Tag: élections municipales

  • Des rames du tramway vont partir en révision à Albi

    Des rames du tramway vont partir en révision à Albi

    Une première est partie par camion la semaine dernière de son entrepôt, direction Albi… Selon un planning bien défini pour ne pas impacter le service, les 32 rames Bombardier « Flexity » du tramway marseillais vont être révisées de fond en comble pour une opération de révision à « mi vie » indique la RTM. Une maintenance prévue dans le cadre réglementaire de leur cycle de circulation mais qui « va bien au-delà » précise la régie.

    Ce contrôle poussé doit intervenir tous les 900 000 kilomètres parcourus. La première rame jouera « un rôle de prototype » explique-t-on, avec une durée d’immobilisation estimée à 9,7 mois et un retour attendu en début d’année prochaine. De quoi réduire les délais progressivement pour les rames suivantes « avec 5,6 mois pour la deuxième, 4 mois pour la troisième, puis 3 mois pour la quatrième ». Une fois le processus industrialisé, « le rythme se stabilisera autour de 2,5 mois par rame ».

    Le but : offrir aux usagers « un réseau plus fiable, plus confortable et plus moderne », avec « moins de pannes et plus de régularité » et harmoniser avec les rames du constructeur espagnol CAF qui circulent depuis janvier sur la ligne T3 étendue jusqu’à La Gaye.

    Un design et une technologie harmonisés

    Concrètement, le système d’aide à l’exploitation sera aligné. Le système ECB (Équipement concentrateur bus), qui permet au tramway de communiquer avec le centre de contrôle et de garantir le bon fonctionnement des équipements embarqués, la supervision et la sécurité du service, sera remplacé par un modèle de génération plus récente. Les systèmes d’information voyageurs, la sonorisation et les « girouettes », entendre les panneaux qui affichent la destination de la rame à l’extérieur, seront aussi modernisés.

    À l’intérieur des rames, le design et les équipements vont être repris avec le remplacement des revêtements de sol et l’adaptation des mains courantes. Un éclairage LED « plus agréable » sera installé.

    Le chantier va être finalisé pour les 26 rames de première génération, mises en service en 2007, d’ici décembre 2028. L’ensemble des 32 rames devrait être traité à l’horizon juillet 2029, prenant en compte les 6 rames de deuxième génération, mises en service en 2011. Le marché d’un montant de 25 millions d’euros sur une durée de six ans, a été remporté en décembre 2025 par ACC-M, entreprise clermontoise spécialisée dans la restauration ferroviaire, qui a ouvert un site de plus de 2 000 mètres carrés à Albi l’an dernier.

    Côté projet, une deuxième phase d’extension de la ligne T3 est prévue pour la prolonger au nord vers Saint-Louis et le lycée Saint-Exupéry, une ligne de la rue de Rome à la place du 4-Septembre évoquée avant les élections municipales de mars. Mais avec les difficultés financières de la métropole Aix-Marseille-Provence, autorité organisatrice des transports, la donne pourrait changer. Le président de la collectivité alertait ce mercredi 15 avril sur un budget non finançable et appelait le gouvernement à débloquer le taux du versement mobilité.

  • Pour eux, 2027 passe par une primaire des gauches

    Pour eux, 2027 passe par une primaire des gauches

    Ils tirent une leçon claire des élections municipales. Face à un « RN qui s’ancre » et à la « porosité » qui s’étend entre la droite et l’extrême droite, le danger a atteint un tel niveau qu’une candidature commune à gauche est indispensable à la présidentielle 2027.

    « Il n’y a que quand on est unis qu’on peut gagner », estime Boris Chenaud. Porte-parole héraultais de l’Après, le mouvement politique fondé l’été 2024 par des purgés insoumis, il fait partie des premiers à lancer la campagne pour l’organisation d’une primaire des forces progressistes prévue le 11 octobre.

    Une idée partagée par Les Écologistes de Marine Tondelier, Génération.S (Benoît Hamon) et Debout ! (François Ruffin). Mais pour l’heure rejetée par LFI de Jean-Luc Mélenchon, le PCF de Fabien Roussel ou le PS d’Olivier Faure. C’est dire si les pro-primaire ont du pain sur la planche.

    78% des gens de gauche favorables à une primaire

    Pourtant, 78% des sympathisants de gauche y sont favorables (sondage Ipsos BVA). « Ce doit être la construction d’une candidature consensuelle, pas un combat de coqs », insiste Boris Chenaud qui croit en une « dynamique populaire » si 1,5 à 2 millions de Français venaient voter à l’automne après avoir signé une charte pour un programme dans le périmètre du Nouveau front populaire.

    Quant au système de votation imaginé, pas question d’humilier qui que ce soit pour limiter les risques de candidatures dissidentes à la Manuel Valls. « On souhaite un système de notation des candidats (très bien, bien, assez bien, passable, rejet…) assez similaire à celui utilisé pour les primaires à New York », explique Anne-Rose Le Van, de l’Après 34.

    Si les premiers tracts ont été distribués à Montpellier, il reste beaucoup à faire pour que la mayonnaise prenne d’ici cet été. D’autant que les divergences entre partis de gauche semblent s’être exacerbées ces derniers mois. Sur les conflits type Israël/Palestine, Boris Chenaud préconise de « s’appuyer sur le droit international ». Sur les désaccords nationaux, Anne-Rose Le Van appelle chacun à prendre ses responsabilités. « Avec la Nupes, on avait laissé chaque député trancher la question du nucléaire. » Elle rappelle qu’avec Lionel Jospin (1997-2002), « la gauche avait réussi à diriger le pays avec Gayssot, Mélenchon et Voynet ».

    Anne-Rose Le Van assure que des socialistes et des communistes sont favorables à l’organisation d’une primaire des gauches qui irait du NPA au PS. Elle invite à suivre Marie-Pierre Vieu (PCF) qui a signé dans Libération la pétition pour un scrutin à l’automne.

  • L’opposition fosséenne en ordre de marche pour 2033

    L’opposition fosséenne en ordre de marche pour 2033

    Ce n’était « pas prévu initialement », admet Rémi Esnault, mais c’est une « aventure politique et démocratique » à laquelle le groupe « Notre Fos » se prépare. La veille de la première séance du conseil municipal, une quinzaine de membres de la liste qui a récolté 29,32% des suffrages au second tour des élections se réunit au sein de l’hôtel Ariane pour discuter de l’ordre du jour, alors que c’est le candidat adoubé par le label « La Provence qu’on aime » de Franck Allisio (RN), Philippe Maurizot, qui a été désigné maire par 48,24% des votants le 22 mars.

    « Nous sommes cinq à siéger dans l’opposition, commence Nicolas Féraud (PCF). Nous sommes les porte-parole d’un tiers de la population, mais aussi du groupe, avec lequel on a décidé de maintenir le lien pour poursuivre le travail au profit des Fosséennes et des Fosséens. » Des réunions hebdomadaires continueront d’être organisées pour « poursuivre le même engagement que lorsqu’on était aux responsabilités », affirme Rémi Esnault. « On s’inscrit dans le long terme, le groupe va s’affiner, peut-être se reconfigurer pendant le mandat, poursuit-il. Des choses seront faites en parallèle, on va notamment éditer un trimestriel pour continuer d’informer les habitants sur nos actions et de partager notre vision. » L’objectif est clair : « aborder 2033 avec un projet et une équipe solide » tout en évitant « une rupture entre la gouvernance qu’on a eue pendant des années et les prochaines élections municipales ».

    Une autocritique

    Quelques semaines après sa défaite, le groupe a eu le temps d’analyser les résultats. Rémi Esnault pointe d’abord la responsabilité de la « liste félonne à gauche », menée par l’ancien adjoint de René Raimondi Jean-Michel Leroy (PS), sans qui « on avait la majorité », assure-t-il. Quant aux raisons de cette scission au sein de la précédente majorité, des questions restent en suspens : « Est-ce qu’il y a un héritage municipal qui a mal été géré pendant une période avec des dissensions internes qui n’ont pas été assez rapidement et efficacement endiguées ? Peut-être. On a sûrement une part de responsabilité. »

    Le groupe dit être « dans une forme d’effarement de se dire comment Fos a pu à ce point couper brutalement avec l’héritage du service public déployé partout à tout âge ». Dans cette commune, la montée de l’extrême droite s’est faite progressivement, mais c’est la première fois que « la digue » municipale a « cassé ». Charge, désormais, à l’opposition de la réparer.

  • [Maj] Anthony Krehmeier rempile dans le 2e secteur à Marseille

    [Maj] Anthony Krehmeier rempile dans le 2e secteur à Marseille

    Jour de fête, dimanche, à la mairie du deuxième secteur, située sur l’esplanade de la Major où, face à l’affluence, des salles annexes ont été mises à disposition pour suivre la retransmission de l’élection du maire.

    Dans le public du conseil, beaucoup d’habitants, de militants, mais aussi des visages de l’ancien monde de ce fief socialiste comme Eugène Caselli ou Sylvie Andrieux, venus assister à la réélection d’Anthony Krehmeier (PS), qui fait son entrée dans le conseil d’arrondissement en compagnie du maire de Marseille, Benoît Payan (DVG). Après avoir remporté le secteur au second tour des élections municipales avec 49,76% des suffrages exprimés, le Printemps marseillais peut ainsi se targuer de 24 élus dans cette mairie de secteur, tandis que LFI et le RN comptent respectivement 4 et 2 sièges. 15h passées, le dépouillement commence, égrenant le nom d’Anthony Krehmeier à l’envi.

    Le voilà élu maire de secteur avec 20 suffrages, tandis qu’Alladine Abdallah Salim, qui siège pour LFI, en récolte 4. Trois bulletins nuls ou blancs sont aussi recensés. Les vivats de la foule s’expriment dans la salle du conseil et il est donc l’heure pour Benoît Payan de remettre l’écharpe de maire de secteur à Anthony Krehmeier. Celui-ci remercie d’emblée l’édile « pour son amitié indéfectible », ainsi que sa famille et « les habitants venus nombreux pour ouvrir ce nouveau chapitre ». « Marseille a montré qu’elle resterait une et indivisible », réaffirme-t-il, avant de faire part de sa volonté de « rétablir l’égalité entre le Nord et le Sud de la ville. Aujourd’hui, une nouvelle étape commence », amorce l’élu. Il espère ainsi « faire tomber les frontières invisibles qui fracturent la ville » depuis son secteur, en « retrouvant » notamment « l’accès à la mer », ou encore avec « la démolition du viaduc de Plombières ».

    Les adjoints

    Emilia Sinsoilliez, 1ère adjointe ; Maurice Attia, 2e adjoint ; Anne Pfister, 3e adjointe ; Gérard Azibi, 4e adjoint ; Soraya Larguem, 5e adjointe ; Thomas Laffare, 6e adjoint ; Chaela Medjou, 7e adjointe ; Hamza Aftis, 8e adjointe ; Lila Chassagne, 9e adjointe ; Aurélien Petitjean-Levonian, 10e adjointe.

  • Robert Deledda, maire de la Cadière-d’Azur : « Mon leitmotiv, c’est servir dans l’intérêt général »

    Robert Deledda, maire de la Cadière-d’Azur : « Mon leitmotiv, c’est servir dans l’intérêt général »

    La Marseillaise : Vous prenez la succession de René Jourdan, qui a passé 37 ans à la tête de la mairie. Que ressentez-vous ?

    Robert Deledda : Une grande joie. Je veux prendre une belle succession car j’ai un profond respect pour René Jourdan. C’était un maire aimé. Je veux poursuivre toutes ses belles réalisations avec un nouveau projet, mais aussi penser à l’avenir.

    Vous n’aviez pas reçu son soutien, qu’il avait apporté à Marc Benoît. Vous étiez son premier adjoint : comment l’avez-vous vécu ?

    R.D. : C’est démocratique. Il y a des élections, il y avait une équipe en place. Les adjoints en place n’ont pas voulu se présenter et c’est Marc Benoît qui s’est présenté avec une partie de l’équipe. Moi, j’ai fait le choix de partir avec quelques conseillers municipaux, mais une équipe nouvelle, compétente et expérimentée, vraiment ancrée dans la vie locale. Ce qui nous a différenciés, c’est la méthode. La mienne, c’est écouter, agir justement, avec beaucoup de proximité, que ce soit avec les mondes associatif ou économique, et les quartiers. Ça a été un atout majeur, car on me connaissait depuis longtemps dans la commune. J’avais aussi mené des projets intéressants, au CCAS, à la résidence autonomie, au sein de l’Audat [Agence d’urbanisme de l’aire toulonnaise et du Var, Ndlr.], dont j’étais le 3e vice-président.

    La Cadière est une commune historiquement ancrée à gauche. Comment vous positionnez-vous personnellement ?

    R.D. : Notre liste était sans étiquette. Toutes les personnes n’étaient pas intégrées dans un parti politique. Une élection locale se base sur ce qu’on a fait en tant qu’élu, et ce qu’a fait son équipe : est-elle ancrée localement ? J’ai « recruté » dans le milieu associatif, en ciblant tous les quartiers, toutes les catégories socioprofessionnelles et les professions utiles pour notre projet. Moi-même, je n’ai pas de positionnement particulier. J’ai pris mes fonctions dimanche. On va se mettre très rapidement au travail, on va faire ce qu’on a dit et on va le prouver, en étant toujours à l’écoute. Je serai le maire de tous les habitants sans exclusivité. Mon leitmotiv, c’est servir dans l’intérêt général à La Cadière-d’Azur, et je ne dévierai pas de cet emblème.

    Le paysage politique s’est redessiné au sein de la communauté d’agglomération sud Sainte Baume. Quels seront les grands défis ?

    R.D. : On va bientôt faire une réunion avec le bureau des maires. Il faudra trouver un candidat rassembleur pour la présidence. Il y a trois projets sujets aux litiges : le remboursement de la dette du Grand prix F1, l’eau, et le désenclavement de la zone industrielle de Signes. Les communes doivent travailler ensemble et mutualiser certaines compétences. Il faudra trouver des solutions pour régler les problèmes de manière paisible et concertée, au bénéfice des habitants.

  • [Info La Marseillaise] Benoît Payan cède son poste de conseiller départemental à Ahmed Heddadi

    [Info La Marseillaise] Benoît Payan cède son poste de conseiller départemental à Ahmed Heddadi

    Le maire (DVG) de Marseille a remis sa démission de son poste de conseiller départemental à la présidente du Département et au Préfet ce lundi matin. Elu en 2021 en binôme avec Sophie Camard (GRS), il sera remplacé dans l’hémicycle départemental par Ahmed Heddadi (Les radicaux de gauche) qui était son suppléant. « Ahmed Heddadi a toute sa confiance pour mener cette mission et défendre les intérêts de Marseille au sein du Conseil départemental », indique son entourage.

    Cette démission sera effective lors du prochain conseil départemental qui aura lieu le 14 avril. Si le maire n’y a guère siégé depuis quatre ans, ce choix est motivé par la nécessité de se « concentrer sur Marseille et son rôle de maire à plein temps », poursuit-on du côté de l’Hôtel de Ville, soulignant que la nouvelle gouvernance qui se dessine à la Métropole suite aux élections municipales et les questions qui vont se poser, nécessiteront un travail et une attention accrue.

  • Un nouveau Printemps se dessine pour Marseille

    Un nouveau Printemps se dessine pour Marseille

    L’émotion était sincère. Caricaturé en maire non élu ces cinq dernières années, Benoît Payan a retrouvé samedi son fauteuil de maire (DVG) de Marseille. Il était seul en lice. Un vote sans suspense et à l’unisson de la solide majorité du Printemps marseillais (73 sièges), une semaine après la victoire dans les urnes face au Rassemblement national.

    « Le maire de Marseille, le mieux élu de la Ve République », se plaisait-il à rappeler après une séance sans fausse note, suivie en tribune par le député- candidat insoumis, Sébastien Delogu. Sous ses yeux, l’extrême droite (34 sièges) a fait bonne figure dans ce conseil d’installation très formel. Tout juste l’élue (RN) des 9-10, Anne-Marie Gregori, a-t-elle été remise sur les rails lorsque son discours inaugural, autorisé par son statut de doyenne, a pris une tournure politique. La menace d’un « rappel au règlement » ramènera sa parole à la raison.

    Quinze nouveaux adjoints

    « Ils se présentent à des élections, ont des élus, on verra s’ils se comportent de manière républicaine », analysait Benoît Payan sans vouloir faire de « procès d’intention », après la séance. « Évidemment s’il y a des dérapages racistes, xénophobes, antisémites, homophobes ou sexistes, je les sanctionnerais et j’enverrais au procureur de la République ceux qui, même si la liberté d’expression est pleine et entière, dépassent le cadre de la loi. » Le RN dont une autre élue, Marie Bermejo, a officié comme secrétaire de séance en tant que benjamine de l’hémicycle, constituera la principale opposition ces sept prochaines années.

    Un « marathon », soufflait Romain Simmarano, le porte-parole (Ren.) de campagne de Martine Vassal, avant de faire ses premiers pas au conseil municipal. Malgré le soutien de ses proches, le directeur de cabinet de Renaud Muselier, est apparu bien seul pour représenter la droite républicaine (4 sièges), en l’absence de deux élus. D’autant que Martine Vassal, la présidente (DVD) du Département, s’est vite éclipsée. Quel sera son champ d’expression ? « Sur le temps de parole on verra », répond le maire, « mais j’ai suffisamment souffert qu’on me dise que je n’avais pas droit à la parole dans l’opposition, pour ne pas reproduire ce que j’ai condamné. Ce n’est pas ma conception de la démocratie. »

    Installés dans l’hémicycle par ordre alphabétique, les conseillers municipaux ont aussi désigné les adjoints au maire. Un exécutif élu à l’unanimité des voix du Printemps marseillais. Ils seront 33 mais leur délégation n’est pas encore arrêtée. Des changements apparaissent toutefois par rapport au précédent.

    « La mandature qui vient est la continuité du travail engagé depuis six ans sur la base d’une équipe renouvelée », note la 5e adjointe Audrey Garino (PCF). « On partait de pas grand-chose, on a beaucoup réparé, maintenant on va pouvoir déployer nos politiques publiques avec encore plus de force. » Quinze nouveaux adjoints font leur apparition dont Amine Kessaci (4e). Sous escorte, il a fait des débuts émouvants à Bargemon, officiant comme secrétaire de séance lors du vote des adjoints.

    Nouvelle organisation

    « On mesure la responsabilité et l’honneur. Le premier mandat a permis de poser les bases, celui-ci doit être un tremplin et cette écharpe un levier pour accélérer cette transformation de Marseille », poursuit Pascaline Lecorché (PP). Avec Hanifa Taguelmint, elle fait partie des deux autres entrants parmi les dix premiers adjoints. « C’est un moment lourd de sens, la campagne a été intense, on a vu une ville fracturée et on a sept ans pour la recoudre. Je mesure le travail et la charge qui nous attendent », a réagi la militante antiraciste assise samedi juste à côté de l’extrême droite.

    La présence de Samia Ghali, en 3e position, avec son titre de maire adjointe, indique qu’elle laissera comme en 2020 les rênes de la mairie des 15-16. À qui ? « Suspense », répond son entourage. Parmi les adjoints sortants encore élus, figure Lisette Narducci (DVG) chargée jusque-là des anciens combattants, Patrick Amico (GRS) qui était au logement, ou Jean-Marc Coppola (PCF) qui avait la culture.

    « Ce résultat nous oblige peut-être encore plus fortement. Il faut qu’on garde le cap de la dignité et de l’intérêt général. Je sais que les acteurs culturels comptaient sur moi, j’ai pris beaucoup de plaisir avec des femmes et des hommes extraordinaires mais ce n’est pas un abandon, je serai utile autrement », explique celui qui prendra la direction du groupe PCF dans l’hémicycle. Un autre rôle qui dessine une nouvelle organisation de la majorité.

    Mais les yeux sont déjà tournés vers le conseil métropolitain (7 ou 8 avril). « Je veux une Métropole à la hauteur des attentes, qui redeviennent enfin un outil au service de notre ville », a martelé Benoît Payan dans son discours, promettant de « dépasser les clivages et les blocages, pour dialoguer et convaincre
    de cette absolue nécessité
     ».

    « Marseille a besoin d’être rassemblée
    et protégée, qu’on répare ses fractures
    et prépare
    son avenir. »

  • Un 3e tour sans suspense pour le Printemps marseillais

    Un 3e tour sans suspense pour le Printemps marseillais

    Le conseil municipal d’installation qui se tient ce samedi (9h15) à l’Hôtel de ville de Marseille s’annonce plus serein que cet interminable samedi 4 juillet 2020, lorsqu’il y a six ans, le Printemps marseillais avait repris la mairie à la droite après 25 années de gestion Gaudin. Michèle Rubirola sa cheffe de file ne disposait alors que de 42 sièges, loin de la majorité absolue dans un hémicycle comptant 101 élus.

    La candidature au 1er tour de Samia Ghali et le retrait à droite de celle de Lionel Royer-Perreaut, avaient semé le doute même si le départ fracassant de Stéphane Ravier et des neuf élus RN avait ramené la majorité à 47 voix. Au 1er tour de scrutin, Rubirola avait obtenu 42 soutiens, contre 41 pour Guy Teissier (LR), tandis que Samia Ghali recueillait huit voix. Après deux heures d’interruption et de tractations, Michèle Rubirola, finalement soutenue par les ghalistes, avait été élue maire avec 51 voix… Elle devenait la première femme à occuper cette fonction mais passera la main quelques mois plus tard à Benoît Payan.

    Composition de l’exécutif

    Aujourd’hui, réforme de la loi PLM oblige, l’hémicycle compte 111 conseillers municipaux et le Printemps marseillais peut s’appuyer sur une base solide de 73 sièges. À l’autre bout de l’hémicycle, le RN dispose de 34 élus. La droite républicaine n’a plus que quatre représentants. Ils ne seront d’ailleurs que deux samedi. Shabbat oblige, Fabienne Bendayan (3e sur la liste de Martine Vassal) ne sera pas présente. Stéphane Pichon (4e) ne sera pas là non plus. Le président de l’Ordre des Pharmaciens de la Région est en déplacement. Un voyage prévu depuis un an et demi.

    Comme le veut l’exercice, c’est le jeune écologiste Amine Kessaci, le benjamin (22 ans) de l’assemblée qui devrait procéder à l’appel. Benoît Payan, le maire sortant, cédera alors la présidence au doyen de l’hémicycle : la députée d’extrême droite, Gisèle Lelouis (RN), âgée de 74 ans. C’est elle qui déclarera la séance d’installation ouverte et la présidera jusqu’à l’élection du maire dont elle proclamera les résultats. Le vote, un scrutin uninominal, pouvant aller jusqu’à 3 tours, se fait à bulletin secret.

    Outre l’élection du maire qui ne souffrira d’aucun suspense, l’élection des adjoints sera l’autre gros morceau du jour. La loi autorise jusqu’à un tiers d’adjoints. Sur la dernière mandature, l’exécutif en comptait 30. Ils pourraient être jusqu’à 36 cette fois. Leur nombre sera voté en séance. Avec des interrogations : Michèle Rubriola restera-t-elle 1ere adjointe ? Samia Ghali conservera-t-elle le rang spécifique de maire-adjointe ? Les délégations, elles, seront attribuées plus tard par un arrêté signé du maire. « Ça viendra dans un second temps en fonction sans doute de l’évolution de l’exécutif métropolitain », glisse-t-on dans la majorité. Sa date n’est pas encore fixée mais le conseil métropolitain devrait se tenir après le long week-end pascal, les 7 ou 8 avril.

    Autre question en suspens : l’organisation de la majorité municipale au sein de l’hémicycle. Sera-t-elle formée d’un seul ou plusieurs groupes, comme c’est le cas dans l’opposition au conseil départemental ? Les choses devraient se décanter d’ici la prochaine séance.

    La droite, elle, a priori n’en aura pas. « À ce stade du règlement intérieur, il ne semble pas possible de composer un groupe. Nous venons de vivre une lourde défaite, nous sommes restés unis et soudés mais nous n’avons que quatre élus », note Romain Simmarano (Ren.). « C’est au maire de Marseille qui a été légitimé par cette élection, de déterminer comment il entend faire vivre la démocratie. Mais nous ferons entendre la voix de nos sensibilités à l’intérieur autant que ce sera possible comme à l’extérieur. »

  • Le danger RN écarté de la Métropole toulonnaise

    Le danger RN écarté de la Métropole toulonnaise

    C’est un des effets des victoires du RN dans trois villes de la Métropole Toulon-Provence-Méditerranée (LSeyne-sur-Mer, Six-Fours, La Valette-du-Var) : de trois postes sous la précédente mandature, le RN va passer à 29 au conseil métropolitain. Mais la victoire de Josée Massi à Toulon, ville dotée du plus grand nombre de conseillers (35, contre 24, au total, sur les trois villes précédemment citées), va considérablement limiter son influence et son accès aux postes à responsabilité, déterminé par le vote d’un conseil métropolitain au sein duquel il n’est pas majoritaire.

    Il est ainsi très peu probable de le voir accéder à la présidence, qui devrait être cédée par Jean-Pierre Giran (LR) après sa défaite à Hyères, et à laquelle Josée Massi s’est déjà portée candidate. Il devrait en être de même pour les postes de vice-présidents (au nombre de 15 dans le précédent mandat, qui peut monter à 20).

    Sacco seul représentant de la gauche

    Il ne devrait donc pas y avoir d’élu RN au sein du bureau métropolitain (composé du président et des vice-présidents), organe chargé du pilotage des dossiers, ni aucun à la tête d’une commission (dirigées par les vice-présidents). Si elle pourra toutefois peser sur la construction des politiques, l’extrême droite n’aura donc pas les clés du processus décisionnel, au sein d’une assemblée dont les compétences (énergies, transports, déchets, logement…) sont importantes dans de nombreux domaines.

    Un conseil métropolitain au sein duquel Stéphane Sacco (GRS), tête de liste d’Uni.e.s à gauche pour La Seyne aux élections, sera le seul représentant de la gauche, alors qu’ils étaient trois entre 2020 et 2026. Une position difficile à tenir, qu’il devra toutefois usiter tant que faire se peut pour porter les voix progressistes de l’ensemble de la métropole.

  • [Ces villes face à l’emprise de l’extrême droite] À Hyères, la fusion de Giran-Cornileau a tourné au fiasco

    [Ces villes face à l’emprise de l’extrême droite] À Hyères, la fusion de Giran-Cornileau a tourné au fiasco

    Lors de son entrée en campagne, en janvier, Jean-Pierre Giran apparaissait confiant. Mettant en avant les réalisations de ses douze années de mandat, le candidat LR ne manquait pas de critiquer ses adversaires. Au premier rang desquels son ancienne adjointe au commerce et à l’animation, Véronique Bernardini, passée dans l’opposition en 2023 : « J’ai failli l’appeler Martine, car sa campagne, c’est Véronique à la plage, Véronique au marché… La politique, ce sont des idées, pas des postures, ni des carnets avec une petite blonde magnifique qui fait toujours un sourire identique. »

    Désaveu dès le 1er tour

    Se sentait-il en danger en passant sous silence les aspects moins reluisants de sa mandature avec notamment un rapport accablant de la Chambre régionale des comptes en 2024 ou la gestion calamiteuse de la villa Noailles, tandis que l’association Anticor multipliait les signalements à son encontre…

    La claque du 1er tour, avec une décevante 2e place (21,31%), loin de Véronique Bernardini (26,94%), l’a poussé, après un refus de rapprochement de Nicolas Massuco (SE), à se tourner vers un autre ancien adjoint, François Cornileau. Ce dernier, membre de l’UDR mais non investi par le parti ciottiste – c’est le candidat RN Jean-Michel Eynard‑Tomatis qui l’a été – menait une liste classée à l’extrême droite.

    Cette fusion, tentative de sauver les meubles et critiquée par certains colistiers de Cornileau, a sonné comme une débâcle. Au second tour, Jean-Pierre Giran perd près de 200 voix. Il arrive largement derrière Véronique Bernardini, qui s’impose avec 48,83% (20,82% pour le binôme Giran-Cornileau). Il perd ainsi son fauteuil de maire et la présidence de la Métropole TPM. Un désaveu et un déshonneur.