Tag: edito

  • Chaque voix va compter

    Chaque voix va compter

    Dans de nombreuses communes de notre région les résultats du premier tour des élections municipales témoignent de situations très ouvertes.

    Les trois blocs qui ont émergé des législatives anticipées par la dissolution voulue par Emmanuel Macron en 2024, sont encore là : gauche, bloc central et extrême droite. Selon les communes, le tiercé n’est pas arrivé dans le même ordre et les réserves de voix des uns et des autres ne sont pas identiques mais les rapports de force demeurent incertains.

    Partout l’extrême droite doit être battue

    L’extrême droite, plus conquérante que jamais, veut transformer l’essai de la vague brune qui a déferlé sur notre région en 2024 en faisant élire le maximum de maires RN. Objectif : enraciner sa présence dans la proximité et renforcer sa crédibilité en constituant un réseau d’élus sur lequel s’appuyer pour tenter de conquérir l’Élysée.

    Dans de nombreuses communes de notre région, elle croit en ses chances : Marseille, Carpentras, Toulon, Avignon, La Seyne, Aubagne, Martigues, Draguignan…

    Partout son idéologie haineuse doit être battue par des listes d’union des progressistes et lorsque la configuration du second tour l’impose, par des listes de démocrates et de républicains sincères.

    Selon les résultats de dimanche notre région, notre pays, auront un visage très différent.

    Rarement une élection municipale n’aura revêtu un sens politique si fort.

    Rien n’est écrit d’avance et la participation sera l’une des clés du scrutin.

    Chaque voix va compter.

  • À la croisée des chemins

    À la croisée des chemins

    La deuxième de France connaîtra son prochain maire dans moins de 48 heures. C’est sans doute, l’enjeu le plus important au plan national au regard de la configuration du second tour.

    C’est la ville la plus peuplée sur laquelle le RN a mis une cible. Dans sa stratégie de conquête du pouvoir, tout entière tournée vers la présidentielle, le parti d’extrême droite espère faire de Marseille le plus beau de ses trophées.

    Marine Le Pen, aux prises avec la justice, et Jordan Bardella, sa doublure en cas de condamnation pour la course à l’Élysée, ont décidé d’investir Franck Allisio comme un symbole de leur volonté de « normalisation ».

    Langue de bois, communication lisse, cravate ajustée, expression hésitante, il a été choisi pour trancher avec Stéphane Ravier et incarner une extrême droite « présentable ».

    Grimace

    Le pari était presque réussi lorsqu’au soir du premier tour, le candidat s’est félicité d’avoir mis à son plus bas niveau la droite républicaine, espérant transformer l’essai ce dimanche.

    Son sourire s’est transformé en grimace lorsque le candidat insoumis a pris la responsabilité de se désister et que la candidate de droite dont il espérait vampiriser définitivement l’électorat s’est quant à elle maintenue.

    Il a laissé échapper des mots laissant transparaître son projet politique : division, mépris, rejet.

    Pour autant rien n’est joué. Progressistes, démocrates, républicains sincères, abstentionnistes du premier tour doivent se mobiliser pour faire échec à l’extrême droite, elle représente le pire de notre histoire. Évitons à Marseille de connaître le pire de son avenir.

    La deuxième ville de France est à la croisée des chemins.

  • Faire gagner les intérêts populaires

    Faire gagner les intérêts populaires

    C’est un fait ancien dans notre Ve République à bout de souffle : d’élection en élection l’abstention s’accroît. D’ordinaire, les municipales étaient l’occasion d’un regain de participation, signe que les Français reconnaissaient dans l’échelon communal, un lieu décisif pour changer leur quotidien.

    Dimanche, il a pourtant manqué beaucoup de monde dans les bureaux de vote de notre région.

    Beaucoup plus qu’en 2014, puisque l’année 2020, marquée par la pandémie de Covid, n’est pas un point de repère pertinent.

    Pourquoi ? Il n’y a probablement pas d’explication unique mais plusieurs hypothèses sont permises. D’abord, une montée générale du dégoût de la chose publique causée par la crise politique nationale dans un pays dirigé par un gouvernement minoritaire.

    Mobiliser

    Ensuite, cette abstention est probablement aussi le résultat des attaques subies par l’échelon communal au fil des années. Baisse des dotations de l’État, suppression de la taxe professionnelle, intercommunalités imposées, qui ont abîmé la capacité des maires à agir. Et donc, l’enjeu des municipales.

    Enfin, un affaiblissement des organisations politiques et de leur capacité de mobilisation électorale dans une société de plus en plus individualiste.

    Qui votent le moins ? Les chiffres sont clairs : les quartiers populaires et le monde du travail. Pourtant, malgré les difficultés, les municipalités peuvent faire beaucoup. Dimanche, il faut éliminer le risque de l’extrême droite et élire le maximum de listes progressistes. C’est la condition pour faire gagner les intérêts populaires.

  • Clarté

    Clarté

    Le paysage des seconds tours est désormais fixé dans les différentes communes de notre région.

    Certains sont particulièrement inquiétants. C’est le cas à Carpentras où Francis Adolphe, l’ancien maire condamné, maintient sa liste face au maire DVG sortant, Serge Andrieu, prenant le risque de faire basculer la ville et sa communauté d’agglomération à l’extrême droite.

    C’est aussi le cas à Hyères, où le maire LR et président de la Métropole, Jean-Pierre Giran, a pactisé avec l’extrême droite pour contrer Véronique Bernardini, la candidate divers droite qui l’a devancé au premier tour.

    Une décision conséquente

    D’autres seconds tours semblent se clarifier. À Marseille, le retrait de la liste LFI pour la mairie centrale et celle des 13-14 était la seule issue honorable pour barrer la route à un RN particulièrement menaçant.

    En prenant cette décision, Sébastien Delogu et son équipe ont pris la mesure du danger et agi en conséquence devant l’impossibilité de fusionner avec le Printemps marseillais.

    Jordan Bardella ne s’y est pas trompé en fustigeant ce retrait sur les réseaux sociaux.

    Il reste à mobiliser les abstentionnistes, particulièrement nombreux dans les quartiers populaires et dans le monde du travail. Ce sont eux qui auraient le plus à souffrir d’une politique d’extrême droite menée à l’échelle de la 2e ville de France.

    La bataille de Marseille est centrale. La victoire des progressistes, des démocrates, des républicains n’est pas acquise.

    Dimanche, elle doit être franche et claire.

  • Voter avec son porte-monnaie

    Voter avec son porte-monnaie

    La guerre au Moyen-Orient voulue par Donald Trump et Benyamin Netanyahou et ses conséquences sur le prix des carburants pousse au tout premier rang des préoccupations des Français la question du pouvoir d’achat.

    En cette dernière ligne droite des municipales, cette question suscite donc une attention particulière parmi les citoyens et pourrait bien prendre une place décisive dans leur choix.

    Face à cet enjeu, ce sont les listes progressistes qui apportent le plus de réponses. Certaines peuvent se prévaloir de leur bilan comme à Martigues où des efforts en faveur du pouvoir d’achat ont été faits depuis des décennies et où des propositions nouvelles de Gaby Charroux sont inscrites au programme comme une assurance habitation communale ou la création d’une aide pour les jeunes au Permis de conduire et au BAFA.

    Une question de choix politiques

    Dans d’autres communes, telles que Fos-sur-Mer, la liste de Rémi Esnault propose, quant à elle, la cantine à 50 centimes et deux chéquiers supplémentaires sport et culture de 100 euros chacun par foyer. À Toulon, celle de Magali Brunel défend la gratuité des Transports. Aux Mées, la liste de Frédéric Puech annonce un renforcement du CCAS et la création d’un guichet unique social pour garantir l’effectivité des droits de chacun. À Gap, la liste d’Élie Cordier avance l’idée d’une mutuelle communale tout comme celle du Printemps marseillais, conduite par Benoît Payan qui propose également de porter le kit de rentrée scolaire à 150 euros ou encore un tarif abonné à 1 euro pour le tunnel Prado-Carénage.

    Toutes ces propositions rejetées par la droite et l’extrême droite, qui hurlent au matraquage fiscal et défendent l’austérité, répondent à une urgence réelle. Elles sont finançables à budget constant et relèvent avant tout de choix politiques.

    Le 15 mars, on peut voter pour le rassemblement de la gauche avec le cœur mais aussi avec le porte-monnaie.

  • Villes portuaires

    Villes portuaires

    Quel avenir pour le Port de Marseille ? Pour celui de Toulon ? La réponse ne se résume pas dans ces municipales mais pourtant, elles sont une occasion importante de donner une orientation à la relation ville-port.

    C’est probablement à Marseille qu’elle a été le plus contrariée. On a longtemps dit que le Port – piloté par l’État – et la Ville se tournaient le dos. Les appétits immobiliers et la tentation du tout-tourisme ont exacerbé les tensions durant le quart de siècle de règne de Jean-Claude Gaudin.

    Port et Ville ont fini par signer une charte qui est appelée à se renforcer dans l’avenir.

    La vocation industrielle des bassins est, indiscutable pour la CGT, est également défendue par le Printemps marseillais, là où une partie de la gauche souhaite « faire reculer » le port.

    Des biens communs à défendre, moderniser et faire grandir

    Le dynamisme économique et la création d’emplois à Marseille en dépendent. Ainsi les communistes défendent-ils depuis de nombreuses années, la création d’un campus des métiers de la mer pour permettre à la jeunesse marseillaise de se former et d’accéder à des professions directement en rapport avec le port.

    Une ambition qui n’est pas contradictoire avec la décarbonation et la nécessaire transition écologique des activités portuaires ni à un accès encadré au littoral pour la population.

    Ces municipales, à Marseille et ailleurs sont l’occasion de réaffirmer que les ports sont indispensables au développement de nos villes. Ils sont des biens communs à défendre, moderniser et faire grandir.

  • Construire l’avenir

    Construire l’avenir

    Quel que soit le territoire, la crise du logement se fait sentir durement. A fortiori dans une région comme la nôtre, où 174 communes sont déficitaires en logements sociaux par rapport au seuil fixé par la loi, dont 95 ont été déclarées carencées, c’est-à-dire qu’en plus d’être en dessous de ce seuil, elles n’ont manifestement rempli aucun des objectifs triennaux qui leur étaient fixés.

    C’est un sujet de préoccupation majeure pour des habitants qui peinent à se loger dans des conditions décentes et avec un loyer abordable.

    Pour résorber cette crise du logement et casser les logiques de marché, il faut construire. Et notamment du logement social. Loin des clichés véhiculés par la droite et l’extrême droite, le logement social d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celui des années 1970.

    70% des Français éligibles au logement social

    Il n’est pas question de grands ensembles, pas plus qu’il n’est prévu de transfigurer des communes. Il s’agit simplement de faire prévaloir l’intérêt général en partant d’un constat éloquent : 70% des Français sont éligibles au logement social. Et aujourd’hui, un grand nombre d’entre eux, se retrouvent entre les mains de propriétaires privés, certains pouvant être qualifiés de marchands de sommeil, alors que l’accès au logement est un droit fondamental.

    Les municipalités ne peuvent pas tout mais elles doivent agir avec les bailleurs sociaux pour rénover le parc existant, construire de nouveaux logements, notamment en contraignant les promoteurs à inclure dans leurs constructions une dose de logements sociaux.

    Pour cela, il faut de la volonté politique et des maires qui ne font pas campagne en expliquant qu’ils violeront la loi et paieront les amendes avec l’argent du contribuable.

    C’est un des grands enjeux de ces élections pour… construire l’avenir.

  • Les petites mains de la démocratie

    Les petites mains de la démocratie

    À chaque élection, l’attention se porte sur les candidats, les programmes, les enjeux politiques. Mais rarement sur celles et ceux sans qui aucun scrutin ne pourrait matériellement se tenir.

    Derrière chaque enveloppe reçue, chaque profession de foi lue, chaque procuration validée, se cache une chaîne humaine essentielle et méconnue.

    Au parc Chanot, ce sont des centaines de volontaires et de fonctionnaires qui, des heures durant, trient, assemblent et glissent des milliers de documents dans des enveloppes. Une chorégraphie millimétrée, mais qui n’a rien d’automatique. Elle repose sur des femmes et des hommes mobilisés, organisés, concentrés, pour garantir à chaque électeur la même information, dans les mêmes délais. Une partie de cette mise sous pli est souvent externalisée auprès de prestataires privés, ce qui montre que l’ampleur de la tâche dépasse les seules capacités publiques.

    Démocratie

    Puis vient l’autre versant, tout aussi indispensable : celui des postiers. Ce sont eux qui assurent, quartier après quartier, village après village, la distribution de ces plis électoraux, souvent en quelques jours seulement, parfois en doublant le volume habituel, et trop souvent sans reconnaissance. Leur surcharge de travail, dans les Bouches-du-Rhône comme ailleurs, est bien réelle. Leur colère, relayée par la CGT des postiers, soulève quelque chose d’essentiel : la démocratie ne tient pas uniquement dans les débats et les bulletins de vote, mais dans ceux qui permettent qu’ils parviennent jusqu’à nous. Dans une époque où le service public est ciblé, le rappel est essentiel.

  • Urgence santé

    Urgence santé

    Partout dans les communes la question de la santé s’exprime comme une préoccupation majeure des habitants. Au-delà de la situation d’urgence de l’hôpital public révélée par la crise covid et qui toujours malheureusement d’actualité, c’est la capacité à être suivi médicalement qui est désormais déniée à une partie de la population.

    Pénurie de médecins généralistes, impossibilité d’obtenir des rendez-vous dans des délais décents chez des médecins spécialistes, grandes difficultés à trouver un interlocuteur la nuit ou le week-end…

    Les déserts médicaux sont désormais généralisés des communes alpines rurales jusqu’aux quartiers populaires de Marseille.

    Réponse progressiste

    La situation est alarmante et, sous la pression des demandes, nombre de candidats ont intégré à leur programme des propositions pour tenter de l’améliorer même si la santé, comme la sécurité, relève avant tout de l’État.

    Maisons médicales destinées à attirer des professionnels de santé, centres regroupant des médecins salariés, mutuelles municipales, investissements dans le matériel des hôpitaux, création d’accueils en amont des urgences… La campagne des municipales voit fleurir des projets qui visent tous à corriger les effets de décennies de décisions politiques libérales qui ont entraîné la France, qui se prévalait autrefois d’avoir le meilleur système de santé au monde, dans les difficultés que nous connaissons aujourd’hui.

    Pour les progressistes, ces municipales doivent être l’occasion d’apporter des réponses locales mais aussi de tracer une perspective de changement profond à l’échelle nationale.

  • Paradoxe

    Paradoxe

    Alors que l’extrême droite est indéniablement en dynamique dans tout le pays et qu’elle est en mesure de conquérir les trois plus grandes villes de notre région : Marseille, Nice et Toulon, le RN et ses alliés ne parviennent pas à présenter de listes dans une majorité de communes de plus de 3 500 habitants. Sur 243 communes de cette catégorie dans notre région, le RN ou ses alliés n’ont été en mesure de présenter de listes que dans une centaine d’entre elles.

    Un fait statistique qui interroge alors que les dernières législatives ont montré la capacité de l’extrême droite à l’emporter dans une grande majorité de circonscriptions de notre région.

    Dans la proximité, il est peut-être encore difficile de s’afficher comme relais des idées haineuses. Assurément, il est aussi compliqué pour les organisations politiques qui se réclament de cet espace politique de trouver des candidats « présentables ».

    Perte de repères et courte vue

    Comme nous le rappelle ce dossier, de nombreux colistiers du RN dans notre région ont eu affaire avec la justice, ou tenus des propos sulfureux.

    À Gardanne, c’est un candidat qui tend le bras qui se trouve sur la liste du RN.

    Dans une France en pleine perte de repère, où l’antisémitisme, le racisme, la misogynie, l’homophobie sont banalisés, ces profils sont particulièrement inquiétants.

    Ce paradoxe qui consiste à constater que la stratégie nationale de ripolinage de l’extrême droite trouve ses limites lors des municipales, n’en est pas vraiment un. Lorsqu’on zoome, on y voit plus clair.