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  • Frédéric Szabo veut tourner la page Bazzucchi à La Penne

    Frédéric Szabo veut tourner la page Bazzucchi à La Penne

    Arrivé en deuxième position au 1er tour avec 40,7% des suffrages, à 44 voix du maire sortant Nicolas Bazzucchi (DVC), Frédéric Szabo (DVD) aborde le second avec plus de certitudes depuis le retrait de la liste de Stéphane Castérot (SE) arrivé 3e avec 566 voix. « J’ai mes chances même si on n’est pas maître des voix des électeurs », juge le challenger.

    La décision de Castérot ne l’a pas surpris. Les deux hommes en avaient parlé « autour d’un café » fin janvier sous les caméras de France 3. « Je l’aurais fait moi-même, je l’avais dit dès le départ », glisse-t-il. « Toute La Penne pensait qu’on était en train de faire des tractations alors qu’on avait juste parlé de ce principe que j’estime républicain. Il m’avait dit qu’il partageait la position et je vois qu’il l’a respecté. » Un retrait sans fusion, ni négociations. Szabo repart avec « exactement la même liste ».

    Face à lui, le maire sortant, mis en examen pour viols et violences, a réalisé « un score très honorable par rapport à son image », note Frédéric Szabo, étonné de ce soutien. « La présomption d’innocence est une valeur républicaine qu’il faut respecter, il a surfé là-dessus. Moi, ce qui m’interroge plus, c’est qu’il soit soutenu malgré son bilan financier, l’impact de sa gestion municipale sur les habitants. Je trouve que sa mandature n’est pas à la hauteur, au-delà de ses affaires. »

    Un homme de droite

    Le médecin de La Penne qui rappelle qu’il n’est « pas un politicien », a mis un pied dans l’arène lors des départementales 2021, comme remplaçant du maire d’Aubagne. Brièvement encarté chez Horizons, ce « jeune UDF », assume simplement une identité d’homme de droite loin des appareils. Tâche à lui désormais de convaincre les abstentionnistes (35% au 1er tour) et les électeurs de Castérot. Si l’ex-adjoint aux finances de Bazzucchi n’a pas donné de consignes, Szabo indique qu’il l’a assuré de son vote. « C’est notre réservoir, beaucoup de ses électeurs sont des abstentionnistes en puissance. Mais s’ils se sont intéressés à la politique municipale, c’est qu’ils n’étaient pas satisfaits. »

    Dans cette dernière ligne droite, l’équipe Szabo continue le terrain (boîtage, porte-à-porte) sans répondre aux attaques « diffamatoires » venues du camp d’en face : « Il a le droit de dire n’importe quoi mais il me conseille sur Facebook d’aller faire un dépistage de stupéfiants… C’est stupéfiant de connerie oui. Mais mon équipe m’a dit de ne pas répondre. » Les électeurs pennois le feront en votant, s’ils veulent tourner la page avec lui.

  • [Entretien exclusif] Benoît Payan : « Le RN c’est le parti de l’anti-Marseille »

    [Entretien exclusif] Benoît Payan : « Le RN c’est le parti de l’anti-Marseille »

    La Marseillaise : Quelle est votre analyse des rapports de force à la veille du second tour ?

    Benoît Payan : J’ai pris acte de la décision de Sébastien Delogu. Elle est courageuse, elle est responsable. Même si elle est venue sur le tard, elle est venue. Ce qui n’est pas le cas de Madame Vassal, alors que nous nous sommes historiquement toujours retirés quand le RN était en situation de gagner. Le danger du RN n’est absolument pas écarté. On est dans une triangulaire où chaque voix va compter. Je veux battre en brèche l’affirmation seulement laquelle je serais avantagé dans cette configuration. C’est faux. Je veux battre en brèche cette affirmation qui est justement portée par mes adversaires qui veulent démobiliser l’électorat de gauche, écologiste, humaniste, toutes celles et tous ceux qui refuse de voir notre ville tomber dans un système ségrégationniste. On a vingt-sept siècles d’histoire qui nous regarde, on est devant notre destin, confronté à une réalité qui peut nous rattraper dimanche.

    La configuration du second tour ne semble pourtant pas convenir au candidat d’extrême droite.

    B.P. : Lundi, Franck Allisio a fendu le masque de responsabilité qu’il a porté durant toute la campagne pour nous faire croire qu’il était le représentant d’une droite classique et qui avait dupé une partie des Marseillais. Lundi, j’ai vu le visage des enfants de Jean-Marie Le Pen, j’ai vu la haine, il est redevenu lui-même. Ça m’a fait froid dans le dos. Les résultats de dimanche, le retrait de Sébastien Delogu qui l’a apparemment rendu fou, le maintien de Martine Vassal qui l’a, semble-t-il, fait sortir de ses gonds, ont révélé le visage de l’extrême droite : la haine, la violence, la brutalisation du débat public. Il est revenu sur la « submersion migratoire », après avoir délaissé le vocable des héritiers de Vichy durant la campagne. Il s’était retenu trop longtemps. Chassez le naturel, il revient au galop.

    On vous a dépeint comme intransigeant, inflexible à l’égard de la tête de liste insoumise, pour autant il vous faudra ses électeurs pour l’emporter, qu’avez-vous à leur dire ?

    B.P. : D’abord je ne confonds pas les électeurs et les dirigeants. Je ne partage pas leurs méthodes. Je ne me suis jamais soumis à Jean-Luc Mélenchon, je pense que je suis sa bête noire mais ça m’est égal. J’ai un profond respect pour des électeurs qui veulent de la radicalité. Je respecte ceux qui ont cette sensibilité.

    Les rapports de forces de second tour sont très contrastés selon les secteurs. Certains d’entre eux vous inquiètent-ils plus que d’autres ? Allez-vous vous y impliquer ce vendredi ?

    B.P. : D’abord, je veux dire que Mohamed Bensaada [tête de liste LFI dans les 13-14 Ndlr.] qui était qualifié a montré quel militant il était. Les 13-14 portent encore les stigmates des six années du RN et de leur doublure cascade. L’enjeu y est fort. Mais il est fort partout. Dans les 9-10 et les 11-12, le RN est en capacité d’emporter 4 arrondissements à Marseille. Je me bats de toutes mes forces pour empêcher cela. On sait ce qu’est le RN. La suppression des subventions à la culture, le sport qui se dégrade avec l’abandon des stades et des gymnases, les associations qui aident aux devoirs, à la cohésion sociale, sont systématiquement la cible des foudres de l’extrême droite. On a vu les dégâts dans les 13-14. Comme la ville tout entière, aucun secteur ne mérite d’avoir à sa tête une femme ou un homme qui trie les gens en fonction de leur religion, de leur couleur de peau, de leur orientation politique ou sexuelle. Il faut rappeler ce qu’est le RN : c’est le parti le plus condamné de France pour racisme, antisémitisme, xénophobie, homophobie… C’est le parti de la haine de l’autre. C’est le parti de la haine de ce qu’est la République. C’est le parti de l’anti-Marseille. Tout dans l’ADN de Marseille est l’inverse du Rassemblement national. Je le dis aux habitants de cette ville et notamment ceux des quartiers populaires : « Vous avez une arme la plus pacifique qui puisse exister, c’est le bulletin de vote. Montrez-leur que nous sommes les plus nombreux, n’abandonnez pas vos quartiers à ces gens qui n’iraient pas voter. Dites à vos voisins, vos proches, qu’il faut voter. L’abstention profite au RN. »

    Envisagez-vous une ville où vous seriez maire avec un ou plusieurs secteurs dirigés par le RN ? Comment cela pourrait fonctionner ?

    B.P. : Ça serait forcément beaucoup plus compliqué qu’avec un maire républicain, écologiste, communiste ou de gauche radicale. Ça va être terrible parce que ces gens-là ne travaillent pas pour l’intérêt de la population. Ils ne travaillent que pour l’intérêt du clan Le Pen. Ils veulent faire de nos villes des laboratoires de leur politique de ségrégation et d’outrance. Ce sont des dogmatiques. La préférence nationale, qu’est-ce que ça veut dire en fait ? On n’en a pas assez goûté ? On n’a plus de mémoire ? On a fêté les 80 ans de la Libération et on a tout oublié ? Moi je n’oublie rien.

    Des observateurs considèrent que la poussée du RN a été favorisée par la réforme du mode de scrutin à laquelle vous étiez favorable. Y voyez-vous un lien ?

    B.P. : Non, les observateurs, s’ils observaient ne diraient pas ce genre de bêtises. Il suffit de regarder le score de Mme Vassal au premier tour de 2020 et au premier tour de 2026. 100% des voix qu’elle a perdu sont parties sur l’extrême droite. C’est la conséquence directe de ce que je dis depuis trois ans : à force de singer le Rassemblement national, il vous remplace. Gramsci avait raison. Il faut sans cesse mener la bataille culturelle. Quand on perd son âme, on se perd politiquement. Quand culturellement on devient minoritaire, immédiatement cela se traduit sur le plan politique. Quand j’ai voulu aider les associations qui font du lien social, les enfants de Gaza ou SOS Méditerranée, les mots de la droite étaient ceux de l’extrême droite. Quand Mme Vassal a dit qu’elle était l’original et que le Front national était la copie, les gens ne s’y sont pas trompés. Quand elle a dit qu’elle était d’accord avec les valeurs du RN sur l’immigration et la sécurité mais que sur l’économie il est trop à gauche, elle n’a pas mesuré qu’elle était en train d’acter la disparition de la droite républicaine à Marseille. Personne ne peut s’en réjouir. Je combats la droite républicaine, c’est mon adversaire, je n’en partage pas les valeurs mais dans droite républicaine, il y a République. Dans RN ce n’est pas le cas. Quand on a un Bruno Retailleau qui dit que l’état de droit, c’est finalement accessoire, c’est aussi un pas vers le RN.

    L’abstention est préoccupante à Marseille surtout dans une municipale où l’on sait que les citoyens ont un rapport étroit avec leur maire. Est-ce que ça vous a surpris ? Pensez-vous la contrecarrer au second tour ?

    B.P. : Ce n’est jamais bon l’abstention, c’est toujours un mauvais signal pour la démocratie. Je veux me battre contre ça. D’ailleurs quand on regarde où il y a l’abstention, c’est là où les gens ont été pendant des années et des années, à l’abandon. Je ne sais pas construire un commissariat, une école, un service public, une maison de quartier avec un tweet. Je fais les choses avec la réalité, avec le temps administratif. J’ai passé une campagne où tous mes adversaires rasaient gratis or je sais toutes les difficultés, la patience nécessaire. Quand on regarde l’abstention, il y a des chiffres en trompe-l’œil et j’espère que La Marseillaise aura l’occasion de faire une grande enquête sur le sujet, on voit qu’en effet les chiffres de la participation sont en baisse mais pas tant que ça pour des raisons compliquées mais qui méritent d’être regardées.

    Quel message adressez-vous aux abstentionnistes ?

    B.P. : On joue notre histoire. Nous les Marseillais, on est un peuple, on a l’occasion de dire que cette ville, on peut la rendre encore plus solidaire, encore plus belle, encore plus fraternelle. Cette ville leur appartient. Le travail que je mène avec mon équipe, avec tous ces militants extraordinaires, c’est pour eux. Je suis fier des Marseillais, je leur dis allez voter, cette ville c’est celle où vos enfants vont grandir, où vous allez vieillir. Ce n’est pas pareil quand la ville est dirigée par le RN ou par une grande coalition de gauche. On s’occupe des personnes âgées isolées en leur portant des repas chauds plutôt que de ne leur proposer que des lotos. On s’est occupé des plus précaires pour les sortir de la rue, des femmes battues… Il n’y a pas d’autres villes en France et c’est ma fierté, d’avoir, avec Audrey Garino, signé un plan pauvreté. Vous vous rendez compte ce que c’est pour une ville d’avoir à faire un plan pauvreté alors qu’ailleurs, ce sont des départements qui le font. Cela montre à quel point, nous les Marseillais, avons été laissés-pour-compte par notre Métropole, notre Département, notre Région. On s’est battu pour que le logement social soit digne, pour la création d’une Société publique locale d’aménagement d’intérêt national, aucune autre ville que nous n’a construit autant d’écoles en six ans… N’en déplaisent à mes détracteurs, je comprends que ça les ennuie, mais personne depuis 1945 n’aura, en un mandat, construit 27 écoles et au moment où je vous parle, 50 autres sont en train d’être lancées. Aucune ville en France n’aura fait manger gratuitement 10 000 gamins à la cantine, ne propose le kit scolaire à 80 000 enfants d’une valeur de 80 euros et qui va passer à 150 euros, ne travaille sur le petit déjeuner gratuit pour 15 000 gamins ! On n’a pas tout réussi parce que nous ne sommes que des femmes et des hommes mais à côté de ceux pour qui seule la carte de visite compte ou qui veulent une cocarde plus grosse que le pare-brise, nous sommes fiers de ce que nous avons fait avec humilité, force et aussi douceur.

    Martine Vassal vous accuse d’avoir fait monter le RN pour orchestrer un duel.
    Que lui répondez-vous
     ?

    B.P. : Nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes.

    Dans le nouveau mandat que vous briguez, qu’est-ce qui pourrait faire reculer l’extrême droite ?

    B.P. : La volonté farouche d’expliquer aux gens de ne pas avoir peur. Le Front national fait son lit sur la peur. Tout dans le monde est en train de favoriser cela. La droite et la gauche qui perdent leur boussole, des débats nationaux qui nous font honte, une actualité internationale terrible, une Europe incapable de nous protéger, des États-Unis qui deviennent, d’un pays allié, un pays rapace, la Russie qui fait la guerre aux portes de l’Europe, les conflits au Moyen-Orient qui ont exacerbé nos différences, monté les communautés les unes contre les autres… Les drames que l’on a pu vivre, les attaques terroristes du 7 octobre, les massacres perpétrés à Gaza, la guerre en Iran, en Amérique du Sud… Les dirigeants de notre monde ne se hissent pas à la hauteur de l’histoire, ne comprennent pas qu’après la Seconde Guerre Mondiale, nous avons fait le serment, nous les démocrates, d’avoir une ligne de conduite dictée par le droit et des institutions internationales qui étaient des cadres desquels il ne faudrait jamais sortir. Aujourd’hui quelqu’un qui dit que la Terre est plate a la même parole que celui qui dit que la Terre est ronde… Il faut qu’une génération se lève pour dire stop.

    Qu’est-ce qu’il manque aux gens tentés par l’extrême droite ? Un État-providence. Un État qui amène du service public. Quand on parle de sécurité, bien sûr qu’il faut des policiers. Je n’ai pas honte de dire que j’ai doublé ma police municipale et que je vais recommencer, ni que j’ai triplé ma police la nuit, que je mets des caméras devant les écoles, que j’ai créé une brigade équestre… Mais il faut que la République soit là. Il faut La Poste, France Travail, la Sécurité sociale… Il faut aussi augmenter le pouvoir d’achat.

    Une municipalité le peut-elle ?

    B.P. : Le maire n’augmente pas les salaires mais je peux faire des choses. Je vous l’ai dit pour la rentrée scolaire, les cantines, les petits-déjeuners dans les écoles. Je vais faire une mutuelle municipale pour que les gens puissent se soigner. Aujourd’hui pour beaucoup c’est soit je remplis le frigo, soit je me soigne. Voilà dans quel monde on vit ! Plus personne à gauche ne pose les conditions d’un grand débat national sur la répartition des richesses. Je ne suis pas quelqu’un qui dit « il y a les méchants et les gentils », mais quand on fait République ensemble, ceux qui gagnent de l’argent, créent des emplois doivent être respectés, la contrepartie c’est qu’on paye des impôts. Ces impôts servent à faire vivre une société, créer des postes de fonctionnaires pour le service public qui est le patrimoine de ceux qui n’en n’ont pas.

    En glissant dans l’urne dimanche, on choisit aussi ses conseillers métropolitains. C’est un enjeu important pour quelqu’un qui a désigné la Métropole comme une entrave à sa politique ?

    B.P. : Ça a été plus que ça. La Métropole a été un outil pour taxer les Marseillais et financer avec leur argent des réalisations magnifiques pour les autres communes. Tant mieux pour elles mais je n’accepte pas cette injustice. Je n’accepte pas que les Marseillais soient ceux qui payent le plus d’impôts pour le service public le plus minable. On nous a reproché de nous renvoyer la balle mais mon rôle était de défendre les Marseillais contre une Métropole qui n’a pas mis l’argent pour qu’on puisse avoir des transports dignes, une ville propre, des routes refaites, un espace public apaisé. Promenez-vous à Cassis, Gemenos, à La Ciotat, à Venelles et vous verrez de quoi est capable la Métropole avec l’argent des Marseillais. Si nous l’emportons dimanche. Ça c’est terminé. Plus rien ne se fera sans Marseille parce que la loi PLM change tout. Je dis aux Marseillais que le bulletin qu’ils ont dans la main permettra de vivre dans une ville plus belle, plus propre, où le développement se fait en accord avec la nature. Tout ça c’est la Métropole. Est-ce qu’ils veulent sur la question de l’eau, avoir des m3 gratuits ? Veulent-ils le tunnel à 1 euro le passage ? Ce tunnel à 12,50 euros, c’est honteux d’avoir laissé des entreprises privées se gaver comme ça sur le dos des Marseillais. Ça aussi c’est du pouvoir d’achat. J’ai été cherché des centaines de millions d’euros à Paris avec des gens qui ne pensaient pas comme moi, je suis capable d’aller négocier ça. Quand on est maire de Marseille, on doit se battre pour protéger, rassembler et préparer l’avenir. Ce n’est pas un slogan, c’est notre viatique. Comment peut-on dire comme M. Allisio qu’on veut être le maire du 9e au 13e arrondissement ? C’est un crachat à la figure des Marseillais. Moi je suis maire de tous les Marseillais, qu’ils votent pour moi ou contre moi. Il a eu l’honneur d’entrer au conseil municipal de Marseille en 2020, la première chose qu’il fait c’est qu’il se carapate à Marignane pour se faire élire député et qu’il démissionne. Il revient pour dire « élisez-moi maire » ! Parlant de notre débat il a dit que dans un OM-PSG on ne rajoute pas Le Havre, méprisant Mme Vassal, mais contre lui, c’est pas l’OM, même pas le PSG, c’est le FC Marignane.

    Martine Vassal dit que ses amis maires continuent de lui faire confiance. Peut-elle rester présidente ?

    B.P. : Il y a les mots qu’on dit pendant les élections et puis il y a la réalité. Je pense que Mme Vassal va devoir faire avec la réalité.

    Est-il possible de faire changer le centre de gravité de la Métropole ?

    B.P. : Il a déjà changé naturellement.

    Avez-vous un candidat ?

    B.P. : Ce sera celui ou celle qui respecte les Marseillaises et les Marseillais.

  • La ville de Vauvert tombe dans les griffes du RN

    La ville de Vauvert tombe dans les griffes du RN

    Il y a 6 ans, il avait déjà sué à grosses gouttes pour conserver son fauteuil de maire pour 155 voix. Dimanche 15 mars, Jean Denat n’a rien pu faire pour éviter la catastrophe. Avec 956 bulletins de retard, le socialiste (42,5%), battu en duel par le député RN Nicolas Meizonnet (57,5%), a perdu Vauvert, son bastion depuis 12 ans.

    Après Beaucaire en 2014, avant peut-être Bagnols-sur-Cèze ce dimanche 22 mars, Vauvert devient la seconde ville gardoise à se jeter dans les bras de l’extrême droite. Au grand dam de Jean Denat, qui dit ne rien regretter. « Je suis triste et déçu, c’est la démocratie. Je souhaite bonne chance aux Vauverdois car la magie s’arrêtera vite », lâchait le maire déchu au soir du 1er tour.

    Meizonnet, sa bête noire

    Pour ce retraité de l’éducation nationale qui fut conseiller général puis départemental du canton de Vauvert de 1998 à 2015, le coup est rude. À 71 ans, se profile peut-être la fin d’une carrière politique. Laquelle avait déjà subi un coup d’arrêt en mars 2015. Alors président du Département du Gard depuis 6 mois, Jean Denat avait été battu dans son fief à la surprise générale par… Nicolas Meizonnet, sa bête noire !

    Dimanche 15 mars 2026, c’est le même homme qui a réussi à déboulonner l’édile socialiste de sa ville. Élu député de la 2e circonscription du Gard en 2020 à la suite de la démission de Gilbert Collard, dont il était suppléant, Nicolas Meizonnet, réélu en 2022 puis aux législatives anticipées de 2024, a réussi à Vauvert là où son père, Jean-Louis Meizonnet, avait échoué.

    Dimanche 15 mars, celui qui avait adhéré au FN en 2011, est arrivé en tête dans 9 des 10 bureaux de vote de cette terre de bouvine. N. Meizonnet a promis d’être « un maire de proximité, celui de tous les Vauverdois ». Vu la politique antisociale pratiquée par le RN dans le laboratoire voisin de Beaucaire, il est permis d’en douter.

  • À Arles, de Carolis visé par trois plaintes

    À Arles, de Carolis visé par trois plaintes

    En pleine campagne électorale, l’affaire fait couler de l’encre. Le maire sortant d’Arles Patrick de Carolis (Horizons) est visé par des plaintes de Sofiane Boualem et Romain Djefaflia, respectivement président et vice-président de l’Athlétic Club arlésien (ACA), pour des faits de harcèlement moral et de harcèlement au travail.

    Les deux dirigeants, par ailleurs agents territoriaux et élus syndicaux CGT au sein de la communauté d’agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette (ACCM), l’accusent de pressions et de chantage pour les évincer du bureau de la première association sportive de la ville, alors qu’ils y ont été réélus le 19 décembre 2025.

    Dès ce jour-là, alors que Romain Djefaflia quitte ses fonctions de président et présente Sofiane Boualem pour lui succéder lors de l’assemblée générale, le versement d’un acompte de subvention de 67 500 euros, voté la veille en conseil municipal, aurait été conditionné à leur exclusion. Auprès de La Provence, Patrick de Carolis justifie cette suspension par une gestion du club entachée « de nombreuses irrégularités ». Sofiane Boualem affirme travailler à un « démenti officiel avec un commissaire aux comptes ».

    Une autre plainte pour corruption

    Christophe Fouiller, entrepreneur bien connu de la vie arlésienne qui possède notamment le Grand café Malarte, aurait subi lui aussi des pressions. En juillet 2025, le commerçant, qui fait partie du comité de direction de l’ACA et est l’un des financeurs de l’association, souhaite acheter les murs et l’immeuble de son principal établissement mais se heurte au droit de préemption de la mairie.

    Dans un enregistrement réalisé par Sofiane Boualem au Café de la Fontaine, à Maussane, le 27 décembre 2025 – retranscris par un cabinet d’huissiers eyguierien – Patrick Chauvin aurait confirmé la thèse des deux dirigeants : « Le maire (…) a dit : écoute, si Christophe prend la présidence du club, alors je serais prêt à discuter pour enlever la préemption. » « Oui, mais c’est vrai ça », aurait répondu l’ancien premier adjoint d’Hervé Schiavetti, désormais colistier de Patrick de Carolis.

    Christophe Fouiller a porté plainte le 10 mars dernier au tribunal de Tarascon contre le maire sortant pour des faits de corruption, pour avoir « proposé le retrait d’une décision de préemption sur l’immeuble, sis 14 boulevard des Lices, en contrepartie du départ de Romain Djefaflia et Sofiane Boualem du bureau de l’ACA ».

    La plainte, que nous avons pu consulter, pointe également des propos qui pourraient révéler un délit de détournement de fonds publics, puisqu’un passage d’un second enregistrement, daté du 30 janvier, évoque un dédommagement avec l’argent public de la Ville.

    Patrick de Carolis n’a pas donné suite à nos sollicitations. Auprès de nos confrères de La Provence, il nie tout lien avéré avec sa personne et dénonce « une grossière machination politique », annonçant lui-même porter plainte pour dénonciation calomnieuse.

  • [Entretien] Martine Vassal : « On a créé un duel qui n’existe pas, nous sommes trois au second tour »

    [Entretien] Martine Vassal : « On a créé un duel qui n’existe pas, nous sommes trois au second tour »

    La Marseillaise : Quelle est votre analyse des rapports de force du premier tour ? Pourquoi, dans ces conditions avoir décidé de vous maintenir ?

    Martine Vassal : Vous dire qu’on est ravi des résultats, non. On est déçu du résultat, on ne pensait pas faire ce score-là. Je prends les résultats avec beaucoup de recul. Il y a maintenant un second tour et les cartes sont rebattues. Marseille est à la croisée des chemins. Il faut que les Marseillaises et les Marseillais prennent leur destin en main. Ils ont trois choix dimanche. On repart à zéro. Le rassemblement n’arrivera pas à gagner Marseille, je l’ai déjà dit. Benoît Payan reçoit le soutien de l’extrême gauche après avoir pris des candidats issus de la France insoumise sur sa liste dès le premier tour. Nous, nous sommes au milieu. Plus de 35 000 personnes ont voté pour nous, on veut les représenter.

    Vous avez été silencieuse au soir du second tour. Avez-vous examiné la possibilité de vous retirer ?

    M.V. : J’ai attendu parce qu’en réalité, c’est mon caractère. Moi, j’y crois jusqu’au bout. À minuit, sur les 497 bureaux de vote, j’en avais 150. Et puis l’équipe m’a dit qu’il y avait un gros écart, et qu’il fallait savoir si les troisièmes c’étaient nous ou la France insoumise. Je ne voulais pas parler sans savoir en quelle position j’étais. On est rentré, c’était 3h du matin… J’avoue que je ne me sentais pas de faire une déclaration. Le lendemain, comme c’était prévu j’ai réuni mes têtes de listes pour qu’on puisse discuter de la position à tenir.

    Étaient-elles unanimes ?

    M.V. : Non, elles ne l’étaient pas. Mais c’est normal quand on rassemble depuis l’écologie raisonnable jusqu’à la droite affirmée. Chacun a exprimé son point de vue, c’est la démocratie et nous nous sommes exprimés dès lundi.

    Donc vous n’avez pas songé à arrêter là ?

    M.V. : J’avais dit avant le premier tour que même satellisée sur la Lune, je me maintiendrai. Je suis une femme de parole, je dis ce que je fais et je fais ce que je dis. Le costume est trop grand pour M. Allisio, il panique, il appelle Bruno Retailleau et Gabriel Attal – Gabriel Attal ! – pour que je me retire. J’espère que les gens se diront qu’il y a une femme qui est sérieuse, avec un programme, une équipe cohérente, contrairement à celle de M. Payan, et qu’ils voteront pour moi. Je prends le risque de faire moins mais aussi de faire plus. Je veux rassembler.

    Il y a des disparités entre secteurs. Il y en a un qui est particulièrement regardé par les électeurs de gauche, puisqu’elle s’y était retirée en 2020 pour battre le RN, c’est les 13-14. N’y avait-il pas une forme de renvoi d’ascenseur nécessaire à produire en retirant votre liste de ce secteur ?

    M.V. : On n’est plus en 2020, on est en 2026. Les temps ont changé. Je pense que quand on est en capacité de se maintenir, il faut se maintenir. Sinon le législateur doit changer la loi et dire qu’on ne garde que les deux premiers.

    Quelle est votre réaction au désistement de Sébastien Delogu ?

    M.V. : Je ne suis pas là pour commenter. Ce qui est un peu bizarre c’est qu’il se retire en centrale et reste en secteurs, alors que le danger RN existe en secteurs aussi. Je pense que cela signifie qu’il y a des accords.

    Comment envisagez-vous la campagne éclair du second tour ? Allez-vous tenir meeting ?

    M.V. : J’étais de retour sur le terrain dès aujourd’hui [mercredi], je le serai jusqu’à vendredi. J’ai bloqué mon agenda pour permettre un débat. Au moment où je vous parle, j’ai appris que France Télévisions, donc un média public, envisageait un débat sans moi. Peut-être est-ce parce que je suis une femme ? Nous sommes trois au second tour, les électeurs ont le droit de savoir pour qui ils mettent un bulletin de vote. Je n’ai jamais refusé un débat. C’est un moment important de la démocratie.

    Qu’allez-vous dire aux Marseillais pour être comprise ?

    M.V. : Je martèle une chose simple : ressaisissez-vous les Marseillaises et les Marseillais, vous jouez votre avenir. Ils se sont fait voler l’élection du premier tour. On a créé au niveau national un duel Payan-Allisio. Il n’existait pas. La preuve on a fini à quatre qualifiés.

    N’y a-t-il pas des causes plus profondes à ce duel ?

    M.V. : Les sondages ont pesé. Beaucoup d’électeurs de droite se sont dit « la candidate est loin, alors je vote Allisio ». Benoît Payan a aussi créé les conditions de ce duel, les gens nous parlaient beaucoup de la dégradation de la sécurité à Marseille. Et puis c’est très souvent aussi un vote de colère, de mécontentement, de saturation. Un vote national. On n’a pas pu parler de fond, de l’avenir de Marseille.

    Ces municipales permettent d’élire les conseillers métropolitains. Comment sera gérée la Métropole demain ?

    M.V. : D’abord je suis assez satisfaite du bilan métropolitain mais surtout satisfaite que 73% des maires sur les 92 aient été élus au premier tour. Pour moi c’est le signe de la réussite du travail fait au niveau de la Métropole et du Département. On les a aidés, on a refait les piscines, les stades, la population est contente des maires. Donc il n’y aura pas de modification fondamentale, la Métropole restera dans la même configuration de possibilité de gouvernance.

    Si je comprends bien, vous avez aidé les maires et donc ils vous aideront à rester présidente ?

    M.V. : Franchement, ce n’est pas ma personne qui compte. L’important c’est de stabiliser cette Métropole. Elle est née difficilement, il y a eu l’acte II avec la suppression des conseils de territoires. Et je plaide pour un acte III, avec la proximité qui retourne aux communes et les compétences stratégiques qui restent à la Métropole.

    Quoi qu’il arrive le centre de gravité de la Métropole reste à droite ?

    M.V. : Oui, et au centre. C’est la même configuration qu’aujourd’hui.

    Vous vous dites satisfaite du bilan métropolitain mais beaucoup de critiques s’expriment sur la propreté. Ça n’a pas pesé sur votre résultat ?

    M.V. : Je pense que ce qui a pesé, c’est le fait pour Benoît Payan de dire « c’est pas moi, c’est l’autre ». Il a fait du bashing systématique en disant que tout ce qui était mal, c’était moi et que tout ce qui était bien, c’était lui. Ainsi va la vie. Mais on ne peut pas taper des pieds pour avoir la propreté et une fois qu’on va pour signer le pacte, dire qu’on ne la veut plus. Sur la propreté, j’ai mis fin au fini-parti mais on peut toujours mieux faire, ce qui a manqué à la Métropole, c’est d’avoir la compétence de A à Z. La responsabilité de la verbalisation, c’est la mairie.

    Vos anciens amis sont très critiques. Lionel Royer-Perreaut vous demande de vous désister. L’entourage de Sabrina Agresti-Roubache vous étrille. Avez-vous mené une campagne trop à droite ?

    M.V. : Quand vous ne menez pas le combat, vous êtes sûr de ne pas le perdre. Eux, ils savent ce que c’est que perdre. Vous savez, moi je connais tous les numéros du loto une fois que le tirage est fait. Je pense que la sociologie de la ville a changé et que le niveau du débat n’a pas permis d’intéresser suffisamment. Le niveau d’abstention est très haut.

    Quel avenir pour la droite et le centre à Marseille ?

    M.V. : Nous voulons faire exister notre courant de pensée et évitez la reproduction de ce qu’il se passe à l’Assemblée nationale avec des invectives permanentes entre extrême gauche et extrême droite. J’ai des convictions, du courage, je suis une femme d’honneur.

  • Unis pour La Garde déploie sa stratégie pour gagner des voix

    Unis pour La Garde déploie sa stratégie pour gagner des voix

    « Dans 3 heures, tout le monde aura fait un quartier. Sauf peut-être ceux qui sont à Sainte-Marguerite, car ils sont un peu mous du genou (rires). » Julia Peironet-Bremond, tête de liste d’Unis pour La Garde, est moqueuse. Entre les murs de son local de campagne, où l’ambiance se veut légère et joyeuse malgré l’enjeu se prépare une opération tractage pour obtenir des voix qui peuvent faire pencher la balance dimanche.

    Car la liste « démocrate, républicaine et sans étiquette », composée de « personnes de tous horizons et surtout, de citoyens non encartés », précise la candidate de 44 ans en réponse aux tracts « mensongers » de la majorité sortante lui prêtant des accointances insoumises « alors que nous n’avons aucun candidat LFI », est plus que jamais dans la course. Arrivée 3e avec 30,65% des suffrages, elle ne compte qu’un point et 115 voix de retard sur la liste RN de Nicolas Salsou, ex-directeur de cabinet de la maire Hélène Arnaud-Bill (LR). Cette dernière vire en tête, (37,67%), avec moins de 800 votes d’avance sur Julia Peironet-Bremond.

    Pour renverser la vapeur, l’infirmière libérale, « seule candidate à mener de front travail et campagne, financée en majorité par (ses) soins, sans parti politique », est pragmatique. Les 9 000 abstentionnistes du premier tour étant impossibles à repérer, elle fait appel à la logique : « Si chaque électeur convainc une personne de voter pour nous, ça peut changer les choses. 800 voix de retard, c’est 35 par bureau, ou 50 sur 16 bureaux. Ce n’est rien ! », clame-t-elle.

    Mobiliser par l’alternance

    Une stratégie du « +1 » basée sur « les appels aux amis, à la famille », mais aussi, donc, sur le terrain. « Je connais du monde qui n’a pas voté, j’ai dit à mon fils, à l’étranger, de faire sa procuration. Mon mari appelle tout le monde », s’enthousiasme une habitante. « Je sais qui vous êtes, il faut que certains s’en aillent », tranche une autre.

    Et c’est justement sur le changement que repose le projet d’Unis pour La Garde pour convaincre les déçus, dont les abstentionnistes. « À La Garde, beaucoup ne croient plus en rien », lance Julia Peironet-Bremond. « Les Gardéens peuvent mettre fin au système clientéliste affiché sur des tracts qui menacent implicitement de faire baisser les subventions si Madame Bill n’est pas élue », affirme-t-elle, se félicitant d’avoir œuvré à la condamnation de Jean-Louis Masson, président du Département, ancien maire de La Garde et numéro 2 sur la liste de la maire sortante, pour prise illégale d’intérêts en novembre.

    Avec la promesse de réconcilier les citoyens avec la politique : « Mobiliser est un travail de tous les jours. Si on prend la mairie, on aura à cœur de le faire, car je suis attristée que 9 000 personnes ne se saisissent pas de ça, peu importe pour qui ils votent », déplore la candidate, qui rappelle que « les municipales, c’est l’école, la sécurité alimentaire, la politique sociale, la sécurité, la politique à portée de main ».

  • Tina Biard-Sansonetti veut raviver l’espoir dans les 13-14

    Tina Biard-Sansonetti veut raviver l’espoir dans les 13-14

    Cité la Marie, au fin fond du 13e arrondissement à l’Est de Marseille. Sur les hauteurs de la colline en surplomb, le paisible village d’Allauch lui fait face. Le cadre est verdoyant. C’est ici au terminus de la ligne 2, un seul et unique bus tous les quarts d’heure dans le meilleur des cas, qu’une quinzaine de militants du Printemps marseillais se sont donnés rendez-vous, mercredi en milieu d’après-midi, pour un porte-à-porte.

    Tina Biard-Sansonetti, leur candidate sur le secteur, a quelques minutes de retard. À quatre jours du second tour des municipales son emploi du temps est serré. Elle vient de la Paternelle, à l’autre bout du secteur dans le 14e arrondissement, et devra filer ensuite à la Simiane à quelques centaines de mètres de la mairie Saint-Joseph qu’elle convoite.

    Arrivée dimanche en deuxième position (26,4%), derrière la candidate de l’extrême droite, Sandrine D’Angio (39,7%), maire RN des 13-14 de 2016 à 2020, la cheffe de file du Printemps marseillais a fait un pas important pour rendre ce secteur, le plus peuplé de la ville, à la gauche. Marion Bareille, la maire (DVD) sortante est distancée (12,1%) et le candidat insoumis, Mohamed Bensaada (13,1%), s’est retiré. Chaque voix désormais va compter.

    Et le choix de la Marie n’est pas anodin. Sur ce bureau de vote installé dans l’école la Croix Rouge posée en contrebas, l’abstention a atteint 57,4%. Sur les 1 594 inscrits, seulement 679 se sont rendus aux urnes. Pour beaucoup, les habitants des 480 logements de cette cité 13 Habitat formée d’une quinzaine d’immeubles de huit étages chacun, se sont abstenus.

    Ici, la question d’un logement digne est prégnante. Les tracts ont d’ailleurs été ciblés. Karim répète les consignes avant de partir à l’assaut des escaliers : « On rappelle les arrêtés qui ont été pris par la mairie et les contrôles pour contraindre le bailleur du Département à prendre ses responsabilités. Il va y en avoir de nouveaux et le RN, lui, ne fera rien… »

    Pragmatique et accessible

    On retrouve dans l’équipe Rébecca Bernardi, la conseillère municipale (PM) et candidate dans les 11-12, venue prêter main-forte, et Audrey Gatian (PS), présidente de Marseille Habitat, le bailleur social de la Ville. « On a besoin que les logements sociaux soient exemplaires. Là, on est avec 13 Habitat sur le cas d’un bailleur qui n’investit plus dans son parc, on le voit sur toute la ville », déplore cette dernière, présente sur la liste de Tina.

    À leurs côtés aussi, Julien Rossi, Antoine Cortes ou encore Farida, une figure de la cité. Maria, militante du 1er arrondissement, est aussi venue en renfort. Elle tente de convaincre chaque porte qui s’ouvre. « J’apprécie Tina », explique-t-elle, « elle vit dans ce secteur, c’est une femme de terrain exceptionnelle, pragmatique, accessible ». « Et elle donne suite aux choses », poursuit Farida. Elle habite à la Marie depuis plus de vingt ans. Elle connaît tout le monde et se bat contre les moisissures, fuites d’eau, fissures… Elle assure avoir trouvé en « Tina » une oreille attentive aux problèmes de sa résidence.

    Une femme combative et pugnace aussi. Au pied du bâtiment 4, une mère avec sa fille a fait une boule du tract que lui ont donné les militants. Amère, elle n’a pas voté dimanche. Un sentiment d’abandon, pour cette maman qui cherche un logement et un cadre adapté au handicap de sa fille. Tina Biard-Sansonetti a pris la discussion en cours. L’échange est direct. Fort. Il dure de longues minutes.

    « Mme Tina, Je mise sur vous ? J’essaie d’y croire ? »

    « Mme Tina, je mise sur vous ? J’essaie d’y croire ? », demande-t-elle en saisissant un nouveau tract après leur discussion. « Je ne fais pas de promesses en l’air sur la misère des gens », lui répond la candidate du Printemps marseillais. « Moi, je ne prends pas votre numéro mais je vous dis que quand je serai élue, il y aura un défenseur des droits des locataires en mairie de secteur et on va se battre avec vous. » Sans doute une voix de gagnée.

    « Il y a beaucoup de résignation, y compris ici à la Marie, la résidence d’un bailleur social public où les locataires se battent pour vivre dans des conditions dignes sans aucun retour. C’est complexe de montrer la puissance et l’utilité de l’intervention publique, quand ce travail n’a pas été fait correctement. Mais on est ici pour ça », observe Tina Biard-Sansonetti dont l’engagement a déjà convaincu de nombreux militants associatifs du secteur. « On veut montrer aux habitants que la parole et l’action publique ont du sens et peuvent avoir des répercussions. C’est un travail de fourmis, il faut convaincre les personnes une à une, leur dire qu’il n’y a pas de fatalité. »

    Le travail fait sur les écoles durant le mandat est en ce sens porteur. Mais ce genre de porte-à-porte qui a tout du corps à corps, reste nécessaire. Il n’est pas toujours simple d’ailleurs. Dans un couloir où l’eau fuit d’étage en étage, une porte ouverte se referme sur son nez. En face, une voisine ouvre. Elle, ne vote pas mais ses enfants oui… « On est venu leur dire : vous n’êtes pas seuls. On veut vous défendre, porter vos revendications, améliorer votre quotidien, et pour cela on a besoin de votre aide : votre vote dimanche ».

  • Le PCF Var interpelle la droite au second tour

    Le PCF Var interpelle la droite au second tour

    Après un premier tour difficile pour les listes progressistes, le PCF Var partage son analyse. Pointant « une participation en baisse par rapport à 2014 », qui n’a pas joué en faveur de la gauche, et qu’il explique par « le contexte anxiogène des guerres et les trop nombreuses affaires judiciaires concernant des élus varois », il salue malgré tout « les campagnes dynamiques » menées par les partis de gauche « avec des citoyens engagés dans la plupart des villes varoises ».

    Le PCF regrette cependant la division de la gauche, qui ne lui a pas permis de « peser fortement » à La Seyne, où « chacun peut juger de l’irresponsabilité des uns et des autres face au danger du RN qui pourtant était annoncé », notant toutefois qu’« après une très bonne campagne de la liste de gauche PCF-GRS-Après-MRC, Stéphane Sacco arrive nettement en tête de la gauche ».

    « Empêcher l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite »

    Autre responsable « des résultats contrastés » : le « vote utile pour faire barrage au RN et ne permettant à la gauche de se maintenir qu’à La Seyne, La Garde, Solliès-Pont ». Toulon en Commun en a ainsi fait les frais au profit de Josée Massi selon le PCF Var, qui ajoute que cette dernière « a besoin des voix de gauche pour être élue, et doit en tenir compte ». Et enjoint, de manière générale, « les candidats de la droite sous la menace du RN » à prendre en considération « le vote des électeurs de gauche au premier tour ».

    « L’extrême droite peut conquérir plusieurs communes : Toulon, La Seyne, Draguignan, Six-Fours, Solliès-Pont, Salernes… Il est impératif d’empêcher son arrivée au pouvoir », martèlent les communistes, qui continueront « à défendre après les élections les intérêts de la population en matière de logement, de santé, d’éducation, de sécurité… »

  • Dans le Var, la gauche perd beaucoup de terrain

    Dans le Var, la gauche perd beaucoup de terrain

    Dans quatre des cinq plus importantes villes du Var, les progressistes n’ont pas passé le premier tour. Il n’y a qu’à La Seyne où Stéphane Sacco, 4e, ira au second tour, maintenant sa liste malgré la menace de l’arrivée du RN, pour conserver une voix de gauche à la mairie. À Draguignan, où tout était à faire après 12 années de quasi-disparition de la gauche et des écologistes, il n’y avait guère d’illusion. « On partait de 0, donc 8,4%, c’est une étape, même si on aurait préféré passer les 10% », analyse la tête de liste (Les Écologistes) d’Uni.es pour Draguignan Christophe Terras, qui a pu jauger « la nécessité de l’union. La division aurait donné un très mauvais résultat. On va continuer de travailler sur cette dynamique. Il reste beaucoup de travail qu’on n’a pas pu faire en un an », affirme-t-il avec optimisme.

    Peu d’illusions à Fréjus, également, où la réélection de David Rachline (RN) au premier tour, quasi certaine avant le scrutin, a ironiquement permis à « Fréjus Riposte ! » de sauver le siège qu’elle détenait au conseil municipal. À Toulon, en revanche, ne pas passer la barre des 10% représente une sacrée déception. Certes, Magali Brunel réalise un score proche de celui de Guy Rebec en 2020 (8,38% contre 9,12). Mais ce dernier avait bénéficié de la victoire au premier tour d’Hubert Falco pour obtenir trois sièges, ce qui n’est pas le cas cette année puisque l’élection se jouera en deux tours. Et malgré sa « main tendue » à Josée Massi, celle-ci ne l’a pas saisie, ce que « regrette » le collectif, qui ne sera donc plus présent dans l’opposition municipale, mais promet de « continuer à porter ses propositions dans l’intérêt des Toulonnais et des Toulonnaises ».

    Déceptions à Sanary et St-Cyr, espoirs au Pradet et à La Garde

    À Hyères, il y aura un second mandat de suite sans élu de gauche. La liste d’union conduite par Caroline Moulin (Les Écologistes) ne franchit pas le premier tour, comme Philippe Dao en 2020, mais affiche une légère progression (7,86% contre 6,63) et une dynamique enclenchée.

    Il est des endroits où le cœur est plus lourd. À Sanary, Jean-Pierre Meyer (PCF), qui avait ramené la gauche au conseil municipal 12 ans après sa disparition, n’a pas pu réitérer cette performance. « Avec 76 voix de plus nous pouvions être au second tour. Mais ce résultat n’efface pas notre belle progression depuis 2014 » positive le candidat, qui veut continuer de favoriser le « vivre tous mieux à Sanary, y compris sans élu, même s’il faudra parler plus fort ». Situation similaire à Saint-Cyr, sevré de ses deux élus de gauche, où la communiste Sylvie Vinceneux veut poursuivre « le combat pour la justice sociale, la solidarité, la paix, la transition écologique et le pouvoir d’achat par d’autres voies ».

    Pas davantage de réussite à Six-Fours, où la liste de Pascal Cabras ne verra pas le second tour. Notons cependant des éclaircies au Pradet, où le Printemps Pradétan de Laurent Bailloux sera au second tour, tout comme la liste (apparentée DVG) de Julia Peironet-Brémond à La Garde, qui, avec 30,65%, n’est qu’à 793 voix de la maire sortante Hélène Arnaud-Bill (LR).

  • [Entretien] Marc Pena : « À Aix, il faut l’unité face à Sophie Joissains et au RN »

    [Entretien] Marc Pena : « À Aix, il faut l’unité face à Sophie Joissains et au RN »

    La Marseillaise : Vous organisez un premier meeting, ce mercredi, au centre de congrès. Quel est son objectif ?

    Marc Pena : Mercredi, on sera à trois jours de la fin de la campagne du second tour. On attend à peu près 450 personnes. On est en train de mobiliser un maximum pour que les gens viennent. Ce meeting va servir à rassembler. J’ai remarqué le très fort taux d’abstention, de plus de 50%, qui explique en partie ce résultat. Le grand vainqueur de cette élection, c’est l’abstention. On va essayer de mobiliser les gens à aller voter. On doit arriver à gagner cette élection.

    Pour y parvenir, quelle est votre stratégie face à une maire sortante largement en tête ? Sur quelles réserves de voix comptez-vous ?

    M.P. : On a déjà une réserve de voix claire du côté de la gauche radicale : Mounir Ben-Ammar, qui conduisait une liste REV et qui a fait moins de 5%, me soutient officiellement. Avec LFI, on ne fait pas de liste commune, ils ne peuvent plus se maintenir étant à 8%, donc j’espère qu’ils vont appeler à un barrage contre le RN et pour chasser Sophie Joissains. Parmi ces réserves de voix, on compte aussi les abstentionnistes, ainsi que ceux qui ont voté Philippe Klein [11%] et qui en ont marre de la politique clientéliste de la maire sortante.

    Vous voulez unir en construisant un front contre Sophie Joissains et le RN ?

    M.P. : Oui, le mot d’ordre est l’unité face à Joissains et au RN. La maire sortante a fait un gros score [39,4%], mais rien n’est joué. Si les abstentionnistes se réveillent et si les réservoirs potentiels s’expriment à travers notre liste, on peut gagner. Ces 25 dernières années, la même famille a gouverné. Beaucoup d’habitants le vivent comme une fatalité et ne vont pas voter. On dit que les Aixois l’ont choisi, mais la vérité, c’est que 25 ans à la mairie, ça permet de mettre en place des réseaux, des clientèles, des obligés de la mairie et de Madame Joissains qui ont peu d’autonomie. Ce sont des propos lourds que je prononce, mais c’est la réalité. On en dénoncera certains dans ces deux meetings. De plus, l’ensemble des forces de progrès doit s’opposer à la liste RN de Monsieur Geiger [15,9%]. Ils ont fait suffisamment pour être au second tour et représentent un grand danger pour l’avenir de la ville.

    Vous avez annoncé un second meeting, jeudi, au Jas-de-Bouffan. Pourquoi ce quartier ?

    M.P. : Il se tiendra à la salle des Cèdres au Jas-de-Bouffan. Aix ne se limite pas au centre-ville et aux allées provençales, comme le croient certains, notamment les Joissains. Il y a les quartiers populaires et les villages aussi. Jas-de-Bouffan est une ville dans la ville, avec 35 000 habitants. Si on n’écoute pas ces gens, si on ne leur redonne pas d’espoir, ce sont simplement la colère et la frustration qui s’exprimeront, d’abord en ne votant plus, et demain peut-être par des tensions sociales plus importantes. C’est notre vocation, en tant que gauche, de représenter les classes populaires. On veut accueillir un maximum de personnes pour se rassembler en vue d’une victoire.

    Meeting mercredi 18 mars à 19h au centre de congrès d’Aix-en-Provence ; meeting jeudi 19 mars à 19h à la salle des Cèdres