Tag: extrême droite

  • Les gauches se retirent à Alès pour assurer un front républicain

    Les gauches se retirent à Alès pour assurer un front républicain

    La gauche réalise au profit de Christophe Rivenq ce qu’il a été incapable de faire en 2024. En plein entre-deux tours des élections législatives, quand le RN et l’UDR n’avaient pas encore remporté les six circonscriptions du Gard, le maire d’Alès affirmait en effet qu’il ne choisissait pas entre l’extrême droite et le Nouveau Front populaire. Deux ans plus tard, Socialistes, Écologistes, Communistes et Insoumis, tous qualifiés au second tour, ont décidé de se retirer et d’appeler à voter pour lui face à la menace de l’extrême droite…

    Pourtant, dimanche soir après le premier tour, la liste d’« Alès, c’est vous » de Paul Planque (PCF) recueillait 15,06 % et celle de Basile Imbert (PS) « Alès commun » atteignait le second tour avec 10,79 %. Les états-majors communistes et insoumis d’un côté et socialistes et écologistes de l’autre se sont alors retrouvés au Prolé pour négocier. L’alliance impossible avant le premier tour était désormais possible. Un accord tant programmatique que sur la liste était même trouvé.

    Sauf qu’après une nuit de réflexion, la rumeur d’une alliance entre Marc Infantès (DVD, 13,62 % au premier tour) et Anthony Bordarier (RN, 26,44%) s’est propagée dans la deuxième ville du Gard. La victoire de l’extrême droite devenait alors, non plus possible mais probable. Le maire sortant, Christophe Rivenq (LR, 32,61 %) était donc en grande difficulté. La décision du côté d’« Alès, c’est vous » a été d’attendre l’officialisation de cette alliance.

    Basile Imbert a de son côté convoqué une conférence de presse en début d’après-midi lundi 16 mars pour annoncer son désistement : « Il y a une certaine ironie à se dire que pour une fois qu’on est au second tour, on est obligé de ne pas en être. Car après avoir regardé les résultats, on peut constater que quelles que soient les conditions, le RN a une vraie chance de l’emporter à Alès. Moi, je suis né à Alès, j’ai grandi à Alès, je vis à Alès et je m’y refuse. Il faut donc prendre ses responsabilités. D’autant qu’à Alès, le candidat RN ne connaît rien. Il ne voulait pas être candidat. Quand on discute avec lui, on voit bien qu’il n’a pas la carrure d’être maire. Il a fait son programme le mercredi pour une élection le dimanche ». Le socialiste, allié aux écologistes, a eu des échanges avec Christophe Rivenq mais ne fusionnera pas avec l’édile de droite. Pour autant, il a immédiatement appelé à voter pour le maire sortant alors que la liste de Paul Planque était encore en lice : « Maintenant, nous allons tout faire pour que Christophe Rivenq soit le maire d’Alès », annonçait-il.

    Du côté d’« Alès, c’est vous », une réunion entre les partenaires Insoumis et Communistes s’est déroulée au Prolé lundi soir. Au même moment, Marc Infantès annonçait qu’il se retirait et ne donnait aucune consigne de vote. Mais même sans alliance, ce désistement pouvait également ouvrir la porte au RN tant le discours sécuritaire de Marc Infantès pendant toute la campagne s’approchait de celui du Rassemblement National. Dépitée par la gestion de Christophe Rivenq, une partie de l’électorat d’Infantès ira au RN même si l’ampleur du report est difficilement quantifiable.

    Face à cette décision, un vote s’est déroulé au Prolé. Paul Planque et ses colistiers ont donc pris la décision de se retirer à leur tour. « La décision a été douloureuse. Des larmes ont coulé. Mais aucune voix ne doit désormais aller au Rassemblement National. Il n’y aura pas d’élus de gauche au conseil municipal mais il y a plein d’autres moyens de lutter », a prévenu Paul Planque.

    Si cinq listes étaient qualifiées dimanche soir à Alès, il n’y en aura finalement que deux dimanche 22 mars pour le second tour : celle du RN d’Anthony Bordarier et celle de droite de Christophe Rivenq.

  • En Vaucluse, l’extrême droite confirme son implantation

    En Vaucluse, l’extrême droite confirme son implantation

    Dans le Vaucluse, l’extrême droite gère déjà 4 communes et en aura au moins tout autant dans une semaine à l’issue du second tour. Trois maires ont déjà été réélus au premier tour ce dimanche soir : ceux du Pontet, Morières et Camaret-sur-Aigues. À Orange, l’extrême droite restera aussi au pouvoir, cela se jouera entre Jacques Bompard (Ligue du sud) et Jean-Dominique Artaud (RN), tous deux étant largement devant face à trois autres candidats.

    Élu en 2014, Joris Hébrard est ainsi réélu encore au premier tour au Pontet avec 60,79% des voix. Il affrontait pourtant son ex-premier adjoint, Patrick Suisse (divers extrême droite), 3e avec 16,2% des voix. Intercalé, la liste de large rassemblement républicain du chef de file de l’opposition, Jean-Firmin Bardisa recueille 22,51%. Toujours dans le Grand Avignon à Morières, Grégoire Souque (RN) est réélu et obtient 66% face à Annick Dubois (PS), qui menait une liste d’union de la gauche. Autre premier magistrat RN réélu au 1er tour, Philippe de Beauregard qui rempile pour un 3e mandat à Camaret-sur-Aigues avec 73% des voix face à la liste DVG de Françoise Virlouvet. En 2020, il avait obtenu 70%. Enfin, à Orange, Jacques Bompard (Ligue du sud) a de bonnes chances de reprendre son fauteuil, laissé en 2021 à son fils Yann après avoir été rendu inéligible. À 83 ans, il brigue un 6e mandat et obtient 32,8% des voix, près de 5 points devant Jean-Dominique Artaud (RN, 28,15%). C’est moins que lors des précédents scrutins où Jacques Bompard était réélu au 1er tour ou presque… Derrière, l’éparpillement de candidatures divers centre ou DVG n’aura pas permis de stopper l’hégémonie de l’extrême droite.

    Mais si le RN et ses associés ont ou vont conserver leurs mairies, rien ne dit qu’ils pourront en conquérir d’autres. Monteux semble la cible la plus prenable. Alors que le sortant Christian Gros (DVG) ne se représentait pas et que 4 listes étaient en lice, Patrice de Camaret (RN) totalise 47%, très loin devant la seconde liste (DVC) à 21,62%. À Cavaillon aussi, la députée RN Bénédicte Auzanot est en mesure de faire vaciller Gérard Daudet (LR) qu’elle devance de 6 points (lire page suivante). Bédarrides pourrait aussi officiellement basculer RN, en tête de 3 points face à une liste DVD. À Carpentras, le député RN Hervé de Lépinau est devant de peu face aux deux listes de gauche.

  • À Martigues, Gaby Charroux tient bon dans la tempête

    À Martigues, Gaby Charroux tient bon dans la tempête

    Martigues la républicaine tient bon dans la tempête ! » lance le maire (PCF) et candidat à sa réélection, au moment de proclamer les résultats définitifs du 1er tour des élections municipales pour la ville de Martigues dimanche soir.

    Devant la foule réunie au sein de l’hôtel de Ville, l’édile a annoncé dans l’ordre les 3,04% récoltés par Anne-Marie Sudry (DVG) ancienne adjointe (GRS) de la majorité, 7,9 % pour Frédéric Grimaud (DVG), tête de liste insoumise du Collectif citoyen martégal, suivi de 25,3% pour Jean-Luc Di Maria (DVD), candidat LR et de 28% pour le député RN Emmanuel Fouquart. Enfin, Gaby Charroux annonce que la liste d’union de la gauche et citoyenne qu’il conduit récolte 35,71% des voix, pour une participation de 57,55%, qu’il considère comme « pas très fameuse ». Et rajoute : « Mais il y a sans doute des raisons et c’est à nous d’aller chercher ceux qui ont manqué » remarque-t-il. Des résultats définitifs sous réserve de modification ultérieure.

    Triangulaire en vue

    Le maire sortant a fait part de sa « satisfaction et du plaisir » qu’il retient de la campagne. « Nous avons travaillé dur et nous sommes très contents des résultats qui nous placent en tête. On nous annonçait une vague RN mais on résiste ! Nous sommes devant le RN », jubile le candidat devant une assistance soulagée, répondant par des applaudissements et clameurs.

    Mais la campagne n’est pas terminée, avec le second tour déjà en tête pour le candidat communiste. « Il est très probable qu’il ne restera que 3 listes, nous allons mener bataille contre le RN et la droite », annonce Gaby Charroux. S’agissant d’éventuelles discussions avec d’autres candidats, le maire indique que « nous restons sur nos objectifs », estimant qu’il est « un peu tôt à peine après avoir annoncé les résultats ». « Nous avons besoin de réfléchir », considère-t-il, la nuit portant conseil, en attendant de « voir ce que les autres vont faire ».

    C’est peut-être là l’enjeu du second tour : les abstentionnistes. « Nous sommes en tête dans beaucoup de quartiers populaires mais avec une forte abstention », relève le maire sortant, se disant que c’est « à nous de travailler ceux qui n’ont pas voté ».

    Forte abstention

    D’autre part, l’édile pense aux voix issues des deux autres listes de gauche. « À nous d’aller chercher leurs électeurs pour qu’ils nous accompagnent pour faire barrage au RN. À eux de dire ce qu’ils veulent : le pouvoir au RN ou défendre les idées de la gauche comme ils l’ont affirmé dans leur campagne », tranche Gaby Charroux.

    À quelques pas, Frédéric Grimaud commente les résultats : « On est parti de 0 on fait 8% et c’est bien, on est content, on aurait peut-être préféré 10% mais ce n’est pas ce qui est important » estime le chef de file du Collectif citoyen martégal. « Ce soir je vois la droite cumulée au-dessus de la gauche. On réunit une assemblée ce soir pour une analyse collective » et la rédaction d’un communiqué. En attendant, l’insoumis l’affirme : « Soit le maire appelle à un front républicain et peut-être qu’on répondra, soit on fera un communiqué de second tour ».

    De son côté, Anne-Marie Sudry (DVG) n’a pas souhaité réagir dimanche soir. De l’autre côté, à droite, Jean-Luc Di Maria n’a pas non plus fait de commentaire.

  • L’extrême droite à son plus haut niveau

    L’extrême droite à son plus haut niveau

    Face aux premiers résultats dans les villes du RN ce dimanche soir, ses militants serrent le poing, en signe de victoire. « Nous avons fait des scores indécents tant ils sont hauts dans les bureaux de vote qui nous sont favorables dans les 9e et 10e arrondissements », glisse-t-on dans l’entourage de Franck Allisio alors que le dépouillement a commencé. Pour autant, alors que les premières estimations de sortie des urnes le donnaient jusqu’à quelques points derrière le maire (DVG) sortant Benoît Payan, celui-ci a attendu 22h pour s’exprimer devant la presse, depuis la salle de la Palmeraie Borely et célébrer « un choix historique des électeurs marseillais », sous les applaudissements de ses colistiers.

    Jamais en effet, depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, l’extrême droite n’a obtenu un score aussi élevé à Marseille. Selon les différents instituts, il était crédité d’au moins 33% des voix exprimées, un niveau proche des estimations sondagières de ces derniers mois. Il obtiendrait ainsi quatorze points de plus que les 19,45% obtenus en 2020 par Stéphane Ravier, et dix points de plus que les 23,16% de 2014, de celui qui est désormais sénateur (ex-RN) des Bouches-du-Rhône. Il va même au-delà du score obtenu par Jordan Bardella lors des dernières européennes en 2024.

    Pas un mot sur Martine Vassal

    « Le souffle du changement et de l’histoire a soufflé comme jamais sur notre ville », se gargarise Franck Allisio. Et le député de Marignane de répéter : « Comme jamais. » « Durant cette campagne, vous avez déjà tourné la page de la gauche », avance-t-il déjà. Et d’assurer, à son pupitre : « Le résultat de ce soir est bien plus qu’un score électoral, c’est une promesse. La promesse que demain, Marseille devienne le nouvel exemple français, source d’inspiration pour toutes les villes qui souffrent de l’insécurité, de la pauvreté, de la salubrité. » Le parlementaire, qui veut instaurer un « pass anti-racailles » pour réserver certaines plages et parcs aux familles et seniors, le même qui promouvait avant le scrutin la « préférence nationale » dans le logement social va même jusqu’à promettre que face à ceux qui « ont laissé la division, le communautarisme et l’antisémitisme prospérer, nous rassemblerons les Marseillais, tous les Marseillais ». Avant d’envoyer le seul message politique de la soirée : « Nous en appelons à toutes les Marseillaises et tous les Marseillais : rejoignez-nous, unissons-nous pour battre la gauche et l’extrême droite. »

    En tout et pour tout, sa déclaration à la presse aura duré moins de cinq minutes. Sans répondre aux questions, sans expliciter davantage ses propos, il s’engouffre dans sa voiture et quitte les lieux. Sans un mot sur la candidate de la droite, Martine Vassal, dont il a raflé l’électorat et à laquelle il tendait la main il y a un mois. Sans un mot spécifique pour ses électeurs qu’il cherchait à rallier lors de la visite de Jordan Bardella une semaine plus tôt. « Dimanche prochain, je serai votre maire », assurait-il, comme pour se persuader.

    Car derrière le score historique obtenu par l’extrême droite à Marseille, il restait bien, selon les premières estimations, en deuxième position derrière le maire sortant, distancé de plusieurs points. Aussi autour de lui ses troupes ne se montraient pas exubérantes.

    Dans la salle de réception, c’est le sénateur Stéphane Ravier qui se plie avec plaisir à l’exercice du service après-vente. « La responsabilité aujourd’hui est dans les mains des électeurs de Martine Vassal », répète celui qui s’est effacé derrière Franck Allisio pour unir toutes les voix de l’extrême droite dès le premier tour, conservant la tête de liste des 13-14 pour sa nièce, Sandrine d’Angio. « C’est une victoire du candidat qui a su avant même l’élection rassembler autour de son nom, de son mouvement, explique-t-il. Il a même réussi à me convaincre ! » Pour lui, « Martine Vassal n’a aucune chance de remontada ». « Quand on a des adversaires comme ça, on n’a plus besoin de soutien, elle a fait une campagne catastrophique », se marre-t-il. Sur de possibles tractations comme celles qui avaient déjà entaché la droite républicaine lors du troisième tour en 2020, « c’est au candidat d’émettre en avis ». « Je ne sais pas s’il est vraiment opportun de repêcher des gens qui ont fait une liste avec des macronistes », estime-t-il cependant. Avant une semaine de campagne difficile, l’extrême droite sans position de force mais toujours en capacité de renverser l’histoire d’une ville pourtant ouverte sur le monde.

  • [Occitanie] Les députés, principaux ancrages locaux du RN

    [Occitanie] Les députés, principaux ancrages locaux du RN

    Si l’extrême droite a raflé toutes les circonscriptions du Gard en 2024 et une partie de la ruralité héraultaise, son ancrage au plus près de la population reste encore à prouver. Sans personnalités locales reconnues, le RN ou l’UDR sont en effet contraints de s’appuyer sur leurs députés pour tenter d’engranger des victoires pour ces élections municipales des 15 et 22 mars. Ce pari n’est en effet pas très risqué : avec le non-cumul des mandats, soit ils sont élus et seront alors remplacés à l’Assemblée nationale par leur suppléant (garantissant à leur parti le même nombre de députés), soit ils perdent et ils gardent leur poste de député. Tour d’horizon de ces députés en campagne.

    Pascale Bordes

    à Bagnols-sur-Cèze

    Les Bagnolais vont-ils élire une candidate qui a méprisé les questions locales pendant cinq ans ? Élue d’opposition depuis 2020, la députée de la 3e circonscription du Gard n’a en effet plus mis les pieds en conseil municipal depuis 2021. Pourtant, l’avocate Pascale Bordes a été facilement réélue députée en 2024 (46,65% au premier tour, 53,92% au second). Après avoir écarté les profils « problématiques » du RN à Bagnols, elle fait aujourd’hui figure de favorite dans la 3e ville du Gard. Et signe que le parti a misé sur elle, Marine Le Pen en personne est venue la soutenir vendredi 6 mars. Si elle est élue, c’est Catherine Dellong-Meng qui siégera à l’Assemblée.

    Nicolas Meizonnet

    à Vauvert

    Dans le parti lepéniste, la politique, c’est une affaire de famille. Après le père, Jean-Louis Meizonnet, battu en 2020 par Jean Denat (par 155 voix), c’est au tour du député Nicolas Meizonnet de défier l’édile socialiste de Vauvert. Adhérent du Front National depuis 2011, il devient député en 2020 lors de la démission de Gilbert Collard en partance pour le Parlement européen. Contre le mariage pour tous, félicitant Donald Trump lors de son élection, Nicolas Meizonnet a aussi dirigé le FN gardois en 2017. S’il est élu, c’est Caroline Devaux qui le remplacera à l’Assemblée nationale.

    Julien Sanchez à Nîmes

    Julien Sanchez a préparé son atterrissage à Nîmes. Maire de Beaucaire depuis 2014, l’adhérent du FN depuis 2000 qui garde Jean-Marie Le Pen pour « modèle » s’est fait élire en 2024
    au Parlement européen. Également en charge des investitures du parti pour ces élections municipales, il ne passe donc qu’un an à Strasbourg avant d’annoncer sa candidature dans la capitale du Gard… S’il est très peu présent sur le terrain, il a reçu le président du RN Jordan Bardella pour un meeting, le 3 mars.

    Alexandre Allegret-Pilot à Bessèges

    Le Haut-savoyard parachuté par Éric Ciotti dans les Cévennes, promettait des défaites à tous les maires de gauche (et notamment communistes) sur sa circonscription. Finalement, l’absence de relais locaux ne lui a pas permis de peser sur les listes dans sa circonscription à l’exception de Bessèges. La ville du nord du Gard était promise à son assistant parlementaire Nathan Casano sauf que celui-ci est inéligible (il n’a pas présenté ses comptes de campagne après sa candidature aux législatives de 2022). Tant pis, le député UDR s’est rangé en cinquième position de la liste menée par l’entrepreneur pro Zemmour, Hervé Fiselle (mais largement construite par Nathan Casano).

    Aurélien Lopez-Liguori à Agde

    Après l’affaire de la « voyante ventriloque » et l’emprisonnement du maire Gilles d’Ettore (LR), le RN a très vite compris qu’il avait une carte à jouer dans la cité balnéaire héraultaise. C’est donc au député de la circonscription, Aurélien Lopez-Liguori, que la tâche a été confiée (il a dû pour cela déménager de Sète à l’été 2025) ce qui a provoqué des départs dans les rangs des élus RN locaux. Il a lui aussi reçu Jordan Bardella début février. Agde est devenu un véritable enjeu pour le parti d’extrême droite qui considère l’agglomération comme la plus prenable de France. Aurélien Lopez-Liguori aurait aussi dans le viseur la présidence du Département de l’Hérault en 2028. En cas d’élection, il sera remplacé à l’Assemblée par Bernard Chaumeil qui figure sur la liste d’Yves Michel (DVD) à Marseillan.

    Julien Gabarron

    à Béziers

    Après Emmanuelle, Robert ? Vainqueur face à la députée sortante et femme de Robert, Emmanuelle Ménard, Julien Gabarron tente désormais de s’attaquer à l’édile de Béziers qui a reçu le soutien des Républicains à défaut d’avoir celui du RN. Élu en 2014 avec l’aide du Front national, Robert Ménard reste en tête des sondages et pourrait même être élu au premier tour. Julien Gabarron, patron du RN héraultais, ancien membre de l’UMP, a tout de même reçu le soutien de trois responsables locaux de LR et espère créer la surprise dans la 2e ville de l’Hérault.

    Manon Bouquin à Mèze

    Comme en 2020, l’ostréiculteur Joël Armentier, membre du parti d’extrême droite depuis 20 ans, se lance dans la campagne des municipales. Mais cette année, il pourra compter sur le soutien de la députée du coin Manon Bouquin qui figure à la deuxième place de sa liste. Battue en 2022, l’assistante parlementaire d’Aurélien Lopez-Liguori a en effet pris sa revanche en 2024. Candidate initialement à Paris, Manon Bouquin est une ancienne militante de la Cocarde étudiante, un syndicat étudiant d’extrême droite qui a participé à des actions violentes.

    France Jamet

    à Montpellier

    Cette historique du Front national, fille d’Alain Jamet qui a fondé le parti avec Jean-Marie Le Pen et encartée dans le parti d’extrême droite depuis 1974, est devenue députée européenne lorsque Louis Aliot a été élu à l’Assemblée nationale en 2017. Soutenue cette année par l‘UDR et « Identité et Liberté », elle s’était déjà présentée dans la capitale de l’Hérault en 2014 (13,8% au 1er tour, 9,1 au second). Malgré la présence du dissident Thierry Tsagalos, France Jamet est donnée entre 8 et 10% dans les sondages.

  • L’Appel de Vincent Bouget aux Nîmois…

    L’Appel de Vincent Bouget aux Nîmois…

    La Halle des sports n’a pas seulement fait le plein dimanche 8 mars. Elle a aussi donné à voir autre chose : la montée d’une colère populaire contre vingt-cinq ans de pouvoir verrouillé à droite à Nîmes. Plus de 1 200 personnes se sont rassemblées autour de Vincent Bouget et de la liste Nîmes en commun pour porter une ambition claire : arracher la ville à un système usé, clanique, incapable de répondre à l’urgence sociale, démocratique et écologique.

    Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Après un quart de siècle de règne de Jean-Paul Fournier et de ses héritiers, Nîmes paie le prix d’une gestion de notables : une ville fracturée, abandonnée par endroits, inégalitaire partout, où l’affichage et la communication ont trop souvent tenu lieu de projet collectif. Derrière les rivalités entre Franck Proust et Julien Plantier, c’est la même droite qui se déchire pour l’héritage d’un système à bout de souffle. Une droite qui a isolé les quartiers populaires, laissé prospérer les trafics, méprisé le tissu associatif et tourné le dos à trop d’habitants ; qui a privilégié l’entre-soi au destin de milliers de Nîmois.

    Dans cette campagne, le meeting du 8 mars a donc pris des allures de démonstration politique. Sur scène, Amal Couvreur, Pierre Jaumain, Julien Pacioni et Soukaïna Benjaafar ont martelé le même cap : défendre les droits des femmes, soutenir les quartiers populaires, retisser les solidarités, faire reculer les inégalités et tenir tête à l’extrême droite, qui prospère toujours sur les abandons de la puissance publique.

    En finir avec le clanisme

    En clôture, Vincent Bouget a assumé la charge contre le vieux logiciel de la droite nîmoise. Il a dénoncé une ville « abîmée », victime « du clanisme et de l’isolement » imposés par les équipes qui la dirigent depuis vingt-cinq ans. Il a opposé à cette logique de confiscation du pouvoir un projet bâti dans l’écoute des habitants, au fil de réunions, de porte-à-porte et d’échanges dans tous les quartiers. Son discours a dessiné une ligne nette : réunir une ville coupée en deux, investir dans la jeunesse, rendre enfin le pouvoir aux habitants. La gauche veut démontrer qu’il existe une alternative concrète à la fois au pourrissement libéral de la droite locale et au poison identitaire du RN.

    À une semaine du premier tour, ce meeting aura confirmé une chose : à Nîmes, l’alternance n’est plus une hypothèse lointaine. Elle devient une possibilité historique. Reste à transformer l’espoir en votes. Car face à une droite en décomposition et à une extrême droite qui guette la moindre faillite politique pour avancer ses pions, rien ne sera donné. Tout devra être arraché.

  • [Var] Saint-Cyr, Sanary, La Seyne, Ollioules, Six-Fours… la gauche pour porter les valeurs humanistes

    [Var] Saint-Cyr, Sanary, La Seyne, Ollioules, Six-Fours… la gauche pour porter les valeurs humanistes

    Jean-Pierre Meyer est pragmatique. Le candidat (PCF) de Renouveau pour Sanary sait qu’il lui sera difficile de l’emporter dans une commune acquise à la cause de la droite depuis 1971. Mais celui qui se considère comme « conseiller municipal de la minorité, pas de l’opposition », compte « défendre (son) programme, quel que soit le résultat des élections ». Mais aussi agir en responsabilité, et poursuivre, comme depuis 6 ans, « le dialogue respectueux, le refus du conflit permanent. Il y a le temps de l’élection, de la confrontation, puis celui du mandat, où il faut travailler pour la commune », milite-t-il.

    Car sa voix, en tant qu’unique conseiller municipal de gauche, aura compté. « Le bon sens l’a emporté », affirme-t-il, notamment à travers ses propositions liées à la nouvelle ligne de bus 83 entre la gare d’Ollioules/Sanary et Six-Fours. Et Renouveau pour Sanary espère davantage peser lors de la prochaine mandature, en envoyant un (ou des) candidat(s) supplémentaire(s) au conseil municipal, et en atteignant la barre des 15% pour obtenir un siège au conseil communautaire Sud-Sainte-Baume, « là où se prennent les décisions ».

    Mais il s’agira, aussi et surtout, dans nombre d’autres communes, de porter une voix humaniste et singulière au sein des conseils municipaux. Un ensemble de valeurs qui transparaît dans les programmes des candidats. Par exemple, sur la question du logement, priorité de Sylvie Vinceneux à Saint-Cyr-sur-Mer. Une évidence pour la responsable de la commission nationale logement du PCF, tête de liste de Saint-Cyr à Gauche, dans une ville qui compte 45% de résidences secondaires. La candidate veut offrir « un logement digne et accessible à tous », en écho à l’article 25 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Et même sans fauteuil de maire, elle se battra pour que la commune respecte les 25% de logements sociaux exigés par la loi SRU, et contre l’idée que ces derniers sont l’apanage de la délinquance, alors que plus de 70% des Varois y sont éligibles.

    Un combat primordial contre l’extrême droite

    À La Seyne, trois listes de gauche – qui avancent, malheureusement, chacune de leur côté – mènent le combat progressiste. Parmi elles, celle de Stéphane Sacco (GRS), qui mène la liste de rassemblement Uni.e.s à gauche pour La Seyne, et évidemment, le combat contre l’extrême droite, dont la menace pèse plus que jamais dans la deuxième ville du Var : « On parle d’ordre, mais on oublie la justice. On parle d’identité, mais on oublie la fraternité. On parle de protection, mais on se contente de désigner des boucs émissaires. Ceux qui divisent une ville ne la gouvernent pas, ils l’affaiblissent. Ceux qui attisent les peurs ne construisent pas l’avenir, ils le ferment. Nous ne laisserons pas notre ville devenir le laboratoire du repli », clame Stéphane Sacco.

    Même maux, même remède à Six-Fours, où Pascal Cabras et Six-Fours à Gauche veulent contrer « l’entente bilatérale entre droite extrême et extrême droite », dans une commune où 70% des votes au conseil municipal sont communs à la majorité LR et au RN. « Nous sommes la seule opposition, depuis 2020, qui lutte pour une ville juste solidaire et durable, avec une orientation écologiste et sociale » affirme Pascal Cabras.

    L’écologie, valeur cardinale d’Ollioules Autrement, liste de rassemblement menée par Claudie Cartereau (LE). « Face aux crises qui pèsent sur nos vies, nous choisissons de rompre avec la politique actuelle et d’agir autrement », martèle celle qui veut faire d’Ollioules « un territoire qui prend soin des personnes, du vivant et des ressources ». Énergie solaire, îlots de fraîcheur, et sobriété énergétique, autant d’idée qu’elle veillera à infuser dans le débat public. Tout en prônant, comme les autres listes progressistes, la démocratie participative.

  • [Vaucluse] L’extrême droite veut s’enraciner

    [Vaucluse] L’extrême droite veut s’enraciner

    Avec 4 députés vauclusiens RN sur 5 ou Jordan Bardella qui réalise 40% lors des dernières européennes, le Vaucluse a sa préférence nationale. Localement, l’implantation est plus complexe mais, municipales après municipales, des mairies sont glanées et jamais perdues, à l’exception notable de Bollène, gérée par Marie-Claude Bompard (Ligue du Sud) de 2008 à 2020 avant qu’Anthony Zilio, à la tête d’une liste allant du centre gauche à la droite, ne reprenne la mairie.

    Jusqu’à trois listes à Bollène

    et Carpentras

    Après Orange en 1995, Camaret et Le Pontet en 2014, puis Morières en 2020, l’extrême droite entend conquérir d’autres communes. Pour ce faire, 25 listes ont été déposées, contre 17 il y a six ans. Les principales villes (Avignon, Apt, Carpentras, Orange, Cavaillon, L’Isle-sur-la-Sorgue) sont pourvues, de même que plusieurs du Grand Avignon (Morières, Le Pontet, Entraigues, Vedène) mais aussi nouveauté, des communes plus petites comme Pernes-les-Fontaines, Le Thor ou Châteauneuf-de-Gadagne, qui compte 3 500 habitants. Avec, en toile de fond, la quête de grands électeurs pour peser au Sénat où l’extrême droite ne compte que 4 élus.

    Fait saillant, à Orange avec 2 listes, puis Bollène et Carpentras avec 3 candidats, l’extrême droite est divisée. On pourrait être tenté de se satisfaire de ses dissensions mais cela prouve surtout la notabilisation d’un parti qui il n’y a pas si longtemps peinait à monter des listes aux municipales faute de colistiers suffisants. Dont certains affichent toujours des profils racistes, à l’instar de Christian Richaud à Carpentras, désinvesti après la polémique sur ses tweets, mais toujours candidat. Ou frayant avec les royalistes et l’Action française comme à Avignon ou Morières. « Le RN est scruté par ce que j’appelle les proctologues de la presse d’opinion d’extrême gauche », réagit Hervé de Lépineau, interrogé par La Provence, sur ces profils. Dénigrer l’accusateur pour éviter de parler du fond, une stratégie en vogue au sein de l’extrême droite.

  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence, l’extrême droite en embuscade

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, l’extrême droite en embuscade

    Tête de liste ayant soutenu Éric Zemmour, colistière déléguée départementale de Reconquête, candidats RN… Si le parti à la flamme n’a investi que quelques têtes de listes dans le département, les soutiens et adhérents d’extrême droite sont très nombreux dans les listes. Le RN mise tout sur Oraison et Peyruis, où le parti a investi des candidats il y a déjà plusieurs mois. Mais un candidat RN-UDR de dernière minute est venu se rajouter à Manosque, ville la plus peuplée du département, au dernier jour de dépôt des candidatures. Sur sa liste, des sympathisants du parti d’extrême droite zemmouriste Reconquête et du mouvement Identité Libertés de Marion Maréchal. Un autre candidat RN n’a pas obtenu l’investiture du parti à Gréoux-les-Bains.

    À Corbières-en-Provence, le maire sortant, seul candidat à sa réélection, avait soutenu et parrainé Éric Zemmour pour la présidentielle en 2021. Il avait fait de même avec Marine Le Pen en 2017. Encore aujourd’hui, le candidat se vante d’être « le plus à droite » de son canton… déjà très à droite. À Barrême, la déléguée départementale de Reconquête est deuxième sur la liste de Jean Tripodi.

    Aucune liste de gauche

    à Digne

    Digne-les-Bains, traditionnellement ancrée à gauche, ne compte cette fois-ci aucune liste de gauche, mais quatre listes plus ou moins liées à la droite, dont une a des liens établis avec l’extrême droite, celle de Jean-Luc Brochier, qui réunit des colistiers RN et Reconquête. Une cinquième liste, menée par Julien Di Benedetto, mélange colistiers de droite et de gauche.

    À Barcelonnette, une liste citoyenne se présente face au maire sortant, ancien premier adjoint de Sophie Vaginay (UDR) qui avait pris sa suite à son élection en tant que députée. À Sisteron, le maire DVD Daniel Spagnou, au pouvoir depuis 1983, ne se représente pas. Une liste d’union de la gauche, Demain Sisteron, espère prendre sa suite. Les soutiens sont venus nombreux pour leur meeting le 6 mars. À Château-Arnoux-Saint-Auban et aux Mées, dernier bastion communiste du département, les maires sortants espèrent être réélus. Le candidat qui se présente face à René Villard a perdu le soutien du PS la semaine dernière en raison de la composition de sa liste. Il s’était affiché avec des personnalités proches de la droite et de l’extrême droite. Le candidat avait également revendiqué dans les colonnes de La Provence le soutien des sections locales de LR et du RN. Le Regain Manosquin (union de la gauche) et Forcalquier en commun (liste citoyenne de gauche) espèrent détrôner les maires sortants DVD de leurs communes.

  • La droite et l’extrême droite bousculées dans l’Est-Var

    La droite et l’extrême droite bousculées dans l’Est-Var

    À droite comme à l’extrême droite, il faut plus que quelques affaires judiciaires pour faire vaciller certains maires solidement arrimés. C’est notamment le cas de Frédéric Masquelier, maire (LR) de Saint-Raphaël depuis 2017, et président d’Estérel Côte d’Azur Agglomération depuis 2020. Celui-ci s’était fait tristement remarquer en août dernier en érigeant une stèle en hommage aux victimes du communisme dans sa commune, au mépris de l’histoire et du rôle majeur joué dans la Résistance par le « parti des 75 000 fusillés ». Une prise de position d’autant plus parlante que celui qui était encore secrétaire départemental LR il y a quelques mois de cela, n’a pas demandé l’investiture de son parti. De quoi y voir un rapprochement avec l’extrême droite ?

    En tout cas, un fait l’en rapproche symboliquement : la procédure judiciaire à son encontre révélée par Mediapart en janvier. Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Draguignan pour harcèlement au travail, avec le dépôt d’au moins une plainte de la part d’un agent municipal.

    Bien partis pour être réélus… avant que la justice ne s’en mêle ?

    La situation de David Rachline, maire (RN) de Fréjus, présente quelques similitudes. À la tête de la ville depuis 2014, il vise un troisième mandat, qui pourrait être rapidement écourté par la justice s’il parvenait à l’emporter le 15 ou le 22 mars. Soupçonné de prise illégale d’intérêts dans le cadre de sa nomination à la tête des deux sociétés d’économie mixte, Fréjus Aménagement et Gestion du port de Fréjus, il a été relaxé en janvier mais le parquet a fait appel. Il doit également être jugé en septembre pour favoritisme quant à l’attribution de marchés publics, ce qui avait valu une perquisition de la mairie en mars 2025. Deux affaires qui ont poussé le RN à lui retirer son investiture, alors qu’il en était l’une des figures de proue dans le Sud.

    Dans les urnes, en tout cas, les deux candidats, élus au premier tour en 2020, semblent bien partis pour un nouveau mandat. À Fréjus, David Rachline bénéficiera encore de la désunion des listes divers droite, tandis qu’à Saint-Raphaël, Frédéric Masquelier n’aura sur sa route que deux candidats qui se présentent pour la première fois (Écologiste, avec Emmanuelle Cocusse, et Divers Droite, avec Guillaume Jublot). Il n’y aurait alors que la justice qui puisse – hypothétiquement – mettre son grain de sel en cours de mandat.

    Et ce ne sont par ailleurs pas les seules villes briguées par l’extrême droite ou ce qui s’y apparente de plus en plus. Dans le département, 32 listes tenteront de prendre 28 communes, dont les cinq plus grandes (Toulon, La Seyne, Fréjus, Hyères, Draguignan). Avec l’objectif d’en obtenir plus que les deux (Cogolin et Fréjus) acquises en 2020.