Tag: entreprises

  • Première pierre posée pour le BHNS de la Métropole de Toulon

    Première pierre posée pour le BHNS de la Métropole de Toulon

    Financé pour plus de 500 millions d’euros par les entreprises de la Métropole TPM, via une taxe transports, depuis 2002, le projet de tramway dans l’aire toulonnaise est désormais enterré. Jugé trop cher et plus d’actualité par la majorité au conseil métropolitain, qui justifie cette position par l’augmentation des coûts entre le projet initial et ce qu’il serait nécessaire d’investir aujourd’hui, il a été remplacé par un bus à haut de niveau de service (BHNS), déclaré d’utilité publique par le préfet en octobre.

    Un projet à 395 millions d’euros, financé pour 40 millions d’euros par l’État, 10 millions par la Région Sud, et donc 345 par la Métropole. Soit, au bas mot, plus de 150 millions d’euros de moins que la somme récoltée depuis 2002 par la Métropole, dont « il conviendra de savoir comment elle a été utilisée », botte en touche son président Jean-Pierre Giran (LR). La première pierre a été posée mercredi 3 décembre, à Ollioules, pour un tronçon de 7 km (ligne 1a) qui reliera le Technopôle de la Mer à Bir-Hakeim, à Toulon. Il desservira les secteurs Geffrier, Escaillon, Herriot, XVe corps, Villevieille et les Grands Boulevards.

    Livraison prévue en 2037

    Ces premiers travaux consistent en la réalisation d’un mur de soutènement à hauteur de Geffrier, livré en juin 2026. L’ensemble du tronçon, lui, sera opérationnel d’ici 2029. Deux autres sont prévus dans le projet global, qui compte 28 km d’infrastructures : le plus long entre l’Espace Marine, à La Seyne-sur-Mer, et la gare de la Pauline-Hyères (ligne 1), et un autre entre le campus universitaire de la Garde et la gare La Garde-Centre (ligne 1b). 44 véhicules électriques y circuleront. Ils desserviront 65 stations dans cinq communes (Toulon, La Garde, Ollioules, La Seyne et La Valette), pour un trajet à 70% en site propre. Loin des 100% prévus par le tramway, ce qui implique une vitesse et une efficience moindres, comme le pointe l’opposition. Enfin, quatre parkings relais en silo (Porte d’Ollioules et de Toulon, Sainte-Musse, gare la Pauline-Hyères et Espace Marine à La Seyne) verront le jour d’ici 2037, date prévue pour la finalisation du projet.

  • La douane, maillon essentiel pour le commerce extérieur

    La douane, maillon essentiel pour le commerce extérieur

    C’est par une visite sur la chaîne de contrôle douanier de l’entreprise de livraison internationale, UPS, à Marignane que Nicolas Forissier, ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargé du commerce extérieur et de l’attractivité, a terminé ce jeudi 4 décembre sa visite en région Paca.

    Une conclusion logique explique-t-il quand les douanes relèvent aussi de la responsabilité de son ministère. « Il y a eu une évolution dans l’organisation de nos administrations, ce n’est plus seulement le ministère de l’Économie et des finances c’est aussi celui du commerce extérieur », indique-t-il. Que les douanes puissent contrôler les millions de colis qui transitent par l’entreprise de fret, afin de détecter les « contrefaçons, les produits illicites des trafics » fait partie de la « crédibilité nécessaire à UPS », et de l’État estime le ministre.

    Préserver l’emploi

    « chez nous »

    Détecter les contrefaçons, c’est aussi préserver « des emplois chez nous », enchaîne-t-il. La contrefaçon, « c’est de l’activité économique que l’on vole à ceux qui fabriquent légalement en prenant leur marque, en les falsifiant pour un prix qui ne rémunère qu’à peine ceux qui sont employés dans des pays lointains pour les fabriquer » insiste-t-il, défendant « une logique sociale ».

    Pas moins de 33 agents travaillent à Marignane, un des trois bureaux de douane des Bouches-du-Rhône avec celui de Fos et de Marseille, « dixième au niveau national », deuxième du département, précise à ses côtés Michael Lachaux, directeur régional des douanes. Ni portuaire, ni aéroportuaire, il dédouane « des flux pour les entreprises de tout le département », et connaît une augmentation de son trafic ajoute-t-il, sachant que dans les Bouches-du-Rhône, plus d’un million de déclarations par an sont réalisées à l’import-export. « Soit plus de 90% du dédouanement de la région », ajoute Michael Lachaux.

    Pour les douanes, les enjeux sont à la fois la lutte contre la fraude et l’accompagnement des entreprises. Une partie importante et méconnue de l’activité douanière.

    Reste que dans le premier aéroport régional en matière de fret, juste après les aéroports parisiens au niveau national, le contrôle des colis a pris de l’ampleur. « On consomme de plus en plus par e-commerce, les entreprises utilisent également le fret express pour des raisons de rapidité et de flux tendus », explique le directeur régional. Au point qu’une cellule spéciale a été créée pour traiter ce flux d’environ 1,1 million de colis dédouanés par an, dont 600 000 importés de pays hors UE et 500 000 à l’exportation.

    Quand on demande au ministre si un renforcement des moyens est alors envisageable face à la masse de travail, il évoque des « méthodes de travail » à repenser, assurant que l’État est mobilisé et qu’une réflexion au niveau européen est aussi engagée. Et de rappeler que « c’est à la demande de la France que l’exonération des colis de moins de 150 euros de valeur », sera supprimée en janvier.

  • L’Occitanie en bonne position sur le numérique

    L’Occitanie en bonne position sur le numérique

    On n’ira pas jusqu’à dire que l’Occitanie est la Silicon Valley française mais une chose est sûre. En dépit d’un léger essoufflement de l’emploi observé depuis 2022 en raison de « la hausse des taux d’intérêt, de la baisse de certains investissements et de l’incertitude », l’économie numérique se porte à merveille dans notre région, révèle une étude de l’Insee (avec la Dreets).

    Forte de 131 000 emplois numériques (dont 116 000 salariés), l’Occitanie est, hors Île-de-France, la seconde région la mieux dotée derrière Auvergne-Rhône-Alpes, le secteur pesant 7,3% des emplois marchands (5,9% en moyenne en France). En 2022, 8,1 milliards d’euros de richesse étaient ainsi générés.

    Les activités sont centrées pour les trois-quarts sur les technologies de l’information et de la communication (programmation, conseil, télécommunications, édition de logiciels…), 13% autour de la publicité et du design ; 8% sur les contenus et supports (cinéma, TV, musique, livres, journaux…), 5% pour les autres technologies (équipements scientifiques, aide à la navigation…).

    À elles seules, Toulouse et Montpellier pèsent les trois-quarts des emplois numériques. Avec des sociétés de conseil en systèmes et logiciels informatiques (Capgemini, Sopra Steria, Thales…), Toulouse abrite 74 000 emplois, soit 56% du secteur. Montpellier en compte 28 000 (21%) avec les géants Dell, Orange, Horiba, Computacenter, Septeo, Capgemini ou encore Ubisoft. Hors métropoles, l’activité est plutôt tournée vers la pub et la com’, un secteur en difficulté.

    Les métiers du numérique, souvent occupés par des hauts diplômés, sont plus rémunérateurs à Toulouse et Montpellier. Le salaire annuel net moyen s’élève à 29 000 nets par an, soit 41% de plus que pour l’ensemble de la sphère marchande régionale. Les cadres sont surreprésentés (72% contre 17% dans toute l’économie régionale) avec une forte présence de CDI. Les femmes sont peu nombreuses (24%) et gagnent 13% de moins que les hommes, un écart salarial conséquent mais moindre que dans le reste de l’économie. À noter que l’Occitanie emploie aussi 4 000 contrats d’alternance.

    La croissance du secteur numérique s’est accélérée depuis 2020 et la crise Covid en raison de plusieurs éléments : « Le développement massif du télétravail et des outils de visioconférence ainsi que le recours accru au commerce en ligne », détaille l’Insee. Depuis 2022, l’arrivée des premiers logiciels d’intelligence artificielle (IA) maintient la technologie premier plan. En Occitanie, le marché de l’IA pèse déjà 300 entreprises, qui emploient 5 000 personnes fin 2024 pour un chiffre d’affaires qui s’élevait déjà à 540 millions d’euros en 2023. Leur valeur ajoutée « repose majoritairement sur des briques d’IA qu’elles développent en interne », précise l’Insee. Plus d’un milliard d’euros ont été levés sur divers marchés dont la santé, l’aérospatial, l’industrie, l’environnement, la sécurité, défense, logistique, la ville intelligente ou l’agriculture de précision.

  • [Grand entretien] Samuel Hervé : « J’espère que le site de Vergèze sera maintenu »

    [Grand entretien] Samuel Hervé : « J’espère que le site de Vergèze sera maintenu »

    TAXES TRUMP

    LM : Quels sont les effets des droits de douane en Occitanie ?

    S.H. : Trump a une diplomatie économique qui n’est pas celle qu’on a connue pendant des années. Cela génère un inconfort supplémentaire. Il s’amuse avec le dollar sur les taux d’intérêt, que va-t-il se passer pour nos emprunts, nos investissements ? On est sur une inflation contenue autour de 2% mais il suffit d’une mauvaise humeur pour faire monter les taux. En France, l’agroalimentaire avec l’agriculture est le secteur qui souffre le plus des droits de douane. L’aéronautique est passée à 0% sur demande de Boeing. Les sous-traitants automobiles, les produits de luxe, les vins, fromages… sont taxés à 25%. Pour les viticulteurs c’est un vrai sujet. 6 000 emplois pourraient être perdus dans l’industrie de la beauté.

    ENTREPRISES & EMPLOI

    LM : Avec la fin des aides Covid, y a-t-il plus de défaillances d’entreprises ?

    S.H. : Au 2e trimestre 2025 en Occitanie, on a eu +19% de défaillances. Les petites entreprises et de plus de 100 salariés sont touchées dans le bâtiment, l’hôtellerie restauration. Plusieurs facteurs jouent dont la fin des prêts garantis par l’État (PGE) combinée à l’inflation qui a fait un effet ciseau.

    La verrerie pourrait fermer, êtes-vous inquiet pour l’emploi industriel ?

    S.H. : J’espère que la décision du tribunal pour Perrier va permettre à Nestlé Waters de maintenir le site et le sous-traitant à Vergèze. On est inquiet mais l’Occitanie est la seule région où le solde net d’usines (création/destruction) est positif (+9). Si on veut garder l’industrie, il faudra que la fiscalité, le coût du travail et la simplification soient abordés.

    Les délocalisations ne vous révoltent pas, c’est la loi du marché ?

    S.H. : Pardon tout le monde fait ses calculs. Vous feriez sans doute les mêmes. On peut attendre des grands groupes davantage de responsabilité sur les délais de paiement. Mais pourquoi j’irai produire plus cher ici qu’ailleurs ? Il ne faut pas leur demander de se tirer une balle dans le pied.

    Mais un jour la France ne produira plus rien…

    S.H. : On doit être fort sur les sujets qui créent une forte valeur ajoutée : la RD, l’innovation, le numérique, l’aéronautique. Vouloir garder en France des industries mondialisées, non différenciantes, c’est très compliqué. On peut aussi travailler sur des sujets de souveraineté alimentaire, de défense, de cybersécurité, du nucléaire. Stop aux petits calculs, l’État doit poser les grands enjeux.

    INSTABILITÉ & INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

    LM : Quels effets l’instabilité politique a-t-elle sur le moral et les décisions des chefs d’entreprise en Occitanie ?

    Samuel Hervé : Des études de la Banque de France en Occitanie ou le baromètre de la CCI régionale montrent que si on sort le secteur aéronautique qui tire l’économie vers le haut, on a dans les autres secteurs comme le BTP, l’hôtellerie-restauration, le numérique, les services sanitaires, social et à la personne, tous souffrent de difficultés de visibilité, de capacité à se projeter. Comparé à l’an passé, tous voient leurs chiffres d’affaires, perspectives d’investissement (à l’arrêt) et d’embauche diminuer. Quand vous ne savez pas à quelle sauce vous allez être mangés… On assiste à un grand concours Lépine de toutes les fiscalités possibles. Tout le monde attend. Le contexte international peut aussi un peu jouer quand les règles du jeu peuvent changer du jour au lendemain avec Trump.

    Voyez-vous l’IA comme un atout ou un danger pour l’emploi ?

    S.H. : Le Medef a fait un IA tour dans chaque département. On avait une centaine de chefs d’entreprise chaque fois. L’enjeu c’est de surfer sur la vague et de ne pas se faire submerger. Il faut bien connaître les valeurs de cet outil, ses forces et ses faiblesses, dans son entreprise, indépendamment de l’IA. La cité de l’économie et des métiers de demain avec le groupement Leader et l’appui de la Région ont lancé le programme « IA, on accélère ». Il y a 2 promos de 20 entreprises. On est accompagnés sur les différences d’IA (générative, prédictive…). Par exemple, dans ma PME de restauration collective j’ai une dette technologique à résorber pour récupérer des données accumulées depuis 18 ans. On peut aussi faire en sorte que les collaborateurs se concentrent sur leur cœur de métier. Il y a aussi risque de la substitution. Je ne mettrais pas des garde-fous légaux mais à la main du patron. Trouver des salariés impliqués est précieux, je ne connais pas beaucoup de patrons qui s’en séparent même si la compétence est substituable. On peut acheter de la compétence, pas de la motivation.

    TAXATIONS & RETRAITES

    LM : Vous refusez plus de fiscalité mais les profits du CAC40 sont énormes : 131 milliards en 2024. Ne faudrait-il pas taxer plus les gros et moins les petits ?

    S.H. : Si on regarde l’addition des 53 milliards d’économies, il y en a 31 sur les gros. Il y a en France un CAC40 bashing un peu terrifiant. On devrait se féliciter d’avoir des champions français, européens, ce sont des boîtes transnationales. L’activité de Total est déficitaire en France, ils pourraient s’en débarrasser mais ils la gardent. L’essentiel du prix à la pompe c’est des taxes. Par ailleurs, on demande aux grands groupes de continuer à faire de l’apprentissage alors qu’ils n’ont plus aucune aide. Opposer les grands aux petits c’est une vision idéologique. Les gros sont aussi des donneurs d’ordre. Beaucoup de PME et PTE travaillent avec les patrons du CAC40. A travers eux, on risque d’affaiblir le tissu régional. Aujourd’hui, le capital est moins bien rémunéré en France qu’en Allemagne, en Italie, en Suède. Une étude de l’OFCE montre aussi que le niveau de rémunération (des salariés) comparé à la valeur ajoutée créée par les entreprises est le plus élevée en France.

    Vous étiez dans le Conclave. Pourquoi avoir quitté la conférence sociale ?

    S.H: On est allés au Conclave alors que nos cousins n’y sont pas allés et que personne ne les a questionnés. Cette réforme des retraites était passée, ce n’était plus un objet de discussion. Ça a été remis sur le tapis pour des calculs politiciens, on n’était pas pour. On est allé plus loin que beaucoup de positions qu’on avait pu avoir : sur les carrières des femmes, la prévention de la pénibilité, des carrières longues. Là, avec la suspension, on ne fait plus de prospective, on devient instrumentalisés politiquement, on n’en a pas envie. Pareil sur l’assurance chômage, la réforme était passée il y a 2 ans. On a rouvert la boîte de pandore, c’était du pain béni pour les syndicats (salariés). Je peux concevoir que le 49-3 n’ait pas plu mais il reste un outil constitutionnel. Ce n’est pas un déni de démocratie.

    C’EST QUOI UN BUDGET RESPONSABLE ?

    S.H. : Un budget qui conjugue la capacité d’un pays à pouvoir continuer à faire de la croissance. Si on veut protéger le modèle social, la capacité des entreprises à faire de l’emploi, on ne peut pas assécher les conditions de création de valeur. Il n’y a plus d’incitation fiscale pour les entreprises à créer de la valeur. Les systèmes sont parfois confiscatoires. Ça résonne sur l’investissement, sur l’emploi ce qui fait moins de cotisations sociales qui rentrent. Taper sur les entreprises plutôt que sur les dépenses de l’État ce n’est pas responsable.

  • 13 Habitat de marbre même devant un arrêté d’insalubrité

    13 Habitat de marbre même devant un arrêté d’insalubrité

    Assiata avait enfin obtenu en octobre 2022 un logement social pour découvrir qu’il est rongé par l’humidité et les moisissures. 13 Habitat, dont la gouvernance a vacillé cette année, est visé par 4 arrêtés préfectoraux d’insalubrité depuis le début de l’année : deux à Marseille dans la cité Louis-Loucheur de 1932 où vit cette mère, un à Rognac et un à Salon-de-Provence, ce qui renseigne sur la dégradation du patrimoine du premier bailleur social des Bouches-du-Rhône.

    Le maire de Marseille, Benoît Payan, s’en est ouvert par courrier au président du conseil d’administration de l’office public en relayant les alertes d’habitants des résidences des Aygalades, Val Plan, la Marie et la Verdière. Jean-Marc Perrin lui a répondu que c’était une « polémique stérile » tout en appelant à « coopérer ». Six mois après l’arrêté préfectoral d’insalubrité du 5 juin 2025, le bailleur public n’a toujours pas traité le logement ni même reloger Assiata Abdou et son fils. L’arrêté soulignait déjà « l’absence de réponse » de 13 Habitat à son courrier lançant la procédure contradictoire, ce qui en dit long sur l’inertie de l’office public qui engage désormais sa responsabilité pénale pour sa carence persistante.

    « Il faut avoir le courage

    de dénoncer »

    « L’arrêté n’a rien changé. Je n’ai eu aucune proposition de relogement. L’été, l’odeur insupportable réveille la nuit et l’hiver avec l’air qui passe par les fenêtres j’ai peur pour ma santé. Je fais de l’asthme, j’ai fait une rechute en juillet d’inflammation pulmonaire » raconte Assiata, 58 ans, accompagnante d‘élève en situation de handicap. « Depuis 3 ans qu’on vit ça, ils promettent des travaux mais sont champions pour envoyer un plombier ou le gardien reprendre des photos. Ils savent aussi déstabiliser les locataires en affirmant qu’on n’a pas répondu aux appels téléphoniques des entreprises. » Son fils de 21 ans est inquiet de voir la santé de sa mère se détériorer. « On est obligés de stocker nos vêtements dans des caisses hermétiques pour ne pas qu’ils pourrissent », dit-il.

    « Avant, moi aussi comme mon fils, j’avais honte d’habiter là où on vit, mais il faut avoir le courage de le dénoncer. Cela aidera les autres mamans seules à témoigner. » Comble de cet enfer, les désordres d’évacuation du logement impactent sa voisine du dessous. Assiata se retrouve assignée avec 13 Habitat devant le pôle judiciaire.

    En avril dernier, 13 Habitat a reconnu avoir « pu constater différents désordres et désagréments que vous subissez et qui impactent votre cadre de vie » et a promis des travaux. L’office concluait : « Soyez assurée que [13 Habitat] veillera tout particulièrement au suivi des travaux demandés afin que vous puissiez retrouver le cadre de vie que vous êtes en droit d’attendre. »

    « La situation de Mme A. vivant dans un logement déclaré insalubre à Louis-Loucheur, doit être améliorée de toute urgence. 13 Habitat assume sa part de responsabilité dans le retard pris, et présente ses excuses à la locataire », écrit le bailleur social dans le communiqué qu’il nous adressé ce jeudi 27 novembre et qui reconnaît qu’à ce jour, « seule la pose de réglettes d’aération sur menuiseries a été effectuée par l’entreprise prestataire. Les autres interventions n’ont pas pu être réalisées, en l’absence de rendez-vous fixés entre les prestataires et la locataire ».

    Le logement, occupé par Assiata et son fils, est couvert de moisissures. Il est frappé d’un arrêté préfectoral d’insalubrité depuis le 5 juin 2025, qui oblige désormais le bailleur à des travaux et à un relogement dans les trois mois. 13 Habitat indique avoir « décidé » d’interventions à faire. « 13 Habitat vient de demander à nouveau, à ses prestataires, d’intervenir dans les plus brefs délais, et sera particulièrement attentif à la qualité des travaux réalisés. »

    L’office demande à sa locataire de se rendre disponible afin de faciliter la bonne réalisation de ces interventions. Pour rappel, cette mère isolée qui travaille a déjà dû prendre des congés pour se rendre disponible et jusqu’alors pour rien, se mettant en difficultés financièrement. 13 Habitat dit « étudier la possibilité d’un relogement temporaire ou pérenne. L’objectif est bien de mettre un terme au plus vite à cet état d’insalubrité ». À suivre donc.

    Interrogé, 13 Habitat
    nous indique préparer
    un communiqué jeudi.

  • L’Occitanie vote un plan de 15 milliards pour dompter l’avenir

    L’Occitanie vote un plan de 15 milliards pour dompter l’avenir

    « Protéger, anticiper, transformer », tel est le triptyque du plan « Occitanie résiliente » en 9 axes stratégiques à l’horizon 2026-2035 dont la Région a voté les deux premiers volets, vendredi 14 novembre, sans les voix des oppositions de droite ni du RN qui ont fustigé des « bavardages » et un « flou artistique ».

    La feuille de route qui ambitionne de proposer un « nouveau modèle de développement » aux habitants de la région, est pourtant précise. Neuf piliers sont identifiés comme autant de défis à relever dans la décennie à venir : l’eau à préserver et partager, les mobilités à décarboner tout comme l’énergie, le tourisme qui doit devenir durable, l’agriculture qui doit garantir la souveraineté alimentaire, le numérique qui se doit lui aussi d’être souverain ou les déterminismes sociaux contre lesquels il faut lutter sans relâche.

    Les deux thématiques restantes – la préservation de la nature et les métiers de demain – ont déjà été validées par l’assemblée plénière. « Notre plan biodiversité doit être un stabilisateur, un tampon aux effets du réchauffement climatique », insiste la vice-présidente Agnès Langevine, dans une région méditerranéenne hotspot du dérèglement. À l’heure où la réalité scientifique est contestée, l’élue écologiste entend « combattre les climatosceptiques » et soutenir les associations pro-environnementales ou de l’éducation populaire. Un défi collectif qui passera, insiste-t-elle par davantage de moyens de l’État. « On manque de compétences financières par exemple sur les aires protégées. »

    Un flux d’1 milliard d’euros ?

    Tandis qu’à l’image de la SAM à Rodez ou de la verrerie de Vergèze, des fleurons pourtant rentables mettent la clé sous la porte par pur opportunisme capitaliste, Jalil Benabdillah a l’intention « d’accompagner les territoires et les écosystèmes qui veulent créer de l’emploi industriel ». Pour cela, la Région s’attache à proposer du foncier, des financements ou encore de la formation aux entreprises. « On a gagné 8 points de PIB industriel, créé 22 000 emplois, on est passé de 26 000 à 30 000 ingénieurs et on vise les 400 entreprises de taille intermédiaire [plus de 250 salariés] », illustre le vice-président régional. Souhaitant soutenir les entreprises industrielles dans leur transformation, qu’elle soit environnementale, technologique (avec l’intelligence artificielle) ou sociale, Jalil Benabdillah espère atteindre un flux d’investissements d’un milliard d’euros au lieu des 650 millions actuels.

    Dans sa totalité, le plan régional se chiffre d’ailleurs à 14,5 milliards d’euros dont 2 mobilisés par la Région elle-même, 4,6 demandés à l’État, 5,3 à l’Union européenne et 2,6 mobilisés par les partenaires (collectivités, banques…). Autant dire que pour financer de grands projets tels que la LGV Montpellier-Perpignan, l’éolien en mer, le réseau hydraulique pour l’irrigation des cultures ou la création des Services express régionaux métropolitains (Serm) promis par Emmanuel Macron, l’enveloppe du plan France 2030 n’y suffira pas.

    Des simplifications administratives sont aussi réclamées par Carole Delga, y compris à l’Europe invitée à s’inscrire dans le Green New Deal. « Il faut agir sans attendre ». De son côté, la présidente socialiste promet de « rester au contact du terrain » et de prendre sa part avec l’installation d’un comité régional du dialogue citoyen en 2026. À l’heure où le populisme d’extrême droite gagne du terrain, Carole Delga veut redonner confiance et espoir aux citoyens parfois désabusés. « Nous ne sommes pas paralysés par l’ampleur des défis, ni les circonstances. Notre ambition est intacte, nous ne manquons pas de courage ni de cohérence dans l’action », positive-t-elle. Dans une région en pleine croissance démographique, aux forts taux de pauvreté et de chômage, ce challenge nécessite que le volontarisme de la Région soit épaulé.

    « Nous ne sommes pas paralysés par l’ampleur des défis ni les circonstances »

  • Le Parquet veut taper au portefeuille des trafiquants

    Le Parquet veut taper au portefeuille des trafiquants

    Mettre à mal le patrimoine des délinquants… Sans être nouvelle, la méthode a été mise en avant par le Parquet de Marseille ce mardi 18 novembre à l’occasion de la présentation des résultats de l’opération « Regain » au Palais Monthyon (6e). Une allusion à Giono précise Jean-Yves Lourgouilloux, procureur adjoint, mais aussi dans cette idée de « regagner de l’argent ».

    L’idée : mettre autour de la table magistrats et différents services de police, des douanes et de la gendarmerie pour choisir des dossiers de potentielles saisies et les résoudre en un temps donné. Concrètement, 12 affaires ont été sélectionnées pour l’opération Regain menée du 3 au 12 novembre. Les résultats sont… saisissants. Avec 7,9 millions d’euros récupérés, soit « 20% environ de ce que l’on fait sur une année » se félicite Jean-Yves Lourgouilloux, rappelant le bilan de 2024 : 3 461 biens saisis pour 2 235 affaires et 43,7 millions d’euros saisis pour 39 confisqués. « Entre 2020 et 2024, c’est une augmentation de 43% des saisies et de 87% des confiscations », ajoute le magistrat, estimant que « l’argent, c’est ce qui permet à la machine de fonctionner, d’assécher les trafics car ce sont des entreprises certes illégales ».

    Plus d’un million en liquide

    Et de détailler les affaires : abus de faiblesse au moyen de détournements de chèques au préjudice d’une victime de 81 ans, fraude aux énergies renouvelables se chiffrant à 3 millions d’euros, escroquerie par deux infirmières de la caisse primaire d’assurance maladie pour 160 000 euros et ces sacs de liquide retrouvés dans un « cafoutche » précise Laurène Capelle, cheffe du service interdépartemental de la police aux frontières 13. Soit 1,6 million d’euros tout de même, chez un garagiste marseillais embauchant illégalement 4 personnes sans autorisation de séjour sur le territoire national…

    Pour le procureur adjoint, sans changer de doctrine, « il faut inverser le mode de pensée », en systématisant « l’enquête patrimoniale pour déposséder les délinquants ». Outre cette opération ponctuelle qui pourrait être reproduite, il s’agit de « créer des synergies ». Un groupe d’évaluation et de suivi des avoirs criminels a spécialement été créé au parquet en mai 2025 en ce sens. Enquêteurs et magistrats ont été spécialement formés avec des séminaires et des actions « engagées pour traiter les scellés avec un circuit plus efficace ».

  • Marseille : les 2 ans du réseau des entreprises centenaires de la région

    Marseille : les 2 ans du réseau des entreprises centenaires de la région

    Leur point commun : être de vénérables acteurs économiques du territoire et célébrer ensemble les deux ans du réseau Centaure. Forte du constat de l’existence de nombreuses entreprises centenaires sur son périmètre, la CCI Aix-Marseille-Provence a en effet créé en septembre 2023 ce réseau pour les fédérer. Aujourd’hui, il compte 82 entreprises qui emploient 10 700 personnes et génèrent 1,74 milliard d’euros de chiffre d’affaires.

  • L’éducation populaire comme rempart à la casse de la Sécurité sociale

    L’éducation populaire comme rempart à la casse de la Sécurité sociale

    « La Sécu c’est pas seulement une institution, c’est nos corps, nos têtes, notre quotidien », lance l’ancien député PCF Pierre Dharréville à l’assistance, dans la salle Gagarine lundi soir. L’ancien membre de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale est invité par le PCF de Port-de-Bouc à animer un débat sur les 80 ans de la Sécurité sociale, avec le secrétaire général de la CGT CPAM des Bouches-du-Rhône, Jean-Marie Angeli.

    En syndicaliste, ce dernier insiste sur « le rapport de force à double face syndicale et politique qui a permis de gagner la Sécu », qui doit aujourd’hui affronter le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (PLFSS) prévoyant « 7 milliards d’euros d’économies sur la santé ».

    Jean-Marie Angeli avance qu’« il faut faire revenir ce sujet politique qu’est la Sécu dans les entreprises, alors que la majorité des salariés ne savent pas lire leur fiche de paye ». Une forme d’éducation populaire face au discours austéritaire « quand il y a 80 milliards d’euros d’exonération de cotisations sociales et 250 milliards d’aides patronales sans contrepartie », rappelle le syndicaliste.

    « La Sécu est un instrument de justice »

    Pierre Dharréville, auteur d’une proposition de loi pour constitutionnaliser la Sécurité sociale, analyse le discours « de Gabriel Attal qui dit que le système de retraite par répartition prend l’eau ». « Mais les voies d’eau sont organisées, car lui veut la retraite par capitalisation. C’est une attaque contre la Sécu pour un projet politique inégalitaire qui va alimenter la finance », juge l’ex-député.

    En filigrane, la cotisation sociale. « L’entourloupe du Rassemblement national est de supprimer les cotisations pour gagner du pouvoir d’achat. » En clair, « leur projet de société est de ne pas partager le pot commun au prétexte qu’il y en a qui profitent. Nous, nous voulons partager car il y a besoin de justice dans ce pays et la Sécu en est un instrument », estime Pierre Dharréville.

    Ce dernier indique que « le système est solide et des leviers existent pour le financer. La CSG n’est pas mon amie mais le PLFSS prévoit de l’augmenter sur les revenus du capital ». Jean-Marie Angeli réaffirme que « de l’argent, il y en a. Il faut supprimer les exonérations de cotisations et revoir les impôts quand l’évasion fiscale atteint 100 milliards d’euros », rappelle le syndicaliste.

  • L’industrie ouvre une halle immersive pour recruter à Istres

    L’industrie ouvre une halle immersive pour recruter à Istres

    « Il faut rendre l’industrie désirable », répète à qui veut l’entendre Pascal Kuhn, directeur du site marignanais d’Airbus Helicopters et président de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) Alpes-Méditerranée. Ce lundi 17 novembre, le secteur fait un pas de plus vers cet objectif en inaugurant sa toute nouvelle halle immersive 360° au sein du CFAI d’Istres, alors que s’ouvre la 14e édition de la Semaine de l’industrie.

    C’est au premier étage du pôle de formation sud de l’UIMM que les publics peuvent désormais découvrir ce lieu innovant. Après avoir franchi le pas de la porte, un premier espace interactif dédié à la découverte des métiers se dévoile. Les visiteurs peuvent pianoter sur les écrans pour se familiariser avec les filières et entreprises qui embauchent localement – telles que l’aéronautique, la sidérurgie, la défense ou la chimie – avant de passer dans un couloir consacré à l’expérimentation. Là, plusieurs outils sont à disposition : le jeu vidéo Forindustrie, un atelier pour choisir l’intensité du vent et l’orientation des pales d’une éolienne ou encore un poste à souder virtuel pour s’essayer au procédé d’assemblage… Équipée d’un écran incurvé, une dernière salle présente des témoignages vidéo de travailleurs et de travailleuses du bassin industriel.

    Imaginée avec France Travail, la halle est un outil à destination des scolaires mais surtout des demandeurs d’emploi. Jean-Pierre Dos Santos, le directeur du CFAI d’Istres, explique : « Ça permet de démystifier les métiers de l’industrie de manière rapide et démonstrative. Un travail de fond est ensuite fait avec des services publics de l’emploi comme l’Apec, Cap avenir, la Maison de l’emploi ou les missions locales pour assurer un accompagnement social du bénéficiaire dans sa recherche, son évolution ou sa reconversion. »

    Un besoin en main-d’œuvre grandissant

    Cette halle immersive s’inscrit dans le Contrat d’objectif sectoriel. Créé pour renforcer l’adéquation entre l’offre de formation et les défis du marché du travail, cet outil comprend deux autres piliers que présente Jean-Pierre Dos Santos : « Le parcours industrie avec l’Éducation nationale pour travailler sur l’attractivité des jeunes à partir de la 5e jusqu’en seconde pour pouvoir redonner du sens à la voie professionnelle, qui est aujourd’hui remplie à 50%. (…) Le troisième volet s’attaque à l’enseignement supérieur avec le plan de Renaud Muselier qui vise à diplômer 1 000 ingénieurs supplémentaires par an d’ici 2030. »

    Dans la région, les enjeux sont grands. Selon la Chambre de commerce et d’industrie Aix-Marseille-Provence, l’industrie pèse pour 32% de l’emploi salarié privé, soit environ 467 000 emplois directs et induits. Et le secteur va se développer dans les années à venir, rappelle Sébastien Debeaumont, directeur de la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités : « 15 milliards d’euros d’investissements publics et privés sont annoncés d’ici 2030-2040, si tous les projets portés se réalisent c’est 10 000 emplois supplémentaires créés et donc le défi à relever collectivement est de répondre à ce besoin de main-d’œuvre en suscitant des vocations ou en amenant progressivement les demandeurs d’emploi et les personnes en reconversion à s’intéresser à ces métiers. » Sans oublier les « 60 000 personnes qui seront recrutées pour remplacer les départs à la retraite », précise Pascal Kuhn.

    Linda Khenniche, directrice régionale adjointe de France Travail est confiante : « Ce sont ces lieux un peu différents, ces formats ludiques et attractifs qui permettent la rencontre des candidats avec les recruteurs. »

    Les rendez-vous de la semaine de l’industrie

    Féminiser les métiers

    Tout au long de la semaine de l’industrie, des groupes comme Eiffage, CMA CGM, CS Group ou Vinci ouvrent leurs portes à des étudiantes, lycéennes et collégiennes pour des journées dédiées à la féminisation du secteur. Avec ateliers et rencontres de travailleuses de l’industrie.

    Forum régional de l’industrie

    Une trentaine d’entreprises majeures de la maintenance industrielle, des industries aéronautique, navale et nucléaire donnent rendez-vous aux visiteurs et curieux le jeudi 20 novembre, de 14h à 17h, au pôle d’activités Yvon-Morandat à Gardanne.

    Visite de la centrale EDF de Martigues

    Lundi 24 novembre, la centrale thermique, en service depuis 2012, organise une visite d’1h30 sur inscription. À noter que les cycles combinés gaz de Martigues sont les premiers construits en France en utilisant une partie des installations de l’ancienne centrale au fioul.

    Une conférence sur la 5G

    Mercredi 26 novembre, à 9h, une conférence présentera les résultats d’une expérimentation menée au Technocentre Henri-Fabre à Marignane. Un rendez-vous pour comprendre comment la 5G privée peut améliorer la performance et la connectivité dans les ateliers industriels.