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À Marseille, l’impression d’un « bureau fantôme » au Parc Kalliste
« Quatre votants entre 8h et 9h. Je suis choquée, je n’ai jamais vu ça de ma vie », n’en revient toujours pas Nassima, en indiquant le tableau de suivi de participation. Secrétaire adjointe du bureau de vote 1581, établi en ce dimanche 22 mars dans l’école élémentaire du Parc Kalliste, elle en a pourtant écumé et supervisé depuis une vingtaine d’années, des lieux où la désaffection des électeurs symbolise le sentiment d’abandon qu’ils nourrissent vis-à-vis des politiques. « Mais pas à ce point-là. On a l’impression que c’est un bureau fantôme », exprime avec dépit l’une des secrétaires de ce bureau de vote qui a concentré, lors du premier tour des élections municipales, il y a une semaine, le plus fort taux d’abstention de tout Marseille. Sur 819 inscrits, y ont été dénombrés 172 votants, soit une participation de 21%. Au cœur de cette copropriété dégradée du 15e arrondissement, dans le quartier Notre-Dame-Limite, il est 16h en ce jour de second tour et le tableau affiche 158 votants. « Les gens n’ont pas envie de venir. Ils n’ont plus du tout confiance en la politique », ne peut qu’observer, comme une majorité de présents, Linda Boadis, secrétaire générale d’un bureau dont les assesseurs s’enthousiasment à chaque arrivée d’un nouveau votant. « Tu votes ici pour la mairie centrale, puis tu fais le tour et tu fais la même chose avec la mairie de secteur. C’est bien que vous soyez venus », s’adresse-t-elle en direction de deux jeunes qui font leur devoir de citoyen pour la première fois.
« Tant de promesses »Une satisfaction hélas trop rare tout au long de cette journée où le peu d’enveloppes bleues et marron des deux urnes se comptent aussi peu que les bus 97 qui passent dans le quartier. Le désert. « On nous fait tant de promesses ici depuis l’époque de nos grands-parents qu’ils n’ont plus du tout confiance. Des promesses de logements, de transports, d’écoles, de travail », estime Marco, la trentaine, qui a tout de même fait l’effort de se déplacer à Kalliste depuis le 10e arrondissement où il habite désormais. Quelques minutes après lui, Ounaya et Saira Sidi, deux jeunes sœurs résidant à Kalliste depuis une vingtaine d’années, lui emboîtent le pas. « C’est mon frère qui m’a convaincue de venir. Il m’a parlé de ce qu’il s’est passé au premier tour et qu’il fallait absolument que je vote », explique la cadette qui déplore entre autres le trop « grand nombre d’enfants dans les rues et le quartier qui se vide avec les destructions et travaux de certains bâtiments ».
Jugement sur pièceAu sein de cet ensemble construit dès 1958 pour accueillir à l’origine les rapatriés français d’Indochine, les problèmes se sont accumulés : de l’insalubrité à la violence en passant par les squats sur lesquels les marchands de sommeil se sont goinfrés. Des travaux de démolition du bâtiment G de la cité ont démarré il y a plus d’un mois. Bailleur social de la Ville, Marseille Habitat a racheté au fil du temps ses 129 logements pour y parvenir. Un chantier dans le cadre du Nouveau programme national de renouvellement urbain qui prévoit notamment un parc, aire de jeux pour minots, écoles ou encore la reconstruction de logements privés et sociaux. « On ne peut pas se contenter de la situation actuelle mais les choses sont en train de se faire, personne ne peut le nier. Les crédits sont lancés », réagit Hedi Ramdane (DVG), adjoint au maire en charge de la jeunesse et élu des 15-16. « Il y a eu quelques évolutions, mais ça a pris énormément de temps. J’ai vu les plans de ce que le quartier allait devenir. Ça me plaît sur le papier. Mais je ne demande qu’à voir. Est-ce que tout cela va marcher et être tenu ? », s’interroge Louiza, ici depuis 33 ans. Il est 20h. Le bureau ferme. La participation atteint cette fois 23,96%, soit 196 votants.
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Le RN et Dorian Munoz prennent La Seyne-sur-Mer
Il n’y a pas eu de miracle. La quadrangulaire seynoise du second tour, aucun des candidats qualifiés ne consentant à se retirer, ou à conclure des accords de fusion, fussent-ils techniques, semblait quasiment acter la victoire du RN et de Dorian Munoz. Le conseiller municipal d’opposition depuis 2020, en tête au premier tour (35,3%), devançait largement le maire sortant Joseph Minniti (LR, 15,91%), Cheikh Mansour (HOR, 13,25%), et la tête de liste d’union de gauche Stéphane Sacco (11,93%). Et il est même parvenu à largement asseoir son avance, avec 46,31%, devant le maire sortant (24,39%), Stéphane Sacco (19,02%) et Cheikh Mansour (10,28%).
Un dénouement presque inéluctable, après un mandat marqué par les débâcles politiques. la condamnation à 5 ans d’inéligibilité de la maire Nathalie Bicais en mai dernier, qui a fait exploser une majorité disparate et déjà sous tension, à travers une guerre de succession qui a vu les allégeances et alliances se faire et se défaire au gré des aléas. Joseph Minniti, sorti vainqueur de celle-ci, avouait même que cette « coalition, saluée de tous en 2020 », avait viré à « la catastrophe ». Pourtant de son côté lors de son élection, Cheikh Mansour avait décidé de faire cavalier seul, considérant que le maire par intérim et ses 83 ans ne représentaient pas l’avenir, d’autant que ce dernier avait annoncé qu’il n’irait pas plus loin que ce remplacement de quelques mois. Ce bilan n’a pu être compensé au second tour, malgré une baisse de l’abstention, seul espoir de l’entre-deux-tours, qui s’est avérée insuffisante.
Minniti : « Mansour a trahi la ville »C’est donc le RN et Munoz qui en profitent, offrant pour la première fois la deuxième ville du Var à l’extrême droite. Les deux candidats de droite se renvoyaient encore la balle, le maire sortant regrettant que les deux candidats arrivés derrière lui ne se soient pas retirés, reprochant même à Mansour d’avoir « trahi la ville ». Ce dernier disait ne pas regretter sa candidature et continuait d’affirmer que la seule option pour l’emporter était l’union. Stéphane Sacco, qui avait justifié son maintien par l’impossibilité que « les voix de gauche ne soient pas audibles pendant 7 ans », pointait ainsi « la faillite de la liste Bicais qui a exacerbé le vote RN » et réfutait la responsabilité de la gauche dans la débâcle. « Les Seynois ont préféré le RN, à nous de porter l’espoir. Nous avons un socle sérieux, avec un électeur sur cinq ayant voté pour nous, alors qu’on ne partait de rien », voulait-il croire à l’aube de son premier mandat dans l’opposition.
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Avec Jean-Pierre Squillari, Aubagne fait son retour à gauche
Applaudis par ses soutiens, colistiers et militants, et félicité à coups de « siamo tutti antifascisti », Jean-Pierre Squillari a prononcé son premier discours de victoire dans son local de campagne, au cercle de l’harmonie. Retour à gauche pour la ville traditionnellement communiste, passée à droite en 2014, avec l’élection de Gérard Gazay, réélu en 2020. Ce dimanche, le vote a désigné la liste Aubagne en commun pour la mairie : Jean-Pierre Squillari (Union de la gauche hors LFI), est arrivé premier de ce second tour, avec 36,28% des suffrages exprimés. Un bond pour le candidat, arrivé troisième au premier tour, avec 23,35% des voix, derrière la candidate RN Joëlle Mélin, arrivée à 24,9% et le maire sortant (LR) Gérard Gazay, à 24,8%. Jean Pierre Squillari avait fusionné sa liste avec celle de Giovanni Schipani (DVC), qui avait obtenu 16% des voix au premier tour.
La liste fusionnée a pris la tête du second tour, avec près de trois points de plus que la candidate RN, arrivée à 33,71% des suffrages exprimés, et loin devant Gérard Gazay, dont la liste a récolté 30,01% des voix. Un pari « anti-RN et anti-Gazay » réussi pour le candidat de gauche, qui connaît une augmentation de 13 points entre les deux tours. Le résultat d’une fusion avec le centre, d’un possible report de voix des votants LFI, dont la candidate avait obtenu 4% des suffrages la semaine passée, mais aussi d’une désolidarisation de quatre colistiers du candidat Mohammed Salem (DVD), dont la fusion avec la liste de Gérard Gazay avait mené certains de ses soutiens à appeler au vote pour Jean-Pierre Squillari. Pour ce second tour, la participation a aussi pu faire pencher la balance : la forte abstention du premier tour, à 45,05%, a été réduite de quatre points, passant à 41,32% ce dimanche.
Un barrage au RN réussi« Souvenez-vous de cette soirée, l’une des pages les plus sombres d’Aubagne va se fermer », a introduit Jean-Pierre Squillari, s’adressant à la salle comble venu le célébrer. Pour ce dernier, la première victoire, c’est « la réussite d’avoir mis dehors Gérard Gazay et Joëlle Mélin, grâce à la fusion et grâce au travail de tous les militants, depuis trois ans ». Sentiment partagé par Nicolas, un Aubagnais venu soutenir le candidat : « C’est un possible renouveau pour Aubagne qui s’ouvre à nous, et puis il y a un vrai soulagement par rapport à la menace RN, qui faisait peur ». Jean-Pierre Squillari ajoute qu’avec « ce basculement de la gauche à la droite, nous repoussons la menace du raz-de-marée du Rassemblement National ».
Le futur maire promet un changement rapide pour la ville, avec comme première mesure « un moratoire instantané sur le béton ». Dans son discours, comme dans son programme, il annonce engager, dès son investiture, « la protection des terres agricoles, une nouvelle piscine, une revitalisation du centre-ville ». Pour les agents du service public, dont plusieurs étaient émus par la victoire de la gauche, Jean-Pierre Squillari adresse un message spécial : « Nous vous avons dit de tenir bon, nous sommes là maintenant, nous sommes là pour vous ». Il entend redonner des moyens à un service public « délaissé depuis 12 ans ». En bref, son ambition est claire, « nous allons pouvoir travailler, ensemble, à redonner de la vie à Aubagne », promet-il en annonçant d’ores et déjà un événement : « Désormais, nous allons festoyer, avec une grande braderie en mai pour commencer. Le meilleur reste à venir ! ».
Outre Aubagne, la victoire de Jean-Pierre Squillari se lit aussi à plus grande échelle. En dépassant Gérard Gazay, c’est aussi face au maire sortant et vice-président de la métropole Aix-Marseille qu’il emporte le second tour. Le désormais ex-maire de la ville a par ailleurs communiqué son regret, face à ce qu’il nomme « le retour de la gauche extrême à la tête de la ville ». Une gauche qui aura réussi à empêcher la véritablement extrême droite de l’emporter. Joëlle Mélin, arrivée en tête du premier tour puis devancée de trois points, avait pourtant été élue députée de la neuvième circonscription des Bouches-du-Rhône, en 2024. En bref, une victoire qui n’a pas manqué de réjouir la foule, dimanche soir, et partagé la « victoire commune » de Jean-Pierre Squillari.
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Le progressiste Lionel Lenel remporte Saint-Savournin
Il succède à Rémi Marcengo et siègera aux côtes de la gauche à la Métropole. âgé de 48 ans, le nouveau maire est le fils d’André Lenel, maire de Saint-Savournin pendant 19 ans, entre 1995 et 2014. Trois des cinq listes présentes au premier tour s’étaient maintenues pour ce second round : celle d’Éric Calderon, qui totalise 33,81%
des voix, et celle de Jeannette Riou, qui obtient 21,85%. -

Marseille fait front derrière le Printemps
Après la pluie vient toujours le beau temps avait lancé Benoît Payan, le 26 janvier, lors de la pluvieuse inauguration de son QG de campagne sur la Canebière. Deux mois plus tard, la pluie était encore de la partie à Marseille, mais qu’importe. Le Printemps s’annonce. Un printemps pluvieux, mais un printemps heureux.
Le risque de voir la deuxième ville de France tomber dans l’escarcelle du Rassemblement national a été écarté. Alors que de nombreux bureaux restaient à dépouiller, les premières estimations sorties des urnes ont levé tout suspense en donnant Benoît Payan largement en tête. Entre 54 et 56% selon les instituts. Il devance le candidat de l’extrême droite, Franck Allisio, crédité pour sa part de 39 à 41% des suffrages.
« Une victoire claire »Un score qui devrait permettre à la majorité sortante du Printemps marseillais de renforcer sa présence au conseil municipal avec aux alentours de 75 élus dans l’hémicycle de Bargemon. Le RN en aurait, lui, une trentaine. Crédité de 5 à 6%, Martine Vassal (DVD), la présidente de la Métropole et du Département, aurait elle autour de 5 sièges. Sous la barre des 5%, elle n’en aura aucun… Le conseil municipal d’installation aura lieu samedi prochain.
Au cours de la soirée, à l’annonce des premiers résultats consolidés, les visages se sont décrispés au local de campagne du maire (DVG) sortant. Ils s’étaient déjà détendus dans la journée en voyant que le mauvais temps n’avait pas empêché les électeurs de se rendre aux urnes.
Cette participation, annoncée en légère hausse au fil de la journée, promettait une soirée joyeuse. La tendance s’est confirmée. À midi, la participation était de 22,7%, trois points de plus que la semaine précédente (19,15%). À 18h, elle était de 50,4%, toujours trois points plus haute. Finalement, elle a atteint les 56% à la clôture. Quatre points de plus que le 15 mars.
En fin de matinée, Benoît Payan s’était rendu dans son bureau de vote, à l’école Saccoman de Pont de Vivaux (10e) pour glisser dans l’urne, face aux caméras, son bulletin et celui de Pierre Huguet, candidat (G.s) du Printemps marseillais dans les 9-10. Après un petit tour des bureaux de vote, il a filé dans son local rejoindre sa direction de campagne pour suivre la participation et les résultats jusqu’au soir. Il est apparu une première fois devant les journalistes aux alentours de 22h dans le sous-sol du local surchauffé par une nuée de journalistes. Il est revenu quelques minutes plus tard pour une première prise de parole.
« Je veux remercier sincèrement et du fond du cœur les Marseillaises et les Marseillais, qui se sont rendus nombreux aux urnes. Ils viennent de nous donner une victoire nette, claire. Ils viennent d’adresser un message de paix, de concorde et de rassemblement, a réagi Benoît Payan. Ce soir, c’est l’unité et le rassemblement qui l’ont emporté face à celles et ceux qui voulaient nous diviser ».
Dimanche dernier, au premier tour, sur 283 074 suffrages exprimés, Benoît Payan était arrivé en tête avec 36,69% (103 883 voix), talonné de très près par Franck Allisio, crédité de 35,02% (99 137 voix). La progression de ce dernier entre les deux tours est faible. Plus loin, Martine Vassal (DVD) devançait d’une courte tête avec 12,41% (35 131 voix) le député (LFI) des quartiers Nord de Marseille, Sébastien Delogu, à 11,94 % (33 808 voix). L’analyse détaillée des chiffres bureau par bureau permettra de voir si le retrait de Sébastien Delogu a bénéficié au Printemps marseillais et si les voix de certains électeurs du centre se sont reportées sur le Printemps marseillais. Mais tout laisse à penser que oui.
Malgré les demandes insistantes des insoumis, allant jusqu’à organiser, lundi dernier, une manifestation devant le QG de campagne du Printemps marseillais pour demander une fusion des listes sur fond de front antifasciste, le maire de Marseille n’a pas cédé. Fidèle à la ligne édictée depuis son entrée en campagne, il a refusé la main tendue qui l’a cogné fort durant plusieurs mois. Un pari gagnant sans doute. Sur ce scrutin en tout cas.
Sans effrayer l’électorat centriste rebuté par la campagne outrageusement droitière de la droite républicaine marseillaise, le retrait de Sébastien Delogu dans l’entre-deux tours lui a offert une réserve de voix non négligeable sur sa gauche. Martine Vassal, elle, a continué son interminable chute. Une position qui au passage, quel que soit le score final, signait la fin de sa présidence à la Métropole. Elle a d’ailleurs annoncé en milieu de soirée qu’elle ne s’y représenterait pas.
« L’union et la concorde »Dans le sillage de cette campagne ratée, le grand remplacement de la droite par son extrême s’est poursuivi. Car si la menace du RN a été écartée sur la mairie centrale, Benoît Payan et son équipe ont désormais sept ans pour poursuivre leur transformation de Marseille et faire reculer l’extrême droite. La digue a tenu, cette fois encore, mais le mal est profond. « Je mesure l’ampleur de la tâche et l’honneur qui m’est fait ce soir, je mesure la responsabilité qui, dans la situation actuelle du pays, est la mienne ici et la nôtre à Marseille », ne cachait d’ailleurs pas Benoît Payan, face aux caméras. « Notre devoir est de nous rassembler, nous les femmes et les hommes de progrès, nous les humanistes, et de refuser sans cesse les voix qui portent et poussent à la division ».
En fin de soirée, à l’heure où nous bouclions, deux des trois mairies de secteurs que la droite avait conservées en 2020 étaient données au RN : celles des 9-10 et celle des 11-12. Dans la troisième, la mairie du 7e secteur (13e et 14e arrondissements), le Printemps marseillais restait à la lutte. « Je veux dire aux Marseillaises et aux Marseillais que je suis fier d’eux, que ce soir ils nous honorent, ils m’honorent et que je donnerai tout ce que j’ai, que je me montrerais digne de leur confiance, et que les sept ans qui viennent seront pour moi ce chemin qu’ils nous ont indiqué ce soir, le chemin du rassemblement et de l’union, de la concorde. Nous nous sommes adressés aux avec un programme d’une clarté absolue : rassembler, protéger et préparer l’avenir. Et les Marseillais y ont adhéré dans des proportions, importantes, ce soir ce n’est pas une petite victoire ! », conclut Benoît Payan.
RéactionsRenaud Muselier, président de la Région Sud
« Pas de raz-de-marée des extrêmes » se félicite dans un communiqué Renaud Muselier (Ren.). À Marseille, « Benoît Payan reste maire, et la métropole restera vraisemblablement dans notre sensibilité politique. Il n’y a pas de bouleversement majeur et le RN n’a pas pris la ville » analyse-t-il, remerciant au passage « Martine Vassal pour son combat courageux, contre toutes les tempêtes dans ce scrutin difficile. » À Toulon, « l’union autour de Josée Massi a permis de l’emporter au second tour » se félicitant que « la vague RN annoncée depuis des mois n’a pas eu lieu. » En Avignon, « la victoire d’Olivier Galzi est une bonne nouvelle » se réjouit le président de la Région.
Manuel Bompard, coordinateur de la France Insoumise
« La France insoumise permet des victoires populaires et fait avancer la gauche quand les diviseurs du PS et de Place Publique la font reculer » a commenté le député de Marseille et coordinateur de LFI. Et de se projeter sur la présidentielle : « J’appelle le peuple de France à nous rejoindre pour mener cette bataille. L’année prochaine, la nouvelle France peut balayer les politiques de malheur de la macronie. »
Sébastien Barles, collectif Vaï
Le fondateur du collectif écologiste Vaï Marseille et tête de liste insoumise dans les 1-7, Sébastien Barles, s’est réjouit que le RN échoue à prendre Marseille. « Face à la haine et à la peur, nous opposerons toujours la justice sociale et la solidarité » promet-il.
Pascaline Lécorché, cheffe de file Place publique Marseille
« On ne peut que se réjouir, face au RN, les Marseillais ont tranché. Je salue le geste de Sébastien Delogu. J’avais appelé à ce désistement républicain. »
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À La Ciotat, Alexandre Doriol retrouve son fauteuil
De nombreux habitants étaient présents pour l’élection d’Alexandre Doriol comme maire de La Ciotat, ainsi que la désignation des adjoints. Après avoir « sincèrement remercié l’ensemble des candidats pour la bonne tenue de la campagne », le maire a rappelé l’importance de la parole donnée, « après avoir convaincu, il est de notre devoir de faire ! », a-t-il lancé. Alexandre Doriol, élu au premier tour avec 57% des suffrages dispose d’une très confortable majorité de 32 élus sur 39 sièges. Daniel Salenc, le chef de file RN a immédiatement déserté l’assemblée… en démissionnant, son groupe disposera de quatre sièges, Hervé Itrac d’un siège et le groupe d’opposition de gauche, La Ciotat Nous Rassemble sera représenté par Karim Ghendouf et Mariann Chrétien.
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Victoire historique de l’union de la gauche à Nîmes avec Vincent Bouget
Historique. Le Prolé de Nîmes, transformé dimanche soir en point de ralliement de l’équipe de Nîmes en commun a explosé de joie et de bonheur à l’annonce des résultats. Vincent Bouget, candidat de la liste d’union de la gauche et des écologistes remporte l’élection municipale et sera, dans quelques jours, élu par le conseil municipal nouveau maire de Nîmes. Cette cité de plus 150 000 habitants était la dernière place forte de la droite LR en France. Sa défaite signe la déliquescence de la droite au profit de l’extrême droite. La participation a été aussi plus importante avec 58,49% contre 51,04% au premier tour. Un regain qui a bénéficié à la liste Nîmes en commun. « Ce soir, je ressens d’abord une immense fierté. Fierté que les Nîmoises et les Nîmois aient repris en main le cours de leur histoire. Il y avait un risque réel dans cette ville, et ils ont fait le choix de la confiance, le choix d’un avenir différent. À partir de demain, nous allons travailler avec eux, pour eux », a déclaré Vincent Bouget, ému.
« Fierté d’avoir battu l’extrême droite »« Il y a aussi une fierté particulière d’avoir battu l’extrême droite. Mon engagement politique s’est construit sur ce refus de la voir accéder au pouvoir. J’ai toujours combattu les logiques de repli, de division, de ségrégation. Ce soir, tout cela se cumule, et cela rend ce moment très particulier. Rien n’était gagné d’avance. Ce sont les Nîmois qui ont fait cette élection. Ils se sont mobilisés comme ils savent le faire, avec leurs valeurs de générosité, de solidarité, leur envie de vivre et de travailler ensemble. »
Comme il l’a dit durant la campagne, « nous allons travailler avec tous les habitants de cette ville, quels qu’ils soient. Ce qui a fait la différence, c’est le travail, la confiance, la générosité, et ce peuple nîmois qui est profondément attaché à sa ville ». Vincent Bouget précise : « Je ne suis pas dans une logique personnelle. Ce qui compte, ce sont les dossiers de la ville. Nous sommes au début de l’histoire. Dès demain, nous allons nous mettre au travail, en restant nous-mêmes, avec les habitants. Il y a une histoire à Nîmes, avec une empreinte communiste ancienne, mais notre victoire est celle d’une liste plurielle, ouverte, diverse, avec toute la gauche et de nombreux citoyens engagés. Nous allons continuer à rassembler. »
Rien n’était pourtant joué pour la gauche. Dimanche dernier, la liste RN était arrivée en tête d’une poignée de voix : son candidat, Julien Sanchez avait obtenu 14 414 voix (30,39%) contre Vincent Bouget et ses 14 251 voix (30,05%), soit 163 voix d’écart. Une semaine après, la mobilisation des Nîmoises et Nîmois a porté ses fruits : Vincent Bouget récolte pour ce second tour décisif 40,97% des suffrages exprimés et creuse l’écart avec l’extrême droite avec 1 852 voix d’avance. Un bond de 10 points qui assure la victoire de toute la gauche dans la capitale gardoise.
En deuxième position, Julien Sanchez obtient 37,52% des suffrages exprimés. Un résultat en progression de plus de sept points qui s’explique par le report de voix d’une partie de l’électorat traditionnel de droite sur le RN. En effet, dimanche dernier, la droite avait payé sa guerre des chefs : Franck Proust récoltait 9 270 voix (19,55%) et Julien Plantier 7 376 voix (15,55%). Ils totalisaient 35,10%, mais séparés ils ont laissé le RN s’installer en tête. Résultat, la liste fusionnée a recueilli ce dimanche seulement 21,51%. La gauche a pu pleinement compter sur le score de Pascal Dupretz (LFI) et ses 2 114 voix.
Le Parti communiste a salué « une immense victoire pour toutes celles et ceux qui, depuis des mois, se sont mobilisés pour porter une alternative de progrès dans la ville face à la menace très réelle de l’extrême droite ». Le secrétaire national du PCF Fabien Roussel a adressé ses « immenses félicitations à Vincent Bouget ».
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À Septèmes, André Molino enfile de nouveau son écharpe de maire
La victoire fut nette et le conseil d’installation serein. Une semaine après l’avoir emporté au 1er tour des élections municipales avec plus de 60% des suffrages (2627 voix), la liste « Ensemble pour Septèmes » à reélu ce dimanche matin à la tête la commune, le maire sortant, André Molino (PCF). C’est lui, même en tant que doyen (79 ans) du conseil municipal, qui a eu l’honneur et le plaisir de l’annoncer dans une salle pleine à craquer. De chaleureux applaudissements s’en suivront.
Humilité et émotionAux 27 voix de sa majorité d’union de la gauche, des écologistes et des citoyens, est venue s’associer celle de Smahane Mebarki. La candidate de la France insoumise, créditée de 6,51% des suffrages le 15 mars, a obtenu un siège. Le fruit d’un joli score dans le quartier de la Gavotte d’où elle est originaire. Les nouveaux conseillers municipaux d’extrême droite, eux, ont voté blanc. Créditée de 32% des suffrages dimanche dernier, la liste du ciottiste Adrien Duché (UDR) occupe cinq sièges. Ils n’étaient toutefois que trois présents pour ce symbolique premier rendez-vous de la nouvelle mandature.
« Je reçois cette responsabilité avec humilité et reconnaissance mais aussi, sachez-le, beaucoup d’émotions », a lancé André Molino. Installé dans le fauteuil de maire depuis 1999, il s’est dit fier de voir fructifier l’héritage de « celles et ceux qui nous ont précédés » et a eu une pensée toute particulière pour Marc Ferrandi et Fernand Ros. Comme eux, il promet d’être le maire de tous les Septémoises et les Septémois, « quelle que soit leur opinion politique et quel eut été leur vote la semaine dernière ».
Devant une salle attentive où plusieurs membres du conseil municipal des jeunes étaient présents, le communiste rappelle les grandes lignes d’un programme « concret et réaliste » basé sur « une ambition claire et partagée » : réduction des inégalités, réponse à l’urgence climatique, renforcement des services publics locaux pour garantir justice sociale et solidarité intergénérationnelle, et soutien à la participation citoyenne. Des engagements qui se traduiront en direction de l’école communale, de la petite enfance, de la jeunesse, des seniors, du sport, de la culture et de la santé.
Trois entrants dans
le nouvel exécutif« Bien que compétence de l’état », André Molino n’en oublie pas « la sécurité des biens et des personnes ». Au-delà du renforcement annoncé de la police municipale, il promet que sa majorité pèsera de tout son poids pour l’installation d’un commissariat de plein exercice à Plan de campagne. Un projet qui sera vivement applaudi. « Place à l’action ! Un programme ambitieux ne demande qu’à être décliné en actes », lance un peu plus tard, le maire espérant une opposition « constructive et objective dans le seul intérêt de notre ville », en connaissance du choix exprimé par les habitants.
Dans la foulée, le conseil municipal procède à la désignation des neufs nouveaux adjoints au maire. Un vote là encore validé par 28 voix sur les 33 du conseil municipal. La première écharpe, celle de première adjointe, est remise à Sylvie Laurent. Elle succède à Sophie Celton qui a tenu avec mérite ce rôle lors des deux derniers mandats, et continuera de porter des « dossiers fondamentaux » sur les sept prochaines années, assure le maire.
Sept autres adjoints étaient déjà élus sur la dernière mandature. Gérard Guerrero (2e adjoint), Louisa Hammouche (3e), Hocine Ben Saïd (4e), Sophie Celton (5e) et Carole Halgand (9e), tous cinq adjoints sortants, sont reconduits. Conseiller municipaux sortants, Jérémy Martinez (6e) et Audrey Cermolacce (7e) entre eux dans l’exécutif septémois. Non élu, en 2020, Hervé Vaquier-Tolinos, éducateur spécialisé dans le civil, est le seul en fin de compte à y faire ses premiers pas. Il occupera le poste de 8e adjoint. Les délégations de chacun seront prises par arrêté du maire. Le travail pourra alors définitivement commencer.
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