Tag: extrême droite

  • À Saint-Hilaire dans le Gard, les plus pauvres dans le viseur

    À Saint-Hilaire dans le Gard, les plus pauvres dans le viseur

    Depuis leur élection en mars, tous les maires d’extrême droite adoptent la même stratégie. D’abord, ils dénoncent la gestion financière de la précédente majorité et affirment que la commune est proche de la ruine. Cette première étape permet ensuite de voter des coupes dans les subventions aux associations et des hausses de certains tarifs. L’objectif est ensuite de libérer un budget pour recruter des policiers municipaux…

    Saint-Hilaire de Brethmas, commune de 4 600 habitants près d’Alès, ne fait pas exception. Le nouveau maire Gaël Mancuso l’a annoncé : il souhaite un policier pour 1 000 habitants. Il vient d’ailleurs de déposer la première offre d’emploi pour le recrutement d’un policier municipal tout en critiquant les finances laissées par la précédente majorité. « On continue à dégager un excédent de fonctionnement. La situation financière de la commune en l’état est bonne. Les choix politiques et les marges qui sont générées permettent en réalité de financer d’autres idées, notamment le recrutement de policiers municipaux, d’un directeur de cabinet et de communicants », s’agace l’élu socialiste d’opposition Nicolas Ferrière.

    Hausse de 90 centimes

    Car lors du dernier conseil municipal du 29 juin, la majorité a voté les changements de tarifs de la cantine, avec des augmentations plus ou moins élevées selon les revenus des foyers. Ainsi, la tranche A, celle des foyers les plus modestes, devra encaisser en septembre une hausse de 90 centimes, le repas passant de 3 à 3,90 euros. Les tranches B et C connaîtront une augmentation de 20 centimes, la tranche D de 30 centimes. « Je ne veux pas que la solidarité soit toujours payée par les mêmes. Pourquoi toujours taxer ceux qui travaillent ? » a alors soutenu le maire qui a précisé que les parents sans emploi, concernés donc par la hausse de 90 centimes, « peuvent récupérer leurs enfants à midi ».

    « C’est de l’argumentaire caricatural pour se défausser et qui sert un objectif politique de droite dure. Il s’inscrit dans tous les poncifs qui sont aujourd’hui ceux d’une droite extrémisée et de l’extrême droite de manière générale. Derrière, il y a des situations personnelles et familiales très variées et des conséquences pour les gens. Il y a aussi eu une baisse de la dotation par élève et il veut virer une association dont le siège n’est pas sur la commune », fustige Nicolas Ferrière.

  • La CGT veut une riposte culturelle face au RN

    La CGT veut une riposte culturelle face au RN

    Des États généraux face à un État toujours moins généreux. Un an après l’appel lancé par le PCF à la tenue de nouveaux États généraux de la culture, le sujet était, ce jeudi matin, au cœur d’échanges en plein festival d’Avignon. Avant une table ronde de représentants politiques de gauche sur le dossier, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, est montée sur scène au côté de Tiago Rodrigues, directeur du festival d’Avignon. Pour rappel, en toile de fond de cette 80e édition, les acteurs du spectacle vivant multiplient les alertes et mobilisations face au gel des dotations décrété par le gouvernement, laissant de nombreuses structures dans la panade. Une grande manifestation nationale est dans les tuyaux le 26 septembre.

    « Il y a beaucoup de travail pour relancer l’idée d’une culture populaire de qualité qui est aujourd’hui considérée au rabais car de masse », pose Sophie Binet en faisant écho au fait que l’ADN du festival est étroitement lié à l’avènement des congés payés et l’idée de proposer des spectacles accessibles à tous. À ses côtés, Tiago Rodrigues défend sa « mission de service public avec un accès à la création ». Portugais, le directeur du festival ne cesse de vanter le modèle culturel français, si envié à l’international. « Quand j’étais directeur du théâtre national de Lisbonne, j’ai réussi à faire passer la création d’un statut d’intermittent du spectacle au Portugal calqué sur celui qui existe en France », rappelle-t-il.

    Face au fascisme,

    « il faut faire rempart »

    Or, « les mâchoires des politiques d’austérité » sont là « avec des coupes budgétaires en cours d’année », dénonce Sophie Binet. En parallèle, s’ajoutent « le projet idéologique de l’extrême droite qui investit dans la culture » et « les attaques contre la liberté de création avec des discours populistes comme quoi la culture défendrait son petit entre soi bobo », alerte la dirigeante syndicale. Tiago Rodrigues se fait offensif. « On crée une atmosphère pour qu’un directeur ne pratique plus son droit à la liberté de création qui est inscrite dans la loi, il n’y a pas de neutralité, on est un festival progressiste, féministe, antiraciste… mais avec les baisses de subventions et les injonctions idéologiques, on prépare le terrain au fascisme, il faut faire rempart », monte-t-il au créneau, très applaudi.

    « Le plus grand danger est l’autocensure silencieuse, il y a besoin de jouer collectif », exhorte Sophie Binet. Manière de s’adresser aux représentants politiques de gauche qui ont pris la suite sur scène de ne pas (trop) se désunir car « même si l’extrême droite ne gagne pas, elle sera la première force d’opposition ». Une façon de faire passer le message aux représentants de gauche présents dans l’assistance de ne pas partir (trop) désuni à la présidentielle. Et à entendre Pierre Dharréville (PCF), Emma Rafowicz (PS), Sophie Taillé-Polian (Debout), Clémentine Autain (L’Après), Sarah Legrain (LFI) et même Raphaël Glucksmann (Place publique), croisé à l’extérieur du débat, on s’aperçoit que la culture est un dénominateur commun à gauche avec un même constat partagé et des réponses très partagées. « Dans nos aspirations à faire face au danger de l’extrême droite, il y a peu de domaines dans lesquels les discussions que nous avons se déroulent avec ce type d’initiatives communes », apprécie l’ex-député PCF Pierre Dharréville, un des instigateurs de ces États généraux. Et d’appeler à « ne pas regardez ailleurs, ça brûle ici ».

  • [Entretien] Robin Renucci : « Les congés payés ont été une conquête du temps libre »

    [Entretien] Robin Renucci : « Les congés payés ont été une conquête du temps libre »

    La Marseillaise : Dans quel contexte les congés payés se sont-ils imposés comme des acquis sociaux ?

    Robin Renucci : C’était dans l’urgence sociale, dans un étau menaçant lorsque les discours de fanatisme et de haine avaient libre cours dans une Europe vacillante. En 1936 une France républicaine a résisté à la couleur marron montante et s’est rassemblée en ce qu’on a appelé le Front Populaire, cette réunification syndicale de la CGT, de la CGTU, des socialistes, des communistes, des radicaux et des autres forces antifascistes autour de Léon Blum. La gauche l’a emporté et un grand mouvement de grève a poussé pour que des réformes soient mises en œuvre sans plus tarder. C’était donc une conjonction du consensus populaire, de la volonté de réforme du chef du gouvernement et puis d’une majorité parlementaire, qui a amené des avancées comme on n’en avait jamais vu dans le monde ouvrier : la semaine de 40 heures et les premiers congés payés.

    Que symbolisait cette mesure ?

    R.R. : Cette année-là, des femmes et des hommes ont réclamé et gagné quelque chose qui était immense, c’est-à-dire du temps. Du temps pour vivre, pour soi. Regarder ses enfants autrement qu’entre deux fatigues était devenu un événement. Ces mesures n’ont pas seulement été des acquis sociaux, mais une révolution sensible de l’existence, une transformation du regard sur la dignité humaine. Derrière ces idées, il y avait l’idée qu’une société juste est une société qui reconnaît à chacun le droit au repos, le droit à la beauté, à l’imaginaire et à la rencontre. Les gens ont aussi fait du théâtre, et toutes celles et ceux qui y sont sensibles sont aussi sensibles à l’idée que ces mesures ont fondé un modèle culturel : tout un peuple était entré dans le temps libre comme dans un horizon nouveau. Le théâtre public est né de tout cela. La culture n’est pas un luxe réservé à quelques-uns mais c’est un droit, un souffle qui doit se partager.

    Pourquoi déployer cette campagne nationale aujourd’hui ?

    R.R. : Déjà parce qu’on fête un anniversaire. Mais aussi parce que ces années 1936 nous rappellent qu’une société avance lorsqu’elle conquiert pour chacun davantage que la seule survie. Ces luttes sociales ont ouvert un droit nouveau, celui de disposer d’un temps à soi, libéré du travail contraint. Malgré cela, la précarité continue encore aujourd’hui et 40% des Français ne partent pas en vacances. C’est pourquoi il faut continuer à nommer le Front Populaire, à parler de ce bouleversement politique, social, mais aussi profondément culturel. Les montées totalitaristes sont en train de se répéter en Europe, le fascisme revient au galop et nous sommes dans une année électorale où l’extrême droite est en train de gagner beaucoup de terrain. La même extrême droite que dans les années 36, déguisée différemment. C’est important de fêter les congés payés et ce qu’ils racontent.

    Une campagne culturelle donc ?

    R.R. : Tout ça s’inscrit dans une année où la culture est menacée. Les coupes budgétaires qu’on subit sont une atteinte portée à ce temps-là, notamment aux festivals, qui se sont créés dans ce contexte. Les congés payés ont été une conquête du temps libre. À nous d’en faire un temps vivant, pour la culture, le partage du patrimoine, l’émancipation, la solidarité. Il faut rappeler l’histoire afin que nous soyons conscients de ce que nous risquons à nouveau en entrant dans la célébration de l’exclusion. Jean Guéhenno écrivait « la culture, c’est ce qui répond à l’homme quand il se demande ce qu’il fait sur la terre. » Cette phrase marque mon engagement, mes convictions artistiques et politiques. C’est pour ça que je parraine l’événement, je veux faire un contre-don.

    * L’UNAT, l’ANCAV et l’association PARCOURS

    La Marseillaise : Dans quel contexte les congés payés se sont-ils imposés comme des acquis sociaux ?

    Robin Renucci : C’était dans l’urgence sociale, dans un étau menaçant lorsque les discours de fanatisme et de haine avaient libre cours dans une Europe vacillante. En 1936 une France républicaine a résisté à la couleur marron montante et s’est rassemblée en ce qu’on a appelé le Front Populaire, cette réunification syndicale de la CGT, de la CGTU, des socialistes, des communistes, des radicaux et des autres forces antifascistes autour de Léon Blum. La gauche l’a emporté et un grand mouvement de grève a poussé pour que des réformes soient mises en œuvre sans plus tarder. C’était donc une conjonction du consensus populaire, de la volonté de réforme du chef du gouvernement et puis d’une majorité parlementaire, qui a amené des avancées comme on n’en avait jamais vu dans le monde ouvrier : la semaine de 40 heures et les premiers congés payés.

    Que symbolisait cette mesure ?

    R.R. : Cette année-là, des femmes et des hommes ont réclamé et gagné quelque chose qui était immense, c’est-à-dire du temps. Du temps pour vivre, pour soi. Regarder ses enfants autrement qu’entre deux fatigues était devenu un événement. Ces mesures n’ont pas seulement été des acquis sociaux, mais une révolution sensible de l’existence, une transformation du regard sur la dignité humaine. Derrière ces idées, il y avait l’idée qu’une société juste est une société qui reconnaît à chacun le droit au repos, le droit à la beauté, à l’imaginaire et à la rencontre. Les gens ont aussi fait du théâtre, et toutes celles et ceux qui y sont sensibles sont aussi sensibles à l’idée que ces mesures ont fondé un modèle culturel : tout un peuple était entré dans le temps libre comme dans un horizon nouveau. Le théâtre public est né de tout cela. La culture n’est pas un luxe réservé à quelques-uns mais c’est un droit, un souffle qui doit se partager.

    Pourquoi déployer cette campagne nationale aujourd’hui ?

    R.R. : Déjà parce qu’on fête un anniversaire. Mais aussi parce que ces années 1936 nous rappellent qu’une société avance lorsqu’elle conquiert pour chacun davantage que la seule survie. Ces luttes sociales ont ouvert un droit nouveau, celui de disposer d’un temps à soi, libéré du travail contraint. Malgré cela, la précarité continue encore aujourd’hui et 40% des Français ne partent pas en vacances. C’est pourquoi il faut continuer à nommer le Front Populaire, à parler de ce bouleversement politique, social, mais aussi profondément culturel. Les montées totalitaristes sont en train de se répéter en Europe, le fascisme revient au galop et nous sommes dans une année électorale où l’extrême droite est en train de gagner beaucoup de terrain. La même extrême droite que dans les années 36, déguisée différemment. C’est important de fêter les congés payés et ce qu’ils racontent.

    Une campagne culturelle donc ?

    R.R. : Tout ça s’inscrit dans une année où la culture est menacée. Les coupes budgétaires qu’on subit sont une atteinte portée à ce temps-là, notamment aux festivals, qui se sont créés dans ce contexte. Les congés payés ont été une conquête du temps libre. À nous d’en faire un temps vivant, pour la culture, le partage du patrimoine, l’émancipation, la solidarité. Il faut rappeler l’histoire afin que nous soyons conscients de ce que nous risquons à nouveau en entrant dans la célébration de l’exclusion. Jean Guéhenno écrivait « la culture, c’est ce qui répond à l’homme quand il se demande ce qu’il fait sur la terre. » Cette phrase marque mon engagement, mes convictions artistiques et politiques. C’est pour ça que je parraine l’événement, je veux faire un contre-don.

    * L’UNAT, l’ANCAV et l’association PARCOURS

    Les rencontres

    La campagne se déploie localement dans des centres sociaux et culturels du département. Au programme de ces événements tout public : exposition, projection du documentaire « été 36, les Premières vacances des Français », temps dédié au débat et représentation d’un spectacle sur mesure signé Christina Rosmini. Si le prochain rendez-vous affiche complet jeudi 16 juillet, d’autres rencontres sont prévues avant de clôturer la campagne au Sénat le 2 novembre.

    Infos : carte collaborative en ligne

  • Malgré les coupes drastiques, la MJC de Monteux poursuit ses activités

    Malgré les coupes drastiques, la MJC de Monteux poursuit ses activités

    En début de semaine dernière, la Maison des jeunes et de la culture (MJC) de Monteux annonçait réunir en urgence un conseil d’administration suite à la coupe drastique de subventions par la nouvelle municipalité RN (notre édition du 10 juillet). La structure, qui propose entre autres des cours de langue, théâtre, danses ou dessins, a vu son aide passer de 45 000 à 5 000 euros.

    Réuni jeudi dernier, le conseil d’administration a décidé, pour l’heure, de ne rien changer et « de reconduire l’ensemble des activités proposées, dans les mêmes conditions tarifaires qu’aujourd’hui », annonce la MJC dans un communiqué. « Cette décision traduit la volonté de ne pas faire peser cette baisse de subvention sur les familles, notamment les plus modestes, et de préserver l’accès de tous aux activités de la MJC », poursuit l’association.

    Un choix rendu possible par une situation financière saine avec des fonds propres d’environ 130 000 euros. C’est paradoxalement cette manne conséquente qui est mise en avant par le maire Patrice de Camaret (RN) pour justifier la forte baisse, car, selon lui, la Ville doit soutenir les associations les plus fragiles financièrement. « La MJC tient à rappeler que ces réserves correspondent à environ six mois de trésorerie d’avance, un niveau conforme aux bonnes pratiques de gestion pour une association employeuse, et une condition explicitement exigée par ses partenaires financiers, dont la CAF, pour garantir la pérennité de ses financements », précise l’association fondée en 1964.

    Si ce premier coup peut être amorti, il y a de quoi être inquiet à l’avenir après « cette décision intervenue sans concertation préalable qui déséquilibre et fragilise notre modèle économique », relève la MJC tout en « affirmant sa pleine disponibilité pour engager un dialogue constructif ».

  • À Bagnols, la nouvelle maire RN s’en prend aux centres sociaux

    À Bagnols, la nouvelle maire RN s’en prend aux centres sociaux

    L’association se savait dans le collimateur de la nouvelle maire Pascale Bordes. Après l’annonce d’une coupe d’environ 40% dans le budget des associations, Mosaïque en Cèze s’attendait justement à voir sa subvention réduite d’environ 80 000 euros. Mais jamais elle n’aurait pensé que la nouvelle équipe irait jusqu’à supprimer l’intégralité de la subvention d’une association dont l’action est pourtant reconnue sur le territoire bagnolais depuis 1992.

    « Nous gérons deux centres sociaux qui ont pour objectif l’animation de la vie sociale sur un territoire, c’est-à-dire de lutter contre toutes les formes d’isolement et d’exclusion », explique Vincent Poutier, le président de l’association qui s’appuie sur 18 salariés. « Nous avons 600 familles qui adhèrent à Mosaïque en Cèze, c’est-à-dire entre 1 200 et 1 500 personnes. C’est 8 000 personnes accueillies sur une année. Nous organisons environ un millier d’animations par an, soit 3 ou 4 activités par jour comme nous sommes fermés le dimanche. » Après le vote de la suppression de cette subvention lors du conseil municipal du 25 juin, les sympathisants RN présents ont applaudi cette décision…

    Un avenir incertain

    À la suite de l’élection municipale de mars dernier, Vincent Poutier avait tenté de rencontrer la majorité pour présenter les actions de l’association et essayer de la convaincre de son importance sur le territoire. Mais aucun dialogue n’a pu s’installer alors que deux élus de la majorité ont, de fait, un siège à l’Assemblée générale de l’association. « Sous prétexte qu’on gérait mal et que la Ville était au bord de la cessation de paiement alors qu’il y a un compte administratif positif d’1,9 million d’euros, on nous annonce qu’on n’aura pas de subvention en 2026. On ne peut pas dire que les rapports sont mauvais, il n’y en a pas. C’est une décision violente car nous n’avons aucun aménagement possible et que cela concerne l’année en cours. Qu’il n’y ait même pas de dialogue, je trouve que c’est extrêmement difficile à vivre parce que c’est un vrai mépris et ça empêche de pouvoir se projeter sur l’avenir », précise Vincent Poutier.

    Pour l’heure, l’association peine à réellement évaluer toutes les conséquences de cette décision mais elle s’attend à réduire la voilure l’an prochain. Cette aide de la mairie représente en effet 45% des subventions perçues par Mosaïque en Cèze. C’est 20% du budget total de l’association. « Moins 20% dans le budget, ce n’est pas moins 20% d’activités parce que lorsqu’on lance une activité, il y a des cofinancements de plusieurs acteurs et la subvention municipale permettait justement de compléter pour lancer une activité. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, les 20% d’argent en moins, ça remet en cause pratiquement 30 à 35% de nos projets », explique Vincent Poutier.

    Les équipes de l’association sont donc à pied d’œuvre pour analyser projet par projet, comment ils peuvent sauver le plus d’activités possibles. L’association devrait communiquer en septembre pour détailler les conséquences concrètes de l’absence de subvention communale. Au-delà des activités, elle devra également supprimer des postes pour retrouver l’équilibre budgétaire. D’autant que les autres collectivités ne souhaitent pas rallonger leur aide tant pour des raisons financières que politiques. « Cette année va être difficile parce qu’on a déjà engagé des choses depuis janvier et qu’on sait désormais qu’on n’aura pas les financements pour. On va finir l’année dans le rouge », s’inquiète le président de l’association qui espère désormais recevoir du soutien de la population locale.

    « Indépendamment du RN, parce que le mouvement associatif est attaqué par les gouvernants actuels, je réfléchis actuellement avec un certain nombre de gens, pour se mobiliser et défendre le mouvement associatif en sachant que c’est un travail de longue haleine et qu’il ne va pas payer tout de suite », conclut Vincent Poutier.

  • La CGT Paca promet un festival contre l’extrême droite

    La CGT Paca promet un festival contre l’extrême droite

    Après, lundi, la tenue d’une rencontre à l’initiative de la CGT spectacle pour se prémunir face à l’extrême droite, le comité régional CGT Paca s’est réuni ce vendredi au sein de la Bourse du travail d’Avignon. Avec un peu la même optique au sein de chaque union départementale : promouvoir la culture comme rempart à l’extrême droite. « On est dans une période cruciale d’affrontement entre l’extrême droite et les idées de progrès social », campe Patrice Kantarjian, secrétaire régional de la CGT. Surtout depuis que l’extrême droite, via « les milliardaires Bolloré ou Stérin ont décidé d’investir le champ de la culture avec des moyens colossaux », constate-t-il.

    Localement, les exemples sont nombreux « avec le RN qui cible la culture populaire comme à Monteux en coupant drastiquement sa subvention à la MJC [notre édition de vendredi] », note Patrice Kantarjian. Dans les Bouches-du-Rhône, la CGT s’est mobilisée à Aix en novembre contre la programmation de la Dame de pierre, spectacle sur Notre-Dame de Paris promu par Pierre-édouard Stérin. « Des membres de l’Action française étaient là, cela pose aussi des problèmes sur le droit du travail qui n’est pas respecté avec des bénévoles qui agissent à la place d’intermittents du spectacle, on a saisi l’inspection du travail », rappelle Marc Pietrosino, secrétaire de l’UD des Bouches-du-Rhône. La mobilisation devrait reprendre car le spectacle est programmé au Dôme de Marseille le 22 septembre.

    « Partout où l’extrême droite veut réécrire l’histoire, la CGT sera là pour construire un contre récit avec des villages de la paix, des pièces de théâtres, de la musique, des bibliothèques… », prévient Richard Roméo-Giberti, secrétaire de l’UD CGT du Var. À Avignon, « depuis 18 ans au Festival, la CGT ouvre son théâtre de la Bourse du travail comme lieu de contre-pouvoir à l’extrême droite dans l’esprit de Jean Vilar », appuie Laurence de Villèle, secrétaire de l’UD CGT de Vaucluse. Maxime Séchaud, secrétaire adjoint de la CGT spectacle, assure que « face aux coupes budgétaires du gouvernement, on se serre les coudes en construisant un mouvement commun ». « Il faut sortir de la logique mortifère du tableau Excel, la culture ne peut se concevoir comme une matrice mathématique », exhorte Richard Roméo-Giberti.

  • Beaucaire : le bâillon RN retoqué par la justice

    Beaucaire : le bâillon RN retoqué par la justice

    C’est un revers cinglant pour l’extrême droite beaucairoise. Le 8 juillet 2026, le tribunal judiciaire de Nîmes a débouté Julien Sanchez, Nelson Chaudon et la mairie de Beaucaire de l’intégralité de leurs demandes contre L’Arlésienne et Street Press. Les deux médias d’investigation avaient été traînés en justice pour avoir enquêté en automne 2025 sur la politique discriminatoire d’attribution des commerces du centre-ville, où des témoignages évoquaient une mise à l’écart de commerçants d’origine maghrébine ou latino-américaine. Une pratique que Sanchez lui-même avait résumée, sans la moindre gêne, dès son arrivée à l’hôtel de ville en 2014 : « Le souk, c’est terminé. »

    Le juge des référés a tranché net. Il a estimé que « le caractère manifestement illicite du trouble n’est pas caractérisé » et que « l’exception de bonne foi [constitue] en l’espèce un caractère sérieux ». En clair : l’enquête est suffisamment solide pour ne pas relever de la diffamation manifeste. La justice rappelle aussi les limites du référé : apprécier « la réalité du sérieux de l’enquête », la « base factuelle suffisante » ou encore la « mesure dans l’expression » relève d’un débat au fond. Or la mairie RN avait choisi l’urgence, celle qui sert à faire taire vite, à retirer vite, à intimider fort. Résultat : un camouflet pour des plaignants qui réclamaient la dépublication des articles, le retrait des numéros papier des kiosques (en pleine période électorale, faut-il le rappeler), et pas moins de 18 000 euros de dommages et intérêts au total.

    « La justice a suivi nos arguments, les pièces fournies de notre enquête ont prouvé la bonne foi de notre travail », se félicite Me Valentine Rebérioux, avocate commune de L’Arlésienne et de Street Press. Lors de l’audience du 27 mai, l’avocate avait rappelé que la mairie avait été sollicitée à trois reprises sans jamais répondre, et que la Chambre régionale des comptes avait elle-même pointé des dysfonctionnements au sein de la commune dès 2020.

    Une victoire, mais la facture reste

    Cette victoire juridique ne doit pas masquer le coût réel des procédures-bâillons. L’Arlésienne devra avancer à ses propres frais les honoraires d’huissier pour notifier la décision à la mairie, à sa charge, donc. Ses frais d’avocat ne seront pas mis à la charge des plaignants. Aucun dommage et intérêt pour procédure abusive n’a par ailleurs été retenu. Le RN dispose encore de quinze jours pour faire appel et porter l’affaire devant la cour d’appel. L’épuisement financier et procédural des rédactions indépendantes : c’est précisément la mécanique des bâillons.

    Éric Besatti, directeur de publication de L’Arlésienne, l’avait dit sans détour à L’Humanité début juillet : enquêter sur le RN est « très difficile », car « tout le monde a peur de parler ». Sept témoignages étayent pourtant l’enquête, minutieusement recoupés. « Ce qu’on écrit, on le pense, et on le prouve », tranchait-il. Street Press comptait début 2026 une quinzaine de procédures en cours, dont les deux tiers émanant de l’extrême droite. Zéro condamnation à ce jour.

    Pendant ce temps, la mairie de Beaucaire continue de s’affranchir de ses obligations légales en ne publiant pas les procès-verbaux complets de ses conseils municipaux, contrairement à ce qu’exige pourtant la loi. Les élus d’opposition réclament depuis des années la liste des locaux préemptés, leurs attributaires et les critères retenus. Silence total. La transparence, visiblement, est réservée aux autres communes.

    Désormais, le délai de prescription de trois mois pour attaquer l’enquête au fond est dépassé : la mairie ne peut plus, juridiquement, s’en prendre au contenu des articles. Il ne lui reste plus qu’une option : répondre sur le fond. Ce qu’elle refuse depuis le premier jour. L’Arlésienne affirme rester ouverte à la publication des réponses de la Ville. Or, depuis des années, l’opposition municipale réclame déjà la liste des locaux préemptés ou loués, l’identité de leurs bénéficiaires et les critères d’attribution. Sur ces demandes comme sur celles des journalistes, la mairie fait silence radio. Mais comme le rappelait Besatti, « le journalisme est un sport de combat ». Round gagné.

    La Marseillaise est solidaire de L’Arlésienne et de Street Press. Pour les soutenir et financer leurs frais de justice : journaux en kiosques ou larlesienne.info et streetpress.com

  • La Région Occitanie maintient le cap de la solidarité

    La Région Occitanie maintient le cap de la solidarité

    « Avec de l’argent, il est plus facile de se projeter dans des projets de long terme. » Elles ont beau poursuivre un but non lucratif, les associations ont comme tous les ménages et les entreprises, besoin de soutien financier pour exister et déployer leurs activités souvent d’intérêt public. Réunies à Montpellier par la Région Occitanie mercredi 1er juillet, jour du 125e anniversaire de la loi de 1901 qui a créé leur statut, elles n’ont pas manqué de dire leurs difficultés grandies par l’inflation énergétique et l’austérité des politiques publiques souvent guidées par les logiques de rentabilité.

    Un contexte difficile largement dû au désengagement de l’État qui en plus d’être aux abonnés absents sur certaines de ses missions régaliennes (droit au logement, respect de la loi sur le handicap de 2006, lutte contre les violences de genre…), tourne de plus en plus le dos aux acteurs censés pallier ses propres manquements. Le plus souvent quand elles sont dirigées par la gauche, les collectivités tentent de maintenir la barque associative à flot. C’est le cas de la Région Occitanie qui, bien que contrainte de baisser certaines subventions de 5 à 10%, a fait le choix de la stabilité pour les structures les plus fragiles (celles percevant moins de 5 000 euros d’aides).

    Avec la présidente Carole Delga (PS), « on fait le choix de maintenir notre volontarisme politique dans un contexte aggravé », affirme Pierre Lacaze (PCF). Le vice-président délégué aux solidarités, égalités, services publics, vie associative et logement social, est inquiet par deux phénomènes actuels qui mettent à mal la vie associative. D’un côté la montée des violences sexuelles et sexistes ainsi que des actes racistes et antisémites. De l’autre, la montée des idées discriminantes d’extrême droite dans la société. « Si la causalité n’est pas établie, on pense qu’il y a un lien. Par ses discours et ses méthodes, l’extrême droite peut contribuer à la hausse de ces violences », assure Pierre Lacaze. Et l’élu communiste de noter que « le récent rapport du Sénat sur les masculinistes fait le lien avec l’ultra droite ».

    Sécuritaire : le paradoxe d’Alexis de Tocqueville

    Ce qui est sûr c’est que les obsessions sécuritaires et immigrationnistes de Retailleau, Ciotti, Zemmour et consorts sont à l’opposé du travail de terrain mené par les associations en faveur de la tolérance et du respect d’autrui. D’autant que ces thèses fumeuses sont souvent très éloignées de la réalité. Si les violences des mineurs (en raison du trafic de drogue) sont en hausse ou que les violences sexistes et sexuelles ne diminuent pas depuis à peine 25 ans qu’elles sont mesurées, d’autres baissent drastiquement. « En France depuis le XIXe siècle, on observe une chute continue du nombre d’homicides, trois fois moins nombreux que dans les années 80 », recadre Tristan Renard. Quant aux violences politiques (abris bus brisés…) montées en épingle sur CNews, elles sont « très loin des niveaux des années 70 », précise le sociologue qui évoque une résultante du paradoxe d’Alexis de Tocqueville. « Plus une violence diminue, plus la préoccupation sécuritaire augmente ». Pour ce chercheur au Criaus et au Cresam, « les politiques publiques doivent être menées à l’échelle d’une génération (20 ans), pas à une échelle électorale ».

    Aussi, les lauréats et associations aidées (SPF, Planning familial, SOS Racisme, Mrap, Unat…) étaient-ils ravis d’avoir une oreille attentive de la Région le 1er juillet. Baptisé « Pour une Occitanie inclusive et solidaire », le principal appel à projets soutient 139 projets à hauteur de 710 000 euros. Le dispositif « Génération égalité » est dédié à la sensibilisation des jeunes à l’égalité entre les femmes et les hommes, à la prévention des violences sexistes et sexuelles et à la lutte contre les stéréotypes. Enfin, l’opération « Vacances Solidaires », qui permet chaque année à des enfants et familles aux revenus modestes d’accéder aux vacances et aux loisirs éducatifs. En Occitanie, le tissu associatif représente 160 000 structures, 175 000 emplois et 1,4 million de bénévoles.

  • La mairie RN de Monteux retire à la MJC 42 000 euros de subventions

    La mairie RN de Monteux retire à la MJC 42 000 euros de subventions

    Après la mairie RN de Carpentras, qui supprime les subventions du Planning familial, c’est au tour de la municipalité de Monteux, également passée RN en mars dernier, de réduire de 90 % celle accordée à la Maison des Jeunes et de la Culture de sa ville.

    Dans un message posté sur ses réseaux sociaux, la structure, qui accueille un peu plus de 500 personnes à travers des activités sportives et des événements divers, explique que cette aide passe de 45 000 euros à 5 000. Elle ajoute que les subventions de fonctionnement et celle du festival des cultures urbaines des vacances d’automne, respectivement de 1 350 et 1 500 euros, sont, elles, supprimées. Et explique prendre acte de cette décision et que le conseil d’administration va se réunir en cette fin de semaine « pour mesurer l’impact sur la vie de l’association ».

    Répartition

    Le maire d’extrême droite, Patrice de Camaret, a justifié, lors du conseil municipal, cette décision en s’appuyant sur les comptes de l’association. Ceux-ci étant, d’après lui, assez fournis. « La collectivité doit soutenir en priorité les associations qui en ont réellement besoin, et non celles qui disposent d’une trésorerie solide », stipule la collectivité. Et assure que cette « décision ne remet pas en cause l’utilité de la MJC ni son travail auprès des Montiliens », mais « traduit une volonté de justice dans la répartition de l’argent public, au bénéfice d’associations qui, elles, ont un besoin réel et immédiat de soutien ».

    Les élus d’opposition ne l’entendent pas de cette oreille. « Il le vend comme une nécessité économique, mais pour moi, c’est idéologique », glisse Michel Mus (DVG). Car, dans le même temps, les subventions aux associations sportives augmentent de 8 %.

  • L’Arlésienne et StreetPress face au bâillon beaucairois

    L’Arlésienne et StreetPress face au bâillon beaucairois

    Dans quelques jours, le couperet tombera. Le tribunal judiciaire de Nîmes rendra, le 8 juillet, son délibéré dans une affaire qui dépasse largement les frontières du Gard : celle d’une mairie d’extrême droite qui a choisi les tribunaux plutôt que le débat contradictoire pour faire taire deux rédactions indépendantes.

    Tout part d’une enquête publiée à l’automne 2025 par l’Arlésienne et Street Press. Témoignages à l’appui, les deux médias y documentaient une politique d’attribution des locaux commerciaux du centre-ville de Beaucaire qui écarterait systématiquement les commerçants d’origine maghrébine ou latino-américaine. Sollicitée à trois reprises avant publication, la municipalité n’avait jamais daigné répondre. Elle a préféré, quelques mois plus tard, saisir la justice.

    « On ne lâchera rien »

    Le 27 mai, à l’audience de Nîmes, ni le maire Nelson Chaudon ni son prédécesseur Julien Sanchez – devenu entretemps directeur de campagne du RN pour 2027 -n’ont jugé utile de se déplacer. C’est leur avocate, Sylvie Josserand, également députée RN du Gard, qui a porté seule la charge, dénonçant une enquête relevant selon elle de « la désinformation au service d’une idéologie » et réclamant 18 000 euros de dommages et intérêts. Une formule bien pratique quand une enquête vient gratter le vernis d’une gestion locale.

    Une accusation à laquelle l’avocate de la défense, Me Valentine Rebérioux, a opposé une évidence : aucun propos précisément diffamatoire n’a jamais été désigné. Pour elle, la qualification ne fait aucun doute : « Il s’agit bien là d’une procédure-bâillon. » Une arme de plus en plus prisée par l’extrême droite locale pour épuiser financièrement et psychologiquement les rédactions indépendantes, sans jamais, ou presque, obtenir gain de cause : Street Press comptabilise à ce jour zéro condamnation sur la quinzaine de procédures similaires en cours.

    Éric Besatti, directeur de publication de l’Arlésienne, ne plie pas : « Ce procès nous coûte de l’argent, nous demande du temps pour nous défendre, mais n’entame pas notre volonté d’enquêter. » Avant de résumer : « On ne lâchera rien, on continuera de faire notre travail. » Le 8 juillet, le tribunal dira le droit. Mais le message politique, lui, est déjà lisible. D’ici là, les articles restent en ligne et dans les kiosques. À lire, à partager, et à défendre.