Tag: Femmes

  • Le Mondial explose les compteurs

    Le Mondial explose les compteurs

    Pour la deuxième année consécutive, le record de participation est battu. Un signe fort d’une compétition qui grandit, évolue et continue d’attirer aussi bien les joueurs du dimanche venus en famille que les amateurs chevronnés et les champions confirmés, tous réunis au rendez-vous marseillais pour quatre jours d’intense compétition, dans les allées du parc Borély.

    Cette année, les 95 départements métropolitains sont représentés, ainsi que 30 pays venus des quatre coins du monde. Des équipes arrivent de très loin, avec des triplettes du Japon, du Mexique, du Togo, des États-Unis, de Finlande ou encore de Slovaquie, sans oublier les délégations ultramarines de La Réunion, de Guyane ou de Saint-Barthélemy.

    Un an après le sacre de Madagascar, La Marseillaise porte plus que jamais son nom de Mondial. À l’image de la pétanque, elle-même, l’événement s’est profondément internationalisé, avec l’émergence de nouvelles nations comme l’Allemagne, championne d’Europe en 2025, l’Italie, championne du monde en 2024, ou encore plusieurs pays africains tels que le Sénégal et le Bénin, en progression constante. Malgré cette concurrence accrue, la France demeure le principal vivier de champions, et la quasi-totalité des meilleurs joueurs en font un objectif majeur. Anciens vainqueurs désireux de revivre leur sacre ou nouveaux prétendants rêvant d’inscrire leur nom au palmarès : tous poursuivent la même ambition, s’imposer sur l’épreuve phare phocéenne.

    Les femmes et les jeunes ne sont pas en reste

    Autre indicateur d’une dynamique solide : les compétitions associées battent, elles aussi, leurs records de participation. Le Trophée Crédit Mutuel Mondial des jeunes et le Grand Prix féminin Paprec dépassent à leur tour les chiffres de l’an dernier. Au total, 186 triplettes sont engagées dans le concours féminin, tandis que 195 équipes participent au Mondial des jeunes, réparties en trois catégories : juniors (79 équipes), cadets (72) et benjamins-minimes (44).

    Des petits prodiges au palmarès déjà bien garni, comme Tylan Kapfer, Loni Szczotkowski ou Gianni Seignouret, tenteront de s’imposer une nouvelle fois sur la scène marseillaise. Déjà habitués au succès dans les catégories jeunes, ces talents incarnent une relève en pleine affirmation au sein de la discipline.

    Au-delà du prestige sportif, le Mondial reste avant tout un rendez-vous humain, où les générations se croisent et où la passion du jeu efface les frontières. Une singularité qui contribue, année après année, à renforcer son statut d’événement incontournable de l’été marseillais. Alors, avec ou sans boules en main, seul, avec des amis ou en famille, vous êtes chez vous à La Marseillaise.

    Rocher, Doerr et Feltain présents

    Interpellés mardi dans le Var et en Gironde, les internationaux français Dylan Rocher, Ligan Doerr et Jean Feltain, soupçonnés d’avoir manipulé une partie des Masters de pétanque 2025 à des fins de paris truqués, seront bien présents à La Marseillaise. Si Rocher et Feltain devraient évoluer avec leurs équipes prévues, Doerr jouera aux côtés de Nelson Ziegler et Ludovic Montoro, remplaçant de luxe de dernière minute de Michel Hatchadourian, blessé dans un accident de travail.

  • Femmes sans-abri face à des hôpitaux démunis

    Femmes sans-abri face à des hôpitaux démunis

    « Le moment de la sortie d’hospitalisation est un moment à haut risque de rupture dans les parcours de soins. Mais aussi un risque élevé de rupture dans les parcours d’hébergement », déclare Clélie Nallet, chargée de recherche opérationnelle à l’Observatoire des pauvretés de Marseille. Elle présentait la première enquête sur « le parcours de prise en charge des personnes sans domicile en sortie d’hospitalisation à Marseille » ce jeudi 2 juillet au palais du Pharo.

    Cette enquête montre notamment le manque de moyens et de dispositifs afin d’accompagner les personnes sans domicile qui quittent l’hôpital sans solution d’hébergement adaptée à leur état de santé. Cela représentait, sur une année, plus de 855 personnes dans les services médecine et chirurgie et 348 femmes au sein des maternités. Si les chiffres sont de 2024, le problème est loin d’être une nouveauté. Clélie Nallet évoque ainsi une problématique à laquelle « les acteurs de terrains sont confrontés depuis longtemps ».

    « L’enjeu est désormais collectif », constate Karim Touche, adjoint au maire de Marseille délégué à l’action sociale. Toutes les institutions présentes telles que les hôpitaux de Marseille (AP-HM) ou l’agence régionale de santé (ARS) s’accordent sur la nécessité de collaborer pour répondre à une problématique à la croisée des domaines d’intervention. Il ne s’agit pas seulement de la sortie d’hôpital mais « du bout du bout du bout du parcours de la personne très précaire ou de la personne sans domicile », souligne ainsi. François Crémieux, directeur général AP-HM.

    « J’avais particulièrement insisté pour qu’on parle des femmes, et notamment des femmes qui venaient d’avoir un enfant », insiste Isabelle Epaillard, préfète à l’égalité des chances. En effet, les difficultés rencontrées par les femmes sans domicile en sortie de maternité se trouvent au centre de l’enquête.

    Femmes en première ligne

    Faute de dispositifs idoines, les femmes sont gardées plus longtemps à l’hôpital et le système sature alerte Halima Benmouis qui travaille au service social de la maternité de l’hôpital de la Conception. « Ça devient un moment d’attente, d’anxiété et d’angoisse pour ces femmes », ajoute-t-elle car les structures ne sont plus adaptées pour des nourrissons de plusieurs mois.

    Des salariées du dispositif de périmaternité du SIAO 93 (service intégré d’acceuil et d’orientation) sont venues présenter les 20 centres dédiés à l’accompagnement autour de la maternité qui existent en Seine-St-Denis. Idem pour l’association France Horizon qui développe des dispositifs similaires au sein des CHU de la région PACA dont la directrice Aurore Philippart plaide pour « des structures intermédiaires ». Un centre dédié doit ouvrir à Marseille en septembre 2026.

  • « La musique de Carla Bley peut toucher tout le monde »

    « La musique de Carla Bley peut toucher tout le monde »

    La Marseillaise : Vous êtes la première femme à diriger l’Orchestre national de jazz depuis sa création, il y a 40 ans. Y attachez-vous une importance particulière ou pas ?

    Sylvaine Hélary : Un peu des deux. J’ai postulé à l’Orchestre national de jazz en tant que musicienne, compositrice, flutiste, mais pas en tant que femme spécialement. En revanche, je mesure l’importance que cela peut par exemple avoir pour de plus jeunes musiciennes quant à leur manière de s’identifier à des figures féminines. À partir du moment où les femmes sont un peu plus visibles, qu’elles soient sur scène ou à des postes de direction, cela peut contribuer à changer la place des femmes dans la société en général : affirmer peut-être quelque chose ou rassurer, donner envie, se dire que c’est possible. Je mesure le pouvoir que cela peut avoir au niveau de la transmission.

    Si tout cela évolue aujourd’hui, c’est aussi grâce à des pionnières comme la compositrice et cheffe Carla Bley, à une époque où les femmes se comptaient sur les doigts d’une main à ces postes…

    S.H. : Complètement. J’ai rencontré sa musique il y a 30 ans quand je faisais des sessions avec le saxophoniste Rémi Sciuto, à qui j’ai confié les arrangements de la plupart du programme de Carla Bley. Avant, j’avais quelques références de musiciennes françaises comme Joëlle Léandre ou Hélène Labarrière. Mais elles étaient peu nombreuses. Puis la compositrice Carla Bley m’a ouvert tout un nouveau monde. Elle m’a impressionné par sa liberté, sa manière de naviguer entre des musiques différentes : elle a aussi bien travaillé avec des pointures jazz que Robert Wyatt ou le batteur de Pink Floyd, Nick Mason. Cette touche-à-tout a développé en même temps son propre langage. Elle a aussi joué toute sa vie avec certains de ses compagnons comme Steve Swallow, le dernier en date. Elle coche tous les souhaits que l’on peut avoir quand on est une jeune femme et qu’on veut devenir musicienne.

    Le directeur du festival des cinq continents dit qu’elle « fait un jazz qui tire jusqu’à la musique contemporaine, mais comporte aussi beaucoup de mélodies »…

    S.H. : Tout à fait. Avec notre projet, on voulait donner à entendre toute sa panoplie et pas seulement un son, celui de son orchestre avec beaucoup de cuivres. On a donc aussi ajouté un quatuor à cordes pour changer un peu la couleur, avoir notre propre son et ne pas faire une pâle copie du sien. Sous des airs très mélodiques, qui rappellent des musiques de films, le son de Carla Bley est très exigeant. Et dans le même temps, elle prodigue quelque chose de très accessible. La musique de Carla Bley peut toucher tout le monde. On a joué notre projet dans plein d’endroits comme l’opéra de Dijon. Les spectateurs ne la connaissaient pas bien, et pourtant, 1 600 spectateurs ont fini debout.

    Les 12 titres de votre album alternent le doux et le vigoureux. À l’image de sa personnalité ?

    S.H. : On n’avait pas envie que ça soit portrait en cire de Carla Bley, mais on se l’est approprié. On a voulu représenter plusieurs facettes de son écriture. possiblement reliable à celles de sa personnalité. Il y a à la fois des tubes comme « Utviklingssang » et « Musique mécanique », mais aussi « End of Vienna », plus chambriste que jazz. Elle a un parcours incroyable, est partie très tôt de chez elle, a même vendu des cigarettes au Birdland [club mythique de jazz new yorkais, Ndlr.]. Le monde du jazz et des musiques improvisées, à l’époque bouillonnant, a été pour elle fondateur.

  • Sensibiliser les festivaliers à la santé des femmes

    Sensibiliser les festivaliers à la santé des femmes

    Bingo des règles, quiz sur les stéréotypes liés aux menstruations, cartographie des appareils génitaux, présentation du violentomètre… Au festival Marsatac les 12, 13 et 14 juin derniers, la mutuelle marseillaise Solimut, en partenariat avec l’association Règles élémentaires, a sensibilisé les festivaliers aux différents enjeux autour de la santé des femmes et son inégal accès. Un stand qui se tiendra aussi du 23 au 26 juillet, lors du Delta Festival.

    « L’idée est de faire de la prévention autour de la santé menstruelle avec des activités un peu ludiques », explique Florence Lépine, responsable de l’antenne Paca de l’association Règles élémentaires. L’association, créée en 2016 pour l’égalité, l’éducation et la justice menstruelle, participe pour la première fois à un stand de prévention aux côtés de Solimut. L’objectif est également de rediriger des personnes vers des associations de référence sur d’éventuelles pathologies ou des troubles liés aux règles.

    Inégal accès à la santé

    Si la thématique de la santé menstruelle est centrale, le stand de sensibilisation de Solimut permet également d’aborder le sujet plus large de la santé des femmes. « à Marsatac, avec le violentomètre [outil permettant de mesurer le degré de violence] on a pu voir que tout le monde n’a pas la même échelle de valeurs sur les violences ce qui a permis de discuter et d’ouvrir la discussion à ce sujet », relate Magali Planas, coordinatrice prévention et promotion de la santé chez Solimut.

    La mutuelle a également distribué un questionnaire sur les inégalités genrées de la prise en charge médicale, et en particulier des maladies cardiovasculaires. De nombreuses études montrent en effet que les infarctus sont moins bien pris en charge chez les femmes que chez les hommes, car les symptômes les plus connus sont moins fréquents chez les femmes.

    Sensibiliser les plus jeunes

    Un travail de sensibilisation des festivaliers important pour Solimut. « Si on vient dans ces deux festivals, c’est parce qu’il y a un public cible : ce sont des jeunes », soutient Pierre Méry, vice-président de Solimut Mutuelle France. Ce dont témoigne Florence Lépine : « on a pu échanger avec pas mal de préados ou d’ados qui avaient très peu de connaissances sur les règles. »

    Des stands de préventions sur les inégalités entre hommes et femmes au niveau de la santé qui s’inscrivent dans une ambition plus large de la part de la mutuelle. « Ces actions sont la continuité de notre approche politique et féministe de la santé », affirme Pierre Méry, vice-président de Solimut Mutuelle France.

    Déjà au niveau de leur structure, Soli mut a mis en place « l’arrêt menstruel », qui permet aux femmes souffrant de règles particulièrement douloureuses de bénéficier de jours de repos. Mis en place l’année dernière, la société a été accompagnée pour cela par l’association Règles élémentaires. « C’est une mesure qui fonctionne bien pour les personnes qui en ont besoin, mais aussi avec les managers, car il y a eu un bon accompagnement », se félicite Pierre Méry qui ajoute cependant « même si on peut sans doute progresser ». Une expérimentation d’autant plus importante qu’elle pourra servir d’exemple pour élargir le dispositif au niveau national. « ça nous permet d’avoir des exemples concrets et qui fonctionnent pour porter des plaidoyers », explique la responsable de l’antenne Paca de l’association Règles élémentaires.

    Un engagement politique et féministe en lien avec le rôle social que veut porter Soli Mut pour « agir sur les inégalités d’accès et sur la santé des femmes », rappelle Pierre Méry.

    « Ces actions sont la continuité de notre approche politique
    et féministe
    de la santé »

  • Une ex-villa de dealer devient un refuge pour les femmes

    Une ex-villa de dealer devient un refuge pour les femmes

    Confisquée à un trafiquant de cocaïne en 2021, une villa dans les hauteurs du 15e arrondissement est devenue un lieu refuge pour des femmes victimes d’infraction pénale. Ce jeudi, le parquet de Marseille faisait le bilan des trois premières années de l’affectation sociale de ce bien confisqué.

    L’histoire commence en 2023, lorsque l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (AGRASC), propose à Marie Guillaume, directrice de l’association d’Aide aux victimes d’actes de délinquance (AVAD) de profiter d’une villa pour leur association, pour la somme symbolique de 1 euro par an. L’association s’associe donc avec la Caravelle, association qui gère de nombreux lieux d’hébergement, afin de mettre en place le projet Rebond.

    L’ambition est de faire de cette villa un lieu refuge pour des femmes victimes d’infractions pénales. Avec cinq chambres, deux salles de bains et une grande cuisine, cette maison accueille depuis septembre 2023 des femmes et leurs enfants où elles vivent en colocation le temps de se reconstruire. Accueillies en moyenne quatre mois, elles bénéficient d’un accompagnement pour leurs démarches juridiques et d’un soutien psychologique et social.

    Un accompagnement global qui a aidé Mme K. à retrouver ses enfants. Arrivée en 2023 au Rebond après que son ex-mari a enlevé ses deux enfants en Pologne, elle y a trouvé « une famille et du réconfort ». Après une année difficile, avec des allers-retours entre ce lieu refuge et des hébergements sécurisés après des menaces de son ancien compagnon, la jeune femme a pu retrouver ses deux enfants et un logement.

    Dispositif expérimental

    Un accompagnement multiple qui a été rendu possible par l’absence de loyer. « 95% de notre financement va dans notre personnel, et donc dans notre accompagnement », explique Christophe Magnan, directeur général de l’association de la Caravelle.

    Inspiré par les dispositifs italiens anti-mafia, ce type de cession a été rendue possible par une loi-cadre de 2021. Gérés par l’AGRASC, les baux signés entre l’agence et les associations peuvent être gracieux ou onéreux, mais à des tarifs intéressants, pour une durée moyenne de trois ans renouvelables.

    Un dispositif national qui reste encore expérimental avec seulement 10 biens confisqués affectés socialement sur toute la France, et un seul en région Paca. Bien qu’à Toulon, un autre bien doit bientôt être affecté. Une voie que le procureur de Marseille, Nicolas Bessone souhaiterait élargir pour « rétablir la confiance entre la justice et la population ».

  • La consommation de crack et de kétamine augmente en Paca

    La consommation de crack et de kétamine augmente en Paca

    Réalisé par l’Agence régionale de santé (ARS), Addiction Méditerranée et l’observatoire français des drogues et des tendances addictives, le rapport basé sur le travail d’un réseau Sintes (Système d’identification national des toxiques et des substances) composé de 67 organismes collecteurs fin 2025, trace les tendances de consommation de drogue pour la région et Marseille.

    Les auteurs pointent notamment une « extension des usages de cocaïne sous forme basée (crack), principalement par des personnes en situation de pauvreté mais aussi par des personnes insérées. » Ils notent « une présence désormais très fréquente de la kétamine dans des contextes festifs divers, consommée par davantage de personnes, notamment de très jeunes gens (18-25 ans). » Une consommation aussi « au quotidien » par des 20-40 ans, dont de nombreuses femmes, « parfois en usage auto-thérapeutique. » Auparavant utilisé par les consommateurs en chemsex, l’usage des « cathinones » s’est développé également en « contextes festifs divers. »

    Dans la région, la résine de cannabis reste « le produit illicite le plus couramment consommé et vendu » acheminé depuis le Maroc, principal pays fournisseur. C’est de là aussi que provient « la majeure partie de l’herbe de cannabis consommée en Paca. » La cocaïne en poudre, la MDMA/ecstasy sont « très disponibles » dans la région « en zone urbaine comme rurale. » Côté protoxyde d’azote, « la mode de l’expérimentation semble passée (…) mais pour un petit nombre de personnes, des consommations se sont installées : régulières, importantes (plusieurs dizaines de ballons par jour), voire massives (une bonbonne – qui représente jusqu’à 70 ballons – ou plus à chaque session). »

  • Ces lycéens vont passer quinze jours dans les coulisses d’Airbus

    Ces lycéens vont passer quinze jours dans les coulisses d’Airbus

    Vous allez vivre quinze jours dans ce qui se fait de meilleur dans l’industrie. » C’est le message que laministre déléguée chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage, Sabrina Roubache (Ren.), a adressé aux 90 lycéens effectuant leur stage de seconde à Airbus helicopters Marignane, lundi après-midi.

    Quinze jours durant lesquels les stagiaires seront encadrés en groupes et par binômes, avec un tuteur pour deux. Tous les métiers du premier employeur de la région, qui compte 10 000 salariés, sont concernés. Car ici, on vient « découvrir les réalités de l’industrie », selon Pascal Kuhn, directeur du site de Marignane d’Airbus helicopters. Cette réalité, c’est « des métiers, la vie au travail », poursuit le directeur, et ce « pour les garçons comme pour les filles, tout le monde a sa place ». Il souligne ainsi qu’un tiers des stagiaires présents sont des jeunes femmes.

    Cette troisième édition du stage de seconde est « une vraie chance » pour le recteur de l’académie d’Aix-Marseille, Benoît Delaunay. Une idée partagée par la ministre : « On aurait adoré, à notre époque, que des grandes boîtes comme Airbus s’organisent pour vous accueillir et donnent la possibilité de découvrir ces métiers exigeants. »

    « Favoriser la mixité sociale »

    Ce stage à Airbus revêt une originalité. « Notre dispositif 1+1 prévoit que la moitié des stagiaires soient des enfants du personnel et l’autre moitié des enfants issus de lycées de quartiers prioritaires » souligne Pascal Kuhn. « L’idée est de favoriser la mixité sociale pour que les jeunes puissent avoir largement accès à nos emplois, reprend le directeur du site. Les apprentis sont formés en alternance, en bac pro, BTS puis diplômes d’ingénieur. Il y a une multitude de possibilités et un panel de carrières à construire que nous voulons montrer. »

    Après le briefing sécurité, les 90 stagiaires ont fait la connaissance du Super puma H225, hélicoptère polyvalent de 11 tonnes autant utilisé pour la recherche et sauvetage que pour la lutte contre les incendies, dans sa version civile. « Vous vous rendez compte que vous allez sauver des vies grâce à votre travail ? », glisse la ministre aux apprentis présents.

    Sabrina Roubache considère le stage comme « une mesure d’égalité des chances » pour ces lycéens. Mais relève aussi un « stress » au regard de la situation internationale : « On m’a demandé si le service militaire était obligatoire ou pas », lors des échanges avec les lycéens. Alors, ce stage est aussi un moyen d’« inverser l’état d’esprit », pour la ministre, affirmant qu’« on ne fabrique pas des armes pour tuer, mais pour se défendre ». Airbus helicopters est justement « en tête du marché militaire », comme l’affirmait le PDG Bruno Even, en février dernier.

  • L’œuvre de Jeanne Vicerial, à Aix, entre sciences et féminité

    L’œuvre de Jeanne Vicerial, à Aix, entre sciences et féminité

    Baignée dans un faisceau de lumière qui traverse le ventre de la Chapelle de la Visitation, une gisante blanche, tissée de cordes et parsemé de fleurs. Autour d’elle, dans une mise en scène proche du mystique, d’autres corps aux attraits féminins, composés de textiles noirs, prennent possession du lieu. Nichée dans l’une des alcôves de la chapelle, La Présence à l’Enfant, haute, mutique, fait partie des œuvres qui interroge « l’histoire de l’art et la place des femmes et des enfants dans notre société, qui est un sujet particulièrement d’actualité », explique Jeanne Vicerial, artiste montante, et qui expose son travail dans quatre lieux de la Ville à l’occasion de la Biennale. Intitulée Incarnations, l’exposition est répartie entre la Chapelle, le Pavillon Vendôme, le Musée Granet et le Musée des Tapisseries où sont en partie exposés des costumes conçus pour Atys, ballet d’Angelin Prejlocaj. Jusqu’au 4 octobre, l’artiste dévoile ses sculptures filées, travaillées à la main.

    Titulaire d’un doctorat Sciences, Arts Création et Recherches, ancienne pensionnaire de l’Académie de France à Rome (Villa Médicis), l’artiste plasticienne et designer pose son travail à la croisée de la science et du mystique. « Le parcours développe quatre volets de son travail avec des ambiances et des orientations très différentes. C’est ça, la richesse de cette Carte blanche, donnée à Jeanne Vicerial », explique Chrystel Pélissier-Roy, directrice des Musées d’art et d’histoire d’Aix. « Ces œuvres existaient déjà, et déployées dans un espace différent, reprennent vie », précise l’artiste, passée
    par le Palais de Tokyo à Paris,
    la Maison Guerlain, mais aussi les galeries new-yorkaises, bruxelloises… Et multi-récompensée pour son travail.

  • Pour sensibiliser au cancer du col de l’utérus, le mois de juin se met au vert

    Pour sensibiliser au cancer du col de l’utérus, le mois de juin se met au vert

    Avec 3 000 nouveaux cas recensés chaque année et 1 100 décès en France, le cancer du col de l’utérus est un véritable enjeu de santé publique. Aussi, plusieurs acteurs de la santé occitans – notamment l’ARS Occitanie, l’Assurance maladie ou encore le CHU de Nîmes – ont lancé l’opération « juin vert », une vaste campagne de sensibilisation au dépistage du cancer du col de l’utérus.

    Causé principalement par les papillomavirus humains (HPV), qui se transmettent lors de rapports sexuels, le cancer du col de l’utérus est le seul à pouvoir être éradiqué par des dépistages précoces, capables de prévenir la maladie. « L’objectif est de réduire de 30% la mortalité et le nombre de cas d’ici 10 ans », souligne François Mengin Lecreulx, directeur de l’ARS Occitanie.

    Car la France est à la traîne en matière de dépistage. Alors que le seuil européen acceptable est fixé à 70%, seulement 60,9% des Françaises ont été dépistées en 2025. L’Occitanie fait un peu mieux avec 63,2%. Mais là encore, on observe des disparités géographiques entre départements : le Gard est au-dessus de la moyenne régionale (63,5% en 2024) tandis que l’Hérault récolte le bonnet d’âne (59,8%). Pourtant, un dépistage précoce permet d’éviter les drames. « Il est recommandé de réaliser un premier dépistage à 25 ans car l’infection HPV peut se faire très tôt, dès les premiers rapports sexuels – 80% des femmes ont été infectées au cours de leur vie. Or le temps entre l’infection et l’apparition des premières lésions cancéreuses est de 10 ans », insiste Pierre Mares, président du Centre régional de coordination du dépistage des cancers en Occitanie (CRCDC-OC) et gynécologue obstétricien au CHU de Nîmes.

    « Aller vers »

    le public éloigné

    Le chiffre médian de l’apparition du cancer étant de 52 ans, un dépistage à 25 ans peut donc permettre d’éradiquer la maladie. Proposé à toutes les femmes de plus de 25 ans et pris en charge à 100% par la Sécu, le dépistage est réalisé par un frottis tous les 1 à 3 ans pour les 25-29 ans puis par un test HPV tous les 3 à 5 ans pour les femmes de plus de 30 ans. Tout l’enjeu pour les professionnels de santé est d’aller chercher les publics éloignés des parcours santé et donc non dépistés. « La précarité joue sur le dépistage. On remarque aussi un décrochage sur une population plus vieille, ménopausée », soutient Noémie Aldigier, directrice adjointe CPAM de l’Hérault. « Il y a une vie après 65 ans, le dépistage ne doit pas s’arrêter », confirme Pierre Mares. La Sécu organise donc des événements de sensibilisation avec l’objectif « d’aller vers » le public concerné sur le terrain afin d’informer, d’accompagner dans la réalisation du dépistage. Aussi, des centres téléphoniques ont été mis en place où les agents contactent directement ces femmes éloignées des soins afin de les accompagner. Il n’y a pas que l’Assurance maladie qui met la main à la pâte. La ligue du cancer s’y attelle également. « Nous disposons d’un proxi-bus afin de sillonner le Gard pour rencontrer des femmes éloignées de l’accès aux soins. C’est une volonté d’y aller, y compris dans les quartiers prioritaires de la Ville, (QPV) », illustre Charlotte Voulouzan, directrice du comité du Gard de la Ligue contre le cancer.

    Cette campagne œuvre à une meilleure sensibilisation au dépistage, mais aussi à la vaccination contre les HPV, notamment pour un public jeune.

    Vacciner 80% des élèves de 5e d’ici 2030

    Dès 11 ans, les filles et les garçons peuvent recevoir deux injections du vaccin (trois injections pour les 15-26 ans). Cette vaccination peut se faire par le médecin traitant ou en milieu scolaire. Une manière de prévenir le virus, mais qui ne remplace en aucun cas le dépistage. « L’objectif est de vacciner 80% des 5e [onze ans] en 2030. Nous en sommes cette année à 51% des filles et 32% des garçons. On progresse d’année en année », avance François Mengin Lecreulx. le Gard et l’Hérault sont à la traîne avec 46,7% des Gardoises et 48,6% Héraultaises vaccinées contre 27,9% de Gardois et 30,7% d’Héraultais.

    Mais grâce au travail de terrain mené par les professionnels, ce chiffre devrait progresser.

  • Marsatac : rap, pop et électro à la fête au Parc Borély

    Marsatac : rap, pop et électro à la fête au Parc Borély

    « Je suis le symbole de ce que le rap est devenu : une musique décomplexée qui touche tout le monde », aime à dire Niska, tête d’affiche de la soirée d’ouverture du festival Marsatac, vendredi 12 juin au Parc Borély. À ce compte-là, rien d’étonnant à ce que ce rappeur, qui développe ses rimes sur des musiques aussi bien inspirées de la pop occidentale que de l’Afrique, n’ait écoulé, la semaine passée, tous les billets d’un double concert au Stade de France prévu en 2027 en seulement quelques heures. « La soirée du vendredi met à l’honneur ce que le rap fait de mieux aujourd’hui », indiquent les organisateurs de ce festival qui programmera aussi, lors de cette date inaugurale, une « nouvelle génération de talents rap », constituée d’artistes comme Jeune Morty, Huntrill et La Rvfleuze. Au menu également, la chanteuse martiniquaise Meryll, qui swingue de la pop au dancehall en passant par le hip-hop, ou encore l’artiste aux sons électro-orientaux, Ino Casablanca.

    Boss lady et jeunes talents

    Soirée la plus attendue de Marsatac, la date du samedi 13 juin se jouera à guichets fermés. Le Parc Borély accueillera alors Théodora, phénomène de la pop francophone engagée et féministe, alias « Boss lady », qui a fait chavirer les cœurs et les hanches avec des tubes comme Kongolese sous BBL ou Fashion Designa, ainsi que le rappeur Disiz, à l’origine de l’album On s’en rappellera pas, où figure d’ailleurs le titre Mélodrama interprété avec une certaine… Théodora. Jeune chanteuse guyanaise de dancehall à la trajectoire ascendante, la Pas jalouse Bamby, comme le suggère l’une de ses chansons phares, sera aussi très attendue par la jeunesse qui déferle à chaque climax du printemps sur le Parc Borély au moment de Marsatac. La journée de clôture du dimanche 14 juin a, elle, « été pensée comme une grande fête populaire », notamment marquée par une « programmation solaire majoritairement marseillaise avec des collectifs qui soutiennent la place des femmes et minorités de genre sur scène et défendent un droit inaliénable à la différence ».