Tag: Elections

  • [Entretien] Jean-Marie Battini, NPA : « Jean-Luc Mélenchon est un réformiste radical »

    [Entretien] Jean-Marie Battini, NPA : « Jean-Luc Mélenchon est un réformiste radical »

    La Marseillaise : La conférence nationale du NPA a décidé samedi de ne pas présenter de candidat à la présidentielle et de soutenir Jean-Luc Mélenchon. Comment accueillez-vous cette décision ?

    Jean-Marie Battini : Relativement mal. Je ne suis pas du tout d’accord avec cela, nous avons été 20% dans le parti et 50% dans les Bouches-du-Rhône à voter pour une plateforme demandant que le NPA ait une candidature. Nous ne pouvons pas nous rallier à quelqu’un avec qui on sait très bien qu’on ne sera pas d’accord sur certains points. On peut nous dire qu’il faut défendre les candidatures antilibérales, mais je ne me considère pas comment antilibéral, je suis simplement anticapitaliste ! Nous avons un discours à tenir, des propositions à faire que ne fera pas Jean-Luc Mélenchon.

    À quoi aurait servi une candidature ?

    J.-M.B. : Malheureusement, dans le cadre des institutions de la Ve République, on sait que l’élection présidentielle est l’échéance centrale, celle qui mobilise le plus le débat politique. Nous avons réussi à nous faire entendre ces dernières années parce qu’on a présenté Olivier Besancenot puis Philippe Poutou. On ne va pas nous entendre si on est un soutien à Jean-Luc Mélenchon ! Je peux comprendre qu’il y a un risque d’extrême droite. Pourquoi pas une candidature unitaire, mais qui nous dit que celle de Mélenchon serait la meilleure ? On aurait aussi très bien pu présenter une candidature, aller à la recherche des parrainages, et si les sondages montrent que le RN risque d’être élu, se retirer. Mais là, pour moi, c’est une erreur, nous n’aurons aucun poids dans cette campagne. C’est une capitulation en rase campagne.

    Vous en tirez quelles conclusions ?

    J.-M.B. : Pour l’instant je me mets en retrait. Je ne ferai pas cette campagne. Je continuerai à défendre les idées du NPA mais je sais très bien qu’au niveau des grands médias on n’intéressera plus personne. Et je ne vois pas pourquoi on soutiendrait plus Jean-Luc Mélenchon que les autres candidats de la vraie gauche, les organisations que l’on rencontre dans les luttes : j’y vois la France insoumise, mais aussi le PCF, Lutte ouvrière. Le PS n’y est pas. Pourquoi spécialement Jean-Luc Mélenchon ? Pour moi ce n’est pas suffisant. C’est un réformiste radical, mais ce qu’il faut c’est un discours plus révolutionnaire et nettement anticapitaliste. Je reste dans mon parti, je verrai bien à l’issue de l’élection. Il y aura un congrès, on en tirera le bilan. Mais pour le moment je ne me sens pas légitime pour être porte-parole du parti.

  • Stéphane Richard élu président de la CAF du Var

    Stéphane Richard élu président de la CAF du Var

    Xavier Receveur (Medef) devient, lui, le 1er vice-président du nouveau conseil d’administration, Muriel Rodrigues (U2P), 2e vice-présidente et Philippe Spaziano (FO), 3e vice-président. Pour mémoire, les administrateurs de l’organisme représentent les différentes parties prenantes concernées par les politiques

    familiales et sociales. Ils sont à ce titre représentants des salariés désignés par les organisations syndicales, des travailleurs indépendants désignés par les organisations professionnelles et des associations familiales.

  • Une seule liste pour redorer le blason de la CCI du Vaucluse

    Une seule liste pour redorer le blason de la CCI du Vaucluse

    Depuis plusieurs années, la Chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse (CCI 84) fait davantage parler d’elle pour ses déboires, faits de mises sous tutelles successives et problèmes de gouvernance, que pour ses missions d’aides aux entreprises. « On a peut-être besoin d’un exorciseur », ironise-t-on, ce jeudi, au moment de présenter la seule liste en lice pour reprendre la gouvernance, vacante depuis la démission du bureau et la mise sous tutelle par la préfecture, fin janvier.

    Portée par Anne Benedetti, la liste est soutenue par le Medef et l’U2P [union des entreprises de proximité] et se présente aux quelque 30 000 électeurs recensés amenés à voter – par papier – entre le 29 juin et 10 juillet. Un décompte tronqué qui s’arrête en 2021, année de la dernière élection, les futurs élus n’étant là que de manière transitoire pour achever la mandature jusqu’à l’automne 2027.

    « On a eu très peu de temps pour monter la liste, un mois et demi, alors qu’il faut un an d’habitude », campe Annie Benedetti, qui siège aussi à la Fédération des bâtiments et travaux publics, fière « d’avoir réussi l’union ». Toutefois, la CPME [petites et moyennes entreprises] n’est pas représentée. « Il y a eu un récent changement de gouvernance à la CPME [Denis Duchêne] pour qui c’était difficile d’être présent, il avait du mal à être partout », justifie Roland Paul, président du Medef Vaucluse et patron de l’entreprise GSE, hôte du point presse.

    « Allez voter, il nous faut une légitimité, que l’on soit reconnus pour fédérer et unir les forces vives », tente de convaincre Anne Benedetti, alors que ce type d’élection n’a mobilisé que 7,27% des votants en 2021 et risque d’être historiquement faible dans le contexte estival et de chambre transitoire. « Il faut nous aider à redorer le blason du territoire », abonde Nordine Saihi, président de l’U2P et seul, avec William Baud, à avoir déjà été élu parmi les 32 candidats. La future nouvelle équipe ne s’en cache pas, l’année de mandat sera consacrée « à gérer les affaires courantes, apprendre à se connaître et préparer une feuille de route », concède Roland Paul.

    Fini l’aéroport et le Quai des saveurs

    « On compte prendre nos marques, connaître les rouages de la CCI et mettre en place des moyens pour que les décisions prises soient des demandes des entreprises et non quelque chose fait en chambre », poursuit le patron du Medef qui précise que 70% des entreprises en Vaucluse ne comptent aucun salarié. Anne Benedetti trace toutefois un chantier : celui de la transmission d’entreprise : « 56% des chefs d’entreprise en Vaucluse ont plus de 60 ans [contre 41% au national], c’est un gros sujet dans les années à venir », se projette-t-elle.

    Parmi les dossiers, celui de l’aéroport qui a pris son envol sans la CCI. Jusque-là, la chambre gérait l’infrastructure via une société dédiée en délégation de service public pour la Région. « On aurait aimé que sa gestion reste ici, mais les dés sont jetés », regrette Roland Paul, la CCI n’ayant pu déposer un dossier pour renouveler la DSP. Autre sujet épineux, le Quai des saveurs. Le restaurant du parvis de la gare centre, géré par la CCI, est en redressement judiciaire et a fermé ses portes dans l’attente d’un repreneur. Une audience est prévue en juillet.

  • En Vaucluse, LFI s’attelle aussi à composer sa liste pour les sénatoriales

    En Vaucluse, LFI s’attelle aussi à composer sa liste pour les sénatoriales

    Absente du scrutin en 2020, la France insoumise compte cette fois bien prendre le train du Sénat en présentant une liste en vue du scrutin du 27 septembre. Le parti qui, en parallèle structure son réseau d’élus en ayant créé fin mai l’association départementale du réseau des élus insoumis et citoyens de Vaucluse, a désigné ses co-chefs de file : Mathilde Louvain, élue d’opposition à Avignon après avoir porté la liste La nouvelle Avignon populaire aux municipales, et Julien Gautier, conseiller municipal minoritaire à la Tour d’Aigues.

    « On a une mission, celle de préparer une liste insoumise et citoyenne, prête à être déposé », fait valoir Julien Gautier, prévoyant de partir en campagne à la fin du mois. Pas question pour autant d’assurer avec certitude que LFI mènera à terme ce dessein. « Toutes les hypothèses sont ouvertes aujourd’hui », précise le nouvel élu de la Tour d’Aigues. Une décision sera prise au national qui pilote le dossier et les éventuelles discussions avec des partenaires. En Vaucluse à gauche, le sénateur PS sortant Lucien Stanzione est de nouveau sur la ligne de départ (notre édition du week-end) pour conduire une liste DVG sans forcément additionner les partis politiques et encore moins avec LFI.

    La base de grands électeurs pouvant accorder leurs voix à la liste insoumise reste très en deçà d’une possibilité de siège. « On ne se voit pas encore dans les jardins du Luxembourg », concède Julien Gautier, qui réfute toute « candidature de témoignage ». « C’est un combat pour les idées, dans le temps de la campagne présidentielle qui s’amorce déjà, et c’est important d’avoir une adresse politique en direction des grands électeurs. » Ce que les autres candidats ne feraient pas ou peu. « Je ne veux pas être désobligeant, mais des politiciens qui cherchent leur réélection en expliquant qu’il ne faut pas faire de politique, c’est vraiment ne pas prendre au sérieux les grands électeurs », dénonce-t-il.

    Cet avocat pénaliste, militant actif de LFI depuis sa création, tance aussi les ambitions du maire d’Avignon, Olivier Galzi (DVD) qui a lancé son mouvement « Le bon sens des territoires » et présentera Anaïs Hausmann en candidate (notre édition de vendredi). « Cette formule creuse du bon sens me fait penser à l’expression « La terre, elle, ne ment pas » [employée par le maréchal Pétain en 1940] », compare Julien Gautier. La France insoumise compte mettre la focale sur ses thèmes de prédilection des biens communs (eau, logement), lutte contre la pauvreté et « rénovations de nos institutions par une VIe République ».

  • [Entretien] Ludovic Perney : « Une page s’ouvre pour la droite »

    [Entretien] Ludovic Perney : « Une page s’ouvre pour la droite »

    La Marseillaise : Votre large victoire mardi soir est-elle celle d’une nouvelle génération chez LR ?

    Ludovic Perney : C’est d’abord un honneur, que je prends avec beaucoup d’humilité parce que c’est la marque de la reconnaissance d’un engagement constant et déterminé depuis mes 14 ans. C’est aussi une immense responsabilité, parce que la tache qui nous attend est grande, et une nouvelle page qui s’ouvre pour la droite à Marseille et en Provence. Aujourd’hui, ce sont de nouveaux visages qui ont émergé avec ces élections internes, seize délégués de circonscriptions ont été élus, nous rassemblons les générations. Maintenant, je souhaite construire une droite fière de ses valeurs, ferme sur le régalien, libérale sur l’économie et humaniste.

    Les LR n’ont plus d’élus au conseil municipal de Marseille et ont vu beaucoup de départs vers l’extrême droite…

    L.P. : Je l’avais souligné, depuis 1977 c’est la première fois qu’au conseil municipal de Marseille il n’y a plus d’élu de la sensibilité LR. Tout est à construire. Certains élus, qui avaient un certain parcours, sont partis. Mais depuis hier [mardi] soir, de nouveaux jeunes élus nous rejoignent, notamment Romain Amaro, le maire des Pennes-Mirabeau, une ville de 22 000 habitants, qui à la suite de mon élection fait le choix de reprendre son adhésion aux LR. On va construire une droite claire, sincère. Je suis sûr que d’autres suivront le même chemin.

    Catherine Pila a annoncé un recours face à des irrégularités, cela vous inquiète ?

    L.P. : Je suis très serein. Les adhérents m’ont accordé leur confiance à une très large majorité. Catherine Pila me reproche d’avoir fait campagne, d’avoir parlé aux militants. Oui, j’ai expliqué mon projet par des mails, quand elle a fait une campagne assez personnelle avec souvent des attaques contre moi-même. Je n’ai aucune animosité envers elle, je lui ai toujours tendu la main. Je l’appelle à respecter le choix des adhérents. Les Français en ont assez des querelles intestines. Désormais, nous avons du pain sur la planche, il faut nous mettre tous ensemble.

  • [Entretien] Manuel Minervini, Rifondazione comunista :« Pour gagner Molfetta, nous avons conjugué radicalité et enracinement »

    [Entretien] Manuel Minervini, Rifondazione comunista :« Pour gagner Molfetta, nous avons conjugué radicalité et enracinement »

    La Marseillaise : Quelle est votre première réaction à votre élection comme maire de Molfetta ?

    Manuel Minervini : C’est bien sûr une réaction de joie, de grande satisfaction. C’est le fruit du travail collectif réalisé par ma coalition progressiste durant des semaines. Nous avons investi les places de la ville pour écouter les attentes des citoyens et dire la nécessité de porter aux responsabilités des élus déterminés à agir pour une ville plus juste, plus inclusive, plus verte, une ville attentive à l’importance d’une croissance soutenable, capable de donner un cap politique constructif au monde du travail.

    C’est une première depuis des décennies pour un membre de Rifondazione comunista. Quelle est selon vous la clé de votre succès ?

    M.M. : Le secret de cette victoire réside très certainement dans la capacité de notre parti à être bien implanté sur le territoire avec un siège physique, des militants très actifs et d’avoir réussi, par un travail de longue durée, à mettre en responsabilité une nouvelle génération à laquelle j’appartiens. Je ne suis pas un cas isolé, je suis entouré de nombreuses jeunes femmes et hommes fortement engagés et qui ont étudié le terrain pour être efficaces. En résumé, nous avons conjugué radicalité et enracinement car les deux ne peuvent pas être séparés. Si on fait un travail de pur marketing, aucune victoire ne peut être envisagée. Il est nécessaire, y compris quand le vent souffle dans la direction opposée, de tenir bon dans la durée. C’est ce qui aide à être prêts et organisés dans les moments plus favorables.

    Dans un pays dont le gouvernement est héritier du fascisme, quel rôle peuvent jouer des municipalités progressistes ?

    M.M. : Les communes peuvent faire beaucoup. Elles peuvent mettre en œuvre des politiques publiques pour une ville plus accessible qui n’oublie pas les personnes les plus fragiles, le droit au logement, le droit à une vie digne. Elles peuvent réunir les conditions nécessaires à la revitalisation d’un tissu productif créateur d’emplois mais aussi soutenir l’amélioration des conditions de travail et les aspirations à avoir un salaire décent, à avoir accès à des lieux publics qui soient des espaces de respiration. Je pense notamment aux parcs publics et aux plages qui ont été très privatisées dans notre ville. Les communes peuvent aussi mettre en œuvre des politiques d’égalité des droits pour les personnes handicapées. Les communes sont capables de nouer des coopérations entre elles et travailler en lien avec les Régions. Elles peuvent faire beaucoup à condition de partir des besoins des citoyens. Pour que cela ne reste pas une simple déclaration d’intention, il faut créer des cadres de participation citoyenne. Par exemple, dans la campagne, nous avons proposé une grande consultation des comités de quartiers pour que chacun puisse s’exprimer mais surtout s’impliquer dans la chose publique.

    Quelles seront vos premières mesures ?

    M.M. : Nous avons porté une mesure essentielle durant ces dernières semaines : nous allons bloquer un projet de construction délirant sur le port de Molfetta qui boucherait l’horizon et serait en contradiction avec la vocation de notre port. Nous allons aussi rapidement mettre en sécurité les plages de notre ville qui ont subi une privatisation du littoral de très grande ampleur tandis que les espaces publics accessibles à tous ont été abandonnés sans aménagement ni police. Nous avons également en tête l’idée d’organiser un événement culturel pour l’été qui soit décentralisé dans les quartiers périphériques de Molfetta et qui implique les acteurs culturels locaux. Nous héritons d’une politique culturelle avec des événements peu nombreux mais de grande taille qui sont confiés à des opérateurs extérieurs à la ville alors qu’elle recèle une grande diversité et une grande vitalité culturelles qui doivent pouvoir s’exprimer. Ce sera aussi pour nous une manière de « faire ville ensemble ».

  • Vaucluse : au centre droit, ça se bouscule aussi pour les sénatoriales

    Vaucluse : au centre droit, ça se bouscule aussi pour les sénatoriales

    Combien de listes aux sénatoriales seront à la disposition des quelque 1 300 grands électeurs vauclusiens le 27 septembre ? Si les candidatures ne seront officiellement déposées qu’à partir du 7 septembre, les prétendants sont déjà en campagne. De manière officielle, comme les sénateurs sortants Jean-Baptiste Blanc (LR) et Lucien Stanzione (PS), ou encore en sous-main pour d’autres qui n’ont pas encore officialisé ou réfléchissent.

    Notamment au centre droit. Actuellement, l’espace se polarise autour de Jean-Baptiste Blanc, qui a reçu l’investiture LR, et rêve d’une « liste d’union sacrée » qui pourrait viser au moins deux sièges. Le sénateur discute toujours avec Olivier Glazi, maire (DVD) d’Avignon, qui compte « peser » dans la campagne. La majorité avignonnaise doit arrêter une position dans la semaine et valider la candidature de l’adjointe Anaïs Hausmann, compagne d’Olivier Galzi. Une rencontre Blanc-Galzi-Hausmann est prévue le 15 juin mais l’hypothèse d’une alliance n’est pas la plus épaisse.

    D’autres Vauclusiens sont tentés par un rapprochement avec Olivier Galzi. Comme Adrien Morenas, ex-député macroniste de la 3e circonscription jusqu’en 2022. « Je prospecte pour une liste d’union du centre, d’Édouard Philippe au centre gauche, confie l’ex-parlementaire, adhérent Renaissance, mais aujourd’hui sans mandat. Je discute avec des élus locaux, je suis en contact avec Olivier Galzi, sa méthode est intéressante, j’adorerai qu’il m’apporte son soutien, si j’y vais c’est pour mener la liste. » À ce stade, difficile d’imaginer le maire d’Avignon se ranger derrière un ex-député macroniste. « Soit je porte la liste, soit je n’y vais pas », assure Adrien Morenas.

    L’élue régionale Sylvie Viala « prépare une liste »

    S’il ne cherche pas le soutien de Renaissance, l’ex-présidente du parti macroniste en Vaucluse, Malika Di Fraja a, elle, fait acte de candidature à l’investiture. Et ce, il y a un mois dans un communiqué assez lunaire où elle se lance juste en réponse à la diffusion de « Maréchal nous voilà » dans les rues de Carpentras le 8 mai. Sollicitée, Malika Di Fraja est aux abonnés absents. Lors de la campagne des municipales, on l’avait aperçue à plusieurs reprises lors de meetings d’Olivier Galzi. Éric Bruxelle, adjoint au maire (Renaissance) à L’Isle-sur-la-Sorgue pourrait prétendre à l’investiture. Enfin, la présidente vauclusienne du Modem, Sylvie Viala, est aussi sur les rangs, sans exclusive de son parti. « Je prépare une liste et un projet mais il est trop tôt pour en parler », nous confie l’Avignonnaise, également conseillère régionale, donnant rendez-vous « à la fin du mois ». Tout en précisant qu’il n’y aurait « que des élus » sur sa liste. Fermant donc la porte à Adrien Morenas ou Malika Di Fraja.

  • Villes taurines : Céret élue, Ménard désavoué

    Villes taurines : Céret élue, Ménard désavoué

    Dans le petit monde très codifié de la tauromachie, le coup de théâtre aura finalement accouché d’un vote sans tremblement. Lundi 2 juin, le conseil d’administration renouvelé de l’Union des villes taurines françaises (UVTF) a élu à l’unanimité la ville de Céret, représentée par son premier adjoint José Angulo, à la présidence de l’association pour un mandat de trois ans. La cité catalane succède ainsi à Dax et à son maire Julien Dubois, dont la présidence a été saluée par ses pairs, jusqu’à lui valoir le titre de président d’honneur par acclamations.

    Un passage de relais feutré, qui tranche avec les semaines précédentes. Car avant Céret, un autre nom occupait l’arène : Robert Ménard. Le maire de Béziers, un temps annoncé comme unique candidat, rêvait de prendre la tête de l’UVTF et d’y imprimer sa marque, entre posture de franc-tireur, dénonciation de « l’entre-soi » et volonté de « dépoussiérer » la communication taurine. Particularité assumée : l’élu disait défendre la corrida sans vraiment l’aimer, au nom de la « liberté culturelle » et de la « diversité », reconnaissant même que le taureau pouvait souffrir. Une position paradoxale, qu’il présentait comme un atout pour parler au-delà du cercle des aficionados. Mais le scénario s’est retourné. Le 22 mai, après une rencontre tendue avec André Viard, chargé de mission à l’UVTF et président de l’Observatoire national des cultures taurines, l’édile biterrois a retiré sa candidature dans un communiqué rageur, annonçant dans la foulée le départ de Béziers de l’Union.

    Une présidence

    sans coup de force

    Robert Ménard a voulu faire de son retrait un acte d’indépendance. « Je n’ai pas l’intention d’être une marionnette », a-t-il lancé, accusant certains responsables taurins de défendre leur « chasse gardée ». Mais derrière la sortie bravache, le dossier était moins glorieux. Selon l’UVTF, les statuts imposent que la ville candidate et les arènes soient à jour de leurs cotisations. Or, la société Betarra, gestionnaire des arènes de Béziers, traînait un contentieux financier. L’épisode révèle surtout les limites de la méthode Ménard : cliver, dramatiser, puis claquer la porte quand l’organisation ne suit pas. Face à une corrida déjà contestée, l’UVTF a préféré préserver son unité plutôt que s’offrir une présidence inflammable, qui transforme sa cause en tribune personnelle.

    Le nouveau conseil d’administration rassemble ainsi Arles, Bayonne, Béziers, Dax, Mont-de-Marsan, Nîmes et Vic-Fezensac parmi les membres permanents, ainsi que Céret, Eauze, Istres, La Brède, Lunel, Parentis, Saint-Martin-de-Crau et Saint-Sever. La présence de Béziers dans cette liste, malgré l’annonce de son retrait, dit aussi le flou d’une séquence où les communiqués ont parfois précédé les actes administratifs. Dans tous les cas, le paseo n’aura finalement pas eu lieu pour Robert Ménard.

  • La droite héraultaise aussi en proie aux divisions

    La droite héraultaise aussi en proie aux divisions

    Vu le nombre d’élus municipaux qu’elle compte, la droite héraultaise est en droit d’espérer obtenir un second siège de sénateur. Et pourtant, la mission ne s’annonce pas simple.

    À l’instar de la gauche, la droite pourrait partir divisée dans l’Hérault. Le sénateur sortant Jean-Pierre Grand n’a jamais caché son souhait de continuer à siéger au Palais du Luxembourg qui compte, paraît-il, le meilleur restaurant de Paris. L’ancien maire de Castelnau-le-Lez a même déjà l’investiture du parti d’Édouard Philippe, Horizons.

    Affaire réglée ? Pas du tout. Puisque contre toute attente, un autre élu Horizons revendique lui aussi l’étiquette. Il s’agit du maire de Saint-Georges d’Orques, Jean-François Audrin, qui n’est autre que… le délégué départemental d’Horizons dans l’Hérault ! Chez les troupes du maire du Havre aspirant à l’Élysée, on marche donc sur des œufs. J.-F. Audrin finira-t-il par rentrer dans le rang d’une manière ou d’une autre sachant que la 3e place qui pourrait lui être attribuée derrière J.-P. Grand ne sera pas éligible ? Ou bien J.-F. Audrin montera-t-il sa propre liste sous peine d’être exclu ? Suspense.

    LR et RN en réflexion

    Pendant ce temps, Joseph Francis avance. Après avoir échoué de peu en 2020 (5e avec 9,45%, 234 voix), l’entrepreneur montpelliérain s’est déclaré… cette fois sans le soutien de l’UDI. « Je dévoilerai ma liste fin juin. J’aurai des maires avec moi. Je m’occupe d’eux, pas des candidats ni des partis politiques », précise Joseph Francis qui a l’air vacciné des étiquettes. « Ils font de la tambouille. Il y en a marre de la politique d’hier, des calculs. Les maires sont dans une détresse totale, ils ont besoin qu’on s’occupe d’eux », charme le chef d’entreprise qui dit rencontrer entre deux et douze maires par jour.

    Du côté des Républicains, on est encore au stade de la réflexion et des discussions en coulisses. « Pour l’instant, il n’y a pas de liste LR, on va voir », glisse le secrétaire héraultais Arnaud Julien, dans l’expectative. En charge des sénatoriales, le maire de la Grande-Motte, Stéphan Rossignol, n’a pu être joint pour nous en dire davantage.

    Quant à l’extrême droite, elle n’a pas davantage communiqué. Si à Béziers Robert Ménard ne semble pas intéressé pour peser dans ce scrutin, nul doute que, comme en 2020 (8e avec 4,76% soit 118 voix), le RN présentera une liste dans l’Hérault. Selon les premiers bruits, elle pourrait être menée par l’ancien candidat RN aux régionales 2021, Jean-Paul Garraud. Étonnant puisqu’il est déjà député européen. Ou bien par Sébastien Pacull, qui a pourtant raté son pari aux Municipales à Sète. À ce stade, rien n’est donc acté.

  • Y aura-t-il des accords à gauche dans l’Hérault ?

    Y aura-t-il des accords à gauche dans l’Hérault ?

    La gauche héraultaise conservera-t-elle ses 3 sièges de sénateurs au Palais du Luxembourg le 27 septembre ? Bien malin qui peut le dire. Car le corps électoral a profondément été modifié avec les municipales et la division guette les uns et les autres.

    Si les jeux sont ouverts, c’est d’abord parce que deux des trois sénateurs de gauche sortants ne se représentent pas dans l’Hérault. Il s’agit des deux élus du PRG qui siègent dans le groupe RDSE. À savoir : le viticulteur Henri Cabanel et le maire de Péret, Christian Bilhac. Le premier, qui a échoué à réformer en profondeur le statut des parlementaires et leurs privilèges, estime avoir fait le tour de la politique. Le second, plus âgé, a envie de « prendre du temps » pour lui. Mais Christian Bilhac ne restera pas spectateur. Il soutiendra Florence Brutus. Déjà numéro 2 sur sa liste en 2020, la conseillère régionale des hauts cantons de l’Hérault a l’investiture du PRG. La conseillère municipale du village de Causses-et-Veyran se dit prête à ouvrir sa liste à « toute personne à gauche en capacité de rassembler, hors LFI ». « Je suis pour une liste d’union. Notre intérêt est d’ouvrir la liste au-delà du PRG. On discute avec nos partenaires. »

    Parmi eux pourraient figurer les communistes, dont la stratégie dans l’Hérault n’a pas encore été arrêtée. Discussions possibles aussi avec le partenaire historique du PS. De ce côté-là, le sénateur sortant Hussein Bourgi a annoncé sa candidature. Qui sera sur sa liste ? Dans le lanterneau, il se murmure que Julie Frêche pourrait être en seconde position, la seule des six a priori éligible. Contactée, la vice-présidente de la Métropole de Montpellier n’a ni confirmé ni infirmé. « Je ne souhaite pas encore m’exprimer sur ce sujet. »

    Il semblerait que rien ne soit facile en raison des équilibres à préserver entre l’urbain et la ruralité mais aussi avec les partenaires potentiels dont le PCF ou peut-être les Écologistes… Le 31 mai, ces derniers ont choisi leurs 6 noms d’une liste que pourrait mener l’élue municipale d’opposition à Pézenas, Agnès Gizard. Troisième sur la liste écolo, la Lunelloise Lise Florès, favorable à l’union de la gauche, se dit ouverte à des accords. À une condition : « Ne pas être des supplétifs et faire entendre de vraies propositions écologistes en réponse aux problèmes du quotidien dans les zones périurbaines et rurales. »

    Règlements de comptes ?

    Ça bouge aussi du côté du Département de l’Hérault. Le 30 mai, Audrey Imbert (sans étiquette) a officialisé sa candidature hors des formations politiques. « Doit-on laisser ces élections sénatoriales aux seuls partis politiques quand on constate aujourd’hui leur état ? », questionne l’élue du canton de Mèze, qui estime connaître son territoire en tant que conchylicultrice.

    Elle trouvera sur sa route Aurélien Manenc. Depuis le 1er juin, le maire sans étiquette de Lunas-les-Châteaux dit vouloir incarner la candidature des territoires et de la ruralité. En tant qu’édile et pompier au Sdis, il pense « être le mieux placé pour mesurer ce que vivent mes collègues maires avec la fuite des services publics, la fermeture des écoles, les problèmes de mobilité ». Sa « vision complémentaire aux candidats urbains » concurrence directement Hussein Bourgi, dont il était le numéro 3 en 2020… « Ce n’est pas un règlement de comptes, il y avait aussi des listes PRG à l’époque », répond
    A. Manenc. Reste qu’il est soutenu par le président héraultais Kléber Mesquida (DVG). Lequel, depuis son départ du PS, semble en froid avec Carole Delga à la Région et Michaël Delafosse à Montpellier…

    Enfin, LFI montera aussi une liste sur un « programme de rupture ». Elle sera soit avec des amis de la Nupes, soit Insoumise pur jus. « Au plan national, on discute avec le PCF et les Verts », glisse le co-référent héraultais Sylvain Carrière. Le député sait qu’arracher un siège serait un exploit mais pour LFI l’essentiel est ailleurs : continuer à s’implanter et préparer la course aux parrainages pour Jean-Luc Mélenchon.

    Autant de stratégies dissonantes qui pourraient jouer des tours à la gauche le 27 septembre ? Pas forcément, même si des accords sont préférables. En 2020, 14 listes dont 6 de gauche étaient en lice dans l’Hérault et la gauche avait obtenu trois sièges sur quatre.