Tag: Environnement

  • Les infractions à l’urbanisme et la limite des poursuites à Marseille

    Les infractions à l’urbanisme et la limite des poursuites à Marseille

    Quoi de mieux pour échapper aux poursuites que de mettre à néant la procédure. Ce fut le cas lundi devant la chambre de l’urbanisme. D’entrée, un avocat fait mouche en lançant que l’inspecteur de l’urbanisme de la Ville de Marseille a pénétré au domicile de son client et pris des photos depuis sa terrasse. « L’inspecteur de l’urbanisme n’a effectivement pas relevé votre consentement écrit pour pénétrer dans votre propriété. Il ne fait même pas état de l’accord oral donné. Le procès-verbal de constat des infractions du 14 septembre 2020 est donc nul. C’est la seule pièce du dossier. Vous êtes relaxé de toutes les infractions », doit admettre la présidente face au prévenu qui fond de bonheur.

    Venue personnellement défendre à la barre ses dossiers, la directrice de l’urbanisme de la Ville de Marseille s’incline et s’entend rappeler du tribunal que depuis la loi Elan de novembre 2018, l’article L480-17 du code de l’urbanisme stipule que « les domiciles et les locaux comportant des parties à usage d’habitation ne peuvent être visités qu’entre 6h et 21h, avec l’assentiment de l’occupant ou, à défaut, en présence d’un officier de police judiciaire (…). Cet assentiment doit faire l’objet d’une déclaration écrite de la main de l’intéressé. » Une petite note de service ?

    Un cabanon à l’Estaque

    Dossier suivant. « Je m’étais déplacé au service de l’urbanisme. On m’avait dit oralement que pour moins de 5 m², je n’avais pas besoin de déclaration préalable », explique avec une apparente bonne foi le propriétaire d’un cabanon à l’Estaque (16e). Mais l’extension de 4,95 m² réalisée début 2015 sur son cabanon de 13 m² en rez-de-jardin viole le PLUi. 4 ans plus tard, un inspecteur de l’urbanisme vient dresser un PV d’infraction. Le propriétaire tente en vain de régulariser. Le parquet débordé propose un classement sous condition mais le prévenu refuse l’amende-cadeau de 5 000 euros, arguant qu’il a saisi le tribunal administratif. Ce dernier tranche 4 ans plus tard en donnant raison à la Ville : c’est une construction nouvelle détachable du cabanon faute de porte. « Si chacun se dit que pour moins de 5 m², on peut ne pas respecter le PLUi alors plus aucune norme n’est respectée. La règle est là pour tout le monde et pour préserver notre environnement », sermonne la présidente. La directrice de l’urbanisme réclame la démolition de l’extension, « cet avantage que n’auraient pu obtenir ceux qui respectent la règle ». La plus-value de ce bien résulte aussi de l’infraction : le cabanon acheté 195 000 euros en 2011 est à vendre aujourd’hui 365 000 euros. Le tribunal a écarté la démolition, considérant la bonne foi du prévenu qui ressort de sa prise de contact initiale avec le service de l’urbanisme. C’est donc une amende de 10 000 euros calculée sur le prix au mètre carré dans le quartier.

  • Capture du CO2 par l’océan : regain d’intérêt et incertitudes

    Capture du CO2 par l’océan : regain d’intérêt et incertitudes

    Faire pousser des algues et les faire couler au fond de l’océan ? Ou le fertiliser pour booster le développement du phytoplancton ? Ou réduire l’acidité de l’eau en y dissolvant des minéraux ? « Depuis cinq ans, il y a un regain d’intérêt autour de ces méthodes qui permettent de capturer du dioxyde de carbone (CO2) dans l’océan, principalement de la part de start-up ou d’organisations non-gouvernementales », relève Olivier Sulpis, chercheur CNRS au Centre de recherche et d’enseignement en géosciences de l’environnement (Aix-en-Provence). L’idée ? Lutter contre le changement climatique en augmentant la capacité de l’océan à absorber du CO2.

    « Il y a eu un tournant ces dernières années, assure le chercheur. C’était considéré comme un sujet d’apprentis-sorciers il y a une dizaine d’années. C’est maintenant pris au sérieux, même par une partie de la communauté scientifique. » Il cite notamment le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) qui considérait en 2018 que limiter le réchauffement à +1,5°C d’ici la fin du siècle par rapport au début de l’ère industrielle nécessitera de capturer du CO2. « Pas sûr que cela soit aussi indispensable pour atteindre l’objectif de +2°C », nuance-t-il toutefois.

    Risques écologiques

    Aujourd’hui, seules quelques expérimentations ont été menées. « Si cela venait à se développer, il est important que cela ne se fasse pas n’importe comment », insiste Olivier Sulpis. C’est la raison pour laquelle il publie, avec des collègues européens, un rapport sur le sujet pour le Conseil européen de la mer (EMB). « L’objectif était de recenser les méthodes, d’établir des critères pour évaluer leur efficacité et les risques potentiels et d’émettre des recommandations », explique-t-il.

    Le rapport insiste sur plusieurs éléments à évaluer comme la quantité de CO2 réellement capturée, la durée pendant laquelle il sera piégé et les risques pour l’environnement. Certaines méthodes ont déjà montré des effets néfastes comme la fertilisation de l’océan avec du fer qui accroît la production de phytoplancton en surface mais entraîne une désoxygénation de l’eau car ce surplus de phytoplancton attire de nombreux organismes qui respirent.

    « Il ne faut pas croire que le problème du réchauffement climatique sera réglé en capturant du CO2 », rappelle Olivier Sulpis. Même si des méthodes s’avéraient efficaces et inoffensives pour l’environnement, les quantités absorbées ne suffiraient pas. « Déployer n’importe quelle méthode à l’échelle du globe coûterait très cher et ne permettrait de réduire que de quelques parties par million (ppm) la quantité de CO2 atmosphérique », précise-t-il. Alors que nous sommes passés de moins de 300 ppm à plus de 420 ppm en 200 ans. « C’est toujours bon à prendre », admet-il. Mais la méthode la plus efficace, la plus simple et la moins chère est connue : arrêter d’émettre du CO2.

  • L’Atelier Bleu mobilisé contre le plastique en Méditerranée

    L’Atelier Bleu mobilisé contre le plastique en Méditerranée

    « Notre mer, berceau de civilisations, étouffe sous le plastique. La Méditerranée, semi-fermée et cernée par des zones fortement urbanisées, est aujourd’hui l’une des mers les plus polluées du monde », amorce la lettre ouverte envoyée aux ministres de la COP 24, réunis au Caire du 2 au 5 décembre derniers.

    Adressé par la Coalition interparlementaire pour mettre fin à la pollution plastique, signée par des organisations, scientifiques, associations et citoyens engagés, ce courrier étaye : « Chaque année, 230 000 tonnes de déchets plastiques sont déversées dans la Méditerranée, soit environ 730 tonnes par jour. Plus de 7 millions de tonnes de plastiques (macro, micro et nano) sont déjà accumulées dans le bassin méditerranéen, soit l’équivalent en poids de 350 milliards de bouteilles en plastique. »

    Et d’alerter  : « Ce volume pourrait doubler d’ici 2040 sans action majeure. Cette situation est d’autant plus dramatique que dans la Méditerranée, tout plastique rejeté y est piégé, contaminant la faune, la flore et, par l’infiltration de microfibres, d’additifs chimiques et de perturbateurs endocriniens, la santé humaine elle-même. »

    12 ramassages par an

    Servane Tarot, directrice de l’Atelier Bleu à La Ciotat, association qui œuvre à la protection de l’environnement « de Marseille à Toulon, sur la côte provençale » rappelle-t-elle, fait partie des signataires du courrier. « Face à l’urgence et à la lenteur des négociations internationales, cette lettre appelle à un plan d’actions », insiste-t-elle. Notamment « fixer des objectifs ambitieux de réduction, créer un fonds méditerranéen dédié et intégrer cette lutte dans toutes les politiques publiques » .

    La lutte contre la pollution plastique est une des missions de l’Atelier Bleu depuis 1984, informe Servane Tarot. « Nous mettons en place des actions curatives, avec par exemple 12 opérations de ramassage de plastique par an, avec les écoles, les entreprises, les citoyens… », détaille-t-elle. En parallèle, depuis 2018 auprès des commerçants ciotadens et 2024 auprès des forains des marchés de La Ciotat, « nous agissons pour sensibiliser à la réduction des sacs plastique à la source. 80% d’entre eux ont accepté notre accompagnement personnalisé pour faire évoluer leurs pratiques. Un des obstacles est économique : les emballages réutilisables coûtent plus cher que le plastique… », développe-t-elle.

    Il y a encore du chemin à faire pour que l’usage d’un contenant réutilisable par le consommateur gagne du terrain.

  • [Entretien] Christine Leuthy : « Le geste de tri a augmenté de 8% dans la région »

    [Entretien] Christine Leuthy : « Le geste de tri a augmenté de 8% dans la région »

    La Marseillaise : Le volume des emballages ménagers et papiers triés a reculé en 2024 dans les Bouches-du-Rhône, le Var, le Vaucluse. Comment cela s’explique ?

    Christine Leuthy : Globalement, on a augmenté le geste de tri dans la région Paca de 8%, avec les collectivités à nos côtés. Nous sommes une région en retard, donc nous pouvons nous en réjouir. Quel que soit le département, il y a une augmentation du tri sur les emballages légers ; le carton, les plastiques, l’aluminium. Sur le verre, cela stagne un peu, c’est contrariant parce qu’il y en a beaucoup qui reste dans les ordures ménagères. Et globalement, surtout dans des départements très urbains, on a entre 100 et 120 kg de collecte sélective – verre, emballages et papiers – dans les ordures ménagères. Ce sont tous ces emballages qu’il faut aller chercher. Dans les Bouches-du-Rhône, c’est là où l’effort doit le plus porter. On n’est qu’à 38 kg d’emballages triés sur une année, là où en région Paca c’est 56 kg, et le Français en moyenne nationale trie 72 kg. Mais une dynamique s’installe, parce qu’on a simplifié la consigne de tri : à partir du moment où c’est un emballage, vous le mettez dans le bac de tri. On accompagne aussi les collectivités pour qu’il y ait le plus possible de points de tri. C’est ce qui se passe sur Marseille : avec la Métropole, des renforts de points d’apport volontaire sont en train d’être déployés.

    Avec une expérimentation sur les points dédiés au carton depuis un an… On en est où ?

    C.L. : Ils étaient partis d’une dizaine de bacs dans le centre-ville à Marseille, pour sortir les cartons du bac jaune qu’ils obstruaient tout de suite. Ils en sont à 240 déployés et ils vont continuer : ça fait monter de 10% le recyclage des cartons, ce n’est pas négligeable ! Les habitants ont compris et jouent le jeu. La Métropole essaie aussi sur les deux prochaines années d’harmoniser les fréquences de collecte pour qu’on remplace une collecte d’ordures ménagères par une collecte d’emballages. La Ville elle-même est en train de déployer ce geste de tri là où elle a la compétence, sur les parcs, dans les écoles, les bâtiments administratifs… Mais on aura plutôt les résultats à partir de 2025.

    Dans le Var, les résultats sont mauvais…

    C.L. : Il n’y a pas un recul, mais une collectivité dont les tonnages n’ont pas pu être comptabilisés cette année-là. Cela masque plutôt une dynamique, le geste de tri est plutôt en progression dans le Var. Ce qui va faciliter les choses dans ce département, c’est la modernisation de deux centres de tri à partir de fin 2026, cela va donner une capacité bien supérieure, avec une qualité du tri.

    Le centre de tri du Jas de Rhode près de Marseille a été touché par les incendies cet été, est-ce que cela a eu un impact sur la filière ?

    C.L. : On le verra l’année prochaine, il y aura forcément un impact. En coulisses, on s’est organisés pour pouvoir amener les tonnes ailleurs. On peut remercier les personnels et les pompiers qui ont sauvé le centre de tri d’une catastrophe, il est reparti au bout de deux mois, c’est quelque chose à saluer. Le centre qui traitait les papiers de l’aire toulonnaise à La Seyne-sur-Mer, lui, a brûlé totalement [fin avril, Ndlr.]. C’est une vraie problématique. On arrête près de 80% des départs de feux dans le centre de tri en France, mais ce sont des usines qui ont de vrais risques. La difficulté face à ces risques majeurs, c’est qu’ils ont des problèmes avec les assurances, on arrive à avoir des usines qui ont besoin de s’auto-assurer.

    Vous parliez du poids des erreurs de tri, ces emballages placés dans des sacs poubelles ou emboîtés, ces objets en plastique jetés… Quelle est la situation dans la région ?

    C.L. : En général, elles sont raisonnables entre 15 et 20%, mais au dessus ce n’est pas acceptable, cela peut abîmer le process, cela coûte cher, et il faut lancer des campagnes de communication, ce à quoi on s’emploie. Chez nous, les collectivités sont plutôt autour de 25 à 30%, un chiffre que l’on retrouve dans d’autres métropoles. Cette économie circulaire est récente, l’habitant peut arriver à se tromper et il faut l’encourager pour craquer le plafond de verre. Oui c’est trié, recyclé, cela crée de l’emploi : plus de 30 000 en France. Et ce sont des économies, d’autant plus que la taxe générale sur les activités polluantes augmente sur l’enfouissement et l’incinération. Mais au-delà du bac jaune, il faut qu’on se mobilise dans la région sur la consigne, pour le retour des bouteilles plastique et des canettes. Il n’y a que deux pays en Europe qui ne l’ont pas mis en place, la France et l’Italie ! Les associations très mobilisées à Marseille pour aller nettoyer les espaces naturels, les plages, prônent elles-mêmes la consigne.

    Vous parlez de ce cliché des déchets qui vont tous au même endroit. Mais justement, à la Millière, les salariés d’un centre de tri de déchets professionnels alertaient sur des verres broyés pour être enfouis.

    C.L. : Je ne m’occupe pas des déchets professionnels. Nous, nous n’avons pas ce cas-là. Tout ce qui est mis dans une colonne de verre part en Occitanie, on peut garantir qu’il n’y a pas de problème. On avait un recyclage de verre en forte progression sur la région, il redescend un peu parce qu’il y a moins de consommation avec l’inflation. Mais il y en a encore tellement dans les ordures ménagères, il faut aller le trier.

    Le tri du papier, lui, s’effondre, pourquoi ?

    C.L. : On consomme de moins en moins de papier graphique, avec la dématérialisation. Il y a une chute du gisement sur le papier, partout en France.

    EN CHIFFRES

    +8%

    d’emballages légers ont été triés dans la région en 2024, avec une forte hausse des cartons (+12%) et des films plastiques.

    56 kg

    par habitants d’emballages ménagers et papiers sont triés dans la région, contre 72 kg au niveau national. Le Var (73,5 kg, soit -0,9%) et le Vaucluse (69,5 kg, -2,4%) sont proches de la moyenne. Les Bouches-du-Rhône 537,9 kg, -0,3%) font figure de mauvais élève.

    26,4 kg

    de verre sont triés par habitant dans la région, dont 35 kg dans le Var (+0,5%), 32,1 kg en Vaucluse (-1,4%) et seulement 17,3 kg dans les Bouches-du-Rhône (+1,2%).

  • Un plan de 30 millions pour sauver la Camargue

    Un plan de 30 millions pour sauver la Camargue

    La Camargue n’est pas une carte postale. C’est le message fort porté ce mercredi 5 décembre à Nîmes (Gard) par la conseillère régionale Katy Guyot, lors de la présentation du bilan du Plan Camargue et du lancement de sa nouvelle version, le « Plan Camargue 2.0 ». Depuis 2018, la Région Occitanie y a investi plus de 30 millions d’euros. Objectif : soutenir un territoire singulier, entre fragilité écologique, traditions vivantes et défis économiques. « La Camargue, ce n’est pas du folklore », martèle l’élue. « C’est une biodiversité riche, une économie à part entière, et une culture à défendre. »

    Adopté en 2018, le Plan Camargue repose sur quatre piliers : environnement, agriculture, culture et économie touristique. Loin d’un affichage symbolique, ce programme a produit des résultats concrets. Côté culture et patrimoine, ce sont 5,5 millions d’euros qui ont été injectés pour moderniser les arènes camarguaises (Lattes, Le Crès, Lansargues, Saint-Geniès-des-Mourgues ou Vauvert), restaurer l’amphithéâtre de Nîmes (près de 2 millions), soutenir la Fédération française de la course camarguaise ou accompagner la production audiovisuelle, comme le film Animale d’Emma Benestan, récemment diffusé sur Canal+.

    « Ce n’est pas sauter comme un cabri… »

    En matière d’agriculture et d’élevage, 2,7 millions d’euros ont été mobilisés, notamment pour valoriser la race Camargue et soutenir les éleveurs impactés par la dermatose nodulaire. « Durant la pandémie, on a versé 770 000 euros d’aides directes aux manades. Pour nous, les éleveurs faisaient partie des essentiels », rappelle Katy Guyot.

    Face à l’urgence climatique, l’environnement n’a pas été en reste : 13,3 millions d’euros ont été investis pour préserver la biodiversité, renforcer les digues ou restaurer des zones sensibles dans les réserves naturelles comme Scamandre ou Mahistre. Le tourisme, enfin, a bénéficié de 8,8 millions pour valoriser les Grands Sites d’Occitanie, les circuits d’agritourisme ou l’accueil de visiteurs.

    « On peut sauter comme un cabri avec une chemise camarguaise en criant “sauvons les traditions”… ça ne fait pas avancer le Schmilblick ! », lance Katy Guyot, paraphrasant De Gaulle pour mieux rappeler la nécessité d’actions concrètes. Parmi les initiatives marquantes, la création d’un conservatoire génétique du taureau de Camargue est en cours, porté par le Livre généalogique de la Raço di Biòu. Philippe Boch, manadier à Lansargues et président de l’organisme, en détaille la portée : « Nous avons commencé à prélever du sperme de taureau Camargue. On va continuer avec les ovocytes pour constituer une banque génétique. Cela nous permettra de préserver la race face aux menaces sanitaires comme la fièvre aphteuse ou la dermatose. » Cette initiative s’inscrit dans un dispositif plus large de protection des races menacées, qui a déjà permis à la Région de recevoir 104 demandes de subventions, dont 51 pour les chevaux de Camargue et 53 pour les taureaux.

    Autre chantier structurant : l’inscription de la Camargue au patrimoine mondial de l’Unesco. Soutenue depuis 2023 par la Région, cette démarche vise à protéger le delta du Rhône et à renforcer la gestion durable du site. « Pour survivre aux mutations profondes (montée des eaux, salinisation, réduction de la mobilité des roseaux), nous devons donner au territoire les moyens d’être protégée et reconnue », plaide Katy Guyot.

    Un plan 2.0 pour anticiper

    Forte de ce premier cycle d’action, la Région Occitanie engage désormais une nouvelle phase. Le « Plan Camargue 2.0 » vise à mieux outiller le territoire face aux crises à venir, qu’elles soient sanitaires, économiques ou climatiques. Il s’agit notamment d’encourager l’innovation dans l’agrotourisme, la diversification des élevages ou la valorisation de la viande locale.

    L’un des socles de cette relance sera la réalisation d’une grande étude d’impact socio-économique en 2025-2026. Menée sur le territoire de la Camargue gardoise et héraultaise, cette enquête permettra de mieux cerner le poids réel de la culture camarguaise dans l’économie locale. Seront notamment analysées les retombées du tourisme, l’emploi généré par les filières traditionnelles, ou encore l’impact culturel sur les habitants et visiteurs.

    Pour la Région, cette étude permettra d’objectiver les politiques publiques et de mieux flécher les aides futures vers ce qui crée « richesse, emploi et vitalité territoriale ». Il s’agit aussi d’armer les collectivités face aux mutations profondes du littoral, en faisant de la Camargue un modèle de développement durable conciliant authenticité et modernité. « Depuis 2018, nous avons posé les fondations, maintenant il faut aller plus loin, conclut Katy Guyot. L’Occitanie doit rester aux côtés de celles et ceux qui font vivre ce territoire. Ce n’est pas du folklore, c’est notre fierté régionale. »

  • [Cancers et polluants, le cercle vicieux 1/3] Réduction des plastiques et tri des déchets à la source

    [Cancers et polluants, le cercle vicieux 1/3] Réduction des plastiques et tri des déchets à la source

    Dans le cadre de la semaine européenne de la réduction des déchets et dans sa volonté de poursuivre son engagement en faveur de la réduction des déchets plastiques – un axe prioritaire des politiques nationales en faveur de la réduction de l’impact environnemental des établissements de santé publique – l’Institut Paoli-Calmettes (IPC) organise une conférence, ce lundi de 12h à 14h. Elle sera animée par Nathalie Gontard, directrice de recherche à l’Inrae et spécialiste de renommée internationale des matériaux plastiques, de leur chaîne de vie et de leurs impacts à long terme. « Au sein de l’hôpital, nous avons trois grandes catégories de déchets, à savoir les déchets courants ou ménagers, les déchets chimiques et les déchets à risques infectieux (DASRI) », explique Lyssandre Boulet, coordinatrice développement durable pour le département des ressources matérielles. « Nous faisons appel à des prestataires marseillais, situés dans les quartiers Nord, qui favorisent l’insertion des personnes éloignées de l’emploi. Ils récupèrent les déchets de l’IPC et les emmènent vers les différents centres de tri. Sauf pour les DASRI, l’incinérateur se trouve à Toulon. » Le tri des déchets est une étape importante pour l’Institut car, dans un établissement de santé, les déchets dits ménagers doivent être enfouis s’ils ne sont pas triés.

    Bête noire de l’IPC
  • La Sainte-Baume à travers les contes

    La Sainte-Baume à travers les contes

    C’est dans cette optique qu’elle organise, ce dimanche, au Jardin des Oliviers à Sanary, une matinée de présentation de contes locaux.

    Des contes pour personnes hospitalisées

    Ces œuvres filmées et réalisées sur le territoire de la Sainte-Baume ont la particularité d’avoir été conçues pour des personnes alitées, hospitalisées et/ou à mobilité réduite.

    « Notre association a été lauréate, début 2025, de l’appel à projet de la mutuelle Mutualia. Ces films, souvent tournés dans un environnement naturel, ont pour but de divertir les patients ou le public qui ne peut pas y accéder, pour apporter une ambiance plus favorable en leur faisant découvrir le monde des légendes », explique Thierry Blondeau, président de l’association.

    Une idée à la base portée par Christian Vacquié, un touche à tout aux multiples casquettes (technicien forestier, conteur, professeur de yoga et musicien) désireux de partager la richesse de ses sorties en nature. Ce dernier est accompagné de quatre autres conteurs, présents ce dimanche avec l’équipe de l’association.

    Les visionnages auront lieu de 10h à midi, après un accueil café à 9h30. Il sera possible de visiter, avec une guide, le jardin des oliviers et son moulin à huile, sa route des oliviers, ses fours à chaux et à cade… à midi, place à un apéritif dînatoire durant lequel vous pourrez déguster de l’anchoïade, de la tapenade, ainsi que du pain cuit au four à bois, préparé directement par une boulangère de la commune de Bras, qui propose aussi des chocolats (sur commande*). Chacun est invité, s’il le souhaite, à compléter ce repas en apportant le met de son choix. Les visiteurs pourront ensuite aller profiter des illuminations sanariennes, pour poursuivre ce dimanche aux accents de Noël.

    *Infos sur guidesaintebaume.fr et sur la page facebook de l’association

  • À Avignon, le patrimoine face au défi du réchauffement

    À Avignon, le patrimoine face au défi du réchauffement

    Il y a presque 700 ans, les architectes du Palais des Papes et des bâtiments historiques n’avaient certainement pas anticipé le réchauffement climatique. Et c’est désormais aux utilisateurs actuels, à savoir notamment la municipalité, de s’adapter. Un sujet complexe abordé ces jeudi 4 et vendredi 5 décembre à l’occasion des 30 ans de l’inscription du centre historique d’Avignon au patrimoine mondial de l’Unesco lors d’ateliers et de colloques organisés par l’Université d’Avignon sur les adaptations face au changement climatique des jardins et paysages du patrimoine mondial.

    Des échanges entre public et spécialistes qui ont commencé ce jeudi 4 décembre au matin avec les visites des jardins et des grandes salles et allées du Rocher des Doms et du Palais des Papes. « Le sujet était une évidence. On est obligés de se poser ces questions-là aujourd’hui. Tout en montrant que le patrimoine historique n’est pas un petit îlot isolé du territoire, et donc de l’insérer dans le paysage », précise Dominique Cassaz, coorganisatrice des deux journées et adjointe du directeur des Monuments historiques et coordinatrice patrimoine mondial de l’Unesco à la Ville d’Avignon.

    Enjeux économiques

    Car au sein de l’emblématique bâtiment historique avignonnais, les effets du réchauffement climatique « ne sont pas simples à gérer », comme le confie Corinne Langlois, conservatrice du Palais des Papes. Le monument le plus visité de la Région Sud, avec 700 000 passages par an, et ses murs anciens doivent faire face à de grandes variations de températures, mais aussi d’hygrométrie en leur sein. Et les réglementations autour des bâtiments historiques empêchent toute installation qui permettrait de réguler ces paramètres rapidement. « Le plus gros problème, c’est l’été. On aère au maximum et on n’expose pas d’œuvres sensibles dans ces conditions. Mais en ouvrant tout, on se retrouve avec des pigeons dans le bâtiment, ce qui est un autre problème », glisse-t-elle. L’extérieur aussi est exposé, avec des enduits devenus inadaptés aux grosses chaleurs et qui ne tiennent pas dans la durée. Avant de rappeler qu’il « n’y a pas le choix d’arrêter de faire des bêtises avec le climat », et de réfléchir à des changements, comme par exemple modifier les horaires de visite en saison estivale, mais aussi à travers des travaux.

    Une démarche fondamentale car, comme le rappelle l’adjoint au maire d’Avignon en charge du patrimoine, Sébastien Giorgis, « c’est une économie à la fois touristique mais aussi pour toutes les entreprises spécialisées du territoire qui s’activent autour de l’entretien et la rénovation », tout un environnement « qui vit autour de ce lieu ». Pour le bâti donc, mais aussi du côté du jardin, qui doit lui aussi évoluer face au changement climatique. « Certaines essences ne sont plus adaptées, il y a la question de l’eau et des îlots de fraîcheur pour l’été. Tout cela évolue très, très vite », conclut l’élu.

  • La Ville préempte la maison de retraite du Roy d’Espagne

    La Ville préempte la maison de retraite du Roy d’Espagne

    Un projet municipal se dessine pour sauver de la démolition la résidence senior du Roy d’Espagne fermée il y a un an et demi après le départ contraint des derniers résidents. La Ville de Marseille a officialisé, mercredi, sa décision de préempter l’emprise foncière en shuntant le promoteur Sifer qui attaque le refus de permis.

    « La Ville de Marseille souhaite porter un projet de résidence autonomie de nouvelle génération, s’inscrivant pleinement dans l’évolution des politiques de prévention et d’accompagnement du vieillissement », annonce dans un communiqué la municipalité qui entend ainsi « préserver une offre de résidence à destination des seniors, particulièrement ancrée dans ce quartier ». L’opérateur sera son centre communal d’action sociale (CCAS). L’école voisine devant être rénovée, la mairie souhaite l’intégrer au projet pour faire « émerger un pôle intergénérationnel en lien avec la communauté scolaire ». Pour ce projet ambitieux, elle espère la collaboration du Département, « seule autorité compétente pour attribuer les agréments de résidence autonomie ».

    C’est un immense soulagement pour le Collectif Roy d’Espagne très mobilisé. « C’est la solution idéale qui était dans nos rêves. On échappe à un projet immobilier dévastateur », réagit Perrine Seghier. « Je suis extrêmement satisfaite. C’est un positionnement fort et volontariste de la Ville pour préserver les services publics et prendre soin de ce quartier », déclare Olivia Fortin, la maire des 6-8 qui invite à se rappeler que « ces bâtiments rénovés avec de l’argent public et évacués de leurs résidents devaient être démolis sur des principes financiers au bénéfice d’un projet immobilier de standing qui avait soulevé l’indignation des habitants du quartier ». Elle est confiante pour la suite. « On va tout faire pour que les choses avancent et mettre en place un service public qui maintient les équilibres de ce quartier. Nous allons construire avec le CCAS un projet intergénérationnel avec l’école voisine. »

    Sifer Promotion avait conclu il y a deux ans une promesse de vente pour démolir et construire 125 logements de standing. Pour sécuriser l’opération, il avait avancer 3 millions d’euros à l’Entraide en grande difficulté. Le refus de délivrance opposé par le service de l’urbanisme le 23 avril dernier d’un permis a tout fait capoter. Sifer a fait une nouvelle offre à L’Entraide qui l’a acceptée d’où la déclaration d’intention d’aliéner transmise le 1er septembre en mairie. La Ville de Marseille a saisi cette opportunité pour préempter pour un montant qui n’est pas encore précisé. Dans un récent entretien accordé à La Marseillaise, Hervé Cilia, le président du groupe Entraide en redressement judiciaire estimait à 12 millions d’euros la valeur de la parcelle de 12 720m² qui comprend six bâtiments d’habitation et un centre médical.

    Déféré préfectoral

    La voie est-elle aussi dégagée pour la Ville ? L’avenir le dira. Car avant de partir, le préfet de région Georges-François Leclerc a laissé une surprise dans un tiroir : un déféré préfectoral. Estimant que le permis déposé par le promoteur respecte parfaitement la réglementation et le PLUi, il a saisi le 15 octobre le tribunal administratif d’une requête en annulation du refus de permis, ses services estimant le projet de 125 logements bien intégré à son environnement. Un soutien de poids pour Cyril Simon, le directeur général de Sifer Promotion, qui confirme à La Marseillaise « avoir effectivement contesté le refus de permis de construire ». Que se passera-t-il si le juge administratif venait à annuler le refus de permis ? Peut-être rien si la Ville réussit à finaliser sa préemption.

    « C’est un positionnement fort et volontariste
    de la Ville »

  • Être parrain d’un flamant rose en Camargue

    Être parrain d’un flamant rose en Camargue

    Adopte un flamant ». C’est l’opération à la fois très ludique et ô combien pédagogique lancée par cet institut de recherche pour la conservation des zones humides méditerranéennes afin de sensibiliser le public à cet enjeu tout en les familiarisant avec cette espèce emblématique.

    Pour une somme assez modique, allant de 25 à 100 euros par an, selon la formule, le curieux ou passionné peut devenir « le parrain » d’un flamant rose. La tour du Valat donne quelques exemples, lors du choix, de la variété des flamants roses peuplant la Camargue, entre les « sédentaires », qui n’ont jamais mis une patte en dehors de ce territoire, et d’autres, très « aventuriers », habitués aux grands voyages « aux quatre coins de la Méditerranée ». Et de donner l’exemple d’Indiana, né en 1990 et qui, d’après sa bague, a parcouru plus de 13 500 kilomètres… Le site dédié permet de « parrainer » un flamant ou d’offrir un parrainage.

    « En parrainant un flamant rose, c’est l’espèce tout entière que vous aidez, mais aussi ces milieux humides qu’ils affectionnent tant », expliquent les protagonistes de l’opération. « La Tour du Valat et tout un réseau d’observateurs s’étendant à l’échelle de la Méditerranée pourront ainsi poursuivre leurs efforts pour la sauvegarde de l’espèce », poursuivent-ils.

    Suivre à la trace

    « Le parrainage se traduit par une participation directe à l’étude et à la protection des flamants roses en finançant entre autres les activités de suivi des populations ainsi que l’achat du matériel nécessaire pour les observateurs d’Afrique du Nord, d’Afrique de l’Ouest et du Moyen-Orient », poursuit la structure. Et de préciser que « la lecture des bagues, posées sur les pattes des flamants est difficile et elle est parfois faussée par la mauvaise qualité du matériel ». La paire de jumelles donne des résultats très mitigés à comparer à ceux d’un télescope, « avec lequel l’observation et la lecture peuvent se faire jusqu’à une distance de 300 mètres ».

    Pour donner une échelle des observations, « plus de 800 000 lectures de bagues ont été effectuées depuis 1977 », renseigne le centre de recherche, le tout réalisé par quelque 5 900 personnes différentes. Près de 70 000 flamants roses ont été bagués depuis 1977, dont plus de 27 000 en Camargue.

    La tour du Valat est devenue au fil des décennies une véritable institution en Camargue.

    Luc Hoffmann, docteur en biologie, cofondateur du WWF, a fait l’acquisition du vaste domaine de la Tour du Valat en 1948 « avant de créer en 1954 une station biologique éponyme », rappelle la structure dans une note biographique sur son fondateur. Le domaine s’étend sur plus de 2 500 hectares, dont 1 845 hectares classés en Réserve naturelle régionale.

    Pour tout renseignement : tourduvalat.com

    Pour parrainer un flamant : mon flamant.com