Tag: Elections

  • [Entretien] Nicolas Koukas : « Il faut tourner la page et rendre la ville aux Arlésiens »

    [Entretien] Nicolas Koukas : « Il faut tourner la page et rendre la ville aux Arlésiens »

    La Marseillaise : Comment comptez-vous l’emporter dimanche ?

    Nicolas Koukas : Tout d’abord en travaillant sur les abstentionnistes. Ensuite, lorsqu’on additionne les voix des candidats de gauche, on voit qu’on est devant. Et puis, surtout, on constate que deux Arlésiens sur trois n’ont pas voté pour le maire sortant. Au premier tour, on choisit, et au second, on élimine. Donc, au second tour, il nous faut éliminer le maire macroniste et son système, d’autant que de nombreux dossiers le concernant sont dans les mains de la justice depuis quelques jours, d’après certains médias. Il est temps de tourner cette page du clientélisme de M. de Carolis.

    Quelles actions menez-vous pour maintenir la dynamique jusqu’au second tour ?

    N.K. : Je suis, ce mercredi matin, sur le marché d’Arles et l’après-midi dans les quartiers et les villages de la ville, jusqu’à vendredi minuit. Il n’y a pas de minute de repos, on y va à fond ! Mardi après-midi, j’étais dans le quartier populaire de Barriol, à la sortie d’une école, on a fait du porte-à-porte. On est en train de convaincre toutes les familles que dimanche, il n’y a qu’un seul choix si on veut proposer une alternative, apporter des solutions concrètes dans le quotidien notamment sur le prix des transports, des cantines, etc. La seule candidature pour tourner cette page macroniste et rendre la ville aux Arlésiens est celle que je porte.

    Avez-vous reçu de nouveaux soutiens ?

    N.K. : On a reçu le soutien de Serge Meyssonnier, un ancien élu de M. de Carolis, un vrai gaulliste, qui avait été mis de côté très vite, mais aussi celui d’Europe Écologie-les Verts par l’intermédiaire de son sénateur, Guy Benarroche. Les soutiens commencent à se multiplier, ils sont de tous bords et c’est une bonne chose. Ils viennent d’abord de la gauche et ensuite de ceux qui veulent en finir avec le système qui a été mis en place depuis six ans. Au total, on compte douze démissions dans la majorité sortante, 200 départs d’emplois municipaux et des problèmes d’éthique et de morale extrêmement graves.

    Qu’avez-vous prévu pour ce dernier meeting ?

    N.K. : Une grosse mobilisation pour réexpliquer que le choix de dimanche est décisif pour l’avenir d’Arles. On veut rendre la ville aux Arlésiens, donner des moyens par quartier, par village pour que les habitants décident d’eux-mêmes des choix qui seront les leurs. Nous évoquerons les sujets liés à la prévention, à la tranquillité publique, aux stationnements, au centre-ville, aux quartiers qui ont été complètement délaissés. Mais, aussi, les villages comme Mas-Thibert ou au Salin-de-Giraud, où aucun investissement n’a été fait. Cela s’est d’ailleurs traduit dans les résultats, puisqu’au Salin-de-Giraud, je fais 41% au premier tour et 36% à Mas-Thibert. Les quartiers qui ont été abandonnés en appellent à nous. On sera là.

    Que répondez-vous aux attaques qui visent votre appartenance politique ?

    N.K. : Je trouve l’attitude de M. De Carolis indigne. Je rappelle qu’en 2015, lorsque j’avais été opposé au Front national sur une élection départementale, le premier qui m’avait appelé, c’était Patrick De Carolis, PDG de France Télévisions, en me disant « il faut battre l’extrême droite ». Et aujourd’hui, il n’y a dans sa bouche que les mots « extrême gauche » et « communiste ». C’est nier l’histoire d’Arles et celles de femmes et d’hommes qui se sont engagés dans la résistance, dans des combats syndicaux, dans des combats humains. C’est insultant vis-à-vis du peuple d’Arles et du peuple de gauche. Il n’a pas dit un mot sur l’extrême droite. Ce qui est normal puisqu’il a sur sa liste des gens qui sont proches du Rassemblement national. Son seul projet, c’est l’anticommunisme. Moi, mon seul projet, c’est de mettre fin à son système clientéliste. On a besoin d’une ville calme et apaisée. Ce que n’a pas su apporter Patrick de Carolis depuis six ans.

    Que signifierait une victoire à gauche dans le département ?

    N.K. : J’estime qu’on a résisté. Si on additionne les 25,5% aux 10% des Insoumis et les 1% de Lutte Ouvrière, on est à 36% au premier tour. On sait qu’il y a des réserves de voix qu’il faut désormais aller chercher. Il y a encore une capacité, ici, de résister à la fois à la macronie et à l’extrême droite.

  • [Entretien] Robert Guédiguian : « J’appelle à voter Payan face à un risque majeur »

    [Entretien] Robert Guédiguian : « J’appelle à voter Payan face à un risque majeur »

    La Marseillaise : Quel est votre regard sur la campagne municipale, particulièrement à Marseille ?

    Robert Guédiguian : J’ai beaucoup de mal avec la désunion de la gauche. Je suis de la génération du Programme commun, je me suis battu pour qu’il existe et je continue à être persuadé qu’il n’y a pas d’alternative sans une union de ces deux gauches nées dans les suites de la révolution russe. Ni à Marseille, ni à l’Estaque, ni à Paris, ni en France, ni dans le monde occidental. En Occident, et là, très fortement à Marseille, on assiste à une montée des extrêmes droites. Je le déplore et je pense que le seul moyen d’y résister, c’est d’avoir une gauche unie. Et si cette droite-là se renforce, c’est qu’il n’y a pas d’alternative à gauche depuis des années.

    Que vous inspire un Rassemblement national à 35% dans cette ville que vous avez dépeinte dans vos films ?

    R. G. : Une immense tristesse. ça me peine et me désespère. Après… « quand je t’aurai appris à désespérer, je t’apprendrai à vouloir » ! Ma volonté reste la même, mais je suis au fond du trou. C’est pour cela que dans cette situation particulière, j’ai appelé à voter Payan au 2nd tour. C’est une évidence, quoi que je pense des positions de Payan et Delogu. Je me fous de savoir qui a tiré le premier, je sors de la ridicule cour d’école, et j’appelle à voter, pas que Payan d’ailleurs, mais à voter Printemps marseillais face à un risque majeur.

    Vous ne votez pas à Marseille, mais si c’était le cas, ce serait un vote par défaut pour vous ?

    R. G. : Ce n’est pas par défaut. Au 1er tour, on m’a sollicité un peu partout, mais j’ai eu une position sur ces élections très cohérente : j’ai appelé à voter pour des candidats où la gauche entière était réunie. Toute la gauche, y compris les insoumis. C’était le cas à Fontenay-sous-Bois ou à Mouans-Sartoux. Parce qu’évidemment que la gauche, sans les insoumis, n’existe pas. Les insoumis représentent, grosso modo, ce qu’était le Parti communiste dans les années 50 à 70. Ce sont des anticapitalistes, enfin je ne saurai pas les qualifier, mais des gens sans qui on ne peut pas faire une gauche. Et c’est une chance qu’on ait, en France, cette résistance idéologique au capitalisme.

    Les insoumis ne sont pas non plus révolutionnaires, ils sont dans une logique d’adaptation au capitalisme.

    R. G. : C’est vrai que les insoumis, par rapport à des choses qu’on a pu dire il y a 50 ans, sont accommodants avec le capitalisme. Mais bon, c’est un débat philosophico-historique… Après, ça fait belle lurette que je ne rêve plus d’une révolution de 17, le monde a changé, il faut trouver des formes nouvelles de socialisme.

    Certains ont réclamé cette union au 2nd tour, mais elle ne se fera pas. Vous pouvez le comprendre ?

    R. G. : Non, je ne le comprends pas et des deux côtés, évidemment. On va dire que je jette la pierre à tout le monde. C’est devenu d’ailleurs insupportable : machin a dit ça, truc a dit ci, l’autre a voté tel budget, pas l’autre… Au fond, et je le regrette, ça commence à me dégoûter.

    Ce dégoût amène aussi cette montée de l’abstention et du…

    R. G. : Je ne veux pas rentrer dans ces débats, ce n’est plus de la politique comme je l’ai toujours entendu, liée à une vision du monde, à des alternatives, à une morale. C’est la politique, comme on dit aujourd’hui, des réseaux sociaux, des petits mots. Il n’y a aucun contenu et ça devient absurde. Le monde occidental est bouffé par ça. Il existe des penseurs pourtant. Si on va au collège de France, il y a des choses exceptionnelles, y compris des propositions pour des alternatives au monde capitaliste.

    … et j’allais dire, la montée du RN ?

    R. G. : Parce que c’est le seul pôle de stabilité, non ? Le RN est stable, la gauche ne l’est pas. Quand on entend Hollande, Valls, c’est à se plomber. Mais j’avoue que quand j’entends Mélenchon faire des lapsus sur Epstein, ça me dégoûte. Et pourtant, c’est quelqu’un pour qui j’ai beaucoup d’admiration et que j’ai souvent soutenu. Mais quand on joue là-dessus, il n’y a pas d’excuse. C’est indigne et dégueulasse. Pour autant, les gens qui votent France insoumise votent pour un programme qui n’a rien à voir avec cela…

  • Le Printemps marseillais s’affirme et la droite s’efface

    Le Printemps marseillais s’affirme et la droite s’efface

    1er secteur

    1er et 7e arrondissements

    Quadrangulaire. Avec 43,25%, quatre points de plus qu’en 2020, Sophie Camard, la maire (GRS) sortante, réalise le meilleur score du Printemps marseillais sur la ville et se présente en ballottage favorable dans la quadrangulaire qui s’annonce au second tour. Arrivée en deuxième position, la candidate de l’extrême droite, Clémence Parodi (RN) atteint les 21%, le score réalisé il y a six ans par Sabine Bernasconi (LR). Omniprésent dans les médias, Romain Simmarano (Ren.) ne franchit pas la barre des 14%. Pour éviter cette déroute annoncée, le porte-parole de Martine Vassal (DVD) avait pourtant « fait tapis » en annonçant, vendredi, à 24 heures du 1er tour, un référendum sur le tram des Catalans, projet phare de sa candidate défendu mordicus depuis des mois au grand dam du Printemps marseillais… La liste insoumise de Sébastien Barles (Vaï) recueille 18,62% des suffrages.

    2e secteur

    2e et 3e arrondissements

    Triangulaire. Fief de la gauche et terre d’élection de Benoît Payan en 2020, le 2e secteur a renouvelé sa confiance au maire sortant Anthony Krehmeier (PS). Malgré plus de 60% d’abstention, le Printemps marseillais progresse même de 14 points (39,55%) par rapport à 2020. Dans ces arrondissements qui ont élu successivement Jean-Luc Mélenchon et Manuel Bompard à l’Assemblée, le candidat insoumis Alladine Abdallah Salim obtient 27% des suffrages. Ils se retrouveront en triangulaire avec Marie Bermejo (18,38%), la candidate RN. La droite qui avait 40% des suffrages éparpillés en trois listes en 2020, en récolte rassemblée, six ans plus tard, moins de sept. Solange Biaggi (LR) est créditée de 6,69%.

    3e secteur

    4e et 5e arrondissements

    Quadrangulaire. Didier Jau, le maire (EELV) sortant progresse légèrement (38,93%) par rapport au score réalisé par Michèle Rubirola en 2020 (37,38%). Dans ce secteur qui a profondément basculé à gauche, Bruno Gilles, l’ex-député maire (Hor.) a perdu pied (16,89%) et devance in extremis l’insoumise Léa Bijaoui (16,64%). Le candidat de l’extrême droite, Thomas Battesti (RN) est en embuscade, en 2e position avec 20,18%. En décrochant 7,34% des suffrages, la candidate trotskiste de Révolution permanente est en mesure de fusionner. Aucune décision n’a été prise pour l’heure. Reste une inconnue, les abstentionnistes, sachant que seuls 57% des électeurs se sont rendus aux urnes dimanche.

    4e secteur

    6e et 8e arrondissements

    Triangulaire. Après la victoire de Laurent Lhardit (PS) aux législatives, la gauche confirme son ancrage dans ce fief historique de la gaudinie. Olivia Fortin, la maire (Mad Mars) sortante arrive en tête avec 36,6% des suffrages. C’est douze points de plus qu’en 2020, et 2 300 voix d’avance (32,21%) sur le candidat d’extrême droite Jean-Baptiste Rivoallan (UDR). La triangulaire qui se profile au second tour avec Catherine Pila (LR) la place en ballottage favorable, délestée des candidatures de Victoire Diethelm (LFI), Christine Juste et du représentant d’Erwan Davoux. « Je veux croire que notre projet fraternel, solidaire et écologique puisse remporter la confiance des habitants », glisse la candidate du Printemps marseillais.

    5e secteur

    9e et 10e arrondissements

    Triangulaire. « Historique. » Le Printemps marseillais ne boude pas son plaisir de voir Pierre Huguet (G.s) pointer en seconde position (28,77%) d’un secteur compliqué qui a élu en juillet 2024 un député UDR quasi inconnu. Sans surprise, l’extrême droite arrive largement en tête du 1er tour : Éléonore Bez double son score de 2020 et s’affiche à 44,87%. Orpheline de Lionel Royer-Perreaut (Ren.), la droite dérape avec Laure-Agnès Caradec (LR) en 3e position (16,46%). Pour le Printemps marseillais, les réserves de voix de la candidate de la France insoumise (8,10%) ne suffiront pas mais Pierre Huguet veut y croire : « Il va falloir aller chercher les abstentionnistes [47, 44%, Ndlr] et ceux qui n’ont pas fait le choix du Printemps marseillais au 1er tour mais ne veulent pas du RN. Le seul bulletin qui permet de faire barrage est le nôtre à Marseille comme dans les 9-10. »

    6e secteur

    11e et 12e arrondissements

    Triangulaire. Comme dans les 9-10, le RN était favori sur ce secteur aux mains de la droite. Si le maire (LR) sortant, Sylvain Souvestre, résiste (23,47%), le grand remplacement de la droite est à l’œuvre. En 2020, les listes LR, Horizons, et Renaissance, éparpillées, représentaient 45% des suffrages. Olivier Rioult, transfuge de la droite vassaliste, en totalise désormais 43% sous l’étiquette RN. Il devance de plus de 10 000 voix, le candidat du Printemps marseillais, Yannick Ohanessian (PS). Arrivé second avec 26,67%, il « appelle l’ensemble des électeurs attachés à la République à prendre conscience de l’enjeu », et espère convaincre un électorat très peu mobilisé dans le 11e arrondissement. « Il y a un vrai delta de participation à aller chercher, comme cet électorat centriste qui au 1er tour a fait des choix différents mais n’acceptera jamais de voir le RN gagner une mairie de secteur. Une mobilisation générale doit s’opérer dimanche. »

    7e secteur

    13e et 14e arrondissements

    Quadrangulaire. Sandrine d’Angio, nièce de Stéphane Ravier et ex-maire de secteur, est arrivée en tête dimanche (39,78%). L’équivalent du total de voix réalisé par Tina Biard-Sansonetti, la candidate (PS) du Printemps marseillais (26,42%), et l’insoumis Mohamed Bensaada qui plafonne à 13,10%, juste devant la maire (DVD) sortante, Marion Bareille. « Dans les 13-14, on sait le mal qu’a fait le RN », rappelle Tina Biard-Sansonetti. « Il n’y a pas eu plus de sécurité, ils ont fermé des services publics de proximité et ont divisé notre secteur en excluant des enfants sur leur religion supposée ou la nationalité de leur parent. Je suis convaincue que ce secteur peut se relever, pour cela il faut être unis et j’appelle les habitants à se rassembler derrière ma candidature pour transformer ce secteur. C’est la seule alternative. »

    8e secteur

    15e et 16e arrondissements

    Triangulaire. Dans ce secteur d’élection du député Delogu, où 62% des électeurs n’ont pas voté, Samia Ghali (DVG) s’est imposée avec force (36,96%) et devance les candidats RN, Thibaut Charpentier (29,22%), et LFI, Rabyata Boinaheri (23,8%). On notera qu’avec 5,15%, le candidat (Ren.) Gérard Blanc obtient le plus faible score de la droite sur la ville. Samia Ghali va s’évertuer à convaincre et lance un message à Delogu : « Dans sa circonscription, son score est divisé par quatre. Moi, je le multiplie par deux. Après les municipales, il y aura d’autres élections et dans la vie on est responsable de ses actes, pour aujourd’hui comme pour demain. Moi j’ai toujours été claire face au Front national. Si on est un homme de gauche qui aime le peuple, quand on arrive 4e on se retire. »

  • Carpentras, Orange, Cavaillon, quelles offres au second tour ?

    Carpentras, Orange, Cavaillon, quelles offres au second tour ?

    Carpentras : la gauche entame des discussions

    Alors que l’extrême droite est aux portes de l’hôtel de ville à l’issue du 1er tour, la stratégie des deux listes de gauche est scrutée de près. Le député RN Hervé de Lépinau est arrivé en tête (26,71%) et va compter sur l’appui de Bertrand de la Chesnais (div. extrême droite, 14,33%) et de Christian Richaud-Simoni (9,51%), le 1er candidat RN désinvesti ensuite suite à la polémique sur ses tweets racistes. En face, le maire sortant DVG Serge Andrieu (25,17%) a devancé de peu son prédécesseur, Francis Adolphe (24,29%). Dimanche, Serge Andrieu demandait le retrait de Francis Adolphe. Fin de non-recevoir ce lundi de ce dernier qui, dans un communiqué, appelle à la fusion. « En se rassemblant nous pouvons convaincre encore plus, la conscience collective est plus forte que les ego », invite Francis Adolphe. En réponse, Serge Andrieu entrouvre la porte : « Je suis prêt à discuter de nos propositions et à échanger pour trouver un consensus », expose-t-il. Un souhait partagé par les agents territoriaux Solidaires qui, dans un communiqué, implorent les deux candidats à s’entendre. Mais ce lundi soir, aucun accord n’était trouvé. Dans le détail cumulé du 1er tour, l’extrême droite a une mini-avance de 100 voix -sur 11 000 exprimées- sur les deux listes de gauche. Les 46% d’abstentionnistes seront aussi une clé.

    Orange : une fusion pour contrer l’extrême droite ?

    Sans surprise, les deux listes d’extrême droite sont arrivées en tête, Jacques Bomaprd (Ligue du sud, 32,87%) devançant le RN Jean-Dominique Artaud (28,15%). Derrière, une fusion est à l’ordre du jour entre Carole Normani (DVC, 17,89%) et Antoine Boudet (DVG, 11,52%). « C’est le seul scénario permettant d’envisager la victoire », assure Patrick Savignan, élu (DVG) sortant d’opposition -comme Carole Normani- et colistier d’Antoine Boudet. Marc Martinet (DVC), 5e et éliminé (9,57%), appelle à l’union entre ces deux candidats et peut aussi prétendre à les rejoindre. Tout comme Fabienne Haloui, élue PCF qui ne se représentait pas. « Dans une triangulaire réussie, il est possible de battre la dynastie Bompard », enjoint-elle.

    Cavaillon : la gauche

    se maintient en arbitre

    Le maire sortant Gérard Daudet (DVD) est en ballottage défavorable contre la députée RN Bénédicte Auzanot. Il doit rattraper un écart de cinq points et 471 voix. Arrivé 3e, loin derrière, le socialiste Patrick Blanès (17,97%), candidat d’union de la gauche a fait le choix de se maintenir après avoir consulté ses colistiers. Gérard Daudet espérait toutefois un échange et des appels au retrait persistaient auprès de la tête de liste.

  • À Toulon, pas de fusion entre Josée Massi et Michel Bonnus

    À Toulon, pas de fusion entre Josée Massi et Michel Bonnus

    Au soir du premier tour, Michel Bonnus n’a pas tergiversé : sans attendre les résultats définitifs, sa défaite, qui semblait déjà claire, l’a poussé à prendre ses responsabilités et à annoncer son retrait, tel qu’il l’a « toujours dit si (il) arrivait en troisième position ». « Ce soir, un seul mot d’ordre : éviter l’acte 2 de 95 et du Rassemblement national à Toulon le 22 mars », martelait-il, demandant cependant à celle à qui il avait chipé l’investiture LR de « discuter, pour montrer qu’on a réalisé du travail ».

    Une rencontre qui a eu lieu ce lundi entre les deux camps. Et si on se posait, au sortir du premier tour, la question d’une possible fusion des deux listes, les propos du sénateur Républicain n’excluant pas cette option, le camp de la maire sortante a tranché : « On conserve la même liste pour le second tour », a affirmé son colistier Julien Orlandini.

    Rupture définitive

    avec les Républicains ?

    S’il reconnaît qu’il y a eu « des discussions autour de la question de la fusion » le président de la CAF du Var confirme que « Josée Massi a été très claire. Les Toulonnais ne comprendraient pas qu’après avoir dit qu’on n’était pas une liste partisane, et qu’on n’était pas dans une approche d’appareils, on puisse travailler sur des fusions, sur des combinaisons politiques. Il faut être fidèle au choix qu’ils ont fait, car ils ont été près de 30% à soutenir Josée Massi ».

    Un postulat qui ressemble à une volonté marquée de rompre définitivement avec le clan Républicain, qui lui a tourné le dos il y a quelques mois, et qui aujourd’hui lui apporte, à l’image de Jean-Louis Masson, le président du Département, un soutien contraint et du bout des lèvres : « On accueille les soutiens, on les remercie. (Mais) on parle de projet, de vision pour Toulon, de comment converger et se rassembler pour une ville apaisée, qui ne soit pas divisée, ni gérée par un parti », confirme Julien Orlandini, qui reconnaît toutefois qu’« il y a des histoires communes avec Michel Bonnus. On a des convergences sur le projet, ça a été dit au premier tour. C’est cela qui nous occupe aujourd’hui », sans donner davantage de détails, répétant simplement que des discussions étaient en cours.

    Toulon en commun et Magali Brunel, qui ont aussi apporté leur soutien à la maire sortante dès l’issue du scrutin, lui ont également tendu la main, après la désillusion de ne plus compter d’élu de gauche ou écologiste à la mairie. « Nous souhaitons trouver un chemin avec Josée Massi pour continuer à porter un projet de progrès et à faire échouer le RN », appuyait la tête de liste (PS) ce lundi. Du côté de LFI et Isaline Cornil, pas de soutien formel, mais « une seule consigne : pas une voix ne doit aller à la liste RN de Laure Lavalette ».

  • Une autoroute pour le RN se dessine à La Seyne

    Une autoroute pour le RN se dessine à La Seyne

    Le scénario dont n’osaient même pas rêver le RN et Dorian Munoz, arrivés en tête au premier tour avec 35,3% des suffrages, est en passe de se réaliser. Il n’y aura pas de front républicain pour les empêcher de prendre la deuxième ville du Var, giron communiste puis socialiste sur une période totale de 55 ans, entre 1947 et 2020.

    Les trois autres qualifiés au second tour ont décidé de se maintenir. Stéphane Sacco, tête d’une liste d’union de gauche, considère « impensable qu’il n’y ait pas de voix de gauche audible à La Seyne pendant 7 ans. La droite a fait n’importe quoi pendant son mandat », justifie-t-il, affirmant que ni son parti (GRS), ni le PCF, n’avaient donné de consigne de retrait ou de fusion, y compris avec le PS Olivier Andrau, qui se retire, « ne voulant pas porter la responsabilité de l’arrivée du RN », affirme Stéphane Sacco.

    Passe d’armes à droite

    À droite, le maire sortant Joseph Minniti (LR) et le dissident de la majorité Cheikh Mansour (Hor.) se renvoient la balle. Le premier, qui se dit « prêt à discuter, mais encore faut-il qu’on (lui) demande », martèle que le second avait annoncé qu’en cas de 3e place, il se retirerait. « J’en appelle à une réaction républicaine de chacun », lance-t-il, confirmant que sa liste ne bougerait pas. Quant à Cheikh Mansour, il traite son ancien allié de « menteur. Il fait croire qu’il est ouvert, mais pas du tout », réfutant avoir tenu les propos qu’on lui prête. « Son équipe m’a demandé de me retirer contre une aide pour les législatives », jure-t-il, regrettant le fait que « tout le monde savait que le RN serait en haut, personne n’a pris le soin de s’allier ». Seul point d’accord entre les trois candidats : il reste 20 000 abstentionnistes à mobiliser. En une semaine, cela ressemble à nettoyer les écuries d’Augias.

  • À Gardanne, une triangulaire et 43% d’abstention à capter

    À Gardanne, une triangulaire et 43% d’abstention à capter

    Dimanche, le maire sortant Hervé Granier (LR), tête de la liste Gardanne-Biver avance, a pris la première place de ce premier tour avec 43,56% des voix devant la liste d’union de la gauche, Ensemble changeons de cap pour Gardanne-Biver conduite de Jean-Marc La Piana (36,48%). En troisième position, le candidat RN Bruno Priouret (RN), Notre ville, notre avenir, est qualifié et se maintient pour le second tour avec 19,96%.

    Dans cette triangulaire pour le second tour, il reste aux candidats et à leur équipe à mener un grand travail de terrain pour aller chercher les voix qui ne se sont pas manifestées.

    Une semaine pour convaincre 665 voix

    Seuls 9 391 Gardannais et Biverrois se sont exprimés dans les urnes dimanche. Avec 7 470 abstentionnistes sur 17 070 inscrits, c’est un large spectre d’électeurs qui ne s’est pas déplacé. « On peut dire que la moitié de la population vote contre Hervé Granier, ce qui prouve que son mandat est loin d’être satisfaisant », estime Jean-Marc La Piana, qui entend continuer le travail de terrain qui a été le fondement de sa campagne.

    Considérant les 665 voix d’écart entre sa liste et celle du maire sortant, « c’est tout à fait récupérable » l’équipe d’Ensemble Changeons de cap pour Gardanne-Biver ne baisse pas les bras pour reprendre la main le 22 mars. D’autant que le candidat bénéficie d’un large éventail à gauche, LFI comprise. Dès lundi matin, les colistiers et leurs soutiens se sont mis en marche pour aiguiser une stratégie de campagne afin « d’aller, partout, tous les jours, à la rencontre des habitants », explique Jean-Marc La Piana. De même que « chacun connaît au moins une personne qui ne s’est pas rendue aux urnes qu’il s’agira de convaincre avec honnêteté contre le clientélisme et le mensonge ».

  • À Avignon, la gauche à jeu égal devra batailler ensemble

    À Avignon, la gauche à jeu égal devra batailler ensemble

    Depuis le début de la campagne, une des certitudes partagées résidait dans le fait que le scrutin serait serré. Cela s’est vérifié, ce dimanche à l’issue du premier tour où il est délicat de prédire qui prendra la succession de Cécile Helle, maire (PS) sortante qui ne se représente pas. D’une courte tête avec 27,04%, Olivier Galzi (DVD) arrive en tête devançant de 1,5% la candidate d’extrême droite Anne-Sophie Rigault (25,52%). Ce duo profite d’un âpre duel à gauche où finalement David Fournier (PS), issu de la majorité sortante, coiffe d’une courte tête (19,89%) l’insoumise Mathilde Louvain (19,03%). Soit 234 voix d’écart sur plus de 5 000 chacun.

    Derrière, l’entrepreneur Stéphan Fiori (DVD) qui caressait l’espoir d’accéder au second tour, reprendra le chemin de son cabinet d’assurances ce lundi matin puisqu’il n’obtient que 7,39%. Candidature de témoignage, Stéphane Geslin (parti des travailleurs) émarge à 1,23%. Côté participation, moins d’un électeur sur 2 s’est déplacé (52,34% d’abstention) avec de fortes disparités selon les quartiers, parfois avec seulement 25% de participation dans le quartier populaire des Olivades.

    Une alliance en bonne voie à gauche ?

    À gauche, le scénario tant redouté des deux listes au coude-à-coude est donc arrivé. Sur le pur papier arithmétique, elle est en mesure de conserver la ville à gauche. « Cet aspect est inédit et incroyable », se réjouit Mathilde Louvain, « fière d’avoir quadruplé » le score de 2020 porté à l’époque par Farid Faryssy, aujourd’hui candidat avec David Fournier. « On va avoir des discussions », promet la candidate insoumise, soutenue notamment par le PCF et Génération.s. Du côté de David Fournier, qui n’a jamais fermé la porte, ce dimanche soir l’heure était encore à la réflexion entre colistiers quant à une alliance. Rappelons que Place publique ou le PRG, soutiens de David Fournier, ont fait un casus belli de ce rapprochement. « Je pense qu’il y aura une majorité pour une alliance, on est confronté à principe de réalité si on ne le fait pas, c’est la défaite assurée face à la droite et l’extrême droite », confiait-on dans l’entourage du candidat peu après 23h30. Avec la perspective d’une très longue nuit quant à la mise en place d’une nouvelle liste devant respecter les équilibres de chacun. Dimanche soir, Olivier Faure, patron des socialistes, a récusé tout « accord national » avec LFI mais a laissé la place à des ententes au cas par cas.

    Loin de ces maux de tête, Olivier Galzi savoure. « Ils feront bien ce qu’ils veulent, je ne me suis jamais positionné par rapport aux autres mais dans l’intérêt des habitants qui, dans tous les quartiers m’ont placé en tête, constate l’ex-journaliste TV. Mettre en tête un mouvement qui n’existait pas il y a six mois et sans étiquette politique est inédit et prouve qu’il y a une volonté de renouveau. » Quant à Anne-Sophie Rigault, elle semble une nouvelle fois vouer à jouer les opposantes lors du prochain mandat.

  • À La Seyne, l’extrême droite vire en tête au premier tour

    À La Seyne, l’extrême droite vire en tête au premier tour

    Une seule chose demeurait certaine ce dimanche soir à la Seyne-sur-Mer : le candidat du Rassemblement national Dorian Munoz a réalisé un tour de force en se plaçant largement en tête des suffrages avec 35,30% des voix. Derrière suivent trois candidats : dans l’ordre, le maire sortant Joseph Minniti (LR, 15,91%), le dissident de la majorité Cheikh Mansour (HOR, 13,25%) et le candidat d’union de gauche Stéphane Sacco (11,93%).

    Le premier est en position de force. S’il n’a pas désiré s’exprimer avant que le résultat des votes soit complètement entériné (à l’heure où nous bouclons, des doutes persistent sur certains bureaux), le maire sortant a été vu en train de discuter avec Frédéric Dailleau (SE), crédité de 5,66%. En vue d’une fusion ?

    Sacco ne compte pas se retirer

    Une fusion à laquelle ne devrait pas prendre part Stéphane Sacco. Ce dernier a d’ores et déjà annoncé qu’il ne comptait pas se retirer dans l’idée d’un front républicain face au RN. « Cela signifierait ne plus avoir de conseillers municipaux. Nous l’avons fait à la région et aujourd’hui, nous n’avons plus aucun élu de gauche », justifie-t-il, croyant encore en la possibilité de mobiliser davantage d’électeurs au second tour, notamment dans les quartiers populaires. « Le RN avait fait 15,6% au premier tour en 2020, et 10,9 au second », rappelle-t-il. Une position inflexible même si des consignes nationales étaient données en ce sens ? Du côté de ses colistiers, on ne pense pas que cela changera quoi que ce soit. En revanche, et même si cela n’avait pas encore été fait dimanche soir, des discussions avec les deux autres candidats de gauche, Olivier Andrau (PS, 8,63%), et Zohra Sidi Driss (LFI, 3,99%), bien que celle-ci ne soit pas en position de fusion, étaient envisagées.

    Dans l’équation également, Cheikh Mansour. Arrivé en troisième position, l’ancien membre de la majorité, qu’il a quitté au moment de la condamnation de Nathalie Bicais – dont il reste proche – à une peine d’inéligibilité de 5 ans en mai dernier, se gardait de divulguer tout choix stratégique avant de s’être réuni avec son comité de campagne. Mais il se disait toutefois ouvert à toutes les options, que ce soit une alliance avec Minniti, ou même à travailler avec la gauche dans l’optique de faire barrage à l’extrême droite. « Je ne pense pas que le RN soit une bonne chose pour la Seyne », glissait-il.

  • À Gardanne face à la droite, la gauche unie ne se résigne pas

    À Gardanne face à la droite, la gauche unie ne se résigne pas

    Le 22 mars chaque voix compte pour relever Gardanne-Biver », ne désarme pas le candidat de la gauche unie, Jean-Marc La Piana, dont la liste Changeons de cap ensemble pour Gardanne-Biver, prend la deuxième place avec 36,48% des voix lors de ce premier tour. De la déception mais pas de fatalisme au sein d’une équipe qui assure rester combative. Le maire sortant ayant quant à lui affirmé qu’il refuserait toute fusion avec le RN mené par Bruno Priouret qui récolte 19, 96% de suffrages, soit une progression de 8 points par rapport à 2020.

    « La voix de la colère ne doit pas être celle de la résignation mais être le socle d’une véritable alternative solide à la municipalité sortante. La seule alternative crédible c’est celle que nous portons », a déclaré Jean-Marc La Piana devant les militants venus le soutenir à son local de campagne. Une campagne dynamique où toutes les forces de gauche avaient réussi le tour de force d’une large mobilisation et d’un grand travail de terrain au plus près des habitants. Une abstention forte de 41%, soit près de 7 000 inscrits, « constituera notre terrain de travail, c’est là qu’on ira chercher de quoi redonner confiance aux électeurs », confie Amélie Barbey. Une option confirmée par Kafia Bensadi, qui considère que « Granier a fait le maximum de son score, il n’a plus de réserve ».

    Ils étaient plus de 3 400 à accorder leur confiance à la liste Changeons de cap ensemble pour Gardanne Biver pour ce premier tour. « Nous devons maintenant amplifier l’élan qui s’est manifesté pour être au rendez-vous de la victoire le 22 mars », a encouragé la tête de liste, rappelant les enjeux sur la commune : « Vous avez le choix entre figer notre commune dans l’immobilisme ou lui donner toute sa place. » La gestion du maire sortant a en effet été marquée par des projets de smart city ou de centre aéré démesurés mis en sursis par les tribunaux ou encore en proie à de coûteuses études. « Il est en train de bouffer toute la caisse de réserve, ce sont les Gardannais qui vont payer les factures et tout cela a été décidé sans aucune concertation avec la population. Il faut que les gens se réveillent », déplore un militant.

    Le 22, déterminés

    ou immobiles

    Au foyer du peuple, Hervé Granier était venu suivre le dépouillement mais s’est refusé au commentaire. « Ces résultats sont l’expression de la confiance accordée par les Gardannais depuis 2020. Nous avons réalisé le programme que nous avions porté. Nous avons fait une belle campagne », s’est simplement félicité son directeur de campagne, Antonio Mujica, regrettant toutefois « le score élevé du RN ».

    Les yeux rivés sur les résultats des 17 bureaux de vote, et sur ceux qui arrivent des communes voisines sur son portable, un sympathisant de gauche tempère l’analyse : « L’équipe de La Piana a fait un travail sérieux et sincère sur le terrain, mais il y a eu beaucoup de paillettes dans la campagne de Granier, il en a mis plein la vue avec des images de drones, des prestations sur les chaînes CNews ou le JDD, ou encore à travers les réseaux sociaux, c’est une énorme charge médiatique qui a porté sa candidature. »

    Une grosse bataille reste à mener pour l’équipe de la gauche unie. « Par découragement ou par résignation », analyse Marion Robert, de nombreux électeurs ne se sont pas déplacés. « Dimanche prochain, vous aurez le choix entre la détermination ou la résignation, la volonté ou le fatalisme, le changement ou la poursuite d’une politique qui a abîmé la ville et votre quotidien » a encore alerté Jean-Marc La Piana.