Tag: exposition

  • Une marque pour célébrer neuf jours de Pescalune à Lunel

    Une marque pour célébrer neuf jours de Pescalune à Lunel

    Après l’opération Métamorph’Ose pour rénover le centre-ville, voici « Lunel j’adore ». Vendredi 10 juillet, la municipalité va lancer cette nouvelle marque destinée à « conforter l’identité et l‘ambition de Lunel », autant pour les locaux que pour les touristes.

    « On souhaite renforcer le sentiment d’appartenance aux traditions et à l’ADN de Lunel. Ce n’est pas un slogan mais plutôt une signature, une invitation à regarder la ville autrement », explique la maire Paulette Gougeon (DVD), réélue en mars.

    Baptisée « Lunel j’adore », la marque sera dévoilée vendredi 10 juillet sur la terrasse des arènes de Lunel, lors d’une soirée inaugurale de la Pescalune, 9 jours de fêtes prévus du 11 au 19 juillet. Un premier moment convivial et de partage au cours duquel un artiste local viendra interpréter la chanson Louxor, j’adore de Philippe Katerine, rebaptisée pour l’occasion « Lunel j’adore ». « On va remettre le son ! », promet Paulette Gougeon.

    Auparavant, les festaïres auront été invités à découvrir la galerie à ciel ouvert concoctée par l’artiste Stéphane Paris. De la gare aux arènes en passant par l’avenue de la mairie, les rues du centre-ville et le cours Gabriel-Péri, il s’agit d’une exposition de 20 œuvres spécialement conçues pour Lunel.

    9 jours de fêtes

    Des œuvres disponibles en affiches qui seront cédées lors d’une vente aux enchères. « Les bénéfices seront reversés à des associations qui œuvrent pour la santé », précise la maire. À l’office de tourisme et au marché, des goodies, verres et tee-shirts (…) estampillés de la marque « Lunel j’adore » seront disponibles à l’achat pour le public.

    Passée cette soirée inaugurale, on entrera pleinement dans la Pescalune*. Neuf jours durant, de grands rendez-vous de la bouvine (courses camarguaises, bandidos, lâchers de taureaux…) mais aussi deux corridas samedi 18 et dimanche 19 juillet avec notamment le Biterrois Sébastien Castella en tête d’affiche. Côté festivités, concerts, bodegas et défilés rythmeront la semaine. En revanche, en raison du risque incendie, le feu d’artifice du 14 juillet n’aura pas lieu.

    * Programme complet sur www.lunel.com

  • À L’Estaque, une exposition pour ne pas oublier l’incendie du 8 juillet

    À L’Estaque, une exposition pour ne pas oublier l’incendie du 8 juillet

    Un petit tableau noir, peint à partir des cendres de l’incendie du 8 juillet, fait partie des œuvres exposées à la Villa Mistral dans le cadre du projet de l’École du feu. Il a été peint par Ludivine, cofondatrice de la Déviation – un collectif d’artistes de l’Estaque -, dont les habitations ont été détruites. « D’habitude elle fait des tableaux plus lumineux, mais là c’était dur », souffle Marielle A., employée au Bureau du Guide.

    Agir pour se protéger

    L’École du feu a été montée par le Bureau du Guide suite à un appel à projets de la Fondation de France. Elle a mis en place une exposition, coorganisée avec le collectif de l’incendie du 8 juillet et la coopérative de l’Hôtel du Nord, pour restituer ce qu’ils ont appris sur le feu. « J’ai appris que les pins sont des torches inflammables », raconte Agnès de la Colline, surnom donné par les habitants.

    Des « pyros-balades » ont été organisées pour mieux comprendre le territoire, ainsi que des rencontres avec des professionnels du feu. « On a perdu la culture de nos anciens sur le feu », admet Agnès de la colline. Agnès L, ajoute : « Avec l’École du feu, on transmet de nouveau de la connaissance, et on peut agir ».

    L’exposition explore, également, des pistes pour protéger les habitants des feux : « Il faut ramener de la biodiversité pour éviter que les pins et les cyprès se répandent car ils favorisent le feu. On a eu le projet d’une pépinière, aujourd’hui elle réunit 80 arbres », conclut Agnès L.

    L’exposition gratuite se tiendra jusqu’au samedi 11 juillet à la Villa Mistral.

  • Premières fois, premières photos

    Premières fois, premières photos

    Qui de l’œuf ou de la poule est apparu le premier ? Ce questionnement qui a traversé les siècles a inspiré Luce Lebart dans la construction de sa première exposition en tant que nouvelle commissaire au Pavillon Populaire. Tout comme les conclusions de la science, la directrice artistique indépendante en charge de la programmation artistique du lieu offre une réponse nuancée. La photo n’est pas apparue du jour au lendemain, elle est le résultat de bien des années d’expérimentations : il n’existe pas une invention mais bien les inventions plurielles de la photographie.

    Avec « Premières fois / premières photos », le Pavillon Populaire présente la première exposition de sa saison 2026 sous la forme d’un voyage à travers le temps pour enquêter sur l’apparition de la photographie. Entre les procédés de création artisanaux et les premiers brevets d’appareils bien loin de ressembler à ceux d’aujourd’hui, les salles du Pavillon Populaire se remplissent d’objets et de clichés qui transportent le visiteur entre les époques. Au total, ce sont 200 photographies de plus de 50 photographes historiques et modernes qui sont présentés en avant-première du bicentenaire de la photo, dans le cadre des rencontres de la photographie d’Arles.

    L’histoire d’une naissance

    « Premières fois / premières photos » recense les ratés, les essais et les expérimentations, pour montrer toutes les formes que peut prendre une première image. « J’ai voulu jouer avec le mot premier, en explorer tous les sens » avoue celle qui fait, en parallèle, ses premiers pas au sein du Pavillon Populaire. Après avoir dirigé de nombreuses institutions dédiées à l’image à Paris, au Canada et à l’international, elle revient en Hérault pour apposer sa patte dans la programmation de l’espace d’art photographique montpelliérain. « Le premier, c’est l’origine, le vainqueur, l’inédit. Au début je ne m’attendais pas aller dans des directions aussi folles mais c’est devenu petit à petit une exposition de recherche » ajoute-t-elle.

    Un travail presque scientifique, qui fait écho aux débuts de cette discipline ancrée dans l’art aujourd’hui. L’exposition met en scène le lien très étroit entre photo et science, les clichés ayant servi à étudier le monde qui nous entoure du temps où les appareils photos étaient les outils d’étude les plus performants. Les salles du Pavillon Populaire reviennent sur les premiers pas des figures qui l’ont marqué : la visite débute par le travail d’une des premières femmes photographes, l’anglaise Anna Atkins et ses premières images d’algues marines, qui composent le tout premier livre de photographie. En écho avec cette ouverture sous-marine, l’exposition se clôture par des clichés de naissance d’étoiles, pour une exploration interstellaire. Une exposition qui fait traverser le temps et l’espace, à retrouver jusqu’au 1er novembre au Pavillon Populaire de Montpellier.

  • Le regard de Paul McCartney sur l’ascension des Beatles

    Le regard de Paul McCartney sur l’ascension des Beatles

    Les caisses de photographies redécouvertes par Paul McCartney constituent une véritable capsule temporelle. Des milliers d’archives capturées par le chanteur des Beatles à un moment charnière de l’histoire du groupe britannique. Sur les murs du musée Granet, une infime partie de ces photographies est désormais suspendue aux cimaises, dans des cadres minutieusement choisis, à l’occasion l’exposition intitulée « Paul McCartney photographe, 1963-1964 – Eyes of the Storm », conçue par Paul McCartney lui-même, sa société de production MPL Communications et la commissaire Rosie Broadley, de la National Portrait Gallery de Londres.

    L’exposition est née presque par hasard. En 2021, alors que l’icône travaille sur une exposition consacrée aux photographies de son ex-épouse, Linda McCartney, photographe américaine, il se souvient avoir lui aussi passé du temps derrière l’objectif dans les années 1960, lorsque les Beatles commençaient tout juste à accéder à la notoriété.

    « Son archiviste lui a rappelé qu’il possédait une boîte contenant ces photographies, retrace Rosie Broadley. Ils les ont sorties. Il y avait une vingtaine de planches-contacts et des rouleaux de pellicule, qui ont ensuite été scannés et numérisés. »

    MPL Communications s’est alors rapprochée de la National Portrait Gallery. « Il y avait des milliers de photos qui racontaient quelque chose d’impressionnant en train de se produire, pour les Beatles, mais aussi pour la culture populaire britannique », retrace Rosie Broadley.

    Ainsi est née une exposition de 250 clichés capturés avec le Pentax 35 mm de Paul McCartney, présentés pour la toute première fois en France. « On a dû choisir les tailles des tirages, tout imaginer. C’est une exposition qui ne part de rien, qui sort d’une boîte », contextualise la commissaire.

    Le contenu détaillé de l’exposition reste sous embargo jusqu’à son ouverture au public, ce samedi 4 juillet. Elle sera visible jusqu’au 3 janvier 2027. Mais, déjà, elle promet un parcours au cœur de l’intimité des « quatre garçons dans le vent » aux prémices de leur succès, une plongée dans les mois qui précèdent l’explosion de la Beatlemania.

    Cinq salles retracent quatre mois décisifs, d’octobre 1963 et ses premières performances sur de modestes scènes britanniques à la tournée menée, un mois plus tard, aux côtés des Vernons Girls. Puis viennent les premières représentations parisiennes, auxquelles une salle entière est consacrée. Parmi les clichés en noir et blanc au grain caractéristique apparaissent les visages de Sylvie Vartan mais aussi de Johnny Hallyday, stars françaises croisées sur le chemin des Beatles et témoins d’une notoriété désormais naissante. Les photographies conduisent ensuite le visiteur dans les coulisses des premières apparitions télévisées du groupe, notamment lors du célèbre « The Ed Sullivan Show », évoquées dans les salles « New York ».

    Au-delà des clichés de grattes ciels entourés de cadres gris pour renforcer l’aspect « citadin et brut », figurent également des foules de fans et de photographes massées dans les rues ou sur le tarmac de l’aéroport JFK, en février 1964. C’est là que les quatre Britanniques tiennent une conférence de presse, eux dont les « cheveux faisaient tant parler les Américains », s’amuse Rosie Broadley.

    L’exposition présente aussi des images plus inattendues, à l’image de la Maison Blanche photographiée depuis la vitre d’un taxi peu après l’assassinat de John F. Kennedy. Autant de fragments d’histoire qui se dévoilent au fil du parcours. Les dernières pièces s’attardent sur le passage du groupe à Miami. On y découvre aussi bien des moments de détente au bord d’une piscine que des clichés plus spontanés, pris sur le vif durant cette tournée sous le soleil de Floride.

    Pour la première fois, les visages d’accompagnants, proches et membres du personnel entourant les futures icônes de la musique lors de leur tournée américaine sont eux aussi mis en lumière. Des instants capturés avec innocence qui racontent autant l’ascension des Beatles que le quotidien des années 1960, moins de vingt ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale.

  • Avec Pierre Paulin, le design fait son entrée au musée Fabre

    Avec Pierre Paulin, le design fait son entrée au musée Fabre

    « On est très heureux de faire entrer le design par la grande porte au musée Fabre en consacrant cette exposition à celui qui fut assurément un des plus grands designers français », introduit Juliette Trey, directrice du musée montpelliérain. Premier en région à proposer une grande rétrospective dédiée à la carrière de Pierre Paulin, le musée Fabre a bénéficié, pour ce projet, de l’accompagnement et du prêt de nombreux objets et archives provenant du Fonds Pierre-Paulin, ainsi que de prêts du Mobilier national, avec lequel le designer a coopéré durant 40 ans. Notamment une pièce qui constitue le clou de l’exposition : le Fumoir de l’Élysée (photo 1), une commande présidentielle réalisée sous Georges Pompidou. Resté en réserve depuis son démontage en 1974 et restauré pour l’occasion, il est exposé pour la première fois à Montpellier.

    Un design utile et confortable

    Né en 1927 à Paris, Pierre Paulin, venu s’installer en 1982 dans les contreforts des Cévennes et décédé à Montpellier en 2009, fut l’un des pionniers du design moderne. À travers un parcours chronologique, cette exposition retrace les différentes étapes de sa carrière, « qui épouse véritablement l’essor du design en France », commente la commissaire Florence Hudowicz, conservatrice en chef du patrimoine au musée Fabre. Le designer a marqué son époque par sa capacité à imaginer des formes nouvelles tout en restant attentif aux usages du quotidien. Et à l’impératif de confort. « Ce qui a fait le début de sa popularité, ce sont les salons des arts ménagers et décoratifs. Dès 1953, Paulin y expose et obtient immédiatement une reconnaissance populaire », rapporte Florence Hudowicz. « On est à l’époque où la modernité est en marche, avec le réfrigérateur, l’aspirateur… Une ère nouvelle s’ouvre pour le couple moderne. Paulin veut s’adresser au plus grand nombre, montrer que le design n’est pas du luxe ou du gadget, mais qu’il peut servir à améliorer voire transformer le quotidien. » Il va notamment façonner des fauteuils devenus iconiques -Mushroom chair (1960), Ribbon chair (1966), Tongue Chair (1967) – avec une structure simplifiée et un garnissage de plus en plus souple dans lesquels le corps se love. Des créations intemporelles alliant confort et élégance au service des usages, qui continuent d’incarner la modernité et d’inspirer aujourd’hui. « Dans l’effervescence des années 1960 et 1970, marquées par l’émergence de nouveaux modes de vie, de nouvelles technologies et d’un désir de liberté, il invente des formes inédites, souples et profondément humaines », souligne Michaël Delafosse, maire PS de Montpellier et président de la Métropole. « Cette exposition montre comment le travail de Pierre Paulin a été le produit de son époque, mais également sa dimension visionnaire », complète la directrice du musée.

  • Exposition « Dévotion », les lendemains de la Peste de 1720

    Exposition « Dévotion », les lendemains de la Peste de 1720

    Cette renommée ne concernait pas seulement les arts de la table. Dans le catalogue de cette exposition, Marina Laffon-Borelli, Régis Bertrand, Jean-Manuel Sanchez et Daniele Maternati-Baldouy, qui fut entre 1995 et 2012 la conservatrice du musée de la faïence du Château Pastre, examinent les liens profonds que les grands feux pouvaient entretenir avec les mutations de la vie religieuse. À côté de scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament de multiples provenances – le Sacrifice d’Abraham, un Bon Samaritain, le profil sur fond bleu de l’évangéliste Saint Jean qui figure sur l’affiche -le musée de Notre-Dame réunit en plaques décoratives des portraits qui se souviennent de Della Robbia, des Christs, des Crucifix et des statues de la Vierge, des objets du culte principalement issus de la fabrique de Joseph Fauchier, proche du quartier de la Porte d’Aix.

    Gravement endeuillé par les décès de six enfants, Fauchier œuvra jusqu’en 1751. Les séquences religieuses de son travail s’accordent avec le ressaisissement de Marseille au lendemain des catastrophes engendrées par la Peste de 1720. En témoigne à sa façon un mélange de sincérité et de fraîcheur, la singularité de la Vierge à l’enfant qui illustre cet article. Les polychromies bleues et jaunes de cette statue, les motifs floraux de ses vêtements, ses gestes qui ne cachent pas la nudité et la blondeur de l’enfant, son discret déhanchement ainsi que des menus détails (entre autres, au bout de ses sandales, le vernis de ses ongles) étonneront les visiteurs.

    Exposition « Dévotion », musée de la Basilique Notre-Dame de la Garde, jusqu’au 22 novembre, tous les jours de 9h à 17h.

  • Un nouvel espace d’art ouvre ses portes à Sommières

    Un nouvel espace d’art ouvre ses portes à Sommières

    Voilà plus de 40 ans que la maison d’édition Anagraphis, basée dans l’Hérault, près de Montpellier, réalise des sérigraphies d’art originales numérotées et signées par de grands noms de l’art contemporain, du street art et de la BD. Elle accompagne aussi, dans toute la France, des projets culturels.

    Aujourd’hui, elle a décidé, en plus, d’ouvrir un espace dédié à l’art contemporain à Sommières, dans le Gard. « Anagraphis a cette particularité de ne pas seulement valoriser les grandes villes, qui n’en ont pas forcément besoin », souligne Apolline Montfraix, la responsable du lieu. « Il ne s’agit pas d’une galerie d’art classique. On est plutôt en soutien des artistes, pour leur offrir un espace où ils puissent exposer et vendre leurs œuvres, mais ce lieu n’a pas une vocation commerciale », insiste-t-elle.

    Trois expos estivales

    « L’idée est de dynamiser la culture et l’art sur Sommières », en collaboration étroite avec le voisin direct : la galerie Art Fresque Povera, dédiée à l’art contemporain depuis plus de 15 ans. « Ce lieu est le premier, mais l’idée serait d’en ouvrir d’autres un peu partout », confie Apolline Montfraix.

    Tout au long de l’été, trois artistes seront invités à présenter leur travail. La première exposition, dont l’inauguration, le 27 juin de 19h à 21h, coïncidera avec l’ouverture officielle de la galerie Anagraphis, sera consacrée au peintre Jean-Paul Bocaj. Établi à Montpellier depuis 1985, il est devenu une figure incontournable de la scène artistique locale, exposé en France comme à l’international. « Son travail est très reconnaissable, notamment par ses femmes inspirées de la pop culture », commente Apolline Montfraix.

    À partir du 25 juillet, l’artiste plasticienne Claire Dodin prendra le relais. « Son univers est inspiré par la nature, la couleur et la recherche d’harmonie. Son travail comporte beaucoup de feuillages, de fleurs ou de formes organiques. On est dans quelque chose de vivant, poétique, délicat », décrit la responsable de la galerie.

    Enfin le jeune artiste plasticien et sérigraphe franco-guinéen Bella Bah, formé aux arts graphiques et décor au lycée Frédéric-Mistral de Nîmes puis à l’atelier Anagraphis, où il découvre et perfectionne les techniques de l’édition d’art, fermera la marche du 22 août au 20 septembre, de retour de la biennale de Venise où il a été invité pour représenter la Guinée. « Nourri par ses origines guinéennes, son travail se distingue par des portraits vibrants aux couleurs multiples devenues sa signature artistique. En s’affranchissant des représentations conventionnelles de la couleur de peau, il propose une vision universelle de l’humanité dans laquelle chacun peut se reconnaître. »

    Peintures et dessins de chacun des artistes seront proposés à la découverte et à la vente. « L’idée est qu’il y en ait pour tous les budgets. Pour Bocaj, par exemple, j’ai fait une sélection qui va de 100 à 6 000 euros », indique Apolline Montfraix. « Il y aura également, sur place, une partie boutique Anagraphis dans laquelle les visiteurs pourront acheter des sérigraphies originales ». Pour débuter, le lieu accueillera le public trois jours par semaine, les jeudis (15h-19h), vendredis (10h-13h ; 15h-19h) et samedis (10h-13h ; 15h-19h).

    *Espace Daniel Heitz, 244 boulevard Ernest François,

  • Ça va encore swinguer partout cet été dans le Port du Levant

    Ça va encore swinguer partout cet été dans le Port du Levant

    Du monde, jeudi matin, derrière et devant le pupitre du salon Clemenceau de la mairie d’honneur pour mettre en avant la politique culturelle de la Ville de Toulon pour la saison estivale. Avec, comme temps fort de la programmation, le festival Jazz à Toulon, qui revient du 26 juillet au 8 août faire swinguer le Port du Levant au rythme des sonorités du monde. Et ce sur les places, en ville comme dans les quartiers, de Saint-Jean du Var au Pont du Las.

    Pour cette 36e édition, parmi les invitations au voyage proposées, on retient le projet New Sketches of Spain, avec le retour d’Erik Truffaz aux côtés d’Antonio Lizana, « qui signe un mariage audacieux entre jazz classique et flamenco ». Pour les rythmes endiablés puisant aux sources de la salsa et du jazz afro-cubain, cette fois, place à Spanish Harlem Orchestra, Orquesta Akokán et le collectif El Comité. « Tandis qu’Alfredo Rodríguez et Fabiola Mendez sublimeront leurs racines latines par une approche soliste d’une grande finesse poétique », comme le décrit la maire de Toulon (SE), Josée Massi, dans son édito.

    En tout, dix soirs de concerts gratuits transformeront Toulon en une scène de jazz à ciel ouvert. Sans oublier « les Off » du festival, qui prendront place dans les quartiers de la ville, à l’heure de l’apéritif.

    Morceaux choisis

    Pas de bel été non plus sans lecture. L’occasion donc de « Partir en Livre » jusqu’au 20 juillet, avec une 11e édition riche aussi en ateliers, rencontres et jeux. Le jeune public étant invité à venir exercer son imaginaire dans les médiathèques. Mais aussi en plein air.

    Sous les arbres du parc, bien installés dans l’herbe, les enfants pourront par exemple découvrir, avec « À l’ombre des pages », de nombreuses histoires partagées par les bibliothécaires. Comme les 9 et 11 juillet de 9h30 à 11h, au parc du Pré Sandin.

    Sur le parvis du Zénith revient également, du 12 au 25 juillet, le festival Son By Toulon. Avec de grosses pointures, telles que Ben Harper, Bigflo & Oli et Mika.

    Côté expo, le Musée d’art de Toulon propose de découvrir Man Ray avec « Magie de l’image ». Près de 200 œuvres, photographies, peintures… retraçant le parcours de l’artiste. Et du côté de la Maison de la photographie, jusqu’au 19 septembre, place au travail de Martin Parr, de ses premiers reportages en noir et blanc réalisés dans le nord de l’Angleterre dans les années 70, jusqu’à ses gros plans d’objets de consommation, à la fin de son parcours.

    Mais aussi de l’opéra, de la musique classique et de la danse à Châteauvallon. Ou encore du chant a cappella avec les Voix Animées et leur répertoire de la musique vocale de la Renaissance. Le tout se déroulera à la Tour Royale.

    Et pour se mettre dès dimanche soir dans l’ambiance, 94 groupes seront présents dans les rues de la cité pour la Fête de la musique, sur 33 scènes.

    La Marseillaise ne pouvait pas non plus faire l’impasse sur la pièce Les Résistantes, consacrée au rôle longtemps invisibilisé des femmes dans le combat contre le nazisme. Ce projet participatif retrace l’engagement de ces héroïnes entre 1940 et 1944. Elle sera jouée le 4 juillet, à Châteauvallon.

    Retrouver le programme complet dans le magazine de l’été sur le site toulon.fr

  • Le Mémorial du camp de Rivesaltes revisité

    Le Mémorial du camp de Rivesaltes revisité

    Le lieu rassemble les pages sombres de l’Histoire de France. Le camp de Rivesaltes, dans les Pyrénées-Orientales, fut un lieu d’internement de personnes jugées « indésirables » par l’État : républicains espagnols, Juifs, prisonniers coloniaux, nomades, harkis, migrants… Pas moins de 60 000 personnes y sont passées de 1941 jusqu’à la fin du XXe siècle.

    Ouvert depuis 2015, le Mémorial, témoin de toutes ces mémoires construit au milieu des vestiges des baraquements, vient de bénéficier d’une enveloppe de 2,6 millions de la Région Occitanie, du Département des Pyrénées-Orientales et de l’Union européenne afin de refondre intégralement son parcours. « Après dix ans d’existence, le Mémorial devait franchir une nouvelle étape. Nous ne voulions pas simplement actualiser un contenu ou moderniser des outils. Nous voulions nous interroger sur la manière dont un lieu de mémoire peut encore parler à la société d’aujourd’hui. Cette refonte est née d’une conviction : la mémoire n’a de sens que si elle continue à éclairer le présent et à nourrir la vigilance citoyenne », précise Céline Sala-Pons, directrice du Mémorial.

    Une nécessité, à l’heure où la montée de l’extrême droite et des nationalismes dans le monde, prônant un discours d’exclusion, rappelle ces heures sombres de l’Histoire de France. « Comprendre comment des sociétés démocratiques ont pu accepter l’exclusion de certaines populations est une question fondamentale pour les générations actuelles », poursuit la directrice.

    Des îlots thématiques

    Ainsi, selon le nouveau parcours, aux côtés de la table centrale, colonne vertébrale de l’exposition, viennent s’ajouter des îlots « thématiques » (les exilés espagnols, la période de Vichy, la décolonisation, etc.). Une manière de faire dialoguer les périodes entre elles et de questionner le public. « Nous ne cherchons pas à juxtaposer des séquences historiques. Nous cherchons à faire émerger des questionnements. Faire dialoguer les périodes permet au visiteur d’identifier des mécanismes, des continuités, mais aussi des ruptures. L’objectif n’est pas de fournir des réponses toutes faites. C’est d’encourager une réflexion personnelle et critique », fait valoir Céline Sala-Pons.

    La refonte ne se limite pas à un changement scénographique. Les recherches récentes issues du conseil scientifique du Mémorial sont venues enrichir l’exposition. « De nouveaux travaux ont permis d’affiner notre connaissance du fonctionnement militaire du camp Joffre, des parcours des populations internées -notamment chez les nomades ou encore les soldats coloniaux- mais aussi des politiques publiques qui ont conduit à leur enfermement », souligne Céline Sala-Pons. Ces nouvelles recherches seront éclairées par des témoignages, une manière pour le musée « d’incarner l’Histoire, de lui donner un visage, un nom ». Des rencontres avec des témoins du camp sont d’ailleurs au programme.

    Le Mémorial entend également jouer à fond sa carte « lieu d’éducation à la citoyenneté » et essayer de toucher un plus large public. En ce sens, des parcours différenciés ont été mis en place : un parcours citoyen et un autre jeune public. Chaque année, pas moins de 20 000 élèves visitent le site. Des textes ont été simplifiés et traduits en plusieurs langues et les supports diversifiés. En somme, tout est fait pour donner des outils des réflexions. Car « la mémoire n’est pas tournée vers le passé. Elle est tournée vers les choix que nous faisons aujourd’hui et vers la société que nous voulons construire demain. »

  • Une exposition monographique d’Adrien Fregosi au Miam

    Une exposition monographique d’Adrien Fregosi au Miam

    Les projets monographiques ne sont pas courants au Musée international des arts modestes (Miam) de Sète. Pourtant, peu après la mort de l’artiste Adrien Fregosi en 2024, sa directrice Françoise Adamsbaum et son fondateur Hervé Di Rosa ont décidé d’inviter l’ancienne compagne de l’artiste, Marine Lang, à créer une exposition consacrée à sa vie et à son œuvre. Elle s’intitule « Les Moyens du bord » et est visible jusqu’au 7 mars prochain.

    Une exposition vivante et généreuse

    « L’idée de l’exposition est de révéler les conditions matérielles et biographiques avec lesquelles il a développé son œuvre très prolifique », explique Margaux Bonopera, co-commissaire de l’exposition aux côtés de Marine Lang. « Adrien a été diagnostiqué d’un cancer en 2013 et jusqu’à sa disparition, il n’a jamais cessé de travailler. » Né à Grenoble en 1980, Adrien Fregosi est entré dans la pratique artistique par le dessin, la culture punk, le graffiti et le fanzinat, avant de s’engager dans une pratique plus picturale à son arrivée à Sète, où il a passé les dix dernières années de sa vie.

    L’exposition réunit 130 de ses créations, dont des peintures, des dessins, des photos ou encore des collages sculpturaux. Celles-ci sont accompagnées d’une vingtaine d’œuvres d’autres artistes, dont certaines ont été réalisées spécialement pour l’occasion. « Adrien pensait les choses de manière très collective, poursuit Margaux Bonopera. Nous exposons donc aux côtés de ses œuvres des artistes qui étaient un peu des modèles pour lui, comme Robert Crumb, Derek Jarman ou Miriam Cahn. D’autres sont des amis avec qui il co-créait parfois, tels que Paul Loubet, Safia Bahmed-Schwartz ou Julie Béna, entre autres. »

    La volonté des deux commissaires avec cette exposition est avant tout de « révéler toute la vitalité de l’œuvre d’Adrien en termes de palette, de personnages, de gestualité et de force ». Margaux Bonopera l’affirme : « Il y a une alliance entre le souhait d’adresser les questions de la vie de l’artiste, dont celle de la maladie bien sûr, et de proposer une exposition généreuse et joyeuse, dans laquelle on retrouve, à travers le travail d’Adrien, beaucoup d’humour, de malice et parfois même de cynisme. » Selon elle, l’exposition révèle aussi de nombreuses problématiques liées à l’aspect validiste du monde de l’art. C’est dans cette logique que l’équipe a demandé à la Ville d’installer, dans les murs du musée, des bancs urbains sur lesquels les visiteurs peuvent venir s’asseoir, se reposer et accepter l’idée que nous ne sommes pas tous égaux face à la santé, aux douleurs et à la fatigue : « J’ai eu la chance de travailler avec lui de son vivant, confie Margaux Bonopera. Il a toujours eu cette volonté de créer une œuvre lisible, appréciable et qui puisse être réceptionnée par un maximum de personnes. »

    En parallèle de celle du Miam, une autre exposition consacrée à l’œuvre d’Adrien Fregosi s’ouvre au Centre national d’art contemporain – Le Magasin, à Grenoble. Le projet est également accompagné d’un ouvrage monographique et collectif édité par le Miam et FP&CF éditions, dont le graphisme a été confié à Jad Hussein. « Il s’agit d’un objet magnifique, se réjouit Margaux Bonopera. C’est important, quand on sait à quel point le format éditorial lui tenait à cœur. »

    * 23 quai Maréchal de Lattre de Tassigny à Sète. Tous les jours sauf le lundi, de 9h30 à 12h et de 14h à 18h. Entrée : 5,60 €