Tag: France

  • La recherche en quête de moyens publics

    La recherche en quête de moyens publics

    Le ministre de gauche et grand scientifique Hubert Curien (1924-2005), fondateur en 1991 de la Fête de la science, serait sans nul doute heureux de voir son œuvre perdurer et se déployer depuis 35 ans. Cette édition 2026 ne déroge pas aux fondamentaux de cet événement : populariser la science et faire se rencontrer citoyens et chercheurs. L’éventail des animations proposées, gratuites, perpétue cette visée profondément progressiste. Merci à tous les bénévoles des associations et aux organismes publics de recherche qui déplient leurs savoirs pour tous les publics.

    Résistance

    La Fête de la science est aussi devenue un îlot de résistance face à l’ignorance, aux fausses informations et aux reculs des budgets publics. Elle révèle en revanche, chaque année, l’appétence du public pour la connaissance scientifique, notamment chez les plus jeunes.

    Ce rendez-vous est d’autant plus crucial que la bataille est rude pour maintenir un haut niveau de recherche. Si le projet de budget de la nation prévoit 500 millions de plus pour la recherche et l’enseignement supérieur, il demeurera en deçà des besoins pour que la France rattrape son retard. En plein été, le 26 août, l’Observatoire des sciences et techniques a en effet révélé que la part mondiale de la France dans la production scientifique est passée de 4,1% à 1,9% entre 2011 et 2020. Et « l’excellence des publications françaises régresse de 22,7% ». Parmi les « causes profondes », l’OST évoque le « niveau » des financements et l’attractivité des carrières scientifiques. Sans « réaction », le décrochage va perdurer.

  • Plongée au cœur de la bataille de l’Èbre

    Plongée au cœur de la bataille de l’Èbre

    Traduit de l’espagnol par Gabriel Laculli, le roman Ligne de feu nous prouve, si besoin en était, que Arturo Pérez-Reverte, ancien correspondant de guerre, est l’un des plus talentueux écrivains de la littérature européenne contemporaine. Par parenthèse, il s’insurge, lors d’une interview, contre les influenceurs, « souvent ignorants », qui ont remplacé les critiques traditionnels, connaisseurs en classiques, et qui passent leur vie à étudier. La parenthèse fermée, revenons au roman, qui cède la parole à des témoins, à des soldats et soldates des deux camps, que l’on ne peut s’empêcher de regarder comme des pions sur l’échiquier d’une guerre civile qui a fait plus de 20 000 morts. Ainsi comprenons-nous les émotions de chacun, sans parti pris ni motifs d’ordre idéologique. Approche adoptée en 1919 par Dorgelès, dans ses Croix de bois.

    Fiction et rigueur historique

    Alors que les chefs, restés à l’arrière, les envoient en première ligne, nous partageons la peur, le désespoir, les battements du sang aux tympans, les respirations entrecoupées, la faim, la soif, mais aussi le courage (ou la couardise) et les visages livides de ces chairs à canon qui s’attaquent et se défendent, alors qu’ils appartiennent tous au même peuple, parlent tous la même langue, tombent sous les mêmes pistolets-mitrailleurs qui se chargent et rechargent à rythme continu, versent leur propre sang en versant celui de leurs adversaires. Un roman choral qui fera date. Merci à Pérez-Reverte d’avoir mêlé la fiction à la rigueur historique, et de ne pas avoir tout simplement mis ses personnages sous nos yeux, mais de les avoir rendus présents.

    Gallimard, 25 euros

  • [Entretien] Luc Tardif Senior : « Fier de voir que le hockey est de plus en plus mondial »

    [Entretien] Luc Tardif Senior : « Fier de voir que le hockey est de plus en plus mondial »

    La Marseillaise : Quel bilan dressez-vous de votre passage à la tête de la Fédération internationale de hockey ?

    Luc Tardif Senior : Il faut d’abord poser le contexte de mon arrivée à la tête de la fédération. J’ai fait cinq années de mandat, depuis 2021. On avait les conséquences du Covid. On a été obligé d’annuler le Mondial en Suisse puis de déplacer le suivant de Minsk à Riga, sans spectateurs, dans une bulle. En 2022, nous avons eu les Jeux Olympiques de Pékin, également dans une bulle. Elle était superbe avec deux tests PCR quotidiens, mais il fallait gérer les protocoles, les quarantaines. Ces JO étaient tout de même un succès, puis la guerre en Ukraine a éclaté dans la foulée. Nous avons dû revoir toutes nos compétitions dans un court laps de temps avec l’exclusion de la Russie. En tout cas, nous pouvons être fiers de voir que le hockey est de plus en plus mondial. On y joue sur tous les continents, même en Afrique, dans les pays du Golfe. L’avenir s’annonce assez bon, même si on espère que la situation géopolitique s’améliore. Maintenant que mon mandat se termine, je vais prendre un peu de recul. Mais je reste membre à vie de la Fédération internationale de hockey.

    Après la période Covid, l’engouement autour du hockey sur glace a pris encore plus d’ampleur, non ?

    L.T. : Depuis 2024, nos championnats du monde sont revenus à la normale. À Prague, à Zurich, au Danemark, les réussites ont été immenses et ont généré des recettes pour financer toutes nos activités de développement. Les JO de Milan ont été ensuite une fierté. Ça a été deux ans de travail avec le CIO, les associations de joueurs, pour enfin ramener les joueurs de la ligue nord-américaine. Ils étaient absents depuis Sotchi 2014. Le niveau de la compétition a été extrêmement élevé, avec un impact médiatique énorme, à travers les réseaux sociaux et la télévision. Concernant les négociations pour 2030, je ne suis absolument pas inquiet. Les joueurs ont goûté à ce qu’est l’esprit olympique, je reste optimiste.

    Deux ans après les Mondiaux 2028 à Paris et Lyon, la France accueillera les Jeux Olympiques d’hiver. Comment voyez-vous cette compétition ?

    L.T. : Il y a eu un départ chaotique. On a eu des réunions avec le comité d’organisation pour s’assurer que les tournois masculin et féminin se déroulent dans des conditions dignes d’une telle compétition. Ça va être le cas et nous avons validé les sites. Ils sont déjà construits et, à Lyon, nous aurons donc une grande répétition avec les Mondiaux, deux ans avant. C’est un grand luxe. Je suis très confiant pour le hockey et puis il y aura d’autres compétitions comme le short-track, le patinage artistique, donc il y aura vraiment un esprit olympique dans la ville. Mon seul regret, c’est que si le hockey était resté à Nice, il y aurait eu une patinoire en plus qui serait restée pour les Aigles, le club de la ville.

    Comment jugez-vous l’évolution de la Ligue Magnus ?

    L.T. : Je la vois grandir et mûrir. Le niveau global se resserre, il y a toujours une ou deux équipes au-dessus, mais aucun match n’est joué d’avance. L’apport des Spartiates est essentiel car cela amène un souffle nouveau. Il n’y a jamais rien d’écrit, parce que certains pensaient que ce n’était pas une place du hockey, mais ils ont revu leur copie. Globalement, les équipes sont beaucoup plus professionnelles et ça permet l’éclosion de jeunes joueurs. Il faut continuer de faire en sorte qu’il y ait des équipements. Surtout que les patinoires ont un taux de remplissage que l’on a jamais vu.

    Quel regard portez-vous sur le rôle de votre fils, Luc Tardif Junior, au sein des Spartiates ?

    L.T. : Quand Luc est arrivé à Marseille, l’équipe évoluait en Division 3 [la 4e division française, Ndlr]. Il y avait peu de budget, pas d’organisation. Il était coach, chauffeur de bus et sa femme lavait les maillots. Après, il y a eu des aides, une reconnaissance des pouvoirs publics. Tout s’est amélioré, ils sont montés jusqu’en Division 1. Jonathan [Zwikel, son beau-fils, Ndlr] est arrivé pour professionnaliser le club. Je trouve qu’ils sont montés en puissance et ils ont eu la chance de trouver Eric Lagache, chef d’entreprise passionné, pour monter en Ligue Magnus.

  • Sans surprise, le budget, s’il passe, sera austéritaire

    Sans surprise, le budget, s’il passe, sera austéritaire

    « Pyromane », c’est ainsi que le gouvernement est qualifié par la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet et le sénateur communiste Ian Brossat. Et pour cause : le projet de budget présenté ce jeudi en Conseil des ministres puis à la presse, prévoit un « effort » affiché de 54 milliards d’euros pour ramener le déficit public de 5,4% à 5% du PIB. Dans le détail c’est « 43 milliards d’euros de mesures de redressement » des finances publiques auxquelles s’ajoutent « la montée en charge de mesures de redressement prises en 2026 » et « antérieurement », amenant l’ensemble à « 54 milliards d’euros » l’an prochain.

    « C’est un effort important », concède le ministre de l’Économie Roland Lescure. « Il n’y a pas, dans ce budget, de hausse générale d’impôts », promet pour sa part le ministre des Comptes publics David Amiel. Puis, avant d’assurer que « nous avons l’une des Sécurités sociales les plus généreuses du monde, et c’est normal », il annonce deux milliards d’euros d’économie. Les retraités feront partie des plus impactés car l’exécutif propose que les pensions supérieures à 1 260 euros ne soient plus indexées intégralement sur l’inflation. Mais aussi de ramener à 3 000 euros le plafond de l’abattement fiscal de 10% sur l’impôt sur le revenu dont bénéficient nos aînés (contre 4 439 euros actuellement).

    Le baiser de la mort

    Alors que la fonction publique a manifesté ce mardi contre le gel du point d’indice, le gouvernement confirme la mesure. La revalorisation des APL est également gelée. L’aide publique au développement (APD) se voit entaillée de 1,85 milliard d’euros. L’écologie et l’agriculture ont, à ce stade, été épargnées par les coupes. Les crédits alloués à la sécurité augmentent de 600 millions d’euros pour atteindre 25,4 milliards d’euros.

    Le PCF compare le chef de gouvernement au président d’extrême droite argentin Javier Milei, actuellement en France : « 54 milliards d’euros de casse sociale : voilà le budget à la tronçonneuse annoncé par Sébastien Lecornu pour 2027. (…) Il faudrait payer toujours plus pour vivre toujours moins bien. Pendant ce temps, les grandes entreprises bénéficient de 2,5 milliards d’euros de contribution en moins. Les niches fiscales sont protégées et les actionnaires se gavent. Refusons ce massacre social. »

    A contrario, l’extrême droite elle, se félicite du plan dévoilé : « Deux nouvelles victoires ! Depuis que j’ai lancé ces combats contre les gabegies de France Travail et de l’aide publique au développement à vos côtés, nous avons contraint le gouvernement à baisser ces dépenses », glousse l’eurodéputée Reconquête Sarah Knafo. Le baiser de la mort pour la macronie.

    « Ce budget est une provocation, rien ne tend la main aux socialistes alors que le gouvernement et le Premier ministre nous a envoyé une lettre il y a peu de temps nous appelant à un compromis », fait valoir Estelle Mercier, députée PS cheffe de file sur le budget de l’État pour son groupe. Reste à savoir qui de l’opposition acceptera de s’allier à l’exécutif pour faire passer ce budget aux mesures inflammables à seulement quelques mois de l’élection présidentielle. Ou si le gouvernement activera le sempiternel article 49.3.

    Nicolas Isnard monte au créneau

    « L’addition est trop lourde » : le constat unanime des élus rassemblés au Congrès de France Urbaine, l’association regroupant les Métropoles et grandes Villes de France, qui s’est tenu jeudi à Paris en même temps que la présentation du projet de budget par le gouvernement. Parmi eux, Nicolas Isnard, président de la Métropole Aix-Marseille Provence, a clamé : « L’heure est grave pour les Métropoles de France. Nous sommes plusieurs institutions à avoir été placées financièrement dans le rouge par un État ruiné qui redistribue un argent dont il ne dispose pas ! » Et de demander « que les territoires industriels comme le nôtre soient mieux protégés. Participer à l’effort national me paraît normal mais à condition que l’on nous donne les moyens de nous réformer en profondeur ».

  • Affaire Bardella : la Macronie découvre que le RN n’a pas changé

    Affaire Bardella : la Macronie découvre que le RN n’a pas changé

    Depuis Madrid, lors d’une conférence de presse commune avec le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez, le chef de l’État a dénoncé des propos « rapportés évidemment gravissimes et inacceptables ». Il a intimé aux « responsables politiques » du RN de « clarifier la ligne, les mots et les gens qui, dans leur parti, peuvent prononcer de telles choses ». Immédiatement, l’intéressé a répliqué. « Après le 7 octobre 2023, j’ai marché dans les rues de Paris, et me suis rendu en Israël. Pas lui », a cinglé Jordan Bardella sur X.

    Emmanuel Macron s’était rendu à Jérusalem et en Cisjordanie le 24 octobre 2023, 17 jours après les attaques du Hamas contre Israël qui ont fait 1 221 morts. Il n’avait, en revanche, pas pris part à la marche contre l’antisémitisme organisée le 12 novembre 2023 à Paris par les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, arguant que son « rôle » était « de continuer à préserver dans cette période l’unité du pays et de ne jamais renvoyer dos à dos les uns et les autres ». Jordan Bardella s’est de son côté rendu en Israël en mars 2025, à l’invitation du gouvernement d’extrême droite israélien, pour participer à une conférence contre l’antisémitisme.

    Mediapart a publié lundi des messages antisémites datant de 2013 qu’il attribue à Jordan Bardella, alors jeune militant du parti. « Les banques sont toutes détenues par des Juifs » ; « Le juif doit dominé (sic) les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur », aurait notamment écrit le futur président du RN qui conteste « formellement » en être l’auteur. Emmanuel Macron a également déploré « la violence langagière » de la candidate d’extrême droite Marine Le Pen à l’encontre de Mediapart. Une telle violence « conduit toujours après à une escalade et, même quand c’est métaphorique, ce qui doit accompagner un débat démocratique, c’est le respect », a réagi Emmanuel Macron. La veille Marine Le Pen a conseillé au site d’investigation de revêtir son « costard en Kevlar », la matière utilisée pour les gilets pare-balles. Une référence d’une « violence sidérante », a dénoncé Mediapart.

    Mais la macronie depuis son accession au pouvoir a contribué à l’intensification de ces attaques envers les médias. N’est-ce pas Emmanuel Macron lui-même qui en 2018, après les révélations autour de l’affaire Benalla, chargeait « une presse qui ne cherche plus la vérité ». Des médias qui, selon le chef de l’État chercheraient à se substituer au « pouvoir judiciaire » ? Une rhétorique reprise par la droite en la personne de Nicolas Sarkozy – pour ne citer que lui – à l’extrême droite.

    Philippe et Braun-Pivet

    se réveillent

    Il s’agit d’une crise de campagne majeure pour la candidate qui survole les sondages, dans laquelle d’autres candidats se sont également engouffrés mercredi. « Le RN prétend avoir changé mais, à intervalles réguliers, ses candidats et ses cadres expriment des opinions scandaleuses », a jugé Édouard Philippe (Horizons) dans le Parisien, en référence aux « brebis galeuses » que le RN se félicite d’exclure au premier signalement, lors de chaque séquence électorale (lire ci-dessous). Chez Les Républicains en revanche, le candidat à la présidentielle Bruno Retailleau a refusé à ce stade de réagir.

    Autre figure à s’insurger, la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet (Renaissance) qui a assuré mercredi n’avoir « jamais cru » que le RN soit devenu, comme il s’en enorgueillit, « le bouclier de la communauté juive ». Rappelant que le Front national a été fondé par Jean-Marie Le Pen, multicondamné pour négationnisme, elle a évoqué « les accointances de ce parti pendant des années avec toute la sphère antisémite et complotiste ».

    Et pourtant, c’est bien à l’issue d’un arrangement tacite avec le RN que le bloc central a pu faire réélire Yaël Braun-Pivet à la tête de l’hémicycle. En échange, les élus d’extrême droite ont obtenu des postes clés au palais Bourbon, dont deux vice-présidences. Réagissant à l’affaire, le sénateur communiste Ian Brossat insiste sur X : « tous les imbéciles qui ont donné des brevets de respectabilité au RN devraient mourir de honte ». Ils sont nombreux.

  • Bardella choisit de nier, Le Pen menace la presse

    Bardella choisit de nier, Le Pen menace la presse

    Le président d’un parti (RN ex-FN) fondé par des antisémites notoires, au sein duquel plusieurs membres ont été condamnés pour des propos à caractère antisémite, serait donc, lui aussi, antisémite ? L’entreprise de dédiabolisation opérée par Marine Le Pen depuis quinze ans s’est effondrée en un instant. Face à ce constat, celle-ci éructe et donne un inaperçu de ce que signifierait son accession au pouvoir pour la presse libre : « C’est à Mediapart, je crois, qu’il va falloir dire d’enfiler son costard en Kevlar, parce qu’il y aura évidemment une réponse à la manière dont ils se comportent ». Depuis l’Assemblée nationale, la patronne de l’extrême droite française menace directement le journal d’information numérique qui a publié, la veille, une enquête accusant le président de son parti d’avoir tenu des propos antisémites.

    Et ils font froid dans le dos. « Les banques sont toutes détenues par des Juifs » ; « Le juif doit dominé (sic) les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur », aurait-il écrit en 2013, alors jeune adhérent au Front national. L’intéressé dément catégoriquement et annonce porter plainte. « Nous sentons les prémices d’une guerre totale, de tentative de déstabilisation de la campagne présidentielle », fait-il valoir, face à la centaine de parlementaires lepénistes présents : « Il va falloir sortir les casques lourds (…). Nous allons être attaqués pas seulement par nos opposants, mais parce que le mouvement que nous représentons dérange. »

    L’article de Mediapart pointe la fascination du président du Rassemblement national pour Alain Soral, antisémite multicondamné. Ce qu’il nie, évidemment. Il y a deux ans, l’émission Complément d’Enquête (France 2) avait déterré un faux compte twitter qui aurait appartenu à Jordan Bardella, où il publiait de nombreuses « blagues » racistes et rendait hommage à l’idéologue qu’il qualifiait de « grand sociologue ». « Il avait annoncé déposer une plainte. Deux ans plus tard, celle-ci n’a toujours pas été reçue », note sur X le journaliste de l’émission, Tristan Waleckx.

    Les faits sont têtus : François Paradol, le directeur de cabinet du champion du RN, n’est autre qu’un ancien membre du mouvement Égalité et Réconciliation, fondé par l’essayiste antisémite, comme l’a révélé Mediapart en décembre 2025. « L’objectif, c’est de tuer ma carrière politique », pousse Jordan Bardella. Alors, le jeune ambitieux, celui qui était censé incarner une image plus lisse de la formation à la flamme, cheveux plaqués en arrière, costume cravate en toutes circonstances, adorateur des grands patrons et de la noblesse, tente le tout pour le tout : il ne peut pas être antisémite puisqu’il s’est rendu en Israël ! « Moi, j’ai été reçu par le gouvernement israélien en 2025, j’ai été l’intervenant d’une conférence internationale de lutte contre l’antisémitisme », insiste-t-il. Un argument frisant le ridicule : le gouvernement de Benyamin Netanyahou tisse des liens avec l’extrême droite européenne dans son intégralité, pourtant historiquement antisémite, tandis qu’en retour, celle-ci l’assure de son soutien dans la colonisation des terres palestiniennes et du massacre de son peuple.

    Encore une fois, c’est bien lui qui avait refusé de qualifier Jean-Marie Le Pen d’antisémite alors que le patriarche de l’extrême a été condamné à six reprises pour cela. Selon le député RN Jean-Philippe Tanguy, c’est « la racaille antisémite purgée par Marine Le Pen » qui serait à l’origine de ces révélations, tout en niant leur véracité. Soit. Le timing est mauvais pour Jordan Bardella car les adhérents du RN sont appelés à le réélire à sa tête, les 24 et 25 octobre prochains à Orléans. Le lieu choisit pour lancer la campagne présidentielle de la « favorite » des sondages. Reste à savoir si elle se délestera de cet élément encombrant dans sa quête de « normalisation ».

  • Coup de semonce

    Coup de semonce

    À la veille de la présentation du projet de loi de finances par le chef du gouvernement, les agents de la fonction publique ont donné le ton et un premier coup de semonce en manifestant massivement, ce mardi. Écoles, hôpitaux, enseignement supérieur, etc. Dans les trois versants de la fonction publique, d’État, territoriale et hospitalière, la colère monte contre une politique d’austérité avec des salaires de misère et un point d’indice gelé. Or, les besoins de la société sont massifs. Ne pas renforcer les services publics, c’est faire le choix de privatiser, in fine, l’accès à des droits fondamentaux, de l’éducation en passant par la santé.

    L’aspiration de la jeunesse

    Que répond pour l’instant le gouvernement de Sébastien Lecornu ? Austérité, austérité, austérité. 54 milliards d’économies sur le futur budget de l’État sont programmées. Des pans entiers de nos services publics seront encore affaiblis à l’instar de l’éducation. Le mouvement lycéen, qui commence à se répandre dans le pays, illustre à la fois l’état de délabrement de certains établissements, le manque de professeurs, mais aussi l’aspiration des jeunes, notamment, des quartiers populaires, à étudier dans des conditions décentes. Maltraiter les services publics, c’est accentuer les inégalités sociales. C’est cela que les agents de l’État, des collectivités locales, des hôpitaux, ont dénoncé ce mardi 29 septembre en faisant grève et en manifestant. Elles et ils ont porté des revendications salariales, dénonçant là encore une politique qui fait la part belle aux plus fortunés au détriment de l’intérêt général.

  • La fonction publique, ça se défend !

    La fonction publique, ça se défend !

    Une journée noire : c’est ce que promet l’intersyndicale CGT, FO, CFDT, Unsa, FSU, Solidaires, CFE-CGC, CFTC et FA-FP pour ce mardi 29 septembre. La grève nationale à laquelle ils appellent concerne les trois versants des services publics, soit la fonction publique d’État, territoriale et hospitalière. Et pour cause : pour la quatrième année consécutive, le gouvernement prépare un nouveau gel du point d’indice des fonctionnaires, visant une économie de 2 milliards d’euros sur le dos de ceux qui font fonctionner le pays. Un véritable coup de massue au moment où l’inflation ne cesse d’augmenter dans un contexte de hausse des prix des carburants. « Depuis 2017, les fonctionnaires ont déjà perdu plus de 16% de pouvoir d’achat », arguait la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, au lendemain de l’annonce du Premier ministre. C’est ainsi que partout en France, une journée noire se profile. À l’heure où nous écrivons ces lignes, la CGT recense 174 rassemblements dans tout le pays.

    Preuve de la colère qui gronde, les dix syndicats de France Travail se joignent à la grève, une première depuis 2018. De leur côté, les sapeurs-pompiers, éreintés par une saison d’incendie inédite, poursuivent leur mobilisation. Les agents rejettent l’austérité promise par l’exécutif.

    54 milliards d’euros, l’austérité chiffrée

    Alors à deux jours de la présentation du budget, tous les yeux sont rivés sur le gouvernement. Dans l’entretien au Figaro du 18 septembre, le Premier ministre prépare les esprits : « Le projet de loi de finances que je propose contiendra un effort budgétaire d’environ 54 milliards d’euros, dans la stabilité fiscale. » Et ce, afin de ramener le déficit public à 5% du PIB. Pire que les annonces formulées moins d’une semaine plus tôt par le ministre de l’Économie Roland Lescure, qui, au journal le Parisien, tablait sur un « effort » d’« au moins 30 milliards d’euros ». Si la macronie s’en prend une nouvelle fois aux services publics et ses agents, il réduit le rendement de la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises de 8 à 5 milliards d’euros, et la limitant à celles qui réalisent plus de 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires par an.

    De plus, le gouvernement prévoit, dans la même copie, d’augmenter de 6,4 milliards d’euros l’enveloppe dédiée aux Armées et de 800 millions d’euros celle de l’Éducation nationale. À croire que pour les macronistes, tous les services publics ne se valent pas.

    Les Sages planchent sur les non-remplacements

    Les attaques fusent de toutes parts. Dans une note publiée le 21 septembre, la Cour des comptes appelle à un « effort sur la masse salariale », préconisant notamment de ne pas remplacer les départs en retraite estimés à 408 000 entre 2026 et 2032. Seraient exclus de ce calcul des ministères dont des créations d’emplois sont prévus à travers les lois de programmation à savoir : justice, intérieur, armée et recherche. Et puis, tant pis pour l’hôpital et l’école !

    Dans ce contexte, la rue doit s’exprimer et faire basculer le rapport de force. La dernière mobilisation d’ampleur de la fonction publique remonte au 5 décembre 2024, au lendemain de la chute par la censure du gouvernement de Michel Barnier. Quelque 200 000 personnes s’étaient rassemblées partout en France. Cette journée a valeur de test avant la mobilisation nationale prévue le 17 octobre. Les organisations syndicales veulent maintenir la pression à six mois de l’élection présidentielle, alors que certains des candidats déclarés continuent à taper sur les fonctionnaires, les piliers de notre pays.

  • Le 29 septembre pour faire converger toutes les colères ?

    Le 29 septembre pour faire converger toutes les colères ?

    Le 29 septembre ne sera pas seulement une bataille de fiches de paie. Dans le Gard et l’Hérault, comme partout dans l’Hexagone, les syndicats veulent faire de cette journée de grève un point de convergence des colères qui traversent les services publics et, au-delà, le monde du travail. Les huit organisations représentatives de la Fonction publique (CGT, FO, CFDT, Unsa, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP, auxquels s’ajoute la CFTC) appellent ensemble à se mobiliser pour une journée interprofessionnelle. Une unité rare, renforcée après l’échec du rendez-vous salarial du 8 juillet et sur fond de nouvelles économies annoncées pour 2027.

    Au cœur des revendications : la revalorisation du point d’indice, gelé à 4,92 euros depuis juillet 2023, la refonte des grilles, le retour de la GIPA [garantie individuelle du pouvoir d’achat], l’abrogation du jour de carence et davantage de moyens humains. Depuis juin, 862 000 agents doivent même percevoir une indemnité différentielle pour que leur traitement indiciaire atteigne le Smic. Ambiance faste. « Ce n’est plus une histoire de pouvoir d’achat, mais de pouvoir de vivre », tranche Pascale Thoirey, de la FSU du Gard. Elle décrit des enseignants qui décrochent, des AESH maintenues dans la précarité et « une perte de sens du métier » jusque chez des personnels autrefois « avec le service public chevillé au corps ». « L’État organise la précarité de ses personnels », tout simplement.

    Même constat côté CFDT. Sylvia da Costa, secrétaire générale de l’UD du Gard et soignante, refuse de réduire la mobilisation à une défense corporatiste : « Le service public, c’est un bien commun. Tout le monde doit pouvoir y accéder dans de bonnes conditions. » La soignante pointe les urgences du CHU de Nîmes, où plus de 150 patients attendaient récemment une prise en charge, mais aussi les écoles et collectivités confrontées aux non-remplacements. « Sans nous, le pays ne fonctionne pas. »

    Du salaire au service rendu

    Dans le Gard, FO veut justement éviter que le 29 septembre ne soit qu’une date de plus sur le calendrier syndical. Gilles Besson, secrétaire général de l’UD, préfère partir des conflits déjà ouverts : à Carrefour Supply Chain Saint-Gilles, dans l’énergie, à la Sécurité sociale ou encore chez les marins-pêcheurs. « La convergence ne se décrète pas depuis une salle de réunion », insiste-t-il. Elle doit, selon lui, se construire sur les revendications concrètes des salariés : « Une journée de grève coûte cher : pour qu’un salarié accepte de perdre une journée de salaire, il faut construire un rapport de force qui ait du sens et des perspectives. »

    Pour Mathieu Guy, qui coordonne la journée pour la CGT dans l’Hérault, « le 29 septembre n’arrive pas de nulle part ». Santé, éducation, secours, action sociale : « Les besoins explosent », tandis que les syndicats redoutent de nouvelles restrictions budgétaires. La CGT oppose notamment ces économies aux 211 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises recensées en 2023, tandis que 54 milliards d’euros d’efforts sont annoncés pour 2027. Le sens des priorités. Derrière les salaires se joue enfin la capacité même des services publics à remplir leurs missions. « Nous ne voulons pas choisir entre de bons services publics et des agents correctement rémunérés : nous voulons les deux, parce que l’un ne va pas sans l’autre », résume Mathieu Guy. Tous ne promettent pourtant pas déjà un mouvement reconductible. Les suites dépendront du rapport de force construit sur le terrain, dans les ateliers, les hôpitaux, les écoles et dans la rue. La colère est là : reste à voir si, le 29 septembre, elle saura se transformer en rapport de force.

    « L’État organise la précarité de ses personnels »

  • Les Bleus version « Zidane » en quête de repères

    Les Bleus version « Zidane » en quête de repères

    Il commence donc son mandat à la tête de l’équipe de France par un succès. Zinédine Zidane a ouvert son compteur de victoires, vendredi, à l’occasion de la première journée de Ligue des Nations contre la Turquie (1-0), grâce à un but signé Kylian Mbappé.

    Mais le meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France a dû céder sa place dans la foulée en se tenant le genou gauche. Un coup dur d’entrée pour Zidane, qui a annoncé après la rencontre que l’attaquant allait rentrer se soigner à Madrid en raison d’une « lésion tendineuse » et qu’il ne sera pas remplacé dans le groupe tricolore.

    Plus de peur que de mal finalement d’après le média espagnol la Cope : Kylian Mbappé sera absent pendant 2 semaines, soit jusqu’à la fin de la trêve.

    En son absence, le brassard de capitaine devrait revenir entre les mains du Ballon d’Or 2025, Ousmane Dembelé, en cas de titularisation. Il porterait ainsi cette responsabilité pour la première fois au coup d’envoi d’un match international.

    La prochaine journée de Ligue des Nations se tient ce lundi (20h45) en Belgique. Portés par un Kévin De Bruyne magistral, les Diables Rouges ont réalisé une brillante performance en s’imposant face à l’Italie (2-0), grâce au Parisien Mika Godts et Dodi Lukebakio. Comme chez les Bleus, ce succès du « plat pays » marque le début d’une nouvelle ère sous le commandement du Néerlandais Mark Van Bommel.

    Deux forfaits belges

    Si Zinédine Zidane a perdu le soldat Mbappé en cours de route, l’ancien capitaine du Bayern Munich a lui annoncé deux joueurs forfaits pour la rencontre dans ses rangs : Leandro Trossard et Mike Penders. « Nous devons voir comment leur situation évolue. Je ne peux rien dire de plus à ce sujet », a-t-il ajouté.

    Le joueur de Besiktas souffre d’un œdème osseux au talon tandisque le gardien de Chelsea est touché par une légère blessure au quadriceps. Le nouveau sélectionneur de la Belgique en a également profité pour faire un petit commentaire sur la blessure de la star française. « C’est un joueur de moins pour la France. Il est important, mais ils ont d’autres bons joueurs », a glissé Van Bommel, persuadé que le secteur offensif des Bleus, composé de Dembélé, Olise et Barcola, peut faire des ravages.

    Par ailleurs, le nouveau capitaine a été encensé par la légende du football français. « C’est un joueur intelligent dans sa façon d’aller presser. Il a toujours un œil derrière, il va presser », a expliqué Zidane, pour qui le match face aux Diables Rouges sera un bon test pour jauger la valeur de son groupe.

    2e journée – Ligue des Nations

    Lundi 28 septembre,
    au stade du roi Baudoin, à Bruxelles

    Arbitre : Rade Obrenovic (SLO)

    BELGIQUE (probable) : Lammens – Castagne, Debast, Theate, De Cuyper – Raskin, Tielemans, De Bruyne – Lukebakio, Openda, Godts. FRANCE (probable) : Maignan – Lacroix, Koundé, Upamecano, Diouf – Da Cunha, Cherki, Rabiot – Dembélé, Barcola, Olise.