Tag: Elections

  • Municipales : Génération écologie veut la décarbonation de Marseille

    Municipales : Génération écologie veut la décarbonation de Marseille

    Signataire du pacte de rassemblement des forces de gauche dans les Bouches-du-Rhône, Génération écologie (GE) a livré ses contributions au programme du Printemps marseillais, en s’appuyant sur l’action engagée depuis 2020 par la majorité municipale de gauche. Autour de Cécile Vignes, cheffe de file du parti à Marseille, co-référente départementale et élue des 11e et 12e arrondissements -récemment ralliée au Printemps marseillais-, des responsables et élus : France Gamerre, vice-présidente d’honneur de GE, Michel Villeneuve, chercheur CNRS émérite, Eliott Perinchio, adjoint à Olivia Fortin, la maire des 6-8, Nicole Landou, membre du bureau exécutif départemental, et Rosette Denia‑Salone, élue des 6-8.

    « Les bases sont solides et ce qui a été impulsé doit grandir », souligne Cécile Vignes, consciente des attentes encore fortes de la population. « Le temps politique est court, il a fallu prioriser : les écoles, la sécurité et l’engagement d’une ville plus verte avec la préservation des terres agricoles, les parcs rénovés… »

    Génération écologie revendique une écologie « populaire et joyeuse » qui concerne les citoyens, loin d’un discours anxiogène. Objectif prioritaire : préparer « Marseille à 50 degrés », en articulant écologie et justice sociale autour de quatre axes : habiter mieux, construire mieux, consommer mieux et travailler mieux.

    « Ville régénératrice »

    Sur la base des labels européens « 100 Villes neutres en carbone d’ici 2030 » et « Ville climatiquement neutre et intelligente » obtenu sur le dernier mandat, le parti défend l’idée d’une « ville régénérative », capable de devenir une capitale de la décarbonation et de la « perma-industrie ». « Marseille entraîne tout le territoire : elle peut être un trou noir ou une étoile », avertit Cécile Vignes, appelant à une vision métropolitaine fondée sur la coopération. La rénovation des bâtiments dégradés figure au cœur des propositions, via « l’auto-réhabilitation accompagnée » associant habitants, associations et entreprises locales. Sur le volet économique, GE plaide pour une redynamisation des friches, un soutien aux filières biosourcées et à l’économie circulaire, ainsi que pour des projets innovants de consommation responsable, inspirés d’expériences concrètes. « Il n’y a pas d’écologie sans une économie solide », rappelle France Gamerre, convaincue que l’espoir, l’emploi et la qualité de vie sont indissociables d’une réponse aux défis climatiques, sociaux et sécuritaires.

  • Municipales : fédérateur, Gachon brigue un 4e mandat à Vitrolles

    Municipales : fédérateur, Gachon brigue un 4e mandat à Vitrolles

    C’est un « marathon de huit semaines » qui l’attend. Loïc Gachon (PS) se lance dans la bataille des municipales pour un quatrième mandat, lui qui avait succédé à Guy Obino suite à son décès en 2009. Loin d’être une « évidence » ou une « forme d’installation », le maire sortant se représente pour « être utile ». « C’est peut-être quelque chose dont tout le monde rêve et nous on a la capacité de le faire, donc on doit le faire », a-t-il affirmé devant une salle Nelson Mandela pleine à craquer dimanche matin.

    Alors que son programme, fruit d’un travail participatif mené par le collectif « Réfléchissons Vitrolles », est en cours d’élaboration et sera présenté aux alentours des vacances de février, Loïc Gachon a tout de même révélé ses priorités, dont la première est de protéger la population. « Le premier réflexe c’est de penser aux questions de sécurité, c’est important (…) mais protéger c’est aussi l’attention aux plus fragiles socialement (…), ou la protection pour l’avenir », affirme-t-il, évoquant notamment l’évolution du climat, lui qui a engagé la Ville dans la rénovation d’un réseau de chaleur urbain appuyé sur la géothermie profonde et dans une communauté d’énergie pour devenir un territoire à énergie positive.

    Loïc Gachon entend également cultiver la proximité et le vivre-ensemble. « Dans un monde qui nous divise, avec des forces politiques qui ont toujours tendance à nous séparer en chapelle en fonction de nos origines ou de nos religions, le rôle de même de l’équipe municipale (…) c’est de fédérer pour faire vibrer ce qui nous rassemble. »

    Pour y parvenir, l’édile compte s’appuyer sur « une équipe qui reprend à peu près les contours de l’équipe précédente » avec le soutien des Écologistes, du MoDem, du PCF, de Place publique ou encore de Génération.s, mais aussi sur des candidats issus de la société civile. La liste sera présentée le 21 février.

  • Municipales : Gaby Charroux entend perpétuer le modèle martégal

    Municipales : Gaby Charroux entend perpétuer le modèle martégal

    À deux mois des municipales et alors que son mandat s’achève, l’heure, pour Gaby Charroux (PCF), est à la redevabilité. « Dans cette élection qui s’ouvre, nous sommes les seuls à pouvoir présenter un bilan, affirme le maire sortant, candidat à sa succession. Nous, nous ne parlons pas au futur, nous ne faisons pas de suppositions, nous présentons des
    faits.
     »

    95% des engagements pris en 2020 ont été tenus par l’équipe municipale. Les réalisations ont jalonné ces six dernières années, à l’instar de la création du Laboratoire d’innovation de santé environnementale territoriale pour protéger les populations des pollutions industrielles, de l’implantation de la Maison de santé de l’Escaillon ou du pôle entrepreneurial Mikado, petit frère de la Maison de la formation, de l’installation du Centre national des arts et métiers au bateau blanc ou encore de la mise en place de l’arrosage intelligent ayant permis de réduire la facture en eau de 50% grâce à des compteurs connectés.

    Gilles Picard, adjoint au maire délégué au numérique (PCF), souligne le renforcement de la « démocratie participative », avec des instances telles que Paroles de jeunes ou le comité citoyen de l’Atlas populaire de la biodiversité communale. Une co-construction qui donne naissance au carnaval, au festival des Fadas du monde ou encore à la nouvelle Place des Aires, pour ne citer qu’eux.

    Des services publics de proximité

    Entre la lutte victorieuse pour le maintien du bureau de Poste de Ferrières, le combat contre le plan d’efficience de l’hôpital public des Rayettes ou encore l’engagement pour la réhabilitation de Notre-Dame des Marins, l’équipe municipale a bataillé pour défendre les services publics de proximité et le « modèle martégal », celui d’une « ville qui ne veut oublier personne ».

    « Ce bilan n’est pas un point final, c’est le socle sur lequel nous allons bâtir l’avenir, assure Gaby Charroux. Car si beaucoup a été fait, beaucoup reste encore à faire. » L’édile sortant affirme, au nom de son équipe, avoir encore « 1 000 idées en tête », en en révélant deux : la création de centres d’initiation culturelle, sur le modèle des centres d’initiation sportive qui accueillent chaque année 1 300 enfants, ou encore la protection de la plaine agricole de Saint-Julien.

  • Le RN parachute Julien Sanchez pour faire main basse sur Nîmes

    Le RN parachute Julien Sanchez pour faire main basse sur Nîmes

    « Le prochain maire de Nîmes sera communiste ou Rassemblement national ». C’est par cette prophétie destinée à siphonner une droite en fin de règne et divisée que Julien Sanchez (RN) a officialisé, samedi 17 janvier à l’hôtel Imperator, sa candidature à la mairie de Nîmes.

    Après avoir (en vain) tendu la main à Franck Proust (LR-UDI-Horizons) pour constituer une liste d’union des droites, Julien Sanchez, le vice-président du RN qui est aussi le directeur de la campagne pour le parti d’extrême droite, s’est auto-adoubé candidat RN en se parachutant à Nîmes avec le soutien de l’Union des droites pour la République (UDR), du Rassemblement pour la République (RPR) et de l’Avenir français. Si l’actuel président de l’Agglo Franck Proust (soutenu par le maire sortant Jean-Paul Fournier) et l’ex-premier adjoint Julien Plantier s’étaient entendus, « je n’y serais pas allé », prétend Julien Sanchez, opportuniste. « Avec deux listes, c’est fini pour eux, ils ont perdu », estime celui qui espère faire main basse sur la capitale gardoise.

    Sans rien dévoiler de son programme, Julien Sanchez a indiqué que deux députés seraient sur sa liste : Yoann Gillet et Sylvie Josserand. Actuel député européen, le vice-président du RN serait lui-même touché par le cumul des mandats si il venait à s’emparer de Nîmes. Un appétit qui confirme qu’il n’avait que faire des Beaucairois qu’il avait délaissés en 2024 pour aller se faire élire au Parlement européen.

    Dans un département qui est tombé dans le piège de l’extrême droite aux législatives 2024 (6 circonscription raflées sur 6), Julien Sanchez sera une menace majeure pour le camp des progressistes incarné par la liste « Nîmes en commun » de Vincent Bouget. Réalisé en novembre par l’institut Quorum pour Le Réveil du Midi, un premier sondage (à la méthodologie critiquée par la commission des sondages) donnait Vincent Bouget (en tête au premier tour dans 2 configurations sur 3), au coude-à-coude avec le RN et la droite en fonction du nombre de listes en lice.

    Depuis, l’offre politique s’est éclaircie et la campagne s’apprête à entrer dans le sprint final. Outre Vincent Bouget (Nîmes en commun), Franck Proust (LR-UDI-Horizons), le dissident Julien Plantier associé à la macroniste Valérie Rouverand (Renaissance) et donc l’extrême droite avec Julien Sanchez, la France Insoumise mènera une liste portée par Pascal Dupretz. L’ancien gilet jaune Jean-Marc Philibert entend lui aussi présenter une liste citoyenne « Vivons Nîmes ».

  • Municipales : Michaël Delafosse annonce être candidat pour « continuer à transformer Montpellier »

    Municipales : Michaël Delafosse annonce être candidat pour « continuer à transformer Montpellier »

    « Par amour pour Montpellier, par ambition et exigence pour notre ville et l’envie de poursuivre cette transformation ». C’est par ces mots que Michaël Delafosse vient d’annoncer à Midi Libre les raisons qui le poussent à briguer un second mandat à la mairie de Montpellier.

    Pour la plupart des observateurs, ce n’est pas vraiment une surprise. Pourtant, à cause des menaces répétées des narcotrafiquants et en raison de son attachement à l’équilibre familial, l’édile socialiste a préféré prendre le temps de la réflexion. Mesurant aussi l’ampleur de la tâche que celle de diriger la 7e ville de France et sa Métropole de plus d’un demi-million d’habitants à la croissance démographique exponentielle. « J’ai acquis davantage d’expérience et de solidité qui me permettent de mieux agir pour Montpellier et dans ma vie privée », confie-t-il.

    Son premier mandat n’aura pas été un parcours de santé. Débuté en pleine crise Covid, handicapé par le désengagement de l’État et l’inflation amplifiée par la guerre en Ukraine, il aura malgré tout permis de concrétiser la plupart des promesses faites aux électeurs en 2020.

    La plus marquante reste la réalisation de la 5e ligne de tramway (inaugurée le 20 décembre 2025) couplée à la gratuité des transports en commun pour tous les habitants de la métropole. Une mesure que la plupart de ses opposants prétendaient « impossible ». D’autres gains de pouvoir d’achat et coups de pouce ont été offerts aux habitants via la création de la mutuelle communale, les 15 premiers m3 d’eau gratuits ou encore la tarification sociale dans les cantines scolaires pour les familles les plus modestes. Au prix certes d’un endettement accru. « On a investi pour 50 ans », répond le maire.

    Après la gouvernance Saurel (2014-2020) jugée pantouflarde par l’actuelle majorité de gauche, le mandat qui s’achève aura été celui des grands chantiers. 5e ligne de tramway, liaison des deux gares, première ligne de bustram, pistes cyclables, de l’Esplanade et de nombreuses places… Ces dernières années, les grues ont investi nombre de quartiers pour transformer les déplacements et le cadre de vie des habitants. Un grand chamboulement qui a forcément généré des nuisances (bruit, embouteillages…) et donc une part de mécontentement. L’élu socialiste assume en invoquant son mentor en politique et bâtisseur. « Je dois beaucoup à Georges Frêche, je sais combien il faut agir ».

    En 6 ans tous azimuts, Michaël Delafosse estime avoir « rattrapé le retard ». Désormais, il souhaite poursuivre son engagement pour un second « mandat de consolidation, de poursuite de transformation de la ville ». Plus apaisé donc même si à l’image des 4 lignes de bustram ou des opérations de rénovation urbaine menées conjointement avec l’État à la Mosson, il lui reste des chantiers majeurs à mener à terme.

    Dans les prochaines semaines, en vue des élections des 15-22 mars, le maire sortant va présenter ses nouveaux engagements pour Montpellier. Son équipe se tient prête. Des socialistes, des communistes, des écologistes… mais aussi des militants d’autres partis de gauche (Place Publique, PRG, Parti animaliste,…) ainsi que des membres de la société civile. En milieu de semaine, ces derniers avaient appelé de leurs vœux une candidature de leur capitaine. Au contraire de 2020, ils espèrent une campagne « digne » de leurs opposants.

    Avec cet engagement du maire sortant, la campagne 2026 s’accélère. Jeudi 15 janvier, la candidature du milliardaire Mohed Altrad avait été un fait majeur. Suivi le lendemain par l’investiture du RN accordée à la députée européenne France Jamet (soutenue par l’UDR). En milieu de semaine prochaine, l’ancien maire Philippe Saurel pourrait lui aussi se dévoiler et entrer dans la course.

    Jusqu’ici, deux députés s’étaient déjà déclarés. L’Insoumise Nathalie Oziol ainsi que l’écologiste Jean-Louis Roumégas. La notaire Isabelle Perrein a déjà le soutien de l’UDI. D’autres prétendant affirment vouloir monter une liste : l’élue d’opposition Alenka Doulain avec Cause Commune, Max Müller avec Révolution permanente, ou Thierry Tsagalos bien que privé de l’investiture du RN et qui risque l’exclusion. Tous vont désormais pouvoir débattre projet contre projet avec le maire candidat. Michaël Delafosse, que deux sondages donnent favori, se dit prêt à défendre son bilan et son projet pour l’avenir. « J’ai un cap pour Montpellier », assure-t-il.

  • Investie par le RN à Montpellier, France Jamet veut « sortir de la dictature écologiste »

    Investie par le RN à Montpellier, France Jamet veut « sortir de la dictature écologiste »

    Invisible à Montpellier depuis 2017, l’actuelle députée européenne d’extrême droite France Jamet est de retour. Plus revancharde que jamais 12 ans après son échec en 2014 (13,8% au 1er tour puis 9,18% au 2e tour), l’héritière du co-fondateur du Front national vient d’annoncer avoir été investie aux municipales par le Rassemblement national (RN) avec la bénédiction de l’Union des droites pour la République (UDR) d’Eric Ciotti.

    Une investiture obtenue de Paris au nez et à la barbe de Thierry Tsagalos qui s’autoproclamait candidat du RN depuis plusieurs semaines. « Il s’est obstiné, il a préféré jouer une carte personnelle. C’est dommage, il va être exclu. Quand on a une machine de guerre comme la nôtre, on doit mettre nos forces en commun », tranche France Jamet.

    Fille d’Alain Jamet (décédé récemment), le co-fondateur du FN aux côtés de Jean-Marie Le Pen , France Jamet a de solides appuis au sommet de l’état major du RN. Le député pro-Eric Ciotti, Charles Alloncle (UDR), l’a bien compris. Opportuniste, il sera en bonne position sur la liste RN au contraire de son suppléant Thierry Tsagalos. De même que Flavia Mangano, ancienne candidate RN aux législatives sur la 2e circonscription de l’Hérault. Un troisième colistier a été dévoilé : Alex Frederiksen, collaborateur de la députée Manon Bouquin (RN).

    Le RN qui n’a jamais scoré à Montpellier ambitionne moins de rafler la ville que d’y gagner en influence. Comme les autres opposants déclarés, France Jamet s’inscrit dans une « volonté de rupture » avec la politique municipale actuelle. A l’instar de Mohed Altrad, déclaré candidat la veille ou de l’ancien maire (2014-2020) Philippe Saurel (qui pourrait lui aussi se dévoiler dans les prochains jours), elle fustige les 2 milliards de dette de la Ville (un audit des finances sera réalisé) et promet de faire des « économies ». La solidarité devrait trinquer. « On supprimera les subventions à SOS Méditerranée », illustre-t-elle. En revanche, au vu du succès populaire, pas question de faire marche arrière sur la gratuité des transports en commun.

    A l’image d’Isabelle Perrein, autre candidate divers droite soutenue par l’UDI, France Jamet cible la circulation embouteillée en ville. Elle promet de rouvrir le tunnel sous la Comédie et l’avenue Albert Dubout. « Le tout vélo ne marche pas, il faut plus de parkings. On doit en finir avec cette politique répressive des automobilistes et sortir de cette dictature écologiste ».

    Alors même que son parti prône le repli sur soi (protectionnisme, frontières, droit du sang…), elle trouve que « Montpellier s’est trop renfermée sur elle-même. Rien n’a été fait vis-à-vis de Toulouse. Montpellier doit retrouver sa place en s’ouvrant ».

    Enfin, sans surprise, elle compte axer sa campagne sur la sécurité. Tandis que l’actuelle majorité a déjà créé des brigades des transports et du logement social, elle joue la surenchère avec « plus de caméras, de policiers municipaux équipés ». « On doit abandonner le laxisme ». France Jamet, elle, n’a rien perdu de sa hargne.

  • Le milliardaire Mohed Altrad veut régler ses comptes à Montpellier

    Le milliardaire Mohed Altrad veut régler ses comptes à Montpellier

    « Montpellier est dirigée comme une section du PS. Je suis venu pour démanteler ce système et rendre Montpellier à ses habitants ».

    Jeudi 15 janvier, Mohed Altrad n’a pas fait mystère de ses intentions en déclarant sa candidature à la mairie de Montpellier. Devant 500 soutiens et curieux réunis au Dièze Warehouse, il a d’abord tenté de séduire son auditoire avec sa parabole fétiche de « l’enfant du désert » devenu milliardaire. Mais le patron du Montpellier Rugby Club (MHR), en conflit avec l’actuelle majorité municipale au sujet de son projet de « village rugby », a vite fait comprendre qu’il venait aussi régler ses comptes.

    Il y a près d’un an, celui qui se dit ni de droite ni de gauche confiait à nos confrères de La Gazette que sa boussole était de faire tomber le maire Michaël Delafosse (PS). « Si je trouve quelque chose de moi en vous, que vous vous appeliez FN ou LFI, ça ne me gêne pas ». Opportuniste, Mohed Altrad l’avait déjà été en 2020 lorsqu’il avait choisi de s’allier dans l’entre deux-tours avec Alenka Doulain (proche de LFI) et l’humoriste Rémi Gaillard.

    Six ans plus tard, le revanchard qui aura 78 ans au moment de glisser un bulletin dans l’urne (ce qui ne lui arrive pas souvent), jure avoir appris de ses « erreurs » de novice en politique. « Trébucher, tomber, me relever, c’est toute ma vie », dit-il en revenant toujours à son parcours atypique, tout en regrettant qu’on le « renvoie à sa condition sociale ». Hier « immigré pauvre », aujourd’hui patron richissime jouissant d’une belle notoriété.

    En témoignent les 500 soutiens parmi lesquels le sénateur Jean-Pierre Grand (parti Horizons d’Edouard Philippe), l’ancienne secrétaire d’État macroniste Patricia Mirallès, le maire de Saint-Georges d’Orques Jean-François Audrin (Horizons). Des anciens compagnons de l’ex-maire Philippe Saurel également à l’instar de Stéphanie Jannin ou Annie Yague. Mais aussi le professeur Charles Sultan, fâché avec Michaël Delafosse. Sans oublier le fidèle Salim Jawari élu d’opposition. Actuel président de la commission des finances, celui-ci fustige « l’endettement multiplié par 5 de la Ville de Montpellier » et « l’écologie dogmatique financée par vos impôts ».

    Pour l’instant Mohed Altrad n’entre pas dans la bataille des chiffres. Plutôt que « le confort » de « siroter un verre sur la plage » ajoute sa fille Ema, il assure avoir choisi « le combat ». Le patron du groupe Altrad qui pèse plus de 5 milliards de chiffre d’affaires et 65 000 salariés dans le monde, se présente comme un « bâtisseur » avec une « vision ». Pour transformer « l’une des villes de sa taille les plus pauvres de France », fustige-t-il, l’homme d’affaires entend « passer de la politique des discours à la politique des résultats ».

    Sans dire comment, il promet de créer 30 000 emplois pour faire de Montpellier « une ville qui travaille, une ville zéro chômeur ». Ce qui n’existe nulle part. Tandis que le BTP est au ralenti, il affirme qu’il doublera le nombre de logements sociaux et rendra possible l’accession à la propriété au bout de 15 ans. « Le logement social ne doit pas être une prison ».

    Comme la gratuité des transports en commun est largement appréciée des habitants, il n’y touchera pas. Tout en regrettant que « la Ville vit à crédit », M. Altrad promet la gratuité des cantines pour tous les enfants sans condition. Le tout « sans hausse d’impôts ». Complexe.

    Comme inspiré par Robert Ménard (extrême droite) à Béziers, il prévoit « pour protéger » un couvre-feu dès 22h pour les mineurs de moins de 16 ans. « Traîner dans les rues à 12-14 ans, ce n’est pas la liberté, c’est l’abandon ». Il veut aussi créer une brigade municipale de propreté et un plan « anti-bouchons ». S’il est élu maire, celui qui n’a jamais mis un pied au conseil municipal avant de démissionner en 2024, jure d’abandonner le projet de chaudière CSR (Combustible solide de récupération) pour brûler les déchets. « Je ne veux pas de scandale sanitaire. Montpellier ne sera pas un énième cobaye. La santé des Montpelliérains ne se négocie pas ».

    Mohed Altrad qui vise aussi la présidence de la Métropole de Montpellier, conclut sur une note populiste. « Je ne prendrai pas un centime. Mes indemnités seront reversées aux associations ». Facile à dire quand on pèse plusieurs milliards d’euros.

  • Bruno Gilles veut en finir avec « l’affaire du portail » des Chutes-Lavie

    Bruno Gilles veut en finir avec « l’affaire du portail » des Chutes-Lavie

    La campagne officielle n’a pas démarré, mais Bruno Gilles (Horizons) est déjà dans le dur. L’ex-député-maire du secteur, candidat de la droite sur les 4e et 5e arrondissements pour les municipales, dénonce une tentative de déstabilisation. « C’est la première fois en quarante ans que je dépose trois plaintes en quinze jours », explique l’ancien patron de la fédération LR des Bouches-du-Rhône. La première pour des menaces de mort, a été déposée le 19 décembre. La deuxième suite au cambriolage de sa permanence, date du 29 décembre, et la dernière pour harcèlement, diffamation et dénonciation calomnieuse, du 9 janvier. « Ça prend de l’énergie, du temps et de l’argent », souffle-t-il.

    Violence politique

    Au cœur de la polémique, le portail de la cité HMP des Chutes Lavie, installé en 2019 par l’assemblée de copropriétaires. « Je n’étais même plus maire, mais on me fait porter le poids de tous les mécontents de ce portail », s’agace Bruno Gilles, accusant à demi-mot l’actuelle mairie de secteur d’en faire une affaire politique avant les élections. « Une histoire hallucinante s’écrit. Dans le quartier, on me dit : mais pourquoi as-tu fermé ce portail ? En gros, je suis un méchant. Donc, je dis stop ! Je n’y suis pour rien », martèle l’élu de droite, acculé dans son fief. « S’attaquer aux Chutes Lavie où je suis né, où je vis depuis trois générations, où j’ai mes meilleurs bureaux de vote… J’y fais plus de 60% au 2e tour en triangulaire. Peut-être qu’ils veulent ronger ce petit os jusqu’à la moelle ? »

    Romain Simmarano (Ren), porte-parole de Martine Vassal, candidate (DVD) à la mairie centrale, est venu en soutien. « C’est le symbole d’une violence politique qui rappelle des époques qu’on croyait révolues. Et le silence de l’héritier des méthodes Guerini, qui est Benoît Payan, est un silence coupable », tance le protégé de Renaud Muselier. Lui, choisit de taper sur le maire (DVG) de Marseille au moment ou sa candidate est distancée par le candidat (RN) d’extrême droite dans le dernier sondage La Marseillaise/Experts et territoires/Ipsos-BVA.

    Dans ce climat plombant, Bruno Gilles esquisse des projets : piétonniser une partie du boulevard Chave, sécuriser les abords des écoles, réaménager la place Sébastopol. Rappelant son opposition à l’implantation de la Halte soin addiction, il plaide « la concertation », critique « les décisions imposées » arguant que lui « sait faire ». Le fiasco de la concertation sur la réhabilitation de la place Jean-Jaurès, sous le dernier mandat Gaudin, n’en est qu’un contre exemple.

  • La FI présente les 13 piliers de sa « politique de rupture » à Marseille

    La FI présente les 13 piliers de sa « politique de rupture » à Marseille

    Conscient d’avoir « des défauts, réels, et supposés », le député LFI se présente comme « l’alternative crédible » face à « six ans de cirque », c’est-à-dire : « Martine Vassal qui a déjà le Département et la Métropole et veut être maire » et « Benoît Payan qui veut être maire avec la Métropole en sous main ». Sébastien Delogu veut être « le maire de Marseille, rien que de Marseille, mais de toute la ville », fort d’une candidature « avec un grand collectif ».

    La France insoumise marseillaise présente un programme de 380 mesures pour une ville « plus juste, solidaire et apaisée ». En rupture avec la Métropole comme Benoît Payan, mais en rupture avec la municipalité, Sébastien Delogu veut reprendre la main sur les compétences « voirie, propreté et transports ». Mais de façon radicale : « Supprimer Aix-Marseille-Provence » avec la proposition de loi que le député a déposé le 23 décembre.

    Une gestion de proximité pour « deux fois plus de transports marseillais. En démultipliant les lignes de bus dans les quartiers et des tram au Nord et vers La Valentine », exige Mohamed Bensaada, qui brigue la mairie des 13-14. Pour la sécurité également, souligne Léa Béjoui, en lice pour la mairie des 4-5, « plutôt que de recruter d’avantage, faire en sorte que la police municipale soit plus investie en prévention, en médiation ». Côté logements, l’objectif de « 30 000 offres supplémentaires » s’appuie sur un moratoire sur les démolitions Anru et sur la construction, la rénovation et la réquisition de logements vides. Déceptions aussi sur les piscines. Nord et Luminy, revues en version complexes sportifs, n’ont pas rouverts. « Des kits piscine pour tous et des petits bassins répartis sur l’ensemble de la ville », propose Victoire Diethelm, candidate à la mairie des 6-8.

    Déçus, mais confiants

    De nombreuses propositions étaient déjà portées par le Printemps marseillais. Encore adjoint au maire aujourd’hui, cofondateur de Vaï, Sébastien Barles soutient la liste LFI et précise : « Ce sont les renoncements que nous pointons. Comme l’encadrement des loyers, c’est une grosse déception. » Le programme LFI promet de faire mieux sur « l’opposition au croisièrisme, aux data centers » ou à « Sodexo, dans les cantines, que nous voulons remunicipaliser ». Avec quel budget et comment faire jouer ce rapport de force ? Rien de très chiffré encore. « Nous irons chercher des crédits à l’échelle européenne, on mobilisera les participations citoyennes », annonce le candidat.

    La campagne surfe sur l’électorat de ceux pour qui Vassal en a déjà trop fait contre Marseille et ceux pour qui Payan n’en aurait pas assez fait. Sur le terrain du mécontentement, comment se démarquer face au RN ? « J’ai largement démontré que le RN votait les lois contre la population. Je suis le seul à l’avoir affronté plusieurs fois dans des débats », défend Sébastien Delogu.

  • Les soutiens pluralistes de Michaël Delafosse à Montpellier

    Les soutiens pluralistes de Michaël Delafosse à Montpellier

    A deux mois du 1er tour des municipales, dimanche 15 mars, le faux suspense est sur le point de s’achever à Montpellier. Après avoir « pris le temps de la réflexion en famille » durant les fêtes, Michaël Delafosse devrait révéler sa décision dans les tous prochains jours.

    C’est en tout cas le souhait de l’ensemble de ses compagnons de route du mandat qui s’achève ainsi que des nouveaux soutiens fraîchement ralliés. « Nous avons besoin de Michaël Delafosse pour nous mener à bon port. Nous l’appelons à se porter candidat pour un nouveau mandat », déclare, mercredi 14 janvier, l’adjoint Sébastien Cote qui sera son directeur de campagne.

    En réalité, tout est déjà dans les tuyaux. Depuis septembre, pendant que les opposants critiquent une ville en travaux, les partisans du maire distribuent des tracts et peaufinent le futur programme « apaisé » rassurent-ils. Ne manque à l’appel que le capitaine qui devrait s’exprimer en début de semaine.

    D’ici là, tous expliquent pourquoi ils poursuivent l’aventure. Le satisfécit autour du bilan en priorité. 5e ligne de tramway, 50 000 arbres plantés, police des transports et brigade du logement social créées… « Les engagements pris en 2020 ont été tenus », salue la présidente du groupe PS, Julie Frêche. Hervé Martin (PCF) n’oublie pas les mesures du bouclier social : « On a fait la gratuité des transports, la tarification sociale des cantines, le coup de pouces pour les inscriptions sportives et culturelles… C’est la preuve qu’on peut transformer la vie des gens ». Sans oublier la gratuité des 15 premiers m3 d’eau, la création d’une mutuelle communale ou d’une unité mobile pour le dépistage dans les quartiers. « En matière de santé, il y a un avant et un après. Montpellier a encore besoin de Michaël Delafosse », complimente Élodie Brun-Mandon. Issue de la société civile, elle assure que le maire est à l’écoute. « Ça m’horripile d’entendre qu’il déciderait seul ».

    Si les militants Verts ont majoritairement voté pour une liste du député Jean-Louis Roumégas, les élus écolos de la majorité soutiennent toujours Michaël. Delafosse. « Les gens ne veulent pas que les écologistes soient divisés. Ce bilan est une grande fierté. On n’a pas d’ennemi à gauche », affirme Marie Massart. Un temps fâché après le gazage de chauve-souris, Eddine Ariztegui (Parti animaliste) poursuit lui aussi, saluant le financement d’un « hôpital pour la faune sauvage ».

    Une campagne « digne »

    Attaché à la défense de la laïcité et au développement économique, Michel Aslanian (PRG) devrait lui aussi être sur la liste. De même que Radia Tikouk (Génération Écologie) et bien d’autres. Parmi les ralliés récents, Nelly Lacince (GRS) explique avoir été « bluffée par la construction de la ligne 5 en 5 ans ». Membre de l’Engagement d’Arnaud Montebourg, Olivier Andrieu estime que « Michaël Delafosse a une vision pour Montpellier » qui doit être « réindustrialisée ». Quant à Muriel Ressiguier, elle se dit prête à œuvrer pour le logement. L’ex-députée Insoumise, éjectée par Jean-Luc Mélenchon, a tourné la page LFI. « Laissons la haine aux haineux. Dans un monde qui change, essayons de faire de Montpellier une ville qui résiste à l’obscurantisme. On doit résister plutôt que discuter des virgules dans un tract. Je veux parler aux cerveaux et aux cœurs, miser sur l’intelligence et l’humanité ».

    Les listes devant être déposées le vendredi 26 février au plus tard, il reste quelques semaines pour constituer celle de la majorité sortante. « On va trouver un équilibre politique, chacun doit trouver sa juste place », promet Sébastien Cote.

    « On est fort d’un bilan »

    En charge des négociations avec les partenaires, le Christian Assaf se dit enthousiaste. « Cela n’a jamais été aussi simple, on est fort d’un bilan ». L’élu socialiste espère juste ne pas revivre les coups bas de 2020 lors de la campagne « la plus folle » de France. « On voit avec la colère des conchyliculteurs dirigés par le RN que le désordre du monde est aussi à Montpellier. L’heure n’est pas à la revanche ». Et S. Cote de souhaiter une campagne « digne ». « En 2020, Michaël Delafosse avait dû aller voter sous escorte policière. »