Tag: élections municipales

  • Une fête très politique à la ferrade du PCF

    Une fête très politique à la ferrade du PCF

    « Je crois que le débat avec un oncologue et un syndicaliste de la sécu est vraiment d’actualité. » Le secrétaire de la section du PCF de Port-Saint-Louis-du-Rhône Gaël Zaafour exulte à l’approche de la traditionnelle ferrade organisée avec les communistes d’Arles.

    Car au menu de ce samedi 30 mai ne figure pas que la gardiane de taureau. Le débat de 15h annoncé par le responsable Saint-Louisien portera sur l’accès aux soins, les déserts médicaux et la sécurité sociale, avec le secrétaire général CGT de la CPAM et Anthony Gonçalves, oncologue et adjoint (PCF) au maire de Marseille en charge de la santé. « Ce sont deux points d’attaque du capital : tuer la sécu et imposer le libéralisme dans la santé et le médicament », juge Gaël Zaafour.

    Solidarité internationale et associative

    La solidarité internationale est aussi à l’honneur. « Nous allons symboliquement remettre un chèque à Cubacoopération », indique Jean-Frédéric Déjean, du PCF Arlésien, en même temps que sera rappelé le soutien à la Palestine et au peuple cubain.

    Plusieurs stands d’associations du territoire seront présents, dont Femmes solidaires, Osez le féminisme, la Ligue des droits de l’Homme, l’Union des familles laïques, le Secours populaire français ainsi que celui de La cuvée de camarades.

    En pleine période de congrès, les deux communistes s’accordent sur l’enjeu d’un parti uni. « Le monde n’a jamais eu autant besoin d’un parti communiste fort. À nous de nous unir plus que jamais pour rester combatifs », estime Gaël Zaafour du PCF Saint-louisien. « Les communistes doivent chercher les moyens d’être les plus utiles pour tourner la page du macronisme », complète Jean-Frédéric Déjean, du PCF d’Arles.

    Rendez-vous samedi 30 mai à partir de 10h à la Manade des Chanoines, située au 796 RD 113A, à Arles. Le marquage des veaux est prévu à 11h, les prises de parole politiques à 12h et les vachettes seront dans les arènes à 15h30 après le débat.

  • Fabien Roussel : « J’appelle à avoir un Parti communiste le plus uni possible »

    Fabien Roussel : « J’appelle à avoir un Parti communiste le plus uni possible »

    La Marseillaise : Vous venez participer à la Feria de Nîmes, ce week-end. Pourquoi ce déplacement ?

    Fabien Roussel : La Feria de Nîmes est une des plus grandes fêtes populaires de notre pays, avec une ville de 150 000 habitants qui va accueillir, pendant quelques jours, un million de visiteurs ! C’est une si belle fête, j’ai envie tout simplement de la partager avec beaucoup de monde. Surtout, je vais avoir le plaisir de pouvoir le faire avec le nouveau maire de Nîmes, Vincent Bouget, et les militants qui ont participé à cette victoire. C’est une fierté !

    Nîmes est la plus grande ville remportée par le PCF, lors de ces municipales, et face à l’extrême droite. Quelles leçons en tirer au moment où s’ouvre une nouvelle séquence politique ?

    F. R. : J’ai retenu une chose du choix qu’ils ont fait à Nîmes : de construire un programme avec les habitants, quartier par quartier, rue par rue, pendant plus d’un an, et ensuite de mener campagne sur ce programme en ne parlant que de leur programme, sans jamais parler des adversaires. J’ai fait la même chose dans ma commune de Saint-Amand-les-Eaux. C’est une leçon de ces élections municipales que nous devrions reproduire plus souvent.

    Face à la flambée du prix des carburants, vous appelez à nationaliser Total. Cela suffit-il face aux grandes crises internationales ?

    F. R. : La nationalisation de Total n’est pas une fin en soi, ce n’est pas ça qui va régler tous les problèmes, nous en avons bien conscience. Ce que nous demandons d’abord, c’est de bloquer les prix à 1,50 euro et de baisser les factures d’électricité, parce que nous sommes dans une situation où nous produisons beaucoup d’électricité, à tel point que nous ne savons pas quoi en faire ! Et, enfin, il faut augmenter les salaires et les pensions de retraite de 5% immédiatement pour protéger le pouvoir d’achat des Français, la consommation et relancer l’économie par la consommation. Ces trois mesures sont indispensables. Nationaliser Total, c’est reprendre la main sur une entreprise qui a vocation à être une entreprise d’État : c’est une entreprise stratégique, c’est incompréhensible pour nos concitoyens que ce grand groupe profite de la guerre pour accumuler près de 6 milliards d’euros de bénéfices en un trimestre, alors que cet argent devrait servir à baisser le prix à la pompe.

    Le tissu industriel est frappé par les pénuries de matières premières après la guerre des États-Unis contre l’Iran. Comment réaliser la réindustrialisation défendue par les communistes ?

    F. R. : Puisque le gouvernement apporte des mesures qui sont loin de faire le compte et que nous craignons une récession dans les mois qui viennent, nous appelons à une semaine d’action devant les préfectures, entre le 28 mai et le 4 juin, pour interpeller partout l’État sur la vie chère et l’emploi. Les défaillances d’entreprises n’ont jamais été aussi nombreuses, notre économie est hyper fragilisée, il y a besoin de la protéger et de créer, dans chaque région, une cellule de crise rassemblant les représentants des salariés, les services de l’État et les banques, pour trouver des solutions face à chaque menace qui pèse sur une activité industrielle. Il faut stopper cette hémorragie d’emplois industriels immédiatement, sinon, nous allons continuer à nous affaiblir.

    Dans les Bouches-du-Rhône, nous avons eu l’exemple de l’abandon du projet de la plus grande fabrique de panneaux solaires d’Europe, face à la concurrence internationale. Comment reconquérir une souveraineté industrielle ?

    F. R. : La France a plein de richesses, d’énergie, de compétences, permettant d’être un pays beaucoup plus attractif, nous pourrions être leader dans plein de domaines. Nous produisons l’électricité la plus décarbonée et la moins chère de toute l’Union européenne, nous avons demandé la baisse de son prix de l’électricité de 30%, pour que les entreprises puissent investir chez nous. Et nous appelons à la mise en place d’un plan de relance, un pacte de confiance et d’avenir que nous avons estimé à 500 milliards d’euros, sur cinq ans, afin de prêter à taux zéro voire négatif pour relocaliser l’industrie en étant vigilants sur les critères écologiques et d’emploi, pour que cet argent soit socialement utile.

    Ces milliards, le gouvernement les consacre au réarmement en abondant de 36 milliards d’euros la loi de programmation militaire…

    F. R. : Avec Cécile Cukierman et Stéphane Peu, nous avons interpellé Sébastien Lecornu pour lui demander solennellement de changer de politique, pour éviter à tout prix une récession. Au lieu d’investir dans l’armée, dans les bombes, dans les guerres à l’étranger, nous lui demandons d’investir dans les services publics que les Français réclament : la santé, l’école, la lutte contre les narcotrafics. Et puis, il y a ces 211 milliards d’euros d’aides publiques versées à l’aveugle, sans contrepartie, y compris à de grands groupes qui n’en ont pas besoin. Nous demandons à les flécher vers les industries sur la base de critères sociaux et écologiques, pour que l’on relocalise des filières entières dans notre pays.

    Le PCF a engagé son 40e congrès, avec trois textes alternatifs face au projet de base commune du conseil national. Comment les accueillez-vous ?

    F. R. : Les communistes ont la culture du débat ! Nous aimons prendre le temps d’analyser la situation en France comme à l’internationale, pour avoir les meilleures réponses à apporter. Je regrette qu’il y ait autant de textes, car cela risque de fracturer et de diviser notre parti à un moment où, au contraire, nous avons besoin d’un parti solide pour défendre la classe ouvrière, tout comme nous avons besoin de syndicats solides. Il ne faut pas avoir peur du débat, débattre en toute sérénité et se rassembler pour mener ce combat contre l’extrême droite, pour la paix en Europe et dans le monde. La base commune que la direction sortante propose, que je défends et qui a été adoptée à 77% par le conseil national, est largement amendable. Elle doit être enrichie. J’ai entendu à travers les textes alternatifs les remarques, les manques, les doutes. Nous allons avoir tout le temps du congrès pour les intégrer, sur la base de cette base commune que nous proposons. J’invite les communistes à l’adopter pour avoir un parti le plus uni possible dans la préparation de ce congrès.

    Le coordinateur national de la

    France insoumise Manuel Bompard assurait, ce vendredi, que les communistes sont des alliés naturels et demandait de ne pas instrumentaliser LFI dans les débats internes du PCF. Que lui répondez-vous ?

    F. R. : Je regrette tous ces messages qui circulent sur les réseaux sociaux partagés par des militants et des dirigeants de la France insoumise pour appeler les communistes à me battre et à battre la base commune du CN. C’est de l’ingérence et c’est insupportable. Quant à Manuel Bompard, qui dit que nous sommes un allié naturel, il expliquera cela aux maires communistes devant lesquels il a mis des candidatures de la France insoumise pour les faire battre lors des dernières municipales. On ne fait pas ça à un allié. Ce qui s’est passé aux élections municipales restera une expérience vécue douloureusement.

  • Sébastien Delogu dénonce des ingérences étrangères

    Sébastien Delogu dénonce des ingérences étrangères

    « Des personnes sont même allées faire des affiches, dans la deuxième ville de France, avec des QR codes renvoyant à des sites où il était écrit que j’étais accusé de viol ! » Ce mercredi matin, dans une conférence de presse, Sébastien Delogu, député LFI de la 7e circonscription des Bouches-du-Rhône, aux côtés de François Piquemal, son homologue de Haute-Garonne, a sonné la riposte face à ce qu’ils qualifient de « campagne de dénigrement et diffamation ». Laquelle a eu lieu pendant les élections municipales, où les deux étaient candidats dans leurs villes respectives. Le tout, orchestré, a priori, par une entreprise israélienne spécialisée dans l’influence sur internet.

    Sébastien Delogu énumère la « création de sites internet, création de faux comptes et de faux journalistes » à son encontre. Quand François Piquemal, ex-candidat à Toulouse, liste la « création de pages diffamantes colportant des rumeurs ou la divulgation de mon adresse personnelle sur internet ». Ce dernier évoque un exemple parlant : « La veille du 2d tour avec diffusion de fausses publicités sur plusieurs sites, dont celui de “La Dépêche du Midi”. » Des publicités haineuses reprenant la charte graphique des insoumis où l’on voyait, par exemple, un homme torse nu avec un tatouage « LFI », frappant un autre homme à terre.

    L’affaire est notamment documentée par Viginum, dispositif créé par Emmanuel Macron qui contrôle les opérations électorales sur internet, comme le relatent nos confrères du Canard Enchaîné. Selon eux, Viginum a largement documenté les fausses informations, publications haineuses et autres tromperies à l’égard des deux candidats et est remonté jusqu’à ladite entreprise israélienne. Problème : Le Canard Enchaîné révèle, ce mercredi, que le rapport s’appuyant sur le travail de Viginum, « consacré aux opérations de déstabilisation constatées », n’a toujours pas été rendu public. De quoi faire monter au créneau François Piquemal avec une question à l’Assemblée nationale. En réponse, Laurent Nuñez a annoncé, mercredi 20 mai à l’Assemblée, qu’une « action judiciaire [était] engagée ». Et d’assurer que le rapport serait bien rendu public. Le candidat toulousain saisit le tribunal administratif pour faire annuler l’élection.

  • [Entretien] Laurent Bailloux, élu au Pradet : « La gauche devra s’unir aux prochaines municipales »

    [Entretien] Laurent Bailloux, élu au Pradet : « La gauche devra s’unir aux prochaines municipales »

    La Marseillaise : Quelle analyse faites-vous des dernières élections ?

    Laurent Bailloux : On fait le même score qu’au premier tour en 2020, avec 200 voix de plus. C’est plutôt encourageant. Ensuite, le vote utile nous fait perdre un tiers de nos voix et un élu. Sur 33, 31 sont de droite ou d’extrême droite, pour deux plutôt à gauche, avec Émilie Thomas [qui a suppléé Bernard Pezery, autre candidat DVG démissionnaire, Ndlr]. On va tâcher de représenter les 30% qui ont voté pour nos listes au premier tour et faire vivre la démocratie.

    La situation est similaire dans l’ensemble du département…

    L.B. : Le renoncement lors des élections régionales et départementales a fait s’effacer la gauche, avec le RN comme seule opposition à la droite républicaine. Sur la Métropole, on a un seul élu. La gauche disparaît des instances locales. Cela n’aide pas à exister et à porter nos valeurs, quand on a pour seule optique la défaite. Mais on doit le faire, autrement, on va avoir des villes sans liste de gauche, comme à La Farlède, La Londe… On doit apporter une véritable opposition, pas seulement une lutte de façade, face à des personnes qui ont un programme à 90% similaire.

    Cela étant dit, discutez-vous entre forces de gauche varoises ?

    L.B. : Pour l’instant non, mais on a abordé cette question dans notre groupe, dans l’idée de travailler avec notre seul élu métropolitain, Stéphane Sacco. Avec Émilie Thomas, non plus, mais on s’entend très bien. Nos positionnements sont sensiblement identiques. On devrait commencer à discuter d’égal à égal et on va arriver à s’entraider logiquement. Il n’y a pas encore de discussion de fond, ni de travail commun, mais c’est pour moi seule possibilité d’exister aux prochaines élections, en étant unis dans une dynamique de premier tour, avec une candidature commune à gauche.

    Quels seront les enjeux pour vous lors de ce mandat ?

    L.B. : Il y a une guerre ouverte entre le maire [Hervé Stassinos] et son ancienne première adjointe [Valérie Rialland, candidate UDR, battue avec 64 voix d’écart] qui a déposé un recours. La situation est inquiétante pour la commune car les principaux financeurs sont la Région et le Département. Le maire, aussi conseiller régional, a peur d’être taxé de favoritisme. De l’autre côté, Valérie Rialland, conseillère départementale, freine les subventions pour ne pas favoriser la réussite de son adversaire. Notre but sera d’apporter une voix apaisante, mais ferme, sur nos valeurs face au mépris et à la rancœur.

  • [Parole de maire] Séverine Dellanegra (Saint-Martin-de-Crau) : « Permettre aux citoyens saint-martinois de s’exprimer »

    [Parole de maire] Séverine Dellanegra (Saint-Martin-de-Crau) : « Permettre aux citoyens saint-martinois de s’exprimer »

    Réélue en mars avec 64,88% des voix au premier tour, la maire de Saint-Martin-de-Crau (Bouches-du-Rhône), Séverine Dellanegra, a fait adopter un budget qu’elle qualifie de « prudent » mais « ambitieux ». La maire, qui s’était portée candidate à la présidence de la communauté d’agglo Arles-Crau-Camargue-Montagnette (ACCM) critique la gouvernance du président, le maire d’Arles Patrick de Carolis, et réclame un « pacte ».

    La Marseillaise : Le 7 avril,
    vous vous êtes présentée
    face à Patrick de Carolis à la présidence de la communauté d’agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette (ACCM) et avait perdu d’une seule voix. Pourquoi cette candidature ?

    Séverine Dellanegra : J’ai été première vice-présidente de l’ACCM de décembre 2024 à avril 2026 sous son mandat précédent. Ce que j’ai pu constater durant ces 15 mois c’est que le fonctionnement de cette agglomération manquait pour moi de structuration en matière de gouvernance notamment politique. Mais aussi de transparence, de collaboration, au moment des réflexions mais surtout des décisions prises sur les projets pour notre agglomération et les six communes qui la structurent. Je ne me suis, par exemple, pas du tout sentie intégrée dans le processus de construction du budget 2026. J’en ai fait part à Patrick de Carolis, dès l’entre-deux-tours des élections municipales, en lui disant que j’aimerais que cela puisse changer notamment par l’élaboration d’un pacte de gouvernance. De la manière dont on voyait le paysage politique se dessiner au sein de notre agglomération, il me semblait nécessaire de pouvoir parler en amont de cette élection du président pour savoir comment on allait fonctionner avec des exécutifs municipaux aux différentes étiquettes politiques. Je me suis présentée pour défendre une vision et pas contre la personne de Patrick de Carolis. Je dois avouer que je ne pensais pas que la punition serait celle que nous avons vécue. La commune de Saint-Martin-de-Crau ne bénéficie d’aucune vice-présidence, on nous a sortis de l’exécutif communautaire et finalement on nous associe aujourd’hui à une opposition !

    Patrick de Carolis dit vous avoir proposé quatre vice-présidences…

    S.D. : Il est vrai mais, pour ma part, je ne pouvais pas les accepter. Avoir quatre vice-présidences si c’est pour travailler comme nous avions travaillé l’année et demie qui a précédé, ça ne servait à rien.

    Mardi 28 avril, sur 44 conseillers communautaires votants, 22 se sont abstenus, dont vous, lors
    du vote du budget de l’ACCM.
    Qu’est-ce que cela signifie
     ?

    S.D. : Nous avons envoyé un signal car nous aurions pu tout bloquer. Les délibérations précédentes concernaient le compte financier unique, donc les anciens comptes administratifs 2025. Comme le président ne vote pas à cette occasion, nos 22 voix auraient pu faire capoter le vote sans lequel les budgets 2026 n’auraient pu être présentés. Donc malgré tout, on n’a pas voulu bloquer ce budget même si nous souhaitons plus de transparence notamment sur les choix budgétaires en direction des différentes communes. On ne veut pas être mis de côté, nous, Saint-Martinois. Mais, attention : s’il n’y a pas clairement des améliorations sur la manière dont on travaille, on pourra demain, s’il le faut, s’opposer à certaines décisions si elles sont prises de manière unilatérale.

    Vous réclamez toujours ce pacte de gouvernance ?

    S.D. : Absolument, il doit être formalisé au plus tôt. Faire des grandes déclarations en disant qu’on va aller vers un apaisement, qu’on va construire tous ensemble, qu’il n’y aura pas de communes laissées-pour-compte, c’est très bien mais c’est encore mieux de l’écrire et de s’y tenir.

    Lors de la campagne municipale, vous disiez que la commune
    de Saint-Martin-de-Crau devait continuer à «
     investir pour améliorer ses services publics, son environnement, sa qualité
    de vie
     ». Comment le budget peut y parvenir ?

    S.D. : Ce budget 2026 est dans la droite ligne de ce que nous avions annoncé aux Saint-Martinois dès l’élection de 2024 et lors du vote du budget. Nous souhaitions que 2025 soit une année de transition, de sécurisation, de reconstruction. Ce à quoi nous sommes parvenus et nous en sommes ravis. Le vote du compte administratif le démontre. Nous avons pu dégager des excédents, une capacité d’autofinancement et ce budget 2026 nous permet déjà de relancer l’investissement sur la commune.

    Nous avons une grande richesse à Saint-Martin-de-Crau avec énormément d’infrastructures et de bâtiments communaux qui n’ont pas été clairement entretenus via des investissements réguliers au cours des dernières années. Il y a un vrai travail à mener et nous avons choisi de le faire dès cette année avec le grand plan école. Tous les groupes scolaires seront rénovés au niveau de l’isolation thermique et également pour certains, des menuiseries, des mises aux normes, notamment pour les personnes à mobilité réduite. Il y aura de la climatisation dans des pièces qui n’en disposaient pas. C’est un investissement de plus de 5 millions d’euros. D’autres bâtiments sportifs et d’accueil du public bénéficieront également d’investissements.

    Tout cela est inscrit au sein d’un plan pluriannuel de trois ans, pour avoir une vraie vision et conduire Saint-Martin-de-Crau vers un avenir ambitieux avec l’assurance de pouvoir mener les projets à bien. Nous sommes, comme toute collectivité locale aujourd’hui, très prudents car nos marges de manœuvre pourraient se réduire notamment par une baisse des dotations de l’État.

    Les habitants vous sollicitent-ils sur certains dossiers depuis votre réélection ?

    S.D. : Il y a une notion qui nous tient particulièrement à cœur et qu’on n’a pas eu le temps de mettre en œuvre véritablement au cours du précédent mandat, c’est la participation citoyenne. Au sein de notre équipe nous avons la conviction d’avoir été élus avec un but simple : être au service des usagers, des administrés. C’est pour eux que nous prenons des décisions, pas pour nous. L’idée, c’est vraiment de déployer des instances, des actions qui vont permettre aux citoyens saint-martinois de s’exprimer, de choisir, en tout cas d’être une aide à la décision. La défense de notre identité saint-martinoise nous tient aussi à cœur Au-delà de la culture et des traditions provençales, nous avons une position très marquée sur ce qui pourrait venir abîmer l’identité de notre commune, son patrimoine, ses paysages, son monde rural. Je parle clairement des gros dossiers que sont la ligne aérienne très haute tension (THT) et le contournement autoroutier d’Arles. Nous sommes très vigilants sur ces sujets et sur la manière dont ils vont avancer.

    Entretien réalisé par Laureen Piddiu

  • Des rames du tramway vont partir en révision à Albi

    Des rames du tramway vont partir en révision à Albi

    Une première est partie par camion la semaine dernière de son entrepôt, direction Albi… Selon un planning bien défini pour ne pas impacter le service, les 32 rames Bombardier « Flexity » du tramway marseillais vont être révisées de fond en comble pour une opération de révision à « mi vie » indique la RTM. Une maintenance prévue dans le cadre réglementaire de leur cycle de circulation mais qui « va bien au-delà » précise la régie.

    Ce contrôle poussé doit intervenir tous les 900 000 kilomètres parcourus. La première rame jouera « un rôle de prototype » explique-t-on, avec une durée d’immobilisation estimée à 9,7 mois et un retour attendu en début d’année prochaine. De quoi réduire les délais progressivement pour les rames suivantes « avec 5,6 mois pour la deuxième, 4 mois pour la troisième, puis 3 mois pour la quatrième ». Une fois le processus industrialisé, « le rythme se stabilisera autour de 2,5 mois par rame ».

    Le but : offrir aux usagers « un réseau plus fiable, plus confortable et plus moderne », avec « moins de pannes et plus de régularité » et harmoniser avec les rames du constructeur espagnol CAF qui circulent depuis janvier sur la ligne T3 étendue jusqu’à La Gaye.

    Un design et une technologie harmonisés

    Concrètement, le système d’aide à l’exploitation sera aligné. Le système ECB (Équipement concentrateur bus), qui permet au tramway de communiquer avec le centre de contrôle et de garantir le bon fonctionnement des équipements embarqués, la supervision et la sécurité du service, sera remplacé par un modèle de génération plus récente. Les systèmes d’information voyageurs, la sonorisation et les « girouettes », entendre les panneaux qui affichent la destination de la rame à l’extérieur, seront aussi modernisés.

    À l’intérieur des rames, le design et les équipements vont être repris avec le remplacement des revêtements de sol et l’adaptation des mains courantes. Un éclairage LED « plus agréable » sera installé.

    Le chantier va être finalisé pour les 26 rames de première génération, mises en service en 2007, d’ici décembre 2028. L’ensemble des 32 rames devrait être traité à l’horizon juillet 2029, prenant en compte les 6 rames de deuxième génération, mises en service en 2011. Le marché d’un montant de 25 millions d’euros sur une durée de six ans, a été remporté en décembre 2025 par ACC-M, entreprise clermontoise spécialisée dans la restauration ferroviaire, qui a ouvert un site de plus de 2 000 mètres carrés à Albi l’an dernier.

    Côté projet, une deuxième phase d’extension de la ligne T3 est prévue pour la prolonger au nord vers Saint-Louis et le lycée Saint-Exupéry, une ligne de la rue de Rome à la place du 4-Septembre évoquée avant les élections municipales de mars. Mais avec les difficultés financières de la métropole Aix-Marseille-Provence, autorité organisatrice des transports, la donne pourrait changer. Le président de la collectivité alertait ce mercredi 15 avril sur un budget non finançable et appelait le gouvernement à débloquer le taux du versement mobilité.

  • Pour eux, 2027 passe par une primaire des gauches

    Pour eux, 2027 passe par une primaire des gauches

    Ils tirent une leçon claire des élections municipales. Face à un « RN qui s’ancre » et à la « porosité » qui s’étend entre la droite et l’extrême droite, le danger a atteint un tel niveau qu’une candidature commune à gauche est indispensable à la présidentielle 2027.

    « Il n’y a que quand on est unis qu’on peut gagner », estime Boris Chenaud. Porte-parole héraultais de l’Après, le mouvement politique fondé l’été 2024 par des purgés insoumis, il fait partie des premiers à lancer la campagne pour l’organisation d’une primaire des forces progressistes prévue le 11 octobre.

    Une idée partagée par Les Écologistes de Marine Tondelier, Génération.S (Benoît Hamon) et Debout ! (François Ruffin). Mais pour l’heure rejetée par LFI de Jean-Luc Mélenchon, le PCF de Fabien Roussel ou le PS d’Olivier Faure. C’est dire si les pro-primaire ont du pain sur la planche.

    78% des gens de gauche favorables à une primaire

    Pourtant, 78% des sympathisants de gauche y sont favorables (sondage Ipsos BVA). « Ce doit être la construction d’une candidature consensuelle, pas un combat de coqs », insiste Boris Chenaud qui croit en une « dynamique populaire » si 1,5 à 2 millions de Français venaient voter à l’automne après avoir signé une charte pour un programme dans le périmètre du Nouveau front populaire.

    Quant au système de votation imaginé, pas question d’humilier qui que ce soit pour limiter les risques de candidatures dissidentes à la Manuel Valls. « On souhaite un système de notation des candidats (très bien, bien, assez bien, passable, rejet…) assez similaire à celui utilisé pour les primaires à New York », explique Anne-Rose Le Van, de l’Après 34.

    Si les premiers tracts ont été distribués à Montpellier, il reste beaucoup à faire pour que la mayonnaise prenne d’ici cet été. D’autant que les divergences entre partis de gauche semblent s’être exacerbées ces derniers mois. Sur les conflits type Israël/Palestine, Boris Chenaud préconise de « s’appuyer sur le droit international ». Sur les désaccords nationaux, Anne-Rose Le Van appelle chacun à prendre ses responsabilités. « Avec la Nupes, on avait laissé chaque député trancher la question du nucléaire. » Elle rappelle qu’avec Lionel Jospin (1997-2002), « la gauche avait réussi à diriger le pays avec Gayssot, Mélenchon et Voynet ».

    Anne-Rose Le Van assure que des socialistes et des communistes sont favorables à l’organisation d’une primaire des gauches qui irait du NPA au PS. Elle invite à suivre Marie-Pierre Vieu (PCF) qui a signé dans Libération la pétition pour un scrutin à l’automne.

  • L’opposition fosséenne en ordre de marche pour 2033

    L’opposition fosséenne en ordre de marche pour 2033

    Ce n’était « pas prévu initialement », admet Rémi Esnault, mais c’est une « aventure politique et démocratique » à laquelle le groupe « Notre Fos » se prépare. La veille de la première séance du conseil municipal, une quinzaine de membres de la liste qui a récolté 29,32% des suffrages au second tour des élections se réunit au sein de l’hôtel Ariane pour discuter de l’ordre du jour, alors que c’est le candidat adoubé par le label « La Provence qu’on aime » de Franck Allisio (RN), Philippe Maurizot, qui a été désigné maire par 48,24% des votants le 22 mars.

    « Nous sommes cinq à siéger dans l’opposition, commence Nicolas Féraud (PCF). Nous sommes les porte-parole d’un tiers de la population, mais aussi du groupe, avec lequel on a décidé de maintenir le lien pour poursuivre le travail au profit des Fosséennes et des Fosséens. » Des réunions hebdomadaires continueront d’être organisées pour « poursuivre le même engagement que lorsqu’on était aux responsabilités », affirme Rémi Esnault. « On s’inscrit dans le long terme, le groupe va s’affiner, peut-être se reconfigurer pendant le mandat, poursuit-il. Des choses seront faites en parallèle, on va notamment éditer un trimestriel pour continuer d’informer les habitants sur nos actions et de partager notre vision. » L’objectif est clair : « aborder 2033 avec un projet et une équipe solide » tout en évitant « une rupture entre la gouvernance qu’on a eue pendant des années et les prochaines élections municipales ».

    Une autocritique

    Quelques semaines après sa défaite, le groupe a eu le temps d’analyser les résultats. Rémi Esnault pointe d’abord la responsabilité de la « liste félonne à gauche », menée par l’ancien adjoint de René Raimondi Jean-Michel Leroy (PS), sans qui « on avait la majorité », assure-t-il. Quant aux raisons de cette scission au sein de la précédente majorité, des questions restent en suspens : « Est-ce qu’il y a un héritage municipal qui a mal été géré pendant une période avec des dissensions internes qui n’ont pas été assez rapidement et efficacement endiguées ? Peut-être. On a sûrement une part de responsabilité. »

    Le groupe dit être « dans une forme d’effarement de se dire comment Fos a pu à ce point couper brutalement avec l’héritage du service public déployé partout à tout âge ». Dans cette commune, la montée de l’extrême droite s’est faite progressivement, mais c’est la première fois que « la digue » municipale a « cassé ». Charge, désormais, à l’opposition de la réparer.

  • [Maj] Anthony Krehmeier rempile dans le 2e secteur à Marseille

    [Maj] Anthony Krehmeier rempile dans le 2e secteur à Marseille

    Jour de fête, dimanche, à la mairie du deuxième secteur, située sur l’esplanade de la Major où, face à l’affluence, des salles annexes ont été mises à disposition pour suivre la retransmission de l’élection du maire.

    Dans le public du conseil, beaucoup d’habitants, de militants, mais aussi des visages de l’ancien monde de ce fief socialiste comme Eugène Caselli ou Sylvie Andrieux, venus assister à la réélection d’Anthony Krehmeier (PS), qui fait son entrée dans le conseil d’arrondissement en compagnie du maire de Marseille, Benoît Payan (DVG). Après avoir remporté le secteur au second tour des élections municipales avec 49,76% des suffrages exprimés, le Printemps marseillais peut ainsi se targuer de 24 élus dans cette mairie de secteur, tandis que LFI et le RN comptent respectivement 4 et 2 sièges. 15h passées, le dépouillement commence, égrenant le nom d’Anthony Krehmeier à l’envi.

    Le voilà élu maire de secteur avec 20 suffrages, tandis qu’Alladine Abdallah Salim, qui siège pour LFI, en récolte 4. Trois bulletins nuls ou blancs sont aussi recensés. Les vivats de la foule s’expriment dans la salle du conseil et il est donc l’heure pour Benoît Payan de remettre l’écharpe de maire de secteur à Anthony Krehmeier. Celui-ci remercie d’emblée l’édile « pour son amitié indéfectible », ainsi que sa famille et « les habitants venus nombreux pour ouvrir ce nouveau chapitre ». « Marseille a montré qu’elle resterait une et indivisible », réaffirme-t-il, avant de faire part de sa volonté de « rétablir l’égalité entre le Nord et le Sud de la ville. Aujourd’hui, une nouvelle étape commence », amorce l’élu. Il espère ainsi « faire tomber les frontières invisibles qui fracturent la ville » depuis son secteur, en « retrouvant » notamment « l’accès à la mer », ou encore avec « la démolition du viaduc de Plombières ».

    Les adjoints

    Emilia Sinsoilliez, 1ère adjointe ; Maurice Attia, 2e adjoint ; Anne Pfister, 3e adjointe ; Gérard Azibi, 4e adjoint ; Soraya Larguem, 5e adjointe ; Thomas Laffare, 6e adjoint ; Chaela Medjou, 7e adjointe ; Hamza Aftis, 8e adjointe ; Lila Chassagne, 9e adjointe ; Aurélien Petitjean-Levonian, 10e adjointe.

  • Robert Deledda, maire de la Cadière-d’Azur : « Mon leitmotiv, c’est servir dans l’intérêt général »

    Robert Deledda, maire de la Cadière-d’Azur : « Mon leitmotiv, c’est servir dans l’intérêt général »

    La Marseillaise : Vous prenez la succession de René Jourdan, qui a passé 37 ans à la tête de la mairie. Que ressentez-vous ?

    Robert Deledda : Une grande joie. Je veux prendre une belle succession car j’ai un profond respect pour René Jourdan. C’était un maire aimé. Je veux poursuivre toutes ses belles réalisations avec un nouveau projet, mais aussi penser à l’avenir.

    Vous n’aviez pas reçu son soutien, qu’il avait apporté à Marc Benoît. Vous étiez son premier adjoint : comment l’avez-vous vécu ?

    R.D. : C’est démocratique. Il y a des élections, il y avait une équipe en place. Les adjoints en place n’ont pas voulu se présenter et c’est Marc Benoît qui s’est présenté avec une partie de l’équipe. Moi, j’ai fait le choix de partir avec quelques conseillers municipaux, mais une équipe nouvelle, compétente et expérimentée, vraiment ancrée dans la vie locale. Ce qui nous a différenciés, c’est la méthode. La mienne, c’est écouter, agir justement, avec beaucoup de proximité, que ce soit avec les mondes associatif ou économique, et les quartiers. Ça a été un atout majeur, car on me connaissait depuis longtemps dans la commune. J’avais aussi mené des projets intéressants, au CCAS, à la résidence autonomie, au sein de l’Audat [Agence d’urbanisme de l’aire toulonnaise et du Var, Ndlr.], dont j’étais le 3e vice-président.

    La Cadière est une commune historiquement ancrée à gauche. Comment vous positionnez-vous personnellement ?

    R.D. : Notre liste était sans étiquette. Toutes les personnes n’étaient pas intégrées dans un parti politique. Une élection locale se base sur ce qu’on a fait en tant qu’élu, et ce qu’a fait son équipe : est-elle ancrée localement ? J’ai « recruté » dans le milieu associatif, en ciblant tous les quartiers, toutes les catégories socioprofessionnelles et les professions utiles pour notre projet. Moi-même, je n’ai pas de positionnement particulier. J’ai pris mes fonctions dimanche. On va se mettre très rapidement au travail, on va faire ce qu’on a dit et on va le prouver, en étant toujours à l’écoute. Je serai le maire de tous les habitants sans exclusivité. Mon leitmotiv, c’est servir dans l’intérêt général à La Cadière-d’Azur, et je ne dévierai pas de cet emblème.

    Le paysage politique s’est redessiné au sein de la communauté d’agglomération sud Sainte Baume. Quels seront les grands défis ?

    R.D. : On va bientôt faire une réunion avec le bureau des maires. Il faudra trouver un candidat rassembleur pour la présidence. Il y a trois projets sujets aux litiges : le remboursement de la dette du Grand prix F1, l’eau, et le désenclavement de la zone industrielle de Signes. Les communes doivent travailler ensemble et mutualiser certaines compétences. Il faudra trouver des solutions pour régler les problèmes de manière paisible et concertée, au bénéfice des habitants.