisfaite » mardi. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a lui assuré que le texte comporte des mesures « attendues par le monde agricole » et appelé à ne pas l’« instrumentaliser à des fins politiciennes ». Mais les divisions sont évidentes. Agnès Pannier-Runacher a dénoncé mardi « un passage en force du gouvernement » et un « déni de démocratie ». Au Sénat, ce projet de loi d’urgence agricole devait passer triomphalement, après avoir surmonté l’épreuve de l’Assemblée.

    Soutien de l’extrême droite

    Les textes sur le sport professionnel, et sur la montagne vivante et souveraine, approuvés lundi à l’Assemblée, devaient aussi être adoptés sans difficultés. Au Palais Bourbon, les projets de loi sur la sécurité du quotidien (Ripost), l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, ainsi qu’une proposition de loi sur l’immobilier de l’État, devaient eux aussi obtenir un ultime feu vert. Mais certains votes n’ont été obtenus qu’au prix de concessions majeures sur le fond – ainsi du projet de loi justice criminelle de Gérald Darmanin, amputé d’un article phare sur le plaider-coupable criminel, rejeté tant par la gauche que par le RN. Et pour nombre de textes, que ce soit sur le versant régalien ou économique, les majorités n’ont souvent été atteintes que grâce au soutien du Rassemblement national. Les députés d’extrême droite n’ont pas manqué de le souligner, moquant les bancs souvent clairsemés de la coalition gouvernementale.

    Fermeture du Parlement ce mercredi, pour 2 mois

    Une situation qui désole la gauche. Le député du groupe écologiste Pouria Amirshahi pointe une « accélération de l’agenda réactionnaire », avec la « bascule de nos institutions vers des dispositifs qui sont soit d’inspiration lepéniste (…), soit votés avec le concours de leurs troupes ». Dans son viseur notamment, la loi sur la présomption d’usage légitime des armes pour les forces de l’ordre, adoptée le 7 juillet à l’Assemblée, et contre laquelle plus de 700 000 personnes ont signé une pétition. Après cette salve de textes, l’Assemblée fermera mercredi, pour environ deux mois. Avec déjà dans toutes les têtes le casse-tête de la discussion budgétaire, qui s’annonce « inextricable » selon Pouria Amirshahi.

  • [C’est l’été] Lecture : « La vie meilleure », d’Etienne Kern

    [C’est l’été] Lecture : « La vie meilleure », d’Etienne Kern

    C’est au tour d’Étienne Kern de retracer un destin exceptionnel, celui d’Émile Coué (1857-1926), qui ne renia jamais ses origines plébéiennes, fascina ses contemporains par sa parole des plus encourageantes, et dont la méthode « Tous les jours, à tous points de vue, je vais de mieux en mieux », qui apprend à nous autosuggestionner, continue d’être suivie en chaque coin de notre planète. Nous avons rarement ressenti pareil plaisir à tourner les pages d’un livre.

    Folio, 9,20 euros

  • [Tour de France] Evenepoel pédale plus vite que son ombre en Haute-Savoie

    [Tour de France] Evenepoel pédale plus vite que son ombre en Haute-Savoie

    Le jour de la fête nationale belge, Remco Evenepoel s’est offert un nouveau coup d’éclat sur le Tour de France. Mardi, le coureur de Red Bull-Bora a remporté la 16e étape, un contre-la-montre de 26,1 kilomètres disputé entre Évian et Thonon-les-Bains, en signant le meilleur temps devant Tadej Pogacar et Mattias Skjelmose.

    Véritable référence mondiale dans l’exercice chronométré, le Belge a survolé le parcours avec 28 secondes d’avance sur le Slovène, maillot jaune, et 1’04 sur le Danois Skjelmose, auteur d’une performance inattendue à ce niveau.

    « C’est incroyable, c’était vraiment un super contre-la-montre. Beaucoup de monde était là, ma femme et mes parents aussi. C’est un jour très spécial, surtout un jour de fête nationale belge. J’ai appris que mon coéquipier Florian Lipowitz était tombé et avait dû abandonner, et cela m’a rendu triste. J’avais encore plus envie de gagner après cette annonce. Je suis vraiment fier et très heureux d’avoir remporté cette étape, et surtout d’avoir gagné deux étapes de suite », a déclaré Remco Evenepoel après sa victoire.

    Le jeune Français Paul Seixas a une nouvelle fois confirmé son immense potentiel en prenant la quatrième place, à 1’16 du vainqueur, juste devant le Mexicain Isaac Del Toro. La journée a en revanche été marquée par l’abandon de l’Allemand Florian Lipowitz, cinquième du classement général au départ de l’étape, victime d’une chute.

    Deuxième du classement général, Evenepoel profite de ce succès pour réduire légèrement son retard sur Pogacar. Le Belge revient désormais à 4’32 du maillot jaune.

    « J’étais très bien dès le départ. J’ai regardé mon compteur et j’ai vu que j’avais de bonnes sensations. J’ai rapidement compris que j’avais pris un bel avantage, tout en sachant que Tadej réalisait aussi un très bon chrono. J’ai ensuite bien négocié la descente et j’ai senti que je pouvais le laisser derrière moi. Je suis très heureux, même si l’abandon de Lipo rend cette victoire particulière. C’est une sensation incroyable d’être dans une telle condition physique en troisième semaine du Tour de France », a expliqué le Belge.

    Pogacar reste maître

    Malgré cette nouvelle démonstration, Evenepoel refuse de s’enflammer et estime que Pogacar reste le grand favori : « Il est en route pour une cinquième victoire dans le Tour de France. »

    Cette victoire est la deuxième d’Evenepoel dans cette 113e édition de la Grande Boucle, après son succès impressionnant dimanche au sommet du plateau de Solaison. Dans les contre-la-montre, le Belge continue d’affirmer une domination exceptionnelle : il compte déjà trois titres de champion du monde et une médaille d’or olympique, remportée à Paris.

    Il s’agit de la 26e victoire de sa carrière dans un contre-la-montre, et de son troisième succès dans l’exercice sur le Tour de France après Gevrey-Chambertin en 2024 et Caen l’an dernier.

    Surnommé « l’homme-obus » pour ses qualités aérodynamiques hors normes, Evenepoel a mené la course de bout en bout sur un tracé exigeant composé de trois secteurs distincts : une longue ascension d’environ 10 km, une descente rapide et technique, puis une portion finale parfaitement plate jusqu’à l’arrivée.

    « Les plus dures étapes arrivent, elles ne sont pas passées encore », prévient le Flamand. « J’étais bien en début de Tour, mais là je sens que je suis de mieux en mieux. J’avais besoin de trouver le rythme de la course à nouveau », ajoute-t-il.

    Pogacar a lui aussi réalisé un excellent chrono, même s’il a frôlé la chute dans le même virage où Lipowitz a été victime de son accident.

    Paul Seixas, encore impressionnant, confirme sa place parmi les grands espoirs du cyclisme mondial. Il devance une nouvelle fois Isaac Del Toro, qu’il talonne désormais au classement général pour la quatrième place.

    En revanche, Juan Ayuso a connu une journée plus difficile. L’Espagnol a concédé 2’22 à Evenepoel et, cinquième au général, compte désormais plus de deux minutes de retard sur Seixas.

    Nouvelle vague de contrôles

    Plusieurs équipes du Tour de France, dont Red Bull Bora, Decathlon CMA CGM et Groupama-FDJ, ont reçu la visite des inspecteurs de l’International Testing Agency (ITA) lors de la journée de repos, lundi soir, pour des contrôles.

    Contrairement à ceux subis en pleine nuit par Jonas Vingegaard et Tadej Pogacar, jugés « inhumains » par de nombreux coureurs, les tests de lundi ont été effectués à des heures plus traditionnelles, dans la soirée, même si certains athlètes étaient déjà au lit. L’équipe Decathlon CMA CGM de Paul Seixas a, elle, reçu la visite des contrôleurs de l’ITA « en début de soirée », tout comme Groupama-FDJ.

  • Loïs Grasshoff, un minot marseillais devenu grand

    Loïs Grasshoff, un minot marseillais devenu grand

    Dans la famille Grasshoff, on demande l’aîné. À 21 ans, Loïs confirme, saison après saison, les promesses entrevues depuis ses débuts au Smuc Basket. Formé dès l’âge de 6 ans au sein du club phare de la cité phocéenne, l’arrière provençal s’est rapidement fait remarquer par Le Mans, l’une des références du basket français, où évolue également son petit frère Bastien, de trois ans son cadet.

    Prêté la saison dernière à Aix-Maurienne, le Marseillais y a vécu une expérience « enrichissante », marquée par la confiance accordée par son entraîneur, Julien Cros. Malgré une blessure à l’ischio survenue en mars, qui l’a privé de la fin de saison, Loïs Grasshoff poursuit sa progression. Il découvrira, lors du prochain exercice, un nouveau défi sous les couleurs de l’ADA Blois, toujours en Élite 2 (Pro B), où il est prêté pour poursuivre son développement. « C’est un club qui m’intéressait », confie-t-il.

    Un choix mûrement réfléchi, alors que plusieurs formations françaises s’étaient positionnées, tout comme certaines universités américaines évoluant en NCAA. « Ce n’est pas forcément quelque chose qui me faisait vraiment triper, je n’ai jamais eu le rêve américain », révèle le lauréat de la Coupe du Monde U18 de basket 3×3 avec l’équipe de France, en 2022.

    Chez les Abeilles, un club qui a évolué en Betclic Élite entre 2022 et 2024, Loïs Grasshoff retrouvera son ancien coéquipier d’Aix-Maurienne, Lucas Demahis-Ballou, avec qui il dit partager une « alchimie rare ».

    Sous les ordres de David Morabito, le Marseillais espère s’inscrire dans la continuité de son passage en Savoie, où il bénéficiait d’un rôle important avec près de 20 minutes de jeu par rencontre, un temps de jeu conséquent pour un jeune basketteur de son âge évoluant à ce niveau. Pour autant, il garde les pieds sur terre : « Quoi qu’il arrive, je dois gagner ma place sur le terrain », glisse l’ancien smuciste, conscient qu’il doit posséder « un shoot plus fiable », progresser sur « la lecture du jeu », apprendre à « casser le rythme » et avoir « plus d’aisance avec la balle ».

    Un retour à Marseille ?

    Marseillais de cœur, Loïs Grasshoff profite de chacun de ses retours dans la cité phocéenne pour retrouver sa famille et ses proches. Malgré la distance, il suit également avec attention le développement de Marseille Basketball, le projet porté par Charles Assailly et Alexandre Fassy. « Je leur souhaite le meilleur, car notre ville a besoin d’un grand club de basket », confie celui qui, comme de nombreux jeunes talents marseillais, a dû quitter très tôt sa ville pour poursuivre son rêve de devenir professionnel.

    Si le projet atteint son objectif, rejoindre la Betclic Élite d’ici à 2031, le jeune Grasshoff n’aura alors que 26 ans. Un âge qui pourrait, pourquoi pas, lui offrir l’occasion de défendre un jour les couleurs de sa ville natale. L’histoire reste à écrire.

    Les premières pierres du projet Marseille Basketball

    À l’aube de sa première saison sous l’identité « Marseille Basketball », le club phocéen, engagé en Nationale 2, a déjà posé les premières pierres de son projet sportif. Ces dernières semaines, quatre recrues ont ainsi été officialisées : le jeune intérieur Tidjiane Mammone (21 ans), l’ancien ailier de Betclic Élite Jordan Aboudou (35 ans), l’arrière Kévin Minar (22 ans), récemment passé par Fos Provence Basket, ainsi que le meneur international malgache Kiady Razanamahenina (29 ans). Dirigée par Miroslav Dobrican, entraîneur serbe réputé pour son exigence et sa rigueur tactique, la formation marseillaise dispose d’arguments solides pour viser les premières places de Nationale 2 et décrocher la montée en N1.