Tag: extrême droite

  • [Le Grand entretien] Laurent Burgoa (LR): « Les députés RN ne surfent que sur du populisme »

    [Le Grand entretien] Laurent Burgoa (LR): « Les députés RN ne surfent que sur du populisme »

    LR

    LM : Quel est votre nouveau rôle au sein des LR ?

    Laurent Burgoa : J’ai intégré le Bureau politique et mon président national [Bruno Retailleau, Ndlr] m’a proposé d’intégrer la Commission nationale d’investiture. Cette commission ne s’occupe que des communes de plus de 30 000 habitants. Nous avons la responsabilité de choisir les candidats ou les chefs de file LR sur l’ensemble du territoire national. C’est intéressant d’échanger et de voir des élus de tout le territoire. Pour cela, on est obligé de connaître la configuration politique locale et de rencontrer les candidats. Je suis proche de Bruno Retailleau, que j’ai soutenu durant la campagne des LR parce que c’était mon président de groupe au Sénat.

    Ancrage local

    LM : Comment entretenez-vous le lien avec les élus locaux ?

    L.B. : J’avais dit, durant la campagne, que j’irais à la rencontre de tous, donc c’est ce que j’ai fait, sauf pour une commune, Beaucaire, puisque j’ai une position très ferme vis-à-vis du Rassemblement national. Pour moi, c’est ni RN, ni LFI. Sinon, j’ai fait un premier tour où je suis allé dans 349 communes, où j’ai rencontré aussi les présidents de communautés de communes, de communautés d’agglomération. Là, j’ai commencé un second tour où j’ai vu environ 150 communes. Je crois que c’est important, ce contact avec les élus gardois pour être leur meilleur ambassadeur à Paris lorsqu’on évoque les dossiers des collectivités territoriales. Les élus font face à des normes de plus en plus contraignantes qui ne sont pas dues aux lois mais aux décrets d’application, à l’administration. Dans notre République, ce sont les administrations centrales qui ont pris le pouvoir sur les élus. Les administrations nationales ont plus de pouvoir que les ministres. Ce n’est pas possible.

    Vous dîtes ni LFI, ni RN. Vous parvenez pourtant à travailler avec certains maires LFI…

    L.B. : Pour moi, le PCF et le PS, qui n’ont pas mes idées, font partie de la République. Je dis LFI, mais c’est avant tout Mélenchon et sa bande qui sont un peu dangereux pour la République. Mais oui, j’ai travaillé avec le maire de Mandagout par exemple, qui était LFI et qui est maintenant Ruffiniste.

    Serez-vous à nouveau candidat en 2026 ?

    L.B. : Oui, je serai à nouveau candidat aux élections sénatoriales en 2026.

    Campagne municipale

    LM : Allez-vous vous investir durant la campagne des municipales ?

    L.B. : Franck Proust m’a demandé de regarder, en tant que secrétaire départemental, les communes de moins de 32 000 habitants. En tournant dans le Gard, je rencontre aussi des élus et ça me permet de voir la situation. Après, parfois des membres de LR sont sur plusieurs listes, certains sont avec des gens de gauche donc je regarde tout cela avec l’objectif qu’il y ait le plus possible de LR élus.

    Que dites-vous à Julien Plantier, qui semble bien décidé à se présenter à Nîmes alors que Franck Proust a été investi par les LR ?

    L.B. : J’ai rencontré Julien avant l’été. Je lui ai dit que tout le monde devait faire un effort. Notre candidat, c’est Franck Proust car Julien n’est plus LR puisqu’il n’a pas renouvelé sa carte, même s’il reste de droite. Il y a tout intérêt à ce qu’il y ait une union à Nîmes. Il vaut mieux avoir un petit bout du gâteau que pas de gâteau du tout. Je pense que tout va rentrer dans l’ordre parce que je n’ai pas oublié 1995 avec l’affrontement qu’il a pu y avoir entre Jean Bousquet et Camille Lapierre. On a vu le résultat. Si on veut éviter cela, on sait ce qu’il faut faire. L’union, c’est avant tout la volonté de deux personnes. Je vois que certains du centre comme M. Procida (UDI) souhaite l’union donc ça va dans le bon sens. Après je n’ai pas senti chez Mme Rouverand (Renaissance) une grande volonté d’union alors que dans certaines communes, des LR se retrouvent sur des listes de Renaissance. Aux départementales, elle était déjà candidate contre moi et sa présence m’a empêché de passer au second tour. Elle aussi sera comptable après l’élection si elle fait perdre la mairie, parce qu’elle est quand même divers droite.

    Extrême droite

    LM : Comment expliquez-vous la progression du Rassemblement national dans notre département ?

    L.B. : Ce vote est l’expression d’un ras-le-bol par rapport au contexte national où on demande toujours plus à ceux qui travaillent, à ceux qui se lèvent tôt et se couchent tard et qui ont des fins de mois compliquées. Il y a un phénomène que je ne comprends pas : bien sûr, il faut être vigilant sur l’immigration, mais il ne faut pas taper sur les immigrés. Dans ce département, ce phénomène est prégnant. Aujourd’hui, je ne travaille pas avec les députés RN alors que je travaille avec des sénateurs socialistes car on n’est pas de la même chapelle mais on est dans la même cathédrale, qui est la République. Je reproche aux députés RN de ne pas être ambassadeurs de leur territoire, c’est-à-dire de porter des projets pour essayer de les faire avancer. Eux ne font pas ça, ils ne surfent que sur du populisme.

    Craignez-vous une tripartition au Sénat ?

    L.B. : Non car aujourd’hui il y a quatre sénateurs RN. Ils peuvent augmenter un peu, mais même si le corps électoral peut changer il ne sera pas totalement bouleversé car les évolutions au Sénat sont lentes.

    OÙ EN EST LE DOSSIER PERRIER ?

    L.B. : D’abord, sur la verrerie, il n’y a quasiment pas de solution de reprise. Nous y avons travaillé avec le préfet, nous avons eu des touches et nous avons demandé à Owens Illinois de maintenir le four au moins pendant 18 mois, mais ce groupe américain n’a pas accepté. Je pense qu’on va donc aller vers la fermeture du site. Quant à Nestlé, les études ont pris plus de temps car le dossier est reparti à zéro. Ce n’est pas facile de travailler avec ces grands groupes mais l’objectif est de maintenir au moins un forage en eau minérale naturelle.

  • [Entretien] Jacques Pradel : « Le racisme anti-Arabe est de plus en plus décomplexé aujourd’hui »

    [Entretien] Jacques Pradel : « Le racisme anti-Arabe est de plus en plus décomplexé aujourd’hui »

    La Marseillaise : Vous allez rendre hommage, vendredi, à l’ancien président de la section varoise de la LDH François Nadiras, qui a toute sa vie refusé l’injustice et s’est battu contre les idées d’extrême droite…

    Jacques Pradel : Oui, cela nous a semblé tellement évident ! François Nadiras a adhéré immédiatement à l’association dès sa création en 2008, en tant qu’ami non pied-noir. On a été en contact très souvent. C’est quelqu’un pour qui personnellement j’avais beaucoup d’admiration. C’était un homme magnifique. On a donc proposé à la Ligue des droits de l’homme de Toulon et aux historiens qui ont poursuivi le travail qu’il avait entrepris à travers le site histoirecoloniale.net de se joindre à nous. Gilles Manceron sera d’ailleurs présent, vendredi soir, à La Garde.

    Vous partagiez les mêmes valeurs et la même volonté de ne pas laisser l’extrême droite réécrire l’histoire…

    J. P. : C’est certain. Nous avons créé l’association en 2008, mais nous aurions pu le faire bien avant parce qu’en vérité, toutes les raisons existaient avant. Nous en avions assez d’entendre les associations de pieds-noirs d’extrême droite qui occupaient le haut du pavé, reconnues par les médias, par les politiques, comme étant porteurs d’une parole pied-noire. Alors que les pieds-noirs, dans la diversité de ce qu’ils sont, ne peuvent pas être résumés à ce qu’en disaient ceux qui sont restés figés dans la haine et le ressentiment. Dans tous les cas, on leur déniait le droit de parler à notre place. Et, surtout, le droit de dire que l’ensemble des pieds-noirs avaient une vision politique du passé colonial qui était le leur.

    Une mémoire qui, on le voit, ne cesse d’être manipulée par l’extrême droite et même une partie de la droite…

    J. P. : C’est pour cela que nous tenions à faire entendre une autre voix et affirmer, en tant qu’association, que la lutte du peuple algérien pour se libérer du colonialisme était une lutte justifiée.

    Aujourd’hui, conjointement à la progression des idéologies d’extrême droite, le passé colonial est remis en scène de manière positive. Il résonne fortement dans notre société gangrenée par la diffusion de thèses dangereuses, avec en corollaire et sous couvert d’islamophobie, la légitimation d’un racisme anti-maghrébin, anti-algérien, restauré et assumé dans l’espace et le débat publics.

    Comment lutter contre cette haine ?

    J. P. : On se bat pour rapprocher nos deux peuples des deux côtés de la Méditerranée. Et nous affirmons que nous sommes, qu’on le veuille ou non, des enfants d’Algérie. Et en tant que tel, on veut dire notre solidarité, notre fraternité avec les autres enfants d’Algérie. Mais en vérité, aujourd’hui, lutter contre les idées de l’extrême droite sur la colonisation et lutter contre le racisme, c’est la même chose. C’est la philosophie dans laquelle on se situe aujourd’hui.

    Un travail d’information et de pédagogie gigantesque…

    J. P. : Oui, mais notre association est active dans un certain nombre de régions et relativement forte dans certaines villes comme Marseille, Toulouse, Grenoble, Lyon, etc. Ce qui nous permet de créer des initiatives et de participer activement à différents aspects de la vie démocratique et sociale.

    Nous privilégions également les activités culturelles qui permettent de parler de tout ce qui est commun, de tout ce qui rapproche nos deux pays. On fait également des interventions en milieu scolaire et participe à différents types de manifestations, de commémorations autour des dates importantes de la guerre d’indépendance algérienne.

    Samedi après-midi, après votre assemblée générale, vous organisez une rencontre-débat ouverte au public, au domaine de Masacan…

    J. P. : Oui, cela commence à 14h avec le politologue Nedjib Sidi Moussa, qui va expliquer « comment la décolonisation de l’Algérie façonne les passions françaises ». Et de 16h à 19h, le débat se poursuit « de l’Algérie à la Kanaky », avec l’historienne de la colonisation Isabelle Merle. Et la projection du film documentaire Kanaky-Nouvelle-Calédonie, la trajectoire interrompue du Caillou, en présence du réalisateur Mehdi Lallaoui.

  • [Entretien] Jacques Pradel : « Le racisme anti-Arabe est de plus en plus décomplexé aujourd’hui »

    La Marseillaise : Vous allez rendre hommage, vendredi, à l’ancien président de la section varoise de la LDH François Nadiras, qui a toute sa vie refusé l’injustice et s’est battu contre les idées d’extrême droite…

    Jacques Pradel : Oui, cela nous a semblé tellement évident ! François Nadiras a adhéré immédiatement à l’association dès sa création en 2008, en tant qu’ami non pied-noir. On a été en contact très souvent. C’est quelqu’un pour qui personnellement j’avais beaucoup d’admiration. C’était un homme magnifique. On a donc proposé à la Ligue des droits de l’homme de Toulon et aux historiens qui ont poursuivi le travail qu’il avait entrepris à travers le site histoirecoloniale.net de se joindre à nous. Gilles Manceron sera d’ailleurs présent, vendredi soir, à La Garde.

    Vous partagiez les mêmes valeurs et la même volonté de ne pas laisser l’extrême droite réécrire l’histoire…

    J. P. : C’est certain. Nous avons créé l’association en 2008, mais nous aurions pu le faire bien avant parce qu’en vérité, toutes les raisons existaient avant. Nous en avions assez d’entendre les associations de pieds-noirs d’extrême droite qui occupaient le haut du pavé, reconnues par les médias, par les politiques, comme étant porteurs d’une parole pied-noire. Alors que les pieds-noirs, dans la diversité de ce qu’ils sont, ne peuvent pas être résumés à ce qu’en disaient ceux qui sont restés figés dans la haine et le ressentiment. Dans tous les cas, on leur déniait le droit de parler à notre place. Et, surtout, le droit de dire que l’ensemble des pieds-noirs avaient une vision politique du passé colonial qui était le leur.

    Une mémoire qui, on le voit, ne cesse d’être manipulée par l’extrême droite et même une partie de la droite…

    J. P. : C’est pour cela que nous tenions à faire entendre une autre voix et affirmer, en tant qu’association, que la lutte du peuple algérien pour se libérer du colonialisme était une lutte justifiée.

    Aujourd’hui, conjointement à la progression des idéologies d’extrême droite, le passé colonial est remis en scène de manière positive. Il résonne fortement dans notre société gangrenée par la diffusion de thèses dangereuses, avec en corollaire et sous couvert d’islamophobie, la légitimation d’un racisme anti-maghrébin, anti-algérien, restauré et assumé dans l’espace et le débat publics.

    Comment lutter contre cette haine ?

    J. P. : On se bat pour rapprocher nos deux peuples des deux côtés de la Méditerranée. Et nous affirmons que nous sommes, qu’on le veuille ou non, des enfants d’Algérie. Et en tant que tel, on veut dire notre solidarité, notre fraternité avec les autres enfants d’Algérie. Mais en vérité, aujourd’hui, lutter contre les idées de l’extrême droite sur la colonisation et lutter contre le racisme, c’est la même chose. C’est la philosophie dans laquelle on se situe aujourd’hui.

    Un travail d’information et de pédagogie gigantesque…

    J. P. : Oui, mais notre association est active dans un certain nombre de régions et relativement forte dans certaines villes comme Marseille, Toulouse, Grenoble, Lyon, etc. Ce qui nous permet de créer des initiatives et de participer activement à différents aspects de la vie démocratique et sociale.

    Nous privilégions également les activités culturelles qui permettent de parler de tout ce qui est commun, de tout ce qui rapproche nos deux pays. On fait également des interventions en milieu scolaire et participe à différents types de manifestations, de commémorations autour des dates importantes de la guerre d’indépendance algérienne.

    Samedi après-midi, après votre assemblée générale, vous organisez une rencontre-débat ouverte au public, au domaine de Masacan…

    J. P. : Oui, cela commence à 14h avec le politologue Nedjib Sidi Moussa, qui va expliquer « comment la décolonisation de l’Algérie façonne les passions françaises ». Et de 16h à 19h, le débat se poursuit « de l’Algérie à la Kanaky », avec l’historienne de la colonisation Isabelle Merle. Et la projection du film documentaire Kanaky-Nouvelle-Calédonie, la trajectoire interrompue du Caillou, en présence du réalisateur Mehdi Lallaoui.

  • Lecornu s’efface, Macron en première ligne

    Lecornu s’efface, Macron en première ligne

    « Je suis un moine soldat, ce soir, ma mission est terminée. » Sans aller jusqu’à jouer les Saint-Sébastien, meurtri par les flèches de ses propres archers, le Premier ministre démissionnaire, Sébastien Lecornu, a mis au moins fin à un suspense, mercredi soir, sur le plateau du 20h de France 2. Il ne rempilera pas à Matignon. « Je ne cours pas après le job », a-t-il lâché. Deuxième certitude : « La situation permet » au président Emmanuel Macron « de nommer un Premier ministre dans les 48 prochaines heures », a-t-il annoncé. L’Élysée a confirmé par communiqué, dans la soirée.

    Au terme de deux jours de consultations des formations politiques, à l’exception de la France insoumise, partisane de la démission d’Emmanuel Macron, et du RN, qui réclame en boucle la dissolution de l’Assemblée nationale et qui n’ont pas voulu se rendre à Matignon, le plus éphémère Premier ministre de la Ve République a livré ses conclusions après en avoir rendu compte à Emmanuel Macron. La perspective d’une dissolution s’éloigne, avait-il déjà déclaré le matin lors d’une courte allocution et avant de recevoir l’une après l’autre les formations de gauche : le PS, les Écologistes et le PCF. Il a déclaré « qu’il y a une majorité absolue à l’Assemblée nationale qui refuse la dissolution et pas que parce qu’il y aurait la peur de retourner aux urnes comme on a pu l’entendre », faisant allusion aux déclarations de la responsable d’extrême droite Marine Le Pen (RN). À propos du budget, il constate qu’il existe « une majorité très relative de plusieurs formations politiques qui, au fond, sont prêtes à s’accorder sur un budget commun ». Un budget pour lequel, selon lui, les formations politiques s’accordent à voir adopter d’ici la fin de l’année. Sur le point, essentiel, de la réforme des retraites, Sébastien Lecornu a dit qu’il « faudra trouver un chemin pour qu’on ouvre le débat ». Ajoutant : « Dans une démocratie, vous avez du mal à siffler “circulez, il n’y a rien à voir” », à propos d’une réforme pourtant passée en force par le 49.3 de la Constitution par les macronistes. Ce débat aura lieu lors de la discussion sur le budget de la Sécurité sociale.

    Quant au « profil » du futur locataire de Matignon, il a botté en touche : « C’est lui [Emmanuel Macron] qui prendra ses responsabilités. » La balle est renvoyée dans le camp d’Emmanuel Macron.

    RÉACTIONS

    Marine Tondelier Secrétaire nationale des Écologistes

    « M. Lecornu a démissionné de lui-même parce que son gouvernement a implosé. Les macronistes sont rentrés en résistance pour ne pas rendre le pouvoir. Qu’y a-t-il de stable depuis la dissolution ? Il n’y aura pas de travail sur une non-censure d’un énième gouvernement avec un macroniste à sa tête. Si nous étions nommés, nous aurions quelque chose de très puissant qu’ils n’ont plus depuis longtemps : un élan populaire. »

    Jean-Luc Mélenchon Fondateur de la France insoumise

    « Sébastien Lecornu dit qu’on ne peut trancher aucun sujet avant l’élection présidentielle de 2027. Solution ? Faisons l’élection présidentielle tout de suite. Le pays n’a pas de temps à perdre. »

    Dieynaba Diop Députée, porte-parole du Parti socialiste

    « Il revient maintenant au président de la République de dire s’il respectera enfin le résultat des urnes de juillet 2024, qui a placé en tête une coalition de gauche, ou s’il s’entêtera à nouveau avec le socle commun. Nous n’avons pas confiance, mais nous avons pleinement conscience qu’il va falloir trouver un chemin et des compromis. L’Assemblée nationale doit pouvoir se prononcer sur l’abrogation de la réforme des retraites. »

    François Ruffin Député « Debout ! »

    « Emmanuel Macron devait «prendre ses responsabilités» ce soir. À la place, il a envoyé le pauvre soldat Lecornu au front du 20h. Le pouvoir est vide. Pas de Premier ministre, pas de budget. Macron doit maintenant organiser son départ. Comme le demandent les révolutionnaires du Point, Édouard Philippe, Alain Minc, etc. »

    Thomas Ménagé Député, porte-parole du RN

    Un Premier ministre venu parler pour ne rien dire. Il cherche à gagner du temps, à sauver Macron et son macronisme à l’agonie. Les tractations bidons et ce sketch pathétique ont assez duré. Stop aux tractations, place aux élections ! »

    Aurélien Rousseau Député Place publique, ex-ministre

    « Oui, un chemin est possible pour ne pas s’enferrer dans une crise qui abîme le pays. Sébastien Lecornu, dans son intervention digne et claire, a acté que des changements de cap étaient possibles. Le compromis est un sport collectif. Il faut que tout le monde accepte de s’y mettre. »

    Éric Ciotti Député UDR, allié du RN

    « En 2024, macronistes, LR, socialistes, écologistes, communistes se sont alliés pour nous faire battre. Un an plus tard, ils se coalisent pour empêcher une dissolution et notre victoire. Quitte à paralyser le pays et offrir du répit à un président déchu. L’histoire les sanctionnera. »

    Pascal Savoldelli Sénateur communiste du Val-de-Marne

    « Lecornu s’est livré à un bavardage bien huilé. Lecornu en mission expresse pour justifier l’austérité brouille les cartes. Retraites ? Salaires ? Santé ? Rien de concret, mais toujours la défense du présidentialisme ! Le verbe au service du pouvoir, sans le peuple. »

    Renaud Muselier Président Renaissance de la Région Sud, ancien ministre

    « Ce soir, Sebastien Lecornu a montré avec dignité, responsabilité et clarté les grands enjeux qui sont devant nous, à commencer par le budget. Il a fait le boulot. Je souhaite que les partis à Paris s’en inspirent et enfin travaillent pour la France et les Français. »

    Clémentine Autain Députée « l’Après »

    « Tant qu’il n’y aura pas de justice sociale et fiscale, il n’y aura pas d’apaisement dans le pays. Le discours de M. Lecornu est un grand vide, il est venu meubler le silence assourdissant du président de la République. »

    Charles Sitzenstuhl Députée Renaissance

    « Le choix de la personne est important, mais ce n’est pas le seul déterminant. Nous avons une urgence avec le budget (….) il faut se mettre d’accord sur l’essentiel pour l’adopter avant Noël. »

  • Après la mort de Pierre Soujol, la guerre de succession a débuté à Lunel

    Après la mort de Pierre Soujol, la guerre de succession a débuté à Lunel

    Qui que soit le prochain maire de Lunel en mars 2026, la mort de Pierre Soujol le 28 juin dernier aura marqué un tournant.

    Car la belle unité de façade de la majorité municipale de centre droit a vite volé en éclats. À la surprise générale, Paulette Gougeon, ex-deuxième adjointe, a été préférée à l’ancien numéro un Stéphane Dalle pour assurer l’intérim à l’Hôtel de Ville. Lequel s’est vengé en inversant le rapport de force à l’Agglomération. À lui le poste de premier vice-président auprès du nouveau président Jérôme Boisson. Simple conseiller municipal à Villetelle, le président de l’office de tourisme a été préféré à Paulette Gougeon dont l’influence au-delà de Lunel semble donc limitée.

    Pour l’heure, celle qui est aussi conseillère départementale (et binôme de Jérôme Boisson…) n’a pas précisé si elle briguera un nouveau mandat à la Ville. Ex-adjoint déchu, le frondeur Stéphane Dalle a lui déjà annoncé sa candidature aux municipales. À droite, il n’est pas le seul à vouloir assurer la relève. Un duo composé de Stéphane Muscat et Christophe Musset vient de se dévoiler. Le premier est l’ex-directeur de cabinet de l’ancien maire Claude Arnaud (DVD). Le second est un ancien rugbyman reconverti dans les médias (fondateur de Médias du Sud). Avec leur laboratoire d’idées « Lunel autrement », l’attelage veut « mettre fin aux guerres d’ego et ambitions personnelles ».

    Encore un peu plus à droite s’agitent deux autres candidats potentiels. Ancien directeur de la police municipale de Nîmes, le président de « Lunel réussir ensemble », Thierry Razigade, est candidat déclaré. Ce n’est pas encore le cas d’Anthony Belin. Mais l’ancien directeur de cabinet de Pierre Soujol (qui a vu l’enquête pour favoritisme et détournement de fonds publics ouverte en 2024 classée sans suite en août par le procureur) prône l’union des droites et chercherait le soutien du député Ciottiste Charles Alloncle.

    À gauche, le défi de l’union

    Cette guerre ouverte de succession pourrait être un atout pour la gauche lunelloise. Problème, elle se montre pour l’heure indécise et divisée. Depuis plus d’un an, les Écologistes militent auprès des citoyens au sein de « Lunel collectif ». La structure qui lance ses permanences et débats citoyens vient de retendre la main dans un courrier envoyé aux partenaires de gauche. Nouvelle Donne, Génération.S, Ensemble et l’Après y ont répondu favorablement. Mais encore ni LFI, ni le PCF, ni le PS. Face au risque RN, les communistes se proposent eux aussi comme un « trait d’union », illustre François Got qui milite pour « l’union de la gauche ». Autour de Bruno Gagne, les Insoumis doivent bientôt officialiser leur stratégie, ils pourraient monter leur liste. Quant aux socialistes qui figurent dans l’actuelle majorité municipale et ont désigné Sylvie Thomas cheffe de file, le rapprochement semble compliqué. L’écologiste Lise Florès s’impatiente. « Quand le RN est à nos portes et qu’on a un tel niveau de chômage, il serait bien d’oublier un peu les stratégies nationales », déclare-t-elle.

  • À Pont-Saint-Esprit, une gauche encore invisible

    À Pont-Saint-Esprit, une gauche encore invisible

    Depuis le score famélique de la maire sortante Claire Lapeyronie (14,84%) à l’élection municipale partielle, la gauche se cherche un leader. Car l’élue régionale qui siège dans la majorité de Carole Delga devait rassembler la gauche et au-delà. Sauf qu’une partie des communistes a d’abord quitté le navire, suivie, quelques années plus tard, par les socialistes. En effet, la section locale avait refusé de la soutenir pour cette partielle.

    Sauf que depuis, aucune figure à gauche n’a émergé. Les organisations politiques telles le PCF et le PS sont en retrait et observent la situation. L’association Pensons Pont a depuis vu le jour et organise des rencontres thématiques dans l’optique de construire des propositions pour les prochaines municipales. « Pensons Pont s’adresse à tous les progressistes. Pour l’instant, la campagne n’a pas démarré et je pense que l’offre politique d’aujourd’hui ne sera pas celle du 15 mars », explique Benjamin Téoule, qui gère l’organisation de l’association et n’en dira pas plus sur le nom d’une potentielle tête de liste.

    Surprise cependant du côté de Cyril Pommier (Pont-Saint-Esprit en transition), qui annonce se rapprocher de l’ancienne édile : « J’ai certainement été un des plus critiques de l’action de Claire Lapeyronie sous son ancien mandat. Mais dans le cadre d’un nouveau projet, plus collectif, démocrate et humaniste, je pense qu’elle serait la mieux à même d’en être la représentante ». Un retour de Claire Lapeyronie n’est donc plus à écarter.

    Ce communiqué faisait suite à l’annonce de candidature de Loïc Boiron. Le jeune homme de 23 ans, un temps membre de Pensons Pont, tente finalement une aventure personnelle. Le maire, Valère Ségal (DVD), a aussi annoncé se porter candidat dans un communiqué. Il tentera cette fois d’être élu sur son nom et devra aussi faire face à des soubresauts au sein de sa majorité. En effet, fin septembre, il a retiré leurs délégations à deux élus de la majorité ayant confié leur procuration à des élus d’opposition (dont au moins un a confié sa procuration au député du RN Pierre Meurin, affirme Objectif Gard). De son côté, Pierre Meurin qui siège désormais au conseil d’agglomération, a aussi promis la constitution d’une liste « soutenue par le RN et tous les mouvements patriotes » pour mars prochain. Sa tête de liste n’a pas encore été désignée.

  • Point de non-retour

    Point de non-retour

    Ambiance fin de règne. Le premier coup – et le plus dur – a été porté lundi soir par Gabriel Attal, président du parti présidentiel et du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale. Confiant ne « plus comprendre » les décisions du chef de l’État, il a déploré son entêtement dans la méthode.

    Il n’a pas fallu longtemps pour qu’un autre ancien Premier ministre, Édouard Philippe, viole le dernier tabou macroniste en appelant de ses vœux une présidentielle anticipée après le vote du budget.

    Élisabeth Borne, également ancienne hôte de Matignon, s’est quant à elle déclarée ouverte, au nom de la « stabilité » du pays, à la suspension de la réforme des retraites qu’elle avait imposée à coups de 49.3…

    Rassemblement

    « Un aveu : la réforme des retraites est un échec », a commenté la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet.

    Emmanuel Macron lâché par les siens, face à un bilan en forme de champ de ruine, a-t-il conscience que la France avait atteint un point de non-retour ?

    S’il s’avère incapable de nommer un Premier ministre de gauche ou, pire, si la gauche se révèle incapable de proposer un compromis fondé sur la justice sociale au pays, alors il faudra en revenir aux urnes.

    Mais rien ne permet d’assurer que de nouvelles législatives conduiraient à une situation sensiblement différente d’aujourd’hui.

    L’extrême droite, haineuse et revancharde, bien que déconsidérée par les affaires, croit dur comme fer en ses chances.

    Il y a urgence à lui opposer un rassemblement pour la démocratie et le progrès social.

  • « Victoire » contre la Nuit du bien commun

    « Victoire » contre la Nuit du bien commun

    Nos amis de la CGT, accompagnés par des groupuscules d’extrême gauche, ont choisi d’empêcher La Nuit du bien commun de se tenir », indiquait l’organisation dans un message adressé aux premiers manifestants postés face au 6MIC, une heure avant le début du gala de charité. C’est dans cette salle de spectacle sous régie municipale que devait se tenir, ce lundi soir, la Nuit du bien commun. Un événement cofondé par Pierre-Édouard Stérin, milliardaire aux idées d’extrême droite et ouvertement réactionnaire.

    Depuis plusieurs semaines, syndicats, forces de gauche et associations appelaient à l’annulation du gala et à une mobilisation contre sa tenue. Ils revendiquent aujourd’hui une « victoire » : l’événement a finalement été diffusé en ligne, l’organisation n’ayant pu garantir la sécurité des invités, dans une salle dont le lieu n’a pas été communiqué.

    « Notre mot d’ordre était : pas de Stérin au 6mic (…). Ce n’est pas dans nos lieux de culture : mission réussie », rapporte Catherine Lecoq, de la CGT des Spectacles. « Ce sont 250 000 euros de perte pour les associations, on va tout faire, malgré la manifestation, pour que les associations ne soient pas pénalisées, prévenait Jean-Baptiste Ravanas, coordinateur des mécènes. Je rappelle que Pierre-Édouard Stérin ne fait absolument plus partie de la Nuit du bien commun ».

    « Participation massive »

    La pression a commencé dès le matin, avec huit techniciens embauchés pour l’événement qui ont tenu un piquet de grève jusqu’au soir. Vers 18h, horaire donné pour la mobilisation générale, les premiers manifestants arrivent. Entre les murs du 6MIC, surveillés par un cortège important de forces de l’ordre, seuls les techniciens sont restés alors qu’au-dehors, plusieurs syndicats de l’univers du spectacle et associatifs ont rejoint le mouvement, dont la CGT des Spectacles et Solidaires 13 Asso, mais aussi la CNT (Solidarité ouvrière), Stucs (Syndicat des travailleurs unis de la Culture et du Spectacle), et la STAA (Syndicat des Travailleurs Artistes-Auteurs).

    Il aura fallu attendre une petite heure avant qu’un second groupe de manifestants ne rejoigne le cortège, composé de membres du Collectif Aixois contre l’extrême droite, de la Confédération paysanne et d’autres. Le groupe d’opposition municipale Aix en Partage et le PCF se sont également mobilisés. Plus calmes au départ, les slogans se sont ensuite légèrement échauffés, notamment en lien avec la présence de membre du collectif d’extrême droite Nemesis. « J’avais l’espoir en venant là de chambouler les gens qui viennent, rapporte Jeanne, syndiquée Asso Solidaires 13. Ce sont des dons défiscalisés à hauteur de 66% qui sont reversés aux associations. Individuellement, les gens choisissent qui soutenir, privilégiant l’aide aux assos alignées avec les idées de ceux qui ont de l’argent. »

    « L’affaire Stérin est symbolique, il avance caché, le directeur du 6MIC a su après-coup ce qu’il se cachait derrière, pointe de son côté Claudie Hubert (LFI), membre d’Aix en Partage. Deux des associations lauréates ont des idées d’extrême droite », note l’élue. « On a une banalisation de l’extrême droite sous couvert de soirée caritative, de tradition. Derrière, il y a une idéologie qui est installée petit à petit, il est l’un de ces représentants avec son argent, qui est important », ajoute Marc Pena, à la tête du groupe d’opposition municipale et député (PS) de la 11e circonscription des Bouches-du-Rhône.

    « Le constat est que les gens se mobilisent de façon très large sur des choses importantes : la démocratie, la culture. La victoire ce soir est grâce aux techniciens, qui par leurs grèves empêchent la cérémonie, et la participation massive des citoyens. La science, la culture, le savoir, fait partie de ce que l’extrême droite déteste », constate David Tessier, chef de file (PCF) pour les élections municipales. « La mobilisation a été réussie, dense organisée et efficace », rapporte Cédric, du mouvement Bloquons-Tout. La manifestation s’est dispersée sans incident.

  • [Entretien] « La Nuit du bien commun, un cas d’école sur la manière dont l’extrême droite s’infiltre »

    [Entretien] « La Nuit du bien commun, un cas d’école sur la manière dont l’extrême droite s’infiltre »

    La Marseillaise : En quoi est-ce qu’il est nécessaire de se mobiliser lundi soir, malgré le maintien de la Nuit du bien commun ?

    Catherine Lecoq : C’est impossible pour nous de céder les espaces de culture à des gens qui ont des idées telles que celles de Stérin. Ce n’est qu’une excuse, sous couvert de charité, pour faire monter les votes pour l’extrême droite. Dans notre fondement d’humanisme et d’expression libre et non faussée, il est hors de question que cela se produise sans opposition

    Anne-Marie Alary : On est dans la rue depuis un mois pour tracter et informer la population du projet politique derrière ce gala de charité, et de qui est Stérin. Cet événement est extrêmement dangereux. C’est un cas d’école sur la manière dont l’extrême droite s’infiltre de partout et mène une bataille culturelle. Il est aussi important d’aller protester le 6 avec les autres organisations des Bouches-du-Rhône. Il faut s’attendre, je pense, à ce qu’il y ait du monde.

    Derrière le discours sur la « générosité », voyez-vous une tentative d’acheter de l’influence politique et culturelle ?

    C.L. : Oui. C’est comme le Rocher-Mistral, dans la même veine que celle qui est de réécrire l’histoire. Ce n’est pas loyal, pour avoir un terme lissé. Le négationnisme, à un moment donné, ça va.

    A.-M.A. : Oui, mais de façon insidieuse, contrairement à son financement pour l’école de journalisme [L’institut libre de journalisme, Ndlr.] et l’institut de formation des futurs élus. Il a un livret qui s’appelle Politicae. Il a déjà fait ses réseaux, il était propriétaire du Crayon, média en charge de d’animation de débats au Delta Festival (Marseille). Il porte aussi le Label des plus belles fêtes de France, dont a bénéficié la Bénédiction du Calisson. On l’a dit dans notre tract, on craint que le tout soit un cheval de Troie au projet Périclès du milliardaire [code pour Patriotes, enracinés, résistants, identitaires, chrétiens, libéraux, européens et souverainistes, Ndlr]. révélé par L’Humanité.

    Pierre-Edouard Stérin est proche d’associations réactionnaires, anti-IVG, droits LGBT… Comment expliquer qu’un tel événement puisse encore trouver des salles et des relais institutionnels ?

    C.L. : Il filoute. Les élus ne savent pas toujours que politiquement, c’est quelque chose d’indigne qui se produit. Mais alertée par les citoyens, la municipalité a annulé la tenue de l’événement. À Marseille, Pierre-Edouard Stérin a été refoulé, notamment grâce à la pression citoyenne. À Aix-en-Provence, au niveau de la mairie, on n’a pas eu les mêmes facilités à faire annuler la salle, sous régie publique. La direction elle ne pouvait pas prendre sur elle de refuser. Mais nous, dans le milieu du spectacle vivant, on s’est mis en réseau, et le 6MIC aura fort à faire pour trouver des techniciens afin d’assurer la soirée.

    A.-M.A. : Stérin usurpe le terme de « Bien commun » et beaucoup de personnes ne savent pas que c’est lui derrière, qui l’utilise pour diffuser des idées d’extrême droite. La vérité émerge petit à petit, puisque partout en France comme à Aix, on dénonce cette usurpation. Mais ce n’est pas simple de s’en rendre compte : il use des sociétés-écrans où il n’apparaît pas, par exemple la société Obole, comme on le répète régulièrement. Sur le terrain, on se rend compte que beaucoup de gens découvrent tout ça.

    Est-ce que ce type de soirées ne vient pas accentuer la dépendance des associations à des mécènes privés, au détriment d’un financement public, réputé plus transparent ?

    C.L. : C’est ce que veulent depuis longtemps nos patrons ! S’il n’y avait plus de service public, les gens de l’extrême droite seraient les plus heureux. Ce qui est dégueulasse aussi, dans cette histoire, est que les termes de la solidarité interprofessionnelle, le « bien commun », sont repris. Mais ce mot n’appartient pas à l’extrême droite.

    A.-M.A. : On suit la mode américaine : celle des galas contre le service public. C’est une dérive inquiétante. D’ailleurs, Stérin a une démarche libertarienne, et fait partie du réseau atlas où l’on retrouve le Heritage Foundation, qui a soutenu Trump.

    Certains soutiennent que Pierre-Edouard Stérin s’est retiré de l’organisation et n’a plus aucun lien avec la Nuit du bien commun. Que répondez-vous ?

    C.L. : Même si l’on nous dit qu’il n’est plus actionnaire, c’est faux, ça a été prouvé. On va nous faire croire que Monsieur Stérin n’est plus dans la boucle, mais il est toujours dans la boucle. Ces Nuits du bien commun sont bien tenues pour récolter des fonds, puis alimenter des groupuscules d’extrême droite. Le projet Périclès, est clair, précis et circonstancié.

    A.-M.A. : C’est la société Obole qui a négocié la location de la salle du 6MIC, comme ailleurs en France. Cette plateforme numérique de collecte de dons a été fondée par le milliardaire Stérin en 2017. Même si elle se dit toujours au service « du bien commun et de l’économie sociale et solidaire », on craint que ce ne soit encore qu’une société écran.

    Le syndicat Solidaires 13, la section du Parti communiste local (PCF), Marc Pena, député (PS) de la 11e circonscription des Bouches-du-Rhône et les responsables du mouvement Bloquons-Tout à Aix, Riposte Antifasciste, tout comme certains salariés d’associations participantes à l’événement qui nous ont contactés, ont également manifesté leur opposition au maintien de la Nuit du bien commun.

    « Il est hors de question que cela
    se produise sans opposition. »

  • « Un cas d’école sur la manière dont l’extrême droite s’infiltre »

    « Un cas d’école sur la manière dont l’extrême droite s’infiltre »

    La Marseillaise : En quoi est-ce qu’il est nécessaire de se mobiliser lundi soir, malgré le maintien de la Nuit du bien commun ?

    Catherine Lecoq : C’est impossible pour nous de céder les espaces de culture à des gens qui ont des idées telles que celles de Stérin. Ce n’est qu’une excuse, sous couvert de charité, pour faire monter les votes pour l’extrême droite. Dans notre fondement d’humanisme et d’expression libre et non faussée, il est hors de question que cela se produise sans opposition

    Anne-Marie Alary : On est dans la rue depuis un mois pour tracter et informer la population du projet politique derrière ce gala de charité, et de qui est Stérin. Cet événement est extrêmement dangereux. C’est un cas d’école sur la manière dont l’extrême droite s’infiltre de partout et mène une bataille culturelle. Il est aussi important d’aller protester le 6 avec les autres organisations des Bouches-du-Rhône. Il faut s’attendre, je pense, à ce qu’il y ait du monde.

    Derrière le discours sur la « générosité », voyez-vous une tentative d’acheter de l’influence politique et culturelle ?

    C.L. : Oui. C’est comme le Rocher-Mistral, dans la même veine que celle qui est de réécrire l’histoire. Ce n’est pas loyal, pour avoir un terme lissé. Le négationnisme, à un moment donné, ça va.

    A.-M.A. : Oui, mais de façon insidieuse, contrairement à son financement pour l’école de journalisme [L’institut libre de journalisme, Ndlr.] et l’institut de formation des futurs élus. Il a un livret qui s’appelle Politicae. Il a déjà fait ses réseaux, il était propriétaire du Crayon, média en charge de d’animation de débats au Delta Festival (Marseille). Il porte aussi le Label des plus belles fêtes de France, dont a bénéficié la Bénédiction du Calisson. On l’a dit dans notre tract, on craint que le tout soit un cheval de Troie au projet Périclès du milliardaire [code pour Patriotes, enracinés, résistants, identitaires, chrétiens, libéraux, européens et souverainistes, Ndlr]. révélé par L’Humanité.

    Pierre-Edouard Stérin est proche d’associations réactionnaires, anti-IVG, droits LGBT… Comment expliquer qu’un tel événement puisse encore trouver des salles et des relais institutionnels ?

    C.L. : Il filoute. Les élus ne savent pas toujours que politiquement, c’est quelque chose d’indigne qui se produit. Mais alertée par les citoyens, la municipalité a annulé la tenue de l’événement. À Marseille, Pierre-Edouard Stérin a été refoulé, notamment grâce à la pression citoyenne. À Aix-en-Provence, au niveau de la mairie, on n’a pas eu les mêmes facilités à faire annuler la salle, sous régie publique. La direction elle ne pouvait pas prendre sur elle de refuser. Mais nous, dans le milieu du spectacle vivant, on s’est mis en réseau, et le 6MIC aura fort à faire pour trouver des techniciens afin d’assurer la soirée.

    A.-M.A. : Stérin usurpe le terme de « Bien commun » et beaucoup de personnes ne savent pas que c’est lui derrière, qui l’utilise pour diffuser des idées d’extrême droite. La vérité émerge petit à petit, puisque partout en France comme à Aix, on dénonce cette usurpation. Mais ce n’est pas simple de s’en rendre compte : il use des sociétés-écrans où il n’apparaît pas, par exemple la société Obole, comme on le répète régulièrement. Sur le terrain, on se rend compte que beaucoup de gens découvrent tout ça.

    Est-ce que ce type de soirées ne vient pas accentuer la dépendance des associations à des mécènes privés, au détriment d’un financement public, réputé plus transparent ?

    C.L. : C’est ce que veulent depuis longtemps nos patrons ! S’il n’y avait plus de service public, les gens de l’extrême droite seraient les plus heureux. Ce qui est dégueulasse aussi, dans cette histoire, est que les termes de la solidarité interprofessionnelle, le « bien commun », sont repris. Mais ce mot n’appartient pas à l’extrême droite.

    A.-M.A. : On suit la mode américaine : celle des galas contre le service public. C’est une dérive inquiétante. D’ailleurs, Stérin a une démarche libertarienne, et fait partie du réseau atlas où l’on retrouve le Heritage Foundation, qui a soutenu Trump.

    Certains soutiennent que Pierre-Edouard Stérin s’est retiré de l’organisation et n’a plus aucun lien avec la Nuit du bien commun. Que répondez-vous ?

    C.L. : Même si l’on nous dit qu’il n’est plus actionnaire, c’est faux, ça a été prouvé. On va nous faire croire que Monsieur Stérin n’est plus dans la boucle, mais il est toujours dans la boucle. Ces Nuits du bien commun sont bien tenues pour récolter des fonds, puis alimenter des groupuscules d’extrême droite. Le projet Périclès, est clair, précis et circonstancié.

    A.-M.A. : C’est la société Obole qui a négocié la location de la salle du 6MIC, comme ailleurs en France. Cette plateforme numérique de collecte de dons a été fondée par le milliardaire Stérin en 2017. Même si elle se dit toujours au service « du bien commun et de l’économie sociale et solidaire », on craint que ce ne soit encore qu’une société écran.

    Le syndicat Solidaires 13, la section du Parti communiste local (PCF), Marc Pena, député (PS) de la 11e circonscription des Bouches-du-Rhône et les responsables du mouvement Bloquons-Tout à Aix, Riposte Antifasciste, tout comme certains salariés d’associations participantes à l’événement qui nous ont contactés, ont également manifesté leur opposition au maintien de la Nuit du bien commun.

    « Il est hors de question que cela
    se produise sans opposition. »