Tag: entreprises

  • La Foire est prête à célébrer son centenaire

    La Foire est prête à célébrer son centenaire

    « Un centenaire à célébrer, un nouvel élan à donner », c’est l’ambition de la Foire internationale de Marseille, organisée au parc Chanot (8e) du 26 septembre au 6 octobre, avec une exceptionnelle avant-première hors les murs, le 20 septembre. De 10h à 18h, trois « combi vintages » seront installées sur le Vieux-Port (1er) et proposeront, le temps d’une journée, un voyage « temporel immersif et participatif » à travers trois époques marquantes de l’histoire marseillaise et de la Foire, dans un « esprit de fierté et de convivialité ». Des places pour la Foire seront également à gagner, pour découvrir les 200 exposants invités cette année.

    L’offre commerciale de la Foire sera organisée en cinq unités. Répartis sur le hall 1,2, 3 et 8 et sur l’esplanade 8 du parc Chanot, les commerçants de l’habitat, de l’ameublement d’intérieur et d’extérieur et de l’électroménager proposeront un large panel de produits pour repenser sa maison du sol au plafond. Le hall 8 sera aussi celui des « petits plaisirs pour prendre soin de soi », où les visiteurs pourront retrouver marques beauté et bien être et création d’artisans locaux. Mais le vrai repère du savoir-faire marseillais se situera dans l’esplanade 1.

    Du local à l’international

    À l’occasion de cette édition anniversaire, la Ville de Marseille mettra à l’honneur les artisans, créateurs et entreprises labellisés « Fabriqués à Marseille », avec une exposition inédite de plus de 100 objets labellisés, des ateliers participatifs et une quinzaine de stands de producteurs prêts à partager « leur passion et produits ». « Marseille est une ville où l’on fabrique. Et il était bon de renouer avec cette tradition industrielle et artisanale, et faire en sorte que ce qui se fabrique à Marseille soit vu, connu et identifié comme tel », rappelle Jean-Pierre Cochet, adjoint au maire en charge du dynamisme économique (PS).

    4 000 m2 seront également consacrés aux productions issues de l’étranger avec au total 50 pays représentés. Parmi eux : l’Arménie, le Vietnam ou encore l’Italie, qui jouiront chacun d’un pavillon spécifique pour faire découvrir artisanat et gastronomie.

    Célébrer Marseille

    « Notre programmation va célébrer la fierté d’être marseillais. C’est le leitmotiv, c’est ce qu’on va retrouver et on espère que c’est ce que le public va ressentir », s’enthousiasme Hélène Caïco, responsable communication de la Foire de Marseille. Le public sera donc invité à célébrer « un siècle de rencontres, de découvertes et de fiertés marseillaises », grâce à la mise en avant de sportifs, humoristes, musiciens, danseurs et créateurs locaux. La grande scène, qui accueillera les performances artistiques de la Foire, mettra à l’honneur le parler marseillais avec la venue du linguiste Médéric Gasquet-Cyrus, le dimanche 28 septembre. La pièce de théâtre Mon accent marseillais sera également jouée le mercredi 1er octobre.

    Toujours pour valoriser le savoir-faire marseillais, une exposition inédite imaginée en partenariat avec Provence Studios plongera les visiteurs dans les secrets de fabrication du 7e art, qui s’est souvent appliqué, « parfois de façon caricaturale », à raconter Marseille.

    Quatre soirées seront organisées sur les onze jours de Foire, dont trois baptisées « soirées gourmandes » et prévues les 27 septembre, 2 et 4 octobre. Le vendredi 3 octobre promet d’être le point d’orgue de cette édition anniversaire avec une soirée célébration « hors-norme » qui se clôturera avec un feu d’artifice.

    Tarif sur place : 8 euros. Site web : foiredemarseille.com

  • « On déplace le problème de la Rocade ailleurs »

    « On déplace le problème de la Rocade ailleurs »

    La Marseillaise : Qu’attendez-vous du comité de suivi de ce mercredi 17 septembre avec les représentants de la mairie mais aussi de la préfecture de Vaucluse ?

    Jean-Yves Astouin : On attend que le préfet tienne compte de nos doléances et qu’il fasse un audit plus précis, notamment avec les entreprises qui utilisent cet axe, ce que la mairie d’Avignon n’a pas fait. On demande qu’un tour de table complet soit organisé pour élaborer un véritable projet de contournement d’Avignon, car, pour moi, le projet de Liaison Est-Ouest n’est plus d’actualité. Et quelque chose d’autre que de devoir se rendre jusqu’à Orange et revenir pour aller en Courtines, où se trouve la plateforme rail-route permettant de charger des conteneurs par voie ferrée, alors qu’il n’y a que deux kilomètres à parcourir. Ce n’est pas par gaieté de cœur que l’on envoie nos chauffeurs sur la rocade. Mais depuis 2013 et l’arrêt de la LEO, rien n’a été fait pour améliorer la situation, ce qui a mené à celle d’aujourd’hui.

    Une première réunion s’est tenue le 8 décembre dernier. Les représentants de votre syndicat ainsi que d’autres organisations l’ont quitté. Pourquoi ?

    J.-Y.A. : En arrivant à cette réunion que l’on pensait être une réunion d’information, on a été accueillis par un personnel technique. Ce qui veut dire que le projet avait été validé sans que l’on soit au courant. Donc, lorsque l’on a compris que l’on ne tenait pas compte de nos informations et que la décision était prise, on a décidé de partir. Et certaines entreprises menacent aujourd’hui de s’installer ailleurs si cette décision se confirme.

    La municipalité explique avoir pris cette décision pour améliorer la qualité de vie des habitants de la Rocade. Comprenez-vous ces arguments ?

    J.-Y.A. : On estime que les véhicules de plus de 38 tonnes représentent plus ou moins 5% du trafic sur l’axe. Je fais souvent la comparaison avec un paquet de cigarettes : si l’on fume 18 cigarettes par jour au lieu de 20, on a quand même de grandes chances d’avoir un cancer. Et je pense également que l’on déplace le problème ailleurs. Car si des entreprises décident de ne plus utiliser la plateforme rail-route de Courtines à cause de cela, plus de camions passeront par la route. Ce mode de transport permet d’économiser 90 000 tonnes de CO2 par an. Des zones comme celle de Valence seront plus fréquentées et donc plus impactées par la pollution.

    Qu’attendez-vous désormais ?

    J.-Y.A. : Il faut trouver une solution à long terme, car pour nous, cela ne peut pas rester en l’état. Pourquoi ne pas envisager une déviation par le privé, comme autour de Marseille ? Je préfère payer 5 euros et arriver en 5 minutes à destination que mettre 45 minutes à cause des bouchons. Ou encore déplacer la gare dans un endroit moins enclavé qu’actuellement.

  • Musée de la Navale : quand la mémoire ouvrière dérange

    Musée de la Navale : quand la mémoire ouvrière dérange

    « Depuis 36 ans, après avoir défendu les chantiers, puis ces travailleurs, puis sa mémoire, nous avons eu une seule promesse de musée en 2005, qui n’a jamais été tenue », rappelle pour commencer Lucien Conac, le président de l’Association pour le maintien des intérêts des anciens de la Navale à La Seyne (Amians). Un long combat au cours duquel ses bénévoles n’ont cessé d’être force de proposition. Comme en 2021, où l’Amians présente un projet de 300 mètres carrés dans le vaste espace libre de plus de 10 000 m² derrière le casino Joa. En dehors des moyens de la Ville, lui répond-on alors.

    « Sentant l’oubli venir nous avons voulu faire réagir et proposer en 2024 quelque chose d’incontestablement possible puisque déjà décidé par la municipalité en 2005 », reprend le responsable associatif. En l’espèce, la création d’un espace muséal ouvert à tous dans le local que l’association occupe actuellement au 2e étage de la porte principale des Chantiers, un des seuls vestiges témoins de cette histoire ouvrière encore debout.

    Rien de pharaonique. Puisqu’il s’agit d’abattre quelques cloisons pour dégager une salle d’exposition permanente de 70 m².

    L’ancienne maire LR Nathalie Bicais « laisse croire qu’elle accepte »… Mais rien n’est fait. Et celui qui tient les rênes de la ville depuis qu’elle a été empêchée, Jo Minniti (DVD), semble poursuivre cette longue période de procrastination.

    « Il nous a reçus le 27 juin et c’est ce jour-là qu’il nous a confirmé que les travaux étaient reportés aux grandes vacances 2026 », explique le président de l’Amians. D’où son incompréhension d’avoir récemment lu dans la presse celui-ci prétendre que c’était l’association qui était responsable de ce retard, l’accusant entre autres de bloquer l’ouverture du chantier.

    Pour un vrai un lieu de mémoire des chantiers

    L’association dément et nous montre le petit local dans lequel dès la fin des classes de la Navale les bénévoles ont transporté tout ce qu’ils souhaitaient conserver, afin de laisser place au chantier.

    Vraisemblablement c’est le stand tenu au forum des associations pour présenter le projet et continuer à faire signer la pétition, recevant le soutien de la population mais aussi d’élus et de candidats qui a provoqué la réaction du premier magistrat.

    Concernant la deuxième attaque portant sur la volonté soi-disant de l’Amians de ne pas partager l’espace, le président est encore plus clair. « Ce que nous voulons c’est un authentique lieu de mémoire pour raconter l’histoire de la construction navale seynoise, pas une maison des associations. »

    Et de préciser : « Nous sommes pour travailler avec tout le monde, toutes les associations, toutes les personnes qui ont autorité pour le faire sur la vie des chantiers. Mais pas n’importe comment. Il faut qu’il y ait un directeur qui soit désigné pour ses compétences et son engagement. »

    Le problème est peut-être beaucoup plus politique. Puisqu’il y a également une volonté de la Ville de modifier les classes de la Navale dans lesquelles les membres de l’Amians sont également engagés, révèle Lucien Conac. Et de poursuivre : « Lorsque nous avons pris contact avec l’inspectrice de l’Éducation nationale de l’époque, il était bien question, dans le programme d’histoire, d’apporter notre appui aux enseignants pour traiter l’histoire de la révolution industrielle à partir des réalités locales. » Or ce qui serait dans les tablettes c’est de s’orienter davantage sur la modification du paysage, s’insurge-t-il.

    Un sujet nettement moins subversif, c’est clair. Puisque cela permet d’évacuer l’histoire de la concentration de capitaux par les propriétaires des moyens de production. Mais aussi de toutes les luttes sociales menées par les travailleurs qui se sont battus pour une vie meilleure.

    « Et nous, si on parle des Trente glorieuses, c’est pareil. C’est parce que nous avons eu la chance de vivre une période où il y avait de grands syndicats puissants, bien organisés dans de grandes entreprises que nous avons réussi à avoir des progrès extraordinaires », conclut le président de l’Amians.

    C’est ça la mémoire ouvrière. Ça ouvre aussi des perspectives.

  • À Marseille, la CGT veut une manifestation massive

    À Marseille, la CGT veut une manifestation massive

    « Faire remonter la colère pour bloquer ces choix budgétaires et en imposer d’autres ». Jessica Jadé, secrétaire de l’Union Départementale CGT des Bouches-du-Rhône, ne laisse aucun doute sur les objectifs de l’organisation pour la mobilisation de ce 10 septembre, la veille, lors d’une conférence de presse à la Bourse du travail de Marseille. « Depuis plusieurs années, les gouvernements utilisent les budgets pour imposer des politiques de casse sociale. Cette année, celui prévu par notre ex-Premier ministre a sûrement été la goutte de trop. Là, la population s’est bien rendu compte de l’injustice sociale qui était prévue », constate la syndicaliste.

    Entourée de représentants et secrétaires généraux de syndicats locaux, l’organisation vient délivrer son plan d’attaque pour ce mercredi. « À la CGT, on a nos modes d’actions, on a la possibilité de bloquer l’économie par la grève. Ce 10 septembre, nous nous dotons de moyens pour converger avec tous les travailleurs mobilisés contre ce budget », développe Jessica Jadé. Elle cite les 211 milliards d’aides annuelles distribués aux entreprises sans contrepartie, à l’heure où le gouvernement Bayrou entendait prendre deux jours fériés aux travailleurs : « C’est ce qu’on refuse collectivement et qu’on a tous intérêt à combattre ». Concrètement, la CGT n’appelle pas aux différents blocages prévus par les collectifs citoyens (voir rendez-vous ci-dessous), mais plaide pour une convergence grâce à la manifestation qui partira des Réformés à 10h, en direction de la préfecture. « Rien ne s’oppose dans l’action collective et l’action syndicale. Les modalités de chacun décuplent le rapport de force, les travailleurs qui rejoindraient les points de blocage ont besoin d’être couverts par un préavis dans leurs entreprises, et c’est ce que la CGT fait », analyse Jessica Jadé, insistant sur l’importance de la grève dans les entreprises.

    La CGT des territoriaux a effectivement posé un préavis du 10 au 30 septembre, permettant la tenue de grèves dans de nombreuses collectivités du territoire.

    « À la CGT Éduc’action, on appelle à faire des assemblées générales dans tous les établissements pour convaincre d’aller à la grève et de participer au mouvement », abonde Magali Hidalgo. Les organisations étudiantes prévoient aussi des blocages dans les établissements scolaires. Robin Matta, pour la CGT des cheminots de Miramas, note que les travailleurs du rail seront aussi dans la bataille. D’où des perturbations au programme au niveau des trains. Mais aussi du côté de la RTM, à Marseille, avec un appel à la grève de la CGT de la régie. Tout un programme.

    « Rien ne s’oppose dans les modes d’actions. Les modalités de chacun décuplent le rapport de force »

  • Un deuxième round pour les énergéticiens

    Un deuxième round pour les énergéticiens

    « Le constat est que le mouvement s’ancre. » Renaud Henry, secrétaire général de la CGT Énergie Marseille, est plutôt positif alors que des dizaines de milliers d’énergéticiens entamaient, ce jeudi, leur troisième jour de grève.

    Autour de lui au sein de la Bourse du travail de Marseille, on retrouve Sébastien Koch, secrétaire de l’Union départementale CGT 13, Nicolas Davan, secrétaire général de la CGT Énergie Provence et Jean-Michel Roccasalva, leur homologue de la centrale de Gardanne. Et tous font part d’un mouvement social « bien suivi » dans les industries électriques et gazières. « Le mouvement a pris, il se poursuit. Il y a des particularités sur chaque site avec différentes formes de piquets mais il y a bien un impact », explique Sébastien Koch. Avant de prendre des exemples concrets : « Il y a eu des baisses de puissance de production sur des sites nucléaires, le réseau était tendu. Cette nuit, on a reçu des messages dans les salles de commande des sites partout en France autour de la sécurité du réseau et des risques de black-out. »

    Localement, Nicolas Davan énumère les points chauds de la région : « Il y avait des grévistes sur tous les sites d’Enedis, avec deux opérations filtrage. Les deux terminaux méthaniers de Fos étaient en grève, pareil pour Cycofos et Combigolfe [deux centrales à gaz dans les Bouches-du-Rhône, Ndlr]. » Pour rappel, la fédération des mines-énergie CGT, à l’origine de l’appel à la grève, revendique une hausse des salaires au niveau de la branche et une baisse drastique des factures pour les usagers. Autant de points évoqués en réunion avec la préfecture des Bouches-du-Rhône, plus tôt dans la journée puisque les syndicalistes avaient rendez-vous avec celle-ci. « On nous a écoutés mais il faut que ça soit suivi. Il y a urgence à ce que nos revendications remontent à notre ministère de tutelle, puisqu’il ne sera peut-être plus là dans quelques jours… », laisse en suspens Sébastien Koch.

    Le 9, 10 et 11 dans le viseur

    Jean-Michel Roccasalva, fort de son expérience de luttes sociales à la centrale, rappelle que la CGT est prête à aller au bout : « L’idée est de mettre en difficulté le patronat pour aller chercher des revendications légitimes. Il va falloir que les entreprises et le ministère entendent notre colère. Les baisses de charges sont les prémisses. On peut aller beaucoup plus loin. » D’où un ajustement de la stratégie de l’organisation syndicale en vue de la poursuite du mouvement. « Lundi, on va faire le bilan sur tout ce qui a été fait puis on va reconstruire une nouvelle séquence forte : les 9, 10 et 11. Certains sites et grévistes vont tenir jusque-là », développe Nicolas Davan.

    Ils espèrent concrètement insuffler « un nouvel élan » autour de la date du 10 pour laquelle de nombreux appels au « blocage du pays » sont lancés. Confédéralement, la CGT appelle également à la grève ce jour. « Le ras-le-bol que les gens exprimeront le 10 septembre et notre lutte ne sont pas antinomiques. Les énergéticiens seront dans l’action le 9, le 10 et le 11. Les luttes sociales ne se soustraient pas », conclut Sébastien Koch.

  • L’avenir de la centrale de Martigues aussi en question

    L’avenir de la centrale de Martigues aussi en question

    C’est un mouvement de grève reconductible national qui donne le coup d’envoi de la rentrée sociale. À la centrale de Martigues-Ponteau, comme dans les sites d’Enedis ou des entreprises gazières, la fédération CGT des mines et énergies (FNME) a appelé à cesser le travail ce mardi, et dès la veille au soir en ce qui concerne les équipes de trois-huit. Devant l’entrée de la Centrale combinée gaz (CCG) d’EDF, les syndicalistes CGT de la centrale se mobilisent pour deux raisons majeures.

    « On demande une revalorisation à hauteur de 9% de la grille salariale et des indemnités d’astreinte », revendique Sébastien Koch, secrétaire général du syndicat CGT de la centrale de Martigues. Et pour cause, « plus personne n’est embauché aux 3 premiers échelons de notre grille car ils se situent en dessous du Smic. Le but pour nous est de remonter l’ensemble de cette grille, et pas seulement les trois premiers échelons, ce qui n’a pas été fait depuis des décennies », argumente le syndicaliste.

    Plus encore, « on réclame les 13e et 14e échelons d’ancienneté. Car si on rallonge la durée de travail, l’ancienneté ne suit pas cette évolution », abonde Sébastien Koch, qui rappelle que « dans les industries énergétiques et gazières, on a normalement 33% d’augmentation de salaire entre l’entrée et la sortie de l’entreprise, pour les carrières complètes ». Ce qui n’est plus le cas, selon le représentant syndical.

    Outre le salaire, les énergéticiens de la CGT proposent également de baisser les factures des usagers, principalement du grand public, par le retour de la TVA de 20 à 5,5%. Une variable d’ajustement pour les deux enjeux, donc.

    Une fonction stratégique

    La double particularité de la Centrale combinée gaz (CCG) de Martigues est à la fois d’être la seule dans la région appartenant à EDF, sur les trois dont dispose le groupe en France, mais également d’être historiquement liée au territoire industriel qui l’entoure. Les deux turbines au gaz naturel alimentent des générateurs pour une puissance cumulée de 930 mégawatts (MW) par heure, raccordée au niveau national et équivalente à l’un des quatre réacteurs nucléaires du Tricastin. Ces deux unités mises en service en 2012 remplacent les anciennes chaudières au fioul arrêtées en 2008. Cette centrale remplit « une fonction stratégique » pour EDF, répondant « à des besoins spécifiques de la région Paca lors de contextes de forte consommation ». De plus, le combiné gaz « produit rapidement de l’électricité en complément de l’énergie renouvelable », intermittente.

    Mais à l’heure des projets industriels décarbonés de Fos-Berre, dont la consommation électrique est évaluée à 3410 MW en 2035 selon une analyse de l’État, le secrétaire du syndicat CGT de la centrale de Martigues s’interroge. « On n’a jamais parlé de nos centrales dans le projet Fos-Berre » affirme-t-il. « Il y a besoin de la ligne très haute tension à 400 000 Volts pour alimenter la zone, mais il ne faut pas oublier les modes de productions locaux », fait-il observer. À ce titre, EDF assure que « ce site conserve sa raison d’être », mais ne « s’inscrit pas forcément dans une stratégie bien définie » au-delà de 2035. D’où l’inquiétude de Sébastien Koch pour « l’après 2035, où nous n’avons pas de réponses ».

    Au local, la lutte porte bien au-delà des enjeux nationaux. Mardi soir, la CGT fait état de plus de 200 piquets de grève et de l’absence de réponse des entreprises au mouvement social.

  • La grève reconductible démarre dans les entreprises électriques et gazières

    La grève reconductible démarre dans les entreprises électriques et gazières

    « Les électriciens gaziers défendent leurs salaires et emplois mais aussi le service public sept jours sur sept et vingt-quatre heures sur 24 », résume Fabrice Coudour, secrétaire général de la fédération nationale des mines et de l’énergie de la CGT (FNME). À l’occasion d’une réunion d’information publique des personnels lundi, le syndicat explicite le mouvement de grève reconductible national entamé ce mardi. En question, la revalorisation de la grille des salaires ainsi que la baisse de TVA pour les usagers.

    De nombreux piquets de grève apparaissent sur la carte interactive de la fédération syndicale dans notre région, à l’instar d’Enedis de Tarascon à Fréjus, à la centrale EDF Martigues et GazelEnergie Gardanne, à GRDF et RTE Marseille, ou comme à Elengy Fos-sur-Mer. La FNME-CGT cherche à obtenir « la réévaluation des grilles de salaires à hauteur de 9% », indique son secrétaire général, comme pour l’indemnité d’astreinte, ainsi que des échelons d’ancienneté en plus « pour toutes les entreprises des industries électriques et gazières ».

    « Le marché libéral explose les factures »

    Au-delà des revendications internes à la vie d’entreprise, la Fédération des mines et énergie défend également une autre politique publique en la matière. « Année après année, le secteur a été libéralisé et les factures n’ont fait qu’exploser », affirme Fabrice Coudour, qui parle de « pansement » au sujet du chèque énergie entre autres dispositifs « pour masquer l’hémorragie du marché qui ne produit rien mais fait augmenter la note » de l’usager.

    La fédération CGT explique le lien entre salaires et factures, en partant du coût moyen du tarif bleu grand public, à 22,44 centimes d’euros du kilowatt par heure. « La part de production et d’acheminement, l’industrie, représente 65% du tarif », détaille le secrétaire général de la FNME, contre « 20%de TVA et 14% de masse salariale ». L’augmentation des salaires de 9% et la baisse du tarif pour les usagers se conjuguent dans « la baisse de la TVA à 5,5% » comme variable d’ajustement, la part technique n’évoluant pas d’après le syndicat.

    De quoi donner de l’énergie à la rentrée sociale.

  • Le couple Macron-Merz parle d’une seule et même voix

    Le couple Macron-Merz parle d’une seule et même voix

    Dans un contexte international très tendu et avec un des deux gouvernements en sursis, le couple franco-allemand a tenu à montrer vendredi, au terme d’un Conseil des ministres commun qui s’est déroulé dans le salon de la résidence du préfet maritime, une image d’unité. Seul l’avenir nous dira, assez vite d’ailleurs, si elle n’était que de façade ou si la machine vient réellement de redémarrer.

    Pour booster cette image, la volonté exprimée a été celle de bâtir de concert une vingtaine de projets phares. Une stratégie présentée comme profitable, bien sûr, aux deux économies. Et cela autant au niveau de l’industrie, de la recherche que de la défense.

    En matière d’énergie, par exemple, il a été en mis en avant « une avancée majeure ». Avec pour ambition de « diminuer les coûts, garantir la sécurité d’approvisionnement et atteindre nos objectifs climatiques ».

    La paix à l’agenda

    Emmanuel Macron a également mis en avant, au cours de cette conférence de presse, les efforts pour « parvenir à une paix juste et durable » en Ukraine, au cœur de l’agenda commun.

    « Je le dis avec autant de force et de solidarité après ces derniers jours, où les attaques ont repris avec force et où, à nouveau, des civils ukrainiens ont été touchées », a-t-il insisté, pointant l’écart qu’il existe entre les positions prises, avec les autres dirigeants dans les sommets internationaux, par le Président Poutine et la réalité sur le terrain. Et de poursuivre, au cas où les engagements du président russe ne seraient pas tenus : « Nous continuerons d’exercer des pressions pour que des sanctions supplémentaires soient prises par nous-mêmes ainsi que par les États-Unis d’Amérique. »

    Concernant la situation au Proche-Orient, le chef de l’État a condamné « le désastre humain dans la bande de Gaza » qualifié d’« intolérable ». « L’état de famine qui a été déclaré par les Nations unies est très clairement le résultat du blocage de l’aide humanitaire », a-t-il souligné, en appelant en urgence à l’arrêt des combats et à l’ouverture des accès humanitaires et de l’aide aux populations civiles. Mais, aussi, à construire « un chemin de paix, un chemin politique de discussion avec toutes les parties ». Une solution politique, insiste-t-il, « pour une paix durable pour les Israéliens comme pour les Palestiniens ». Bien sûr dans le cadre d’une solution à deux états.

    Parmi les solutions à court terme, il a salué « la décision très courageuse du chancelier de cesser toute exportation d’armements susceptibles d’être utilisées à Gaza ».

    Au sujet des solutions « pour augmenter la compétitivité de l’Europe », ambition partagée par Emmanuel Macron et Friedrich Merz, les recettes apportées, sans surprise, reposent une nouvelle fois sur une baisse des charges pour les entreprises, ainsi que sur une « synchronisation de l’agenda économique et social », une notion encore floue dans ses applications concrètes.

    Pas de démission

    Interrogé sur la barre franchie des 3 millions de chômeurs en Allemagne, le chancelier a brandi le sempiternel remède libéral : « Il faut réformer le marché du travail ». Sur ce point aussi, les deux dirigeants parlent d’une même voix, au risque d’inquiéter les syndicats et les salariés des deux côtés du Rhin.

    Titillé sur la crise politique que traverse notre pays et sur la chute annoncée du gouvernement, le Président français a affirmé que, quoi qu’il advienne, il ne démissionnerait pas. Un mandat qu’il entend « exercer jusqu’à son terme ».

  • Énergie, taxis, services publics… la riposte sociale s’organise contre le budget Bayrou

    Énergie, taxis, services publics… la riposte sociale s’organise contre le budget Bayrou

    C’est le 1er septembre que doivent se réunir les différentes confédérations syndicales, au niveau national, pour travailler à une riposte sociale commune face au budget et les annonces associées, portées par le gouvernement Bayrou.

    Si la CGT organise son comité confédéral national (CCN), l’une des instances décisionnaires de l’organisation, ces 26 et 27 septembre, certaines fédérations ont d’ores et déjà un programme chargé pour cette rentrée. C’est notamment le cas des énergéticiens CGT, qui lancent une grève reconductible, dès le 2 septembre, dans tout le pays et avec plus d’une dizaine de rassemblements prévus en Provence. « On se mobilise pour une revalorisation de notre grille des salaires au niveau de notre branche [celle des industries électriques et gazières, IEG, Ndlr], mais aussi contre la hausse des factures des usagers dont la TVA est passée à 20 % cet été pour l’électricité et le gaz », explique Renaud Henry, secrétaire général de la CGT Énergie Marseille. Une mobilisation lancée en amont des annonces Bayrou, dans l’optique « d’être à l’offensive et de prendre de court le calendrier patronal ». « Le contexte global de colère sociale et les annonces de Bayrou jouent évidemment : deux jours fériés de moins, c’est 300 euros de moins pour les agents », développe le syndicaliste. « 150 piquets de grève dans toute la France sont déjà établis dans 150 entreprises des IEG », abonde Nicolas Davan, secrétaire général de la CGT Énergie Provence.

    Les taxis mobilisés et des appels locaux pour le 10

    Dans la foulée, ce sont les taxis qui prennent le relais avec un appel à la grève intersyndical. « À partir du 5 septembre, il faut reprendre notre mobilisation qu’on espère aussi forte que celle du 19 mai », martèle Rachid Boudjema, président de l’Union nationale des Taxis et secrétaire général du Syndicat des taxis marseillais et de Provence. Il pointe « l’absence de réponse du gouvernement », notamment pour « la convention sur les tarifs pour les transports sanitaires », sujet de leur précédente mobilisation. Ensuite, c’est la fameuse date du 10 septembre qui est dans le viseur. Si la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a qualifié le mouvement de « nébuleux », reste que plusieurs fédérations CGT se préparent à la mobilisation, en attendant la position de la centrale.

    « Il y a peu de doute sur le fait qu’on sera en grève le 10 », explique Nicolas Davan, secrétaire général de la CGT Énergie Provence. Faits notables : plusieurs Unions locales CGT dans la région appellent clairement à la mobilisation le 10 septembre. À l’instar de celle d’Avignon et de Toulon. La première juge que « la lutte syndicale avec ses spécificités et le mouvement spontané du peuple avec les siennes peuvent et doivent aller de la main si nous partageons les revendications ». À Marseille, des assemblées générales ont régulièrement lieu en vue de la préparation de cette date (lire notre article du 19 août) avec des réunions par quartiers. Celle du centre-ville de la cité phocéenne se tient ce mercredi 27 août, place de la Providence dans le 1er arrondissement et doit « proposer et voter des lieux de rassemblement ». Celle des quartiers est de la ville se tient ce mardi, au niveau du tramway des Caillols, une autre avait lieu au Parc Longchamp.

    « Un processus cohérent et convergent »

    De quoi appuyer les appels lancés nationalement, sur les réseaux sociaux ou en dehors des cadres syndicaux. Ces derniers sont nombreux : Sud-Rail, la fédération CGT commerces et services, celle des industries chimiques (Fnic CGT)… « On avait déjà prévu une mobilisation le 10 septembre avant que ça monte. Et quand on a vu les annonces de Bayrou et les réformes qu’il veut imposer, ça a enfoncé le clou », explique Éric Chopineau, secrétaire général de la CGT Air liquide Sud-Est, syndicat rattaché à la Fnic. Avant de développer : « Dans les ateliers, ça parle beaucoup, les salariés s’interrogent. D’ici là, on va faire grandir cet appel ».

    Faire grandir les appels, c’est aussi le but de l’Union départementale CGT 13. « La question est bien de construire un rapport de force, un processus cohérent et convergent. Notre rôle est d’aller dans toutes les entreprises et les services publics pour organiser la riposte avec les travailleurs, y compris avec la date du 10, mais pas que », explique Jessica Jadé, secrétaire de l’UD CGT 13. La syndicaliste insiste : « Nous appelons toutes les organisations à travailler à la jonction et la convergence pour la mobilisation des travailleurs ».

  • Aides publiques : 211 milliards d’euros versés chaque année aux entreprises sans réel contrôle

    Aides publiques : 211 milliards d’euros versés chaque année aux entreprises sans réel contrôle

    Alors que François Bayrou prévoit 44 milliards d’euros d’économies dans le prochain budget, les premières pistes n’envisagent pas de réduire les aides publiques aux entreprises. Pourtant, celles-ci s’élèveraient à plus de 211 milliards d’euros en 2023, « un des premiers budgets de l’État », soulignait le sénateur communiste Fabien Gay, le 8 juillet dernier, à l’occasion de la publication du rapport de la commission d’enquête parlementaire dédiée.

    Ce constat est mené à l’issue de six mois de travaux et de 87 heures d’audition d’une trentaine de dirigeants de grandes entreprises, mais aussi d’anciens ou d’actuels responsables politiques, d’économistes, de syndicats et de représentants du patronat. Les sénateurs ont ainsi recensé plus de 2 252 dispositifs divers, qui relèvent de l’État, des organismes de sécurité sociale, des collectivités territoriales ou encore de l’Union européenne.

    Dans un communiqué, la CGT dénonçait « la multiplication par 18 de ces aides depuis 1979, sans ciblage en fonction des besoins, ni suivi, ni contrôle, ni sanction vis-à-vis des entreprises qui les perçoivent puis licencient, délocalisent, tout en versant des dividendes record », eux aussi multipliés par cinq en 15 ans. La centrale syndicale demande la « conditionnalité » de ces aides, l’une des 26 recommandations formulées par les parlementaires qui réclament un « choc de la responsabilisation ». Cela signifie entre autres, d’imposer le remboursement total d’une aide de l’État ou des collectivités territoriales si une entreprise procède à une délocalisation d’un site ou d’une activité. Des pistes pour renflouer les caisses de l’État sans imposer l’austérité et viser les plus précaires.