Tag: extrême droite

  • Mobilisation contre un happening du média identitaire « Frontières »

    Mobilisation contre un happening du média identitaire « Frontières »

    Deux semaines après avoir monté une opération similaire à Strasbourg, c’est devant la faculté Schumann, à Aix-en-Provence, que le média identitaire Frontières s’est installé ce mercredi midi. Une installation pour enregistrer une émission comme une provocation, pour le média financé par le député (UDR) de la ville Gérault Verny et qui n’hésite pas à glisser un symbole néonazi comme la rune d’Odal dans sa communication. Mais peu avant 13h, ce happening a tourné court face à la rapide mobilisation de près d’une centaine d’étudiants et militants des Jeunes communistes, insoumis, de l’Union étudiante ou du Poing levé. Et les organisateurs du happening ont dû replier leur table installée devant la bibliothèque universitaire pour se déplacer vers la faculté de droit, où ils se sont heurtés à la même mobilisation. « Il y a quelques étudiants qui nous ont interpellés en nous disant qu’ils cherchaient juste à débattre, mais débattre avec eux c’est normaliser leurs idées nationalistes, racistes, misogynes », témoigne Shana Maisueche, secrétaire à l’organisation du Mouvement des jeunes communistes dans les Bouches-du-Rhône, « fermement opposée à leur présence ». Et de rappeler que le directeur de la rédaction Erik Tegnér a déjà été reconnu coupable d’injures raciales et est par ailleurs visé par une plainte pour agression sexuelle et harcèlement.

    De son côté, la militante identitaire Nina Azamberti, membre de Nemesis et ancienne collaboratrice du député RN Romain Baubry, se mettait en scène touchée par un jet d’œuf, recevant le soutien du candidat RN Jean-Louis Geiger. Pas gêné par les idées de ces groupuscules.

  • À Lodève, le PCF se pose en médiateur d’une union délicate à gauche

    À Lodève, le PCF se pose en médiateur d’une union délicate à gauche

    Faire asseoir à la même table Fadelha Benammar-Koly (PS) et Sébastien Rome (LFI) dans les prochaines semaines. À quatre mois des municipales (15-22 mars 2026), tel est l’objectif de la section communiste de Lodève. « Le PCF se pose en médiateur, on travaille à ce que chacun prenne ses responsabilités », explique Florian Vire.

    Inquiet de voir que deux listes de gauche sont sur le point de se monter, le secrétaire de section prend l’initiative d’une première rencontre entre l’actuelle adjointe de la maire sortante Gaëlle Levêque (qui ne se représente pas) et l’ancien député Insoumis à la tête du collectif « Réflexions lodévoises ». « Les gens veulent une gauche unie, on l’a vu aux législatives avec le NFP. » Pas question d’une « soupe aux logos » mais d’un rassemblement à gauche coconstruit avec les citoyens.

    Suite au décès de l’ex-maire Marie-Christine Bousquet (PS) fin 2017, Gaëlle Levêque ne l’avait emporté en 2020 que de 8 voix face à la droite de Claude Laateb. Lequel pourrait cette fois être soutenu par le RN. Face au risque de bascule, Sébastien Rome tend lui aussi la main et propose un « processus de discussions » avec la relève de la majorité municipale qu’il a quittée il y a 5 ans. « Je tends la main au binôme (Fadelha Benammar-Koly/Nathalie Rocoplan). Je sais qu’il est possible de travailler avec elles. Il y a plein de formules possibles pour que chacun trouve son compte », assure l’Insoumis qui fait valoir sa notoriété et son expérience d’ancien député.

    Côté programme, l’instituteur soutenu par Génération.S, Nouvelle Donne et les Écologistes, propose de créer un réseau de chaleur à base de géothermie, une sécurité sociale alimentaire ou encore d’assouplir le régime indemnitaire IFSE des agents municipaux. Il promet un budget participatif et des référendums d’initiative citoyenne. « Il y a un manque total de proximité entre la mairie et les habitants », critique Sébastien Rome.

    LFI en épouvantail ?

    Des reproches qui passent mal du côté de Fadelha Benammar-Koly. « Sébastien Rome a eu des critiques acerbes contre Gaëlle Levêque, il est allé un peu loin. Et puis parler d’union en mettant sa tête sur les affiches, c’est étonnant… », déplore la conseillère régionale, protégée de Carole Delga (PS). L’actuelle adjointe pressentie pour être tête de liste veut d’abord travailler le programme. Avec les citoyens, elle veut « lutter contre le mal logement », « fluidifier la traversée de la ville » ou encore « embellir l’espace public ». « Tout n’a pas été parfait sur ce mandat, il y a des choses que j’aurais pu faire différemment », concède F.Benammar-Koly, évoquant une forme de « rupture » à avoir.

    Reste à savoir si LFI sera compatible ou fera figure d’épouvantail. « Il n’y a aucune consigne de Carole Delga, le sujet n’est pas là ». Prête à « discuter » mais pas pour « l’union à tout prix ». Avec S. Rome, F. Benammar-Koly craint les « chamailleries » voire « un blocage comme à l’Assemblée ».

  • À Bollène, Anthony Zilio pour une confirmation, Marie-Claude Bompard en reconquête

    À Bollène, Anthony Zilio pour une confirmation, Marie-Claude Bompard en reconquête

    La course à l’hôtel de ville de Bollène les 15 et 22 mars a connu un sacré coup d’accélérateur vendredi soir avec l’officialisation des candidatures du maire sortant (SE) Anthony Zilio et de Marie-Claude Bompard (Ligue du Sud), qui rêve toujours de reprendre la ville après l’avoir dirigée lors de deux mandats (2008-2020). Tout sauf une surprise de voir les deux candidats se lancer tant les intentions étaient déjà déflorées.

    « Chers Bollénois, les 15 et 22 mars prochain, vous aurez à nouveau rendez-vous avec l’avenir de Bollène. C’est avec la même passion et le même attachement que je serai candidat pour continuer d’embellir, de sécuriser et de développer notre ville », a succinctement déclaré Anthony Zilio sur ses réseaux sociaux. Un message minimaliste qui ne fait que valider un secret de Polichinelle. Depuis plusieurs mois, sa page Facebook « Rassembler Bollène avec Anthony Zilio » avait été relancée et actualisée en juillet avec la mention 2026. « Je suis toujours convaincu et mon énergie n’a pas baissé », confiait-il déjà dans nos colonnes en février, promettant une « décision collégiale au sein de mon équipe polymorphe ».

    Issu de la gauche, Anthony Zilio, 40 ans, avait réussi à monter une liste de large rassemblement républicain [hors PCF qui avait conduit sa propre liste (4,89%)] pour faire tomber l’extrême droite, l’emportant avec 51,81% des voix au second tour. Depuis, il s’escrime « à réparer la maison Bollène ». Si sa déclaration de candidature a été laconique, son site de campagne est en revanche plus dissert sur toutes les actions accomplies depuis plus de cinq ans en matière de sécurité, d’économie, de cadre de vie, de jeunesse ou de culture. « On gomme les crispations pour apaiser les choses », défendait en février Anthony Zilio prenant comme meilleur exemple le nombre d’habitants en progression de Bollène après des années de déclin. « Ce n’est pas juste la sortie 19 de l’autoroute, c’est une ville qui se réveille et révèle tout son plein potentiel », se targue le premier magistrat.

    L’extrême droite divisée avec un prétendant RN

    En 2021, le maire avait également repris le canton à l’extrême droite, divisée entre Marie-Claude Bompard et le binôme RN. Un scénario qui va se reproduire en mars. La cheffe de file de l’opposition a donc, elle aussi, annoncé sa candidature vendredi à l’occasion d’une réunion publique. « Nous ne pouvons pas nous dérober », estime l’ex-édile de 71 ans, dont le fils, Yann, est maire d’Orange. Mais contrairement au précédent scrutin municipal où le RN n’avait pas de candidat, le parti lepéniste a investi Franck Marest, 68 ans. « Ils ont perdu parce qu’ils ont été mauvais », piquait Thierry d’Aigremont, patron du RN 84 lors de la présentation de son candidat, à l’endroit du clan Bompard, qui « représente le passé ». Pour l’heure, pas d’autres candidats que ce trio n’est déclaré.

  • Nîmes : « Cette ville a les ressorts pour résister », selon Vincent Bouget

    Nîmes : « Cette ville a les ressorts pour résister », selon Vincent Bouget

    Dans l’arrière-salle du Prolé, la soirée touchait à sa fin lorsque Vincent Bouget a pris la parole. Sans notes, le candidat de la gauche nîmoise a replacé le questionnaire citoyen dans une perspective plus large : « On ne transformera pas cette ville à quelques-uns. Si on veut la changer, il faut que les Nîmois se réapproprient leur vie, leur histoire, la politique, leur quartier ». Pour lui, l’objectif dépasse la collecte de réponses : il s’agit d’un processus de réappropriation démocratique. « Beaucoup de gens n’y croient plus, a-t-il reconnu. Ils ne pensent pas qu’on puisse faire autrement, ni qu’on puisse le faire ensemble. C’est ce doute qu’il faut combattre. » D’ici la restitution du 11 décembre, Bouget veut mobiliser « jusqu’au dernier jour » pour que chaque Nîmois puisse s’exprimer.

    « En face, les forces réactionnaires se mettent en marche »

    L’intervention a aussi pris des accents politiques plus combatifs. Le candidat de la gauche unie a dressé un constat clair : « L’extrême droite se met en ordre de marche, pendant que la droite court derrière elle » Face à cela, Bouget appelle à ne pas se démoraliser : « Oui, les forces adverses sont puissantes, mais notre réponse, c’est le travail de terrain. 160 points de contact en deux mois, des milliers de rencontres : c’est ça qui compte ». Il conclut sur une note d’humilité : même en cas de victoire, « rien ne sera facile ». Mais, dit-il, « notre force, ce sera cette réunion des habitants de tous les quartiers. Cette ville a des ressorts pour résister et reconstruire ensemble ».

  • À Orange, la justice fera-t-elle vaciller le clan Bompard ?

    À Orange, la justice fera-t-elle vaciller le clan Bompard ?

    En 1995, avec Toulon et Marignane, Orange était l’une des trois villes du sud à basculer au Front national. Depuis 30 ans, elle est la seule à demeurer aux mains de l’extrême droite. Élu maire avec 87 voix d’avance face à une droite désunie et au maire sortant DVG Alain Labbé, Jacques Bompard a ensuite été réélu dès le 1er tour en 2001, 2008 et 2014, qu’il soit sous l’étiquette du MPF ou ensuite de son propre parti, Ligue du sud. En 2020 seulement, il n’obtient « que » 47% des voix au 1er tour mais l’emporte largement au second (56%) dans le cadre d’une quadrangulaire, où figurait aussi le RN.

    L’assise électorale étant posée, c’est la justice qui finit par déboulonner Jacques Bompard, quand bien même il reste encore aujourd’hui influent – en dehors de tout cadre légal il disposait d’un bureau à la mairie jusqu’en 2024 – et bénéficie d’une tribune dans le magazine municipal. Pourtant, en novembre 2021, la cour de cassation rejette son pourvoi, le condamnant définitivement pour prise illégale d’intérêts, entraînant 5 ans d’inéligibilité. Dans la foulée, son second fils, Yann, prend la suite en étant élu maire. Jusqu’à quand ? Car dans un mois, Yann Bompard comparaîtra, du 17 au 19 décembre, devant le tribunal correctionnel de Marseille dans un dossier d’emploi fictif au détriment de l’Assemblée nationale.

    Un dossier qui éclabousse toute l’extrême droite puisque l’actuelle députée RN de la circonscription, Marie-France Lorho est jugée pour les mêmes faits. Ils remontent du temps où Yann Bompard était collaborateur parlementaire de la députée. Auparavant affidée du clan Bompard – elle avait succédé à Jacques en cours de mandat à l’Assemblée nationale -, Lorho est désormais brouillée avec la famille depuis qu’elle s’est rapprochée du RN. Elle est de son côté poursuivie comme auteure du détournement de fonds publics, mais aussi pour subornation de témoin. Constituée partie civile, l’Assemblée nationale a évalué son préjudice à 74 776 euros à l’égard de la députée et 42 753 euros pour le maire. En cas de condamnation impliquant une inéligibilité, les deux élus ne pourraient candidater aux municipales de mars.

    À Carpentras, l’ex-maire condamné qui veut reprendre du service

    En 2018, après avoir épuisé tous les recours judiciaires jusqu’à la cour de cassation, Francis Adolphe avait été poussé à la démission. Alors maire (ex-PS) de Carpentras, il avait été reconnu pour des faits de violence sur son ex-compagne, entraînant huit mois d’emprisonnement avec sursis, 5 000 euros d’amende et 5 ans d’interdiction de ses droits civiques, civils et de famille. Une inéligibilité entre-temps réduite puisqu’en 2021, il avait été candidat aux départementales, manquant de très peu la victoire face au binôme RN (139 voix). Voilà désormais que Francis Adolphe rêve de reprendre la mairie à celui qui lui a succédé en 2018, son ex-premier adjoint Serge Andrieu (DVG), avec qui il est en froid. Donné second d’un sondage derrière Andrieu, Adolphe (SE) espère, avec sa liste « Nous sommes tous Carpentras », rassembler à droite et à gauche hors des extrêmes.

  • Exemplarité

    Exemplarité

    La mise en scène de l’incarcération puis de
    la sortie de prison de Nicolas Sarkozy repose l’éternelle question de l’exigence de probité vis-à-vis des élus de la République. Mais avec un éclairage cru et pour le moins inquiétant alors que se profilent les municipales en mars prochain, durant lesquelles une tempête d’extrême droite menace de souffler fort.

    Que l’homme soit le premier président de la Ve République incarcéré est déjà un mauvais signal en soi. Que l’exécution provisoire soit dénoncée comme
    un coup politique alors même qu’elle n’est que l’application de la loi et donc écrite par ceux-là même qui la condamnent aujourd’hui, aussi. Que ceux qui ont construit une partie de leur argumentaire politique sur le laxisme de la justice, se retrouvent côte à côte pour dénoncer
    son application afin de permettre, concrètement, à Marine Le Pen de
    se présenter en 2027, également.

    Sans vergogne

    Depuis longtemps, l’impact de l’existence d’une justice à deux vitesses protégeant les cols blancs sur la désaffection des populations pour la chose politique a été démontré. Sans effet. Les affaires s’enchaînent, touchant de nombreux partis politiques. Pire elles ne semblent même plus être vécues comme un obstacle dans un parcours politique. Cela se voit à l’échelle municipale comme le détaille notre dossier sur nos trois départements. Mais également pour la future présidentielle. Avec le cas de Marine Le Pen mais aussi de Nicolas Sarkozy que certains se plaisent désormais à envisager en sauveur de la droite en 2027.

    Arrêter avec ces « dérives sans vergogne » est fondamental avant les municipales. Et rappeler que l’exemplarité en politique doit être une évidence.

  • Attaque du Prolé d’Alès : les avocats sonnent la charge

    Attaque du Prolé d’Alès : les avocats sonnent la charge

    Six mois et toujours aucune interpellation. C’est le constat effectué vendredi 7 novembre au Prolé d’Alès par les trois avocats mandatés par les victimes, qui s’étonnent de la lenteur de la procédure alors que leurs clients avaient fourni aux enquêteurs un certain nombre d’éléments. « Ils ont pratiquement fait l’enquête, il suffirait maintenant de la boucler en quelques jours », a même précisé Me Sophie Mazas, avocate au barreau de Montpellier.

    En effet, après l’attaque du bar communiste par une dizaine de personnes fin mai, lors de la feria, les victimes étaient très vite remontées jusqu’au groupuscule d’extrême droite du Bloc Montpelliérain. Ce 7 novembre, celles-ci ont fourni à la presse tous les éléments apportés il y a six mois aux enquêteurs. Une recherche sur les réseaux sociaux a en effet permis de montrer que non seulement le Bloc Montpelliérain revendique une activité dans le Gard (contrairement à ce qu’il a affirmé après l’attaque) mais aussi que certains de ses membres étaient bien venus en repérage au Prolé deux jours avant l’assaut. Plusieurs membres de ce groupuscule ont aussi été formellement identifiés sur des photos postées par le Bloc Montpelliérain sur ses réseaux sociaux.

    « Tous ces éléments ont été fournis aux services de police », confirme Cécile Alphon-Layre, présente dans le bar le soir de l’attaque. « Aujourd’hui, les victimes sont dans le questionnement. On se fait tabasser, on porte plainte, on trouve les visages de certains des agresseurs et il ne se passe rien. Si on est toujours dans un état de droit, il doit y avoir une justice ». Sa sœur, Elsa, qui a pris les premiers coups et s’est jetée sur le cheminot pour le protéger des coups portés par deux hommes tandis qu’il était au sol et que sa femme enceinte était retenue à l’intérieur, abonde : « Certains des agresseurs habitent sur le territoire. Nous les avons déjà croisés. Il y en a même un qui s’est rendu par hasard au travail d’une des victimes, qui a pu l’identifier formellement et noter sa plaque d’immatriculation. Où est la protection des victimes ? Beaucoup ont encore des séquelles. Pourquoi il n’y a aucune interpellation alors que lorsque j’ai porté plainte, la police m’a affirmé avoir récupéré des images de vidéosurveillance du bas de la rue ? »

    Des interpellations

    sous deux mois ?

    Avec ce point presse, les avocats espéraient surtout faire pression sur le parquet pour qu’il accélère et informe sur le suivi du dossier. « Nous avons écrit au procureur mais nous n’avons aucune réponse. Nous n’avons même pas un numéro de dossier. Nous voulons bien tout entendre, que le parquet soit chargé avec notamment les nombreux dossiers liés au narcotrafic, que la police est en sous-effectif et qu’elle manque d’enquêteurs. Mais pour entendre, il faut encore qu’on nous parle », souligne Me Ralph Blindauer, l’avocat du Parti communiste français qui poursuit : « Aujourd’hui, aucun témoin n’a été entendu. Nous avons un doute sérieux sur le démarrage de cette enquête parce que si elle avait commencé, on en aurait vu des signes ».

    Resté mutique sur ce sujet jusqu’ici, le procureur d’Alès Abdelkrim Grini a été contraint de s’expliquer. Il a notamment indiqué avoir transmis le dossier à la police judiciaire de l’Hérault puisqu’une partie des auteurs seraient domiciliés dans ce département. Il assure que l’enquête suit son cours et que plusieurs assaillants ont bien été identifiés mais qu’il y a encore besoin de réunir des preuves. Il promet ainsi des arrestations d’ici les deux prochains mois pour « violences aggravées ».

    En attendant que ces propos soient suivis d’effet, victimes et avocats se disent prêts à accentuer la pression pour s’assurer que l’enquête ne s’enlise pas. Si les avocats ont plusieurs possibilités de procédure, ils ne veulent pour l’instant rien dévoiler. Du côté du PCF, Giovanni Di Francesco, le secrétaire de la section alésienne, n’exclut pas l’organisation d’un rassemblement et/ou de se constituer partie civile pour avoir accès au dossier.

  • La droite divisée flirte avec l’extrême droite à Nîmes

    La droite divisée flirte avec l’extrême droite à Nîmes

    La succession de Jean-Paul Fournier, après vingt-cinq ans de règne, vire à la guerre des droites. À cinq mois des municipales de 2026, les prétendants s’entre-déchirent sur fond de soupçons de glissement idéologique. Dernier épisode en date : le déplacement de Julien Plantier à Béziers, ville symbole du virage sécuritaire incarné par Robert Ménard. L’ancien premier adjoint de Jean-Paul Fournier y a rencontré la nouvelle brigade municipale antistupéfiants, saluant « une initiative forte » et affirmant vouloir « s’inspirer de ce qui fonctionne ailleurs ». Une référence qui interroge, tant le maire de Béziers a été condamné à plusieurs reprises pour incitation à la haine et régulièrement critiqué pour sa gestion autoritaire. Plantier, de son côté, a assumé que le thème de la sécurité serait au centre de sa campagne : « Chaque Nîmois doit pouvoir se sentir en sécurité partout, tout le temps. Aujourd’hui, nous avons besoin d’autorité. Le maire doit incarner cette autorité », a-t-il déclaré suite à la rencontre.

    Ce voyage biterrois a fait bondir une partie de la majorité sortante, comme le dévoile Objectif Gard : « Quel signal envoie-t-il ? Ménard, c’est l’extrême droite. S’il pensait récupérer les voix du centre-gauche, il peut désormais se mettre le doigt dans l’œil », aurait taclé un proche de Franck Proust. Avant d’ajouter : « La sécurité, il est coresponsable du bilan de Fournier, il était premier adjoint jusqu’au début de l’année ». Un autre raille une « photo opportuniste » : « Le maire de Béziers ne l’a même pas reçu, il a juste échangé avec un adjoint et un responsable sécurité. C’est ridicule. »

    Un boulevard pour le RN

    Du côté de Franck Proust, une autre polémique enfle après l’arrivée du communicant Olivier Jalaguier dans son entourage. Ancien soutien d’Yvan Lachaud, le publicitaire revendique une « union des droites » jusqu’à Zemmour et Maréchal. Un positionnement jugé inacceptable par Jean-Paul Boré, président de l’association Tous pour Nîmes et son agglomération (TPNA), qui a aussitôt coupé les ponts avec Proust : « Ce serait rédhibitoire à toute possibilité de coopération, totalement incompatible avec notre refus de toute alliance avec des partis qui prônent l’exclusion. » Le candidat a tenté d’éteindre l’incendie, affirmant que Jalaguier n’était « qu’un prestataire de communication », et qu’il restait « fermement opposé à l’union des droites ». Trop tard, peut-être. Pour Boré (ex-PCF), cette confusion « offre un boulevard au Rassemblement national, qui se délecte de la division de la majorité sortante ».

    Dans une droite nîmoise éclatée entre Proust, Plantier, Rouverand et Lachaud, l’union rêvée par Jean-Paul Fournier semble hors d’atteinte. À force de rivalités personnelles et d’ambiguïtés stratégiques, la majorité sortante pourrait bien perdre la main sur la ville pour la première fois depuis un quart de siècle, au profit d’une gauche unie autour de Vincent Bouget.

  • À Aix-en-Provence, la CGT à nouveau mobilisée contre un spectacle lié à Pierre-Edouard Stérin

    À Aix-en-Provence, la CGT à nouveau mobilisée contre un spectacle lié à Pierre-Edouard Stérin

    Remontez le temps pour assister aux grandes heures de la cathédrale la plus visitée au monde », est ainsi résumé le synopsis du spectacle « La Dame de Pierre », programmé le dimanche 16 novembre à l’Arena du Pays d’Aix, géré par la Ville, sous délégation de service public. Cette fresque musicale, qui se décrit sur son site comme un projet « ambitieux », est pourtant contestée par la CGT Spectacles et la CGT Métropole AMP (Aix-Marseille-Provence) qui signent conjointement et alertent de l’étroit lien entre le spectacle et le projet Périclès « patriotes, enracinés, résistants, identitaires, chrétiens, libéraux, européens et souverainistes » mené par le milliardaire et ouvertement réactionnaire Pierre-Édouard Stérin. Le spectacle est mis en scène par Corentin Stemler, fondateur et président de l’association vendéenne Symphonia Productions, productrice et bénéficiaire du soutien du Fonds du Bien Commun, fondé à l’initiative de Pierre-Édouard Stérin. Un spectacle « révisionniste critiqué par de nombreux historiens, mis en scène par un ancien journaliste de l’Action Française », assène la CGT. Déjà, une polémique similaire avait fait couler de l’encre lors de la tenue de la Nuit du Bien Commun, au 6MIC. « Nous refusons que nos lieux de spectacles, gérés par de l’argent public, permettent à l’extrême droite de répandre sa culture de haine xénophobe, masculinise et patriarcale », ajoute le syndicat, qui appelle les élus locaux à réagir. Une mobilisation est prévue le 16 novembre, à 16h, devant l’Arena.

  • [Quoi de neuf ?] « Transmettre les valeurs républicaines aux jeunes »

    [Quoi de neuf ?] « Transmettre les valeurs républicaines aux jeunes »

    La Marseillaise, en partenariat avec radio Divergence FM 93.9, participe à l’émission politique « Quoi de neuf ? » .

    Cette semaine,
    notre invité est Manuela Parra, présidente de l’association Voix de l’extrême.

    Du 19 au 25 novembre, se déroule à Montpellier la 6e édition des Rencontres franco-espagnoles, portée par l’association Voix de l’extrême. Conférences, films, lectures, pléthore d’événements culturels sont programmés pour ne pas oublier ignominie de la dictature franquiste. Sa présidente, Manuela Parra, revient sur cette édition particulière, cinquante après la mort de Franco.

    Louis Dupin : Ces rencontres sont un événement culturel mais également mémoriel puisque vous revenez sur la période sombre de la dictature franquiste. Aujourd’hui, ce devoir de mémoire est-il d’autant plus important à l’heure où on voit le retour de l’autoritarisme de l’extrême droite un peu partout dans le monde ?

    Manuela Parra : Bien sûr qu’il est important. Il est nécessaire de réveiller ou de réactiver les consciences et de transmettre ces valeurs républicaines aux jeunes qui, contrairement à ce que l’on peut penser, comprennent rapidement et s’impliquent. Dans les rencontres franco-espagnoles, on s’adresse à tout public, mais une large partie est basée sur la transmission à la jeunesse. L’année dernière, nous avons eu, durant les rencontres, 480 lycéens qui ont participé. Cette année, je pense qu’on va doubler. Mais si les lycéens s’impliquent, c’est parce qu’il y a des professeurs qui s’impliquent avec eux, pour eux. Et c’est extraordinaire, c’est une belle récompense.

    Olivier Nottale : Et puis cette jeunesse va peut-être être aussi touchée parce que vous racontez des histoires de très jeunes gens qui ont été victimes du franquisme…

    Manuela Parra : Certains ont été notamment fusillés parce qu’ils militaient en distribuant des tracts pour la République espagnole. C’est vrai que c’était des jeunes qui croyaient en l’avenir de liberté, comme des jeunes peuvent le faire aujourd’hui. C’est comme les 13 Roses, des jeunes femmes qui ont été d’abord jugées par un tribunal militaire parce qu’elles étaient mineures, donc elles ne pouvaient pas être jugées par un tribunal civil. Elles ont été fusillées, il y en avait même qui avaient 16-17 ans. On ne se rend pas compte de la répression qu’il y a eu en Espagne, c’est quelque chose d’effarant, certaines statistiques montrent que pour les crimes hors conflit armé, l’Espagne arrive en deuxième position après le Cambodge.

    Louis Dupin : Pour illustrer cette répression, vous mettez à l’honneur plusieurs militants notamment Pablo Casals, un violoncelliste humaniste qui fera l’objet d’une conférence animée par Jean-Jacques Bedu…

    Manuela Parra : Jean-Jacques Bedu a écrit une biographie sur Pablo Casals. Sa mère était de Prades et donc elle a bien connu Pablo Casals quand il vivait à la Villa Colette avec Joan Alavedra. C’est un homme qui a refusé de jouer dans des pays qui n’ont pas soutenu la République espagnole et il a fallu vraiment qu’il y ait beaucoup de diplomatie pour qu’il crée en France le festival Pablo Casals. C’est pour ce festival que Jean-Jacques Bedu a écrit ce livre qui nous sera présenté à la maison des relations internationales, le 19 novembre.

    Louis Dupin : La période qui a suivi la mort de Franco s’est caractérisée par une faible présence de l’extrême droite en Espagne. C’est ce devoir de mémoire réalisé après la mort du dictateur qui a permis de l’endiguer ?

    Manuela Parra : Elle s’est peut-être mise en retrait, s’est fait oublier. Dans les gouvernements démocratiques de gauche espagnols, il y a eu des efforts énormes pour reléguer le patrimoine laissé par les fascistes et les franquistes en Espagne. Pour mémoire, la première loi sur la mémoire et a été promulguée en 2007. À ce moment-là, ils ont commencé à vouloir déboulonner les statues, gommer les plaques, essayer de remettre en scène la démocratie. Je pense que le fascisme n’a pas de frontières, comme la liberté et on voit aujourd’hui en Espagne le retour de l’extrême droite avec le parti Vox. Sauf que le gouvernement espagnol actuel de Pedro Sanchez ne se laisse pas intimider. Si on regarde les récentes initiatives qu’il a prises avec la loi de mémoire démocratique et les réouvertures de fosses communes pour identifier, le fait de sortir Franco du Valle de los Caídos. C’est très symbolique pour continuer le nettoyage de cette période horrible.

    Louis Dupin : La jeunesse est également au centre de ces rencontres puisque plusieurs actions dans des établissements scolaires ont été réalisées pour inculquer cette histoire, ce devoir de mémoire ?

    Manuela Parra : Ce sont des petits groupes de professeurs qui travaillent collectivement au sein de leur établissement et ensuite font appel à nous. Par exemple, le lycée Jean-Mermoz à Montpellier, où les élèves – en partenariat avec un lycée madrilène – ont réalisé un projet autour de la mémoire historique de la guerre au chemin de l’exil. Ils partiront prochainement en Espagne pour travailler sur les fosses communes d’Alcalá-de-Henares. Il y a aussi la soirée « Graines de résistance », le 24 novembre, où le grand public pourra observer ce travail extraordinaire des professeurs et des élèves sur des faits de résistance passés à Montpellier.