Cela deviendrait presque une habitude, à l’extrême droite. Le 11 juillet dernier, le Conseil constitutionnel a déclaré inéligible pour un an l’ancien candidat zemmouriste dans la 10e circonscription des Bouches-du-Rhône, Jean-Philippe Courtaro. Une décision passée inaperçue au cœur de l’été, et qui fait suite au rejet de ses comptes de campagne, le 9 janvier, par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques. En cause, l’absence de « description exhaustive et sincère des dépenses et recettes relatives à la campagne électorale de ce candidat », retranscrit la décision. Le militant n’a en effet fait figurer dans ses comptes ni les dépenses pour l’impression de ses tracts, ni la mise à disposition gratuite de son local de campagne « par un parti politique », ni ses frais de déplacement dans la circonscription. De quoi justifier le refus de rembourser les dépenses de la campagne et la saisine du Conseil constitutionnel pour trancher sur une éventuelle inéligibilité au vu de ces manquements. Si pour le zemmouriste il n’y a eu « aucune intention frauduleuse de sa part », en plaidant que si ces dépenses n’ont pas été intégrées, c’est que sa banque a trop tardé pour ouvrir un compte de campagne, les Sages pointent « la particulière gravité de ce manquement » pour justifier leur décision. De quoi bloquer toute éventuelle candidature aux municipales, alors que le responsable départemental adjoint de Reconquête n’avait récolté que 1,34% des scrutins – soit plus d’un millier de voix – dans une circonscription remportée par José Gonzalez (RN). Il n’est cependant pas seul dans cette situation : le candidat RN de la 5e circonscription, Franck Liquori, a lui aussi été déclaré inéligible pour un an.
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Qui est vraiment la députée d’extrême droite Laure Lavalette
À Toulon, le ripolinage de façade du parti créé par d’anciens Waffen SS ne s’embarrasse pas de finitions. Les lézardes se font d’ailleurs voir presque à chaque prise de parole, toutes décomplexées. Ainsi la candidate déclarée au poste de maire de Toulon, Laure Lavalette, ne prend guère de gants pour s’exprimer sur la politique sociale ou culturelle de la Ville.
Pour l’illustrer nous reprenons donc ici certaines déclarations faites en séance du conseil municipal de Toulon lorsqu’elle y siégeait encore avant d’être élue députée dans la 2e circonscription en 2022. Histoire de donner un aperçu de la politique qu’elle mènerait si d’aventure les Toulonnais cédaient une fois de plus aux sirènes de l’extrême droite, oubliant le fiasco des années quatre-vingt-dix.
Avec des attaques gratuites pour dérouler, coûte que coûte, le fil de son idéologie. Comme lorsqu’elle lance : « On s’est élevés contre l’aide à l’association Les Robin des bancs […] C’est stupide ! On ferait mieux de régler le problème des mineurs non accompagnés… » On sait comment. Le maire lui répondant alors : « Je suis partisan de la cohésion sociale, moi. Pas d’un jugement sélectif des personnes ».
Une drôle de conception de la cultureDans le cadre d’une délibération sur l’organisation de l’exposition « Picasso et les paysages en Méditerranée » au Musée d’art de Toulon, Laure Lavalette saisit l’occasion pour dénoncer la programmation du Théâtre Liberté sur la thématique du genre. Et déclare : « Nous voterons favorablement cette délibération… Mais le programme du Théâtre Liberté annonce aborder la question du genre… Non, nous ne sommes pas tous concernés par ces théories nauséabondes… propagande LGBTQI avec l’argent du contribuable. » Elle ajoute, après avoir déploré la « perte du modèle masculin/féminin » : « Honte à Berling ! » – le directeur du Théâtre Liberté.
Difficile également de brosser le portrait de la députée RN en faisant l’impasse sur les personnes dont elle s’entoure. En premier lieu, son ancien assistant parlementaire Nicolas Koutseff dont elle n’a pas pu faire autrement que de se débarrasser. Cela se passe en octobre 2024 au moment où la presse révèle les tweets haineux dont il se rendait coupable depuis très longtemps. Difficile de croire que, comme elle l’affirme, Laure Lavalette n’ait pas été alertée des contenus racistes, homophobes, antisémites ou misogynes diffusés. Parmi les propos rapportés étaient épinglés « les Arabes [qui] n’aiment pas l’eau », une « féministe de merde », ou encore en apostrophant Ali Rabeh, maire de Trappes par un insultant commentaire.
Comment ne pas rappeler également l’enregistrement clandestin d’une enseignante, en février 2025, que la candidate RN a jeté en pâture à la vindicte de la fachosphère. Cela se passe dans les murs de l’Université de Toulon lors d’un cours de droit dirigé par Hélène Hurpy, dans le contexte d’un débat sur un tract émanant d’un syndicat étudiant d’extrême droite vilipendant les étudiants étrangers. L’enseignante-chercheuse expliquant notamment que ces propos allaient à l’encontre de la Convention européenne des droits de l’homme et de la Constitution française. Cette divulgation provoque une vague de cyberharcèlement ciblant l’universitaire, assortie de menaces. Face à la mobilisation de soutien pointant l’irresponsabilité dont elle a fait preuve, l’enregistrement est finalement retiré de X.
Sur son « passé », enfin, il est bon de se souvenir aussi que l’élue Laure Lavalette a milité pendant de longues années contre le droit à l’avortement. Elle a ainsi signé en 2014 la charte de l’association Choisir la Vie – un mouvement catholique traditionnel – qui demandait explicitement aux élus de soutenir ou parrainer des candidats prêts à « abroger, à terme, le droit à l’avortement » . Interrogée aujourd’hui sur ce combat d’arrière-garde, elle minimise en affirmant qu’il ne s’agissait que de « causes locales autour de la famille ».
En revanche, elle votera contre la proposition d’inscrire l’IVG dans la Constitution, et milite pour la suppression des subventions au planning familial. On peut lui reconnaître une certaine constance. Elle trimbale également dans sa besace, une « belle idée » de la justice et de son indépendance.
Ainsi lorsque le Tribunal correctionnel de Paris reconnaît Marine Le Pen coupable de détournement de fonds publics le 31 mars, elle dénonce une justice ciblée, et déclare à l’Assemblée nationale : « Marine Le Pen est condamnée parce qu’elle est Marine Le Pen. » Pendant que son collègue député RN de la 8e circonscription du Var, Philippe Schreck, dénonce, lui, une « dictature des juges ». Voilà qui sont ces gens.
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Jean-Firmin Bardisa officialise sa candidature face au RN
Fin juin, Jean-Firmin Bardisa nous avait confié qu’il ferait part de ses intentions après l’été. C’est chose faite depuis ce lundi, jour où débute la période préélectorale. Sans surprise, l’actuel élu d’opposition (SE) annonce, dans un communiqué, « sa candidature » aux municipales des 15 et 22 mars. Avec l’objectif de déloger le maire RN, Joris Hébrard qui a annoncé en juin dans le bulletin municipal -non sans polémique- sa volonté de briguer un 3e mandat. « Je lance un appel solennel à toutes les bonnes volontés et toutes les énergies pour constituer une liste d’union », prône Jean-Firmin Bardisa, qui avait récolté 23,08% des voix en 2020 tandis qu’Hébrard était réélu au 1er tour (57,2%) et que deux listes DVD, Caroline Grelet Joly (14,55%) et Christophe Roux (5,18%) étaient aussi en lice.
Bardisa, également vice-président du Grand Avignon, revendique son envie de conduire une liste d’unité, préalable indispensable pour déloger le RN alors que la majorité de Joris Hébrard n’est plus aussi solide qu’il y a 6 ans. Jean-Firmin Bardisa, dans son communiqué, ne manque pas de rappeler l’éphémère passage à l’Assemblée nationale de Joris Hébrard qui, « poussé par son ambition abandonne sa ville et trahit ses électeurs ». Un bref mandat d’à peine un an avant de se faire réélire maire « sans conviction » en mai 2023 avec 10 abstentions sur 27 dans sa majorité.
« La municipalité a déçu beaucoup de citoyens par des promesses de campagne non tenues, après un certain immobilisme, voilà qu’on assiste à des travaux l’année précédant les élections financées par un montant d’emprunt record jamais égalé », cingle Jean-Firmin Bardisa, qui fait de « la sécurité pour tous, l’accompagnement des seniors et des jeunes, un vrai soutien aux associations et de la propreté » ses priorités. Des discussions ont démarré à gauche, avec Michel Lovera chef de file du PCF par exemple, et à droite avec Christophe Roux, investi par l’UDI.
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Le président de Provence Métropole logement rallie Allisio
Président du bailleur social de la Métropole Aix-Marseille, Provence Métropole Logement (ex-HMP), et de son parc de 14 700 logements sur le territoire, Patrick Pappalardo devrait annoncer, ce lundi, son ralliement au candidat du RN pour les prochaines municipales à Marseille, Franck Allisio.
Une information confirmée de sources concordantes, que ni l’intéressé, ni le RN n’ont commenté suite à nos sollicitations. Lui-même n’avait même pas encore échangé au moment où nous écrivons ces lignes, vendredi soir, avec la présidente (DVD) de la Métropole, Martine Vassal, elle-même pressentie pour être candidate à la tête de l’union de la droite et du centre à Marseille.
Sollicité, son entourage ne souhaitait pas faire de commentaire. Mais dans la matinée de samedi, la candidat d’extrême droite a annoncé tenir lundi une conférence de presse pour présenter « le ralliement d’un acteur local marseillais de premier plan ».
Patrick Pappalardo est conseiller métropolitain et conseiller d’arrondissement dans les 9 – 10 où il avait intégré avec en 2022 un groupe dissident de la droite majoritaire formé de huit élus autour de Didier Réault, Guy Tessier, Frédéric Guelle, baptisé « Droite républicaine centriste et indépendante ».
Ce ralliement fait suite à celui du président de son groupe à la Métropole, Jean-Baptiste Rivoallan (UDR) suivi par plusieurs élus des 11e et 12e arrondissement, ainsi que de l’ancien secrétaire général du groupe Olivier Rioult, désormais responsable du RN à Marseille.



![[Info La Marseillaise] Solange Biaggi pressentie à la tête du bailleur de la Métropole](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2025/09/988ff0d0f99338b965d88aeec0d88d43.jpg)