Tag: Environnement

  • Un site de déchets verts fermé à Château-Gombert

    Un site de déchets verts fermé à Château-Gombert

    « Comme ma cousine fait de la politique, ça vient de là »

    La gestion des déchets verts reste problématique pour le Groupe Chailan, une entreprise de travaux forestiers qui a pignon sur rue et traite régulièrement avec les collectivités. Le préfet a pris le 18 septembre un arrêté de mise en demeure à son encontre, la sommant de régulariser un site de transit et de regroupement de déchets verts à Château-Gombert.

    À la suite d’une plainte, une inspection de la Dreal a constaté le 8 avril 2025 la présence au 24, rue Etienne Miège (13e) d’un tas de 950m3 de déchets végétaux, d’une benne de 30m3 de troncs d’arbres coupés et d’un tas de 380m3 de déchets broyés. Pas d’amiante, pas de gravats du BTP certes, mais plus de 1 000m3 de déchets végétaux, ce qui impose un enregistrement comme installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE).

    « C’est fini, mais avant, beaucoup de camions venaient jeter. Des fois ça sentait le brûlé et il y avait de la fumée », nous dit une riveraine qui continue de promener ses chiens sur ce terrain jonché de copeaux de bois. La Soleam est le propriétaire de cette parcelle nue qui devait bénéficier au Département au titre d’un emplacement réservé pour la réalisation de la LINEA, projet annulé par la justice.

    Interrogé l’aménageur de la Métropole confirme avoir passé une « convention d’occupation précaire jusqu’au 30 septembre 2028 » avec le Groupe Chailan qui réglait un loyer pour un « usage légal, temporaire et précaire » d’une partie de la parcelle, en l’espèce du « stockage de bois (abattage) et des volumes de “déchets verts” issus des coupes et tailles ». Mais, ajoute la SOLEAM, « le Groupe Chailan a souhaité résilier la convention avant la date butoir. L’occupation du site prendra donc fin le 10 octobre 2025 ».

    « J’ai tout bien fait dans les règles mais on a toujours une association sur le dos. Je ne faisais que du transit de déchets verts, de la biomasse », assure le gérant, Philippe Chailan, joint par téléphone. « J’ai tout arrêté. Je ne sais toujours pas pourquoi ils m’en veulent. Je suis réputé, j’ai pas de souci. Je pense que comme ma cousine fait de la politique, ça vient de là. C’est le vrai fond du problème. »

    Ce n’est pourtant pas le premier manquement de cette entreprise condamnée en octobre 2023 à une amende pour 6 000m3 de déchets verts sur un terrain, avenue des Pâquerettes (13e) gracieusement prêté par le Département. Un simple « accord verbal » avec un obscur chef de service, ce qui avait fortement indisposé le tribunal, au point de débouter le Département pour « comportement fautif ».

    C’est un fait que le Groupe Chailan a longtemps été dirigé par la conseillère municipale d’Allauch, Monique Chailan-Robineau (ex-LR) qui nous dit avoir laissé les rênes « en 2007 » de l’entreprise de son « arrière arrière grand-père » à son cousin germain. « Tant mieux qu’il y ait des associations de défense de l’environnement qui surveillent, mais c’est que des broyats de branches », soupire-t-elle, trouvant qu’« on fait beaucoup de tracas aux sociétés en s’arrêtant à des choses minimes quand même ».

    Quand on lui parle de l’affaire Renaud Chervet, cet ex-directeur des marchés publics du Département condamné en décembre 2022 à 5 ans ferme pour corruption, procès au cours duquel fut évoqué le dépôt par le Groupe Chaillan d’une offre hors délai, fait révélé en 2016 par Marsactu et Le Ravi, pour un marché d’entretien des espaces naturels départementaux et des sentiers, l’élue s’inscrit en faux : « C’était l’occasion de me mettre dans la boue. Encore une histoire politique pour essayer de me mettre dans l’affaire. Si cela avait été vrai, le parquet aurait poursuivi. »

  • C’est l’heure de la reconnexion à La Seyne

    C’est l’heure de la reconnexion à La Seyne

    « Une reconnexion profonde à la nature »

    Créée fin 2024 et soutenue par un comité international de scientifiques, artistes et éducateurs, ReconnectNature souhaite « favoriser une reconnexion profonde à la nature et promouvoir une transition écologique systémique en mêlant art, science et éducation ». Partant du constat qu’« un tiers des enfants de 8 à 12 ans ne savent plus distinguer une figure d’une courgette » ou encore que « dans le Var, moins de 10% de l’alimentation est produite localement », elle invite à créer des synergies entre acteurs engagés mais « souvent isolés », dans l’optique de « réussir la transition écologique, sociale et économique ».

    Pour ce faire, l’association insiste sur l’importance de créer des liens « avec la nature, entre générations et disciplines, d’entraide et de coopération », afin que l’environnement devienne une source d’inspiration plutôt que d’anxiété. Elle promeut ainsi l’approche dite des « 5 chemins » (contact, émotion, sens, compassion, beauté) et collabore pour l’événement avec… Jean-Louis Masson – homonyme du président du département, artiste engagé dans les transitions – qui adapte son concept « À Travers Champs », consistant lui aussi à relier les acteurs engagés.

    Au-delà des discussions entre acteurs, qui auront lieu de 9h à 17h, le grand public, des plus aux moins jeunes, est également invité à participer, de 13h30 à 16h30, avec une balade animée, des stands d’informations et un atelier land art (conception d’œuvres avec des matériaux naturels). Afin que chacun puisse entamer sa reconnexion.

    Infos sur reconnectnature.org

  • Les gorges du Caramy mises en scène et protégées

    Les gorges du Caramy mises en scène et protégées

    « On voit le travail réalisé ! Ce n’est pas artificiel. On a l’impression que ces murs en branchages ont toujours été là… », commente une visiteuse, mardi, à la fin de la visite. Le lieu est idyllique. Le Caramy, à cet endroit, s’élargit. Ses eaux limpides frissonnent dans son lit clair. Un vent léger fait bruisser les feuilles. Il y a quelques minutes, Jean-Michel Constans, maire (SE) de Tourves et vice-président de l’agglo Provence Verte, a rappelé : « Les gorges du Caramy sont un des sites emblématiques du Parc naturel régional (PNR) Sainte-Baume et de la Provence verte. Il attire 15 000 à 20 000 visiteurs par an, surtout l’été. Ils doivent prendre la mesure de cet endroit exceptionnel. On n’est pas là que pour pique-niquer, se baigner et faire courir le chien. Avec le Parc et grâce au Parc, on a pu faire cet aménagement. C’est la fin d’une belle aventure et une seconde vie pour le Caramy. »

    Dix mois de travaux

    Président du PNR Sainte-Baume et ses 28 communes, Michel Gros souligne : « La Sainte-Baume est comme un château karstique et une des plus belles résurgences est le Caramy. » Protégées au titre de Natura 2000 du fait de leur ripisylve (forêt de bord de cours d’eau, avec des aulnes, des ormes…), de leur biodiversité (libellules, papillons, oiseaux, chauves-souris…), « les gorges étaient en mauvais état », dit-il avec sobriété. « Or une des missions du PNR consiste en la préservation des cours d’eau. » Un peu plus tard, il précise : « Les gens allaient partout. Il n’y avait pas de cheminement. Des motos et des quads traversaient le cours d’eau… »

    Il fallait agir. C’est chose faite. D’un coût de 400 000 euros, les travaux, financés pour moitié environ par la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur avec le fonds Site d’exception, le PNR Sainte-Baume, l’État, la Fondation du patrimoine, l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée, ont duré dix mois et se sont achevés en juillet.

    Gilles Martinod, architecte-paysagiste, a conçu, avec Mathilde Letterond, l’aménagement : « Il fallait respecter le site, son histoire et révéler le génie du lieu », évoque-t-il. À l’entrée, un parking a été repensé, le stationnement organisé, des arbres plantés. À proximité, des toilettes sèches ont été construites.

    Comme « il y avait avant beaucoup de sentes sauvages, les gens piétinaient partout », observe Gilles Martinod, « on a donc créé des mises en défens ». À partir « de branchages issus des élagages, nous avons fait des fagots compressés par couches et nous les avons ligaturés », détaille Mathilde Letterond. Ces sortes de barrières, qui auraient pu être faites par un Robinson, avec ce qu’il trouvait sur place, servent à guider les visiteurs et à protéger les sources et vasques de tufs calcaires, très fragiles. Les berges ont été restaurées. Le long de la rivière, un sentier de découverte, ponctué par « 8 pupitres pédagogiques », renseigne Tiphaine Fermi, responsable du pôle opérationnel du PNR Sainte-Baume, a été tracé. Il forme une boucle autour des deux rives, avec traversée sur des pas japonais en pierre. « On est très rassuré de voir que le site a été respecté cet été. C’est de très bon augure pour la suite », veut croire Tiphaine Fermi.

    « Avec et grâce au Parc,
    on a pu faire cet aménagement »

  • Le titanesque déménagement des archives départementales

    Le titanesque déménagement des archives départementales

    Les couloirs étroits du Palais des Papes se vident petit à petit des milliers de documents des archives départementales dont le déménagement vient de débuter en direction de leur nouvelle maison, en l’occurrence le nouveau bâtiment construit tout récemment, Memento, situé à l’Agroparc à Avignon.

    Plus de 28 kilomètres de documents notariaux, de dons, d’archives communales ou hospitalières, conservés là depuis 1880, qui ont parfois plus de 250 ans, sont ainsi déménagés consciencieusement jusqu’en octobre 2026. « Le passé est en route vers son avenir », philosophe pour l’occasion Dominique Santoni, présidente (LR) du département de Vaucluse. Car le Palais des Papes, bien qu’étant un lieu chargé d’histoire, n’est plus adapté à conserver dans de bonnes conditions ces documents. Entre températures et taux d’humidité différents selon les étages et les salles, la difficulté d’accès de certaines zones étroites ou plusieurs étages à monter sans ascenseur, le temps de déménager est venu.

    L’équipe de l’entreprise Avizo, qui s’occupe de transférer les documents, a notamment dû s’adapter en créant une rampe spéciale pour charger leurs camions ainsi que des « jeannettes » (surnom donné aux armoires roulantes dans lesquelles sont chargés les documents) plus petites et moins larges afin de passer dans tous les endroits. « On est agréablement surpris du site. Mais c’est vrai que c’est un environnement très, très complexe. Mais on a un an pour faire cela dans de bonnes conditions », concède, tout en poussant un chariot, Stéphane Ohouo, technicien contremaître chez Avizo. « Les premiers documents que l’on envoie sont les plus consultés afin que les recherches continuent là-bas », confie Christine Martella, cheffe de service des archives.

    Travail minutieux

    Arrivé du côté du très moderne Memento, le travail des équipes de déménagement, mais aussi des archivistes, est loin d’être fini. À son arrivée, chaque jeannette est envoyée en quarantaine ou à l’isolement, s’il y a un doute sur l’origine du document, avant d’être minutieusement dépoussiérée à l’aide d’aspirateurs. Une salle de numérisation a également été installée sur place pour rendre les documents consultables à distance.

    Puis ceux-ci seront déposés dans l’une des 20 nouvelles salles de l’un des quatre niveaux du bâtiment, dans des conditions uniformisées de 25 degrés et environ 50% d’humidité. Chacune d’entre elles peut accueillir 1 600 mètres linéaires de documents. « On a essayé de faire en sorte que les documents les plus consultés soient à proximité des ascenseurs pour marcher le moins possible », glisse Guillaume Chauvet, archiviste et responsable des publics. En parallèle, de grands espaces de lecture aménagés pour la consultation sont à disposition. « Le but est également que ce soit accessible au public. On souhaite que ces documents soient mieux valorisés », précise Jean-Philippe Lallemand, responsable du site Memento.

  • TER à 1€ : bénéfices et limites du dispositif

    TER à 1€ : bénéfices et limites du dispositif

    Quelles sont les forces et les faiblesses du TER à un euro ? Depuis que feu Christian Bourquin a concrétisé cette promesse de Georges Frêche, par la suite étendue à l’Occitanie par Carole Delga, c’est la première fois qu’un regard indépendant se pose sur cette mesure phare de la Région.

    Dans le cadre d’un audit flash (4 mois seulement), la Chambre régionale des comptes (CRC) a passé au crible ce choix politique fort et unique en France. « Seuls les Hauts-de-France ont une offre restreinte pour les 4-12 ans », renseigne Valérie Renet. Et la présidente de la CRC de préciser aussitôt : « Le but n’était pas d’évaluer la politique ferroviaire de la Région mais de poser des constats. »

    De quoi parle-t-on ? L’offre dite du TER à un euro est composée de 4 dispositifs. D’abord 5 lignes historiques proposent des billets à ce prix. Ensuite un million de billets à l’euro symbolique sont contingentés chaque année. S’ajoutent des promotions tous les premiers week-ends du mois ainsi qu’une remise estivale (14 juillet-15 août) pour les moins de 25 ans.

    Toutes mesures confondues, le TER à 1 euro représente 2,7 millions de billets annuels vendus (dont la moitié sur les dispositifs week-ends et jeunes), soit environ 13% du total des voyages des trains régionaux d’Occitanie. L’impact n’est donc pas négligeable pour un coût chiffré à 9 millions d’euros annuels, ce qui représente 2% montant total dédié à l’exploitation des TER (environ 3,4 euros par billet). « L’usager ne paye jamais la totalité du service. Ici 23% et 77% pour les contribuables », calcule Valérie Renet.

    +68% de fréquentation

    Quoi qu’il en soit, une statistique plaide en faveur du succès des politiques régionales. Entre 2019 et 2024, la fréquentation globale du réseau ferroviaire d’Occitanie a bondi de 68%. Et un quart de cette croissance provient des deux principaux dispositifs du TER à un euro. La Région comptait l’an passé 80 000 voyageurs et en vise 100 000 d’ici 2032. Autre indicateur favorable : le taux de remplissage des TER d’Occitanie, s’il peut paraître faible (39%), est nettement meilleur que la moyenne nationale (32%).

    L’idée de Carole Delga est à la fois de soulager le portefeuille des ménages et de favoriser le report modal vers le ferroviaire. Sur ce point, le bilan est plus contrasté, selon la CRC. Avec un ratio de 248 km voyageurs par habitant, notre région se classe toujours en avant-dernière position. Une étude de 2022 évaluait la part du report modal de l’ensemble des voyageurs vers le train à seulement 12% grâce au TER à 1 euro. Selon Valérie Renet, le prix du billet n’est pas le seul facteur de décision. « Les taux de fiabilité et de ponctualité des TER sont plus faibles en Occitanie (80-85%) », avance la présidente.

    Magistrat à la CRC, Fabrice Ribet précise que « dans les régions du Sud, il y a une habitude à davantage utiliser la voiture ». Il ajoute que « la situation dégradée de certaines infrastructures n’incite pas certains voyageurs à choisir le TER ». Lequel est parfois concurrencé par la route, par exemple sur la ligne de l’Aubrac (Béziers-Neussargues) qui longe l’A75. « Son taux de remplissage (10-12%) est le plus faible et la ligne nécessite 375 millions d’euros d’investissement d’ici 2027  ». Valérie Renet ne va « pas jusqu’à dire que des lignes historiques devraient être fermées » mais souligne que « leur impact environnemental est parfois limité lorsqu’elles ne sont pas électrifiées ». « Il y a besoin d’une étude comparative en fonction des besoins en investissements. » On peut aussi miser sur l’incitation au changement des comportements à long terme et se dire que le service public n’a pas pour vocation première d’être rentable.

    « Une habitude à davantage utiliser la voiture »

  • Une saison estivale bien maîtrisée selon la Municipalité marseillaise

    Une saison estivale bien maîtrisée selon la Municipalité marseillaise

    Avec la fin de la saison estivale vient l’heure du bilan. Ce vendredi, au centre nautique Florence-Arthaud, élus municipaux, policiers, sapeurs pompiers et médiateurs se sont réunis pour faire un premier point positif sur la gestion du littoral, durant l’été.

    « La saison estivale marseillaise, c’est toujours de nouveaux défis, affirme Yannick Ohanessian, adjoint (PS) au maire de Marseille chargé de la Tranquillité publique, de la prévention et de la sécurité. Il faut notamment maîtriser les flux de visiteurs ». Le vice-amiral Lionel Mathieu, commandant du bataillon de sapeur-pompier de Marseille, précise : « Il y a une augmentation de la fréquentation des plages, notamment en juin et début juillet. »

    Pour assurer la sécurité, la pacification et la propreté du littoral face à cette affluence, la mairie s’est appuyée sur un maillage d’acteurs : police municipale sur terre ou en mer, médiateurs, agents de nettoyage, sapeurs pompiers et agents du Parc national des calanques. Pour l’élu socialiste, « le bilan est plutôt positif. Travailler tous ensemble, c’est la clé du succès ».

    Avec 3 500 procès-verbaux électroniques et 400 actions de prévention, l’élu se félicite d’une meilleure couverture et d’une bonne réactivité de la police municipale et des médiateurs sociaux. Il reconnaît toutefois qu’il reste des efforts à faire contre les nuisances sonores et les excès de vitesse. L’application Safer Plage, qui permet de signaler tout harcèlement ou agression sexuelle sur les plages, a été téléchargée 645 fois durant l’été. Dix interpellations ont été réalisées grâce à ce dispositif.

    Actes de secourisme

    en baisse

    Dans l’eau, les 120 sauveteurs nageurs ont vu une baisse de 50% de leurs actes de secourisme, par rapport à l’an passé. « Ce qui montre probablement une évolution dans les comportements et peut-être une saison plus apaisée », note le vice-amiral. Le nombre de noyades n’a que peu baissé et a été la cause d’un décès, comme l’année passée.

    Christine Juste, adjointe (EELV) au maire chargée de l’Environnement et de la lutte contre les pollutions, a remercié les agents de nettoyages sur le littoral pour leur travail. « Cette année, c’est la première fois qu’il y avait une brigade rochers et 1er mètre dans l’eau, pour ramasser les déchets », ajoute l’élue. Des initiatives saluées par les riverains présents, « mais la brigade rochers ne passe qu’une fois par semaine et il y a aussi beaucoup de déchets dans l’eau », se désole l’un des habitants.

    Un bilan plutôt positif sur lequel va s’appuyer, dès le mois prochain, l’équipe en charge de préparer la saison prochaine.

  • [BD] « Une victoire sur le béton », une lutte en images

    [BD] « Une victoire sur le béton », une lutte en images

    Pour leur première réalisation, Laure Lavigne-Delville et Aurélien Pascal-Commeiras ont voulu mettre en lumière une mobilisation citoyenne. Leur bande dessinée Une victoire contre le béton* retrace l’histoire de la lutte victorieuse menée par le collectif Oxygène contre le projet de village commercial Oxylane, à Saint-Clément-de-Rivière (Hérault), porté par Décathlon et l’indécrottable famille Mulliez, connue pour son exil fiscal en Belgique. « À l’époque nous étions des passionnés de BD. Le projet est parti un peu de l’envie de garder une trace de l’expérience accumulée au travers de cette lutte par les militantes et militants du collectif Oxygène. Il y a aussi l’idée de transmettre l’expertise, l’apprentissage à d’autres luttes », détaille Laure Lavigne-Delville.

    Tout commence en 2014 avec l’ouverture d’une enquête publique dans cette commune située au nord de Montpellier. Une poignée de militants -nos deux auteurs n’y sont pas totalement étrangers puisque les parents de Laure y ont participé- commence à questionner ce projet lancé en catimini qui prévoit la bétonisation de 24 hectares du terrain des Fontanelles. C’est le début d’une lutte qui durera sept ans, dont le parcours fut semé d’embûches juridiques et administratives. « Une autre ambition, dès le départ, était de décortiquer les luttes. C’est quand même assez ahurissant ce qu’on apprend à travers ce genre de combat, sur le fonctionnement du système juridico-administratif voire politico-administratif », reprend l’autrice. « Enquête publique », « schéma de cohérence territoriale », « plan local d’urbanisme », c’est tout un vocabulaire administratif que les militants doivent adopter pour espérer faire couler le projet. Une réalité bien loin de l’image véhiculée
    -Gérald Darmanin en tête- « d’écoterroristes ».

    Une BD pleine d’espoir

    Des stéréotypes que Laure Lavigne-Delville et Aurélien Pascal-Commeiras s’empressent de démonter. « Il y a aussi le cliché nimby[Not in my backyard, Pas dans mon jardin, Ndlr] selon lequel on ne voudrait pas détruire le paysage et avoir à subir les nuisances d’un projet. Mais ce n’est pas du tout, c’est bien plus profond. Les luttes sont une démarche éclairée, construite, argumentée, qui est le fruit d’un vrai travail et qui est loin de relever de l’écoterrorisme », insiste la scénariste.

    Malgré toutes ces difficultés, le collectif Oxygène parvient à obtenir gain de cause : le projet est abandonné en 2022. Un exemple à suivre pour d’autres luttes. Mais aussi porteur d’espoir. « Cette victoire n’était pas anticipée, on a commencé le projet de BD il y a plusieurs années maintenant. Revenir sur ces victoires – parce qu’il y en a – permet de capitaliser dessus dans le bon sens du terme, apprendre à faire des liens. »

    * « Une victoire contre le béton » aux éditions Le Passager clandestin. 128 pages, 22 euros. Sortie le 12 septembre. Soirée de lancement prévue le 18 septembre à la librairie la Cavale, à Montpellier.

  • Dans le sillage de Lumexplore, images et récits d’une planète en mutation

    Dans le sillage de Lumexplore, images et récits d’une planète en mutation

    Le photographe, plongeur et biologiste naturaliste Laurent Ballesta. L’astrophysicien Jean-Pierre Luminet. L’astronaute Jean-François Clervoy. Ivan Griboval, navigateur autour du monde (…). Lumexplore, initié et organisé par la Ciotadenne Vera Frossard, porté par la prestigieuse Société des Explorateurs Français, en partenariat avec l’association Les Lumières de l’Eden et la Ville de La Ciotat, s’apprête, à nouveau, à accoster à La Ciotat. Au premier sens du terme. Tout illuminée, mardi soir, la goélette « Expédition 7e continent » fera en effet son entrée dans le Port-Vieux.

    Non, tout n’est pas foutu

    Basé « sur l’échange du réalisateur ou d’un invité avec le public », renseigne Lili Le Gall, directrice adjointe de Lumexplore, le festival* « présente 12 films en compétition et 18 hors compétition ». Si l’essentiel des longs-métrages est diffusé au cinéma l’Eden théâtre, « plus vieux cinéma du monde », un petit hors les murs est programmé à la médiathèque Simone-Veil. Autre nouveauté : en plus de la goélette, le public pourra visiter le catamaran Love the Ocean et le voilier Jonathan III, quai Berouard.

    Divers univers sont à découvrir. Monde sous-marin avec Cap Corse, le mystère des anneaux, archéologie avec Liban, les secrets de Byblos, préhistoire avec Chauvet, voyages aux origines, film sur l’une des plus belles grottes ornées au monde découverte il y a trente ans dans le sud de l’Ardèche, films sur des animaux, sur l’agriculture… à noter que le 10 septembre, le festival programme une « journée de la mer », avec entrée gratuite à toutes les séances.

    « Les films sélectionnés à Lumexplore posent une question, tentent d’y répondre, avec une réponse porteuse d’espoir », commente Lili Le Gall.Par exemple, le film Plastic Odyssey 2, diffusé le 12, relate le périple du navire qui a voyagé pendant trois ans autour du monde, le long des côtes les plus frappées par la pollution plastique. à son bord, de jeunes marins, des ingénieurs, des scientifiques qui imaginent des solutions concrètes et simples à mettre en œuvre pour transformer les déchets plastiques en une ressource pour les populations. De même, Sols couverts d’espoir, diffusé le 13, donne à voir les solutions de paysans européens pour régénérer les sols, restaurer la biodiversité et préserver l’eau.

    « Lumexplore a une vocation, celle d’éclairer la jeune génération sur le monde qui l’entoure », complète Lili Le Gall. Lumexplore junior a sélectionné 7 films réalisés par des collégiens et lycéens du monde entier. Une dizaine de jeunes ont été invités. La relève est assurée.

    * Tarif une séance : 3 euros, 12 euros la journée, 40 euros les six jours. Au cinéma l’Eden théâtre.

  • Les agriculteurs se serrent les coudes après les intempéries

    Les agriculteurs se serrent les coudes après les intempéries

    À Orange, dans la plaine Saint-Bardon, en lisière de l’A7, les flux incessants de voitures et poids lourds sont le lot quotidien. Mais les rafales à 139 km/h beaucoup moins. « Je n’avais jamais connu ça », se désole Alexandre Arnoux. Ce producteur de fraises de même pas 30 ans risque de perdre sa production 2026 suite aux intempéries de la nuit de dimanche à lundi. « Pendant deux heures, le vent a balayé la zone et a aplati les serres », décrit le jeune agriculteur, qui a repris l’ancienne exploitation de son père il y a deux ans.

    « Une année, on a eu de la neige qui a écrasé des serres de salades, mais jamais comme ça », abonde Maryse, la maman d’Alexandre, venue, ce mardi matin, « apporter un peu de réconfort ». À savoir du café, en attendant les viennoiseries et pizzas. Car une quinzaine de personnes s’affairent sérieusement depuis le début de la matinée. « Syndicat, famille, amis, rugby… s’il n’y avait pas entraide, je serais déjà mort », remercie Alexandre Arnoux, entre deux directives, avant de remonter sur un tracteur et dégager les amas d’arceaux que les petites mains entassent progressivement, au bout des allées. Une action de solidarité a été lancée par la FDSEA de Vaucluse et les Jeunes agriculteurs (JA). « Ce n’est pas la première fois qu’on se mobilise après de tels épisodes, on fait ce que notre ADN nous dit de faire », décrit sobrement Philippe Bon, à la fois vice-président du syndicat des fraises de Carpentras et de la FDSEA 84.

    Chez Alexandre Arnoux, 1,5 ha de bâches sont inutilisables, ainsi que les arceaux, tous de guingois. « Il faut agir vite car les plants de fraises ne sont pas touchés, mais ils peuvent vite être foutus si on ne les recouvre pas à cause du risque de maladie, surtout s’il n’y a plus de système d’irrigation », décrit l’agriculteur.

    Vers la reconnaissance

    de catastrophe naturelle ?

    Dépité, mais motivé, il va devoir « déconstruire tout ce que l’on vient de monter en un mois et investir 40 000 euros ». Car Alexandre Arnoux venait d’installer de nouvelles serres, épargnées par la tempête et pas encore en culture. « Mais il faudra encore investir, sans aide a priori, car ce sont des serres inassurables, la mairie est en train de voir si la commune peut être classée en état de catastrophe naturelle, j’espère que ça aboutira », se projette-t-il.

    « On va pousser fort pour », assure Philippe Bon, alors que dès lundi, les services de l’État étaient dans le secteur pour constater les premiers dégâts. Ce mardi, on pouvait encore constater quelques stigmates avec des arbres couchés en bord de route ou des panneaux de signalisation renversés.