Tag: exposition

  • Montpellier ouvre son centre d’art dédié à la petite enfance

    Montpellier ouvre son centre d’art dédié à la petite enfance

    Après Clermont-Ferrand, Montpellier devient la deuxième ville française à installer l’art contemporain dans le quotidien des tout-petits. Mille Formes est un projet porté depuis des années par la municipalité de Michaël Delafosse, en partenariat avec le Centre Pompidou à Paris.

    Dans un espace de 1 000 m², la structure propose un terrain d’exploration. Avant même de savoir lire, l’enfant expérimente le monde par les sens. Pour ce faire, les marches d’escalier sont adaptées à la taille des petits. Les sièges, les estrades, les modules d’assise sont également pensés à hauteur d’enfant. L’architecture en elle-même devient pédagogique. Montpellier a décidé de parier sur l’intelligence sensible de ses enfants. Dans un monde saturé d’écrans et de stimulations passives, proposer un lieu où l’on touche la matière réelle, où l’on s’émerveille au gré des couleurs et des sons, relève presque d’un acte militant.

    Dès l’entrée, on est immergé dans des espaces colorés, emplis de matières, de volumes et de créations diverses. La prouesse technique n’était pas mince, souligne l’architecte plasticienne Sara de Gouy : « Réaménager un bâtiment existant, sur deux étages, avec des contraintes fortes telles que les normes de sécurité, la circulation verticale, la présence d’un toboggan intégré à l’architecture. Il fallait adapter sans brider. »

    Un laboratoire culturel

    Elle explique également que la scénographie de ce lieu est conçue comme une œuvre immersive à part entière, où se greffent les différentes propositions. Au premier étage, en plus du coin lecture, une galerie accueille des projets artistiques immersifs, conçus en collaboration régulière avec des artistes. « Imaginer un projet pour les 0-6 ans, c’est un sacré défi pour les artistes », souligne Lydie Marchie, directrice du centre. « Ils sortent de leur zone de confort. Ils ne font pas un projet de médiation, ils imaginent un véritable projet artistique. Il faut garder cette exigence, parce que les enfants adorent la difficulté, quand ce n’est pas simple ».

    La structure peut accueillir jusqu’à 200 personnes simultanément. Pour cela, elle compte sur une équipe diversifiée de 16 personnes. Éducateurs, médiateurs culturels, artistes, spécialistes de la petite enfance travaillent en réseau. « L’idée n’est pas d’empiler les expertises, mais de les croiser  », explique la directrice. Mille Formes se veut également un lieu de référence en matière de culture et petite enfance. La formation est au cœur de ses missions. Des étudiantes de la faculté d’éducation participent chaque semaine à un projet de tutorat. Depuis septembre, une apprentie en BPJEPS a rejoint l’équipe. « Être référents en matière de culture et petite enfance fait partie de nos missions », précise la directrice. « La question de l’apprentissage est au cœur de nos pratiques. » Le lieu devient aussi un laboratoire pédagogique.

    « Investir dans un centre d’art pour la petite enfance, c’est affirmer que la culture n’est pas un supplément d’âme, c’est un socle », a rappelé le maire de la ville, Michaël Delafosse, présent lors de l’inauguration. En clair, Mille Formes n’est pas un équipement culturel de plus. C’est un outil de politique publique. Gratuit et ouvert à tous, ce lieu affiche une ambition claire d’égalité d’accès. Mais la gratuité ne suffit pas à elle seule à toucher les familles les plus éloignées de l’offre culturelle.

    Lydie Marchie le reconnaît, « depuis trois ans, une programmation “hors les murs” a été mise en place, bien avant l’ouverture officielle. On a vu que ça marchait très bien l’an dernier. On va continuer à faire du hors les murs, à aller vers les gens, à partir de la fin du printemps. L’idée, c’est d’aller à leur rencontre, petit à petit.  » En ce sens, le centre, situé au pied des Échelles de la Ville dans les anciens locaux de la médiathèque Fellini, est une petite révolution.

    Du mercredi au dimanche,
    de 10h à 18h.
    Fermé les lundis et mardis.

  • Un nouvel éclairage sur la vie et l’œuvre de Claude McKay

    Un nouvel éclairage sur la vie et l’œuvre de Claude McKay

    Claude McKay, Back to Marseille ». Ce mercredi commence une semaine de rencontres, conférences, projections et concerts dans la bibliothèque marseillaise. « L’idée de l’événement est venue suite au don de documents consacrés à l’écrivain Claude McKay par Richard Bradbury, professeur de littérature caribéenne », explique la Bibliothèque l’Alcazar. Ce poète et romancier est l’une des figures majeures du mouvement artistique et intellectuel de la Renaissance d’Harlem à New York dans les années 20. Ce mouvement, ayant pour berceau le quartier d’Harlem, a marqué un tournant majeur dans la littérature noire américaine. Elle a, pour la première fois, connu une diffusion en dehors de l’élite noire américaine. Dans une période où le pays qui n’a pas de nom est en pleine « folie raciste », notamment suite au massacre de Tulsa en 1921, l’une des tueries les plus meurtrières de l’histoire américaine. Claude McKay publie le premier ouvrage significatif de la renaissance : Harlem Shadows. C’est dans ce cadre que mercredi à 18 heures, le collectif James Baldwin, qui restaure et transmet l’œuvre et la pensée de James Baldwin, mettra en lumière les réflexions sociales et politiques de l’écrivain américain, proches de celles de Claude McKay.

    Mais alors quel lien avait-il avec la ville de Marseille ? Eh bien, un lien important, redécouvert et popularisé récemment. Après 90 ans d’oubli, Armando Coxe, journaliste admirateur du romancier, a retrouvé, après dix ans de recherches, Romance in Marseille. « Une fiction dans la ville de Marseille à la modernité troublante, traitant de colonialisme, d’identité et d’homosexualité », selon le journal Le Monde. Mardi à 18 heures se tiendra une conférence par le professeur de littérature caribéenne Richard Bradbury, qui a supervisé l’édition de Romance in Marseille.

    Conférences et projection

    Écrite en 1932 à Tanger, Romance in Marseille plonge le lecteur dans la « Fosse », le quartier réservé de Marseille (ancien quartier de la prostitution légale). La Manufacture de livres viendra détailler l’histoire de ce « Far West » marseillais où a vécu le romancier, mercredi à 14 heures.

    « À travers ses romans Banjo et Romance in Marseille, McKay a su capter l’énergie cosmopolite du port, les solidarités de l’exil et la circulation des cultures noires », détaille la bibliothèque l’Alcazar. Dans un contexte politique mondial trouble « films, concerts et rencontres viendront éclairer l’actualité brûlante d’une œuvre qui interroge avec force l’exil, le racisme, l’identité et la fraternité humaine », développe les organisateurs de la manifestation. Un documentaire sera également projeté vendredi à 16 h, retraçant la vie engagée de Claude McKay.

    Salle de conférence – Bibliothèque l’Alcazar.
    Entrée libre

  • Amiante à ArcelorMittal : la CGT maintient la pression à Fos-sur-Mer

    Amiante à ArcelorMittal : la CGT maintient la pression à Fos-sur-Mer

    Zidane Mirabet, responsable CGT au pôle juridique, l’affirme : « C’est la dernière ligne droite avant la réponse officielle du ministre du Travail, il ne faut rien lâcher. » Après avoir engagé une procédure pour faire classer l’usine fosséenne d’ArcelorMittal comme site amianté en mars 2025, la CGT attend désormais une décision.

    Sans rester dans l’inaction pour autant. Ce jeudi 12 février, le syndicat a invité les travailleurs du site à un rassemblement d’information en présence du cabinet d’avocats TTLA et des députés insoumis Alma Dufour et Louis Boyard pour maintenir « une pression politique », assume ce dernier.

    « Notre objectif est clair : faire reconnaître une réalité industrielle et sanitaire que les salariés vivent depuis des décennies », assène Stéphane Martins De Araujo, représentant CGT. Pour étayer sa requête, l’organisation syndicale met en avant le suivi médical renforcé de plus de 600 travailleurs en lien avec l’amiante et les nombreuses procédures de danger grave et imminent.

    Maitre Julie Andreu, du cabinet d’avocats TTLA en charge du dossier, affirme que les éléments produits par la CGT « apportent la preuve d’une exposition significative à des calorifuges en amiante ». « Arcelor n’a pas fait de cartographie des risques alors qu’elle en avait l’obligation. Arcelor devrait, avant chaques travaux, faire des repérages pour savoir s’ils vous exposaient ou pas. Arcelor ne le fait pas systématiquement. Nous avons donc estimé et démontré au ministère qu’il y avait non seulement une présence importante d’amiante après 30 ans d’interdiction, mais aussi une réelle négligence dans le cadre de l’information et donc une contamination qui risque de provoquer des maladies professionnelles. »

    Des conclusions suivies par l’Inspection du travail, qui a émis avis favorable au classement en juillet 2025, tout comme la Commission des accidents du travail et des maladies professionnelles. « Ces avis ne sont pas militants, ils sont administratifs, techniques, officiels », affirme Stéphane Martins De Araujo, qui estime qu’« il n’y a plus de débat sur les faits, il ne reste qu’un choix, et ce choix il est politique ». Maitre Julie Andreu prévient : « Si le ministre refusait l’inscription, on irait devant le tribunal administratif et on pourrait même envisager d’autres procédures devant le Conseil des Prud’hommes. » Pour Louis Boyard, « ArcelorMittal doit des comptes à la France ». « Il y a des centaines de millions d’euros d’argent public qui ont été donnés à cette entreprise, c’est pas pour qu’elle soit incapable d’assurer la sécurité des travailleurs. »

  • À Marseille, la France remue le bassin méditerranéen

    À Marseille, la France remue le bassin méditerranéen

    De passage à Marseille en juin 2023, Emmanuel Macron appelait de ses vœux une « Saison Méditerranée 2026 ». Trois ans plus tard, voilà cette saison culturelle, destinée à célébrer « l’identité profondément méditerranéenne de la France », écrit le président de la République, qui pointe le bout de son nez avec son ouverture prévue dans la cité phocéenne entre le 15 et le 24 mai, avant de se déployer dans l’Hexagone jusqu’au 31 octobre. « C’est un pari fou que celui de rassembler à l’heure où tout semble fait pour nous diviser, politiquement et médiatiquement », déclare avec aplomb, mercredi 11 février au Mucem, Nadia Hai, déléguée interministérielle à la Méditerranée d’un gouvernement qui ne cesse pourtant de souffler sur des braises extrême droitières. Selon elle, « un temps fort de diplomatie culturelle » qui laisse d’autant plus pantois quand on observe par exemple la crise diplomatique franco-algérienne, la plus aiguë depuis 1962. Le programme trouvera par ailleurs des échos en Algérie, au Maroc, en Tunisie, en Égypte et au Liban. Un contingent plutôt maigre, alors que la Méditerranée est bordée par une vingtaine de pays et trois continents.

    « Arriver, partir, revenir »

    Mais qu’à cela ne tienne : la « Saison Méditerranée 2026 », qui entend « mettre en lumière les jeunesses méditerranéennes des diasporas de France », dixit Eva Nguyen Binh, présidente de l’Institut français, se traduira par « une programmation polyphonique » pour « illustrer la pluralité de ses voix », estime Julie Kretzschmar, commissaire générale de l’événement. Intitulée « Arriver, partir, revenir », son ouverture marseillaise s’étendra « du Palais du Pharo au Fort Saint-Jean, puis au Mucem, au Panier, à la Joliette, à la Friche Belle de Mai, jusqu’au Grand port maritime de Marseille pour un final exceptionnel ». De nombreuses propositions artistiques seront lancées entre les 15 et 24 mai. Un parcours d’expositions investira la ville, parmi lesquelles « Résistances & Désobéissances » à la Citadelle, autour « du passé colonial de la France en Tunisie et l’emprisonnement d’Habib Bourguiba en ces mêmes lieux entre 1939 et 42 », indique Julie Kretzschmar, ou encore « Mon plus beau plan fixe », travail du cinéaste et plasticien franco-algérien Hassen Ferhani sur « les notions d’isolement et d’horizon ». La mémoire, l’histoire et la poésie en temps de guerre des Gazaouis trouveront, elles, une résonance au Centre photographique Marseille et aux ateliers Jeanne Barret. Au Musée d’art contemporain (MAC), Louisa Babari, « artiste franco-algérienne née à Moscou », campe Nicolas Misery, directeur des Musées de la Ville de Marseille, illustrera « sa réflexion sur les imaginaires de l’Algérie antique précoloniale ». Les musiques actuelles ne seront pas non plus en reste avec nombre de concerts et Dj’s sets à la Vieille Charité, la Friche Belle de Mai, ou encore au Grand port maritime. C’est sur ce site qu’une « immense fanfare » de musiciens amateurs et professionnels offrira un « condensé de Méditerranée : de la Sicile aux Balkans, de la Kabylie à l’Andalousie, de la Turquie à la Camargue, en passant par l’Atlas et les îles grecques ». Les créations théâtrales prévues pour l’ouverture ne seront pas non plus en reste, avec Mères Méditerranées de Mohamed El Khatib au Mucem, et Algérie, mon Amour qui prendra ses quartiers sur la Digue du large. Une performance conçue par Sébastien Kheroufi, d’après les récits de « quatre auteurs franco-algériens » portés par des habitants de Marseille, qui « racontent l’histoire de leurs parents. Une tentative pour comprendre ce qui se joue entre deux rives, ce temps suspendu du voyage, ces 24h de traversée en bateau entre Alger et Marseille ».

    Marseille, le point de départ d’une traversée culturelle qui fera escale dans 60 villes françaises pendant six mois, avec une cinquantaine d’événements labellisés « Saison Méditerranée 2026 » en Provence.

  • [Portrait] Christèle Gonçalves : allégresse et musicalité

    [Portrait] Christèle Gonçalves : allégresse et musicalité

    De tout temps, du plus loin qu’elle se souvienne, les joies, les regards et les besoins que procure la peinture étaient présents dans sa vie quotidienne. Très jeune à l’école, mélanger des couleurs et reproduire très vite les harmonies qu’elle souhaitait, faisaient partie de ses gestes familiers. Ce fut un réflexe, c’était incontournable : apprendre le dessin, choisir d’être étudiante aux Beaux-Arts relevaient de l’évidence.

    Parmi les peintres qui l’habitent depuis longtemps, il y a Turner et Joachim Sorolla, David Hockney et Peter Doig. Les couleurs, la figuration et des pointes de modernité ont leur nécessité, l’air du temps a ses potentiels et ses contradictions. Son compagnon, le père de ses deux filles est informaticien. À Luminy, elle avait bifurqué du côté de l’apprentissage de la communication. Le diplôme, les machines qu’elle avait dessinées à propos de « Londres à l’époque des Lumières », relèvent partiellement de la sociologie, c’est une sorte de décryptage.

    La vision de la Maison de la Cascade de Frank Lloyd Wright la captive. Entre1990 et 2015, elle pratique passionnément la musique ainsi que les arts de la cuisine. Ou bien, puisque tout n’est pas uniquement pictural, elle voyage. Elle visite le Moma, elle aime profondément les fjords et les embarcadères de la Norvège. Elle lit Charles Buckowski et Virginia Woolf.

    Comme une déferlante,
    la roue des saisons

    Pendant les récentes années, Bernard Plasse à la galerie du Tableau, Christiane Courbon à Châteauneuf-le-Rouge, Pierric Paulian de la Nave Va et Martine Robin pour la sélection du Prix Mourlot ont exposé sa peinture. Rétrospectivement, Chrystèle Gonçalves estime que « les Beaux-Arts furent une traversée un peu floue… tout cela a pris le temps de germer depuis, en attendant le bon moment… il faut apprendre à être patient ».

    Le salon de son appartement du cours Julien est devenu son atelier. Un processus de grande intensité, quelque chose d’irréversible s’est enclenché. Elle commence par peindre des natures mortes en petit format. Les réminiscences et les emportements de chaque tableau engendrent les éveils de nouvelles toiles. Aujourd’hui, comme le démontre le premier mur de son exposition de la rue Consolat, le souffle du métier qui vient, un très vif acharnement lui permettent de prendre le risque de réaliser promptement des grands formats comme les toiles exécutées pendant la première semaine de décembre, quelques jours avant l’inauguration. Des fluidités et des cohérences se sont immédiatement installées, quatre grands panneaux d’une hauteur maximale pour les dimensions de son atelier se sont juxtaposés.

    C’est à la fois réfléchi et intuitif. Ses peintures composent un mixte de formes, de couleurs et de lumières, une simultanéité et des convergences qui relèvent à la fois de la nature morte ou bien d’un fragment de paysage. En dépit de telle ou telle imperfection, malgré des surprises et d’inévitables baisses de régime, un chemin se fraye.

    Rien qui ne soit tragique ou bien mélancolique

    Au départ, elle mettait en place sur un coin de table des éléments minuscules : des pois chiches, des jonchées de feuilles mortes, des ombres et des chatoiements, des radis, des haricots, des cerises et des pop-corns. Une joyeuse translation, une allégresse advenaient. Dans ce travail, rien qui soit tragique ou bien mélancolique. Les temps, les lumières et les impressions se mélangent. Ce qui prévaut au fil des saisons, ce sont des échos et des fugues qui s’organisent, les résonances d’une vraie musicalité.

    En face de cette œuvre quelquefois un peu trop répétitive, on imagine des ressorts ingénus et instinctifs. C’est archaïque, inattendu et sans attaches particulières. Toutes proportions gardées, ses tableaux peuvent faire songer aux bonheurs d’expression de Séraphine de Senlis. C’est indiscipliné et quasiment interminable. Un tumulte fugitivement contenu, des virtualités et des effervescences trouvent leur espace. Chrystèle Gonçalves explique que cela part de presque rien : un parfum dont elle s’éprend, un souvenir olfactif. Une toile peut provenir d’une odeur de mousse dans les bois brusquement remémorée, ou bien de l’étonnement en face d’une famille de moineaux nichée sur son balcon.

    Ce qui guide ses intuitions, ce serait d’avoir doucement gardé à l’intérieur d’une main, pendant quelques instants, la chaleur des plumes, la petite boule de l’oiseau qui très vite reprend son envol. En face de tel ou tel événement à la fois ordinaire et inspirant, tout est clairement mystérieux. C’est inimitable et çà mérite citation. Pour sa part, Saint John Perse écrivait magnifiquement que « sinon l’enfance, qu’y avait-il alors qu’il n’y a plus ? »

  • Expos entre guerre et lumière à la Friche Belle de Mai

    Expos entre guerre et lumière à la Friche Belle de Mai

    « La culture en Ukraine est presque une arme de défense », explique Alban Corbier-Labasse, directeur de la Friche Belle de Mai, à l’heure d’introduire « Le Gué – culture sous guerre ». Exposé dans la salle des machines, un parcours signé Paul Gilonne, suite à ses récents séjours en Ukraine, où il a constaté une « chasse à l’identité ukrainienne ».

    Un fil que ce graphiste tente de rembobiner depuis les années 1920 jusqu’à l’invasion russe actuelle. Sur les murs, la retranscription de ses rencontres : de l’Académie nationale des arts de Lviv, « où sont aujourd’hui fabriqués des filets de camouflage qu’ils envoient au front », jusqu’à Izolyatsia, friche de Donnetsk « prise par les milices russes qui en ont fait une prison politique et un lieu de torture », indique Paul Gilonne, tandis qu’un écran diffuse le témoignage d’un journaliste sur ces atrocités. Sur des murs griffés de bleu et jaune, l’engagement d’artistes dans le conflit se signale par des références à Maksym Kryvtsov, poète devenu soldat, tué en 2024, ou de la peintre Marharyta Polovinko, fauchée par un drone russe.

    « D’un monde à un autre »

    Au 4e étage de la tour panorama de la Friche, théâtre de l’exposition « Au grand jour », réalisée par Anita Ingarden, changement d’ambiance, mais pas d’angoisse, fut-elle parfois teintée de lumière. Sous d’immenses volumes, quatre installations en verre brisé donnent l’impression que les lieux ont été habités. « Un travail sur la question du regard et de la transparence », situe la commissaire, Victorine Grataloup, alors que des écrans diffusent des images d’acteur façon caméra de vidéosurveillance. À l’ère des réseaux sociaux et du flicage généralisé, et « si le regard pouvait tout traverser ? ». Passés ces « portails » allant « d’un monde à un autre », de brutes et fines sculptures en verre et matériaux de chantier suspendues. Comme si elles étaient « en train d’exploser » devant la baie vitrée de cet espace d’exposition qui embrasse le nord de Marseille. Le chemin vers l’intimité ?

  • Carte blanche à un plasticien à l’Inguimbertine

    Carte blanche à un plasticien à l’Inguimbertine

    Artiste plasticien originaire de Carpentras, René Guiffrey expose ses œuvres avec « Les fragments de rétrospective » à voir à la bibliothèque-musée Inguimbertine de la ville à partir de ce dimanche et jusqu’au 26 avril.

    Plus de cinquante ans de travail s’y trouvent condensés et réunis autour d’une démarche expérimentale, ayant pour fil conducteur la lumière que l’artiste explore au travers du blanc et de la transparence.

    Au total une centaine d’œuvres sont installées dans l’Hôtel-Dieu, un monument du XVIIIe siècle dont l’architecture répond à un souci aériste en multipliant les entrées d’air et de lumière, le tout dans de vastes salles aux murs historiquement blanchis.

    Jouer avec la lumière

    Ainsi, à travers différents supports et techniques allant de la peinture sur toile à la sculpture en passant par le verre, le vitrail ou encore la céramique, René Guiffrey joue à la fois sur les surfaces, les couleurs et les formes qui accrochent la lumière différemment en fonction des saisons mais aussi des différentes heures de la journée provoquant ce qu’il aime à qualifier d’« instabilité déroutante ».

    Autour de cette exposition, des conférences vont être organisées. Une première le 7 février en présence du plasticien et la seconde le 18 avril autour du travail de Pierre Soulages.

    Infos et réservations ici sur le site internet de l’Inguimbertine.

  • Les cartouches de Saint-John Perse, aventurier-poète, à Aix

    Les cartouches de Saint-John Perse, aventurier-poète, à Aix

    Si les Rencontres du 9e art investissent différents lieux et places d’Aix à chaque printemps approchant, ce festival qui met à l’honneur la bande dessinée, jalonne la ville de certaines de ses actions à l’année. Prochain rendez-vous prévu dans la Galerie de l’Office du tourisme d’Aix-en-Provence, où se déploiera du samedi 24 janvier au 21 mars, l’exposition « Saint-John-Perse d’Atlantique ». Rien d’anodin à cela tant le poète, écrivain et diplomate Alexis Leger, de son vrai nom, a entretenu un réel attachement pour la Provence en général, mais aussi « la ville aux mille fontaines » dans la dernière partie de sa vie (1887-1975). En guise de reconnaissance, le Nobel de littérature 1960 avait même légué, quelque temps avant sa mort, les livres de sa bibliothèque, manuscrits et autres effets personnels à la municipalité, abrités de nos jours à la Fondation Saint-John-Perse. Gardienne des archives de l’auteur, c’est cette même institution qui a donné de l’impulsion à sept illustrateurs de BD pour « une plongée inédite dans la vie et l’œuvre de l’aventurier-poète ».

    De l’homme du monde jusqu’à l’auteur

    Les planches, bulles et cartouches de Thomas Gosselin, Lisa Lugrin, Frédéric Coché, Nina Six, Orianne Lassus, Octavia Eichler et François Henninger tapissent cette exposition en partenariat avec les éditions Cambourakis, où est paru en octobre 2025 Saint-John Perse d’Atlantique. Un ouvrage inscrivant les lecteurs dans le sillage de cet homme natif de la Guadeloupe, à la fin du XIXe siècle, qui « débarque enfant en métropole, croise la route des plus grands écrivains de son temps, voyage à travers tous les continents et côtoie les plus hautes sphères de l’État jusqu’à devenir l’un des personnages clés de la politique étrangère de l’entre-deux-guerres », resituent les organisateurs de l’exposition. Après les accords de Munich, en 1938, il désapprouve la décision de la France et de Daladier de s’incliner devant Hitler, ce qui lui vaudra le quolibet, par ce dernier dictateur, de « petit Martiniquais sautillant ».

    « Démis de ses fonctions alors que les troupes allemandes approchent de Paris, il s’exile aux États-Unis. Paria, il est déchu de sa nationalité par le gouvernement de Vichy. Libre penseur, il refuse de rejoindre De Gaulle à Londres. Ruiné, il accepte son sort : repartir de zéro pour devenir enfin ce qu’il a toujours été. » Saint-John Perse ou un auteur baroudeur dont le trajet éclate sous la palette d’illustrateurs aux différents styles dans une exposition « qui présente également, à l’occasion du cinquantenaire de sa création, le 19 juin 1976 à Aix, de nombreux documents et objets originaux issus des réserves de la Fondation Saint-John Perse ».

  • L’année sera celle de Thérèse Neveu, célèbre santonnière

    L’année sera celle de Thérèse Neveu, célèbre santonnière

    « La belle santonnière », admirée par Frédéric Mistral, est née à Aubagne le 4 février 1866. Thérèse Neveu a révolutionné l’art santonnier. Surtout, rappelle Sylvie Neveu-Prigent, son arrière-petite-fille, parce qu’elle « représenta des personnes vivantes ». Par exemple Margarido, vêtue du costume provençal, ou Virginie, des Solans, qui venait vendre ses lapins sur le marché d’Aubagne.

    Le 4 février prochain, l’association Les Santons de Thérèse Neveu Patrimoine artistique provençal, que préside Sylvie Neveu-Prigent, invite le public à venir inaugurer, à 11h, au son des galoubets et tambourins, la gravure réalisée sur une roche par des femmes de l’asso avec les conseils de Louis Douard « graveur de Garlaban », au Garlaban.

    La gravure au Garlaban

    Le départ est prévu, à pied, à 9h30 du parking du Puits de Raimu. À 16h, l’après-midi, dans le hall de l’hôtel de ville, visite commentée de l’exposition « Trésors de la crèche Neveu », prolongée. Parce que la santonnière s’inspirait de la pastorale, des extraits de la pastorale Maurel seront joués. Alors que Thérèse Neveu s’est éteinte le 10 juillet 1946, l’association commémorera cette date le lendemain, avec les Dansaïres du Garlaban, groupe provençal. Entre temps, des visites guidées auront lieu aux Ateliers Thérèse Neveu, durant les vacances de février. Le 8 mars, circuit en hommage aux femmes d’Aubagne (ces événements sont programmés par l’Office de tourisme). Le 11 novembre, une lecture théâtralisée du journal intime de Magdeleine Neveu, fille de Thérèse, sera donnée à la médiathèque Pagnol. Pour se faire une idée de l’art santonnier de Thérèse Neveu, on peut aller voir la crèche à l’église St-Sauveur, au moins jusqu’au 2 février.

  • L’œuvre de Gustave Courbet mise à l’honneur à Hyères

    L’œuvre de Gustave Courbet mise à l’honneur à Hyères

    Le Musée des Cultures et du Paysage accueille l’exposition intitulée « Gustave Courbet, du chant de la Nature aux voix de la Révolte » du 18 janvier au 24 mai inclus. Mais le vernissage est organisé dès ce samedi17 janvier.

    Le peintre, décédé en 1877, traduisait son travail ainsi, en 1855 : « Peindre son temps, peindre le vrai, refuser l’artifice ». Cette exposition retrace près de quarante années de création. Ce sont « 120 œuvres, objets, lettres, archives et photographies » qui sont présentées et « qui proviennent de l’Institut Gustave Courbet d’Ornans, de musées français et de collections privées internationales », détaille le musée, dans un communiqué.

    Le parcours de visite est composé de 12 thématiques pour comprendre l’univers de l’artiste : Le chant de la Nature, l’ode à la Femme, le chant des bourgeois, le monde de Courbet, visages visages, face à face, l’affaire de la colonne Vendôme, le chemin de l’exil, les Travaux et les jours, le monde animal, marines-côte à côté et, enfin, le chant des sources.

    L’exposition s’articule autour de ces deux axes majeurs : le chant de la Nature et les voix de la Révoltes. L’artiste confronte son regard sur le monde. « Il incarne une nouvelle manière de voir et de penser », précise le musée. Gustave Courbet fait surgir « le réel même, une vérité humaine capable de bouleverser les codes établis ».

    Le vernissage de l’exposition se tient ce samedi à 11h. Une visite du parcours est proposée gratuitement à 10h20 en présence de Jean-Pierre Giran (LR), maire de la ville.

    Entrée payante (hors vernissage), à partir de 4€