Tag: Elections

  • La bataille de Marseille sera féroce

    La bataille de Marseille sera féroce

    Les résultats de l’enquête d’opinion exclusive La Marseillaise/Experts et territoires/Ipsos-BVA, marque un tournant dans la bataille de Marseille. Pour la première fois, ils révèlent le risque d’une victoire RN dans un contexte politique national qui lui est particulièrement favorable.

    Les gauches, unies dans le Printemps marseillais, continuent d’être en mesure de l’emporter avec un niveau d’intention de vote à 30%, équivalent à celui du RN, avec un total gauche qui progresse sur celui de 2020, et cela avant l’entrée en campagne de Benoît Payan puisque l’enquête a été réalisée
    du 2 au 8 janvier. Néanmoins, comme dans la totalité des villes ou une majorité de gauche est sortante, la présence d’une liste LFI pourrait handicaper la capacité des progressistes à avoir le dessus.

    Rien n’est joué

    La droite et le centre-droit ont, quant à eux, l’obligation de se ressaisir s’ils ne veulent pas finir siphonnés par l’extrême droite. Un des enseignements de ce sondage, comme de la période, est que la porosité entre ces deux courants politiques se fait systématiquement en faveur du RN. Il y a donc urgence à recréer des digues et à rappeler les enseignements de l’histoire mais aussi de l’actualité mondiale : il n’y a pas une différence de degré mais de nature entre la droite républicaine et l’extrême droite.

    Rien n’est joué.
    La présentation des programmes, la composition des listes et le déroulement de la campagne pèseront sans nul doute dans le résultat final des urnes.

    La bataille de Marseille sera féroce. Elle ne fait que commencer.

  • Trois ans d’inéligibilité pour Hassen Hammou

    Trois ans d’inéligibilité pour Hassen Hammou

    Clap de fin ? Trois semaines après sa condamnation à 15 mois de prison avec sursis pour corruption de mineur, pour laquelle il a fait appel, Hassen Hammou, ex-cadre marseillais du parti Les Écologistes, était de retour devant la justice. Il comparaissait cette fois pour usurpation d’identité. L’objet du délit ? Avoir créé, fin novembre, un compte Snapchat au nom d’Amine Kessaci, militant écologiste engagé dans la lutte contre le narcotrafic, dans le but d’obtenir des informations.

    Ce dernier a déposé plainte le 25 novembre, moins de deux semaines après le retentissant assassinat de son frère Mehdi. Jeudi, à l’issue de sa garde à vue, Hassen Hammou a reconnu les faits et accepté, dans le huis clos d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, une peine de deux mois de prison avec sursis et trois ans d’inéligibilité.

    La validation devant le juge, en audience publique, sera hésitante. « Il n’y a pas de peine partielle ici, sinon, c’est le procès », s’agacera le président du tribunal face aux hésitations de l’accusé. « Il n’a aucunement voulu nuire, son but était de savoir ce qu’il allait advenir de lui au sein du parti », explique l’avocate d’Hassen Hammou à la barre. Désigné chef de file des écologistes pour les municipales à Marseille, ce dernier croyait alors encore à une issue positive à son procès pour corruption de mineur, dont le délibéré est attendu le 16 décembre.

    « En se faisant passer pour Amine, il voulait tester la parole d’un membre de son parti pour savoir s’il était en quelque sorte loyal envers lui, s’il pouvait avoir son soutien en vue des élections », abonde Soraya Slimani, l’avocate d’Amine Kessaci. Reçu comme partie civile, il n’était pas présent à l’audience et réclamait un euro symbolique.

    Stratégie inchangée

    pour Les écologistes

    à la barre, son avocate souligne « la dignité » de son client, soucieux « d’apaiser le débat ». Dans un message qu’il l’a chargée de lire au tribunal, Amine Kessaci estime que « l’identité, le deuil et la parole ne sont pas des outils politiques ». « Il a été sidéré, consterné, attristé d’apprendre qu’un camarade qui partage les mêmes convictions, ait pu usurper son identité, son image, sa cause » et ait pu « parler à sa place », note l’avocate. Comme lui, Hassen Hammou avait fondé un collectif de soutien aux victimes du narcotrafic.

    Cette condamnation à trois ans d’inéligibilité scelle l’avenir politique immédiat d’Hassen Hammou, ex-membre du bureau national d’EELV, suspendu le 17 octobre puis exclu en décembre de son parti qui a exprimé son « profond dégoût à l’idée qu’une instrumentalisation puisse être faite des drames ayant touché la famille Kessaci ».

    Le 2 janvier, le conseil statutaire d’EELV avait par ailleurs invalidé le vote des adhérents, portant sur la stratégie municipale et la désignation du chef de file, en annulant pour « irrégularités » l’AG qui avait servi de support. Un vote réalisé sous le contrôle de la tutelle nationale… La stratégie d’alliance au 1er tour avec le Printemps marseillais reste toutefois la règle. Personne ne demande à la revoter, expliquait mardi Olivier Bertrand, responsable national des élections, à nos confrères du Monde, qui ont révélé l’information.

  • Vigouroux brigue un 4e mandat à Miramas pour « protéger les habitants »

    Vigouroux brigue un 4e mandat à Miramas pour « protéger les habitants »

    Il a consulté sa famille avant de l’annoncer officiellement. Le maire de Miramas Frédéric Vigouroux (DVG) se lance dans la campagne des élections municipales pour briguer un quatrième mandat. « On ne se rend pas compte de l’investissement que ça représente d’être élu, il faut que je sois tourné vers la ville à 200%, donc il fallait que ce soit un choix collectif avec mes proches », explique-t-il.

    Ce « sacerdoce républicain », l’édile souhaite de nouveau l’endosser pour « protéger les habitants ». « Miramas n’est pas une ville riche, c’est une ville populaire. Elle est plus touchée par les effets du monde, les différentes crises – financières, sanitaires, énergétiques et autres -, donc il faut que sa population soit plus protégée au quotidien par la mairie. » Après avoir réalisé 90% du programme de 2020, malgré deux années compliquées dues au Covid-19, Frédéric Vigouroux a l’ambition « de continuer à transformer cette ville », la « préparer au développement économique, aux effets du changement climatique, préserver son environnement en assurant de l’habitat ».

    Des réunions thématiques

    Certains projets sont déjà dans les tuyaux : le nouveau pôle ferroviaire, la construction d’un hôtel des polices avenue Chalve, la mise en place d’une unité de production culinaire en collaboration avec la Ville de Saint-Chamas pour nourrir les enfants des écoles des deux communes avec des aliments bio et locaux, l’installation d’agriculteurs à Saint-Désiré, mais aussi de commerces à proximité d’Intermarché, de professionnels de santé à la maison pluridisciplinaire du nord de la Ville comme à la Boule Noire, ou encore la réouverture de l’ancien centre mutualiste de santé.

    Certains projets d’aménagement sont à définir avec les habitants. « J’habite la ville, mais je n’habite pas partout. Il faut utiliser les instances participatives pour imaginer la commune de demain », affirme Frédéric Vigouroux. Notamment sur la question du logement : « De nombreux jeunes Miramasséens veulent revenir ici bâtir leur famille, preuve que la ville est attractive. Ces gens nous demandent de construire. Donc on a un gros travail à faire sur le thème : comment la ville se réinvente sur elle-même, sans sur bétonner et en préservant la nature, l’environnement et l’agriculture. C’est ça qu’on va écrire avec les habitants dans le nouveau Plan local d’urbanisme intercommunal de 2028. »

    Des réunions thématiques seront organisées dans les semaines à venir pour co-construire le programme. La première aura lieu le 22 janvier. Le projet électoral définitif devrait être annoncé le 19 février. La liste, sans étiquette, est ouverte à tous les partis « sauf un ». Entendre : le RN. « Il y aura des visages connus, avec un rajeunissement mais une ossature importante de personnes expérimentées », affirme le maire candidat. Rendez-vous « dans quelques semaines », pour connaître les noms.

  • [Entretien] Olivia Fortin et Éric Méry : « On a ouvert les portes et les fenêtres de la Ville »

    [Entretien] Olivia Fortin et Éric Méry : « On a ouvert les portes et les fenêtres de la Ville »

    La Marseillaise : Mad Mars est né en 2018 en réaction à un système municipal verrouillé. Huit ans après, que reste-t-il de la promesse ?

    Olivia Fortin : En juin 2018 lorsqu’on crée Mad Mars, on est animé par une colère contre l’état de la ville, et l’espoir de faire les choses autrement. On savait qu’il y avait plein de compétences au sein des partis de gauche et écologistes, des acteurs associatifs et syndicaux, et ont avait deux mantras encore d’actualité : « S’unir ou subir » parce que la ville était alors donnée à la droite et qu’on se devait d’initier ce large rassemblement qui a amené au Printemps marseillais, et « Soyons fous, croyons à la politique ».

    Éric Méry : Et on a un bilan politique avec plus d’une quinzaine d’élus de secteur, une maire de secteur, et cinq élus dans la majorité sur des délégations assez structurantes. Chacun a essayé dans le Printemps marseillais d’apporter ce qu’il cherchait à Mad Mars : travailler avec les habitants et mettre l’outil politique à leur service. Pierre Marie Ganozzi sur les écoles, par exemple, a toujours rencontré les associations de parents d’élèves, le corps enseignant…

    O.F. : J’ai été durant trois ans adjointe au maire, aux ressources humaines et au dialogue social pour redonner à notre administration sa pleine capacité d’agir, persuadée qu’il fallait commencer là. Aujourd’hui on reçoit 75 000 CV par an, on a restauré l’image d’employeur de la Ville, des gens de toute la France postulent pour participer au projet. C’est valorisant une fonction publique qui attire à nouveau. En tant que maire de secteur je suis désormais sur l’échelon de proximité qui est extraordinaire pour produire avec les habitants des politiques répondant à des besoins concrets. Nos élus de secteur contribuent à fabriquer de l’action publique avec cette conscience collective. On a réussi avec Benoît Payan et la majorité, on a vraiment ouvert les portes et les fenêtres de la Ville.

    Qu’est-ce qui distingue encore Mad Mars des partis traditionnels ?

    O.F. : Mad Mars n’est pas un parti politique au sens juridique. Ce qui nous rassemble, c’est Marseille, sa métropole. On a une palette très large de sensibilités de gauche, c’est l’image du Printemps marseillais dans sa composante citoyenne et c’est ce qui donne à Mad Mars une fonction de passerelle d’engagement vers la politique pour faire progresser la société de manière radicale. En 2020, quand notre collectif a atteint son objectif, il aurait pu exploser, ça arrive en général. Une partie d’entre nous a pris des responsabilités d’élu, au cabinet du maire, dans les services, pour transformer concrètement leur engagement. D’autres ne l’ont pas fait par choix ou parce que ça n’a pas été possible. Ça a créé des manières différentes de voir et on a mis du temps à retrouver un objectif commun et donner du sens à cet engagement citoyen.

    C’est l’objet du Bonheur intérieur brut que Mad Mars travaille ?

    O.F. : Si restaurer les conditions d’une vie digne doit être une priorité, nous considérons que chaque citoyen à le droit, en plus des services publics, de vivre dans des conditions satisfaisantes et propres à amener son bonheur. Cinq groupes de travail thématiques se réunissent depuis deux ans et demi pour élaborer les conditions du bonheur. Cela peut nous amener à porter un contre récit face à tout ce qui nous est proposé dans une société qui agite les peurs et les souffrances. Il en ressort deux choses : un indicateur pour mesurer si les Marseillais vivent bien et des propositions qui ont été faites au Printemps marseillais pour notre programme commun.

    La promesse de 2018 est tenue ?

    O.F. : On a des élus qui sont engagés, des citoyens qui agissent, réfléchissent, contribuent et trouvent une passerelle vers l’engagement politique. Donc oui, on continuer à croire à la politique.

    Il y a quand même des gens qui ont le sentiment que depuis 2020 ce n’est pas allé assez loin ?

    E.M. : Il faut qu’on soit honnêtes, quand on est arrivé, on n’était pas nombreux à avoir de l’expérience, il y avait une administration à réformer, et les finances de la Ville n’étaient pas florissantes, il a fallu résorber la dette, tout en continuant à investir. Quand aujourd’hui on préempte un lieu comme la résidence du Roy d’Espagne, c’est de l’investissement.

    O.F. : Aujourd’hui, inaugurer une école primaire par semaine, des parcs et des jardins, des commissariats, c’est le fruit de ce qu’on a semé. Mais le quotidien des Marseillais est géré dans une situation institutionnelle particulière. Quand on ouvre sa porte, on voit le travail de la Métropole : la propreté, les déchets, la voirie, les transports, le logement, le travail, l’attractivité, sont des compétences métropolitaines. Et en effet sur ces aspects, les Marseillais pourraient considérer que les choses n’ont pas assez changé. On est les premiers à le déplorer.

    Vous soutenez Benoît Payan, avec quelle marge de manœuvre ?

    O.F. : Le Printemps marseillais est un lieu de liberté. En tant qu’adjointe au maire, puis maire de secteur, j’ai eu toute la latitude de proposition et d’action. C’est dans ce cadre coopératif et de confiance au service des Marseillaises et des Marseillais qu’on entend continuer. On s’est créé une culture commune depuis 2018, on n’est pas un rassemblement électoraliste opportuniste. Nos priorités sont les mêmes que l’ensemble de la majorité municipale, sur les services publics, le logement, les écoles, les espaces verts, la fraternité.

    E.M. : Mad Mars, contrairement à d’autres collectifs citoyens qui se montent encore, a toujours misé sur la complémentarité et eu la volonté de travailler avec les partis. Ce fondamental est conforté en 2026, puisque le Printemps marseillais s’est élargi avec les écologistes, Place publique, Debout ! En 2020, on a fait tomber les drapeaux pour partir derrière celui du Printemps marseillais.

    En 2020, après la rue d’Aubagne, la droite était divisée, aujourd’hui, elle se présente unie, vous avez un bilan et face à vous LFI ?

    E.M. : Sur le bilan, on n’a peut-être pas tout fait et bien mais les gens qu’on rencontre ne nous reprochent pas de ne pas avoir mené une politique de gauche. Les logements sociaux, les places d’hébergement, les services publics, l’été marseillais, les activités et musées gratuits… ils en ont conscience.

    O.F. : Ce qui motive, c’est le projet qu’on va proposer, on se concentre dessus, on est en démocratie. Après on regarde, comme tout le monde, les sondages avec une extrême droite très haute, et une droite républicaine, si on peut dire, qui s’effondre. Ce n’est pas dans cette société que je veux habiter. Nous, on croit à ce qu’on fait, on est déterminé.

    « On s’est créé une culture commune depuis 2018.
    On n’est pas un rassemblement opportuniste »

  • Dans le Gard, le PCF et LFI se rassemblent au sein de la liste citoyenne «Alès, c’est vous !»

    Dans le Gard, le PCF et LFI se rassemblent au sein de la liste citoyenne «Alès, c’est vous !»

    Résolument citoyenne, la liste «Alès, c’est vous !» s’est officiellement lancée dans la campagne. Le PCF et LFI ont officialisé la nouvelle à l’occasion de la signature d’un «accord de rassemblement» ce lundi 5 janvier. L’objectif : «s’engager dans une démarche commune afin de construire une alternative solidaire et ambitieuse», stipule le texte collectif, avant de pointer une équipe sortante restée sourde «aux attentes et aux besoins réels des habitant.es». «Alès ressort abîmée (…) Alès mérite mieux qu’une politique d’abandon ou de résignation», poursuit l’accord.

    Après plusieurs semaines de négociations et «des échanges francs», communistes et insoumis se sont donc entendus sur la méthode, mais aussi sur une ambition commune dont les mesures phares seront détaillées dans les jours à venir. «Il ne s’agit pas d’un accord d’appareil, mais d’un engagement sur des priorités concrètes : le pouvoir d’achat, l’accès aux services publics, la justice sociale, la transition écologique, la participation citoyenne et le développement d’une démocratie municipale plus participative», a énuméré le candidat communiste Paul Planque. Un résumé partagé par son homologue insoumis Armand Crépin qui a salué la seule «alternative crédible» à la gestion façon Christophe Rivenq.

    Si les deux responsables politiques semblent faire office «d’armature nécessaire», cette liste réunira néanmoins une majorité de citoyens sans étiquette et des colistiers issus de toute la gauche. Un peu à l’image de ses premiers soutiens, dont la conseillère régionale socialiste Suzanne Coulet, l’étudiant écologiste Antoine Baguelin, la citoyenne Latifa Faraldo – en première ligne pour le maintien de la poste dans le quartier Tamaris -, ou encore la cégétiste Martine Sagit…

    Resté pour l’heure hermétique à la main tendue, le parti socialiste et les écologistes continuent de faire cavalier seul. Mais pas de quoi ternir l’humeur du secrétaire du PCF d’Alès, Giovanni di Francesco : «Dans ce monde qui se fracture et nourrit les replis et les inégalités, je prends une sacrée bouffée d’air frais».

  • Face au sursaut fasciste et impérialiste, le PCF veut incarner l’espoir à Port-de-Bouc

    Face au sursaut fasciste et impérialiste, le PCF veut incarner l’espoir à Port-de-Bouc

    Alors qu’« aux quatre coins du globe, l’impérialisme guerrier et les atteintes populistes de l’extrême droite resurgissent », la section port-de-boucaine du PCF place ses vœux sous le signe « de l’espoir, de la solidarité, de l’amitié entre les peuples et de la fraternité », affirme l’un des membres de l’exécutif, Mathias Escalante.

    Sur le plan international, les conflits se multiplient, en Ukraine, en Palestine ou au Nigeria. La récente violation du droit international de Donald Trump est une tentative de « piller les richesses notamment pétrolières du [Venezuela] (…) et poursuivre la droitisation de l’Amérique Latine ». « Ces conflits, alimentés par la complaisance des marchands d’armes et des États-Unis (…) font monter chaque jour d’un cran les tensions géopolitiques qui menacent l’équilibre de nos sociétés », affirme le représentant de la section.

    Au niveau national, le RN « poursuit son entreprise de dédiabolisation », et les gouvernements successifs « tentent d’imposer une cure d’austérité sans précédent », cassant « les services publics ».

    Dans ce « chaos », la section renouvelle sa confiance à Laurent Belsola, maire sortant et candidat à sa succession. « On se rend bien compte de l’importance des élus locaux pour protéger les habitants. Avoir des élus de proximité, comme Laurent et son équipe, ayant fait leurs preuves et ayant la capacité de porter des projets malgré les baisses de dotation de l’État et de la Métropole, c’est quand même quelque chose de très rassurant. » Ce soutien, la section l’appuie sur un bilan « solide » et un « travail rigoureux » ayant mené, point d’orgue du mandat, à l’obtention du contournement autoroutier.

  • Le mouvement Marseille Populaire s’active

    Le mouvement Marseille Populaire s’active

    « Nous sommes là où le politique passe sans s’arrêter. » Devant plusieurs dizaines de personnes réunies à la salle Magallon dans le 15e arrondissement de Marseille, ce dimanche, Farid Soilihi, président de Marseille Populaire, vient délivrer un message à quelques mois des élections municipales : « Personne ne parlera pour nous ! ». Un tour de chauffe, alors que ce mouvement qui « s’est construit quartier par quartier » prépare un meeting le 11 janvier prochain au Parc Chanot. « Le Rassemblement national progresse, l’abstention est une norme. Si nous restons passifs, si les mêmes logiques perdurent, nous serons responsables de ce basculement », martèle l’ancien candidat aux législatives de 2012 et condamné pour fausses accusations à l’encontre de l’ex-député socialiste Patrick Mennucci.

    « Au-delà des partis »

    Sophia Bouchoucha, membre du mouvement, insiste sur l’aspect « au-delà des partis politiques » de Marseille Populaire, lesquels sont jugés « hermétiques ». Elle prend l’exemple de la France Insoumise : « Certains ont pu avoir l’impression que c’était le parti du peuple mais ceux qui sont avec Sébastien Delogu pour ces élections ne viennent quasiment tous que de LFI. » À l’inverse, son mouvement joue la carte « des citoyens lambda d’horizons différents qui s’unissent pour Marseille » sur fond de « défense des quartiers ». Les membres mettent d’ailleurs en avant les communautés dont ils sont issus (comoriennes, ivoiriennes, asiatiques etc.) afin qu’elles soient « mieux représentées ».

    Concrètement, le mouvement ne se positionne pas encore clairement sur sa présence via une liste aux élections municipales ou par secteur. Notons enfin la présence de Sami Benfers (GRS), actuel conseiller municipal délégué aux taxis à la mairie de Marseille.

  • Rémi Esnault en droite ligne de l’action de René Raimondi à Fos-sur-Mer

    Rémi Esnault en droite ligne de l’action de René Raimondi à Fos-sur-Mer

    Il se pose en héritier de René Raimondi (ex-PS). Rémi Esnault, désigné par le maire sortant pour prendre la suite de l’action municipale menée depuis 2004, a présenté ce samedi le bilan du mandat qui s’achève, dont il espère prendre la relève en mars 2026. « C’est cet ADN fosséen d’ambition, de service public qui a été plébiscité par la population, et à juste titre, affirme-t-il. On gardera toujours cette ligne de protection. »

    Pas de rupture brutale, donc, et des dossiers bien connus du directeur de cabinet, qui compte s’appuyer sur son expérience acquise dans les coulisses de la mairie pour poursuivre certains projets, tels que la construction de la cuisine centrale dédiée aux seniors ou de la nouvelle piscine métropolitaine, l’enfouissement des lignes à très haute tension dans le secteur des carabins et le sud de la commune ou encore la création d’un réseau de chaleur à destination des équipements publics à partir des pipes de l’ancienne raffinerie Esso.

    Dans son programme, Rémi Esnault souhaite apporter une attention toute particulière au dynamisme du centre-ville. « Il faut préempter et acheter un maximum de bâtiments, les rénover, faire en sorte de choisir nos locataires, ce qui nous permettra d’avoir une vraie stratégie de déploiement commercial et d’habitat social », présente-t-il, en prenant pour exemple la Poste du centre ancien, où une esthéticienne est désormais installée.

    Une liste à moitié renouvelée

    « N’oublions pas que nous sommes une ville de gauche avec des valeurs de solidarité et de proximité et que tout ce qui se présente en face de nous ne va pas dans le même sens, on a des gens qui veulent casser le service public, qui veulent virer les employés communaux, qui veulent moins dépenser et ça, ça se ressentirait au quotidien », pose-t-il, dans une attaque à peine voilée à l’encontre de Philippe Maurizot, conseiller municipal d’opposition adoubé par l’extrême droite via le label « La Provence qu’on aime ».

    Si Rémi Esnault ne prend pas la menace RN à la légère, il assure néanmoins : « La personne qui s’est affublée de l’étiquette a perdu X et X élections. Si elle avait une quelconque crédibilité auprès des Fosséennes et des Fosséens on s’en serait aperçus depuis le temps. »

    Quant à la candidature dissidente de Jean-Michel Leroy (PS), le dauphin de René Raimondi prévient : « C’est un épiphénomène très regrettable puisque ces gens vont devoir assumer la responsabilité de leur déloyauté dans un contexte ou le RN a des appétits sur de nombreux territoires, dont le nôtre. Leur geste de rupture est encore plus grave qu’il ne l’aurait été sans la menace de l’extrême droite. »

    Rémi Esnault présentera sa liste, dont la moitié sera composée de personnes issues de la majorité actuelle, ainsi que son programme lors d’une réunion publique dont la date sera prochainement annoncée.

  • Martine Vassal veut rassurer la communauté juive

    Martine Vassal veut rassurer la communauté juive

    Elle l’avait annoncé en conseil métropolitain lors de l’hommage aux victimes de la fusillade de Bondi à Sydney. Martine Vassal, la présidente (DVD) de la Métropole et du Département, a présenté mercredi une série de mesures programmatiques pour lutter contre l’antisémitisme. « Au moment où la communauté juive subit des attaques aux quatre coins du monde », la candidate à la mairie de Marseille estime que cette lutte doit être « une cause majeure pour une municipalité ».

    Référents, charte et tolérance zéro

    Annonçant qu’elle prendra la présidence de Marseille espérance si elle est élue, Martine Vassal promet de mettre tout en œuvre pour y faire revenir le grand rabbin de Marseille qui a quitté cette association créée en 1990 pour œuvrer au dialogue interreligieux, depuis l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023.

    Le plan d’action en lui-même se décline en quatre volets : éducatif, administratif, sécuritaire et culturel. Pour les élèves du primaire, elle propose des partenariats avec des associations, des visites du Camp des Milles et la mise en place de « référents antisémitisme ». Le référent laïcité n’a qu’à bien se tenir.

    Elle plaide aussi pour une « administration exemplaire » en proposant une sanction immédiate pour tous propos et soutiens à des actes terroristes, et le contrôle stricte des subventions. Martine Vassal met aussi sur la table la signature par chaque agent et élu municipal d’une charte contre l’antisémitisme. Et qu’importe si pour l’heure un tel document n’existe pas dans la collectivité départementale qu’elle préside.

    Côté sécurité, c’est « tolérance zéro » contre les « tagueurs antisémites » avec des travaux d’intérêt général pour leur apprendre l’histoire de la Shoah, et le renforcement des contrôles et de la police autour des écoles. Rayon culture, elle veut redonner un élan au Mémorial de la déportation, « délaissé par l’équipe municipale actuelle », pour en faire un lieu qui vive et fasse vivre la mémoire, et lancer un grand cycle culturel festif israélite, dans le cadre du jumelage avec Haïfa.

    « Il faut que la communauté juive retrouve sa place dans la 2e ville de France », martèle Martine Vassal. « Ce plan a un sens politique », glisse le macroniste Romain Simmarano arguant que le Printemps marseillais n’a pas acté qu’il ne ferait pas d’alliance avec LFI au 2e tour des municipales. Pour la droite locale, surtout, il a d’autant plus de sens que le vote RN n’a jamais autant séduit la communauté juive.

  • À Agde, lâché par le PRG, l’écolo De Pontual jette l’éponge

    À Agde, lâché par le PRG, l’écolo De Pontual jette l’éponge

    Historiquement faible, la gauche agathoise va mal. Après deux décennies sans le moindre élu d’opposition, l’opération reconquête qui semblait prometteuse ces derniers mois, a du plomb dans l’aile. À 100 jours du premier tour, le travail partenarial entamé avec le NFP semble réduit à peau de chagrin.

    Le PS a d’abord filé aux côtés du médecin Thierry Nadal qui avait obtenu 35,1% en 2020. Au printemps, les insoumis qui revendiquaient la tête de liste, plantaient une seconde banderille au rassemblement. Et voilà que fin novembre, Arthur Labatut (PRG) s’en allait à son tour en emmenant avec lui la jeune écologiste Chloé Donate Estournet. La défection de trop pour l’écologiste Bertrand de Pontual qui, écœuré, a annoncé à la surprise générale le 9 décembre qu’il se retire. « J’arrête tout, je suis dégoûté ». Celui qui avait obtenu 7,22% en 2020 déplore « cet éclatement du groupe » et une nouvelle occasion manquée. « Partir unis, c’était l’occasion de proposer une autre vision d’Agde aux électeurs. »

    Avant même d’apprendre la nouvelle, Arthur Labatut, autoproclamé tête de liste, justifiait son choix. « On était ouvert pour l’union de la gauche mais ça n’avançait pas. On n’aurait plus eu le temps de mener campagne. » Si le programme commun faisait la quasi-unanimité, le choix de la tête de liste ne convenait pas au jeune entrepreneur qui croit en ses chances malgré le contexte.

    Les propositions de Labatut

    Dans une ville ravagée par le chômage et que la droite a livré aux promoteurs depuis longtemps, la gauche peut-elle encore séduire ? Oui, assure Arthur Labatut. Juriste en droit public de formation, il propose de « remplacer les médecins retraités », veut créer un « tourisme 4 saisons », ou encore une « sécurité sociale alimentaire ». Mais pourra-t-il insuffler une dynamique ? B. de Pontual ne donnera pas de consigne de vote. Et estime que ni Labatut ni Donate Estournet ne sont « légitimes » pour représenter le Nouveau Front Populaire. « Il n’y aura pas de liste d’union de la gauche à Agde », écrit-il, amer.

    Quant au PCF qui doit encore arrêter sa position, il « ne mettra pas de bâtons dans les roues » du PRG. « On n’a pas les moyens de monter une liste avec 35 noms. On va appeler à faire barrage contre l’extrême droite », se résout Frédéric Markidès.

    Le communiste craint que cette nouvelle donne « favorise l’abstention et renforce le risque RN » qui sera représenté par le député Aurélien Lopez-Liguori, lui-même concurrencé par la dissidente Fabienne Varesano (EXD) qui propose de… rallumer l’éclairage public la nuit.

    Si Sébastien Frey n’a pas encore officialisé sa candidature, on sait déjà que l’édile sortant est fragilisé. S’il a accédé au fauteuil de maire, ce n’est que parce que son prédécesseur, Gilles d’Ettore, a été poussé à la démission suite à sa mise en examen pour « prise illégale d’intérêts, détournement de fonds publics et corruption » dans la célèbre affaire de la voyante.