Tag: extrême droite

  • La menace de l’extrême droite omniprésente dans le Var

    La menace de l’extrême droite omniprésente dans le Var

    Dans un département qui a envoyé lors du dernier scrutin électoral six députés RN sur sept à l’Assemblée nationale, la menace de l’extrême droite plane sur pas mal de clochers varois. D’autant que les digues sont en train de sauter sous l’effet de prises de parole chez LR allant plus dans le sens de l’union des droites que du front républicain dynamité par Bruno Retailleau lui-même. Le Rassemblement national espère donc profiter de cette ambiance délétère pour jouer les trouble-fêtes partout où il le pourra. Avec hélas des chances de succès dans les deux plus grandes villes du Var que sont Toulon et La Seyne, si l’on n’y prend garde.

    Dans le Port du Levant pour commencer, la seule circonscription qui ne soit pas tombée dans le giron du parti à la flamme fasciste, c’est Laure Lavalette, l’une des porte-parole de Marine Le Pen lors de la dernière présidentielle, qui entend bien prendre la ville. Habituée des plateaux télé et bénéficiant d’un public dans la ville préfecture qui l’interpelle par son prénom, elle compte bien cacher derrière son sourire tout ce qui pourrait l’empêcher de briser le plafond de verre, y compris l’idéologie de son parti.

    Pour y faire face, à droite, le candidat LR Michel Bonnus, sorti du bois très tôt, souhaite lui aussi capitaliser sur son capital sympathie plutôt que de s’aligner sur Paris, pour essayer d’attirer au-delà de son propre camp. Pour ce faire, il vient la semaine dernière sous la pression de la gauche de clarifier sa position, en précisant que face au RN il voterait sans hésiter pour un candidat socialiste contrairement à son mentor et secrétaire général du parti Les Républicains.

    Il faudra également compter avec la participation de la maire sortante sans étiquette Josée Massi qui continue à gérer la ville mais n’a probablement pas dit son dernier mot. Elle est en effet à même de créer la surprise avec une liste renouvelée en entraînant derrière elle un électorat centriste rassuré par la rigueur et la loyauté de celle qui a su dans la tourmente rester droite dans ses bottes. Et lui reconnaissant aussi, son aptitude à écouter son opposition progressiste.

    La gauche a de son côté, avec Toulon en Commun, l’atout de l’unité, avec sous sa bannière le rassemblement de toutes les composantes des partis qui s’en réclament (hormis LFI, pour l’instant) élargie aux forces syndicales, associatives et citoyennes. Une équipe menée par la socialiste Magali Brunel désignée par l’Assemblée populaire souveraine. C’est l’instance où toutes les décisions sont prises dans la transparence. Une liste solidaire, écologiste et citoyenne à même de rassembler largement au-delà du camp des progressistes.

    À La Seyne, en revanche, le rassemblement de ce côté de l’échiquier politique n’est pas pour l’heure complètement scellé. Mais on voit mal la gauche, alors qu’elle est capable de reconquérir l’ex-Cité des Chantiers, s’embourber dans des querelles d’ego. Gageons que l’esprit de responsabilité guide les pas de tout le monde.

  • Vaucluse : la gauche en résistance face au RN

    Vaucluse : la gauche en résistance face au RN

    En mars, 151 conseils municipaux seront renouvelés dans le Vaucluse. Sans faire injure à Saint-Léger-du-Ventoux et sa trentaine d’habitants, les regards se tourneront ailleurs. Dans la préfecture Avignon, les jeux sont très ouverts depuis l’annonce surprise de Cécile Helle, maire (PS) depuis 2014, de ne pas briguer un 3e mandat. Sa majorité sortante se divise pour l’heure entre plusieurs candidats possibles : David Fournier (PS), Joël Peyre (PRG), Paul-Roger Gontard (La Convention) tandis que le Premier adjoint, Claude Nahoum soutient le néophyte Benoît Belvalette (Place publique). Tous martèlent que l’union est indispensable. Mais derrière qui ? Chez les insoumis, Mathilde Louvain a été désignée tête de liste. Le camp du centre et de la droite est aussi éclaté avec Olivier Galzi (SE), Stephan Fiori (DVD) – qui sont candidats officiels – et les deux Julien, Paudoie (bloc macroniste) et Aubert (LR) qui lambinent. Enfin, la cheffe de file de l’opposition RN, Anne-Sophie Rigault a de nouveau été investie.

    L’extrême droite, après avoir soutenu 13 candidats en 2020, compte bien tripler ses représentants. Le RN a ainsi investi Christian Richaud à Carpentras, Franck Marest à Bollène et a dévoilé des représentants à Monteux, Vedène ou Entraigues-sur-la-Sorgue, où le sortant (PCF) Guy Moureau ne s’est pas encore prononcé. Autant de communes susceptibles de basculer comme avant elles Le Pontet, Camaret puis Morières. Les trois maires RN sortants se représentent. Au Pontet, un front républicain du PCF au centre droit se construit derrière Jean-Firmin Bardisa. Le sortant RN Joris Hébrard affrontera aussi son 1er adjoint, Patrick Suisse… À Morières, Annick Dubois (PS) est pressentie pour mener l’union de la gauche. Fief de l’extrême droite depuis 1995 avec les Bompard père puis fils, Orange est suspendue à une décision de justice prévue en décembre, qui pourrait rendre inéligible le maire (Ligue du sud) Yann Bompard et la toujours députée RN Marie-France Lorho. En froid, les deux élus sont des candidats potentiels. En face, une tentative de large alliance gauche et droite a échoué cet été. À Carpentras, le maire (DVG) Serge Andrieu a été donné en tête d’un récent sondage, talonné par son prédécesseur Francis Adolphe (ex-PS). L’extrême droite est divisée avec la candidature de l’élu d’opposition Bertrand de la Chesnais, (ex-RN et Reconquête). À Bollène aussi, l’extrême droite devrait partir à plusieurs entre le RN et possiblement l’ex-maire Marie-Claude Bompard. Le maire (SE) Anthony Zilio devrait se représenter. À Cavaillon, c’est encore morne plaine pour tenter de succéder à Gérard Daudet (LR) qui n’a pas fait connaître ses intentions. Enfin, à Apt, la droite cherche un successeur à la maire sortante LR Véronique Arnaud-Deloy qui ne se représente pas. Céline Celce (Génération.s) incarnera l’union de la gauche.

  • Dans les Bouches-du-Rhône, des porosités risquées entre droite et extrême

    Dans les Bouches-du-Rhône, des porosités risquées entre droite et extrême

    Au fil des semaines et des déclarations successives de candidature, la poussière retombe progressivement sur les municipales dans les Bouches-du-Rhône. À commencer par sa ville centre, Marseille, où la campagne est déjà bien engagée alors que doit s’appliquer un nouveau mode de scrutin avec deux urnes. L’extrême droite a dégainé en premier, avec la candidature dès le mois de juin du député RN de Marignane, Franck Allisio, jouant sur la normalisation du parti lepéniste et les débauchages d’élus de secteur à droite qui se poursuivent de mois en mois.

    Dans une ville où un tiers des électeurs, lors des derniers scrutins nationaux, votaient pour l’extrême droite, le sénateur Stéphane Ravier lui a enlevé une épine du pied en se retirant de la course début octobre pour lui apporter son soutien. À droite, la présidente (DVD) de la Métropole et du Département Martine Vassal a précipité sa candidature à la rentrée, durcissant le discours pour prendre des voix à l’extrême droite. Jusqu’à créer des tensions avec l’ex-secrétaire d’État Sabrina Agresti-Roubache, tandis que l’ex-maire des 9-10 Lionel Royer-Perreaut a annoncé quitter la vie politique, refusant de la soutenir. Le docteur Frédéric Collart (DVD), candidat, se fait désormais discret. Les insoumis, approchés par l’adjoint écologiste Sébastien Barles et son collectif Vaï Marseille, ont de leur côté adapté leur calendrier au contexte national, même si le député Sébastien Delogu ne cache pas son ambition. Quant à la majorité bien en place, le Printemps marseillais retarde son entrée en campagne après une démonstration de force à la rentrée, mais a reçu le soutien des communistes et d’écologistes frappés par la mise en retrait de leur chef de file.

    Ailleurs, l’extrême droite ne cache pas ses ambitions après avoir ravi il y a un an la ville de Rognac gangrenée par les affaires, mais à l’issue seulement d’une improbable quadrangulaire. Pour débaucher maires et candidats, le RN a concocté un label « Provence qu’on aime », espérant élargir son ancrage territorial après les législatives. Dans les bastions ouvriers de Fos-sur-Mer et Port-de-Bouc, la droite locale a franchi le Rubicon en s’y ralliant. Mais à Marignane, le maire Eric Le Dissès qui s’est allié à Franck Allisio doit faire face à une large coalition menée par le maire (UCE) de Gignac, Christian Amiraty.

    Sur la Côte bleue, le maire (DVD) de Carry René-Francis Carpentier doit faire face à une multiplication de listes, dont la défection de son ex-adjointe Valérie Guarino, également vice-présidente (DVD) au Département. À Aix, Sophie Joissains (UDI) déjà candidate annoncée depuis longtemps tient encore le centre et la droite, sans autre liste face à elle dans son camp pour le moment, mais devra affronter la gauche unie, sans les insoumis.

    Ailleurs, la gauche espère conserver ses villes, notamment les bastions communistes comme Martigues où le RN se montre ambitieux. Surtout, elle espère reprendre les territoires perdus comme Arles, où Nicolas Koukas (PCF) avait réalisé de bons scores aux législatives, ou Gardanne, où elle espère l’union face à la candidature du maire (LR) sortant Hervé Granier.

  • « De plus en plus de violences sans arrestation »

    « De plus en plus de violences sans arrestation »

    « À quelques jours de la prochaine mobilisation intersyndicale, je suis extrêmement inquiet de la présence possible de groupes d’extrême droite violents à proximité de la manifestation. Comment un groupe facilement repérable, masqué, peut-il se déplacer et agir à son aise alors qu’un dispositif policier aussi important est présent ? », interroge Serge Ragazzacci dans un courrier adressé au préfet de l’Hérault au lendemain de la manifestation du 18 septembre. « Les images et les témoignages, l’agression extrêmement brutale aux Beaux-Arts nous interrogent », poursuit le secrétaire général de l’union départementale CGT de l’Hérault qui souligne, quelques lignes plus loin, que « ce n’est pas la première fois qu’à Montpellier ces groupes violents agissent. Les exactions ont même tendance à se multiplier et surtout à devenir de plus en plus violentes.  »

    Une inquiétude que vient confirmer la publication, le 16 octobre, du rapport de l’Observatoire des libertés de Montpellier (OLM) sur les violences perpétrées par un groupe de militants d’extrême droite lors de la manifestation du 18 septembre. Le document interroge, vidéos à l’appui, l’attitude des forces de l’ordre à l’égard des fauteurs de troubles, qui n’ont pas été inquiétés.

    « Où en est l’enquête ? »

    « La manifestation ayant été déclarée par l’intersyndicale, il faut que l’ensemble des organisations prennent connaissance des faits et qu’on en débatte ensemble », estime Serge Ragazzacci. L’intersyndicale doit donc se réunir à cet effet le 7 novembre.

    Julien Frayssinhes, co-secrétaire de Solidaires 34, syndicat membre du collectif Montpellier contre l’extrême droite, s’est déjà plongé dans le rapport documenté de l’OLM. Il se dit frappé par « l’inaction de la police ce jour-là. On a un groupe d’une vingtaine de membres de l’extrême droite qui commence, dès le matin, à intimider des lycéens en train de bloquer le lycée Joffre. Le proviseur, qui avait pourtant signalé cette présence au rectorat et aux autorités policières, a dû ouvrir le lycée pour mettre en sécurité les lycéens, faute d’intervention. Ensuite à la fin de la manif, sur la place de la Comédie, les CRS s’interposent et exfiltrent ces mêmes membres de l’extrême droite. 45 minutes après, l’un de ces hommes masqués prend violemment à partie, sur l’esplanade, des représentants de l’Observatoire des libertés de Montpellier. Encore une fois, la Bac, qui est à proximité, ne fait rien. Et tout ça finit par une agression violente aux Beaux-Arts. C’est d’une impunité totale. Qu’on laisse naviguer ces gens-là toute la journée dans la ville est très inquiétant  », estime Julien Frayssinhes. « On se demande à quoi sert le dispositif de sécurité démesuré mis en place ce jour-là, si ce n’est à dissuader les gens d’aller en manifestation. Parce que là on voit bien qu’il y a des troubles à l’ordre public qui ne sont pas contrôlés », poursuit le responsable de Solidaires 34. Qui s’interroge  : « Où en est l’enquête ? On est plus d’un mois après les faits. Dans une communication du 26 septembre, la préfecture affirme que des contrôles d’identité ont été réalisés au moment de l’exfiltration de la Comédie. Ça veut dire qu’il y a des noms. Par ailleurs sur les vidéos, on voit qu’il y a des individus en commun sur la Comédie et aux Beaux-Arts  », insiste Julien Frayssinhes. « Ce qu’on souhaite, avec l’appui du rapport de l’Observatoire des libertés, c’est que des principes soient réaffirmés.  »

    Car de façon plus générale, Serge Raggazacci et lui font le même constat  : « il y a de plus en plus d’actes de violences qui proviennent de groupes d’extrême droite sans qu’il y ait d’arrestation », observe le secrétaire départemental de la CGT 34. « Il ne faut pas tomber dans la caricature du “tous les flics sont des fachos, tout le monde déteste la police”, ce n’est pas mon credo. Mais on s’interroge légitimement sur le climat, sachant qu’il y a déjà eu plusieurs actes de violences qui pour l’instant ne font pas l’objet de suites. »

    A.G.

  • Face à l’impunité de l’ultra droite les élus de gauche s’inquiètent

    Face à l’impunité de l’ultra droite les élus de gauche s’inquiètent

    À la Ville, l’adjoint à la sécurité Sébastien Cote confirme le phénomène  : « Depuis un mois, la présence physique et symbolique de l’extrême droite est en pleine recrudescence à Montpellier. » Dans la rue, les passages à l’acte fascistes et les affiches racistes et homophobes sont généralement signés le Syndicat de la famille (ex-Manif pour tous), les Jeunes d’Oc ou le Bloc Montpelliérain… Fin septembre, le prestataire municipal est venu à bout de plusieurs pochoirs « White lives matter », érigés contre un prétendu racisme anti-blanc. Plus récemment, il est aussi intervenu sur des pochoirs « Stop Immigration » revendiqués par le groupuscule les Jeunes d’Oc, et tagués sur des panneaux routiers. « Je pense que l’État doit en prendre toute la mesure et mener des investigations en ce sens », lâche Sébastien Cote, qui affirme avoir conservé les clichés et les tenir « à la disposition de la justice ».

    Point d’orgue de cette ambiance nauséabonde, l’intrusion violente d’un groupe de militants d’extrême droite dans la manif du 18 septembre, et l’agression perpétrée dans le quartier des Beaux-Arts ce même jour… Mais pour l’heure, pas de nouvelle de l’enquête malgré le signalement du maire PS Michaël Delafosse, et le courrier cosigné par les parlementaires socialistes Fanny Dombre-Coste et Hussein Bourgi à destination du préfet. « Pourquoi, malgré la présence d’agents de la BAC et des escarmouches répétées, aucun ajustement des moyens n’a-t-il permis d’arrêter ou d’interpeller ces individus ? Y a-t-il eu une mauvaise évaluation de la dangerosité de ce groupe d’extrême droite ? », ont-ils interrogé, avant de réclamer une entrevue. Sans suite pour le moment.

    Le silence de la préfecture
    en question

    Une situation et un silence qui inquiètent l’ensemble des élus de gauche. Selon Fanny Dombre-Coste, ces méfaits « doivent questionner tous les républicains ». « Le souvenir des exactions à la fac de droit est encore vif dans nos mémoires. Nous ne devons tolérer aucune atteinte aux libertés publiques », réagit la députée, alarmée par les vidéos et le rapport détaillé de l’Observatoire des libertés de Montpellier (OLM), qui a clairement pointé l’inertie policière dans ce document publié mi-octobre.

    Même sidération du côté du député écologiste Jean-Louis Roumegas, dont un collaborateur a été victime d’une agression « par des nervis d’extrême droite qui se croient tout permis  » lors des législatives de 2024. « C’est à la préfecture d’agir. Nous, élus, nous devons appuyer l’Observatoire des libertés et la Ligue des droits de l’Homme qui se sont mobilisés sur cette question. Si une action est organisée, nous la soutiendrons ! ».

    Si la Ville refuse quant à elle de commenter l’inaction policière du 18 septembre, elle partage globalement la position des deux élus cités. « À un moment il va falloir sans doute que les forces progressistes réagissent, ajoute Sébastien Cote. Elles trouveront toujours la Ville de Montpellier à leur côté. S’il faut aider une mobilisation nous le ferons... »

    « À un moment, il va falloir que les forces progressistes réagissent »

  • La Région Occitanie en lutte contre le racisme et l’antisémitisme

    La Région Occitanie en lutte contre le racisme et l’antisémitisme

    En 2015, la France est frappée par une série d’attentats qui plongent le pays en deuil. « Dans les mois qui suivent, on se rend compte que l’antisémitisme émerge de manière spectaculaire dans notre société, tout comme le racisme. Parce que l’antisémitisme, c’est une parole qui se libère, ce sont des agressions. Et parallèlement, on a une montée aussi du racisme, certains considérants que tous les Arabes sont musulmans et que tous les musulmans sont islamistes et fanatiques. Et ils finissent par amalgamer toute la population musulmane », soupire Hussein Bourgi, sénateur PS de l’Hérault et conseiller régional.

    Pour faire reculer ces actes, la Région Occitanie s’est lancée dans une série de consultations destinées à faire émerger un plan d’actions. Pendant un an et demi, les conseillers Hussein Bourgi et Marie Piqué ont mené des auditions auprès d’associatifs, de représentants de la justice, de l’Éducation nationale, etc. Ainsi, en 2020, était présenté un plan de lutte contre l’antisémitisme et le racisme, courant jusqu’en 2024 et se déclinant autour de trois objectifs : la déconstruction des préjugés en éduquant à l’antiracisme et l’antisémitisme ; la transmission de l’Histoire et de la mémoire – notamment via le mémorial de Rivesaltes ou encore la visite des camps d’Auschwitz, plus de 1 000 lycéens emmenés depuis 2019. Enfin, la collectivité dirigée par la socialiste Carole Delga soutient les initiatives des associations. « Par exemple, la Ligue de l’enseignement réalise depuis plusieurs années un DVD “Discrimétrage” avec des lycéens qui vont écrire un scénario puis le réaliser. La Région va accompagner financièrement le tournage, le montage. Il nous a semblé intéressant de parler de la question de l’intolérance et des discriminations, non pas à travers un propos très académique, une parole qui peut parfois apparaître comme moralisatrice, mais plutôt d’utiliser leurs mots, leur vécu », illustre Hussein Bourgi.

    Accompagner les victimes

    Pour ce faire, la Région a mobilisé pas moins de 11,8 millions d’euros qui ont bénéficié à 3,5 millions de personnes. Fière de son engagement, la collectivité ambitionne de lancer un second acte de ce plan pour la période 2025-2029. Une des premières actions devrait être l’hommage rendu aux Justes parmi les Nations avec le dévoilement de plaques commémoratives – Montagnac étant la première commune héraultaise à le faire, le 11 novembre prochain.

    « Aujourd’hui on réactualise, parce que le racisme, l’antisémitisme, ça bouge. L’antisémitisme et le racisme flambent sur les réseaux sociaux, sur des sites et des forums de certains médias et donc nous voulons vraiment sensibiliser les médias à la nécessité de modérer, tout comme les Gafam », fait valoir le sénateur. Cette seconde phase priorisera donc les réseaux sociaux, mais également un meilleur accompagnement des victimes et la création d’espaces de résistance, de lutte.

    Un combat crucial à l’heure où l’extrême droite dédiabolisée infuse dans toutes les strates de la société pour véhiculer son discours raciste et antisémite. « Les époques changent mais l’idéologie de l’extrême droite, elle, reste la même. »

    « Les époques changent mais l’idéologie reste la même. »

  • La Région Occitanie en lutte contre le racisme et l’antisémitisme

    La Région Occitanie en lutte contre le racisme et l’antisémitisme

    En 2015, la France est frappée par une série d’attentats qui plongent le pays en deuil. « Dans les mois qui suivent, on se rend compte que l’antisémitisme émerge de manière spectaculaire dans notre société, tout comme le racisme. Parce que l’antisémitisme, c’est une parole qui se libère, ce sont des agressions. Et parallèlement, on a une montée aussi du racisme, certains considérants que tous les Arabes sont musulmans et que tous les musulmans sont islamistes et fanatiques. Et ils finissent par amalgamer toute la population musulmane », soupire Hussein Bourgi, sénateur PS de l’Hérault et conseiller régional.

    Pour faire reculer ces actes, la Région Occitanie s’est lancée dans une série de consultations destinées à faire émerger un plan d’actions. Pendant un an et demi, les conseillers Hussein Bourgi et Marie Piqué ont mené des auditions auprès d’associatifs, de représentants de la justice, de l’Éducation nationale, etc. Ainsi, en 2020, était présenté un plan de lutte contre l’antisémitisme et le racisme, courant jusqu’en 2024 et se déclinant autour de trois objectifs : la déconstruction des préjugés en éduquant à l’antiracisme et l’antisémitisme ; la transmission de l’Histoire et de la mémoire – notamment via le mémorial de Rivesaltes ou encore la visite des camps d’Auschwitz, plus de 1 000 lycéens emmenés depuis 2019. Enfin, la collectivité dirigée par la socialiste Carole Delga soutient les initiatives des associations. « Par exemple, la Ligue de l’enseignement réalise depuis plusieurs années un DVD “Discrimétrage” avec des lycéens qui vont écrire un scénario puis le réaliser. La Région va accompagner financièrement le tournage, le montage. Il nous a semblé intéressant de parler de la question de l’intolérance et des discriminations, non pas à travers un propos très académique, une parole qui peut parfois apparaître comme moralisatrice, mais plutôt d’utiliser leurs mots, leur vécu », illustre Hussein Bourgi.

    Accompagner les victimes

    Pour ce faire, la Région a mobilisé pas moins de 11,8 millions d’euros qui ont bénéficié à 3,5 millions de personnes. Fière de son engagement, la collectivité ambitionne de lancer un second acte de ce plan pour la période 2025-2029. Une des premières actions devrait être l’hommage rendu aux Justes parmi les Nations avec le dévoilement de plaques commémoratives – Montagnac étant la première commune héraultaise à le faire, le 11 novembre prochain.

    « Aujourd’hui on réactualise, parce que le racisme, l’antisémitisme, ça bouge. L’antisémitisme et le racisme flambent sur les réseaux sociaux, sur des sites et des forums de certains médias et donc nous voulons vraiment sensibiliser les médias à la nécessité de modérer, tout comme les Gafam », fait valoir le sénateur. Cette seconde phase priorisera donc les réseaux sociaux, mais également un meilleur accompagnement des victimes et la création d’espaces de résistance, de lutte.

    Un combat crucial à l’heure où l’extrême droite dédiabolisée infuse dans toutes les strates de la société pour véhiculer son discours raciste et antisémite. « Les époques changent mais l’idéologie de l’extrême droite, elle, reste la même. »

    « Les époques changent mais l’idéologie reste la même. »

  • [Edito] Jours de vérité

    [Edito] Jours de vérité

    La période inédite d’instabilité sous la Ve République ouverte par la dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron, à la demande du RN, est entrée dans une nouvelle phase.

    Une période qui va compter des jours de vérité. En l’absence de 49.3 et de majorité réelle parmi les députés et donc au sein de la commission des finances, seuls les votes compteront. Qu’importent les discours, les explications de texte, les postures médiatiques, les uns et les autres devront se positionner sur les sujets en débat en assumant les conséquences dans la vie concrète des Français.

    La seule issue à la crise, c’est le progrès social

    Plus ou moins de justice fiscale ? Taxe Zucman ou non ? Plus ou moins de services publics ? Gel des prestations sociales et des pensions de retraite ou non ?

    Les premiers votes montrent une extrême droite qui, à contre-courant de ses discours de campagne, vole au secours du bloc macroniste et libéral.

    Les socialistes devront démontrer que la non-censure n’est pas la porte ouverte à une pléiade de reculs sociaux.

    Toute la gauche devra obtenir des macronistes une lettre rectificative inscrivant dans le marbre la suspension de la réforme des retraites, premier pas vers son abrogation.

    Dans cette période de vérité, le monde du travail ne doit pas rester spectateur de la discussion parlementaire, mais exiger son dû.

    La seule issue à la crise, c’est le progrès social.

  • [Edito] Jours de vérité

    [Edito] Jours de vérité

    La période inédite d’instabilité sous la Ve République ouverte par la dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron, à la demande du RN, est entrée dans une nouvelle phase.

    Une période qui va compter des jours de vérité. En l’absence de 49.3 et de majorité réelle parmi les députés et donc au sein de la commission des finances, seuls les votes compteront. Qu’importent les discours, les explications de texte, les postures médiatiques, les uns et les autres devront se positionner sur les sujets en débat en assumant les conséquences dans la vie concrète des Français.

    La seule issue à la crise, c’est le progrès social

    Plus ou moins de justice fiscale ? Taxe Zucman ou non ? Plus ou moins de services publics ? Gel des prestations sociales et des pensions de retraite ou non ?

    Les premiers votes montrent une extrême droite qui, à contre-courant de ses discours de campagne, vole au secours du bloc macroniste et libéral.

    Les socialistes devront démontrer que la non-censure n’est pas la porte ouverte à une pléiade de reculs sociaux.

    Toute la gauche devra obtenir des macronistes une lettre rectificative inscrivant dans le marbre la suspension de la réforme des retraites, premier pas vers son abrogation.

    Dans cette période de vérité, le monde du travail ne doit pas rester spectateur de la discussion parlementaire, mais exiger son dû.

    La seule issue à la crise, c’est le progrès social.

  • Frontières échappe aux sanctions

    Frontières échappe aux sanctions

    Un an après la vague de harcèlement subie par trois avocats marseillais jetés en pâture par le média identitaire Frontières qui les associait aux « casseurs antifas », le tribunal judiciaire de Marseille a reconnu leur mise en danger dans son délibéré rendu ce mercredi. « L’élément matériel du délit visé est caractérisé, compte tenu de la diffusion sur le réseau social X du nom et de la profession des parties civiles », indique la décision. Ceux-ci avaient témoigné, lors de l’audience le 3 septembre dernier, des commentaires haineux publiés jusque sur leurs pages professionnelles, et des conséquences sur leur vie privée. Malgré cela, la justice a décidé de relaxer le directeur de publication Erik Tegner, estimant que « l’élément intentionnel n’est pas suffisamment caractérisé ». « Les parties civiles ont accepté que leur nom et leur profession soient diffusés dans un contexte particulier dont ils avaient connaissance. Dès lors, la diffusion de cette information sur X par un média d’opinion opposée ne caractérise pas en soi la volonté de monsieur Erik Tegner de les exposer à une atteinte directe », estime la décision.

    « Quand des commentaires écrivent qu’il faut “les raser”, est-ce que monsieur Tegner ne se doutait pas que sa publication entraînerait cela ? » fait mine de s’interroger Me Léa Talrich, représentant le Syndicat des avocats de France. Et de pointer : « Ce n’est pas une réponse judiciaire que nous attendions, mais une réponse de l’état : des dispositifs doivent être mis en place pour nous protéger, nous ne pouvons pas être visés dans l’exercice de nos fonctions ! »