Tag: entreprises

  • Un réseau international de trafic de cocaïne et de blanchiment démantelé à Marseille

    Un réseau international de trafic de cocaïne et de blanchiment démantelé à Marseille

    Trois ans d’enquête auront été nécessaires, impliquant une équipe commune à la France, l’Italie, la Belgique et la Suisse avec aussi le soutien d’Europol, pour venir à bout d’un réseau de blanchiment et de trafic de cocaïne au profit de la Camorra et de la ‘Ndrangheta, indique le Parquet de Marseille, ce jeudi 26 février. Jusqu’à cette opération coordonnée dans les quatre pays, le 23 février.

    En France, une soixantaine de gendarmes de la section de recherche de Marseille ont notamment été mobilisés et ont interpellé quatre personnes. Plusieurs véhicules de luxe ont été saisis, mais aussi des biens estimés à 5 millions d’euros, de la cryptomonnaie pour 60 000 euros et 26 000 euros en numéraire. Trois autres personnes ont été arrêtées côté italien.

    Des millions d’euros blanchis

    Les enquêteurs ont remonté la piste de l’argent, explique Europol dans un communiqué. « Ce qui a commencé par des mouvements financiers suspects a révélé un système de blanchiment sophistiqué au service de membres de la Camorra et de la ‘Ndrangheta. Derrière des sociétés écrans, de fausses factures et des investissements de luxe, des millions d’euros provenant du trafic de cocaïne étaient blanchis et réinvestis à travers l’Europe », précise l’agence européenne de police criminelle.

    Menée en France par la section de recherche de la gendarmerie des Bouches-du-Rhône, sous la houlette de la JIRS (Juridictions inter-régionales spécialisées) de Marseille, l’enquête permet d’identifier un ressortissant monténégrin, à la tête de plusieurs sociétés en lien avec des sociétés italiennes, qui fera partie des interpellés. Installé dans la région de Cannes avec sa compagne, il vit avec son gendre italien, connu des autorités italiennes pour blanchiment d’argent, fraude et infractions liées aux armes, poursuit Europol.

    Un réseau de blanchiment est mis au jour, lié à un trafic de cocaïne à grande échelle importée d’Amérique du Sud vers l’Europe. Le groupe criminel étant soupçonné d’avoir coordonné des expéditions maritimes de grandes quantités de drogue. « Très structuré », le réseau mis en place s’appuyait sur « d’importantes ressources financières, des crypto-actifs, des déplacements transfrontaliers hebdomadaires en véhicules de luxe équipés de » caches « sophistiquées » et des entreprises « s’étendant sur plusieurs juridictions ».

  • [Entretien] Thierry Antoine : « Investir dans le productif à Béziers, pas juste dans l’esthétique »

    [Entretien] Thierry Antoine : « Investir dans le productif à Béziers, pas juste dans l’esthétique »

    La Marseillaise : Ménard avait promis de désendetter la Ville. Béziers peut-elle encore investir ?

    Thierry Antoine : Robert Ménard n’a rien désendetté du tout. La dette est passée de 100 millions d’euros en 2014 à 120 aujourd’hui alors qu’à son arrivée il disait que c’était une folie. Il reste des marges de manœuvre pour investir. Béziers n’a pas d’autre choix mais il faut des investissements productifs, pas juste de l’esthétique pour l’image de la ville. Avec lui, on n’a toujours qu’un étage à la fusée.

    Ménard se targue d’avoir embelli la Ville. Mais les problèmes de logement et d’adaptation au climat persistent. Que faire ?

    T.A. : C’est comme un chômeur qui irait mieux parce qu’il a redécoré son salon. Refaire les façades et la carte postale ne change rien. Le maire avance en regardant les années 60-70. Béziers a un retard phénoménal sur l’adaptation au changement climatique. On porte le grand projet Orbiana pour faire de Béziers une ville vitrine, un élève modèle sur le sujet. L’idée c’est d’attirer les entreprises qui travaillent sur l’isolation, l’hydrogène, le logement adapté… On a identifié un lieu d’une centaine d’hectares sur l’entrée ouest pour créer un pôle novateur de l’habitat expérimental avec un grand parc, une zone maraîchère et une zone d’activité pour l’économie sociale et solidaire. Il n’y a pas de ressourcerie ni de recyclerie ici. En parallèle, il faut du logement social et l’Anru.

    Béziers reste très pauvre. Quelles sont vos mesures pour redonner du pouvoir d’achat aux habitants ?

    T.A. : On propose un kit rentrée scolaire avec les études d’étude et toutes les fournitures gratuites. On préfère mettre l’argent pour acheter des cahiers aux gamins plutôt que dans les uniformes ou la statue de la Vierge à 90 000 euros. On fera la cantine scolaire gratuite pour les deux premières tranches d’imposition, c’est finançable sur les économies sur la communication. On va étudier le passage en régie publique des parkings. La délégation d’Effia arrive à terme en 2027. On fera baisser les tarifs, le moins cher possible.

    Faut-il plus de caméras et de policiers, un Centre de rétention administrative (CRA) ?

    T.A. : Béziers est la deuxième ville qui dépense le plus par habitant pour la sécurité sans que les résultats suivent. Sur les dernières années, le total des crimes et délits a augmenté à Béziers. La police municipale ne peut pas lutter contre le trafic de drogue ou le terrorisme. Il faut remettre à sa place. La municipale doit œuvrer à la tranquillité des Biterrois, en travaillant rue par rue, avec un élu par quartier, en associant les habitants. La prévention et la médiation avant la répression quand c’est nécessaire. Quant au CRA, c’est une folie, la majorité en sortira et devra être prise en charge. Ce sera un fardeau, la malédiction des villes pauvres. L’immigration est avant tout un drame humain. Traitons les autres comme on aimerait l’être. On ne sait de quoi sera fait demain.

    La Ville doit-elle financer l’ASBH* ? Quels projets pour la culture ?

    T.A. : Dans le passé, on a eu The Cure, Bob Marley aux arènes… Aujourd’hui c’est Hervé Vilard. On est déclassé. On veut un centre culturel et artistique dans le quartier Saint-Jacques à redynamiser. Qu’il faille aider le club fanion de l’ASBH oui. Mais pas à ce niveau-là, c’est délirant et pas sans contrôle. On pense à un système de « Socios » pour impliquer les supporters dans la gestion du club.

    *L’Association Sportive Béziers Hérault (ASBH) évolue en championnat de Rugby Pro-D2

  • [Salon de l’agriculture] Le Var veut miser sur l’agroforesterie

    [Salon de l’agriculture] Le Var veut miser sur l’agroforesterie

    S’il est un département maritime, le Var n’en demeure pas moins – et avant tout – un territoire forestier : plus de 70% de sa surface, soit quelque 420 000 hectares, est recouverte de forêt. Une richesse qui offre de somptueux paysages, mais engendre un nombre d’incendies important. En un peu plus de vingt ans, trois d’entre eux – deux à Vidauban en 2003 et un à Gonfaron en 2021 – ont, à eux seuls, ravagé plus de 20 000 hectares boisés.

    Ces chiffres imposent de s’adapter et de trouver des solutions viables pour l’avenir. L’une d’elles pourrait venir de l’agroforesterie, thème d’une table ronde organisée, mardi, sur le stand du Département du Var au Salon de l’agriculture, en présence de plusieurs acteurs du secteur. Cette méthode, qui consiste à mener de front activité agricole et activité forestière (lait-bois, viande-châtaigne…), ne date cependant pas d’hier. Il s’agit d’une pratique méditerranéenne ancestrale, notamment dans des espaces forestiers naturels, où des éleveurs ont, en tout temps, établi leurs pâturages sous les arbres. Dans le massif des Maures, principal espace forestier du département, on relève deux formations particulières : les forêts de chênes et les espaces plus agricoles que sont les châtaigneraies.

    L’intérêt de cette pratique est multiple et repose sur une logique gagnant-gagnant. « Cette alliance est au bénéfice de tous : le troupeau y trouve de l’alimentation et un abri et, par son action, limite la repousse des semis concurrents », explique Charles Dereix, président de l’association Forêt méditerranéenne. « En Corse, par exemple, quand on régénère les pins laricio, les troupeaux vont boulotter les petits semis de chênes ou de hêtres qui font concurrence. Ils produisent aussi du débroussaillement, réduisent ainsi le risque d’incendie et créent de l’activité économique. »

    Dans le Var, « 100 000 hectares sont déjà pâturés, soit près d’un quart de l’espace boisé », précise Christine Amrane, conseillère départementale varoise, maire de Collobrières et présidente du Syndicat du massif des Maures. Dans sa commune et aux alentours prospèrent les châtaigneraies, « très importantes économiquement avec les Fêtes de la châtaigne », rappelle-t-elle. Le sylvopastoralisme – le pâturage en milieu forestier –, représente ainsi une voie d’avenir pour la filière après avoir fait son succès : « La châtaigneraie du massif des Maures représentait 3 000 hectares entretenus il y a quelque temps. Moins aujourd’hui, mais il y a un enjeu car les consommateurs reviennent à des produits traditionnels. Cette châtaigneraie est un verger planté depuis 500 ans. Les castanéiculteurs travaillent depuis longtemps avec les bergers. Leurs animaux broutent, déposent leurs excréments qui font la fumure [enrichissement du sol, Ndlr] des châtaigniers. C’est une symbiose », développe Raphaël Louat, castanéiculteur, président du Syndicat des producteurs de châtaignes du Var.

    Les solutions doivent être « appuyées par les élus »

    Claude Audibert, propriétaire forestier de chênes, président de l’Association syndicale libre de la Suberaie varoise et producteur de liège, y voit lui aussi « une solution économique et écologique. L’élevage prend le relais pour nourrir les hommes, entretenir écologiquement les espaces boisés et favoriser la récolte de liège, d’arbouses et autres produits forestiers ».

    L’agroforesterie fonctionne. L’agroforesterie s’applique également aux productions fruitières et potagères, permettant de créer des écosystèmes nourriciers favorables à la biodiversité. « L’agroécologie répond aux enjeux de dépassement des limites planétaires, ajoute Séverine Cachod de l’association Les Résilients. Elle repose sur trois piliers : écologique, en s’inspirant des écosystèmes pour préserver l’environnement ; social, par la création d’emplois ; et économique, en créant des filières où chacun est rémunéré pour ce qu’il produit. » Pour la rendre efficiente, il faut « embarquer les entreprises et les collectivités ».

    Dans cette logique, son association travaille avec le SL du massif des Maures « sur une autre manière de rémunérer les agriculteurs : sur ce qu’ils produisent, mais aussi sur les effets utiles qu’ils génèrent d’un point de vue socio-environnemental. On prototype un modèle à visée générative pour renforcer tous les maillons de la chaîne ». Des solutions d’avenir que Charles Dereix souhaite voir « appuyées par les élus ».

    « C’est à partir des incendies de 2003 qu’on a travaillé sur la mutualisation des services. On a fait de petits pas en 23 ans. J’espère qu’on pourra en faire un plus grand désormais », conclut Christine Amrane.

  • Les personnels de l’Hôtel Première Classe de La Seyne réclament leurs salaires

    Les personnels de l’Hôtel Première Classe de La Seyne réclament leurs salaires

    Jeudi après-midi, six des neuf salariés de l’Hôtel Première Classe de la Seyne-sur-Mer étaient réunis à la Bourse du Travail, entourés d’une douzaine de syndicalistes de l’UL CGT, pour parler de leur situation. Ceux-ci expliquent ne plus être payés depuis novembre dernier. Une situation qui interroge au vu de la situation de l’établissement, « qui a plus de 30 ans d’existence et qui a toutes les raisons de fonctionner. La question est donc : pourquoi ne tourne-t-il plus ? », interroge Marc Louis, secrétaire général de l’UL CGT la Seyne, qui rappelle que celui-ci accueille « des salariés qui travaillent dans la zone, des personnes en transit… Il y avait une vingtaine de chambres réservées pour l’accueil des réfugiés également, mais depuis que le directeur a repris l’hôtel, c’est terminé. On ne sait pas si c’est lié à lui, mais ça change au niveau de l’équilibre financier ».

    De premiers retards de paiement auraient ainsi été relevés à partir de juillet 2025, quelques semaines après la réouverture de l’établissement suite à des travaux. La situation se serait aggravée, jusqu’à l’absence totale de paiement. Face à leurs inquiétudes, le directeur de l’hôtel leur avait pourtant donné des garanties, affirment les salariés. Ceux-ci auraient même reçu des chèques, qui se sont avérés être sans provision. Sans salaire depuis plusieurs semaines, ils ont alors décidé de cesser de travailler, et se trouvent actuellement tous en arrêt maladie. « Leur objectif est de récupérer leur salaire. Certains sont obligés de se surendetter pour payer leurs loyers, et vont perdre leur logement », se désole Marie Claude Latour, secrétaire adjointe de l’UL CGT.

    Rendez-vous au tribunal de commerce le 19 février

    Pour ce faire, des procédures juridiques ont été lancées, et l’inspection du travail alertée. Mais livrés à eux-mêmes et sans représentants du personnel (il faudrait, pour en nommer un, avoir onze salariés), les employés peinent à faire valoir leurs droits : « En maladie, ils perçoivent la moitié du salaire qui n’est déjà pas élevé. Où en est la prévoyance ? Ce patron agit dans son intérêt particulier. Il n’informe ses salariés sur rien : sur quand ils vont être payés, sur la question de la prévoyance… », déplore Marc Louis, qui se demande comment un hôtel de 70 chambres « peut continuer de fonctionner sans personnel », celui-ci étant encore ouvert à l’heure actuelle.

    De son côté, le directeur de la franchise annonce une imminente cessation de paiement. Un rendez-vous est prévu au Tribunal de Commerce le 19 février. Les salariés seront pris en charge par le régime de garantie des entreprises (AGS). « Si je fais ça, c’est pour qu’eux soient payés. C’est moi qui vais les payer sur mon redressement judiciaire », justifie-t-il, affirmant avoir payé les salaires « jusqu’au 31 décembre ». Il accuse également son personnel de « fraude » concernant les arrêts maladie. « Comme des dizaines de milliers d’entreprises, la mienne est en difficulté. Depuis qu’on est dans la m…., tout le monde se barre, nous sabote. Ma femme a la tête dans la machine à laver car on n’a plus de personnel », explose-t-il.

  • Gaby Charroux face à la presse

    Gaby Charroux face à la presse

    La candidaturE

    Norhène Ouerfelli : C’est une liste citoyenne, avec 50% de renouvellement, que vous proposez ?

    Gaby Charroux : La liste est diverse, citoyenne, comme elle l’a toujours été. C’est drôle d’entendre le contraire, alors Paul Lombard avait décidé, en 1989, que la majorité communiste et socialiste allait s’ouvrir aux citoyens, dont je faisais partie par mes engagements professionnels et associatifs sportifs. C’est une liste citoyenne avec des gens du PCF, du PS, de Génération écologie et de Place publique, et des gens sans engagement politique. Ils sont à mon image : ils n’ont pas de dogme et prennent des décisions dans l’intérêt des Martégaux. Par exemple, je défends dans le même temps la clinique privée et l’hôpital, car on a besoin de ces médecins et chirurgiens dans ces deux pôles, avec les deux maisons de santé.

    Norhène Ouerfelli : Vous parlez souvent du bouclier martégal. De quoi s’agit-il concrètement ?

    G.C. : Ce sont toutes les actions sociales portées par la municipalité, comme le maintien à domicile avec portage de repas, ou le développement des foyers avec un cinquième ouvert au début du mandat, par exemple. Ce sont toutes les crèches municipales. C’est les gratuités, le prix du repas à la cantine de 2,30 euros, les colonies de vacances… Nous avons calculé une moyenne 400 euros de dépenses en moins par mois et par famille. Les centres d’initiation sportive, gratuits, permettent aux plus jeunes de découvrir le sport, dès 2 ans avec des activités adaptées, sans oublier l’inclusion des enfants handicapés. L’accès à la culture aussi, au conservatoire Picasso, où l’on peut apprendre un instrument jusqu’à 12 ans gratuitement.

    Philippe Boccara : Quelle est votre stratégie de succession ?

    G.C. : Ma seule stratégie est d’être au service de l’intérêt général des habitants de ma ville. Vous me voyez me présenter aux électeurs pour passer la main dans six mois, un an ? Les accidents de la vie, Il y en a pour tout le monde, tout peut arriver. Moi, j’ai la forme et la santé. On verra la suite en avançant. Ça fait 10 ans que je regarde autour de moi pour savoir qui pourra être là 24h sur 24, comme moi, et j’ai des idées. Des échéances électorales vont venir, comme les législatives au moins dans 2 ans, Pierre [Dharréville] sera notre candidat sans aucun doute et j’espère qu’on regagnera cette circonscription.

    La Sémivim

    Philippe Boccara : L’affaire de la Sémivim (Société d’économie mixte immobilière de la Ville de Martigues) a empoisonné votre mandat. Aujourd’hui, vous êtes encore mis en examen ?

    G.C. : Je rappelle qu’il s’agit d’une mise en examen seulement au motif de favoritisme. La corruption, l’enrichissement ou tout autre sujet ont été éliminés. Je remarque aussi qu’on parle de l’affaire Sémivim, alors que la victime, c’est la Sémivim ! Car des personnes ont considéré qu’elles pouvaient détourner de l’argent par le lien établi entre des agents et des entreprises, auxquelles elles ont fait croire que, pour bénéficier de marchés, il fallait les intéresser. La mise en examen repose essentiellement sur les fonctions occupées alors par quelques élus, membres de la CAO [commission d’appel d’offres], et moi en tant que président directeur général, à ce moment-là. Et aucun élu, ni moi, sommes concernés par la corruption ou la prise illégale d’intérêts. Nous sommes aujourd’hui partie civile. Nous avons été reconnus comme victime, également la Ville et la Sémivim.

    Léo Purguette : Est-ce que cela a abîmé le lien de confiance avec la population ?

    G.C. : J’ai chaque jour des preuves de la confiance que m’accorde la population. Elle a compris la réalité de cette affaire. Les entreprises ont reconnu leurs fautes et ont versé des indemnités à la Sémivim et la Ville. Le procès traitera de la corruption et je n’ai aucun lien avec ça. Sur la question qui me concerne, oui, j’étais PDG de la société, mais complètement étranger à ces agissements et je n’ai rien à me reprocher.

    La Santé

    Norhène Ouerfelli : Il est parfois difficile de trouver un médecin spécialiste aujourd’hui. Quelles mesures pour y arriver ?

    G.C. : L’accès à la santé n’est pas égalitaire pour tous aujourd’hui. J’ai l’exemple de quelqu’un qui s’est fait opérer de la cataracte par un ophtalmo à Châteauneuf, il a payé 400 euros de dépassement d’honoraires. Il peut payer, il le fait. Mais combien d’autres renoncent aux soins ? Mon obsession, c’est l’accès au droit à la santé égal pour tous.

    Thierry Bezer : Martigues est parfois vue comme un désert médical…

    G.C. : Au contraire ! Quand je vois des villes comme la nôtre et non loin sans les mêmes moyens… On a une perspective, pour l’hôpital, de mettre à disposition le foyer de l’Adret. La Chrysalide va déménager et les internes seront à 100 mètres de l’hôpital. Nous avons une politique d’acquisition de locaux commerçants pour les mettre à disposition des cabinets à loyer très bas, pas comme le privé. Il y a deux cas : un en centre-ville avec des médecins généralistes, l’autre à Croix-Sainte avec le cabinet dentaire.

    La sécurité

    Philippe Boccara : Vous proposez une brigade de police de centre-ville dans votre programme. Dans quel but ?

    G.C. : La brigade de centre-ville a pour but de remplacer la police de proximité. Les gens sont contents, même dans les quartiers, car ça vient contrecarrer les dealers. On a perdu 50 policiers nationaux depuis 15 ans. Je l’ai dit au ministre de l’Intérieur Laurent Nunez : je veux plus de police. L’Assemblée nationale travaille un projet de loi qui donnera plus de compétences à la police municipale. Ça veut dire plus de moyens humains à la charge des communes et moins pour la police nationale ? Ça donne une sécurité à deux vitesses : les villes qui peuvent donner des moyens et celles qui ne peuvent pas.

    Philippe Boccara : Et les caméras, elles fonctionnent toutes ?

    G.C. : On a 180 caméras de surveillance et 18 lectures automatiques de plaques d’immatriculation, qui ont permis de résoudre beaucoup d’affaires, et elles marchent toutes. On a des agents au central devant les caméras de 6h à 1h du matin. On est aussi exemplaires sur la prévention que sur la répression.

    Le Logement

    Norhène Ouerfelli : Martigues est au-delà du seuil légal de logements sociaux. Est-ce qu’il faut arrêter d’en construire ?

    G.C. : Nous avons 28% de logements sociaux, soit 6 000 sur les 25 000 de Martigues. Il y a 12 000 demandes, car 72% des Français sont éligibles au logement social. Sur les 12 000 demandes, 5 000 concernent des Martégaux. Faut-il arrêter de construire ? Au domaine de Manon, il y 250 logements sociaux, mélangés avec de l’accession à la propriété, du locatif à coût maîtrisé, et vous ne faites pas la différence quand vous passez devant. C’est fini les cités de 745 logements comme avant.

    Philippe Boccara : Est-ce que ça marche, les contrôles sur les ventes pour garantir que ce sont des martégaux qui achètent ?

    G.C. : Oui ça marche, on contrôle, les promoteurs doivent nous dire à qui ils vont vendre et on vérifie que ce soient des Martégaux. C’est un accord avec le promoteur. Cette préférence n’est pas contre ceux qui viennent d’ailleurs, mais contre les autres maires qui ne construisent pas les logements ! Ça explique aussi les 12 000 demandes, car les gens savent où chercher. Pas comme sur le reste la Côte bleue…

    L’industrie

    Léo Purguette : Martigues est un territoire industriel historique concerné par les projets de décarbonation. Comment faire pour accueillir les 10 000 nouveaux travailleurs qu’on nous promet ?

    G.C. : Depuis 100 ans, Martigues a une zone industrielle pétrochimique à Lavéra. Nous en sommes fiers et nous voulons préserver ce qui existe. Soit des milliers d’emplois, avec de bons salaires car les syndicats luttent. On y est attaché. La décarbonation pourra peut-être enfin réconcilier l’industrie et l’environnement. J’ai proposé une organisation de la gouvernance au Président de la République, à territoire d’exception, loi d’exception. Il l’avait acté. Même si la gouvernance n’est pas encore mise en place.

    Léo Purguette : Pour décarboner, il faut de l’électricité. Pour ou contre la ligne à très haute tension ?

    G.C. : Je suis pour, y compris pour préserver l’environnement. On peut enterrer tout ou partie, c’est toujours une question d’argent. Il faut préserver la Camargue, mais aussi la richesse du territoire.

    Léo Purguette : Martigues est aussi une terre de cinéma…

    G.C. : Le cinéma offre une opportunité extraordinaire, avec les studios d’Olivier Marchetti. Il y a un projet d’hôtel 4 étoiles de 80 chambres en cours, sur le boulevard maritime, au bord du canal, c’est acté. Accor est dessus, mais je voudrais mieux, on discute pour augmenter d’un cran.

    La Métropole

    Norhène Ouerfelli : Jusqu’où êtes-vous prêt à aller dans le bras de fer que vous avez engagé avec la Métropole ?

    G.C. : Le sujet qui fâche, c’est les ordures ménagères : c’est catastrophique. Quand on était en responsabilité, on gérait Port-de-Bouc, Saint-Mitre et Martigues, ça marchait parfaitement. Avec la Métropole, on éloigne les décideurs de la population et ça produit le résultat qu’on avait prédit. À l’automne, sur 24 bennes dédiées aux trois communes, 20 avaient besoin de réparations et ne sont pas envoyées au garage. J’en veux aux services de Martine Vassal qui ne nous entendent pas quand ça va mal. On a dû suppléer et engager de nouvelles équipes à la propreté urbaine de Martigues. C’est la multi-peine ! J’ai demandé qu’on nous rende la compétence, les trois communes sont d’accord. La réponse, c’est « on peut pas c’est la loi ». Il y a une autre solution, nous rendre seulement l’organisation locale. Peut-être peut-on arriver à faire changer la loi avec la grande ville centrale, Marseille.

    Léo Purguette : Vous avez été candidat à la présidence de la Métropole. Le serez-vous encore ?

    G.C. : Je ne crois pas que je serai candidat. On n’en est pas là, on prépare des municipales, on verra ce qui en ressort, car la seule Ville de Marseille n’a pas la majorité à la Métropole. C’est un enjeu très important sur l’eau et l’assainissement, aujourd’hui, on voit l’alignement du prix alors qu’on avait les plus bas du département et tout le bénéfice était réinvesti. Les partages de subventions devraient être équitables pour tous. Ça n’est pas le cas.

    L’étang de Berre

    Antonin Maja : Vous avez soutenu le classement de l’étang de Berre à l’Unesco. Quelle est la suite ?

    Gaby Charroux : L’étang de Berre est le cœur de notre métropole et de notre département. La candidature à l’Unesco a réveillé tout le monde. On n’a pas réussi, mais l’essentiel est de sauver l’étang et poursuivre sa réhabilitation, pour la pêche ou le tourisme. On a besoin de rouvrir le tunnel du Rove, mais surtout de la dérivation de l’eau de la Durance, qui ne va pas coûter 16 millions, mais 2 milliards d’euros. Il faut que la Région aide quand elle aura fini de financer les JO. Je suis pour, en tant que passionné de sport.

    La presse

    Léo Purguette, président et directeur éditorial – La Marseillaise

    Norhène Ouerfelli, journaliste – Maritima

    Philippe Boccara, grand reporter – Ici Provence

    Thierry Bezer, journaliste – France 3

    Antonin Maja, journaliste – La Marseillaise

  • Le transporteur CAT à l’arrêt pour de meilleurs salaires à Miramas

    Le transporteur CAT à l’arrêt pour de meilleurs salaires à Miramas

    Plus aucun poids lourd ne passe à l’entrée du dépôt CAT de Miramas. Depuis lundi, l’entreprise de transport d’automobiles vit un mouvement social national dans le contexte des négociations annuelles obligatoires. Le long de la route parallèle à la D10, les camions se succèdent en ligne, eux qui relient normalement les usines Stellantis, Ford ou Mercedes aux concessions, entreprises de location et exportateurs.

    En cause, un dialogue social compliqué. Lundi, Cédric Lopez, délégué national CGT originaire de Miramas, expliquait que « les négociations n’ont rien donné » parlant de « propositions indécentes de la direction », soit 0,8% d’augmentation générale des salaires. Les revendications de l’intersyndicale CGT et FO, en face, sont de 4 % d’augmentation, la réouverture de négociations sur l’intéressement et la mise en place d’une prime évènements climatiques de 2,50 euros par jour. Mardi, le mouvement de grève reconduit chez Cat à Miramas a mobilisé une trentaine de salariés sur la soixantaine que compte le site, selon l’intersyndicale. Mais le ton monte. « La direction est bloquée sur ses positions et a refusé de discuter du cahier revendicatif des salariés », dénonce Jérémy Zucchelli, secrétaire de l’union locale CGT de Miramas.

    « Peur des actionnaires »

    Le refus de négocier sur la base des propositions syndicales n’est pas étonnant selon le responsable CGT. « Ils ont peur de dire aux salariés qu’ils refusent 4% d’augmentation car ça voudrait dire autant en moins pour les actionnaires », tance Jérémy Zucchelli. Le responsable pointe « 63 millions d’euros de bénéfices sur deux ans » en 2024 et 2025. Dans ce contexte, « ce n’est pas la direction qui décide quand les salariés doivent arrêter de faire grève. Une négociation Implique que chacun examine les propositions de l’autre », juge-t-il.

    Sur le piquet de grève, Virginie Tilmont, réceptionnaire depuis 23 ans, fait part de ses raisons d’être en grève. « Je travaille avec des chauffeurs étrangers. Heureusement que je parle espagnol, anglais et roumain », explique-t-elle. Avec ses collègues, elle souhaite « une reconnaissance quand on met ses compétences à profit au travail ». Son rôle est pivot : « Je suis toujours dehors, au début de la chaîne », déterminant les réserves sur un chargement et la suite du processus logistique. « Je ne demande pas grand-chose, mais on me répond que je suis pas traductrice », regrette la réceptionnaire.

    Mardi soir, le mouvement devrait être reconduit, à moins d’un accord entre les autres organisations syndicales et la direction. Contactée, l’entreprise Cat n’a pas répondu à nos sollicitations dans nos délais.

  • Vaucluse : entre patrons et syndicat, deux visions de la restauration

    Vaucluse : entre patrons et syndicat, deux visions de la restauration

    Début décembre, l’Union des métiers de l’hôtellerie-restauration (Umih) de Vaucluse communique sur les propositions issues des Assises de la restauration et des métiers de bouche au niveau national.

    Dans ce communiqué, des idées « pour offrir des perspectives concrètes aux entreprises, renforcer la confiance des consommateurs et moderniser un secteur confronté à de fortes attentes sociétales », précise l’organisation patronale.

    Plusieurs points sont détaillés plus loin. À commencer par une demande sur l’obligation de la mention « fait maison » pour « l’ensemble des établissements de la restauration hors domicile : restauration traditionnelle, rapide, assimilés restaurateurs (boulangeries, traiteurs…), restauration collective », précisent-ils. Un accord avait été trouvé, mais le gouvernement, par le biais du ministre délégué chargé du Commerce, de l’Artisanat et des petites et moyennes entreprises, Serge Papin, est finalement revenu dessus. Mais aussi des demandes sur l’abrogation de la fiscalité et des cotisations sociales sur les pourboires ; l’instauration du permis d’entreprendre pour accompagner et sécuriser les nouveaux chefs d’entreprise du secteur ; la mise en place de solutions de logement pour les saisonniers, « condition indispensable au maintien de l’activité dans de nombreux territoires » ; ou encore la lutte contre la prolifération de l’offre commerciale qui « fragilise les acteurs professionnels soumis à des obligations auxquelles d’autres échappent ». En revanche, rien sur les conditions de travail des salariés.

    « Les patrons s’en fichent »

    Car en parallèle, les salariés s’organisent aussi. Depuis quelques mois se monte, avec l’union locale de la CGT en cité des Papes, un collectif d’employés en restauration. « Il n’existe rien pour nous. Et souvent, comme les restaurants sont la plupart du temps de petites structures, il n’y a pas vraiment de personnes syndiquées. Ça permet de ne pas être seul », confie Laetitia, qui fait partie des premiers membres. Ils sont aujourd’hui un peu plus d’une dizaine. Une nouvelle structure syndicale pour limiter les abus et améliorer les conditions de travail des personnels. « C’est une catastrophe. Souvent, les patrons s’en fichent. On est de moins en moins payés et ils veulent que l’on fasse de plus en plus d’heures. Les patrons ne veulent pas payer plus les gens qui sont qualifiés et prennent des petits nouveaux qui ne connaissent pas le boulot. Des dimanches pas majorés… Il faut arrêter à un moment donné. Comment peut-on fidéliser quelqu’un ? » s’interroge-t-elle.

    Action collective

    Les différents membres portent ainsi la volonté de « réunir des gens hyper isolés qui ont souvent des conditions de travail pourries », confie Gabriel, employé en restauration à Villeneuve-lez-Avignon. « Il y a une volonté très nette des patrons de ne pas faire de négociations collectives et c’est un obstacle majeur », poursuit-il. La volonté est de construire « un rapport de force », avec la possibilité de grèves collectives comme moyens d’action, par exemple.

    Aux petites structures s’ajoutent également des enseignes de restauration rapide ou des chaînes. À l’image d’Ahmed Ba, délégué syndical dans les restaurants KFC appartenant au groupe AmRest dans le sud de la France. Le franchiseur polonais possède localement les restaurants du Pontet et celui du centre commercial Mistral 7 à Avignon, mais pas celui d’Avignon Centre, dans la rue de la République, ni celui des Angles, côté gardois. Ils appartiennent en effet à un investisseur local. « On sait que dans la plupart de ces restaurants, les conditions sont déplorables, avec souvent des économies sur la masse salariale. Depuis que je travaille à KFC, je ne sais pas à combien de personnes j’ai eu affaire. Mais je ne peux pas aller dans ces restaurants-là pour proposer mon aide. Alors qu’avec cet outil qu’est ce collectif, je pourrais », explique-t-il.

  • Fabien Gay : « On a 15 mois pour éviter le scénario du pire » à Sète

    Fabien Gay : « On a 15 mois pour éviter le scénario du pire » à Sète

    « On a 15 mois pour éviter le scénario du pire. Ce n’est pas une fatalité si on s’occupe de l’affaire. Si on laisse tout dériver, c’est un scénario probable ». Quelques heures avant de monter sur l’estrade de la salle Brassens, mardi 3 février à Sète, Fabien Gay n’a pas minimisé la gravité du moment pour une France divisée dans un monde en ébullition.

    A l’heure où des grandes puissances jouent les va-t’en-guerre et où la peste brune gagne du terrain, le scénario redouté par le sénateur communiste est celui de l’arrivée de Le Pen ou Bardella à l’Elysée en 2027. « Une grande partie du capital a basculé. Et préfère se retrouver au 2e tour face à Mélenchon qui perdrait », redoute Fabien Gay. Pour autant, pas question pour lui de tirer à boulets rouges sur le leader Insoumis, pas plus que sur les socialistes qui maintiennent sous perfusion le gouvernement Lecornu. « Je ne partage pas la position du PS. Le fil rouge du budget reste l’austérité et il n’y a pas de compromis possible avec des perdants (ndlr : des législatives 2024) qui sont restés au pouvoir. Mais pas d’anathème. Il faut avoir un débat franc et sincère avec nos partenaires », estime-t-il tandis qu’approche le congrès du PCF, qui décidera de la stratégie à la Présidentielle.

    Pour une presse pluraliste

    A 6 semaines des Municipales qui donneront le ton, le temps presse. « Une nouvelle internationale fascisante alliée au grand capital est en train de détricoter les droits des travailleurs, d’alimenter les discours de haine entre les peuples ou de l’intérieur ». Fabien Gay fait référence à Frontex ou à la milice ICE de Trump. « Il ne faut pas croire que parce que nous sommes la France, nous ne passerons pas sous les fourches caudines de l’impérialisme », prévient l’élu communiste. Pour sa première venue à Sète et avant de se rendre à Nîmes aux côtés de Vincent Bouget, F. Gay en a profité pour dire son soutien à Laura Seguin, tête de liste « Nouvelles Pages ». « Les municipales peuvent protéger la vie. On ne gère pas une ville à droite comme à gauche. Il faut faire avec les citoyens de la cité à l’entreprise ».

    Le rapporteur de la commission d’enquête qui a révélé le scandale des 211 milliards d’euros d’argent public octroyés aux grandes entreprises prévient : « Il n’y a pas de victoire électorale sans bataille idéologique. Et la gauche est en panne, elle a peu d’idées », regrette-t-il. Pour favoriser le pluralisme face à la puissance des milliardaires, celui qui est aussi directeur du journal l’Humanité propose de créer un fonds pour la presse indépendante et rêve d’une chaîne d’info en continue progressiste. « Le vote doit être libre et éclairé », dit-il. Or, « l’extrême droite a prévenu qu’elle coupera les aides à la presse »

  • Un film pour témoigner de la mise en concurrence du rail à Miramas

    Un film pour témoigner de la mise en concurrence du rail à Miramas

    « C’est un témoignage de gens qui ne parlent pas à un syndicaliste ou une direction, mais à un cinéaste et avec leur cœur », résume Damien constant, responsable CGT du Comité d’activités sociales inter-entreprises (Casi) des cheminots de Miramas.

    Vendredi soir à 18h30 au cinéma Le Comoédia, le Casi organise la diffusion du film documentaire « #Touscheminots, concurrence, entre défiance et méfiance, entretiens et témoignages en région Paca », réalisé par Balkan Tekelioglu sur une idée originale de l’organisation.

    « Le film raconte l’ouverture à la concurrence du rail au travers des témoignages de cheminots qui ont été transférés dans SNCF sud azur », détaille Damien Constant.

    « Un outil de lutte »

    Il y a une originalité dans la façon de faire. « La réalisation a fait ce qu’elle voulait à partir de notre projet, nous n’avons pas donné de consignes indique Damien Constant. Ce sont des gens qui racontent leur vie, leur entrée à la SNCF, comment leur transfert leur a été annoncé et comment ils l’ont vécu ».

    « Ce film est un outil, une arme pour sensibiliser, transmettre les émotions, et dire qu’on ne veut pas que ça se reproduise. Car vivre la privatisation c’est vivre un drame », appuie le syndicaliste CGT. En d’autres termes, « c’est une autre manière de militer, notre but est que sa diffusion ne s’arrête pas au casi. Il y a pour projet de le promouvoir auprès du grand public », développe Damien Constant, la demande de visa d’exploitation étant en cours et sa diffusion envisagée lors de festivals.

    La séance de vendredi 18h30 au Comoédia est gratuite pour les cheminots, le tarif est de 4 euros€pour le public. Un débat et un apéritif sont proposés à l’issue de la projection.

  • Une représentante du patronat sur la liste de la droite marseillaise

    Une représentante du patronat sur la liste de la droite marseillaise

    Ce sera une année 2026, « sous le signe de l’engagement », reconnaît Corinne Innesti. À la tête, depuis six ans, de la Confédération des petites et moyennes entreprises des Bouches-du-Rhône (CPME 13), celle qui a fondé son propre cabinet d’expert-comptable a décidé de se porter candidate auprès de « Martine ». Son credo : donner la parole aux PME et TPE qui constituent « 99% du tissu économique français et du territoire ».

    Ligne rouge

    Si elle précise se mettre en retrait de ses fonctions à la CPME, elle compte poursuivre son activité professionnelle en informant ses clients. Pour le reste, elle ne donnera pas de détails sur les dossiers qu’elle estime prioritaires.

    Seule certitude, elle souhaite que soit mise en place une instance, « une sorte de conseil économique » pour porter des « solutions concrètes ». « Sur le modèle que ce que nous avons fait à la Métropole et au Département », complète Martine Vassal, qui se félicite de donner sa place à la société civile. « Le maire a un rôle de coordinateur et d’ambassadeur », estime-t-elle.

    Et quand on lui demande si son choix ne va pas influer sur ses relations avec Daniel Salenc, président de la Chambre de métiers et de l’artisanat des Bouches-du-Rhône, Jean-Christophe Trapy, vice-président CPME 13, respectivement candidats RN à La Ciotat et à Carry-le-Rouet, elle botte en touche. « C’est leur choix », martèle-t-elle, assurant que sa seule ligne rouge sera « celle de Martine. Je m’engage parce que je crois dans ses valeurs, ses compétences ». « La CPME est une organisation patronale au service des entrepreneurs et elle le reste », assure-t-elle. « Marseille est une ville cosmopolite, ouverte, ce ne sera jamais une ligne RN » clôt Martine Vassal.