Tag: Elections

  • Silvestre Da Silva officialise sa candidature insoumise à Port-Saint-Louis-du-Rhône

    Silvestre Da Silva officialise sa candidature insoumise à Port-Saint-Louis-du-Rhône

    William Sylvestre Da Silva officialise sa candidature aux couleurs de la France insoumise. Le parti avait annoncé constituer une liste il y a une semaine, lors d’une réunion publique organisée le 26 janvier. C’est finalement son chef de file, Port-Saint-Louisien de 32 ans, qui en prend la tête. Engagé dans le milieu associatif et politique local, il a été trésorier de l’antenne de la Ligue des droits de l’Homme avant de rejoindre le parti en tant que militant en 2016.

    Si sa liste a été rejointe par les Écologistes, l’union avec le PCF, qui avait présenté Aurélie Grach sous l’étiquette de la gauche unie, dès le mois de septembre, n’est plus à l’ordre du jour. LFI annonce que les négociations « n’ont pas permis de garantir une représentation politique pleine et effective », condition qu’elle considère comme « indispensable pour défendre loyalement les accords programmatiques et les orientations de rupture » qu’elle porte.

    « L’union ne peut être ni décorative ni déséquilibrée », explique l’organisation par voie de communiqué. « Notre ligne garde sa clarté : nos adversaires restent la droite, l’extrême droite et la macronie, dont les politiques ont durablement fragilisé les classes populaires, les services publics et la démocratie locale. »

    La liste insoumise et écologiste sera présentée dans les semaines à venir. Les rendez-vous qui jalonneront la campagne seront prochainement annoncés.

  • À Cavaillon, « L’élan citoyen » mise sur la démocratie locale

    À Cavaillon, « L’élan citoyen » mise sur la démocratie locale

    Devant sympathisants et membres du collectif, la tête de liste a rappelé que cette équipe « rassemble des femmes et des hommes de bonne volonté, majoritairement issus de la société civile ». Patrick Blanès a souligné que la plupart des membres vivent leur première expérience électorale. Le programme, dévoilé le 12 février, mettra l’accent sur « l’humain, la santé, la transition écologique, l’éducation, l’emploi et l’attractivité du territoire ». Culture, sport et vie festive font aussi partie des priorités. Une charte des candidats accompagnera ce programme, avec l’engagement de renforcer la démocratie locale : « Une municipalité qui décide avec les citoyens, pas à leur place », a insisté Patrick Blanès.

  • Occitanie : grandir sans perdre son âme, la recette Grabels

    Occitanie : grandir sans perdre son âme, la recette Grabels

    Une restauration solidaire bio avec trois tarifs en fonction de ses revenus (La Cantina). Une crèche avec une maison de la famille et de l’enfance. Une maternelle (Pierre-Soulages) et des logements sociaux arborés à taille humaine (Le Stradivarius). Au cœur du quartier moderne de la Valsière, l’ancien terrain vague devenu la place Pablo-Neruda est un condensé du projet de René Revol à Grabels. « Ça sent bon l’Amérique du Sud, ici ! », s’amuse l’élu Franck Fiandino face à la mairie de proximité Frida-Kahlo.

    Avant l’élection de René Revol en 2008, la Valsière comptait 2 400 habitants. Un « patchwork de propriétés privées sans même une boulangerie », se souvient l’ancien socialiste devenu Insoumis. Quatre mille Grabellois y vivent aujourd’hui avec services publics et commerces de proximité. Et ce n’est pas fini. Tout en stoppant l’étalement urbain – des terres de la plaine de l’Est ont été rachetées (dont une parcelle par la mairie) pour un projet agricole. La municipalité de gauche (si elle est reconduite) projette de transformer la place bétonnée du supermarché Lidl en une « esplanade marchande et conviviale » avec des « sols désimperméabilisés à 50% ». « On veut en finir avec le modèle de la ville SimCity qui cloisonnait le logement, l’emploi et les commerces », explique Franck Fiandino, adjoint aux finances et à la transition écologique.

    Continuer à grandir sans perdre son âme, ses valeurs, ses racines millénaires. C’est le challenge que s’est fixé René Revol dès son premier mandat. Ainsi dès 2015, à l’instar d’un cœur de village devenu trop étriqué, la mairie s’est déplacée près de la Poste. En ce lundi 26 janvier, le soleil illumine la place Jean-Jaurès accessible et qui n’attend que le printemps pour dévoiler son côté végétal. Sur le boulodrome aménagé, les pétanqueurs qui profitent de l’accalmie n’y prêtent plus attention mais tout est là. Le centre socio-culturel Gutenberg. Derrière le CCAS et une épicerie solidaire. Devant un parking gratuit (ça devient rare) et surtout le nouvel hôtel de Ville. Là encore, l’inscription « Maison commune » illustre la volonté de rendre service et d’accueillir tous les publics.

    Dans une société exaspérée qui parfois se radicalise, tolérance et solidarité ne vont pas de soi. Pas plus tard qu’en septembre 2025, le torrent d’insultes reçues par le maire – qui avait dressé le drapeau palestinien pour soutenir le peuple de Gaza massacré – rappelle que la fraternité et le vivre ensemble sont un enjeu quotidien pour les progressistes. En 2023 déjà, René Revol avait été pris à partie en marge d’une manifestation par un individu d’extrême droite.

    C’est par des réalisations concrètes que le maire LFI veut combattre la haine, le repli. La rénovation de l’école Delteil en est un bel exemple. Parvis réaménagé, récupération des eaux de pluie, bois, isolation phonique, thermique et assez de panneaux solaires pour rendre autonomes tous les bâtiments publics de la commune… Ce n’est pas un hasard si l’établissement qui accueille 400 élèves a obtenu la plus haute certification « bâtiment durable Occitanie or ». « L’été dernier, sans clim, la température est restée de 10 degrés inférieure à celle de dehors », insiste Franck Fiandino. Pour un total de 5 millions d’euros, l’école, dotée d’une cantine avec 100% de produits bio et en circuits courts, a été repensée pour valoriser le projet pédagogique. Dehors, des espaces de jeux conçus pour favoriser la mixité. Des lavabos extérieurs aux toilettes pour éviter le harcèlement entre enfants. Des nichoirs à oiseaux, des espaces verts aménagés pour tenir des cours en harmonie avec la nature et même un jardin pour apprendre à planter. « Cette école, c’est un bijou », lâche René Revol, fier du travail accompli.

    Les Granges rénovées

    À quelques pas de là dans le centre ancien, est en cours le vaste chantier de rénovation des Granges. À partir de ses arches de 1901, s’effectue la reconstruction de ce qui deviendra en octobre une salle de spectacles de 150 places labellisée jeune public. L’ancienne mairie attenante accueille déjà une bibliothèque pour tous, un gîte communal sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, la compagnie théâtrale internationale alligator (CIA). Et très bientôt, un café associatif poussé par la municipalité. Tisser du lien social, encore et toujours à l’instar du Calvaire religieux récupéré et devenu parc municipal.

    Depuis 18 ans Grabels poursuit sa mue en cherchant à rester à l’écoute de ses habitants. Devant les Granges, un membre de l’association La Dentellière croise René Revol. « Monsieur le maire, vous nous ferez un beau revêtement hein, qu’on puisse faire un loto sous les arbres ! ». Message reçu.

    Deux listes concurrentes divers droite se présentent. Elles sont conduites par Pascal Heymes
    et
    Régis Morvan.

  • La gauche dévoile ses priorités lors d’une réunion à Draguignan

    La gauche dévoile ses priorités lors d’une réunion à Draguignan

    La liste « Uni.e.s pour Draguignan » poursuit son cycle de consultations. Vendredi, ce sont les thèmes du logement, de la santé et des discriminations qui ont été portés par l’équipe progressiste, lors d’une nouvelle réunion publique.

    La première thématique avait fait l’objet d’une enquête auprès des habitants. Il en ressort « un mal-logement chronique dans les quartiers prioritaires : logements dégradés, problèmes d’isolation… 62% des sondés renoncent à se chauffer pour des raisons financières », analyse Sylvie Borgogno, colistière (LFI). Les prix des logements demeurent par ailleurs prohibitifs pour 67% des personnes interrogées.

    Pour un centre de santé

    Pour lutter contre la précarité, la liste souhaite encadrer les loyers, favoriser l’accession sociale à la propriété et lancer un programme de rénovation pour intensifier le « zéro logement vacant » et atteindre les 25% de logements sociaux fixés par la loi SRU, dont la construction sera priorisée. L’ensemble doit être réalisé selon un modèle durable, qui s’appliquerait également aux nouveaux programmes immobiliers.

    Concernant la santé, « comme partout en France, il y a un manque de médecins. On est classé en zone d’action complémentaire (ZAC) par l’ARS, on n’est pas complètement sous-doté par rapport aux zones d’intervention prioritaires, mais des gens sont tout de même obligés d’aller jusqu’à Fréjus », analyse Sylvie Borgogno. Alors que 42% des sondés renoncent aux soins faute de moyens et de médecins, que 58% se disent insatisfaits par les services hospitaliers et que 72% ont des difficultés à trouver un spécialiste, « Uni.e.s pour Draguignan » propose de créer un centre de santé (avec des médecins salariés et sans dépassement d’honoraires), un service de téléconsultation et de médecine de garde. La liste souhaite également encourager l’installation de médecins en finançant des étudiants en médecine qui s’engageraient à exercer cinq ans à Draguignan.

    La liste veut aussi favoriser la pratique du sport, la prévention (addiction, santé mentale…), l’environnement (transports verts, végétalisation…) et la nutrition (cantines et marchés bio, épicerie solidaire municipale, repas itinérants à faible coût dans les quartiers prioritaires…).

    Enfin, sur le volet discriminations, la liste veut mettre en place un guichet municipal destiné à la lutte contre les discriminations et les violences intrafamiliales, assorti d’un service d’accompagnement psychologique. Elle souhaite également renforcer les subventions aux associations œuvrant dans ces domaines et augmenter les capacités d’accueil d’urgence. Un plan de prévention est également prévu, incluant des ateliers d’initiation aux métiers de la tranquillité publique, ainsi qu’un moratoire et un audit sur la vidéosurveillance.

  • À Anduze, Geneviève Blanc l’humain pour fil rouge

    À Anduze, Geneviève Blanc l’humain pour fil rouge

    En 2020, elle a été la toute première femme à devenir maire de la cité cévenole. Militante auprès d’EELV à l’époque, Geneviève Blanc est aussi issue d’une formation d’assistante sociale et d’un parcours dans l’insertion par l’économique. Une sensibilité pour « l’humain » dont elle affirme avoir voulu imprimer son premier mandat.

    « Nous avons créé une vraie politique culturelle sur la commune, avec des festivals de jazz, d’humour et de chansons. Nous avons une programmation de théâtre, beaucoup de résidences d’artiste, du cinéma… La culture pour tous est un axe fort de ce mandat », insiste l’élue cévenole, qui a aussi misé sur les équipements publics, la création d’un city stade en cœur de ville, désimperméabilisé la cour d’école, et aidé à l’installation d’agriculteurs…

    En mars prochain, celle qui a aussi œuvré en qualité de conseillère départementale au côté de Jean-Michel Suau (PCF) affrontera à nouveau Bonifacio Iglesias, son adversaire de 2020, détrôné après deux mandats. Si les deux candidats s’affichent sans étiquette, Geneviève Blanc a toujours assumé son appartenance à une gauche « écologiste et sociale ». « Me représenter, c’était une évidence parce que je ne veux pas qu’on retrouve le style de gestion qu’on avait auparavant. Moi, je travaille pour le lien social et le vivre ensemble », poursuit Geneviève Blanc. À l’occasion d’un deuxième mandat, la candidate et ses colistiers – renouvelés aux deux-tiers – souhaitent poursuivre les projets engagés, dont l’implantation d’un tiers-lieu culturel en centre-ville, la construction d’un habitat inclusif dédié aux personnes âgées, ou le développement du nouveau quartier de la gare…

    « Les gens de ma liste sont issus de toute la gauche, et de la société civile. Avec eux, je suis claire sur les questions identitaires, sur le partage des richesses, sur la notion de bien commun… Une fois qu’on partage tout cela, ça me convient », confie Geneviève Blanc, dont les premiers engagements étaient associatifs, au côté d’Amnesty international, pour la défense des droits de l’Homme.

  • À Istres, Bernardini présente un programme de bâtisseur

    À Istres, Bernardini présente un programme de bâtisseur

    S’il fallait ne retenir qu’un mot des 31 pages du programme de François Bernardini (DVG), ce serait « développement ». Alors que le territoire de l’Ouest des Bouches-du-Rhône est à un tournant de son histoire industrielle, Istres prend sa place dans la transition. À eux seuls, les projets d’Hynaero (production d’hydravions bombardiers d’eau) et de Sabena Technics (maintenance des avions ravitailleurs MRTT) devraient créer 600 emplois directs. « La construction est le corollaire immédiat du développement », affirme le maire (DVG) candidat à sa succession, « autrement on se ferme des portes ».

    Parmi les dossiers structurants, citons la requalification du Prépaou, pensée avec les bailleurs sociaux afin d’aérer le quartier et de rassembler au sein d’un seul et même bâtiment le centre social, les locaux de la mairie annexe, ceux de France Services et une salle polyvalente, ou encore la reconstruction de l’Ehpad les Cardalines dans le secteur du Boisgelin, là où le candidat (LR) Robin Prétot envisage plutôt de créer un parc. « Le permis d’aménager a été accordé et purgé de tous recours, les travaux débuteront au premier semestre 2026 », évacue François Bernardini.

    Animer le centre-ville

    Le maire remet également sur la table le projet du golf de Rassuen et de son écoquartier, mis à l’arrêt pour des raisons environnementales, dont les balbutiements remontent à 2015. « Nous essayons de convaincre l’administration que nous avons un excellent dossier. On est en train de mettre la bride sur un projet qui ne coûterait rien et qui apporterait une sécurité extraordinaire à ce site », une friche industrielle. Le candidat affirme qu’une enquête publique devrait être lancée, sans en préciser la date.

    Côté centre-ville, François Bernardini admet que les résultats des commerces ne sont « pas satisfaisants ». « Ce n’est pas faute d’efforts », assure-t-il, citant la création d’un poste de manager, l’acquisition de fonds de commerce et les nombreuses subventions. L’édile pointe des changements d’habitude de consommation et la topographie de la commune qui n’offre que des espaces réduits en rez-de-chaussée. « Il ne faut pas considérer le commerce comme le seul élément d’animation du centre-ville », affirme-t-il. Pour le prochain mandat, François Bernardini ambitionne de créer une résidence d’artistes dans le centre ancien, ainsi qu’une résidence intergénérationnelle en colocation.

    Toutes les propositions sont à retrouver dans le programme du candidat ou sur son site.

  • Michaël Delafosse veut un office municipal du pouvoir d’achat à Montpellier

    Michaël Delafosse veut un office municipal du pouvoir d’achat à Montpellier

    À deux mois des municipales, Michaël Delafosse entre en campagne. Le maire PS sortant, candidat à sa réélection, vient de dévoiler les premières mesures de son programme, le 26 janvier dans son tout nouveau local de campagne dans le quartier Antigone.

    Dans le contexte austéritaire infligé par l’État, le maire socialiste veut agir en faveur du pouvoir d’achat des Montpelliérains. Des mesures qui s’inscrivent dans la lignée du mandat actuel, durant lequel a été mise en place la gratuité des transports dont bénéficient plus de 470 000 résidents de la métropole de Montpellier. « Nous allons amplifier ce bouclier social avec la création d’un office municipal du pouvoir d’achat, qui s’inspirera de la mutuelle communale que nous avons mise en place. Cet outil permet d’avoir une garantie santé moins chère que celles existantes. Il fonctionne bien, nous allons donc l’élargir à l’assurance habitation multirisque », soutient Michaël Delafosse.

    En résumé, la collectivité négociera directement avec les opérateurs pour réaliser une commande groupée, ce qui permettra de faire baisser la facture pour les habitants. Le même mécanisme sera à l’œuvre pour les alarmes, les ventilateurs ou encore les pompes à chaleur. L’énergie est également au cœur du programme de l’édile puisque ce dernier ambitionne de poursuivre le raccordement des logements au réseau de chaleur urbain. « Avec cet accès maîtrisé du prix de l’énergie, la facture sera moins chère de 10% », soutient Michaël Delafosse.

    Soutenir les centres de santé associatifs

    Après la gratuité des transports, c’est celle des médiathèques que le candidat veut instaurer. « L’immense défi de notre société est notre rapport au livre, à l’écriture. Les médiathèques sont une ressource pour le savoir et nous proposerons un accès universel au réseau des quinze médiathèques  », développe le socialiste.

    La lutte pour le pouvoir d’achat passe également par la santé. « Même si nous ne sommes pas un désert médical, il faut être vigilant sur l’accès aux soins en renforçant l’offre », fait valoir Michaël Delafosse. Ainsi, le maire sortant s’engage à soutenir les centres de santé associatifs déjà existants et à aider à la construction de maisons de santé de la Région Occitanie dans les quartiers prioritaires de la Ville. Tout comme l’implantation d’une antenne du CHU à la place de l’ancienne tour d’Assas, dans le quartier Mosson.

    Montpellier compte près de 46 000 habitants âgés de 65 ans et plus. Un plan de lutte contre leur isolement figure également en bonne place dans le programme. Il comprend la réinstallation de concierges dans le parc social, le développement d’une application « anti-chute », l’installation de bancs publics. Surtout, il prévoit le développement de résidences intergénérationnelles et la construction de quatre résidences sociales seniors – deux sont déjà engagées. Une manière de « prendre soin de nos aînés », insiste le maire-candidat.

    « De bonnes choses »

    Ces annonces sont bien accueillies par Claude Gaubert, responsable montpelliérain de l’UFC-Que Choisir. « Se regrouper pour obtenir de meilleurs prix est une bonne chose. D’autant que pour certains produits, comme les pompes à chaleur, le risque d’arnaque est non négligeable. Si cet office municipal du pouvoir d’achat peut apporter aussi de la sécurité, c’est mieux ». Des mesures qui devront être accompagnées d’une meilleure information : Claude Gaubert regrette le faible engouement actuel des consommateurs pour ces achats groupés.

  • [Entretien] Bernard Clément : « Être maire rural, c’est être disponible 365 jours par an »

    [Entretien] Bernard Clément : « Être maire rural, c’est être disponible 365 jours par an »

    La Marseillaise : Après plus 36 ans de mandat, pourquoi repartir en 2026 ?

    Bernard Clément : J’ai beaucoup réfléchi. J’ai eu un cancer du sein, dont je suis guéri aujourd’hui, mais cette épreuve m’a obligé à me poser les bonnes questions. Et parmi les objectifs que je me suis fixés, il y avait celui-là : continuer à servir. Tant qu’il y a du travail à faire, je considère qu’il faut être là.

    Vous parlez souvent de passion pour définir votre fonction…

    B.C. : Oui, parce que sans passion, on ne peut pas tenir. Être maire d’un village de 800 habitants, c’est être au contact quotidien des gens. On ne fait pas de la politique politicienne, même si chacun a ses idées au sein de l’équipe municipale. On est dans quelque chose de profondément humain : se rendre utile, construire avec les habitants, accompagner leurs difficultés comme leurs projets.

    Être maire, concrètement, ça ressemble à quoi au quotidien ?

    B.C. : C’est être joignable tout le temps. Tout le monde a mon numéro de portable. Je ne fonctionne pas avec des permanences. Si quelqu’un appelle à 22h ou 23h, c’est qu’il a un problème. Être maire rural, c’est être maire 24 heures sur 24, 365 jours par an. Ce n’est pas une contrainte que je subis : c’est un engagement que j’assume.

    Le métier de maire a-t-il changé depuis 1989 ?

    B. C. : Énormément. Ce qui a le plus changé, c’est la disparition progressive des services publics de proximité. À la fin des années 1980, on avait encore des subdivisions locales de la DDE, d’EDF, de France Télécom, des perceptions de la DGFIP, des ingénieurs de l’État qui connaissaient le territoire et accompagnaient concrètement les communes. Quand il fallait refaire une route, réparer un réseau ou monter un dossier, un simple appel suffisait et tout s’enchaînait : diagnostics, devis, marchés, demandes de subventions. Aujourd’hui, tout a été centralisé, externalisé, parfois privatisé. Nous devons faire appel à des bureaux d’études privés, multiplier les procédures, gérer une technicité de plus en plus lourde. Résultat : les petites communes doivent fonctionner comme de grandes collectivités, avec beaucoup moins de moyens humains et financiers, et beaucoup plus de responsabilités sur les épaules des élus.

    Justement, comment un village comme Domessargues parvient-il à investir autant sans s’endetter ?

    B.C. : C’est vrai que la question peut se poser quand on connaît les difficultés économiques des communes rurales, qui se sont creusées au cours des dernières années. Pour nous, c’est simplement parce qu’on a fait le choix d’aller chercher toutes les recettes possibles, notamment les subventions. Chaque projet a été construit sérieusement, avec rigueur. Et surtout, nous avons toujours donné la priorité à ce qui est utile aux habitants : l’enfance, la jeunesse, les équipements, la vie associative.

    Vous revendiquez aussi un rôle politique au-delà de la commune.

    B.C. : Évidemment. Les décisions nationales ont un impact direct sur nos finances locales. La suppression de la taxe d’habitation, la fin de la gestion de l’assainissement, la disparition de la taxe professionnelle et, demain, celle de la CVAE ont profondément modifié l’autonomie financière des communes. Aujourd’hui, il ne reste quasiment plus que la taxe foncière sur les propriétés bâties, qui pèse essentiellement sur les habitants. C’est une évolution que je juge dangereuse, car elle fragilise durablement les collectivités et crée une forme d’injustice. Je demande donc une révision forfaitaire d’environ 20 000 euros par an pour les plus petites communes. Pour l’agglomération, c’est une goutte d’eau. Pour nous, c’est vital.

  • À Sanary, Jean-Pierre Meyer veut rester constructif et favoriser la démocratie

    À Sanary, Jean-Pierre Meyer veut rester constructif et favoriser la démocratie

    Seul élu de gauche au conseil municipal depuis 2020, Jean-Pierre Meyer se veut combatif. La tête de liste de « Renouveau pour Sanary » s’est entouré d’une équipe renouvelée de moitié pour mener son second combat municipal. On y retrouve des militants PCF, PS, et Écologistes, et des citoyens non encartés, avec, en seconde position, Patricia Gonzalez, déjà de l’aventure en 2020. « On a aussi placé de jeunes éléments en début de liste, pour l’avenir, analyse Jean-Pierre Meyer. Mais il est compliqué pour une personne qui travaille de participer à une campagne. Dans notre volonté de mixité sociale, et donc d’équilibre générationnel, c’est un combat à mener. »

    Tel qu’il s’est évertué à le faire durant ses années passées au conseil municipal, le candidat communiste prône le fait d’être « force de propositions, de partager nos projets et d’avancer à visage découvert », car avec « les municipales, il y a l’enjeu des sénatoriales. Il faut être clairs sur qui nous sommes ». Mais aussi « le dialogue respectueux, le refus du conflit permanent. Il y a le temps de l’élection, de la confrontation, puis celui du mandat, où il faut travailler pour la commune. Il ne faut pas s’opposer à tout parce qu’on est dans l’opposition », martèle-t-il. Il rappelle ainsi que « le bon sens l’a emporté » à travers ses propositions liées à la ligne de bus 83 ou à la préservation des oiseaux face aux projets immobiliers, malgré sa minorité au conseil municipal. Une notion qu’il espère faire valoir pour un retour à une gestion communale de l’eau : « Je ne pense pas que le contrat ait été mal négocié, mais mal rapporté, car on n’a retenu qu’une hypothèse, celle de la DSP », affirme-t-il.

    La primauté des élections communautaires

    Jean-Pierre Meyer a ensuite parlé de son programme, que sa liste « défendra, quel que soit le résultat des élections ». Parmi les grandes lignes : logement, mobilité, sécurité/tranquillité, services publics locaux, santé, jeunes et seniors, sport et culture, commerce, tourisme, artisanat et citoyenneté. Sur cette dernière notion, l’élu appelle à l’engagement. « La politique ne vous oublie jamais, que vous votiez ou pas. Quand vous ne le faites pas, les autres choisissent à votre place. Nous voulons multiplier les efforts en ce sens et on devrait commencer dès l’école », clame-t-il.

    Pour le candidat, l’élection la plus importante est celle du conseil communautaire, qui découle des municipales. « Le logement, l’eau, ce sont la communauté d’Agglomération Sud Sainte-Baume. Des élus sanaryens y siègent, dont certains de l’opposition qui disent militer pour la transparence, mais ont discuté de la DSP de l’eau en silence. Alors que le devoir d’un élu est de prévenir la population de l’importance d’un tel sujet », dénonce Jean-Pierre Meyer.

  • Tania Teixier à la conquête de Saint-Martin-de-Crau

    Tania Teixier à la conquête de Saint-Martin-de-Crau

    Elle avait affronté Séverine Dellanegra lors des élections anticipées de 2024. Ce sera de nouveau le cas en mars. Tania Teixier se présente aux municipales pour la deuxième fois, à la tête de la liste « Saint-Martin, notre fierté », qu’elle revendique sans étiquette. La fille de l’ancien maire Dominique Teixier (DVG), qui avait été réélu dès le premier tour en 2020 avec 58,32% des voix mais qui avait immédiatement démissionné, explique que son père lui a transmis son « engagement public ».

    La directrice juridique, qui met en avant son expérience et sa présence sur le terrain, ne veut plus qu’on « l’attache à la précédente mandature ». « Je suis revenue aider Christophe Laufray qui prenait la suite de mon père, mais il n’a pas fait le job, ce qui a engendré de la dissidence et beaucoup de négativité, reconnaît-elle. C’est ce qui nous a manqué pour être élus [en novembre 2024, Ndlr]. On nous a injustement associés à cette personne, alors qu’on avait démissionné en août. »

    Attractivité, jeunesse et sécurité

    Depuis sa précédente campagne, Tania Teixier a conservé son local au 14 avenue de la République et y rencontre les habitants tous les vendredis. « Il y a beaucoup de mécontentement sur le centre-ville, ce que je comprends parce qu’il se meurt chaque jour plus, assure-t-elle. Il faut une vision à long terme, avec un management porteur pour l’attractivité afin de mettre en avant nos commerces. On a des biens publics à mettre à disposition. On pourrait par exemple imaginer un tiers lieu. »

    La candidate veut également mettre l’accent sur la sécurité : « Il y a des quartiers qui ont été laissés à l’abandon. Il faut qu’on double les caméras, qu’on remette une police de proximité. » Le lien social a également toute leur place dans son programme : « Il faut de l’intergénérationnel, mais aussi qu’on pense à notre jeunesse, qui est en train de partir, avec un comité de jeunes. »