Tag: France

  • L’ère Zinédine Zidane s’ouvre en Turquie

    L’ère Zinédine Zidane s’ouvre en Turquie

    Un nouveau chapitre de l’histoire de l’équipe de France s’ouvre, ce vendredi en Turquie, en Ligue des nations, avec les débuts de Zinédine Zidane au poste de sélectionneur. Un défi de taille pour l’icône du sport tricolore après les 14 longues années de l’ère Didier Deschamps. C’est à Izmit, ville de la province de Kocaeli située à une centaine de kilomètres à l’est d’Istanbul, que l’ex-meneur de jeu inaugurera son mandat à la tête des Bleus, accompagné par de fortes attentes dues à son statut de légende du ballon rond et une expérience réussie sur le banc du Real Madrid (2016-2018, 2019-2021), couronnée d’un triplé en Ligue des champions.

    Obnubilé par son envie de diriger coûte que coûte l’équipe de France, Zidane a dû faire preuve de patience, refusant tout autre projet depuis son départ de la « Maison Blanche ». L’émotion sera donc présente au moment du coup d’envoi pour celui dont le dernier match en tant que technicien remonte au 22 mai 2021 et sur qui les projecteurs seront principalement braqués. Le Ballon d’Or 1998, âgé de 54 ans, hérite d’un groupe qui sort d’une Coupe du monde au goût d’inachevé avec une défaite amère en demi-finales face à l’Espagne (2-0), future lauréate de l’épreuve, après avoir enchanté le tournoi par son jeu résolument tourné l’avant. L’ancien capitaine français ne part donc pas d’une page blanche.

    Il sait également la difficulté qu’il y a à succéder à un technicien nanti d’un palmarès incomparable en bleu (titres au Mondial-2018 et en Ligue des nations 2021, finales de l’Euro-2016 et du Mondial-2022). Mais il n’est sûrement pas venu pour marcher simplement sur les pas de son prédécesseur et voudra d’emblée imposer son style. « On va faire différemment. DD, c’est DD, (Laurent) Blanc, c’était Blanc, Zizou c’est Zizou. Je vais faire ce que je sais faire », a-t-il lancé le 28 juillet, le jour de sa nomination.

    Vers un 4-3-3

    Les premiers entraînements à Clairefontaine ont d’ores et déjà fourni quelques clés concernant ses futures intentions. Un changement de système et un passage au 4-3-3 s’esquissent pour tirer un trait sur le 4-2-3-1 bâti par Deschamps dans l’optique du Mondial-2026. Mais c’est le nouveau positionnement de Kylian Mbappé qui devrait nourrir les débats des prochaines semaines. Après s’être imposé comme l’avant-centre des Bleus depuis l’Euro-2024, le meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France (66 buts) devrait être replacé sur le côté gauche, là où il a longtemps officié avant de basculer en pointe.

    S’il a été confirmé dans son rôle de capitaine, l’attaquant du Real Madrid, en pleine campagne médiatique pour l’obtention du Ballon d’Or, doit retrouver des sensations d’ailier, même s’il sera sans doute amené à permuter avec ses deux compères offensifs, Ousmane Dembélé et Michael Olise.

    Face à des Turcs éliminés au premier tour de la Coupe du monde et dirigés par l’ex-attaquant italien Vincenzo Montella, les Bleus seront largement favoris. Mais le contexte particulier et le nouvel environnement à apprivoiser pour les joueurs (sélectionneur, staff, schéma tactique) seront des données non négligeables à gérer. Pour Zidane et sa troupe, le plus dur commence.

    Ibrahima Konaté forfait, première pour Leny Yoro

    Après Warren Zaïre-Emery et Robin Risser, Ibrahima Konaté doit à nouveau déclarer forfait pour le premier rassemblement de l’ère Zidane. Le nouveau joueur du Real Madrid souffre d’une légère entorse au genou droit et retourne donc dans son club.

    Pour le remplacer, une autre nouveauté de la part de Zinédine Zidane. Dans un premier temps sélectionné avec les Espoirs, le défenseur central Leny Yoro (20 ans) monte d’un cran. Le Red Devil, formé à Lille, n’avait pas encore été appelé avec les A. La saison dernière, il avait pris part à 32 rencontres de Premier League avec Manchester United.

  • Pompiers : dans l’Hérault, le service public en bout de chaîne

    Pompiers : dans l’Hérault, le service public en bout de chaîne

    On est les derniers à récupérer tout ce que les autres administrations ne peuvent plus assurer. » Pour Gautier Néolas, le constat est celui d’un service public arrivé en bout de chaîne. Président du SA SPP-PATS 34 et sapeur-pompier professionnel à Béziers, il participe au mouvement national lancé le 8 septembre et appelé à durer jusqu’au 20 octobre.

    Après un été marqué par les mégafeux et la mort de quatre pompiers en France, la colère a gagné en visibilité. Mais les difficultés sont anciennes : budgets contraints, effectifs insuffisants et missions récupérées à mesure que d’autres services publics s’essoufflent. « Or nous non plus, on ne nous augmente pas les budgets. Automatiquement, on se retrouve à ne plus pouvoir assurer tout ce qu’on nous demande. » L’intersyndicale réclame un financement renforcé des Sdis par l’État, davantage de professionnels et une meilleure prise en compte de la santé des agents : fumées toxiques, fatigue, usure physique ou encore risques psychosociaux.

    Toujours plus de missions

    Dans l’Hérault, les chiffres donnent corps à l’alerte. 87 165 interventions ont été réalisées en 2025, soit environ 240 par jour et 15% de plus qu’en 2024, dont près de 80% consacrées au secours d’urgence aux personnes. Une activité déjà bien supérieure aux hypothèses de planification, établies autour de moins de 75 000 interventions annuelles.

    Les 16 centres mixtes concentrent à eux seuls 84,5% de l’activité départementale. Pour le syndicat, cette charge impose de renforcer les effectifs sans opposer professionnels et volontaires, ces derniers servant trop souvent de « variable d’ajustement lorsque les recrutements de professionnels ne suivent pas ». Son rapport recensait, en 2025, 643 sapeurs-pompiers dans les centres pour une cible de 668 : un déficit de 25 agents.

    Cela reste une grève particulière, puisque les secours continuent. Banderoles, inscriptions sur les véhicules, tractages et rencontres avec la population constituent l’essentiel des moyens d’action. Le 29 septembre, les pompiers rejoindront la mobilisation de la fonction publique : « On est en bout de chaîne. Après nous, les missions qu’on ne pourra plus faire, personne d’autre ne les fera. Si la sécurité civile est en danger, la population l’est aussi. » Au-delà du 20 octobre, la colère pourrait se déplacer vers les échelons locaux si aucune réponse nationale n’est apportée.

  • Aux sénatoriales dans le Gard et l’Hérault, sept sièges sont en lice

    Aux sénatoriales dans le Gard et l’Hérault, sept sièges sont en lice

    À douze jours du scrutin, le casting est désormais complet. Dimanche 27 septembre, 1 982 grands électeurs dans le Gard et 2 729 dans l’Hérault choisiront sept sénateurs. Une élection discrète, mais qui ressemble à un troisième tour des Municipales : les nouveaux rapports de force locaux vont se traduire au Palais du Luxembourg.

    Un deuxième siège pour

    la gauche dans le Gard ?

    Dans le Gard, cinq listes se disputent trois sièges. Les sortants Denis Bouad (PS) et Laurent Burgoa (LR) partent avec une longueur d’avance, sans garantie pour leur camp de doubler la mise. En 2020, la droite avait obtenu 672 voix et deux élus, contre 663 voix et un siège pour la gauche. Six ans plus tard, la donne est bouleversée : la gauche a conquis Nîmes, quand le RN a pris Vauvert, Bagnols-sur-Cèze et conserve Beaucaire. L’avantage nîmois de la gauche est cependant rongé par sa dispersion. La liste d’union de la gauche, autour de Denis Bouad, « Le Gard en commun », réunit PS, PCF et PRG, avec la communiste Cathy Chaulet en deuxième position. L’objectif : transformer la victoire nîmoise en deuxième siège. Mais Carole Bergeri mène sa propre liste divers gauche et LFI part seule derrière Jean-Baptiste Thibaud. En 2020, une dissidence socialiste avait recueilli 118 voix ; la gauche n’avait échoué que de quelques suffrages à décrocher un deuxième élu. À la plus forte moyenne, chaque voix égarée peut coûter cher.

    À droite, Laurent Burgoa présente au contraire une liste unique allant de LR au centre, soutenue jusqu’à Renaissance. Malgré la perte de Nîmes, le sortant conserve un réseau dense d’élus ruraux. Mais son véritable adversaire pourrait être Sylvie Josserand. La députée RN conduit une liste où figurent les maires de Vauvert et Bagnols-sur-Cèze. Le parti à la flamme avait déjà obtenu 203 voix en 2020, avec un ancrage municipal bien moindre. Son entrée au Sénat consacrerait une nouvelle étape de son implantation dans un département où l’extrême droite a remporté toutes les circonscriptions législatives en 2024.

    Dans l’Hérault, trois sièges

    à défendre pour la gauche

    Dans l’Hérault, la gauche se présente avec une équation presque inverse : elle détient aujourd’hui trois sièges sur quatre et a donc beaucoup à perdre. D’autant que deux de ses trois sénateurs, Christian Bilhac (PRG) et Henri Cabanel (DVG), ne repartent pas. Leurs retraits ont libéré deux fauteuils et aiguisé les appétits : pas moins de six listes issues de la gauche ou de ses marges se retrouvent en concurrence.

    Le sortant socialiste Hussein Bourgi, soutenu par le maire de Montpellier Michaël Delafosse (PS) et allié au PCF, semble disposer du socle le plus solide, notamment à Montpellier. Sa réélection paraît à portée, mais faire entrer sa numéro deux, Julie Frêche (PS), sera une autre affaire. Aurélien Manenc (DVG), poussé par le président du Département Kléber Mesquida (PS), entend capter l’électorat rural ; Florence Brutus (PRG), soutenue par Christian Bilhac, espère maintenir une représentation radicale ; Audrey Imbert (DVG) joue sa carte, tandis qu’Agnès Gizard-Carlin pour Les Écologistes et Alexia Laforge pour LFI ont choisi l’autonomie. Une addition de candidatures risque de coûter à la gauche l’un de ses trois sièges. La droite, elle aussi éclatée, dispose toutefois d’un socle municipal solide. Le sortant Jean-Pierre Grand (Horizons) repart avec Patricia Mirallès, mais doit affronter Joseph Francis (DVD), entouré de plusieurs maires, Alain Berthet pour LR et Malik Hamadache (DVD), soutenu par David Lisnard, maire de Cannes et président de l’association des maires de France. À cette offre déjà fragmentée s’ajoutent Romain Arnoult (Reconquête) et Amaury Fretay (divers centre).

    118 voix pour le RN en 2020

    Et derrière cet embouteillage, le RN attend son heure. La députée Manon Bouquin parie sur l’ancrage municipal accru de l’extrême droite, notamment après la conquête d’Agde et dans un Biterrois où la droite radicale dispose déjà d’un solide terreau. En 2020, le RN n’avait obtenu que 118 voix. Cette fois, décrocher un siège ne relève plus totalement de la politique-fiction si les suffrages continuent de s’éparpiller. Gard et Hérault deviennent ainsi deux laboratoires d’un même phénomène : la capacité du RN à transformer ses performances électorales en implantation institutionnelle durable. Face à lui, la gauche conserve de fortes positions locales, mais ses divisions peuvent l’empêcher d’en récolter les fruits. Le 27 septembre, quelques dizaines de voix pourraient montrer combien l’union ou la dispersion finissent par se compter.

  • [Coupe de France de pétanque] Six clubs bucco rhodaniens toujours en route

    [Coupe de France de pétanque] Six clubs bucco rhodaniens toujours en route

    Le 1er tour de zone dans le cadre de l’épreuve reine de la pétanque nationale est arrivé à sa date butoir.

    Un tour d’horizon nous permet d’établir un bilan avec un constat : six clubs seront présents au prochain tour…

    La Boule de Vitrolles vainqueur du club de Simon Santiago la B. Estoublon (04)

    Les Boulistes de l’Étoile Septèmoise ont brillé et sont revenus de l’Hérault en héros, après avoir pris le meilleur sur le Raid Boule Lézignanais.

    La Boule Doria, le club cher à Thierry Barriere a rendu fructueux son déplacement de la Côte d’Azur avec un succès sur Colomars. La Boule Aixoise a pour sa part réalisé aussi un déplacement fructueux sur la Côte d’Azur en s’imposant à Antibes. Vous avez pu vivre dans nos colonnes, la victoire du cercle Saint-Barnabé face au prestigieux DUC de Nice.

    Dernièrement, c’est la Boule Modérée qui a rejoint la saga des qualifiés. Les joueurs du président Fred Marinello ont accueilli et dominé les visiteurs de Saint-Mathieu-de-Tréviers.

    On attend maintenant la suite de l’événement. Un tirage au sort doit avoir lieu prochainement

  • [Entretien] François Ruffin : « Sur le logement, le RN c’est Macron après Macron »

    [Entretien] François Ruffin : « Sur le logement, le RN c’est Macron après Macron »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir choisi Marseille pour parler de logement ?

    François Ruffin : Le logement est un nœud de la société française aujourd’hui. Quand on parle de pouvoir d’achat, ce qui a le plus augmenté en quarante ans c’est le budget que les ménages consacrent aux loyers. À Marseille, c’est pareil ou même pire. Il y a 40 000 demandes de logements sociaux en attente, 20 000 qui sont inoccupés, 7% qui sont des passoires thermiques…

    Dans ce début de campagne,
    le premier parti à avoir parlé
    de logement, ça a été le RN…

    F.R. : Cela fait des mois que je le répète partout où je passe ! Marine Le Pen intervient sur un thème juste, en revanche ce qu’elle en dit est vraiment nul ! Elle ne parle pas des locataires, d’isolation, de rénovation. Il y a une obsession, les étrangers. À aucun moment elle ne parle de régulation. Elle, c’est Macron après Macron : il faut laisser faire le marché.

    Quelles sont vos solutions ?

    F.R. : Il faut peser sur les prix du logement, avec le plafonnement du prix des loyers sur l’ensemble du pays. La deuxième chose, c’est qu’ils ne doivent pas rester vides pour en faire des produits financiers ou des Airbnb. Il faut à chaque vente une commission municipale avec les élus, les associations de locataires, les propriétaires qui puisse exiger que cela reste de l’hébergement à l’année. Le troisième point, c’est de construire du bâtiment public à destination de la jeunesse : nous avons un plan qui pose la construction de 40 000 logements publics pour les étudiants, autant pour les jeunes travailleurs. Il faut aussi doubler le prêt à taux zéro pour ne pas être condamné à être locataire à vie. Enfin, le premier chantier à mettre en œuvre en termes de défi climatique, c’est l’isolation des 5 millions de passoires thermiques du pays.

    Le premier débat de la primaire socialiste avait lieu mercredi soir, vous regrettez de ne pas y être ?

    F.R. : J’ai toujours eu pour objectif de rassembler la gauche et de rassembler les gens. Je me disais qu’il fallait une grande primaire, de Poutou à Hollande, cela a été refusé du côté insoumis comme des socialistes qui ont décidé de faire leur petite primaire. C’est leur terrain avec leurs arbitres, mais j’étais disposé à laisser parler les suffrages : ils veulent faire ça dans l’entre-soi avec un suffrage censitaire. C’est la victoire des gauches qui ne veulent pas se réconcilier et c’est la garantie de la défaite. Parce que le sujet, c’est de rassembler le pays pour ne pas se retrouver dans la situation de l’Allemagne avec une gauche des métropoles qui gagne à Berlin mais une extrême droite qui gagne dès qu’on s’éloigne du cœur des grandes villes.

    Vous êtes en campagne, vous êtes prêt à aller jusqu’au bout ?

    F.R. : Je n’ai jamais dit que j’irai jusqu’au bout, coûte que coûte, tout seul. Mon objectif est de poser des thèmes dans la campagne parce qu’il me semble qu’ils sont majoritaires. Notre thème prioritaire doit être le portefeuille des Français, nous devons marteler les questions économiques et sociales. J’œuvrerai jusqu’au bout pour qu’il y ait la possibilité d’une candidature de rassemblement majoritaire, sans mettre comme préalable que ce soit Ruffin à la fin.

  • [Exclusif] Benoît Payan va rencontrer le pape Léon XIV vendredi

    [Exclusif] Benoît Payan va rencontrer le pape Léon XIV vendredi

    Trois ans après la visite du pape François à Marseille, c’est à Paris que Benoît Payan rencontrera son successeur, à l’occasion du déplacement du pape Léon XIV en France. Convié par la présidence de la République avec le maire (PS) de Paris Emmanuel Grégoire, il participera à la rencontre avec les autorités, la société civile et le corps diplomatique organisée à l’Élysée, vendredi matin.

    « Nous connaissons les liens forts qui ont été créés entre Marseille et le pape lors de la venue de son prédécesseur en 2023 », explique-t-on dans l’entourage du maire, en se disant « très honorés » de l’invitation. Et de rappeler le rôle important joué par le cardinal Jean-Marc Aveline.

    «Je le connais un peu, il a été mon patron pendant deux ans, témoignait ce mercredi matin, sur France Inter, l’archevêque de Marseille, à l’origine de cette visite en France. Quand je lui ai proposé, c’était oui, mais il fallait trouver la date, c’était plus compliqué ». C’est alors qu’il se rendait à l’aéroport pour revenir à Marseille qu’il a appris que le pape acceptait, après l’annulation d’un voyage. « Ce jour-là, je m’en souviens, j’avais gardé 24 heures de silence total pour prendre la mesure intérieure de cette nouvelle et de tout ce qu’elle permettrait », partageait le cardinal.

  • La CGT sonne la riposte contre le plan social de Sodexo

    La CGT sonne la riposte contre le plan social de Sodexo

    Le groupe français de restauration collective et de services Sodexo a annoncé, le 26 août, prévoir la suppression de près de 1 100 postes en France pour rester compétitif, un nouveau plan social vécu comme un « tremblement de terre » par les syndicats. C’est le deuxième plan de sauvegarde de l’emploi annoncé par ce groupe, après un premier en 2020 dans le contexte de crise sanitaire du Covid-19. À l’époque, plus de 2 000 postes avaient été supprimés. En France, Sodexo emploie 25 000 personnes et exploite 4 000 sites.

    C’est dans ce contexte que plusieurs centaines de personnes en grève se sont rassemblées devant le siège de l’entreprise Sodexo, mardi à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), pour dénoncer le plan de licenciement financier orchestré par la direction de l’entreprise. Une action organisée à l’appel de la Fédération CGT commerce et services.

    Sophie Binet offensive

    « On a vécu un premier PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) après le Covid, qu’on pouvait accepter parce qu’il y avait eu la pandémie, mais là, on est pas du tout sur le même schéma, c’est un licenciement boursier », déplore auprès de l’AFP Gilles Sevilla, délégué syndical CGT du groupe. Sodexo prévoit la suppression de 963 postes en France, soit 4% des effectifs, dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi précédé d’une phase de départs volontaires. En plus de ces 963 postes, 134 salariés du siège du groupe sont concernés par le plan social. Une partie de ces postes administratifs devraient partir au Portugal, où les charges sont moindres, précise Gilles Sevilla.

    « La bataille ne fait que commencer. En matière d’annulation de plan de licenciement, la CGT a de l’expérience : c’est Auchan, quasiment 3 000 licenciements annulés en justice avec une victoire retentissante », a rappelé de son côté Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT venue soutenir la manifestation. « Aujourd’hui, le message est clair : annuler un plan de licenciements on sait faire, on va s’y attaquer et c’est pour ça qu’on conseille à la direction de Sodexo d’y renoncer », a-t-elle poursuivi.

    Plusieurs personnalités politiques sont venues soutenir la manifestation, à l’instar du secrétaire national du PCF et candidat à l’élection présidentielle Fabien Roussel, de la députée PCF Elsa Faucillon, la candidate Lutte ouvrière à la présidentielle Nathalie Artaud, ou encore Aurélie Trouvé, députée LFI de Seine-Saint-Denis.

    « Licenciement boursier » pour Fabien Roussel

    « Je fais le lien entre le combat que nous menons tous ensemble contre ces hausses des prix de l’énergie et de l’essence, et celui que vous menez ici, a souligné Fabien Roussel au micro. Il y a cette guerre de l’énergie qui se joue et que les Français paient cher aujourd’hui. Mais il y a aussi ces licenciements dont on ne parle pas. (…) Chez Sodexo, 1 000 suppressions d’emplois présentées comme un PSE. Il n’y a rien de social lorsqu’un licenciement concerne 1 000 personnes. Vous avez raison de vous mobiliser pour dénoncer ce licenciement boursier de la part d’un groupe qui a cumulé des milliards de bénéfices ces dernières années et qui fait le choix d’une réorganisation en en faisant supporter le coût aux salariés. Ce groupe fait le choix de maintenir des marges élevées pour ses actionnaires. Je demande que, dans les conseils d’administration, les salariés soient représentés autant que les actionnaires. »

  • [Volleyball] La France soigne son quart et verra le dernier carré

    [Volleyball] La France soigne son quart et verra le dernier carré

    Les Bleus au rendez-vous du dernier carré : l’équipe de France s’est qualifiée, mardi, pour les demi-finales de l’Euro de volley, en battant la surprenante Roumanie (3-0 : 25-16, 25-19, 25-19) à Sofia, en Bulgarie. Comme en 2023, les coéquipiers d’Antoine Brizard disputeront a minima une demie, qu’ils avaient obtenue il y a deux ans en battant là aussi les Roumains (3-0). Et comme en 2023, celle-ci pourrait se jouer contre l’Italie, qui s’avancera en favorite contre la Finlande mercredi.

    À l’époque, les Français s’étaient nettement inclinés, et avaient ensuite loupé le podium en perdant face à la Slovénie. Cette fois, la bande à Andrea Giani, équipe renouvelée, mais talentueuse, entre cadres et jeune génération, visera la première médaille tricolore dans l’épreuve depuis 2015 et la médaille d’or décrochée en Bulgarie.

    La différence s’est faite

    à chaque milieu de set

    Encore fallait-il éviter le piège de la Roumanie, celui même qui s’était refermé sur les Bleus en phase de groupes (défaite 3-2). La Roumanie, 22e nation mondiale forte de ce petit exploit, avait ensuite dominé largement l’Ukraine pour se hisser dans le Top 8, avec de son côté le talent du jeune Cristian Chitigoi, 21 ans (11 points).

    Mais contrairement à la phase de poules, où les Bleus étaient de toute façon déjà qualifiés, il n’y a cette fois pas eu de retournement de situation et de défaite après avoir mené 2-0. Si les Roumains et leur maillot à flammes ont un temps tenu le choc, les doubles champions olympiques ont toujours pris l’ascendant en milieu de set. Résultat, un succès large qui permet de rêver grand à l’aube des demi-finales.

  • [Prix des carburants] Face à la crise, le service minimum

    [Prix des carburants] Face à la crise, le service minimum

    Face à la presse ce mardi après-midi, le ministre de l’Économie Roland Lescure s’en prend à ceux qui « soufflent sur les braises ». Et promet : « Nous entendons les inquiétudes des Français, qui parfois s’expriment sous la forme d’une colère. Nous devons y répondre, et c’est ce que nous faisons aujourd’hui. » Après une double réunion lundi, le gouvernement a finalement dévoilé ses mesures pour faire face à la flambée des carburants. Sans changer nullement de cap. « Dès le début de la crise, l’État a apporté une réponse immédiate avec des mesures ciblées, adaptées et temporaires, résumait le résident de Bercy. Cette stratégie est inchangée, nous allons l’amplifier et l’élargir. »

    Ne pas taxer Total

    Le dispositif « Grands rouleurs » est ainsi renouvelé et doublé, avec un chèque de 100 euros pour les trois derniers mois de l’année. Surtout, il est étendu à 2,5 millions de personnes supplémentaires, pour viser 5,5 millions des 40% de Français les plus pauvres roulant au moins 15 kilomètres pour aller au travail, avec un versement automatique pour ceux qui en bénéficient déjà. Le plafond de défiscalisation de la prime carburant payé par les employeurs est aussi relevé à 1 000 euros, et le gouvernement promet de maintenir les chèques énergie pour 2027 en les versant au mois de janvier. Quant aux secteurs les plus exposés, les aides sont renouvelées pour les secteurs du BTP, de l’agriculture, des soignants à domicile et surtout de la pêche, pour laquelle elles atteignent le maximum de la réglementation européenne.

    Montant total de l’enveloppe consentie : 450 millions d’euros. Mais malgré l’ampleur de la crise, le gouvernement n’a même pas à revoir ses maquettes budgétaires pour débloquer ces aides. Moins de la moitié des ménages qui pouvaient en bénéficier jusqu’à présent ne les ont pas réclamées. L’effort sur l’année reste fixé à 1,4 milliard d’euros, quand l’Espagne avait annoncé 5 milliards au mois d’avril.

    Malgré les demandes des oppositions, pas question de baisser les taxes sur les carburants. « Ceux qui annonceraient des baisses d’impôts généralisées aujourd’hui seraient ceux qui annonceraient demain des hausses des taxes généralisées », pointe le ministre des Comptes publics David Amiel. Lui refuse de faire jouer la solidarité nationale : toutes les aides sont adossées à des coupes budgétaires. Pas question non plus de souscrire à la taxation des superprofits des groupes pétroliers, réclamée fin août à la Commission européenne par six pays. « Nous ne sommes pas tout à fait égaux par rapport à cette situation, défend Roland Lescure. Nous avons une grande major intégrée, qui participe au fait que nous n’avons pas de problèmes d’approvisionnement et qui plafonne les prix de l’essence dans un certain nombre de stations. » De quoi venir à la rescousse de Total qui annonçait 10 milliards de bénéfices nets au premier semestre. Le ministre préfère une enquête européenne sur les marges des raffineurs, demande déjà refusée par la Commission européenne.

    Yves Souben

    CE QU’ILS PENSENT

    Marc Pietrosino, Secrétaire général UD CGT 13, Marseille

    « Il n’y a pas eu d’annonces sur les salaires. Quand on paie pour aller travailler, la meilleure façon de contrer cela, c’est d’augmenter les salaires. La politique des chèques ne suffit pas. Le gouvernement a aussi beaucoup parlé d’électrification… Heureusement qu’on a mené le combat pour que la centrale de Gardanne tourne ! »

    A.B.

    Hervé Gout-Vernier, Marin-pêcheur, Martigues

    « Le prêt à taux zéro est une connerie : ça ne fait que reculer l’échéance du coup de grâce si la situation ne s’arrange pas. On nous prête de l’argent pour faire tampon avec les aides promises, qui tardent à arriver et pour un gasoil qui continue à monter. Qu’on fixe les prix du gasoil pour tout le monde et ce sera plus simple. »

    An.M.

    Gaëlle Cannat, Infirmière, Éguilles

    « On est partagés. La dernière fois rien ne nous concernait. Il y a eu un élargissement, avec un bonus pour les territoires ruraux, qui concerne visiblement 25 000 infirmières. C’est toujours bien si ça aide des collègues. Mais cela reste des mesures limitées dans le temps, ça ne sécurise pas notre exercice sur le long terme. Je dirai : bien mais peut mieux faire. »

    M.M.

    Jean Pugens, CGT retraité Bouches-du-Rhône, Roquevaire

    « Les mesures concernent les actifs, mais l’aide est loin de répondre à l’ensemble des travailleurs. Par ailleurs, les retraités aussi sont concernés par la flambée des prix : certains réduisent leur déplacement. Pour répondre au problème, nous revendiquons surtout le maintien de la gratuité des transports sur la Métropole. »

    M.M. et A.B.

    Philippe Antoine, Syndiqué CGT 04, Sisteron

    « On est loin du compte. Ça ne répond pas à ce que nous, en tant que syndicalistes, nous posons comme problème. Il faut repenser les choses, que l’ensemble des entreprises payent, qu’elles prennent désormais en compte le lieu de vie de leurs salariés. Les déplacements domicile-travail doivent être couverts par les employeurs. »

    M.M.

    Thierry Gozzerino, Agriculteur membre d’un réseau Amap, Salon-de-Provence

    « Ma comptable m’a déjà dit que j’avais dépassé mon barème en euros de gazole de l’an passé. Cette année entre camions et tracteurs, je vais faire pas loin de 10 000 euros. C’est monstrueux. 15 cts d’euros par litre ? C’est vraiment pas grand-chose. Je m’interroge sur mon orientation. »

    M.-L.T.

    RÉACTIONS

    Fabien Roussel, candidat à la présidentielle et secrétaire national du PCF

    « Le gouvernement n’entend pas la colère qui monte face à la hausse des prix du carburant. Il choisit les petits chèques très ciblés. Alors que les gros profits de Total vont eux exploser. Nous continuerons de nous battre pour la baisse des taxes et la nationalisation de Total. (…) C’est une trahison que d’avoir de telles marges et de faire de l’argent sur le dos de nos compatriotes. »

    Raphaël Glucksmann, fondateur de Place publique et candidat à la primaire sociale-démocrate

    « Si on n’a pas une réaction à la hauteur de l’État, on aura une implosion sociale. À chaque fois qu’il y a une guerre qui déclenche une hausse des prix, les multinationales du pétrole et du gaz font des bénéfices records. »

    Ian Brossat, sénateur et porte-parole du PCF

    « Depuis 10 ans, Macron a condamné les travailleurs à devenir mendiants, à quémander chèques énergie, chèques carburants, prime d’activité. Stop ! La solution : baisse des taxes injustes sur les carburants, augmentation des salaires. »

    Jérôme Guedj, député PS et candidat à la primaire sociale-démocrate

    « La crise des carburants n’est peut-être pas la faute directe de notre gouvernement, l’endiguer, si. Quand la guerre du Golfe éclatait, les socialistes protégeaient les Français en fixant les marges. Aujourd’hui, on surtaxe ceux qui sont les plus vulnérables sans faire contribuer les plus aisés. »

    Mathilde Panot, députée et présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale

    « Il est urgent de décréter l’état d’urgence sociale. Les marges des raffineurs ont été multipliées par 7,5. Total se gave : 11,2 milliards de bénéfices en six mois sur le dos du peuple de France. Il faut bloquer les prix et les marges. »

    David Amiel, ministre des Comptes publics

    « Il n’y a pas eu, il n’y a pas et il n’y aura pas de cagnotte. Ceux qui aujourd’hui viennent annoncer des baisses d’impôt générales annonceront demain des hausses de taxes générales pour pouvoir les compenser. »

    Roland Lescure, ministre de l’Économie et des finances

    « C’est une situation qu’on n’a pas choisie. Il y aura très vraisemblablement des aides supplémentaires à partir du 1er octobre, mais ce qu’il n’y aura pas, c’est une baisse de taxe généralisée. »

    Éric Ciotti, maire (UDR) de Nice

    « Face à l’explosion du prix des carburants, le gouvernement fait le choix de l’usine à gaz et des chèques bureaucratiques au lieu d’avoir le courage de la clarté en baissant la TVA ! Bureaucratie et suradministration ne régleront rien pour le pouvoir d’achat, mais augmenteront la dépense publique ! »

    David Lisnard, maire (NE) de Cannes et président de l’Association des maires de France

    « Multiplier des chèques ciblés à 450 millions d’euros finance la dette par la dette. La seule mesure de bon sens immédiate est la suppression pure et simple des verrous réglementaires comme les certificats d’économie d’énergie. »

  • L’aumône

    L’aumône

    C’est dans les tempêtes et les crises que se révèlent les tempéraments. C’est surtout dans les actes que se mesurent le courage et l’audace politique. Mardi, un ancien premier ministre socialiste, devenu en 2016 secrétaire général de l’ONU, est monté à la tribune de l’assemblée générale des Nations Unies à New York pour exprimer le courroux de l’organisation à l’adresse des multinationales pétrolières. Antonio Guterres a été cinglant et a tout résumé de l’abyssale injustice du moment : « Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les cinq grandes entreprises pétrolières occidentales ont engrangé près de 500 milliards de dollars de bénéfices. Pendant ce temps, les budgets énergie, alimentation et assurance des ménages s’envolent. »

    Farandole de ministres

    Le même jour à Paris, une farandole de six ministres, cornaquée par celui de l’économie, Roland Lescure, ont ânonné une série de mesurettes pour répondre à la flambée des prix des carburants et de l’énergie. « Cette situation, nous ne l’avons pas voulu » ont tous affirmé les ministres, se défaussant, se déresponsabilisant. La crise « c’est pas nous, soyez contents que l’on vous lance des miettes ! » auraient-ils pu ajouter. Prime aux gros rouleurs, chèque énergie, prêt à taux zéro… Le détail des mesurettes n’est absolument pas à la hauteur des immenses difficultés des travailleurs. Pas de courage ni d’audace alors que des leviers existent pour stopper la course aux profits. Les profiteurs de crise ne risquent rien avec un gouvernement de cette nature. Et les Français n’ont pas besoin d’une aumône qui sonne comme une insulte à leur intelligence.