Tag: Elections

  • À Vitrolles, Loïc Gachon mise sur le service public

    À Vitrolles, Loïc Gachon mise sur le service public

    Énergie, enfance et éducation. Voilà les thèmes abordés lors de la 2e réunion publique de campagne du maire sortant Loïc Gachon (PS). « N’y voyez pas de lien, il n’y en a pas », prévient-il face aux habitants venus en nombre dans la maison de quartier du Roucas. Et en fait si.

    « Les maîtres mots de notre politique, quel que soit le domaine, sont : protéger au présent et projeter dans l’avenir », explique l’édile. Ce mantra se traduit par une municipalité qui consacre « 40% de son budget à sa jeunesse », affirme Didier Saura, adjoint délégué à la communication. « Ce mandat, nous avons construit deux nouveaux groupes scolaires : Anne Sylvestre, et Robert Badinter, qui clôt la rénovation du quartier des pins. (…) Chaque année nous investissons 3 millions d’euros pour rénover et entretenir nos 12 autres écoles. »

    Christian, arrivé à Vitrolles il y a une quinzaine d’années, salue les efforts de la Ville en matière « de qualité de services publics ». « Je sors du conservatoire pour un cours de guitare, ma fille d’un cours de danse, et mon fils est à Névache en classe neige dans le centre municipal qui est un excellent vecteur de lien social et de vivre-ensemble. »

    En matière d’énergie aussi, la majorité de Loïc Gachon tente de mettre au point un service public avec la communauté d’énergie photovoltaïque citoyenne. Lancé au printemps dernier, ce projet concerne particuliers, professionnels et bâtiments communaux. « La commune a signé avec groupement d’entreprises un contrat de concession de trente ans, détaille Isabelle Rovarino, conseillère municipale au numérique. Pour démarrer les panneaux solaires sont placés sur 25 bâtiments municipaux, ce qui représente une production de 8 GW, soit la consommation électrique de 2 000 foyers. » Un projet qui devrait occuper la liste de Loïc Gachon en cas de réélection.

  • A Marseille, l’Ifop conteste la paternité d’un sondage

    A Marseille, l’Ifop conteste la paternité d’un sondage

    « L’Ifop n’a pas réalisé d’enquête publiée à Marseille depuis celle pour La Provence en décembre 2025 », indique le sondeur. « Ce faux grossier, tout droit sorti du Minitel de 3615 Mytho, circulait depuis plusieurs jours pour tromper », tacle le porte-parole (Ren.) de la candidate de la droite, Romain Simmarano. Dans la foulée, Erwan Davoux a retiré sa publication. « Je ne veux pas de polémique avec l’Ifop, mais ce sondage existe bel et bien, non publié car la commanditaire ne le souhaite pas », explique-t-il.

  • À Gignac, la municipalité de gauche face au RN

    À Gignac, la municipalité de gauche face au RN

    Voilà quelques mois qu’Amélie Drevet – ex-secrétaire du FNJ 34 – arpente les marchés avec la députée Manon Bouquin (RN). Localement, la rumeur de sa candidature croissait depuis septembre, lorsqu’elle a créé une page « Personnalité publique » à son nom sur Facebook.

    Comme l’a relaté Mediapart, c’est aussi à ce moment-là que la candidate a été évincée des listes de la FCPE de Gignac, fédération de parents d’élèves à laquelle elle adhérait depuis plusieurs années malgré une dissonance politique forte, et qui craignait alors une tentative d’entrisme…

    Le maire divers gauche Jean-François Soto -qui est aussi président de la Communauté de communes de la Vallée de l’Hérault et conseiller départemental- y voit le reflet d’une posture politicienne. « C’est une stratégie nationale… Leur seul programme, c’est d’essayer d’être les relais des politiques nationales de ce parti d’extrême droite », déplore l’élu, qui brigue un troisième mandat.

    Lors de ses premières sorties médiatiques, la candidate a effectivement égrainé les thématiques phares de son parti : abandon du centre, sécurité, préférence « municipale »… Des slogans plus que des réalités. « Je pense qu’ils sont à côté de la plaque », rétorque le maire. Il poursuit : « À Gignac, les politiques publiques de proximité se voient. Il n’y a pas d’insécurité, il y a de plus en plus d’entreprises et nous gagnons une centaine d’habitants chaque année. » Il lui oppose aussi sa politique culturelle municipale, la halle des sports, le lycée Veil, et dans un futur proche l’installation d’un centre d’imagerie médicale (IRM) et d’une unité de gendarmerie.

    Ici, au second tour de la présidentielle, Marine Le Pen était arrivée en tête avec 51,52% des voix… À l’inverse, dans cette même ville de Gignac la députée RN Manon Bouquin avait été devancée par le candidat de la gauche Sébastien Rome. À suivre donc.

  • À Miramas, une liste citoyenne est soutenue par LFI et les Écologistes

    À Miramas, une liste citoyenne est soutenue par LFI et les Écologistes

    Une quatrième liste se lance dans la bataille des municipales à Miramas. « Ça parait un peu en retard, mais ça fait un an qu’on y travaille », assure Errol Ferrer, qui vient d’être désigné chef de file de la liste « Ensemble pour demain ». « Elle n’est pas issue d’un parti, mais d’un collectif citoyen d’une centaine de personnes qui a planché sur des axes programmatiques », explique le conseiller municipal d’opposition qui s’était présenté en 2020 sous la liste citoyenne « Miramas avec vous », récoltant 11,33% des suffrages.

    Parmi les priorités, la démocratie participative figure en bonne place. Le candidat souhaite notamment une refonte totale des conseils de quartiers en mettant en place « des représentants élus par les habitants avec un vrai pouvoir de décision et d’action et un vrai budget participatif ». Côté qualité de vie, la liste propose un moratoire sur l’artificialisation des sols, l’élaboration d’un plan de dynamisation et une ré-organisation du centre-ville pour profiter de la rénovation de la gare SNCF, qui a l’objectif d’accueillir 1,5 million de voyageurs d’ici 2030 contre 800 000 actuellement. Le programme sera présenté dans son entier lors d’une réunion publique le 20 février à la salle Colomb, en présence du député Manuel Bompard et de Caroline Ville, la France insoumise et les Écologistes ayant annoncé soutenir la liste citoyenne. « Le PS et le PCF [qui soutiennent le maire sortant DVG Frédéric Vigouroux, Ndlr] ne nous ont pas répondu », regrette Errol Ferrer.

  • [Entretien] Paul Sabatino : « Un rajeunissement et de la continuité pour une ère nouvelle »

    [Entretien] Paul Sabatino : « Un rajeunissement et de la continuité pour une ère nouvelle »

    La Marseillaise : Quelles sont les grandes lignes de la liste que vous présentez vendredi ?

    Paul Sabatino : Notre liste de 29 candidats s’appelle « Continuons ! ». C’est une liste à parité hommes – femmes évidemment, avec 14 nouveaux candidats et 15 sortants. Ce renouvellement se fait avec des hommes et des femmes dont la moyenne d’âge va abaisser celle de l’équipe municipale actuelle qui était autour de 70 ans. Ce rajeunissement devrait nous apporter la continuité parce qu’on a une majorité d’anciens, et nous permettre aussi d’entrer dans une ère nouvelle, avec quand même plus de diversité. Car si cette liste est majoritairement PCF, c’est une « liste de rassemblement de la gauche, des citoyens et des citoyennes », et parmi les nouveaux, beaucoup ne sont pas encartées politiquement. Certains ont demandé à être candidats. Et d’autres, nous sommes allés les chercher.

    Quels profils vous recherchiez ?

    P.S. : On a tenu à avoir, par exemple, un candidat dans chaque calanque. Ils sont nouveaux et ont pour objectif de garder leur côté populaire, faire qu’elles ne deviennent pas des lieux privilégiés réservés même si elles le sont parce que le risque feu fait qu’on ne peut pas y accéder en voiture, mais il faut qu’on puisse continuer à y vivre à l’année avec une épicerie, un bar, des restaurants, un comité des fêtes. On a pris aussi des gens du monde du travail, des chefs d’entreprise ou des syndicalistes, comme Noël Kouici, secrétaire général CGT de la réparation navale à Marseille. Cette ville a une histoire avec le monde du travail prolétaire, celui qui produit de la valeur. Et puis on a aussi des femmes avec des profils différents, des fonctionnaires d’état, des infirmières, il y a aussi un candidat en fauteuil roulant à qui j’ai proposé de nous rejoindre, ou des gens originaires du Rove depuis des générations mais inscrits dans un monde moderne. On est dans une histoire, on continue ce qu’a fait Georges Rosso pendant des années mais on voudrait le faire à 29.

    Vous êtes élus depuis plusieurs mandats, c’est la première fois que vous composez une liste ?

    P.S. : En tant que responsable du groupe, j’étais le seul à proposer et j’ai toujours participé. Mais quand je donnais deux noms, c’était le maximum. On a travaillé plus collectivement avec des gens dont on n’est pas sûr qu’ils partagent toutes nos idées politiques. Le seul interdit c’était le racisme, tout le reste peut être débattu. Si quand un auto-entrepreneur dans l’événementiel parle, il tient des propos d’empathie envers le plus grand nombre, le sport, la culture, le social, ça me va.

    Qui est en dernière position ?

    P.S. : Une jeune maman du Rove dont le petit va à l’école communale et que je ne connaissais pas forcément. Je l’ai croisée, et elle m’a dit : « Je voudrais que mon petit continue à grandir ici parce que je suis sûr qu’il va bien grandir, et si vous voulez, je voudrais m’engager avec vous. » Je lui ai dit qu’il n’y avait plus qu’une place, la dernière, et que s’il y avait deux listes, elle ne serait sans doute pas élue. Elle m’a dit, ça ne fait rien… Depuis on dirait qu’elle a toujours été avec nous. Il y a eu un pari sur le renouvellement, ce qu’on ne faisait pas avant. On avait des craintes, on aurait enquêté sur trois générations… Ça m’intéresse moins parce que de toute manière notre société a évolué, et peut-être vaut-il mieux être dans la diversité que la mono pensée.

    Un mot sur votre programme ?

    P.S. : On a fait plusieurs séances collectives de travail les samedis. Tout le monde est bienveillant, il faudra trouver un équilibre parce qu’on ne peut pas tout vouloir comme si on était une ville de 50 000 habitants en étant un petit village où tout le monde se connaît, se tape sur l’épaule et s’appelle par son prénom. Avec « Continuons ! », l’enjeu est de répondre aux questions qui se posent. Côté bâtiment on a ce qu’il faut avec un stade homologué FFF, un gymnase, un futur dojo de 400 places… On doit travailler le service public, ce lien qui lève l’isolement et répond aux besoins. Et il faut du service public pour tout le monde, avec du périscolaire le matin et le soir, le centre aéré le mercredi, du portage de repas, plus d’animation pour les seniors peut-être, un lieu de rencontre pour les jeunes, du logement social autant qu’on puisse, il faut travailler encore la culture, le sport, l’environnement dans le continuum de ce qui a été fait jusqu’ici.

  • Benoît Payan veut prendre en main la propreté

    Benoît Payan veut prendre en main la propreté

    Marseille est « pourrie » et c’est la faute de la Métropole, entendre sa présidente et candidate de la droite et du centre à la Ville, Martine Vassal, a martelé Benoît Payan, maire DVG sortant et candidat du Printemps marseillais. La propreté, « c’est une question sur laquelle nous sommes interpellés tous les jours, il y a une confusion très grande sur les compétences et les Marseillais attendent des résultats » dans une ville « abandonnée sciemment, consciencieusement » pose-t-il. C’est bien pour lui « la Métropole qui a fait le choix de ne pas recruter, de bouleverser les tournées, de ne pas implanter les poubelles et centres de tri » en nombre suffisant. Alors que les Marseillais paient une taxe d’enlèvement des ordures ménagères, « la plus importante de la métropole et de France » assène Benoît Payan.

    Son idée : reprendre la main, tout en laissant les compétences à la Métropole, le nouveau mode de scrutin lui permettant de peser dans l’hémicycle du Pharo s’il venait à remporter les municipales. Une méthode différente de celle tentée en 2022, dans le cadre de la loi dite 3DS qui permettait le transfert de compétences de proximité de la métropole vers les communes. « J’avais poussé une gueulante et proposé de nous mettre autour d’une table pour récupérer la compétence » raconte-t-il, mais « patatras plus rien n’était possible, la Ville se serait retrouvée dans une situation où elle n’aurait eu que les difficultés, sans les moyens nécessaires pour appliquer sa politique », résume Benoît Payan. Quand Martine Vassal lors de ses vœux fin janvier évoquait, elle, un travail de trois mois « pour trouver un terrain d’entente » avorté, le maire de Marseille estimant que c’était « trop compliqué ».

    La donne a changé : « Pour la première fois, si nous gagnons la ville, nous avons la possibilité de prendre en main la propreté » estime le candidat du Printemps marseillais qui se donne trois ans pour « mettre les choses au carré », les maires de secteur reprenant la gouvernance pour le reste du mandat.

    Deux fois plus de poubelles

    Concrètement, sur la collecte, ce temps lui permettrait de faire un point sur les actions du public et du privé qui se sont vus répartir les différents secteurs de la ville et notamment sur les « avenants aux contrats à plusieurs millions d’euros », sans pour autant un retour total en régie. Sur le nettoyage des rues, il veut revoir le nombre de cantonniers, en le multipliant par deux, même s’il en convient, il ne le connaît pas, faute de réponse là encore, de la métropole. Il se fait plus précis sur les poubelles, qu’il veut passer de 7 000 à 15 000.

    Benoît Payan souhaite aussi sensibiliser les Marseillais avec de la pédagogie et également de la répression par le biais d’une police de la propreté qui dépendrait directement de la police municipale. Il s’agit aussi de mieux trier. « Réduire le contenu de la poubelle noire » rappelle Sophie Camard, maire GRS des 1-7 et tête de liste du Printemps dans son secteur, expliquant qu’en centre-ville, ce qui fait déborder les bacs, « c’est le mélange des déchets des particuliers et des professionnels ». Pour Anthony Krehmeier (PS), maire des 2-3 et lui aussi tête de liste de son secteur, « il n’y a pas de fatalité ». Considérant que « ramasser des poubelles n’est pas en soi insurmontable », il entend associer « commerçants, habitants et agents ».

    Au sein de l’équipe de Martine Vassal, la réaction n’a pas tardé. « La panique fait sacrément mentir le trouillard » a lancé son porte-parole, Romain Simmarrano, sur les réseaux sociaux, estimant que le maire allumait « un contrefeu de plus pour tenter de faire oublier l’enquête qui le concerne ».

  • La gauche bientôt à la tête de la mairie de Clermont-l’Hérault ?

    La gauche bientôt à la tête de la mairie de Clermont-l’Hérault ?

    Pour Gérard Béssières, ce mandat était celui « du rattrapage ». C’est donc tout naturellement que l’édile clermontais (Divers) candidate à un second mandat, présenté comme celui de la continuité. « En 2020, nous avons mis en place un certain nombre de projets. Car il y avait beaucoup de rattrapage à faire suite à l’action de l’ancienne municipalité, qui avait plutôt failli dans sa tâche. Il a fallu faire de la réhabilitation au niveau des écoles, des équipements sportifs, des rues, etc. Mais il est impossible de tout faire dans un seul mandat quand il faut faire du rattrapage. Il me semblait important de poursuivre cet élan  », soutient le maire.

    L’ancien maire « qui a plutôt failli », c’est Salvador Ruiz, aujourd’hui élu d’opposition (Divers) et candidat au scrutin de mars. Ce dernier met en avant ses réalisations lorsqu’il était aux commandes, entre 2014 et 2020. Évoquant le parking de la gare et le camping du Salagou, Salvador Ruiz fait de l’économie sa priorité, voulant « accompagner la croissance et renforcer l’activité économique ». Les deux hommes devront faire face à une troisième liste, celle de Claude Blaho-Poncé (Divers gauche), aussi conseillère d’opposition.

    Et c’est notamment sur son bilan que Gérard Béssières sera jugé. « Ce mandat était un mandat de projets vitrines qui ne correspondait pas aux priorités d’une ville paupérisée comme Clermont. Il y a des problèmes de circulation, de voirie », soutient Claude Blaho-Poncé. Et ainsi de lister ses priorités : « Nous demanderons un audit de gestion pour recalibrer ces projets vitrines trop dispendieux, comme le tiers lieu de la Filandière, la ZAC de la Cavalerie – qui prévoit 450 logements en plus. Nous réviserons le PLU », précise Claude Blaho-Poncé. À cela s’ajoute le développement des mobilités douces ; une « ville plus juste et plus sûre en misant sur la solidarité et être à l’écoute de tous les citoyens ».

    Le maire défend son bilan

    Un bilan contesté mais défendu bec et ongles par Gérard Béssières. « Nous avons commencé à poser les jalons pour le programme à venir. Les grands dossiers sont lancés, comme le centre culturel de la Filiandière dont l’ouverture est prévue en 2027. Il y a aussi le projet de demi-échangeur, la voie verte qui traversera Clermont. On poursuivra le travail engagé si les électeurs veulent bien nous reconduire », soutient Gérard Béssières. Qui mentionne aussi le projet d’extension du cinéma : « il ne dispose que d’une salle, ce qui est un frein important au développement de la culture et ne satisfait pas la diversité du public. Il aura donc 4 salles et ne coûtera rien en investissement à la commune. »

  • Ce que cachent ces listes dites « sans étiquette, apolitiques »

    Ce que cachent ces listes dites « sans étiquette, apolitiques »

    « Apartisanes, apolitiques, transpartisanes, citoyennes ». À deux mois des municipales, on ne compte plus les listes qui se prétendent « sans étiquette ». À première vue, c’est un non-sens. Pourquoi se présenter au suffrage universel si l’on n’a pas d’idées politiques à défendre ? Autant ouvrir une boucherie vegan.

    En creusant un peu le sujet, on vous répond qu’il s’agit de « défendre de l’intérêt général des habitants ». Encore une lapalissade. Qui oserait candidater en expliquant vouloir défendre des intérêts personnels ? Se servir plutôt que servir. « C’est une façon de ne rien dire, de n’effaroucher personne », explique Michel Crespy. Le politologue montpelliérain confirme la multiplication de ces dénominations fourre-tout. Il explique essentiellement le phénomène par la défiance grandissante des citoyens vis-à-vis des partis politiques, quelle que soit leur tendance. « Ce sont les institutions dans lesquelles les Français ont le moins confiance, à peine 15%. S’afficher, c’est se couper d’emblée d’une partie de l’électorat ». Michel Crespy ajoute que « plus la commune est petite, moins les listes sont étiquetées ». Au contraire des villes, on y vote moins pour des logos que pour des personnalités locales connues.

    En apparence vide de sens, ces absences d’étiquette sont donc calculées. Une stratégie de « faux nez » le plus souvent utilisée par la droite et de plus en plus l’extrême droite jusque dans des petites villes. Si la gauche n’y échappe pas complètement c’est parce que « souvent les partis ne présentent plus de candidats », observe Michel Crespy. Néanmoins l’étiquette divers gauche ou union de la gauche reste plus assumée que divers droite ou extrême droite. Quoi qu’il en soit, toutes les listes déposées (avant le 26 février) seront a priori catégorisées, comme en 2020, dans les communes de plus de 3 500 habitants. Pour des besoins de statistiques nationales, les préfectures apportent une « nuance » : écologiste, divers centre, divers droite, extrême droite… Laquelle « diffère de l’étiquette déclarée librement par le candidat sur le Cerfa »… Et la préfecture de l’Hérault de préciser : « La nuance est attribuée unilatéralement par l’administration, en fonction de critères objectifs. » Aux électeurs d’être attentifs pour savoir pour qui ils votent vraiment.

  • À Fos, Rémi Esnault présentera sa liste mardi

    À Fos, Rémi Esnault présentera sa liste mardi

    Sur l’avenue Jean-Jaurès, la permanence de campagne de Rémi Esnault est inratable. Un grand panneau bleu sur pilotis indique où se garer pour rencontrer le successeur désigné de René Raimondi (DVG) ou son équipe de militants, présents 7 jours/7, de 10h à 19h. « Ce n’est pas le local le plus confortable, mais il est bien situé », glisse le candidat, qui présentera sa liste et son programme mardi 10 février à 18h au théâtre Jean-Hetsch.

    Une adresse qui est loin d’être le seul atout de Rémi Esnault, selon l’adjointe au maire déléguée au tourisme, aux festivités et aux animations Anne-Caroline Walter-Cipreo. « Sa qualité, c’est d’être avenant, à l’écoute et rassembleur », affirme l’élue, qui pointe « un élan extrêmement fort et positif dans la
    population
     ».

    Quant aux critiques concernant ses racines, Anne-Caroline Walter-Cipreo balaie : « Ça fait plus de dix ans qu’il travaille aux côtés des maires de la commune, il connaît le terrain et les dossiers par cœur, il est plus fosséen que certains Fosséens. »

    Objectif premier tour

    À quelques jours du dévoilement de sa liste, le candidat, soutenu par Place publique et le PCF, assure qu’il sera bien entouré en cas d’élection. « Chaque poste a été étudié, ciselé pour chaque personne afin d’être qualitatif », précise-t-il. Y compris pour René Raimondi, qui, après avoir hésité à prendre sa retraite à 66 ans, a finalement décidé de « poursuivre son œuvre » avec une délégation « ciblée, dans laquelle il est
    expert
     ». L’industrie ?

    « L’expérience et le réseau de René Raimondi avec la fraîcheur de Rémi Esnault, ça va faire des merveilles », se réjouit Anne-Caroline Walter-Cipreo.

    Quant à son programme, le candidat ne veut pas trop en révéler mais annonce tout de même quelques mesures rapides à mettre en place : « Je veux instaurer la cantine à 50 centimes pour tous les enfants. On a fait nos calculs, c’est un vrai engagement. Il faudra forcément reconfigurer nos réfectoires pour plus de rationnaires. Je souhaite aussi passer au self pour les CM1 et les CM2, avec un plateau connecté pour avoir une traçabilité de leur repas et des données qui seraient stockées sur une application participative accessible aux parents. »

    Côté transports, Rémi Esnault envisage également doubler le pont de la plage avec une entité « dédiée aux mobilités douces ».

    Avec toutes ces cartes en main, le successeur du maire sortant vise une élection dès le 1er tour. « C’est une grande tradition fosséenne », rappelle-t-il. En 2008, René Raimondi avait été élu avec 60,55% des voix, en 2014 avec 65,73% des voix. En 2020, Jean Hetsch avait récolté 58,49% des suffrages. Rémi Esnault parviendra-t-il à poursuivre la série ?

  • [Entretien] René Revol : « La commune doit être ce lieu d’autodétermination des habitants »

    [Entretien] René Revol : « La commune doit être ce lieu d’autodétermination des habitants »

    La Marseillaise : Certains se cachent. Pourquoi assumer d’être de gauche ?

    René Revol : Pour être clair vis-à-vis des citoyens qui doivent savoir pour qui ils votent. On assiste à une valse des étiquettes. Je ne me cache pas, je suis à la France Insoumise mais sur ma liste on a aussi une dizaine de colistiers LFI, d’écologistes, PCF ou PS. D’autres ne sont pas encartés mais de sensibilité de gauche. Je suis le suppléant de la députée Nathalie Oziol (LFI), j’ai appelé à voter Sylvain Carrière (LFI). Cet engagement a un lien avec la gestion de ma commune mais je ne le confonds pas. Je fais ma liste en fonction d’un programme communal.

    Entre l’austérité de l’État et les compétences qui filent aux Agglos, ça vaut encore le coup d’être maire ?

    R.R. : Oui mais il ne faut pas renoncer. L’article 72 de la Constitution établit la libre administration des communes, principe aux origines de la République. La commune doit être ce lieu d’autodétermination de la population. Elle peut devenir le lieu de réappropriation du pouvoir par les citoyens, pour bousculer l’ordre établi. Les obstacles sont réels : étranglement financier et perte de compétences. Il faut dire nos engagements prioritaires. Ici, on a réalisé 95% de nos promesses. Il faut aussi être présent en force à la Métropole, pas se soumettre pour une subvention. L’époque Frêche est révolue. J’ai apporté la preuve que c’était possible avec Saurel puis Delafosse. On a fait la régie publique de l’eau avec les premiers m3 d’eau gratuits. Je souhaite une régie publique de l’énergie et baisser les tarifs.

    Pourquoi être opposé aux projets routiers du COM et du Lien ?

    R.R. : Je ne suis pas contre le Contournement ouest (COM) mais pour une 2 fois 2 voies (pas 4 voies), sinon c’est un statut autoroutier avec 90 ou 110 km/h, un aspirateur à voitures et à camions. Sur la Liaison d’évitement nord (Lien), on a perdu en Justice. J’avais proposé un autre tracé, balayé, qui ne passe pas à 200 mètres des maisons du Pradas. J’en prends acte et je demande au Département non pas une glissière mais un mur de 2 mètres pour l’isolation phonique.

    Vous travaillez avec Michaël Delafosse mais soutenez Nathalie Oziol. Est-ce conciliable ?

    R.R. : Je suis le suppléant de la députée Nathalie Oziol sur un mandat national. Je ne suis pas candidat à Montpellier. Je me réjouis que les Insoumis se présentent dans de nombreuses grandes villes. Ce sont mes amis mais je ne mènerai pas campagne excepté à Grabels avec un projet pour ma ville et la Métropole. Je tire trois points positifs du bilan de Michaël Delafosse : La gratuité des transports, celle de l’eau et le fait qu’on regarde enfin en face nos 110 000 tonnes de déchets. Je suis pour transformer Ametyst en chaudière CSR sans effet sur l’environnement et faire baisser la taxe d’ordures ménagères. Je regrette le manque d’efforts sur la construction de logements et je salue la recherche du consensus pour l’intérêt général.

    Comment empêcher l’extrême droite d’arriver au pouvoir ?

    R.R. : L’exemple Mamdani parti de 1% et devenu maire de New York. Il faut une réponse populaire alternative crédible qui marque l’espoir. Si la gauche se rassemble sur une rupture écologique, sociale, populaire, démocratique, elle a des chances. Sinon elle explosera et sera balayée. La pénétration de l’extrême droite dans la société est telle qu’il faut une véritable insurrection électorale populaire.