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  • Aurélie Bories : « La première fois au Mondial est toujours très impressionnante »

    Aurélie Bories : « La première fois au Mondial est toujours très impressionnante »

    La Marseillaise : Comment s’est passée cette nouvelle aventure pour vous à La Marseillaise ?

    Aurélie Bories : Les deux premières journées ont été un peu compliquées au départ. Je joue avec Camille Picard et Nadège Baussian, et on ne connaissait pas du tout Camille. Elle n’a que 18 ans, donc il a fallu que chacune prenne ses repères. Depuis samedi, en revanche, tout fonctionne très bien. Dès que l’une est en difficulté, les deux autres prennent le relais. C’est cette solidarité qui nous a permis de nous en sortir.

    Vous évoluez aux côtés de Camille Picard, qui dispute sa première saison chez les seniors, après avoir brillé dans les catégories jeunes. Un mot sur elle ?

    A.B. : Camille, je ne la connaissais pas du tout. Pour être passée par les Espoirs il y a près de dix ans, je sais à quel point il est difficile d’intégrer un groupe de seniors. Avec Nadège, on essaie donc de jouer un rôle de grandes sœurs, de l’accompagner et de la mettre en confiance. Plus elle est à l’aise, plus il lui est facile de s’exprimer sur le terrain. Et franchement, elle est super. Elle réalise un très bon tournoi, elle est à l’écoute, investie et toujours présente. Je n’ai vraiment rien à lui reprocher.

    Justement, cette complicité est-elle essentielle à vos yeux au moment de constituer une équipe ?

    A.B. : C’est clair que le feeling, c’est la clé pour moi. Tu peux jouer avec deux filles qui sont vraiment très fortes. Mais si tu n’es pas à l’aise, si tu n’arrives pas à t’entendre, que ce soit dans le jeu ou en dehors, franchement, ce n’est pas la peine. Quand ça va aller, ça roule. Mais quand il y a une petite faiblesse, c’est là où on n’arrivera pas à relever la tête. C’est ce qui fait la différence de jouer avec des filles avec qui on s’entend bien.

    La Marseillaise est un concours à part dans la saison. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

    A.B. : Ça me plaît, parce que ça me rappelle forcément le Mondial de Millau, où l’on jouait aussi dans les allées, avec beaucoup de monde autour des parties. C’est une ambiance que je connais et à laquelle je suis habituée. La première fois au Mondial est toujours impressionnante, mais on s’y fait vite. Et puis, c’est agréable d’être aussi proche du public.

    Quel regard portez-vous
    sur l’évolution de la pratique féminine ?

    A.B. : La pétanque féminine est de plus en plus médiatisée. Il y a encore quelques années, ce n’était pas le cas. Après, bien sûr qu’il reste du chemin à parcourir, car nous ne bénéficions pas encore de la même visibilité que les hommes. Mais les choses évoluent dans le bon sens, avec de réelles améliorations et il faut continuer sur cette voie.

    Le sport reste-t-il encore déséquilibré selon vous ?

    A.B. : On parle beaucoup des hommes, on en parle tout le temps même. Ils sont souvent prioritaires, et les femmes viennent ensuite, que ce soit sur le plan médiatique ou dans l’organisation des concours. Il est donc difficile pour nous d’avoir la même visibilité. C’est aussi aux organisateurs de mettre davantage les femmes en avant. Ici, le fait de proposer des demi-finales télévisées, c’est déjà un bon pas en avant.

    Vous avez récemment représenté la France aux championnats d’Europe, où vous avez glané deux médailles (une en argent et une bronze). Quel bilan en tirez-vous sur le plan personnel ?

    A.B. : Les Championnats d’Europe laissent un goût d’inachevé. Avec Charlotte, contre les Suisses, on a clairement laissé passer le match. On mène 6-4, puis on s’éteint complètement. En tête-à-tête, je perds à 9, et c’est de ma responsabilité : je ne réalise pas une bonne main de 3, ce qui me coûte cher. C’est une compétition extrêmement exigeante, où il faut enchaîner doublettes, tête-à-tête et doublettes mixtes en restant constamment concentré. La pression est forte, les journées sont longues, avec des débuts tôt le matin et des fins tard le soir. C’est vraiment difficile à gérer. On revient malgré tout avec quelques médailles. Ce ne sont pas les plus belles, mais cela reste une satisfaction.

  • Un Mondial La Marseillaise à couper le souffle !

    Un Mondial La Marseillaise à couper le souffle !

    Comment ne pas s’émerveiller devant un tel événement ? Le Mondial La Marseillaise à pétanque a franchi une nouvelle étape. Où s’arrêtera-t-il ? Une seule explication à ce déferlement humain autour de ce monument de la pétanque : son caractère festif.

    Cette fête est devenue rare dans une société souvent aseptisée. L’amour que lui portent les passionnés est un véritable acte de fidélité. Une fidélité multipliée par 10, 100 ou 1 000 pour ces hommes, femmes et enfants venus de plus de 90 départements, sans autre ambition que d’être présents pour immortaliser cet instant, cette journée, ou davantage si affinités, dans une ambiance nulle autre pareille.

    Ce joyeux et long cortège déferle, tous les ans, à Marseille et son mythique parc Borély. C’est un peu Noël en été pour les participants. Ne nous y trompons pas : certains nourrissent l’ambition d’aller le plus loin possible, de se frotter à un ténor de la discipline afin de « mourir heureux ». Fanny, Alsacienne dont le prénom résonne comme un hymne à la pétanque, confiait il y a quelques jours : « J’ai offert à mes parents ce voyage à Marseille. Ils en rêvaient. Il fallait voir leur joie. » Colette et Olivier participent à leur premier Mondial, comme des centaines d’autres férus de pétanque.

    « Quand la boule roule, l’esprit s’envole »

    La popularité est l’ADN de cette Marseillaise qui n’a aucun équivalent dans le monde. La pétanque y retrouve son esprit jovial et détendu, sous le soleil des longues journées d’été. Comme le dit le dicton : « Quand la boule roule, l’esprit s’envole. »

    Et les ténors, me direz-vous ? Ils sont toujours plus nombreux et toujours plus forts. Une véritable pléiade de champions du monde, d’Europe et de France : Rocher, Robineau, Bonetto, Foyot, Fournié, Suchaud, Grandet, Loy, Chiapello. Cocciolo, Puccinelli, Malbec, « Tyson » Molinas, Durk, Rousseau, Madagascar et on en passe. Seuls manquent à l’appel Rizzi, Fazzino et Quintais. Hatchadourian, victime d’un accident, est absent, tout comme Jean « Moineau » Feltain.

    Tous savent combien la souffrance, l’abnégation et les capacités d’endurance sont indispensables, au-delà de leurs qualités intrinsèques, pour revêtir l’habit de lumière, mercredi.

    « Pour être performant dans une compétition de cette longueur il y a des critères à respecter, comme celui de s’économiser, se reposer entre les parties, boire beaucoup d’eau, marcher le moins possible », nous confiait récemment Jean-Michel Puccinelli, triple vainqueur. C’était la devise des anciens Albert Pisapia (recordman de victoires avec ses sept titres) ou Jean Kokoyan (six victoires). Car oui, le talent seul ne suffit pas.

    Le Mondial, c’est aussi les femmes et le Grand Prix féminin Paprec. Elles ont ouvert le bal ce vendredi et, là aussi, un nouveau record a été établi avec 186 équipes engagées. Quel bond en avant en seulement quelques années ! Chez les jeunes, 195 triplettes ont pris le départ du Trophée Crédit Mutuel des jeunes. L’avenir s’écrit déjà en lettres d’or.

    Le premier jour fait office de tour de chauffe, avec pour ambition d’éviter la sortie de route lors des premières parties. Les pièges peuvent rapidement se refermer sur les grands favoris dans un brouhaha indescriptible, face à des triplettes survoltées par la grandeur de l’événement.

    Le Mondial La Marseillaise à pétanque, c’est aussi une déferlante de pays étrangers, avec 30 nations présentes. Le premier de la classe reste Madagascar, qui a bouleversé la hiérarchie l’année dernière en signant une victoire historique. Les héros de l’île Rouge sont de retour. En ordre dispersé, certes, mais avec la même ambition : décrocher la lune une nouvelle fois. Ils ont ouvert la voie et pourraient faire des émules. De nombreuses nations progressent et parviennent désormais à franchir un, voire deux jours de compétition.

    L’Allemagne championne d’Europe à la surprise générale participe aux Masters. Elle est le chef de file des pays en pleine expansion, avec 34 équipes présentes. Au total, 130 équipes étrangères prendront le départ, dont de nouveaux venus comme le Mexique, la Bulgarie, l’Autriche ou la Slovénie. L’Afrique s’implante de plus en plus, encouragée, encouragée par les succès de ses représentants. Ces pays souhaitent se distinguer dans une compétition où la médiatisation joue un rôle essentiel. Le Togo rejoint ainsi le Sénégal, l’Algérie, le Maroc et Madagascar.

    À l’heure où le monde sportif a les yeux braqués sur un autre Mondial à l’échelle financière pharaonique, le Mondial La Marseillaise poursuit son envol avec une dimension plus humaine, mais un point commun demeure : une notoriété toujours plus grandissante et une ferveur à vous couper le souffle.

  • [Entretien] Marine Bonetto : « La Marseillaise est un concours qu’on rêve toutes de gagner »

    [Entretien] Marine Bonetto : « La Marseillaise est un concours qu’on rêve toutes de gagner »

    La Marseillaise : Comment s’est passée votre première journée au Grand Prix féminin Paprec vendredi ?

    Marine Bonetto : On a passé un très bon moment. Il fait très chaud, mais on est dans un magnifique parc, à l’ombre. On ne pouvait pas rêver mieux. C’est un beau concours, on est heureuses d’être là et contentes d’avoir déjà franchi quelques tours.

    Pour quelles raisons participez-vous chaque année au Mondial ?

    M.B. : Moi, je suis attachée aux valeurs de La Marseillaise. J’aime cette ambiance : les passants qui traversent, les bébés qui pleurent, les chiens qui aboient, les cigales… Tout ça fait partie du jeu ici. Et c’est surtout ce qui en fait son charme de l’épreuve.

    Vous vous êtes inclinée en finale de l’édition 2023. Quel souvenir en gardez-vous de cette partie ?

    M.B. : Bien sûr, cette finale perdue me trotte encore dans la tête. J’aimerais franchir un nouveau cap et tenter de revivre ce moment. Mais l’essentiel reste de profiter, de prendre les parties les unes après les autres et d’aller le plus loin possible.

    Quels souvenirs avez-vous du Mondial dans votre jeunesse ?

    M.B. : Je n’ai pas connu La Marseillaise d’avant, mais mon père m’en a beaucoup parlé. Mickaël aussi, qui venait déjà tout petit, tout comme plusieurs membres de sa famille. Ils racontent qu’il y avait une foule immense, que les gens regardaient les parties depuis les hauteurs. C’étaient des rencontres jouées avec la voix, avec le cœur, « avec le sang », comme on dit à Marseille.

    Comment la pétanque est-elle entrée dans votre vie ?

    M.B. : J’ai commencé la pétanque vers 17 ans avec mon père. J’ai pris ma première licence à la Boule de Pélissanne. Au début, je faisais les mêlées avec les copains, surtout avec les anciens qui m’appréciaient beaucoup et que j’adorais. C’est comme ça que tout a commencé. Ensuite, j’ai disputé quelques concours plus importants. Puis j’ai rencontré Mickaël, à Saint-Rémy-de-Provence, un mercredi, lors d’un concours en triplette. Il m’a proposé de l’accompagner sur un National. On a passé un week-end, puis deux, puis trois ensemble… et on est finalement tombés amoureux.

    Justement, comment vivez-vous le fait de jouer avec votre mari, Mickaël Bonetto ?

    M.B. : Entre nous, ça fonctionne très bien parce que Mickaël est quelqu’un de patient. Il respecte toujours ses adversaires, mais aussi ses partenaires, que ce soit moi ou quelqu’un d’autre. Il ne hausse jamais le ton et n’a jamais un mot de travers. Forcément, ça met en confiance, surtout quand on est une joueuse. Et puis, comme je suis sa femme, c’est encore plus naturel. On se fait confiance mutuellement. Je le laisse tenter des coups qu’il n’oserait peut-être pas avec d’autres partenaires. On se régale ensemble et j’espère que ça continuera longtemps.

    Selon vous, quelles qualités faut-il posséder pour réussir à La Marseillaise ?

    M.B. : Pour moi, il faut savoir tout faire. Être capable de tirer au fer, de tirer à la rafle, de jouer à demi-boule, debout, de faire une refonte, de pointer assis… Il faut aussi savoir faire rouler les boules avec les pieds plutôt que de les lancer. Surtout, il ne faut pas se priver de tenter ces coups-là, parce que c’est tout le charme de La Marseillaise et de ses terrains.

    Le Mondial s’internationalise de plus en plus. ça hausse le niveau selon vous ?

    M.B. : Je suis vraiment heureuse de voir autant de nations représentées. C’est génial de pouvoir affronter des Allemandes, des Thaïlandaises, des Cambodgiennes, des Belges… Cette diversité est très enrichissante. Et puis le niveau est de base déjà très relevé : il y a des joueuses de l’équipe de France, de très belles équipes de Marseille et des environs. C’est un grand concours, et forcément, un concours qu’on rêve toutes de gagner.

  • Le Mondial explose les compteurs

    Le Mondial explose les compteurs

    Pour la deuxième année consécutive, le record de participation est battu. Un signe fort d’une compétition qui grandit, évolue et continue d’attirer aussi bien les joueurs du dimanche venus en famille que les amateurs chevronnés et les champions confirmés, tous réunis au rendez-vous marseillais pour quatre jours d’intense compétition, dans les allées du parc Borély.

    Cette année, les 95 départements métropolitains sont représentés, ainsi que 30 pays venus des quatre coins du monde. Des équipes arrivent de très loin, avec des triplettes du Japon, du Mexique, du Togo, des États-Unis, de Finlande ou encore de Slovaquie, sans oublier les délégations ultramarines de La Réunion, de Guyane ou de Saint-Barthélemy.

    Un an après le sacre de Madagascar, La Marseillaise porte plus que jamais son nom de Mondial. À l’image de la pétanque, elle-même, l’événement s’est profondément internationalisé, avec l’émergence de nouvelles nations comme l’Allemagne, championne d’Europe en 2025, l’Italie, championne du monde en 2024, ou encore plusieurs pays africains tels que le Sénégal et le Bénin, en progression constante. Malgré cette concurrence accrue, la France demeure le principal vivier de champions, et la quasi-totalité des meilleurs joueurs en font un objectif majeur. Anciens vainqueurs désireux de revivre leur sacre ou nouveaux prétendants rêvant d’inscrire leur nom au palmarès : tous poursuivent la même ambition, s’imposer sur l’épreuve phare phocéenne.

    Les femmes et les jeunes ne sont pas en reste

    Autre indicateur d’une dynamique solide : les compétitions associées battent, elles aussi, leurs records de participation. Le Trophée Crédit Mutuel Mondial des jeunes et le Grand Prix féminin Paprec dépassent à leur tour les chiffres de l’an dernier. Au total, 186 triplettes sont engagées dans le concours féminin, tandis que 195 équipes participent au Mondial des jeunes, réparties en trois catégories : juniors (79 équipes), cadets (72) et benjamins-minimes (44).

    Des petits prodiges au palmarès déjà bien garni, comme Tylan Kapfer, Loni Szczotkowski ou Gianni Seignouret, tenteront de s’imposer une nouvelle fois sur la scène marseillaise. Déjà habitués au succès dans les catégories jeunes, ces talents incarnent une relève en pleine affirmation au sein de la discipline.

    Au-delà du prestige sportif, le Mondial reste avant tout un rendez-vous humain, où les générations se croisent et où la passion du jeu efface les frontières. Une singularité qui contribue, année après année, à renforcer son statut d’événement incontournable de l’été marseillais. Alors, avec ou sans boules en main, seul, avec des amis ou en famille, vous êtes chez vous à La Marseillaise.

    Rocher, Doerr et Feltain présents

    Interpellés mardi dans le Var et en Gironde, les internationaux français Dylan Rocher, Ligan Doerr et Jean Feltain, soupçonnés d’avoir manipulé une partie des Masters de pétanque 2025 à des fins de paris truqués, seront bien présents à La Marseillaise. Si Rocher et Feltain devraient évoluer avec leurs équipes prévues, Doerr jouera aux côtés de Nelson Ziegler et Ludovic Montoro, remplaçant de luxe de dernière minute de Michel Hatchadourian, blessé dans un accident de travail.

  • Femmes sans-abri face à des hôpitaux démunis

    Femmes sans-abri face à des hôpitaux démunis

    « Le moment de la sortie d’hospitalisation est un moment à haut risque de rupture dans les parcours de soins. Mais aussi un risque élevé de rupture dans les parcours d’hébergement », déclare Clélie Nallet, chargée de recherche opérationnelle à l’Observatoire des pauvretés de Marseille. Elle présentait la première enquête sur « le parcours de prise en charge des personnes sans domicile en sortie d’hospitalisation à Marseille » ce jeudi 2 juillet au palais du Pharo.

    Cette enquête montre notamment le manque de moyens et de dispositifs afin d’accompagner les personnes sans domicile qui quittent l’hôpital sans solution d’hébergement adaptée à leur état de santé. Cela représentait, sur une année, plus de 855 personnes dans les services médecine et chirurgie et 348 femmes au sein des maternités. Si les chiffres sont de 2024, le problème est loin d’être une nouveauté. Clélie Nallet évoque ainsi une problématique à laquelle « les acteurs de terrains sont confrontés depuis longtemps ».

    « L’enjeu est désormais collectif », constate Karim Touche, adjoint au maire de Marseille délégué à l’action sociale. Toutes les institutions présentes telles que les hôpitaux de Marseille (AP-HM) ou l’agence régionale de santé (ARS) s’accordent sur la nécessité de collaborer pour répondre à une problématique à la croisée des domaines d’intervention. Il ne s’agit pas seulement de la sortie d’hôpital mais « du bout du bout du bout du parcours de la personne très précaire ou de la personne sans domicile », souligne ainsi. François Crémieux, directeur général AP-HM.

    « J’avais particulièrement insisté pour qu’on parle des femmes, et notamment des femmes qui venaient d’avoir un enfant », insiste Isabelle Epaillard, préfète à l’égalité des chances. En effet, les difficultés rencontrées par les femmes sans domicile en sortie de maternité se trouvent au centre de l’enquête.

    Femmes en première ligne

    Faute de dispositifs idoines, les femmes sont gardées plus longtemps à l’hôpital et le système sature alerte Halima Benmouis qui travaille au service social de la maternité de l’hôpital de la Conception. « Ça devient un moment d’attente, d’anxiété et d’angoisse pour ces femmes », ajoute-t-elle car les structures ne sont plus adaptées pour des nourrissons de plusieurs mois.

    Des salariées du dispositif de périmaternité du SIAO 93 (service intégré d’acceuil et d’orientation) sont venues présenter les 20 centres dédiés à l’accompagnement autour de la maternité qui existent en Seine-St-Denis. Idem pour l’association France Horizon qui développe des dispositifs similaires au sein des CHU de la région PACA dont la directrice Aurore Philippart plaide pour « des structures intermédiaires ». Un centre dédié doit ouvrir à Marseille en septembre 2026.

  • « La musique de Carla Bley peut toucher tout le monde »

    « La musique de Carla Bley peut toucher tout le monde »

    La Marseillaise : Vous êtes la première femme à diriger l’Orchestre national de jazz depuis sa création, il y a 40 ans. Y attachez-vous une importance particulière ou pas ?

    Sylvaine Hélary : Un peu des deux. J’ai postulé à l’Orchestre national de jazz en tant que musicienne, compositrice, flutiste, mais pas en tant que femme spécialement. En revanche, je mesure l’importance que cela peut par exemple avoir pour de plus jeunes musiciennes quant à leur manière de s’identifier à des figures féminines. À partir du moment où les femmes sont un peu plus visibles, qu’elles soient sur scène ou à des postes de direction, cela peut contribuer à changer la place des femmes dans la société en général : affirmer peut-être quelque chose ou rassurer, donner envie, se dire que c’est possible. Je mesure le pouvoir que cela peut avoir au niveau de la transmission.

    Si tout cela évolue aujourd’hui, c’est aussi grâce à des pionnières comme la compositrice et cheffe Carla Bley, à une époque où les femmes se comptaient sur les doigts d’une main à ces postes…

    S.H. : Complètement. J’ai rencontré sa musique il y a 30 ans quand je faisais des sessions avec le saxophoniste Rémi Sciuto, à qui j’ai confié les arrangements de la plupart du programme de Carla Bley. Avant, j’avais quelques références de musiciennes françaises comme Joëlle Léandre ou Hélène Labarrière. Mais elles étaient peu nombreuses. Puis la compositrice Carla Bley m’a ouvert tout un nouveau monde. Elle m’a impressionné par sa liberté, sa manière de naviguer entre des musiques différentes : elle a aussi bien travaillé avec des pointures jazz que Robert Wyatt ou le batteur de Pink Floyd, Nick Mason. Cette touche-à-tout a développé en même temps son propre langage. Elle a aussi joué toute sa vie avec certains de ses compagnons comme Steve Swallow, le dernier en date. Elle coche tous les souhaits que l’on peut avoir quand on est une jeune femme et qu’on veut devenir musicienne.

    Le directeur du festival des cinq continents dit qu’elle « fait un jazz qui tire jusqu’à la musique contemporaine, mais comporte aussi beaucoup de mélodies »…

    S.H. : Tout à fait. Avec notre projet, on voulait donner à entendre toute sa panoplie et pas seulement un son, celui de son orchestre avec beaucoup de cuivres. On a donc aussi ajouté un quatuor à cordes pour changer un peu la couleur, avoir notre propre son et ne pas faire une pâle copie du sien. Sous des airs très mélodiques, qui rappellent des musiques de films, le son de Carla Bley est très exigeant. Et dans le même temps, elle prodigue quelque chose de très accessible. La musique de Carla Bley peut toucher tout le monde. On a joué notre projet dans plein d’endroits comme l’opéra de Dijon. Les spectateurs ne la connaissaient pas bien, et pourtant, 1 600 spectateurs ont fini debout.

    Les 12 titres de votre album alternent le doux et le vigoureux. À l’image de sa personnalité ?

    S.H. : On n’avait pas envie que ça soit portrait en cire de Carla Bley, mais on se l’est approprié. On a voulu représenter plusieurs facettes de son écriture. possiblement reliable à celles de sa personnalité. Il y a à la fois des tubes comme « Utviklingssang » et « Musique mécanique », mais aussi « End of Vienna », plus chambriste que jazz. Elle a un parcours incroyable, est partie très tôt de chez elle, a même vendu des cigarettes au Birdland [club mythique de jazz new yorkais, Ndlr.]. Le monde du jazz et des musiques improvisées, à l’époque bouillonnant, a été pour elle fondateur.

  • Sensibiliser les festivaliers à la santé des femmes

    Sensibiliser les festivaliers à la santé des femmes

    Bingo des règles, quiz sur les stéréotypes liés aux menstruations, cartographie des appareils génitaux, présentation du violentomètre… Au festival Marsatac les 12, 13 et 14 juin derniers, la mutuelle marseillaise Solimut, en partenariat avec l’association Règles élémentaires, a sensibilisé les festivaliers aux différents enjeux autour de la santé des femmes et son inégal accès. Un stand qui se tiendra aussi du 23 au 26 juillet, lors du Delta Festival.

    « L’idée est de faire de la prévention autour de la santé menstruelle avec des activités un peu ludiques », explique Florence Lépine, responsable de l’antenne Paca de l’association Règles élémentaires. L’association, créée en 2016 pour l’égalité, l’éducation et la justice menstruelle, participe pour la première fois à un stand de prévention aux côtés de Solimut. L’objectif est également de rediriger des personnes vers des associations de référence sur d’éventuelles pathologies ou des troubles liés aux règles.

    Inégal accès à la santé

    Si la thématique de la santé menstruelle est centrale, le stand de sensibilisation de Solimut permet également d’aborder le sujet plus large de la santé des femmes. « à Marsatac, avec le violentomètre [outil permettant de mesurer le degré de violence] on a pu voir que tout le monde n’a pas la même échelle de valeurs sur les violences ce qui a permis de discuter et d’ouvrir la discussion à ce sujet », relate Magali Planas, coordinatrice prévention et promotion de la santé chez Solimut.

    La mutuelle a également distribué un questionnaire sur les inégalités genrées de la prise en charge médicale, et en particulier des maladies cardiovasculaires. De nombreuses études montrent en effet que les infarctus sont moins bien pris en charge chez les femmes que chez les hommes, car les symptômes les plus connus sont moins fréquents chez les femmes.

    Sensibiliser les plus jeunes

    Un travail de sensibilisation des festivaliers important pour Solimut. « Si on vient dans ces deux festivals, c’est parce qu’il y a un public cible : ce sont des jeunes », soutient Pierre Méry, vice-président de Solimut Mutuelle France. Ce dont témoigne Florence Lépine : « on a pu échanger avec pas mal de préados ou d’ados qui avaient très peu de connaissances sur les règles. »

    Des stands de préventions sur les inégalités entre hommes et femmes au niveau de la santé qui s’inscrivent dans une ambition plus large de la part de la mutuelle. « Ces actions sont la continuité de notre approche politique et féministe de la santé », affirme Pierre Méry, vice-président de Solimut Mutuelle France.

    Déjà au niveau de leur structure, Soli mut a mis en place « l’arrêt menstruel », qui permet aux femmes souffrant de règles particulièrement douloureuses de bénéficier de jours de repos. Mis en place l’année dernière, la société a été accompagnée pour cela par l’association Règles élémentaires. « C’est une mesure qui fonctionne bien pour les personnes qui en ont besoin, mais aussi avec les managers, car il y a eu un bon accompagnement », se félicite Pierre Méry qui ajoute cependant « même si on peut sans doute progresser ». Une expérimentation d’autant plus importante qu’elle pourra servir d’exemple pour élargir le dispositif au niveau national. « ça nous permet d’avoir des exemples concrets et qui fonctionnent pour porter des plaidoyers », explique la responsable de l’antenne Paca de l’association Règles élémentaires.

    Un engagement politique et féministe en lien avec le rôle social que veut porter Soli Mut pour « agir sur les inégalités d’accès et sur la santé des femmes », rappelle Pierre Méry.

    « Ces actions sont la continuité de notre approche politique
    et féministe
    de la santé »

  • Une ex-villa de dealer devient un refuge pour les femmes

    Une ex-villa de dealer devient un refuge pour les femmes

    Confisquée à un trafiquant de cocaïne en 2021, une villa dans les hauteurs du 15e arrondissement est devenue un lieu refuge pour des femmes victimes d’infraction pénale. Ce jeudi, le parquet de Marseille faisait le bilan des trois premières années de l’affectation sociale de ce bien confisqué.

    L’histoire commence en 2023, lorsque l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (AGRASC), propose à Marie Guillaume, directrice de l’association d’Aide aux victimes d’actes de délinquance (AVAD) de profiter d’une villa pour leur association, pour la somme symbolique de 1 euro par an. L’association s’associe donc avec la Caravelle, association qui gère de nombreux lieux d’hébergement, afin de mettre en place le projet Rebond.

    L’ambition est de faire de cette villa un lieu refuge pour des femmes victimes d’infractions pénales. Avec cinq chambres, deux salles de bains et une grande cuisine, cette maison accueille depuis septembre 2023 des femmes et leurs enfants où elles vivent en colocation le temps de se reconstruire. Accueillies en moyenne quatre mois, elles bénéficient d’un accompagnement pour leurs démarches juridiques et d’un soutien psychologique et social.

    Un accompagnement global qui a aidé Mme K. à retrouver ses enfants. Arrivée en 2023 au Rebond après que son ex-mari a enlevé ses deux enfants en Pologne, elle y a trouvé « une famille et du réconfort ». Après une année difficile, avec des allers-retours entre ce lieu refuge et des hébergements sécurisés après des menaces de son ancien compagnon, la jeune femme a pu retrouver ses deux enfants et un logement.

    Dispositif expérimental

    Un accompagnement multiple qui a été rendu possible par l’absence de loyer. « 95% de notre financement va dans notre personnel, et donc dans notre accompagnement », explique Christophe Magnan, directeur général de l’association de la Caravelle.

    Inspiré par les dispositifs italiens anti-mafia, ce type de cession a été rendue possible par une loi-cadre de 2021. Gérés par l’AGRASC, les baux signés entre l’agence et les associations peuvent être gracieux ou onéreux, mais à des tarifs intéressants, pour une durée moyenne de trois ans renouvelables.

    Un dispositif national qui reste encore expérimental avec seulement 10 biens confisqués affectés socialement sur toute la France, et un seul en région Paca. Bien qu’à Toulon, un autre bien doit bientôt être affecté. Une voie que le procureur de Marseille, Nicolas Bessone souhaiterait élargir pour « rétablir la confiance entre la justice et la population ».

  • La consommation de crack et de kétamine augmente en Paca

    La consommation de crack et de kétamine augmente en Paca

    Réalisé par l’Agence régionale de santé (ARS), Addiction Méditerranée et l’observatoire français des drogues et des tendances addictives, le rapport basé sur le travail d’un réseau Sintes (Système d’identification national des toxiques et des substances) composé de 67 organismes collecteurs fin 2025, trace les tendances de consommation de drogue pour la région et Marseille.

    Les auteurs pointent notamment une « extension des usages de cocaïne sous forme basée (crack), principalement par des personnes en situation de pauvreté mais aussi par des personnes insérées. » Ils notent « une présence désormais très fréquente de la kétamine dans des contextes festifs divers, consommée par davantage de personnes, notamment de très jeunes gens (18-25 ans). » Une consommation aussi « au quotidien » par des 20-40 ans, dont de nombreuses femmes, « parfois en usage auto-thérapeutique. » Auparavant utilisé par les consommateurs en chemsex, l’usage des « cathinones » s’est développé également en « contextes festifs divers. »

    Dans la région, la résine de cannabis reste « le produit illicite le plus couramment consommé et vendu » acheminé depuis le Maroc, principal pays fournisseur. C’est de là aussi que provient « la majeure partie de l’herbe de cannabis consommée en Paca. » La cocaïne en poudre, la MDMA/ecstasy sont « très disponibles » dans la région « en zone urbaine comme rurale. » Côté protoxyde d’azote, « la mode de l’expérimentation semble passée (…) mais pour un petit nombre de personnes, des consommations se sont installées : régulières, importantes (plusieurs dizaines de ballons par jour), voire massives (une bonbonne – qui représente jusqu’à 70 ballons – ou plus à chaque session). »

  • Ces lycéens vont passer quinze jours dans les coulisses d’Airbus

    Ces lycéens vont passer quinze jours dans les coulisses d’Airbus

    Vous allez vivre quinze jours dans ce qui se fait de meilleur dans l’industrie. » C’est le message que laministre déléguée chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage, Sabrina Roubache (Ren.), a adressé aux 90 lycéens effectuant leur stage de seconde à Airbus helicopters Marignane, lundi après-midi.

    Quinze jours durant lesquels les stagiaires seront encadrés en groupes et par binômes, avec un tuteur pour deux. Tous les métiers du premier employeur de la région, qui compte 10 000 salariés, sont concernés. Car ici, on vient « découvrir les réalités de l’industrie », selon Pascal Kuhn, directeur du site de Marignane d’Airbus helicopters. Cette réalité, c’est « des métiers, la vie au travail », poursuit le directeur, et ce « pour les garçons comme pour les filles, tout le monde a sa place ». Il souligne ainsi qu’un tiers des stagiaires présents sont des jeunes femmes.

    Cette troisième édition du stage de seconde est « une vraie chance » pour le recteur de l’académie d’Aix-Marseille, Benoît Delaunay. Une idée partagée par la ministre : « On aurait adoré, à notre époque, que des grandes boîtes comme Airbus s’organisent pour vous accueillir et donnent la possibilité de découvrir ces métiers exigeants. »

    « Favoriser la mixité sociale »

    Ce stage à Airbus revêt une originalité. « Notre dispositif 1+1 prévoit que la moitié des stagiaires soient des enfants du personnel et l’autre moitié des enfants issus de lycées de quartiers prioritaires » souligne Pascal Kuhn. « L’idée est de favoriser la mixité sociale pour que les jeunes puissent avoir largement accès à nos emplois, reprend le directeur du site. Les apprentis sont formés en alternance, en bac pro, BTS puis diplômes d’ingénieur. Il y a une multitude de possibilités et un panel de carrières à construire que nous voulons montrer. »

    Après le briefing sécurité, les 90 stagiaires ont fait la connaissance du Super puma H225, hélicoptère polyvalent de 11 tonnes autant utilisé pour la recherche et sauvetage que pour la lutte contre les incendies, dans sa version civile. « Vous vous rendez compte que vous allez sauver des vies grâce à votre travail ? », glisse la ministre aux apprentis présents.

    Sabrina Roubache considère le stage comme « une mesure d’égalité des chances » pour ces lycéens. Mais relève aussi un « stress » au regard de la situation internationale : « On m’a demandé si le service militaire était obligatoire ou pas », lors des échanges avec les lycéens. Alors, ce stage est aussi un moyen d’« inverser l’état d’esprit », pour la ministre, affirmant qu’« on ne fabrique pas des armes pour tuer, mais pour se défendre ». Airbus helicopters est justement « en tête du marché militaire », comme l’affirmait le PDG Bruno Even, en février dernier.