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  • Les maîtres du chaos

    Les maîtres du chaos

    Les négociations entre les États-Unis et l’Iran se sont arrêtées net samedi matin alors qu’un accord sur le dossier du nucléaire était à portée de main selon le négociateur. Mais ces pourparlers avaient tout du leurre à la lumière des bombardements, préparés de longue date, lancés par le président étasunien Donald Trump et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu sur plusieurs villes de l’ancienne Perse, dont la capitale Téhéran. Cette guerre plonge le Proche-Orient un peu plus dans l’abîme. Le dessein poursuivi par les deux dirigeants est peu lisible. Veulent-ils un changement de régime par la force ? Les exemples des guerres en Irak et en Afghanistan montrent que l’échec est toujours au bout du fusil. En attendant, les peuples de cette région du monde sont à la merci des bombes, missiles et autres armes de destruction.

    Calcul cynique

    Le but de la guerre est sans doute à chercher dans le bras de fer commercial que Trump mène avec la Chine. En instrumentalisant les futurs dirigeants iraniens (fussent-ils issus du régime actuel), les États-Unis de Trump espèrent mettre en difficulté leur véritable adversaire. Un calcul cynique qui ignore plus que jamais le droit international, piétiné. Comment sortir le Proche-Orient de cette spirale infernale, de cette guerre sans fin ? Seul un cadre diplomatique, international, respectueux des droits des peuples peut sortir de l’ornière cette région du monde. Le peuple iranien a droit à la liberté, a droit enfin à la démocratie. Mais ce n’est pas dans la fureur et la mort qu’il pourra l’arracher. Ni avec Trump et Netanyahu.

  • La bataille ne fait que commencer

    La bataille ne fait que commencer

    La poussière est retombée. Les coups de bluff, les alliances de dernière minute, les claquements de porte, c’est fini. Du moins jusqu’au premier tour. Le paysage des listes aux élections municipales est désormais connu et figé.

    Cette année, l’instabilité de la situation politique nationale et les bouleversements du monde ont freiné la campagne municipale. Certains candidats, pas seulement les sortants, ont choisi de se déclarer très tardivement.

    En conséquence, dans de nombreuses villes de notre région, la confrontation des projets n’a pas vraiment débuté.

    2027

    Au-delà des plus petites communes où les listes d’intérêt communal sont la norme et où, dans un nombre non-négligeable d’entre elles, une seule liste est en présence, un paysage politique assez homogène se dessine.

    Le « socle commun » regroupant les forces de la droite et du centre qui soutiennent le gouvernement Lecornu est généralement uni.

    À gauche, PS, PCF et écologistes qui ont l’habitude de gérer ensemble de nombreuses communes font, à quelques exceptions près, cause commune, souvent rejoints par de plus petites formations : GRS, Génération.s, l’Après, Debout, Génération écologie…

    La France insoumise, toute tournée vers l’élection présidentielle, présente des listes dans la volonté de préparer 2027, quitte à souvent ignorer le risque RN.

    L’extrême droite justement, présente des listes dans un nombre record de communes, même si la stratégie des « labels » RN-compatible semble avoir échoué à phagocyter des listes DVD. Elle aussi s’avance avec 2027 en tête. Toutes les défaites qui lui seront infligées seront autant d’obstacles à son accession à l’Élysée.

    La bataille ne fait que commencer.

  • Intérêts populaires

    Intérêts populaires

    Un peu partout dans nos départements, des syndicalistes, mais aussi des responsables associatifs, sonnent l’alarme : oui, l’extrême droite peut emporter un nombre significatif de municipalités parmi lesquelles Marseille, Nice et Toulon, les trois plus grandes villes de notre région.

    Dans une France en perte de repères, anesthésiée par les médias de l’empire Bolloré, où la banalisation des idées haineuses atteint des sommets, leur démarche est salutaire.

    D’abord parce qu’elle est porteuse d’une mémoire indispensable. Face à celles et ceux qui pensent qu’« on ne les a jamais essayés », ces militants syndicaux et associatifs rappellent que si, l’extrême droite a été expérimentée dans notre pays il y a plus de 80 ans, mais aussi, plus récemment dans des communes où les victoires de l’extrême droite ont précédé des catastrophes, sociales, budgétaires et démocratiques.

    Une question simple devenue floue

    Ensuite, ces responsables syndicaux et associatifs rappellent, par leur prise de position, l’enjeu des élections municipales. C’est une question simple et pourtant devenue floue : comment faire prévaloir les intérêts populaires ?

    Ce ne sont pas les représentants de l’extrême droite qui pourront répondre aux aspirations du monde du travail. Celles et ceux qui en doutent n’ont qu’à regarder les votes de leurs représentants à l’Assemblée nationale : pas une voix pour le progrès social, mais un vote clair pour priver les collectivités de 5 milliards de dotations. En mars, il faudra voter selon sa conscience, mais aussi selon son intérêt.

  • Dans la tempête, tenir bon notre boussole

    Dans la tempête, tenir bon notre boussole

    600 hommes, femmes et enfants ont péri dans les flots de la Méditerranée depuis le début de l’année. Le chiffre glace le sang de tous ceux qui ont au cœur le respect de la vie humaine. Dans un débat public rythmé par l’extrême droite à l’échelle nationale, les municipales sont malheureusement devenues l’occasion de pointer du doigt les associations de sauvetage en mer qui, à l’image de SOS Méditerranée, ne font qu’accomplir un devoir d’humanité.

    Tandis que des militants identitaires sont jugés à Aix-en-Provence pour avoir craché leur haine à l’égard des migrants en marge d’un concert de soutien à Marseille, le candidat d’extrême droite à la mairie de Marseille établissait un lien de causalité, il y a quelques jours sur Cnews, entre le soutien de la municipalité aux opérations de sauvetage en mer et… la multiplication des points de deal à Marseille.

    Sauver des vies et agir pour une prospérité partagée

    Dans ce climat délétère, les voix porteuses de la fraternité humaine sont précieuses. C’est à Marseille que celle du Pape François s’était fait entendre sur le sujet. Dans la tempête, les humanistes de tout bord, ceux qui croient au ciel et ceux qui n’y croient pas, doivent tenir bon leur boussole.

    Oui, les villes qui ne se résolvent pas à voir la Méditerranée se transformer en cimetière s’honorent à soutenir celles et ceux qui agissent pour tendre la main et sauver des vies. Les communes peuvent aussi, à travers les coopérations décentralisées et les initiatives de paix, s’engager pour une prospérité partagée sur nos deux continents.

  • Une autre voie s’ouvre

    Une autre voie s’ouvre

    Dans le Var, l’agroforesterie s’impose comme une solution de bon sens pour contrer les incendies à répétition. Cette pratique apparaît moins comme une innovation que comme une évidence.

    Faire cohabiter arbres, troupeaux et cultures : voilà une réponse simple, efficace et écologique. Une solution que les territoires méditerranéens connaissent depuis des siècles, mais que nos politiques agricoles productivistes ont marginalisée.

    L’enjeu dépasse le Var. C’est l’ensemble de notre modèle agricole et agroalimentaire qui montre ses limites. Celui construit sur la monoculture, la dépendance aux intrants et la course au rendement.

    Incendies, effondrement de la biodiversité, précarité paysanne : les signaux d’alerte s’accumulent. À l’inverse, l’agroécologie, qui restaure les sols, crée de l’emploi local et valorise des produits de qualité, représente une voie concrète pour réconcilier agriculture et vivant.

    Bien commun

    Remettre les arbres au cœur des fermes, valoriser le pastoralisme, relocaliser les chaînes alimentaires… Ces pistes peuvent être les bases d’une agriculture résiliente qui refuse d’être un rouage de l’agro-industrie pour redevenir un bien commun.

    Cette transformation ne pourra se faire sans ceux qui travaillent la terre, transforment les produits ou assurent leur acheminement. Alors que la Fédération nationale agroalimentaire et forestière CGT tient congrès dans les Bouches-du-Rhône, au même moment que le Salon de l’agriculture, une évidence s’impose : sans travailleurs, pas de filière.

    Le Var en donne un aperçu : quand on fait confiance aux territoires et à ceux qui y travaillent, une autre voie s’ouvre.

  • Les véhicules et ceux qui sont dedans

    Les véhicules et ceux qui sont dedans

    C’est un débat qui a le don d’échauffer les esprits : la place de la voiture en ville. Certains veulent la faire disparaître, d’autres aimeraient revenir au temps de la bagnole-reine.

    Comme l’a douloureusement montré la polémique ZFE (zone à faibles émissions), c’est une approche qui oublie la place de celles et ceux qui occupent les véhicules.

    Oui, il faut débarrasser les centres-villes des voitures les plus polluantes, non, il n’est pas possible d’évincer les catégories populaires qui n’ont d’autres possibilités pour se déplacer.

    Par ailleurs, dans l’hypothèse où chacun pourrait disposer d’une voiture « propre », les questions d’embouteillages des axes de circulation et d’encombrement de l’espace public resteraient entières.

    Enfin, les riverains de chaque quartier, qui sont heureux de ne pas subir une pression trop importante de la voiture, restent demandeurs de places de stationnement disponibles pour leur propre véhicule.

    Droit à la ville

    La réponse à une question complexe ne peut donc être simpliste.

    La plupart d’entre nous est alternativement piéton, parfois cycliste, automobiliste et usager des transports en commun.

    Le casse-tête auquel font face les différents candidats consiste à créer les conditions pour que l’abandon d’un trajet en voiture se fasse pour des raisons de praticité, de rapidité, d’économies, de tranquillité d’esprit… Nous en sommes loin. Les parkings-relais dans les entrées de ville sont souvent peu présents ou sous-dimensionnés, les transports en commun insuffisamment développés, et les stationnements de ville trop souvent confiés aux appétits du privé.

    Parler stationnement, c’est donc aussi parler justice sociale, environnement, droit à la ville, service public et gratuité des transports en commun.

  • D’immenses défis

    D’immenses défis

    Comment faire entrer les Jeux olympiques d’hiver2030 portés par les Régions Sud et Auvergne-Rhône-Alpes, dans une nouvelle ère ? L’équation est compliquée. Notre région, soumise de plein fouet aux effets du dérèglement climatique, se doit d’être un modèle d’adaptation. Et la « nécessaire » neige artificielle, produite pour toutes les compétitions de descente, renvoie à un modèle économique de l’exploitation de la montagne en passe d’être révolue. À moins de vouloir sauver des saisons touristiques à n’importe quel prix dans les prochaines décennies.

    Pérennité et usage

    C’est un des paradoxes de l’organisation des prochains JO dans les Alpes françaises. Sur plusieurs sites, avec ses lignes de train et des transports décarbonés, avec la volonté de devenir un « modèle de sobriété ». L’autre aspect, et non des moindres, tient à l’héritage des Jeux. Les habitants de la région sont dans l’attente d’un véritable « bond en avant » sur la question des transports, que ce soit sur le littoral ou en altitude. La rallonge budgétaire allouée à la faveur des JO pour notamment la Ligne nouvelle de Marseille à Nice, pourrait donner un nouveau souffle fortement attendu pour décongestionner un trafic routier toujours plus dense… Reste enfin les infrastructures. Non seulement pour accueillir les compétitions olympiques pendant une quinzaine de jours mais pour en assurer à la fois la pérennité et l’usage durant des années. Les défis sont multiples et immenses et ces JO exigeront une concertation permanente avec l’ensemble des acteurs. Sous peine de disqualification !

  • Les paysans ont de la valeur

    Les paysans ont de la valeur

    Assurer un bon revenu agricole et, par conséquent, une bonne alimentation. Cet impératif est au cœur du Salon international de l’agriculture qui débute dans un climat très tendu et de profond malaise. La pointe de l’iceberg est l’épidémie qui a décimé des cheptels entiers de bovins ; l’abattage systématique pour cause de dermatose nodulaire est un traumatisme profond. Pour la première fois, aucun veau, vache et taureau ne sont exposés à Paris. Une absence qui illustre l’état de l’agriculture. S’ajoute l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur. Sans aucun garde-fou solide, cela va mettre sous pression de nombreux paysans en tirant les prix au plus bas.

    Quel modèle ?

    Quel modèle voulons-nous pour notre agriculture ? C’est sur les stands des départements et des régions que ce débat sera le plus fructueux. Les collectivités locales se mobilisent pour défendre les productions des territoires et leurs paysans. L’État doit suivre et contraindre, enfin, l’agro-industrie. Aujourd’hui, les prix sont fixés, dans l’opacité, entre les industriels et la grande distribution. Pour le producteur, le partage de la valeur ajoutée s’apparente à de la spoliation. Deux chiffres illustrent ce scandale : « en 30 ans, le revenu net de la branche agricole a baissé de près de 40 % en France en euros constants », révèle le ministère de l’Agriculture. Quant au prix de l’alimentaire, il a augmenté de 70% depuis 2000, rappelait en 2024 le député socialiste Dominique Potier.
    Les profits de l’agro-industrie, eux, s’envolent : entre 2021 et 2023, ils sont passés de 3,1 à 7 milliards d’euros. Chercher l’erreur…

  • Une industrie sauvée par ses salariés

    Une industrie sauvée par ses salariés

    La lutte des salariés de la centrale de Gardanne, dans les Bouches-du-Rhône, est exemplaire et doit servir de modèle. Oui, l’industrie a de l’avenir et peut s’émanciper des logiques capitalistes mortifères et destructrices d’emplois. Oui, organisés, déterminés, les salariés peuvent et doivent avoir la main sur leur avenir. C’est la démonstration de ces salariés d’une industrie en pleine bifurcation, liée à la politique énergétique. Elles et ils ont bâti un projet de pointe, novateur de production de biogaz et de biocharbon dans un secteur stratégique où dominent tant de prédateurs.

    Projet de pointe et novateur

    Près d’une décennie aura été nécessaire pour que les emplois de la centrale de Gardanne restent au pays. Près de dix ans d’un travail acharné des salariés et leur syndicat, la CGT. Sauver l’emploi, fut la priorité des priorités. Développer l’outil de travail et lui donner du sens dans un environnement sans foi ni loi, fut également le but de cette mobilisation de longue haleine.

    La solidarité a joué à plein avec les portuaires et les énergéticiens de la CGT notamment. Bien au-delà aussi. Sophie Binet, tout juste élue secrétaire générale de la CGT avait fait son premier meeting à Gardanne. Vendredi, sa venue pour fêter « la victoire » des salariés ne clôt pas l’aventure. Plus que jamais, le salarié ne peut plus être « un roi dans la cité, mais un serf dans l’entreprise », comme l’écrivait Jean Jaurès au début du XXe siècle.

    Avoir la main sur les outils de production et penser le travail de demain. Faire en sorte que l’industrie soit au service de l’intérêt général : c’est la grande leçon de la « victoire » à Gardanne.

  • Déjà essayé

    Déjà essayé

    L’enquête collective réalisée par La Marseillaise, le collectif de journalistes indépendants Presse-Papiers, Le Poing et l’Arlésienne avec le soutien financier du Fonds pour une presse libre est d’utilité publique.

    Elle permet d’objectiver le bilan de 10 municipalités dirigées par l’extrême droite dans le sud de la France en matière de relations avec le mouvement associatif.

    Ses résultats sont éclairants : derrière le ripolinage de l’extrême droite, les choix politiques restent constants. Parmi les situations constatées : des coupes qui visent la culture, la solidarité, les centres sociaux, la lutte contre le racisme et les discriminations, mais aussi une forme de clientélisme voire de prise de contrôle des structures associatives.

    Derrière les vidéos TikTok

    Un état de fait qui ne surprendra pas les opposants de l’extrême droite mais qui mérite d’être connu par tous les citoyens. D’autant qu’au-delà de cette attitude vis-à-vis du mouvement associatif, plusieurs maires d’extrême droite du sud de la France ont été, dans la dernière période, aux prises avec la justice, comme Marine Le Pen l’est au plan national.

    Voilà la réalité de l’extrême droite dans notre région. Derrière les députés encravatés et les vidéos TikTok de Jordan Bardella, il y a des pratiques et un projet politique clair.

    À celles et ceux qui pensent qu’« on ne les a jamais essayés », La Marseillaise, journal fondé dans la Résistance témoigne du contraire.

    L’extrême droite a déjà été essayée dans l’histoire. Dans le présent aussi, et ce n’est pas reluisant.