Tag: extrême droite

  • [Sénatoriales] Julien Audemard : « Un corps électoral politisé avec un vote stratégique »

    [Sénatoriales] Julien Audemard : « Un corps électoral politisé avec un vote stratégique »

    La Marseillaise : Le rôle du Sénat est méconnu. À quoi sert-il ?

    Julien Audemard : C’est une chambre parlementaire, une chambre haute qui ne représente pas directement les individus mais les territoires au travers de leurs élus. C’est donc une élection indirecte. Les sénateurs ont un rôle législatif même s’il est moindre et que les députés peuvent avoir le dernier mot. C’est tout de même un contre-pouvoir fort. Les sénateurs ne peuvent pas censurer le gouvernement mais ne peuvent être touchés par une dissolution.

    Comment vont être désignés

    les délégués le 5 juin ?

    J.A. : Le collège électoral qui va élire les sénateurs le 27 septembre est constitué de tous les conseillers régionaux, départementaux, des parlementaires (députés, sénateurs), des élus municipaux (maires, élus municipaux) et leurs délégués élus le 5 juin qui représentent à eux seuls 95% du corps électoral. Dans les communes de moins de 9 000 habitants, les élus municipaux vont élire entre 1 et 15 délégués en fonction de la taille de la commune. Au-delà de 9 000 habitants, tous les conseillers municipaux sont délégués de droit. Et dans les villes de plus de 30 000 habitants, ils vont en plus élire des délégués supplémentaires en dehors du conseil municipal : un par tranche de 800 habitants. Il n’y a pas de restriction, il faut juste être inscrit sur les listes électorales de la commune.

    En quoi les municipales ont-elles modifié le corps électoral ?

    J.A. : Au niveau national, on a eu environ 40% de renouvellement dans les mairies. Dans l’Hérault, les rapports de force restent à peu près stables même si des communes ont basculé, la plupart du temps de la gauche vers la droite ou le centre (Grabels, Juvignac, Villeneuve…). Mais cela ne pèse pas grand-chose à côté de Montpellier. Le RN a pris Agde mais ailleurs l’extrême droite a obtenu peu d’élus. La gauche ne devrait pas s’écrouler mais restons attentifs à l’offre de gauche.

    Justement la multiplication des listes est-elle risquée à gauche ?

    J.A. : Il y a un risque d’émiettement qui va surtout concerner les petits partis. Hussein Bourgi (PS) devrait être réélu. La question se pose pour Florence Brutus (PRG) qui pourrait pâtir de cet éparpillement. Ceci étant, le mode de scrutin est spécifique dans le Gard et l’Hérault : c’est un scrutin de listes proportionnelles avec l’attribution des sièges restants à la plus forte moyenne, ce qui en général est plutôt favorable aux listes qui ont obtenu peu de voix. Il faudra (maximum) 600-650 voix pour obtenir un siège sur environ 2 000 votants dans le Gard, 2 500 dans l’Hérault.

    Dans le Gard, la progression du RN peut-elle lui faire rafler un siège ?

    J.A. : Aux municipales, le RN n’a pas gagné Nîmes mais a confirmé son ancrage dans le Gard. Il a gagné Vauvert et Bagnols-sur-Cèze en conservant Beaucaire. Ils avaient déjà les 6 députés. Ceci étant, je ne pense pas que ce sera suffisant pour avoir un sénateur. Peut-être plus dans le Tarn avec le basculement de Castres, dans le Tarn-et-Garonne (Moissac, Montauban) voire dans l’Aude avec Carcassonne. Mais obtenir le soutien des élus des petites communes ne se fait pas du jour au lendemain. Pour le PCF c’est compliqué parce que, finalement, Denis Bouad (PS) repart [lire page 7]. Et il n’y aura pas que les communistes qui vont essayer de se positionner sur sa liste. L’élection à Nîmes change toutefois la donne : il y a pour le PCF un vrai levier de pression avec le PS. Il risque d’y avoir un arbitrage entre le national et le local.

    Les maires sans étiquette rendent-ils ce scrutin imprévisible ?

    J.A. : Sans tenir compte du contexte, oui sans doute. Ceci dit, les maires soi-disant sans étiquette sont soit dans de petites communes soit proches de forces partisanes donc, en réalité, on connaît leur tendance. Les autres sont très dépendants de leur intercommunalité ou du Département. L’idée d’une fronde de leur part me paraît très hypothétique. Je verrais une relative stabilité dans l’Hérault à une incertitude près. Dans le Gard, à voir à quel point la gauche peut être dispersée et s’il peut avoir des accords locaux entre la droite et des élus RN. Le corps électoral est très politisé avec une forte dimension de vote stratégique.

    Certains parlent de rapports
    de force entre le président du Département Kléber Mesquida,

    le maire de Montpellier, Michaël Delafosse et la présidente de
    la Région Carole Delga…

    J.A. : Les motivations peuvent être multiples mais dans le cas d’Aurélien Manenc (PRG et candidat dans l’Hérault) j’ai du mal à penser que cela n’a pas de lien. Kléber Mesquida [qui n’est plus au PS] a ses propres stratégies. Au-delà des guerres de personnes, il y a eu des précédents aux législatives avec des candidats soutenus [par Carole Delga] contre ceux de la Nupes.

  • Le RN lorgne sur le troisième siège sénatorial

    Le RN lorgne sur le troisième siège sénatorial

    Dans le Gard, les élections du 27 septembre se joueront au suffrage indirect, par quelque 1 900 grands électeurs issus des conseils municipaux. En 2020, la liste RN menée par Julien Sanchez avait recueilli un peu plus de 200 voix, sans vraiment inquiéter les partis historiques. La droite avait décroché deux sièges avec 672 voix, la gauche un seul avec 663. Une photographie politique que les municipales de mars ont fait voler en éclats.

    Car le département a changé de visage. Bagnols-sur-Cèze et Vauvert ont basculé sous bannière RN, rejoignant Beaucaire. L’ancien bastion socialiste de Saint-Hilaire-de-Brethmas a suivi le même chemin. À Nîmes, Sanchez a fait 37,52%. À Alès, le candidat du parti à la flamme a frôlé les 45%. Ces résultats se traduisent mécaniquement en grands électeurs supplémentaires : dans les quatre principales villes du Gard, l’extrême droite compte une cinquantaine d’élus de plus, entre majorités et oppositions.

    Le vote secret, terrain

    des bascules

    Mais c’est dans les coulisses des intercommunalités que l’inquiétude est la plus vive. Lors des scrutins à bulletin secret pour les présidences d’agglomération, l’extrême droite a systématiquement récolté davantage de voix que ses élus désignés. Autour de Vauvert, des maires sans étiquette ont voté pour le candidat RN à la tête de la communauté de communes. Le signal est limpide : à l’abri du regard, certains élus franchissent la ligne. Referont-ils de même en septembre ?

    Le troisième siège est donc bel et bien menacé. Pas forcément par une droite traditionnelle affaiblie, mais par une extrême droite qui transforme ses scores en réseaux d’élus et sait aimanter une partie des élus ruraux. D’autant que Julien Sanchez, qui n’a pas digéré sa défaite à Nîmes, a ouvertement fixé son cap : barrer la route à Laurent Burgoa, qu’il tient pour responsable de l’union des droites contre le RN au second tour des municipales. Face à cette poussée, la gauche n’a guère le luxe de la division.

  • [Grands électeurs] à Marseille, la gauche renforcée se voit puissance 4 à la chambre haute

    [Grands électeurs] à Marseille, la gauche renforcée se voit puissance 4 à la chambre haute

    Au fond de l’hémicycle Bargemon, les élus marseillais se pressent devant les listes affichées, suivant du doigt les noms inscrits. Le conseil municipal devait désigner, ce vendredi, les 1 070 délégués marseillais qui voteront, le 27 septembre prochain, aux sénatoriales avec les 111 conseillers municipaux de la ville, parmi les plus de 3 600 grands électeurs des Bouches-du-Rhône (notre édition du 26/05).

    Malgré les interrogations sur une possible division des voix de l’extrême droite entre les partisans de Stéphane Ravier et ceux de Franck Allisio (RN), « je constate, avant d’ouvrir le scrutin, que trois listes ont été déposées », annonçait le maire (DVG), Benoît Payan. Et si le Printemps marseillais, en catastrophe, fait corriger au feutre noir les dernières erreurs sur sa liste, aucune surprise ne vient bousculer le dépouillement. Aux 73 élus du Printemps marseillais s’ajoutent 704 délégués supplémentaires – à commencer par l’ensemble des élus d’arrondissement menés par la benjamine Ilyana Abideli –, tandis que les 34 membres du groupe d’extrême droite peuvent compter sur 328 voix de plus, et les quatre élus de la droite sur 38 délégués supplémentaires.

    Avec ces seules voix marseillaises, la gauche sécurise deux places au Sénat, sur les huit en jeu dans le département. « Nous pouvons en faire quatre dans une liste unie », assure l’adjoint (PS) à la sécurité, Arnaud Drouot, en amont de la séance. Les communistes ont déjà désigné le sénateur sortant Jérémy Bacchi pour conduire ce rassemblement des progressistes, à l’unanimité du conseil départemental, qui s’est tenu le 27 mai dernier.

    Ravier repart

    Tandis que Marie-Arlette Carlotti doit repartir en seconde position pour le PS, la commission nationale des investitures des Écologistes a pour sa part validé, jeudi soir, un scénario pour ses sénateurs sortants, redonnant l’investiture à Guy Benarroche. Celle-ci doit encore être validée, ce samedi, par un vote du conseil fédéral. « Cela ne devrait pas être un problème, mais j’attends respectueusement la fin du processus », confirme-t-il. Une désignation qui n’a pas été un long fleuve tranquille : la consultation des militants locaux a donné trois voix d’avance à l’adjoint des 2e-3e Thomas Laffare. « Le vote local n’était que consultatif », explique le sénateur sortant, qui pointe qu’une vingtaine de personnes n’ont pas pu participer au vote électronique, essentiellement pour des raisons techniques. Le scrutin désignait aussi l’ex-membre de la tutelle Samia Lakehal pour compléter la liste. Reste à savoir qui sera en quatrième position de l’union de la gauche. « La possibilité d’un quatrième siège dépend des autres listes et de la personne », souligne Guy Benarroche, qui anticipe un éparpillement de la droite. Quand les insoumis, sans réserves de voix, auront « bien sûr » une liste, indiquait avant le conseil Sébastien Delogu.

    L’extrême droite aussi sera bien divisée. Sur BFM Marseille, jeudi soir, le sénateur (ex-RN) Stéphane Ravier a confirmé qu’il mènerait bien sa propre liste. « Le devoir m’appelle », lâchait-il en ironisant sur les compliments adressés par le député RN Franck Allisio. De quoi grappiller des voix à droite, alors que les peines d’inéligibilité infligées en première instance pour prise illégale d’intérêt restent suspendues à ses appels.

    Retrouver en vidéo l’intégralité du conseil de Marseille réunit ce vendredi 5 juin pour une séance dédiée aux élections sénatoriales

  • À Bagnols, Pascale Bordes s’en prend aussi aux associations

    À Bagnols, Pascale Bordes s’en prend aussi aux associations

    Contrairement à son homologue de Vauvert, Pascale Bordes avance masquée à Bagnols-sur-Cèze. Déjà comme députée, l’avocate avait adopté la stratégie de dédiabolisation de son parti et évitait sagement toute polémique. Désormais à la tête de la troisième ville du Gard, elle tente de conserver cette image consensuelle. Lorsqu’elle a été écartée de toutes les vice-présidences de l’agglomération du Gard rhodanien, l’édile s’est simplement fendue d’un communiqué laconique, se limitant à répondre aux « nombreuses interrogations d’habitants du territoire ». Côté communication, tout est donc verrouillé. Ses adjoints sont peu présents sur le terrain et c’est bien le cabinet de la nouvelle maire qui gère toutes les demandes.

    « Elle avance masquée », confirme Elian Cellier, secrétaire de la section bagnolaise du PCF. « Pour l’instant, elle ne commet pas d’erreurs majeures. Les adjoints ont consigne de ne rien dire. Sur certaines manifestations, il n’y a même pas de représentant de la mairie. Depuis les élections, j’ai assisté à plusieurs vernissages par exemple et je ne sais toujours pas à quoi ressemble l’adjoint à la culture. »

    Face aux contraintes budgétaires, Pascale Bordes a lancé plusieurs audits notamment sur la question de la couverture de la piscine. Elle fustige aussi le coût de la passerelle piétonne au-dessus de la Cèze, grand sujet de débat durant la campagne municipale. « Ils se plaignent mais lorsqu’ils étaient dans l’opposition, ils ont voté pour ces projets. Aujourd’hui, Pascale Bordes se plaint de l’endettement de la ville mais elle n’est jamais venue en conseil municipal lorsqu’elle était dans l’opposition pour alerter sur ces sujets. Et en même temps, elle a accordé toutes les majorations réglementaires d’indemnités d’élus, même celles qui ne sont pas obligatoires. Cela va coûter 54 000 euros par an à la commune pour les neuf adjoints », fustige l’élu d’opposition Jérôme Jackel (Debout).

    Coupe dans

    les subventions

    Lors du dernier conseil municipal où a été voté le budget primitif, une coupe dans les subventions aux associations a bien été prévue mais la majorité a joué le flou, disant étudier au « cas par cas » l’attribution de ces subventions. Pour l’heure, les associations ne savent donc pas à quelle hauteur leurs subventions vont être amputées. « La municipalité a prévu une coupe de plusieurs centaines de milliers d’euros. Le budget pour les associations était de 953 000 euros en 2023 et il passe cette année à 465 000 », explique Jérôme Jackel. Autre économie décidée sur le dos des associations : le camion qui livrait habituellement le matériel municipal lors d’événements ne sera plus mis à disposition. Ce sont donc désormais à elles de s’organiser.

    La grogne et l’inquiétude commencent donc à se faire sentir dans les associations bagnolaises. Le foot et le handball seraient notamment visés par d’importantes coupes. Le club de foot avait en effet déjà été la cible de la candidate d’extrême droite en campagne qui jugeait que la somme allouée au regard des résultats était trop élevée. « Pour l’instant on est dans le flou, on ne se sait pas qui va être raboté en premier. Mais je pense que le foot va prendre un coup de rabot. J’ai bien peur qu’elle utilise la scission du club puisque Pont-Saint-Esprit veut remonter un club, pour justifier le coup de rabot de peut-être 50% », prévient Jérôme Jackel avant d’ajouter : « Le tissu associatif, c’est la force vive d’un territoire. Si une mairie n’est pas capable de venir en soutien de ses forces vives, que fait le territoire ? Il meurt. »

    Discrète, Pascale Bordes va devoir, dans les prochains mois, assumer ses choix. Car si elle coupe dans les subventions aux associations, elle devra ensuite justifier l’important investissement promis dans la sécurité avec notamment le recrutement de policiers municipaux (le coût d’un policier municipal est estimé entre 62 000 et 63 000 euros par an) pour qu’ils soient disponibles 7j/7 et 24h/24 et « armés comme une BAC ». Tout cela épaulé par « un centre de supervision moderne ». Pour l’heure, l’ancienne députée s’est contentée de lancer un audit sur la sécurité mais le coût de ses promesses de campagne interroge sur sa réelle capacité à les mettre en œuvre. « Pour une commune comme Bagnols, un tel audit coûte déjà entre 40 000 et 60 000 euros », s’agace Jérôme Jackel qui préférerait que l’argent soit utilisé autrement. « Nous, au quotidien, on ne voit aucune différence. Les dealers sont toujours là. La ville est toujours aussi sale. Les problèmes sont toujours les mêmes », résume Elian Cellier.

  • Face à une extrême droite bien installée, une opposition à rebâtir

    Face à une extrême droite bien installée, une opposition à rebâtir

    Le résultat des municipales au Pontet laisse très perplexe ceux qui avaient espoir de voir l’extrême droite trébucher. Sur le papier, les conditions étaient réunies : le maire (RN) sortant, Joris Hébrard, faisait face à une autre liste d’extrême droite menée par son ancien 1er adjoint Patrick Suisse, et une liste de large rassemblement républicain portée par Jean-Firmin Bardisa (DVD). Las, les habitants ont réélu leur maire pour un 3e mandat et ce dès le 1er tour (60,79%) reléguant les listes Bardisa (22,51%) et Suisse (16,7%).

    Malgré une configuration optimale pour une alternative, le RN s’est notabilisé dans la commune. Dans la foulée des municipales, Patrick Suisse et Jean-Firmin Bardisa ont annoncé leur démission. De quoi laisser l’opposition étêtée. Sans aller à parler de champ de ruines, Graziella Lovera reconnaît qu’il y a tout à reconstruire. « Pour l’instant, personne n’a pris le leadership », constate la conseillère municipale PCF, élue sur la liste Bardisa. Pontétienne depuis plus de 40 ans, elle ne s’était jamais encore impliquée politiquement dans une commune où la gauche n’a jamais pesé.

    Une « vision

    de boutiquier »

    « Les scores de l’extrême droite m’ont interpellée alors qu’il y a un côté ouvrier, avec de grosses entreprises à proximité et des camarades syndiqués qui y vivent », note celle qui a longtemps eu des fonctions aux unions locales d’Avignon et départementale de la CGT. À 66 ans, Graziella Lovera fait donc son entrée en politique dans un contexte hostile. « M. Hébrard m’a déjà bien identifiée », sourit-elle. Si son groupe d’opposition, Le Pontet c’est vous, est assez hétéroclite avec des élus de l’UDI, « on a intérêt à rester unis même si je compte bien faire entendre la voix de mon parti », assure cette ancienne infirmière de l’hôpital d’Avignon.

    Encore en phase exploratoire, Graziella Lovera est assez surprise de l’atonie des élus de la majorité. « Tout est confié à l’administration, ils se laissent mener, posent pas ou peu de questions », s’étonne-t-elle. Membre des commissions finances et action sociale, elle se familiarise avec les méandres budgétaires et continue de porter avec force le projet d’un centre de santé municipal qui était au programme de sa liste. « Le maire n’a aucune vision globale pour sa ville qu’il gère comme un boutiquier, il investit sur des ronds-points mais, par exemple, la ville a gagné 1 000 habitants et on ne sait rien de leurs profils et leurs besoins », déplore l’élue communiste. Pour tenter de toucher les habitants, un journal, Pour un printemps pontétien, a été lancé. Le premier numéro revient aussi sur les subventions à l’école privée ou les solutions pour rafraîchir les écoles en ces périodes caniculaires.

    EN BREF. Quand l’adjointe RN devient députée du Gard

    Visiblement au RN, on est moins regardant sur les frontières quand elles peuvent servir sa cause. Députée RN de la 3e circonscription du Gard (50 communes dont les 7 Gardoises du Grand Avignon), Pascale Bordes a été élue maire de Bagnols-sur-Cèze en mars. Elle a cédé sa place à l’Assemblée nationale à sa suppléante, Catherine Dellong-Meng. Installée aux Angles, elle s’est pourtant fait élire 2e adjointe au Pontet. Retraitée de la fonction publique – elle a notamment œuvré à la Ville du Pontet – la néo parlementaire reste toutefois conseillère municipale et communautaire du Grand Avignon. Si la loi n’interdit pas d’être élu sur deux départements, cela interroge. Surtout quand le RN, lors de la campagne, n’a cessé de faire un procès en illégitimité à son opposant Jean-Firmin Bardisa qui ne résidait pas au Pontet. La députée a pris comme collaborateur parlementaire un autre pontétien : Xavier Magnin, qui cumule ce poste avec celui de dircab de Joris Hébrard.

  • Agression raciste contre Bilel : une peine alourdie en appel

    Agression raciste contre Bilel : une peine alourdie en appel

    Il y a près de cinq ans, Bilel G. a été victime de violences de la part de membres de l’extrême droite. Attablé à la terrasse d’un bar rue de l’Annonciade, le jeune homme a été pris à partie par des militants de l’Action française, groupuscule d’extrême droite royaliste. Injures racistes, coups violents… Pour ces faits, Paul-Antoine Schmitt, seul auteur identifié du groupe d’agresseurs et alors responsable régional de l’Action française, avait été condamné en mars 2023 à un an de prison avec sursis et 3 000 euros d’amende pour violences volontaires en réunion.

    Cependant, il contestait fermement le caractère raciste des violences, qui constitue une circonstance aggravante. L’affaire a donc été réexaminée en appel, le lundi 4 mai. Ce mercredi, la cour d’appel a rendu son délibéré : Paul-Antoine Schmitt est condamné à 18 mois de prison, assortis d’un sursis probatoire de deux ans. La décision prévoit également l’obligation d’indemniser Bilel G. à hauteur de 1 200 euros, ainsi que de suivre un stage de citoyenneté.

    La peine, plus sévère qu’en première instance, va au-delà des réquisitions du ministère public, qui avait demandé la confirmation de la décision initiale lors de l’audience du 4 mai.

    Chemise et pantalon noirs, Bilel G., accompagné de ses parents et de deux amis pour ce délibéré, s’est dit, sans excès d’émotion, « satisfait. La justice a fait ce qu’elle avait à faire ». A côté de lui, sa mère, Khedidja G., se dit elle aussi « satisfaite du fait d’avoir une condamnation. En France, on voit bien que les violences à caractère raciste augmentent. On le voit avec l’agression de Bilel. En première instance, il avait pris 12 mois. L’appel a décidé de le condamner à 18 mois (avec sursis). Je trouve que c’est satisfaisant et ça encouragera peut être les victimes à porter plainte et avoir confiance en la justice. »

    « Des choses que l’on n’oublie pas »

    Pour Me Claudie Hubert, avocate de Bilel G., cette décision va dans le sens des attentes de la victime. « On attendait une condamnation, nous ne sommes pas dans la vengeance », assurait l’avocate. Elle pointe néanmoins l’absence de Paul-Antoine Schmitt à l’audience : « Ce qui confirme qu’il est toujours dans le déni des faits, c’est ça qui est inquiétant. La plus parfaite réparation, ça aurait été qu’il reconnaisse et qu’il s’aperçoive des conséquences de ses actes sur la vie des gens, estime l’avocate. Maintenant, il y a une décision de justice, un sursis, une mise à l’épreuve et une obligation d’indemniser Bilel. Mon seul espoir aurait été qu’il prenne conscience de la gravité des faits, les dommages et intérêts ne réparerons jamais intégralement le préjudice. Monsieur Bilel me disait : “ce sont des choses que l’on oublie pas”. »

    Bilel, qui témoignait dans La Marseillaise (notre édition du 29 avril dernier), avait également rapporté, en plus des coups, des propos tels que :« Vous êtes des sauvages », « on vous a apporté la civilisation », « barrez-vous, c’est chez nous ici  », ainsi que des allusions au terrorisme Des mots « qui ne laissaient aucun doute », avait estimé le jeune homme.

  • Après l’éviction de Valérie Guarino, Jean-Marc Perrin reprend la délégation au handicap au Département

    Après l’éviction de Valérie Guarino, Jean-Marc Perrin reprend la délégation au handicap au Département

    C’est le conseiller départemental aixois délégué au Bel Age Jean-Marc Perrin (DVD), président du bailleur social 13 Habitat depuis le mois de juillet 2025, qui récupère les délégations du handicap et devrait occuper la présidence de la Maison départementales des personnes handicapées (MDPH). Des responsabilités confiées par la présidente (DVD) du Département Martine Vassal face à « la nécessité pour la bonne marche des affaires départementales », à travers un arrêté pris ce mercredi matin suite à l’éviction de la vice-présidente Valérie Guarino, dont le ralliement à l’extrême droite a été annoncé lundi.

    Restera cependant à réunir un conseil d’administration pour changer la présidence de la MDPH, qu’elle occupe toujours. Quant aux délégations aux routes et à l’aménagement du territoire, retirées à Marie-Pierre Callet et Laure-Agnès Caradec en ce début de semaine, leur faisant perdre leurs indemnités d’élues, elles restent pour l’heure aux mains de la présidente de la collectivité.

  • À Béziers, Robert Ménard veut généraliser l’uniforme à l’école

    À Béziers, Robert Ménard veut généraliser l’uniforme à l’école

    Deux ans après la mise en place de l’uniforme scolaire dans certains établissements, quel bilan en tirer ? Les résultats sont plutôt mitigés, à en croire une enquête du ministère de l’Éducation nationale publiée le 12 mai. Si 75% des directeurs interrogés font état d’une progression du sentiment d’appartenance à l’école, ils ne sont plus que 36% à noter un effet bénéfique sur le climat scolaire. Pire, pas moins de 57% des écoliers interrogés déclarent ne pas aimer porter la tenue. Si le nombre de moqueries sur les vêtements semble avoir diminué, « l’influence [de l’uniforme] sur les apprentissages, le comportement, le sentiment de sécurité, la réussite scolaire et la motivation demeure, à ce stade, imperceptible ou essentiellement symbolique », fait valoir l’étude. Justifiée pour gommer les inégalités scolaires, l’uniforme semble bien loin de cet objectif initial.

    Les parents séduits ?

    Mais pas de quoi inquiéter l’édile d’extrême droite biterrois, Robert Ménard, qui a annoncé la généralisation de la tenue à la rentrée prochaine. Dans un courrier adressé aux directeurs d’école, le maire met en avant une mesure qui « va dans le bon sens pour encourager l’esprit d’appartenance à un groupe, affirmer les valeurs de laïcité et réduire les effets de mode », le port de l’uniforme étant associé à un « véritable outil pédagogique ». « Parler de laïcité alors que Robert Ménard est condamné par la justice chaque année pour atteinte à la laïcité en accueillant une crèche de la Nativité dans la mairie nous pose problème. D’autant qu’il n’y a pas d’atteinte à la laïcité à l’école, un enseignement est dispensé dans ce sens », abonde Rémi Combettes, représentant du personnel pour la FSU-SNUipp héraultaise. Les signes religieux ostensibles sont d’ailleurs interdits à l’école depuis plus de 20 ans.

    Si l’uniforme est rejeté par les élèves, leurs parents, eux, semblent l’accepter. « L’uniforme crée un sentiment d’appartenance commune, favorise la cohésion, on se réfère plus à l’identité de son école », fait valoir Véronique Gréard, présidente de la FCPE du Biterrois, estimant n’avoir que des « bons retours » sur l’uniforme mais qu’il « ne règle pas les problèmes de fond de l’Éducation ». C’est ce qu’il ressort également de l’étude, notant le « décalage récurrent entre les attentes portées par les adultes et le vécu plus nuancé des enfants ».

    Aussi, la mesure représente des frais pour les Biterrois. En 2024, le trousseau complet coûtait 200 euros. Si l’intégralité des élèves est équipée – près de 7 000 – le prix pourrait monter au maximum à 1,5 million d’euros. « Les écoles publiques sont délabrées, cet argent aurait pu être mieux investi », soupire Rémi Combettes. La mesure doit être soumise au vote des conseils d’école. En attendant, Ménard sourit, il est (encore) filmé.

  • La CGT organise « l’internationale ouvrière » contre l’extrême droite

    La CGT organise « l’internationale ouvrière » contre l’extrême droite

    De notre envoyé spécial Amaury Baqué

    À la tribune du 54e congrès de la CGT, pour cette deuxième journée de débats, on retrouve plus d’une douzaine de syndicalistes venus du monde entier : Amérique du Sud et du Nord, Asie, Afrique ou encore Europe. L’objectif est clair : « Nous construisons l’internationale du monde du travail face à l’internationale de la haine », comme le plaide Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT.

    Et que les syndicats s’enrichissent mutuellement de leurs expériences face au fascisme. Quand Maurizio Landini, pour le syndicat italien CGIL, juge que « toutes les dimensions de la mondialisation ont dégradé nos conditions de vies », son homologue espagnole, Christina Faciaben, pour la CCOO, abonde : « L’inégalité économique a été le terroir de l’extrême droite en Espagne. » Si le premier constate que « la concurrence entre les travailleurs se traduit par des divisions », la seconde note que l’extrême droite s’en nourrit et « polarise la société » pour mieux « défendre les élites ».

    De quoi faire écho à l’analyse de l’Amérique sous Trump par Nick Allen, pour l’organisation syndicale états-unienne SEUI : « Les digues sautent tous les jours : les milliardaires américains sont aux astres, l’état de droit perdure à peine. » Mais il n’est pas désabusé pour autant : « Un syndicat fort est la seule chose qui compte lorsque tout s’écroule. L’offensive, c’est garder le cap de la construction d’un syndicat capable d’imposer de la démocratie sociale. » Le cheminement est le même pour le militant brésilien Antonio Lisboa, de la CUT : « L’extrême droite est en recrudescence depuis 2008, cette crise structurelle du capitalisme. C’est la raison pour laquelle on a une alliance entre le monde financier et l’autoritarisme. Pour contrer le fascisme, il faut donc s’attaquer aux maux du capitalisme. »

    Une alliance mondiale

    Une chose est sûre, c’est que tous s’accordent pour un travail commun contre cette montée. « L’extrême droite est un défi mondial, il est essentiel de mettre l’accent sur les alliances des syndicats à l’international », réclame Christina Faciaben. Son homologue italien est d’ailleurs venu avec une série de propositions : « Le monde du travail doit réinventer une nouvelle vision à l’international. Le capitalisme a des approches radicales, nous devons l’être aussi. » Encore une fois, Nick Allen fait la synthèse : « L’antidote à ce poison est un programme de justice économique et sociale international. Ce congrès est un pas de plus dans la construction d’une internationale ouvrière. » Il s’appuie sans doute sur le constat réalisé par Magdalena Chojnowska, pour le syndicat polonais Opzz : « Un travailleur à Varsovie a plus de points communs avec un travailleur à Marseille qu’avec ceux qui cherchent à nous diviser. Il faut une coopération internationale plus forte. »

    Ce sont les représentants de deux pays du Sud qui résument l’envie partagée de ce meeting. « Les droites s’unissent par intérêt, ne nous divisons plus », tonne Roberto Baradel pour le syndicat argentin CTA-A, quand son camarade indien Gautham Modi, du NTUI, appelle à « construire une coalition syndicale à travers le monde ».

    La Palestine mise à l’honneur

    C’est toute la CGT qui a fait corps avec le peuple palestinien, ce mardi, à l’occasion de prises de paroles de Youssef Habache, du syndicat des journalistes palestiniens, et d’Hala Abou Hassira, ambassadrice de la Palestine en France. « Notre relation est historique, ancienne, ancrée dans la lutte du peuple palestinien pour ses droits. Nous avons des valeurs communes », a loué cette dernière.

    La délégation a été reçue avec la manière : applaudissements à tout rompre par l’ensemble des délégués debout.

  • [Exclusif] Les délégations des élues ralliées au RN au conseil départemental retirées

    [Exclusif] Les délégations des élues ralliées au RN au conseil départemental retirées

    La sanction n’a pas tardé pour les nouvelles alliées du RN. La présidente (DVD) du conseil départemental des Bouches-du-Rhône a retiré ce mardi les délégations de trois de ses vice-présidentes, Laure-Agnès Caradec, Marie-Pierre Callet et Valérie Guarino, deux semaines après leur ralliement à l’extrême droite. Une menace qui avait été agitée ce lundi pour le groupe de la majorité de droite Provence unie, si celles-ci ne démissionnaient pas de leur mandat (notre édition du 02/06).

    « L’exercice de fonctions exécutives au sein de notre collectivité suppose une adhésion claire à la majorité et à son action », affirmait le groupe majoritaire dans un communiqué, les accusant de faire « passer les ambitions personnelles avant l’intérêt général ».

    Désormais tête de liste du RN pour les sénatoriales, Marie-Pierre Callet avait déjà dit sa volonté de rendre sa délégation. L’arrêté pris ce lundi abrogeant ses fonctions mentionne ainsi ce souhait, exprimé par un courrier daté du 18 mai, le jour même de l’annonce de son ralliement. Mais ce geste n’était pas suivi par les deux autres élues, qui voient leurs délégations retirées sans plus de commentaire ce mardi, Valérie Guarino perdant aussi par la même occasion les délégations liées à sa présidence de la Maison départementale des personnes handicapés (MDPH).