Tag: Femmes

  • Les salles de sport font un carton plein

    Les salles de sport font un carton plein

    Lugubres il y a encore une vingtaine d’années, les salles de sport n’ont jamais été aussi tendance.

    Ouverts du matin au soir, et parfois même 24 heures sur 24, ces vastes espaces remplis de machines capables de solliciter le moindre muscle du corps humain ne désemplissent pas.

    Les étudiants profitent d’une heure libre entre deux cours pour s’y rendre, les actifs mettent à profit leur pause déjeuner ou la fin de leur journée pour s’entraîner, tandis que les retraités privilégient les heures creuses afin de profiter d’un peu plus de tranquillité.

    « En termes de pratiques et de modes de consommation, il y a eu un avant et un après Covid », remarque Thomas, directeur régional des salles Keepcool.

    « On a tous été vachement sédentarisé à cette période-là et dès qu’on a retrouvé notre liberté, on a senti que l’on avait besoin de reprendre soin de nous-même », ajoute-t-il, conscient que le secteur a fidélisé une vague de néo-passionnés.

    « Moi, j’ai besoin de ma séance quotidienne », confie Julien. En plein exercice à la poulie haute pour travailler ses grands dorsaux et ses biceps, le Marseillais s’entraîne cinq fois par semaine, à raison de séances d’une heure trente à deux heures. « Venir à la salle, ça m’a vraiment permis de prendre confiance en moi », explique celui qui prévoit de s’inscrire à des compétitions dans les prochains mois.

    « Quand on fait de la musculation, on adopte tout un rythme de vie. On est obligé de faire beaucoup de sacrifices : il faut bien dormir et avoir une alimentation adaptée si l’on veut obtenir des résultats », ajoute-t-il, fier des efforts qu’il fournit quotidiennement pour atteindre le physique dont il rêvait.

    Besoin de bien-être

    et d’une meilleure santé

    Si l’esthétique occupe une place prépondérante dans l’univers du fitness, tous les adhérents ne franchissent pas les portes d’une salle de sport dans l’unique but de se tailler un corps d’Apollon. Pour certains, l’activité physique répond avant tout à un besoin de santé.

    « À la suite d’un accident, je suis devenu hémiplégique et mon médecin m’a vivement conseillé de pratiquer une activité sportive très régulièrement », raconte Thierry, confortablement installé sur son vélo de biking, les écouteurs dans les oreilles et les yeux rivés sur son écran.

    Habitué du Keepcool de La Valentine, où il s’entraîne trois fois par semaine, il profite des fins de matinée pour effectuer sa séance dans un environnement calme. « J’ai déjà essayé de venir l’après-midi, mais l’ambiance ne me correspond pas », poursuit-il. Face à lui, un jeune couple sort des vestiaires.

    Monsieur s’installe sur le rameur tandis que Madame prend la direction des vélos elliptiques. « J’ai repris sérieusement pour me sentir mieux dans mon corps », souligne Kévin.

    Même s’ils ne s’entraînent pas ensemble, les deux amoureux s’encouragent mutuellement. « Il y a beaucoup de monde qui se regarde. Au début, c’est un peu perturbant, mais on s’y fait au final », glisse Chloé, convaincue que certains regards masculins peuvent déranger.

    Un monde plus féminisé

    Longtemps associées à des espaces austères réservés aux passionnés de musculation, véhiculant une image parfois machiste, les salles de sport ont progressivement évolué pour répondre aux attentes féminines.

    Elles représentent aujourd’hui 48% des adhérents en France et 45% d’entre elles se sentiraient mal à l’aise dans cet environnement.

    Chez On Air Marseille Joliette, ouvert en septembre dernier dans le 2e arrondissement, une partie de l’espace est ainsi exclusivement réservée aux femmes. Une initiative pensée comme une réponse aux freins que certaines peuvent encore ressentir en poussant les portes d’une salle de sport.

    « Pour moi, il faut le prendre comme un espace de transition pour les femmes qui ont du mal avec le regard des autres ou qui ne veulent pas subir le jugement des autres », estime Sophia. Coach sportive certifiée par l’État, elle a découvert l’univers des salles de sport en 2019, à la suite d’un cancer du sein.

    « Le sport a été mon exutoire. Je me suis dit qu’il fallait que j’en fasse profiter tout le monde, pour que chacun puisse se sentir bien dans son corps et dans sa tête », raconte la passionnée très investie aux côtés de Mathilde, la manager de la salle.

    Cette dernière se réjouit d’avoir contribué à mettre en place une démarche de plus en plus répandue dans le secteur, alors que de nombreuses enseignes cherchent à rendre leurs espaces plus inclusifs.

    EN CHIFFRES

    +7,7 %

    La fréquentation des salles de sport a progressé de 7,7% entre le premier trimestre 2024 et le premier trimestre 2025.

    5 600

    Le marché français du fitness s’appuie sur près de 5 600 établissements, témoignant de l’engouement croissant pour l’activité physique.

    35 €

    Le tarif médian d’un abonnement à une salle de sport s’élève à environ 35 € par mois. Certaines enseignes proposent toutefois des offres plus accessibles, notamment des formules à « un euro par jour » ou des tarifs préférentiels destinés aux familles.

  • Marseille, l’annulation du festival Hip-Hop Non-Stop fait polémique

    Marseille, l’annulation du festival Hip-Hop Non-Stop fait polémique

    Ils disent vouloir reconnaître l’importance des cultures urbaines dans l’identité marseillaise, là, c’est tout le contraire. » Selon Cédric Claquin, coordinateur du festival Hip-Hop Non-Stop, une réunion organisée au mois de mai avait confirmé le soutien financier de la ville de Marseille et des mairies de secteur pour l’édition 2026 du festival. Coup de théâtre la semaine dernière, lorsqu’il apprend que finalement, les subventions n’ont pas été votées lors du dernier conseil municipal.

    « Une logique

    de renouvellement »

    « C’est très peu respectueux du travail qu’on fait depuis cinq ans, ou même depuis quatre mois, de nous le dire moins de deux mois avant le festival, tout en nous ayant donné des signaux positifs avant », déplore-t-il. « J’ai demandé un rendez-vous début juillet pour avoir des explications, personne ne m’a répondu. Je suis énervé, parce que dans ce silence, il y a du mépris », poursuit le coordinateur du festival, également directeur adjoint de l’association Urban Prod, qui, à la demande de la municipalité, organise la fête depuis sa création en 2021. « On arrivait à super bien travailler, il y avait une confiance réciproque », regrette-il.

    Dans un communiqué, la Ville explique que cette décision s’inscrit dans « une volonté de réorienter les politiques en faveur des cultures urbaines », avec « des formats plus diversifiés, mieux répartis sur le territoire et davantage en phase avec les attentes des artistes, des habitants et des acteurs culturels », détaille-t-elle.

    Pour sa part, Cédric Claquin « ne croit pas à cette réponse », il reproche à la Ville de « prétendre connaître ces besoins sans avoir fait aucune étude ». À ce sujet, il répond : « Nous, on avait fait une étude en 2021 avec les acteurs du graf, de la danse et du rap pour se renseigner sur leurs besoins. On est connectés à 35 collectifs, on a des milliers de personnes qui nous répondent ». Le coordinateur du festival tente de comprendre : « Qu’est-ce qui ne plaît pas à la mairie ? Le fait qu’on fasse de l’émergence artistique de talents en devenir, qu’on travaille sur la place des femmes et des minorités de genres, qu’on aille dans les quartiers ? On ne serait pas assez territorialement diversifiés mais on va déjà dans 4 ou 5 secteurs de la ville différents », liste-t-il.

    Le budget consacré à la culture n’ayant pas été réduit, Cédric Claquin estime que la décision de la municipalité « n’est clairement pas un problème de moyens, mais un vrai problème de choix ». De son côté, la Ville de Marseille précise s’être « engagée à prendre en charge les dépenses déjà engagées dans le cadre de la préparation de cette édition, afin de ne pas pénaliser financièrement la structure ». La Ville « demeure pleinement engagée en faveur des cultures urbaines dont elle reconnait le rôle essentiel dans le dynamisme culturel de Marseille », conclut-elle.

    Un coup dur, mais pas fatal

    Malgré l’annulation du festival cette année, Cédric Claquin et ses partenaires ne se laissent pas abattre. « Sur les réseaux sociaux, on reçoit énormément de marques de soutien, on n’a jamais eu autant de commentaires. Ça nous donne juste envie de préparer 2027 avec un nouveau format, d’élargir encore plus nos collaborations, ça nous donne envie de ne rien lâcher ».

  • Les acteurs de l’hébergement d’urgence disent « non » à l’État dans les Bouches-du-Rhône

    Les acteurs de l’hébergement d’urgence disent « non » à l’État dans les Bouches-du-Rhône

    Un non, « en lettres majuscules ». Unies, la vingtaine d’associations qui agissent dans l’hébergement d’urgence dans les Bouches-du-Rhône opposent un front commun aux directives reçues par courriel, lundi soir, de la DEETS (Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités), demandant de remettre à la rue six ménages actuellement hébergés à l’hôtel, faute de mieux.

    Une décision qui arrive au bout de lentes restrictions. « Il y a eu, depuis deux ans, une sélection sur des critères de vulnérabilité, sur l’âge, la présence de bébés, les malades », explique Christophe Magnan, administrateur du SIAO 13, plateforme en charge notamment du 115. Puis « les critères ont laissé place à un critère », les femmes victimes de violences, poursuit-il, pour arriver à un conditionnement à « la persistance d’une menace active ». Ce qui a « conduit le SIAO à orienter entre 0 et 2 personnes par jour » avec 267 personnes sans solution, s’indigne-t-il. Puis, « il nous a été interdit de proposer des solutions d’hébergement d’État à des femmes isolées, enceintes, ou ayant au moins un enfant de moins de 3 ans », au motif qu’elles relèvent de la compétence du Département.

    Le courriel de la DEETS vient couronner le tout. « Il s’agissait de nous demander de mettre fin à l’hébergement de six ménages en hôtel avec au moins trois enfants en bas âge », précise Christophe Magnan. Au total, 19 personnes sont priées de retourner à la rue, faute de proposition alternative, pour répondre à un objectif « comptable », fixé par l’État, de 1 500 nuitées par jour. Inacceptable pour les associatifs, qui ont signifié leur refus d’obéir en retour de message. « Non, le groupement ne mettra pas ces personnes à la rue. Ni celle-là, ni les suivantes », martèle le responsable du SIAO13.

    En toute illégalité

    Pour des raisons humanitaires, évidentes, et légales. Car selon les articles L. 345-2-2 et 2-3 du Code de l’action sociale et des familles, le droit à l’hébergement d’urgence est inconditionnel, rappelle Thierry Mila président de la Fédération des acteurs de la solidarité Paca Corse, réclamant au passage l’ouverture du dialogue pour la mise en place d’une stratégie durable et de moyens « budgétaires à la hauteur ».

    Les associations se disent prêtes à engager un recours en justice si le préfet venait à utiliser la force publique. Toutes craignent que cette instruction ne soit qu’un « ballon d’essai ». Comme cela s’est passé « à Strasbourg, Bordeaux, Toulouse ou Montpellier », témoigne Thierry Mila. Même si, dans les faits, bien que concepteur de la base de données du SIAO, qui sert à établir des statistiques et coordonner l’action des travailleurs sociaux, l’État ne dispose pas, a priori, des noms et de la situation exacte des familles.

    Cette décision s’inscrit dans un contexte déjà catastrophique. Avec 5 400 places d’hébergement d’urgence disponibles dans les Bouches-du-Rhône, 9 000 demandes ont été recensées par le SIAO, 4 000 personnes sont toujours en attente, à la rue ou dans un hébergement de fortune. Et ce n’est que « le sommet de l’iceberg », pointe Francis Vernède, directeur régional Paca de la Fondation pour le logement des défavorisés, quand seulement une personne sur cinq appelle le 115. Il souligne aussi un manque de vision, dont le coût sera social, sanitaire, judiciaire. En se mettant « dans la peau d’un libéral », il insiste : « Proposer des hébergements dignes à des ménages, c’est pourtant leur donner la possibilité, demain, de devenir solvable, de participer à l’économie classique. »

    À la suite du SIAO, les fédérations d’acteurs sociaux puis le Secours catholique, ce vendredi, ont aussi interpellé le préfet par courrier. Le maire de Marseille a également pris la plume, s’adressant directement au Premier ministre.

    Contacté de nouveau par La Marseillaise, le préfet n’a pas répondu. Cette instruction intervient dans une certaine vacance administrative, où la préfète déléguée à l’égalité des chances, promue préfète de l’Aisne, prendra ses fonctions au 31 août, ainsi que son remplaçant.

  • Hébergement d’urgence, les associations à bout dans les Bouches-du-Rhône

    Hébergement d’urgence, les associations à bout dans les Bouches-du-Rhône

    Nous vous demandons, Monsieur le préfet, d’être le garant de l’inconditionnalité de la mise à l’abri des personnes vulnérables hors de toute autre considération que leur besoin d’un abri immédiat, sûr et digne. » Dans un long courrier, argumenté, en date 24 juillet, dont nous avons eu connaissance, le Service intégré d’accueil et d’orientation (SIAO 13), plateforme départementale qui gère l’hébergement, l’insertion et l’accès au logement des personnes sans abri, regroupant une vingtaine d’associations, dresse un bilan déplorable des dispositifs d’hébergement d’urgence.

    Elle dénonce une politique publique ultra-restrictive avec « une sélection des demandeurs en fonction de critères de vulnérabilité », une « orientation réduite aux femmes victimes de violences intrafamiliales », un accès aux centres d’hébergement et de réinsertion sociale et d’urgence réservé aux seuls ménages issus d’hôtels « excluant de fait tous les autres ». Elle pointe également l’exclusion de l’accueil des mères isolées avec au moins un enfant de moins de 3 ans, au motif que leur prise en charge relève du Département. Autant de critères qui ont conduit à « un démantèlement complet des possibilités de mise à l’abri », s’indigne le SIAO.

    90 % des appels au 115

    sans solution

    Pire, « à ce jour, le 115 n’offre aucune solution pour 90 % des appels reçus malgré l’ouverture des haltes de nuit, 267 personnes restant quotidiennement sans réponse », déplore la plateforme. « Tout semble indiquer que (…) la politique publique d’accompagnement de la rue au logement sur notre département est aujourd’hui focalisée à l’excès sur le respect d’une cible de nuitées hôtelières de 1 500 personnes par jour, soit 547 500 nuitées par an », analyse le SIAO. Un potentiel de nuitées compromis par « les opérations de renouvellement urbain, les évacuations de campement, ou encore les dispositifs exceptionnels comme les plans Grand froid ou Canicule ».

    Violences sexuelles, exploitations, emprise… En tant qu’associatifs de terrain, « nous constatons quotidiennement les risques majeurs encourus par les femmes auxquelles aucune solution n’est proposée », témoigne le SIAO, ajoutant que pour les enfants, les conséquences sont tout aussi dramatiques avec rupture de scolarité, difficultés d’accès aux soins, insécurité permanente qui porte atteinte à leur développement. Un « coût financier et humain » qui « produira dans les années à venir son lot de malheurs », entre « violences, délinquances, traite d’êtres humains et trafics en tout genre », alerte le SIAO.

    C’est à la fois un « cri d’indignation » et « un combat » que porte la plateforme départementale, s’interrogeant « très sérieusement » sur son maintien au sein du dispositif. Décision que le SIAO prendra lors de sa prochaine assemblée générale, en septembre, en fonction de la réponse du préfet, prévient-il.

    Contactée, la préfecture se refuse à tout commentaire. À noter qu’un marché public pour l’hébergement d’urgence des personnes sans domicile en Provence-Alpes-Côte d’Azur a été lancé, en février, auprès des hôteliers. De quoi « optimiser le taux d’occupation de leurs établissements tout au long de l’année, sécuriser leurs revenus et s’inscrire dans une action à forte utilité sociale », vantait alors la préfecture. Selon le dernier bilan de la Dreets (Direction régionale de l’économie de l’emploi, du travail et des solidarités) Paca, en date de novembre 2025, quelque 20 070 personnes et 12 460 ménages ont sollicité le 115, en 2024, dans le département. Au final, trois demandes sur quatre n’aboutissent pas à un hébergement.

  • [Week-end] La Dame Blanche arpente Valréas

    [Week-end] La Dame Blanche arpente Valréas

    La Dame Blanche est une déambulation lente, silencieuse et envoûtante portée par une marionnette géante accompagnée de ses quatre artistes-marionnettistes et deux musiciennes. Elle, figure féminine à la fois sage et puissante, avance avec grâce dans l’espace public. Eux, brillants et légèrement grotesques, l’entourent comme un cortège étrange et fascinant. Ensemble, ils composent une image à la fois poétique, surprenante et profondément troublante.

    Une création qui invite le public à vivre un moment suspendu, hors du temps, où la rue devient scène et le quotidien se transforme en expérience sensible. Une parenthèse enchantée ou le partage, la lenteur et la beauté sont au rendez-vous.

    Dimanche de 19h30 à 20h10. Gratuit.

  • Le Vaucluse labellisé par le Tour de France

    Le Vaucluse labellisé par le Tour de France

    En lien avec ce double événement, mais pas que, Amaury sport organisation [organisateur du Tour de France] a labellisé « deux vélos » le Département. Ce prix, jusque-là réservé aux Villes, a été ouvert aux Départements cette année. « Cette distinction vient récompenser l’ensemble des politiques publiques vauclusiennes en matière de vélo menées de longue date », se félicite le Conseil départemental. Les 165 km cumulés des 3 vélos-routes ont ainsi été salués.

  • [C’est l’été] Lecture : « Une journée dans la vie de Maria Ivanova », de Lionel Duroy

    [C’est l’été] Lecture : « Une journée dans la vie de Maria Ivanova », de Lionel Duroy

    Cette femme, c’est la protagoniste du roman de Lionel Duroy, que fascine les pays de l’Est. Dans un précédent roman, l’auteur écrivait que la vie des autres intéresse, à condition de trouver les mots pour la raconter. Ces mots, il les a trouvés, et les a même illustrés d’images en noir et blanc. S’il fallait ajouter quelque chose à cette courte présentation, nous dirions, en toute sincérité, que Duroy n’a jamais écrit un texte aussi fort.

    Éditions Flammarion, 19 euros

  • Femmes au travail : la Région Occitanie en première ligne

    Femmes au travail : la Région Occitanie en première ligne

    Douleurs pelviennes, abdominales, nausées, céphalées, troubles hormonaux, mal-être… La liste des effets indésirables liés aux menstruations est malheureusement longue pour de nombreuses femmes. Pourtant, en société, cette douleur est souvent tue. Dans une étude de l’Ifop datant de 2022, 65% des femmes salariées interrogées disent avoir déjà été confrontées à des difficultés liées à leurs règles au travail, 53% confient avoir des règles douloureuses et 35% déclarent que leurs douleurs menstruelles impactent négativement leur travail.

    Suite à l’interpellation, en séance plénière, de Marielle Garonzi, élue d’un groupe d’opposition de droite, sur la capacité de la collectivité à répondre aux besoins des femmes souffrant notamment d’endométriose -dont les règles douloureuses sont le principal symptôme- la Région a décidé de se saisir de la question. Le 4 juin, l’ensemble des groupes politiques -sauf le RN -ont ainsi adopté un vœu visant à « mieux reconnaître les problématiques hormonales impactant la santé des femmes dans l’organisation de l’administration régionale ». Pour ce faire, un groupe de travail transpartisan -à l’exception, là encore, du RN-, impulsé par la présidente de Région PS Carole Delga, a planché sur le sujet, auditionnant durant trois mois les services juridiques de la collectivité, des associations de lutte contre l’endométriose, des professionnels de santé ou encore les syndicats de la Région.

    Un plaidoyer auprès du gouvernement

    « L’endométriose touche aujourd’hui une à deux femmes sur dix. C’est tout sauf un phénomène anodin. Sachant que la dysménorrhée (les règles douloureuses), la périménopause, la ménopause, impactent également lourdement la santé des femmes au travail. Il s’agit donc d’un vrai sujet de société, qui concerne des centaines de milliers de femmes en Occitanie et des centaines de femmes dans l’administration régionale », souligne Pierre Lacaze, vice-président de la Région à l’égalité hommes-femmes et président de ce groupe de travail.

    « Il y a quelques années, plusieurs collectivités avaient mis en place des congés hormonaux sur prescription médicale. On s’est aperçu qu’il n’y avait pas d’abus : une partie des salariées y avait recours, mais en proportion assez faible. Hélas, suite à des consignes nationales, les préfectures ont ensuite cassé toutes ces décisions dans le cadre du contrôle de légalité. Les services juridiques de la Région nous ont assuré que si nous mettions en place un tel congé, il connaîtrait le même sort », explique Pierre Lacaze. La Région a donc décidé de porter un plaidoyer auprès du gouvernement et des parlementaires pour faire évoluer la loi. « Cette évolution est indispensable pour permettre la création d’une Autorisation spéciale d’absence (ASA) liée aux pathologies hormonales féminines », indique l’élu communiste, qui a porté, le 8 juin, ce plaidoyer auprès de la ministre chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, à l’occasion d’une rencontre de l’association Régions de France. « Nous attendons un retour pour, nous l’espérons, un rendez-vous à la rentrée avec le gouvernement afin de discuter de la possibilité de légiférer. »

    Dans l’attente, plusieurs dispositifs vont être mis en place au sein de la collectivité, notamment une enquête interne auprès des agentes concernées et le recours ponctuel au télétravail supplémentaire sur prescription médicale. « On va se lancer dans une adaptation, dans tous les services, des conditions de travail pour ces femmes et former l’ensemble des dirigeants de services à cette problématique », promet Pierre Lacaze.

  • Paca, première région maritime avec plus de 100 000 emplois

    Paca, première région maritime avec plus de 100 000 emplois

    Baignée au Sud par la Méditerranée, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur reste numéro un dans le pays en termes d’économie maritime. C’est ce que confirme une étude de l’Insee, en collaboration avec la Dreets et la collectivité, présentée en conférence de presse ce jeudi à Toulon et publiée dans la foulée. Cette économie maritime représentait fin 2022, quelque 25 600 emplois salariés. Si l’on ajoute les 14 200 de la marine nationale – avec le premier port militaire de France – et les 62 200 du tourisme littoral, ce sont au total 102 000 emplois salariés, soit 5,3 % de la part d’emploi salarié régional que compte cette économie.

    « Notre littoral n’est pas seulement un décor ou une destination. Il est un espace économique majeur, qui fait vivre l’hôtellerie, la restauration, les activités nautiques, les ports, les transports, le commerce et de très nombreux services », indique François de Canson, vice-président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur en charge du développement économique, de l’attractivité, du tourisme et de la prévention des risques majeurs.

    Cette économie de la mer est divisée en huit grands secteurs d’activité, ici nommés « segments », avec le transport maritime et fluvial et la construction-réparation navale qui concentrent l’essentiel des emplois salariés. Avec, respectivement 11 900 travailleurs pour le premier et 7 900 pour le second, soit près de quatre emplois salariés sur cinq. Dans le détail, c’est 90 % de l’emploi régional du transport maritime et fluvial qui est polarisé dans les Bouches-du-Rhône, avec les grands acteurs que sont le Grand port maritime de Marseille (GPMM), la CMA CGM et Corsica Linea. Quand le Var centralise 72 % de la construction-réparation navale, avec Naval Group et Eca Robotics.

    Les autres secteurs mentionnés sont l’intervention publique, recherche et protection de l’environnement, la logistique portuaire, les travaux publics maritimes, les produits de la mer (dont la pêche). L’extraction de matériaux marins et la production d’énergie, ne concernent pas notre zone.

    L’économie des métiers de la mer est concentrée au sein de grandes entreprises. Dès lors, les établissements de plus de 50 salariés représentent 75 % des emplois, et ceux de plus de 500 salariés emploient 10 700 personnes.

    Seuls 25 % des salariés

    sont des femmes

    Ces travailleurs de la mer gagnent en moyenne 3 910 euros net mensuels en équivalent temps plein. La part de cadres est de 40 % et les ouvriers qualifiés y sont six fois plus nombreux. À titre comparatif, le salaire moyen dans l’ensemble de l’économie régionale est de 2 470 euros par mois.

    Mais cette économie est, sans surprise, peu féminisée. Et compte une grande majorité des hommes, âgés de 25 à 49 ans. Les femmes elles, n’occupent que 25 % des postes. Une part inégale en fonction des segments, s’il y a peu d’ouvrières, il y a presque autant de femmes que d’hommes dans la logistique portuaire par exemple.

    « Cette étude va servir au diagnostic et au pilotage des politiques publiques », veut croire Olivier Tessier, directeur régional adjoint de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (Dreets), citant le « retard » sur l’éolien en mer Méditerranée, une « filière d’avenir », pousse-t-il. À ses côtés, le maire de la Londe-les-Maures, pressenti pour succéder à Renaud Muselier à la tête de la Région, appelle à ne « jamais opposer économie et écologie » : « être la première région maritime française impose de savoir concilier les usages. Notre littoral accueille des activités industrielles, militaires, portuaires, touristiques, scientifiques, de pêche, de plaisance et de protection de la nature », soulève François de Canson.

    CHIFFRES

    1,3

    En pourcentage, c’est le nombre de salariés de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur qui travaillent dans l’économie maritime, où sont recensés près de 4 200 établissements en 2022.

    63

    Le département des Bouches-du-Rhône concentre à lui seul 63 % de l’emploi salarié de l’économie maritime de la Région, le Var 30 % et les Alpes-Maritimes seulement 7 %.

    4 500

    En euros, c’est le salaire moyen net mensuel en équivalent temps plein dans le transport maritime et fluvial, dont 40 % des salariés sont des cadres. Le salaire moyen dans la Région est de 2 470 euros pour l’ensemble de l’économie.

  • Sur tous les plateaux

    Sur tous les plateaux

    Dans un article paru en 2020, dans le New York Times, suite à la diffusion de la série désormais célèbre Le jeu de la Dame, la championne d’échecs hongroise, Judit Polgar, considérait que les hommes étaient bien trop gentils dans cette fiction, comparés à ceux « qui refusaient de lui serrer la main lorsqu’ils perdaient » contre elle…

    Décidément, il n’y a pas de petit combat, ni de petite victoire contre le machisme. Et là encore, le jeu ne change pas, seuls le regard et les postures évoluent. Et pour cela, comme le dit le président de la Ligue Paca, la mise en avant de « modèles féminins », au sens d’exemples inspirants est crucial. Ils sont d’autant plus importants que, pendant des années, les comptes rendus des exploits sur un échiquier se résumaient à la rivalité entre Anatoly Karpov et Garry Kasparov.

    Une nouvelle jeunesse

    L’apparition – et la victoire – de Deep(er) blue, le superordinateur d’IBM, sur le champion du monde au milieu des années 90, semblait sonner le glas d’une quelconque humanité derrière le mouvement de chaque pièce… Circulez, il n’y a plus rien à voir, ni à faire, à moins d’appartenir à une très petite élite capable de rivaliser avec l’engin.

    L’accent mis ces dix dernières années sur l’apprentissage dès le plus jeune âge en milieu scolaire et les effets du confinement, où les plateaux d’échecs sont ressortis des armoires et ont connu un nouveau souffle en ligne, a bouleversé cette donne. S’inscrivant dans la très forte dynamique des jeux de société, offrant une parenthèse ludique et conviviale à ces protagonistes, les échecs se démocratisent et connaissent une nouvelle jeunesse. De bon augure.