Tag: extrême droite

  • Gard : une triangulaire à Pont-Saint-Esprit

    Gard : une triangulaire à Pont-Saint-Esprit

    À Pont-Saint-Esprit, le premier tour des municipales a livré un double message : la prime au sortant et le rejet net de l’extrême droite. Dimanche 15 mars, le maire Valère Segal (Réussir le Pont de demain) arrive largement en tête avec 41,16 % des suffrages. Derrière, la bataille est plus ouverte : Olivier Esquer (Pont en action) obtient 18,40%, suivi de Benjamin Desbrun (Rassembler pour agir, 16,45%) et Morad Hourfane (Le Pont que nous voulons, 13,22%). La participation atteint 56,58%, laissant encore une abstention lourde (43,42%) : un réservoir décisif pour le second tour.

    Dans l’entre-deux tours, le paysage s’est rapidement clarifié. Troisième, Desbrun a annoncé son retrait, appelant à « faire barrage au maire sortant », qu’il accuse d’enfumer les Spiripontains sur plusieurs dossiers, du futur collège aux projets autour de l’Hôtel-Dieu. Sa sortie de route révèle un scrutin polarisé : davantage qu’un débat de fond, cette campagne a été un affrontement de personnes et de récits.

    L’extrême droite humiliée

    La séquence la plus marquante reste l’échec cuisant d’Aurélie Delwarte. La candidate d’Identité Libertés, alliée au RN, termine dernière avec 10,77%. Un score qui actera son retrait du second tour, malgré sa qualification. Elle justifie ce désistement au nom de « l’intérêt de Pont-Saint-Esprit », tout en dressant un tableau anxiogène (insécurité, narcotrafic, fiscalité) et, sans le dire, en orientant ses électeurs vers la liste Esquer. Un revers politique pour une candidature déjà plombée par ses proximités idéologiques et ses controverses : à Pont-Saint-Esprit, la tentative de banalisation de l’extrême droite n’a pas pris.

    Résultat : une triangulaire dimanche 22 mars entre Segal, Esquer et Hourfane. Le maire sortant refuse toute fusion et joue la carte de la stabilité. Olivier Esquer appelle à la mobilisation, martelant que « 58% » des votants n’ont pas choisi Segal. Morad Hourfane, lui, persiste « sans ralliement », et tente de fédérer tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans la majorité sortante.

  • Rassembler Nîmes pour s’opposer au RN

    Rassembler Nîmes pour s’opposer au RN

    Mardi 18 mars, Nîmes a retenu son souffle. Sur l’Esplanade Charles de Gaulle, plus de 2 000 personnes ont répondu à l’appel de Vincent Bouget et de « Nîmes en Commun », ont fait masse, serrées dans l’émotion, portées par une même urgence : empêcher la ville de basculer. Les discours se sont enchaînés, les visages de la gauche locale -Françoise Laurent-Perrigot, Patrick Malavieille, Alain Clary- sont venus donner chair à ce moment, avant que, le lendemain matin, le soutien de Carole Delga ne vienne enfoncer le clou. À quatre jours du second tour, la gauche n’a pas seulement tenu meeting : elle a posé une scène, celle d’une ville qui se relève et refuse la résignation.

    Car l’addition est brutale : il a suffi de 163 voix pour que Nîmes se retrouve, au soir du 15 mars, au bord d’un précipice politique. Il aura fallu attendre les derniers bulletins pour mesurer l’ampleur du choc. Le premier tour des municipales a livré un verdict aussi serré que lourd de sens : 163 voix seulement séparent le candidat du Rassemblement national Julien Sanchez (30,39%) de Vincent Bouget (30,05%), à la tête de l’union de la gauche. Derrière, la droite municipale, fracturée et affaiblie, s’effondre : Franck Proust (LR-Horizons) plafonne à 19,55%, Julien Plantier (DVD) à 15,55%. Pascal Dupretz (LFI) est éliminé avec ses 4,46%. Une photographie brutale d’une ville à la croisée des chemins.

    Le soir même, au bar du Prolé, Vincent Bouget n’a pas joué les commentateurs : devant ses soutiens rassemblés en nombre, il a appelé à la bataille, à la mobilisation totale, en martelant que « pas une voix ne doit manquer ». Un appel adressé aux électeurs de gauche, évidemment, mais surtout à toutes celles et ceux qui refusent de livrer la ville à un projet de tri social et de discriminations.

    Le RN Julien Sanchez admirateur de Trump

    Le danger est d’autant plus grand qu’il avance masqué. Julien Sanchez, figure RN du Gard, a été parachuté par le parti en janvier pour tenter le « coup » dans la préfecture : présence minimale sur le terrain, campagne atone, et programme lacunaire. Beaucoup de slogans, peu de réponses concrètes aux urgences du quotidien. Cette stratégie est connue : nationaliser le scrutin, surfer sur les peurs, faire croire qu’un bulletin RN serait un « coup de balai », alors qu’il prépare surtout une mairie au service d’une idéologie d’exclusion.

    Le RN veut faire de Nîmes un trophée. Une ville vitrine. Une ville test. Et, dans cette dernière semaine, Sanchez tentera de siphonner l’électorat de droite en jouant la comédie du vote utile, tout en insultant au passage ceux qu’il courtise. Sa sortie au lendemain du scrutin sur « l’orchestre du Titanic qui empêche les électeurs de voir l’iceberg communiste » visant le tandem Proust-Plantier n’est pas une blague : c’est une stratégie froide, tuer la droite pour régner sur ses décombres. Quitte à assumer, au passage, une boussole politique très claire : l’homme qui veut diriger Nîmes a une nouvelle fois revendiqué son admiration pour Donald Trump, son « action », ses décisions à coups d’arrêtés, et lâche sans détour au micro de Midi Libre : « Si j’étais Américain, je voterais pour Donald Trump, c’est sûr ! » Sa présence a Washington lors de l’investiture de l’autocrate le confirme. Voilà leur modèle : la brutalité érigée en efficacité, le mépris en méthode, l’autoritarisme en promesse, la ségrégation et la guerre en prime.

    À droite, le prix des ego

    En même temps, il est difficile de ne pas commenter le spectacle politique offert par le duo de la droite sortante. Pendant des mois, Franck Proust et Julien Plantier, héritiers proclamés de Jean-Paul Fournier, ont joué les frères ennemis. Guerre d’ambitions, guerre de places, guerre de succession, avec, au final, une droite coupée en deux, incapable d’assumer un bilan de 25 ans autrement que par des postures et du lavage de linge sale en public. Résultat : l’électorat se disperse, la majorité sortante s’effondre, et le RN se faufile.

    Et voilà qu’au lendemain de la claque, la droite découvre soudain les vertus du rassemblement. Fusion express, tractations nocturnes, et une nouvelle liste : « Nîmes par-dessus tout ». Une union née non pas d’un projet clair, mais de la peur de perdre le pouvoir. Le manège a assez duré : quand on n’a pas réussi à se parler pendant des mois, on ne fabrique pas une dynamique en 48 heures à coups de calculs d’appareil.

    Nîmes n’est pas seulement une « dernière grande ville LR ». C’est une ville travaillée par les fractures sociales, par l’abandon de quartiers entiers, par la crise du logement, par la santé qui recule, par les services publics qui s’étiolent : une ville où l’on demande aux habitants de tenir bon pendant qu’en haut on s’organise la succession. Une ville marquée par une droite qui préfère gérer la commune comme un patrimoine et une vitrine, multiplier les opérations de communication et les grands projets, plutôt que réparer le quotidien, et qui, dans la bataille d’héritage, s’est surtout donnée en spectacle. Et c’est précisément là que prospère l’extrême droite : sur les colères réelles, qu’elle détourne vers les boucs émissaires, la stigmatisation, la division.

    La gauche rassemblée

    en dynamique

    Du côté des listes de gauche, le cadre légal est clair : pas de fusion possible entre la liste LFI, restée sous la barre des 5%, avec celle de la gauche unie « Nîmes en commun ». Mais la réalité politique l’est tout autant : chaque voix comptera, l’enjeu dépasse les logos, et Pascal Dupretz a officiellement appelé à battre « l’extrême droite et la droite extrême ». La semaine qui s’ouvre n’est pas celle des susceptibilités : c’est celle de la responsabilité. D’autant que la participation n’a été que de 51,05% : l’autre réservoir, immense, côté chiffres, c’est l’abstention. Dans plusieurs quartiers populaires, la gauche est nettement devant… mais sur une participation très basse. Exemple parlant : le bureau 405 (école Henri-Wallon) situé dans le quartier Saint-Césaire. La participation y est seulement de 22,05%. Bouget monte à 46,36%, Sanchez à 4,60%, et le score LFI est particulièrement élevé avec 11,88% : un électorat social et contestataire existe, mais il faut le faire sortir.

    À l’aube du premier tour, un sondage Ifop-Fiducial pour La Gazette testait plusieurs scénarios. Dans celui de la triangulaire qui attend les électeurs ce dimanche (Bouget-Proust-Sanchez), l’étude donnait Bouget à 41%, Proust à 31 % et Sanchez à 28%. Ces chiffres ne votent pas à la place des Nîmois. Mais ils disent une chose : la victoire est possible, à condition de construire un barrage populaire, pas un barrage de salon. Un barrage fait de porte-à-porte, de discussions, d’écoute, d’un discours clair : Nîmes n’a pas besoin de peur, elle a besoin de dignité. Vincent Bouget, en clôture de la réunion publique du 18 mars, a résumé l’enjeu : « Ce n’est pas le projet d’un clan, ce n’est pas un projet de division, c’est un projet pour tous les Nîmoises et les Nîmois, résolument tourné vers l’avenir. C’est cette nouvelle page que je vous propose d’ouvrir ensemble dès dimanche soir. » Dimanche 22 mars, Nîmes choisira.

  • [Tribune] Extrême droite aux portes de Carpentras : l’histoire n’est pas un détail

    [Tribune] Extrême droite aux portes de Carpentras : l’histoire n’est pas un détail

    « Justine, ô mon amour […] tes restes sont ici, lieu saint que je révère. » Par ces mots datés de 1861, mon aïeul, le Grand Rabbin d’Avignon Benjamin Mossé, rend hommage à son épouse. Ce poème est gravé sur sa tombe, dans le cimetière juif de Carpentras, dont quelques-uns seulement possèdent aujourd’hui la clé.

    L’histoire de la capitale du Comtat Venaissin est indissociable de celle des Juifs en Provence. Une présence plurimillénaire. Une vie organisée dans la « carrière », ce ghetto provençal longtemps lieu de contraintes mais aussi de culture et de transmission. Une synagogue, la plus ancienne de France encore en activité.

    Et puis, il y a l’indicible. En 1990, le cimetière juif de Carpentras fut le théâtre d’une profanation d’une ignominie macabre : 34 tombes éventrées, des corps exhumés, une violence méthodique et glaçante, dont furent jugés coupables des membres de groupes néonazis. Au-delà de l’abjection de cet acte antisémite, ce fut un moment politique charnière où l’affaire fut instrumentalisée, notamment par Jean-Marie Le Pen et par des journaux d’extrême droite, qui y virent l’acte de communistes, du KGB ou de mouvements islamistes palestiniens.

    C’est aussi de cette tragédie qu’est née la loi Gayssot, du nom du député communiste à son initiative, première loi mémorielle visant à réprimer tout acte raciste, antisémite ou xénophobe, longtemps critiquée pour son atteinte supposée à la liberté d’expression. Une résonance particulière à l’ère actuelle, marquée par le trumpisme et un chevauchement des idéologies libertariennes et néo-fascistes.

    Aujourd’hui, c’est dans cette même ville que le risque de l’extrême droite se précise : le député RN Hervé de Lépinau, arrivé en tête au premier tour, a fusionné avec deux autres listes d’extrême droite. Ancien du mouvement de Philippe de Villiers, adhérent au Front national depuis 2014, le catholique libéral-conservateur est, entre autres, un fervent opposant à l’IVG, allant jusqu’à comparer, sur Twitter en 2020, l’avortement à la Shoah.

    Que signifie alors confier les clés de Carpentras à ceux qui s’inscrivent dans l’héritage politique d’un courant qui a si souvent flirté avec le révisionnisme, l’antisémitisme et la haine des minorités ?

    Si les Juifs ne sont plus aujourd’hui la minorité ciblée par l’extrême droite vauclusienne et nationale, focalisée sur l’islam, il ne doit pas nous échapper que, lorsqu’ils parlent des « étrangers », c’est bien de nous qu’il s’agit. Racisme et antisémitisme reposent sur les mêmes mécanismes.

    Pour moi, Justine, née à Carpentras, dont les aïeux reposent dans ce cimetière israélite, il est inconcevable que la présence plurimillénaire des Juifs à Carpentras, les valeurs universalistes défendues à travers les siècles, et le traumatisme de la profanation de ce cimetière soient réduits à des « détails de l’histoire ».

    À la veille d’un choix décisif, rappelons-nous ce qui se joue derrière ce scrutin local : la responsabilité de ne jamais fermer ne serait-ce qu’un œil face au visage de la haine, y compris lorsqu’elle avance masquée.

  • L’ombre de l’extrême droite sur Six-Fours et Draguignan

    L’ombre de l’extrême droite sur Six-Fours et Draguignan

    Laure Lavalette n’est pas la seule députée RN à avoir bien avancé ses pions au premier tour des municipales dans le Var. Si Julie Lechanteux, députée de la 5e circonscription, ne semble pas en mesure de prendre Roquebrune-sur-Argens, Philippe Schreck (8e) et Frédéric Boccaletti (7e) sont en bonne position à Draguignan et à Six-Fours, 5e et 7e villes du département, où ils sont en tête après avoir été battus en 2020.

    Le premier, qui n’avait recueilli que 12% des suffrages il y a six ans face à Richard Strambio (DVD), réélu dès le premier tour, en a cette fois obtenu 44,7%, contre 40,03% pour le maire sortant. Le second, candidat à Six-Fours pour la quatrième fois, n’avait pas empêché Jean-Sébastien Vialatte (LR), maire depuis 1995, de rempiler pour un cinquième mandat, lui aussi au premier tour. Il le devance aujourd’hui de 66 voix (45,23% contre 44,86).

    Assistants sulfureux et peine de prison

    Deux candidats qui, comme nombre de frontistes, savent se faire remarquer. Philippe Schreck, notamment, en ce qui concerne ses assistants parlementaires : l’actuelle, Maylis de Cibon, est membre de la Cocarde étudiante et du groupe néofasciste Luminis, proche du GUD. Il avait été contraint par le secrétaire du RN à l’Assemblée nationale de virer le précédent, Raphaël Ayma, chef de file du groupe néofasciste Tenesoun, quand la presse a évoqué sa participation à des hommages à des figures fascistes.

    Quant à Philippe Boccaletti, proche de Jean-Marie Le Pen, admirateur de Charles Mauras, il a détenu une librairie négationniste à Toulon, de 1997 à 1998 et fut condamné, en 2000, à 1 an de prison dont 6 mois ferme pour « violence en réunion avec arme ». Notons tout de même que son adversaire, Jean-Sébastien Vialatte, a récemment conclu un partenariat entre la mairie et la maison d’édition Fayard de Vincent Bolloré, et avait été condamné pour « provocation à la haine raciale » en 2013, assimilant, dans le contexte de la célébration du titre de champion de France du PSG, des fauteurs de troubles à « des descendants d’esclaves ». Quoi qu’il en soit, dans les deux villes, les progressistes, éliminés au premier tour, sont claires : « Pas une seule voix pour l’extrême droite. »

  • [Tribune] Le monde du travail a tout à perdre avec l’extrême droite !

    [Tribune] Le monde du travail a tout à perdre avec l’extrême droite !

    Le premier tour des élections municipales l’a montré sans ambiguïté, l’extrême droite est aux portes de nombreuses mairies, y compris à Marseille et dans notre département. C’est un danger réel, immédiat, pour le monde du travail.

    Nous sommes syndicalistes, présents dans les entreprises, dans les services publics, sur le terrain. Ce que nous voyons chaque jour, c’est une colère sociale profonde et légitime : salaires insuffisants, services publics fragilisés, logements inaccessibles, conditions de travail qui se dégradent. Cette colère, nous la comprenons mais nous refusons qu’elle soit confisquée et détournée contre ceux qui la vivent.

    Car l’extrême droite n’apportera aucune réponse à ces réalités. Elle s’oppose à l’augmentation des salaires, à la justice fiscale, au renforcement des services publics. Son seul moteur, c’est la division, opposer les travailleurs entre eux, désigner des boucs émissaires, détourner la colère vers les plus fragiles plutôt que vers les véritables responsables. Pendant ce temps les droits reculent. C’est pourquoi nous combattons le racisme, l’antisémitisme et toutes les formes de discrimination. Notre syndicalisme se bat pour l’égalité réelle des droits, quand l’extrême droite promeut une société fondée sur les inégalités et les injustices sociales.

    Ce n’est pas une hypothèse. Partout où l’extrême droite exerce des responsabilités, les conséquences sont concrètes : subventions aux associations réduites, politiques sociales remises en cause, services publics locaux fragilisés, habitants dressés les uns contre les autres… Ce qui se décide dans les communes touche directement nos vies, qu’il s’agisse de l’accès aux soins, au logement ou à l’éducation. Laisser l’extrême droite s’en emparer, c’est accepter que ces choix soient utilisés contre nous !

    Nous appelons l’ensemble des citoyennes et des citoyens à se mobiliser massivement dans les urnes le 22 mars.

    Dimanche, notre responsabilité est claire, ne laisser aucune ville à l’extrême droite là où elle peut être battue

    Signataires

    Ryad AOUADI, Secrétaire général adjoint CGT Lyondellbasel Berre

    Stéphane BERTOLINO, Secrétaire général CGT Chantier naval de La Ciotat

    François CANU, Secrétaire général de l’UL CGT d’Aix-en-Provence/Secrétaire UD CGT

    Christophe CLARET, Secrétaire général CGT Dockers de Fos

    Serge COUTOURIS, Secrétaire général adjoint Fédération CGT Ports et docks

    Stella ESTAQUE, Secrétaire générale CGT La Poste

    Pascal GALÉOTÉ, Secrétaire général CGT GPMM/Secrétaire UD CGT 13

    Nicolas GUGLIELMACCI, Secrétaire général CGT CPMM

    Monia HADDAOUI, Co-secrétaire générale CGT Educ13

    Renaud HENRY, Secrétaire général
    CGT Energie

    Rémy HOURS, Secrétaire général CGT Cheminot

    Noël KOUICI, Secrétaire général CGT Réparation navale de Marseille

    Frédéric LARIVÉE, Secrétaire général CGT Finances publiques

    Ludovic LOMINI, Secrétaire général CGT Dockers de Marseille

    Sabrina MANCA, Secrétaire UD CGT

    Stéphane MARTINS DE ARAUJO, Secrétaire général CGT Arcelors

    Claude MAS, Secrétaire général CGT USR

    Marc PETROSINO, Secrétaire général UD CGT 13

    Jean-Michel ROCCASALVA, Secrétaire général CGT Centrale de Gardanne

    Marie RUGGIU, Co-secrétaire générale CGT Territoriaux de Marseille

    Messaoudi ZOHEIR, Secrétaire général UL CGT Quartier nord

  • Face au danger RN dans les Bouches-du-Rhône : les points chauds du département

    Face au danger RN dans les Bouches-du-Rhône : les points chauds du département

    Aubagne

    À Aubagne (54,95% de participation), l’extrême droite, Joëlle Mélin (RN) en tête du 1er tour (24,94%) suivie du maire sortant (LR) Gérard Gazay à 24,83% et de Jean-Pierre Squillari, le candidat de l’union de la gauche (23,34%). Plus loin Giovanni Schipani (DVC) a obtenu 16,06% des suffrages. Dans ce paysage aubagnais fragmenté, la fusion opérée entre ces deux dernières listes ouvre des perspectives à gauche. Reste à savoir où fileront les 791 voix de l’insoumise d’Elodie Malek. Pour s’accrocher à son strapontin, Gérard Gazay s’est lui allié à la liste (DVC) de Salem Mohammed (6,56%). Le RN a un très maigre réservoir de voix pour barrer la route à la gauche.

    Carry-le-Rouet

    À Carry où la participation (68,13%) a été forte, Valérie Guarino (DVD), ex-adjointe du maire sortant René-Francis Carpentier (DVD) et Jean-Christophe Trapy, conseiller municipal d’opposition (DVD) soutenu par le RN à travers le label « La Provence qu’on aime », ont fusionné leur liste. La vice-présidente du Département présidé par Martine Vassal (DVD) arrivée en seconde position (29,31%) intègre huit candidats de l’extrême droite (21,72%) au 1er tour. Arrivé en tête (40,56%), Jean-Christophe Trapy est menacé.

    Châteauneuf-

    les-Martigues

    Un seul point séparait le maire sortant (DVD) Roland Mouren (43,25%) et le candidat RN Alain Vaccalluzzo (42,23%) au 1er tour (57,82% de participation). La candidate de l’union de la gauche, Laurence Jouanaud, créditée de 14,52% a refusé de se retirer au second tour.

    Châteaurenard

    À Châteaurenard où quatre listes étaient qualifiées, le second tour propose une triangulaire après le retrait de Christophe Dijon (13,58%). À qui cela profitera-t-il ? Au maire sortant (DVC) élu au 1er tour en 2020, Marcel Martel (30,13%), au candidat de l’extrême droite Chantal Alex (29,65%) ou à la liste de droite de Vincent Lescot (16,15%) ?

    Fos-sur-Mer

    À Fos, la non-candidature du maire sortant (DVG) René Raimondi bouscule une ville habituée à une majorité stable. Soutenu par le RN, Philippe Maurizot (DVD) est arrivé en tête (34,71%), suivi de Rémi Esnault (DVG) à 30,70%, le candidat du maire sortant, et de Jean-Michel Leroy (DVG) à 26,49%. La division de la gauche, pourtant majoritaire, profitera-t-elle à la droite dure ? 8,10% des suffrages se sont portés sur une quatrième liste au centre… Où iront-ils ?

    Martigues

    À Martigues où la participation a été solide (57,59%), le maire communiste sortant, Gaby Charroux, n’a pas été élu dès le 1er tour comme en 2020 mais il est arrivé en tête avec 35,71% des suffrages. Et au second, la triangulaire s’annonce serrée avec le candidat de l’extrême droite Emmanuel Fouquart (RN) crédité de 28%, et celui de la droite, Jean-Luc Di Maria (LR) crédité de 25,34%, les négociations engagées entre ces deux listes dimanche n’ayant pas abouti… Les voix des listes de l’insoumis Frédéric Grimaud (7,90%) et de la dissidente Anne-Marie Sudry (3,04%) compteront.

    Rognac

    Dans cette commune où le sénateur (LR) Stéphane Le Rudulier a laissé un champ de ruine, la dynamique de l’extrême droite semble forte. Christophe Gonzalez (RN), élu fin 2024, a frôlé l’élection dès le 1er tour (49,28%) devançant les deux listes (DVD) de Willy Nicollet (28,75%) et Sébastien Garrel (21,97%). Mais la leçon de la municipale partielle semble avoir été retenue. Willy Nicollet s’est retiré.

    Tarascon

    Dans une ville où le maire sortant (DVD) Lucien Limousin ne brigue pas un nouveau mandat, le duel du second tour fait peur. 45 voix séparent les deux candidats en tête : Alexandre Ducouret (RN) pour l’extrême droite a décroché 45,56%, des suffrages devant Fabien Bouillard (DVD) à 44,66%. Valérie Laupies (Les patriotes) crédité de 9,78% a été éliminée. Un petit réservoir pour le RN dans une ville où la participation a atteint 59,49%.

    Vitrolles

    Le maire sortant Loïc Gachon (PS) est arrivé en tête (41,11%) au 1er tour (52,75% de participation) devant le candidat du RN, Fabien Bravi (36,54%), et Philip Farrugia (DVC) crédité de 22,35%. La triangulaire s’annonce serrée. à Vitrolles, l’extrême droite est de nouveau en embuscade et ça inquiète.

  • [Tribune] Juives et Juifs de Marseille contre le RN

    [Tribune] Juives et Juifs de Marseille contre le RN

    De la participation de Franck Allisio, candidat RN au dîner du CRIF local, candidat juif revendiqué sur la liste RN aux municipales, tracts RN à la caisse de certains commerces, etc. Depuis des années, le RN tente de séduire les électrices et électeurs juifs à Marseille. Le vote RN monte partout en France, dans toutes les tranches de la société. Nos communautés n’échappent pas à cette tendance : nous constatons une banalisation de la présence et du vote RN parmi elles.

    Avec près de 80 000 personnes, Marseille est la ville avec la deuxième communauté juive de France et la troisième d’Europe après Paris et Londres.

    Nous sommes trop longtemps restés silencieux et silencieuses face à ce mouvement d’extrême-droitisation qui paraît pourtant insensé tant les fondements du RN le renvoient à l’antisémitisme, au néofascisme et au négationnisme. Aujourd’hui encore lors des municipales : un membre d’une formation pétainiste sur les listes à Amiens, un membre de l’Action française à Dunkerque, des candidats qui font des « plaisanteries » humiliantes antisémites et racistes à Carpentras, Chambéry, Belfort… Le fond idéologique n’a pas changé, et ces candidats et candidates racistes le savent bien.

    S’il n’utilise plus la haine des Juifs et Juives comme point de campagne, ce n’est pas par changement de ligne directrice, mais par stratégie : ils se servent de nos communautés pour se blanchir. Le RN déteste la diversité et ne défend aucune minorité (religieuses, ethniques, de genre, sexuelles…). Sa stratégie de mise en concurrence des communautés lui a permis de désigner « les Musulmans », comme un groupe monolithique et antisémite, et de se positionner en défenseur des Juifs.

    Nous ne sommes pas dupes : islamophobie et antisémitisme sont les deux faces d’une même pièce. Un parti qui désigne une communauté à la meute comme responsable de tous les problèmes pourra ensuite en désigner une autre.

    De plus, nous ne votons pas seulement pour notre propre sécurité, mais pour la société dans son ensemble. La tradition juive porte des valeurs de justice qui, dans leur essence, sont incompatibles avec celles de l’extrême droite et de son racisme.

    Nos familles, en grande partie exilées d’Afrique du Nord, venues d’Europe de l’Est, ou provençales depuis toujours, ont trouvé refuge à Marseille, où nous pouvons pleinement embrasser nos identités et nos histoires. Nous sommes profondément choqués par ce rejet de la diversité, et par la confiance donnée à nos bourreaux historiques.

    La stratégie du RN est de semer la peur et la division, puis de se poser en seul protecteur possible. Ne nous laissons pas avoir : le RN ne sera jamais notre allié, ne nous protégera jamais. Refusons la division communautaire tant espérée par le RN pour fragmenter notre ville. Nous avons besoin de résister ensemble, de continuer à tisser des liens entre les communautés et à promouvoir la solidarité.

    Les signataires

    Mathilde Arock, avocate

    Hannah Amar, productrice

    Robin Assous, animateur de centre social dans les quartiers Nord

    Charlotte Ayache, enseignante

    Léna A., enseignement supérieur

    Eliaou Balouka, psychologue clinicien, chercheur

    Elisha Baskin, libraire

    Haim Bendao, rabbin

    Eve Benhamou, enseignante-chercheuse

    Esther Bensadon, productrice

    Hannah Bensoussan, psychologue et poétesse (Radical Mitzvah Marseille)

    Louise Berrebi, consultante

    Benjamin Bitane, directeur associatif

    Michèle Bitton, sociologue indépendante

    Alice Boccara, artiste

    Cecilia Breuil, travailleuse dans l’art

    Zohar Cherbit, chercheur

    Cléo Cohen, réalisatrice

    Charlotte Daled, chargée de projet

    Chloé Darmon, directrice RH

    Rémi Decoster, photographe – chef opérateur

    Daniel Disegni, mathématicien

    Maya Eyal, ingénieure pédagogique

    Agnès Freschel, journaliste

    Yael Greenberg, creative consultante

    Sarah Grin, juriste

    Lionel Guetta-Jeanrenaud, réalisateur

    Delphine Guyomar Ponsot, enseignante

    Marielle Hababou, chercheuse

    Marie-Hélène Hadjadj, orthophoniste

    Noémie Hadjedj, dessinatrice

    Alain Hayot, sociologue

    Sacha Hendrickx, président d’Ani Veata

    Jonathan Henzinski, réalisateur-vidéaste

    Odelia Kammoun, illustratrice

    Josiane Korobeinik, militante

    Jessica Laik, accompagnatrice d’initiatives sociales et solidaires

    Eloise Langer, entrepreneuse

    Dan Lascar, infirmier

    Elodie Lascar, dessinatrice

    Rebecca Levy, designer

    Philippe Levy, comédien

    Sarah M., travailleuse associatif

    Émilie Marchandin, artiste peintre

    Caroline Melloul, médecin biologiste

    Elina Melloul, consultante résilience/gestion de crise

    Jany Melloul – Goguillot, Orthophoniste

    Serge Melloul, psychiatre

    Yoram Melloul, journaliste

    Lauren Miller, formatrice

    Ed Mills-Affif, réalisateur et enseignant

    Mia Oustry, cinéaste

    Lauranne Esther Pestre, professeure de piano

    David Pierret, producteur

    Salomé Riviere, danseuse et chanteuse

    Laura Sahin, journaliste réalisatrice co-responsable des Guerrières de la Paix Section Sud

    Evelyne Sitruk Warschawski, responsable d’association

    Anaëlle Smadja, étudiante

    David Stoleru, directeur associatif

    Carole Tauflichen Mills, éditrice

    Clara Teper, réalisatrice

    Hannah Thuriere, cheffe (Radical Mitzvah Marseille)

    Samuel V, médiateur

    Justine Van Minden, Juive « du Pape »

    Véronique Ventola, médecin

    Saskia Waledisch, scénariste-réalisatrice

    Lévanah Zeidenberg, étudiante

    Yael Zerbib, chargée de projet

  • Le RN menace encore de s’emparer de Marseille

    Le RN menace encore de s’emparer de Marseille

    Ce dimanche soir à la Palmeraie Borély, une demi-heure après la publication des premiers résultats du premier tour des municipales à Marseille, le candidat du RN Franck Allisio se gargarisait déjà : « Dimanche prochain, je serai votre maire. »

    Improbable encore à l’automne, cette possibilité s’est renforcée au fil de la campagne. Tandis que le RN affichait un visage policé, la droite marseillaise se perdait entre gages à l’électorat d’extrême droite et coups de barre au centre. Jusqu’au croisement des courbes sondagières dès le début du mois de novembre, puis le décrochage final.

    Pas en pole position

    À l’issue du premier tour, le candidat RN a ainsi quelque 99 137 voix, soit 35,02% des suffrages exprimés, seulement 4 746 bulletins de moins que le maire (DVG) Benoît Payan (36,67%). « Nous avons aujourd’hui fait un choix historique », se vantait donc dimanche soir Franck Allisio, qui a réalisé le meilleur résultat de l’extrême droite dans un scrutin municipal à Marseille. Il réalise notamment une percée dans les quartiers Sud et Est de Marseille, en particulier dans les quartiers les plus aisés (jusqu’à 43,8 points de plus qu’en 2020 pour le bureau de vote de l’école des plages du Prado). De quoi remplacer la droite dans ses bastions traditionnels. Il n’y a guère que dans les quartiers populaires du 14e arrondissement que l’ex-maire FN du secteur, Sandrine D’Angio, fait moins bien que son oncle Stéphane Ravier en 2020.

    S’il n’arrive pas à se placer en pole position pour le second tour, la marche pour que le RN prenne le dessus dans une ville où il a fait couler le sang apparaît dangereusement fine. D’autant plus face à la menace de deux gauches « irréconciliables » et la perspective d’une quadrangulaire plus que hasardeuse.

    Quelle abstention ?

    Le retrait annoncé mardi matin du candidat LFI Sébastien Delogu, « responsable pour un million » comme il le présentait, desserre un peu l’étau. Avec ce désistement, le parlementaire qui avait rassemblé 11,94% des suffrages libère une réserve de 33 000 voix à gauche, sous la pression imposée par le camp de Benoît Payan. Qui a beaucoup moins poussé la candidate de la droite au désistement républicain. Car le second tour est loin d’être une simple question d’additions, et les états-majors ont bien en tête les notices des sondages. L’enquête d’opinion réalisée par Elabe entre les 9 et 16 février estimait ainsi qu’environ 20% des électeurs de Sébastien Delogu pourraient s’abstenir s’il n’était pas présent au second tour, d’autant plus face au rejet partagé dans la manifestation lundi soir qui réclamait la fusion des deux listes de gauche à Marseille. Mais surtout, en cas de duel au second tour, 42% des électeurs de Martine Vassal se tourneraient vers l’extrême droite, et 25% vers le maire sortant, le reste s’abstenant.

    De quoi comprendre la vive réaction du candidat du RN face à une triangulaire qui apparaissait comme le scénario le plus sûr pour éviter sa victoire. Ce mardi, Franck Allisio s’est empressé de dénoncer « les accords de la honte », avant d’appeler lors d’une conférence de presse mercredi, devant des médias sélectionnés, à une « union sacrée » avec la « droite humaniste qui ne nous a pas encore rejoints ».

    Reste à savoir ce que peuvent valoir les prédictions d’un sondeur un mois plus tard, avec l’inconnue de la participation au second tour, de la solidité du socle électoral restant à droite, de l’élan pris surtout par le RN en une semaine, après avoir réalisé un score historique. Et de la solidité d’un front républicain sans cesse convoqué. « Le danger du RN n’est absolument pas écarté », insiste encore ce vendredi dans nos colonnes le maire (DVG) sortant Benoît Payan. Et le résultat risque de n’être certain qu’une fois les derniers bulletins dépouillés, et les potentiels recours épuisés.

    Ces secteurs où le RN est en tête

    Dans les 9e-10e

    Après avoir remporté lors des législatives de 2024 la circonscription, l’extrême droite est arrivée largement en tête du premier tour, avec l’élue régionale (RN) Éléonore Bez (44,9% des voix) qui possède une avance de plus de 7 200 voix sur le candidat du Printemps marseillais, Pierre Huguet (28,77%). La marche peut paraître haute face à celle qui a déjà été candidate plusieurs fois sur le secteur. À droite, la présidente des LR 13 Laure-Agnès Caradec (16,5% au premier tour) s’est maintenue. À gauche, il n’y a qu’une réserve de 3 600 voix avec les 8,1% réalisés par la candidate LFI Myriam Meghraoui. Reste que le soutien de l’ex-maire (Ren.) de secteur Lionel Royer-Perreaut, fortement implanté, peut jouer. De même que la participation.

    Dans les 11e-12e

    À l’Est, le premier secrétaire du Parti socialiste dans les Bouches-du-Rhône Yannick Ohanessian (26,7% des voix au premier tour) a un retard de 8 000 voix à rattraper sur le nouveau délégué du RN pour la ville de Marseille, Olivier Rioult (43,8%). Un retard considérable à rattraper dans le fief de la très droitière sénatrice LR Valérie Boyer, à cheval sur deux circonscriptions législatives remportées par l’extrême droite en 2024. Arrivée en tête en 2020 avant de remporter la mairie de secteur, la droite menée par Sylvain Souvestre ne finit qu’en troisième position, avec 23,5% des voix, et se maintient pour le second tour quand les insoumis y ont réalisé leur plus faible score. Les nombreux élus ralliés au RN avaient senti le vent tourner.

    Dans les 13e-14e

    Le secteur est le seul de Marseille à avoir été dirigé par le FN, de 2014 à 2020, avec à la clé la fermeture de services publics et affaires en justice. Dans le fief de son oncle Stéphane Ravier (ex-RN), l’ex-maire Sandrine D’Angio reste en tête, avec 39,8% des voix, quelque 5 300 voix derrière la candidate (DVG) du Printemps marseillais Tina Biard-Sansonetti (26,42%) qui a labouré le terrain ces dernières années. Des voix que peut apporter le retrait du militant insoumis Mohammed Bensaada (13,1%) comme le score de Nora Preziosi (5,6%). La maire sortant (DVD) Marion Bareille, arrivée en 4e position (12,1%) ne l’avait emporté en 2020 que grâce au retrait du candidat PCF Jérémy Bacchi. Elle n’a pas rendu la pareille.

    Royer-Perreaut soutient Huguet dans les 9-10

    L’ancien maire et député (Ren.) des 9-10 Lionel Royer-Perreaut a annoncé, ce jeudi qu’il voterait « à titre personnel » pour le candidat du Printemps marseillais dans le secteur, Pierre Huguet (G.s) pour le second tour des municipales. Alors que la candidate du RN, Éléonore Bez, a obtenu au premier tour 44,9% des voix, loin devant l’union de la gauche (28,8%) et la droite (16,5%), « je ne voterai ni pour les extrêmes, ni pour les battues d’avance », détaille-t-il, face à « un choix important que je sais crucial pour le secteur ». « Point de soutien à un parti, mais à un homme compétent, travailleur, affable, dont j’estime qu’il a les qualités requises pour défendre les dossiers très techniques de mobilité, de développement urbain », précise l’ancien député.

  • La ville de Vauvert tombe dans les griffes du RN

    La ville de Vauvert tombe dans les griffes du RN

    Il y a 6 ans, il avait déjà sué à grosses gouttes pour conserver son fauteuil de maire pour 155 voix. Dimanche 15 mars, Jean Denat n’a rien pu faire pour éviter la catastrophe. Avec 956 bulletins de retard, le socialiste (42,5%), battu en duel par le député RN Nicolas Meizonnet (57,5%), a perdu Vauvert, son bastion depuis 12 ans.

    Après Beaucaire en 2014, avant peut-être Bagnols-sur-Cèze ce dimanche 22 mars, Vauvert devient la seconde ville gardoise à se jeter dans les bras de l’extrême droite. Au grand dam de Jean Denat, qui dit ne rien regretter. « Je suis triste et déçu, c’est la démocratie. Je souhaite bonne chance aux Vauverdois car la magie s’arrêtera vite », lâchait le maire déchu au soir du 1er tour.

    Meizonnet, sa bête noire

    Pour ce retraité de l’éducation nationale qui fut conseiller général puis départemental du canton de Vauvert de 1998 à 2015, le coup est rude. À 71 ans, se profile peut-être la fin d’une carrière politique. Laquelle avait déjà subi un coup d’arrêt en mars 2015. Alors président du Département du Gard depuis 6 mois, Jean Denat avait été battu dans son fief à la surprise générale par… Nicolas Meizonnet, sa bête noire !

    Dimanche 15 mars 2026, c’est le même homme qui a réussi à déboulonner l’édile socialiste de sa ville. Élu député de la 2e circonscription du Gard en 2020 à la suite de la démission de Gilbert Collard, dont il était suppléant, Nicolas Meizonnet, réélu en 2022 puis aux législatives anticipées de 2024, a réussi à Vauvert là où son père, Jean-Louis Meizonnet, avait échoué.

    Dimanche 15 mars, celui qui avait adhéré au FN en 2011, est arrivé en tête dans 9 des 10 bureaux de vote de cette terre de bouvine. N. Meizonnet a promis d’être « un maire de proximité, celui de tous les Vauverdois ». Vu la politique antisociale pratiquée par le RN dans le laboratoire voisin de Beaucaire, il est permis d’en douter.

  • Lionel Royer-Perreaut apporte son soutien à Pierre Huguet dans les 9-10 à Marseille

    Lionel Royer-Perreaut apporte son soutien à Pierre Huguet dans les 9-10 à Marseille

    Si au mois de janvier il dénonçait le «vide abyssal» de la campagne des municipale dans les 9e et 10e arrondissements, l’ancien maire et député (Ren.) du secteur, Lionel Royer-Perreaut, a annoncé, ce jeudi après-midi, à travers une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, qu’il voterait «à titre personnel» pour le candidat du Printemps marseillais pour le scrutin d’arrondissements, Pierre Huguet (G.s).

    Alors que la candidate du RN, Eléonore Bez, avait obtenu 44,9% des voix, loin devant l’union de la gauche (28,8%) et la droite (16,5%), «je ne voterai ni pour les extrêmes, ni pour les battues d’avance», détaille-t-il, face à «un choix important que je sais crucial pour le secteur». «Point de soutien à un parti, mais à un homme compétent, travailleur, affable, dont j’estime qu’il a les qualités requises pour défendre les dossiers très techniques de mobilité, de développement urbain», précise encore l’ancien député qui, s’il reconnaît que «ce choix surprendra», s’était déjà retiré aux second tour des législatives en 2024 pour faire barrage à l’extrême droite.

    «Chaque voix comptera»

    «Quand l’essentiel est menacé, quand nos valeurs républicaines sont mises à l’épreuve, il faut savoir dépasser les étiquettes pour défendre ce qui nous unit et protéger l’avenir de nos enfants», le remercie le candidat du Printemps marseillais, qui avait déjà rallié sur sa liste une ancienne adjointe de Lionel Royer-Perreaut, Sophia Mabrouk.

    Après avoir dénoncé, ce mercredi, le maintien au second tour de la présidente des LR 13, Laure-Agnès Caradec, malgré la menace du RN, Pierre Huguet appelle désormais «au rassemblement de celles et ceux qui refusent la division et qui veulent défendre ce vivre ensemble auquel nous sommes si attachés». Et de rappeler que «dimanche, chaque voix comptera».