Tag: Culture

  • La société civile appelle aussi au barrage de l’extrême droite dans le Gard

    La société civile appelle aussi au barrage de l’extrême droite dans le Gard

    Face à la percée de l’extrême droite dans l’Hérault et encore plus dans le Gard, plusieurs acteurs de la société civile sont sortis du silence cette semaine. Ils souhaitaient à la fois alerter sur les risques de l’extrême droite mais aussi appeler à la mobilisation le 22 mars pour tenter de contenir la vague brune.

    C’est par exemple le cas de l’Union départementale CGT du Gard qui a tenu un point presse le 18 mars. « Ce dimanche 15 mars, le premier tour des élections municipales a confirmé une menace sans précédent : dans de nombreuses grandes villes et communes de France comme Nice, Toulon, Marseille, mais aussi dans notre département, la droite radicalisée et l’extrême droite sont en passe de s’emparer du pouvoir au second tour. À Beaucaire et Vauvert, le Rassemblement National est déjà aux commandes. Bagnols-sur-Cèze, Nîmes et Alès pourraient basculer à leur tour. Cette situation est d’une gravité extrême », a prévenu le syndicat qui appelle à une « réaction immédiate et massive de toutes celles et ceux qui refusent de voir les ennemis de la démocratie, les adversaires des droits sociaux et des libertés syndicales, diriger nos communes ».

    La culture en danger

    La Ligue des droits
    de l’Homme Languedoc-Roussillon appelle aussi à voter « pour la démocratie, pour l’État de droit et contre l’extrême droite ». « Dans les communes qu’elle dirige, l’extrême droite nous montre son vrai visage : une régression sociale durable, de graves atteintes aux droits et libertés, une forte présence policière mais sans tranquillité publique, un délitement de notre État de droit, avec une violation réitérée des décisions de justice. Les victoires municipales servent de vitrine et de tremplin à l’extrême droite : elles banalisent ses discours, installent durablement ses réseaux et préparent ses conquêtes nationales », écrit la LDH qui appelle à des sursauts citoyens à Nîmes, Agde, Narbonne et Carcassonne notamment.

    Patrick Malavieille, vice-président du Département du Gard, délégué à la culture et à l’éducation artistique a aussi convié plusieurs acteurs de la culture gardois mercredi 18 mars pour aussi alerter sur l’impact des politiques d’extrême droite sur le monde de la création. « Après Beaucaire et Vauvert, la perspective de voir le RN prendre les mairies de Nîmes, d’Alès et de Bagnols et leurs intercommunalités, fait peser de très graves menaces sur la culture. Le schéma départemental de la culture, coconstruit avec les acteurs culturels et les collectivités partenaires, ne pourrait supporter le désengagement de ces trois grandes villes. Aujourd’hui, c’est notre devoir que d’alerter les Gardoises et les Gardois sur le devenir de la culture, de l’éducation artistique et de la place des artistes. Les élus RN au conseil départemental comme au conseil régional votent systématiquement contre les budgets culturels », explique l’ancien député.

    Autour de lui, Sylviane Manuel, directrice du Pôle national cirque Occitanie, Olivier Lataste, directeur du Cratère, Scène nationale à Alès et Clément Amouroux directeur du festival Itinérances et coordinateur de l’École Au Cinéma, ont répondu à l’appel. À distance, Émilie Peluchon, directrice de La Maison Danse d’Uzès et Antonin Beaury directeur du Périscope, ont également rejoint l’appel et confirmé les craintes du communiste. Ce point presse faisait aussi suite à l’appel de l’intersyndicale du spectacle vivant public mardi 17 mars à « empêcher l’arrivée au pouvoir des forces d’extrême droite et de droite radicalisées ».

  • Isam Elias, synthétiseur d’influences à Marseille

    Isam Elias, synthétiseur d’influences à Marseille

    « Je qualifierais ma musique d’électro-afro-orientale. Elle prend en compte tous les éléments de ma vie », résume Isam Elias. Autant d’inspirations et d’influences proclamées par ses synthétiseurs, dopés par une énergie lointaine. Bercé par la musique traditionnelle arabe, puis ayant fait ses gammes avec les compositeurs classiques, il se lance dans l’électro à son arrivée en France en 2022, dans le cadre d’une « résidence à la Cité internationale des arts », rappelle ce natif de Bethléem, qui se produit à Marseille vendredi 20 mars, vers 1h du matin.

    Festif à plein « Tubes »

    Isam Elias est l’auteur d’une musique festive, entraînante. Et aussi engagée ? « Rien que le fait que je sois un artiste palestinien sur scène, et que les gens puissent écouter ma musique, est déjà quelque chose de politique », estime celui qui est à l’origine d’un EP réjouissant intitulé Tubes. L’occasion de le faire découvrir aux Marseillais, auxquels il a déjà pu se frotter par le passé. Selon lui, « le meilleur public. Ici, les gens sont toujours chauds. Ils semblent plus libres et fiers de leurs histoires personnelles qu’ailleurs ».

  • Plusieurs salles de spectacle s’engagent pour préserver la culture

    Plusieurs salles de spectacle s’engagent pour préserver la culture

    Parmi les signataires figurent l’Espace Julien, Le Makeda, le Théâtre de l’Œuvre, La Meson et Grand Bonheur. Ces acteurs culturels affirment que leurs établissements sont des espaces où « se vivent la diversité, la rencontre et le partage », qu’ils décrivent comme des composantes essentielles de l’identité marseillaise. Ils soulignent que ces valeurs sont aujourd’hui « clairement en jeu ».

    Les signataires défendent une « culture libre, accessible à toutes et tous, ancrée dans les quartiers » et rappellent leur conception de la solidarité, présentée comme « ce qui garantit notre sécurité au quotidien ». Le communiqué insiste aussi sur le rôle de la culture, un « droit fondamental (..) pilier de la démocratie », ainsi que sur l’importance de soutenir la création et les talents locaux.

    Au-delà de la mairie centrale, le texte souligne l’enjeu représenté par les mairies de secteur, où se construisent « le lien social, l’accès à la culture et le vivre-ensemble ». Les établissements concluent en appelant à la mobilisation citoyenne : « Parce que Marseille ne se replie pas, elle se partage. »

  • Bonnes, belles ou bien mauvaises, des Mères déconstruites au Mucem

    Bonnes, belles ou bien mauvaises, des Mères déconstruites au Mucem

    Les commissaires de cette exposition s’appellent Caroline Chenu et Anne-Cécile Mailfert. Historienne de l’art, la première est chargée de recherches au Mucem depuis 2017. Présidente de la Fondation des Femmes qu’elle a cofondée en 2016, la seconde mène des campagnes pour les droits des femmes et contre les violences. Pour France Inter, pendant quatre ans, elle a donné des chroniques matinales. Motherland, l’extrait d’une vidéo franchement burlesque de Ruth Patir, diffusée au départ de l’exposition, anticipe les partis pris de leurs explorations. Un défilé rassemble des figurines féminines en terre cuite qui scrutent un décor de gratte-ciel et dodelinent gravement.

    Leur manifestation est parfaitement extravagante : ce sont de lourdes figures de la fertilité ou bien des statuettes sumériennes, des fausses idiotes qui nous interpellent.

    Scénographie pour madones de banlieue

    Grand déboulé de personnages et de points de vue, un chaos finement organisé survient au niveau 2 du Mucem dont les parois, les rythmes et les détours, voici peu inventés pour l’exposition « La Carte du ciel », ont été repeints par la scénographe : à la place du bleu des nuits étoilées, voici des teintes orange ou bien du pourpre.

    Sculptures, stèles funéraires, tableaux, photographies, objets et documents, voici des maternités principalement antiques, des ventres et des corps charnus, mythifiés, ordinaires ou bien puissants, des figures de déesses-mères, des femmes qui allaitent, qui pique-niquent ou bien qui avortent. Des œuvres contemporaines perturbent délibérément la chronologie. On appréhende les réemplois stylistiques et les émancipations qui s’effectuent au cours des siècles. Mamelles pendantes, décapitée et crochue, la pas du tout séduisante sphinge de Louise Bourgeois se souvient simultanément d’Artemis et des anatomies dadaïstes. Présents en visite de presse, pas du tout mondains ni subversifs, acteurs vieillissants d’une société du spectacle d’ores et déjà périmée, Pierre et Gilles sont venus revoir leur « Vierge à l’enfant » qui est aussi l’affiche de cette exposition. Tête couronnée et robe blanche, actrice de La Graine et le Mulet quand elle pose pour leur photo, Hafsia Herzi surgit devant une barrière de chantier, parmi les balises d’autoroutes qui éclairent un infâme bazar de fleurs en plastique traversé par des rats.

    Yves Jeanmougin et Niki de Saint-Phalle

    Les deux curatrices ont introduit dans leur shaker des pièces de multiples provenances. Certaines sont glaçantes – par exemple, issus des anciennes collections des ATP, un irrigateur médical recommandé pour la contraception ou bien issu du parvis d’un hôpital du XVIIIe siècle, une boîte en bois pour enfants abandonnés -d’autres sont merveilleusement farfelues comme le « Cœur indépendant rouge » de Joana Vasconcelos et la « Femme enceinte », les boules de couleur de l’Hippo-lamp de Niki de Saint Phalle. On les félicite d’avoir sollicité des artistes de la proche région comme Katia Bourdarel, Yves Jeanmougin, Karine Rougier, Édith Laplane et Michael Serfaty.

    Un malaise persistant pourrait entraver le parcours de cette exposition. Le positionnement des pièces est judicieux, les problématiques d’hier et d’aujourd’hui sont abordées frontalement : les pleureuses et les féminicides, les fêtes, l’asservissement, les luttes et les douleurs, Gisèle Halimi, Simone Weil et les réacs sont évoqués. Au presque impossible, nul n’est tenu. Un liant manque dans ce kaléidoscope : des réflexions globales, une vision d’ensemble à la façon de Françoise Héritier, de Georges Vigarello ou de Philippe Descola lui font cruellement défaut.

    Jusqu’au 31 août, tous les jours sauf mardi. Catalogue coédité avec Actes Sud, 39 euros. Samedi 21 mars 16h, entrée gratuite.

  • Dix jours de cinéma d’outre-Manche à Nîmes

    Dix jours de cinéma d’outre-Manche à Nîmes

    Pendant dix jours, le public pourra découvrir plus d’une trentaine de films couvrant plus d’un siècle de cinéma britannique et irlandais au cinéma le Sémaphore et à Carré d’Art. Avant-premières, films inédits, documentaires ou classiques restaurés composent une programmation éclectique fidèle à l’ADN du festival : mêler patrimoine et création contemporaine.

    Temps fort de cette édition, la venue du réalisateur irlandais Jim Sheridan, figure majeure du cinéma engagé. L’auteur de My Left Foot, In the Name of the Father ou The Boxer accompagnera plusieurs projections et rencontres avec le public. Six de ses films seront présentés durant le festival.

    Classiques et découvertes

    Les organisateurs proposent également plusieurs hommages, notamment au cinéaste britannique Charles Crichton, réalisateur du célèbre Un poisson nommé Wanda, ainsi qu’à Peter Watkins, disparu en 2025. Le festival mettra aussi en lumière la vitalité du nouveau cinéma irlandais avec plusieurs films inédits, dont Aontas, Fréwaka ou Horseshoe. Des courts-métrages de la London Film School, présentés par son directeur Chris Auty, complètent la programmation.

    Autre rendez-vous original : un ciné-concert autour de Sherlock Holmes, porté par Virgile Goller, qui fera dialoguer images muettes et musique en direct. Master classes, rencontres avec les invités et séances spéciales jalonneront également ces dix jours de projections.

  • Des films d’amour à rudes épreuves à Rousset et Aix

    Des films d’amour à rudes épreuves à Rousset et Aix

    « Écouter les battements du monde à travers une sélection de films intimes, spectaculaires et universels, révélant des cinéastes talentueux et créatifs. » Édictés par sa directrice Sylvia Vaudano, les préceptes du festival Nouv.o.monde dont la 15e édition s’ouvre par la projection des Filles du désir de Princia Car, dans l’amphithéâtre 4 de l’Université d’Aix (entrée libre). Sélectionné lors de la dernière Quinzaine des réalisateurs de Cannes, un drame dans le sillage d’un moniteur de centre aéré, lors d’un été brûlant à Marseille, jusqu’à ce que l’une de ses amies d’enfance, « ex-prostituée, bouleverse et questionne leur équilibre, le rôle de chacun dans le groupe, leur rapport au sexe et à l’amour ». 10 films ainsi qu’une séance de courts-métrages issus de 12 pays nourrissent ce festival qui voguera, le lendemain, vers le cinéma le Mazarin, avec Yellow letters. Réalisé par Ilker Catak, un film autour d’un couple composé d’un professeur à la faculté d’Ankara, et de sa femme, une « célèbre comédienne », qui reçoivent tous deux « une lettre de révocation » de l’État en raison de leur engagement politique.

    À partir du 13 mars, Nouv.o.monde aura pour centre névralgique la salle Émilien- Ventre. Au menu, l’avant-première de Sorda, d’Eva Libertad Garcia, dans les pas d’Angela, « sourde de naissance », et de ses craintes à l’aube d’avoir son premier enfant. À noter également, La gifle, de Frédéric Hambalek, plongée dans les tourments familiaux d’un couple a priori « parfait », mais dont l’équilibre va vaciller « lorsque leur fille développe soudainement des capacités télépathiques ».

  • Entre musique et cinéma, une partition commune à Marseille

    Entre musique et cinéma, une partition commune à Marseille

    Au XVIIIe siècle, à Venise, l’Ospedale della Pieta forme de jeunes musiciennes orphelines, parmi lesquelles la prodige Cecilia, dont la « vie va être bouleversée par l’arrivée » d’un certain Antonio Vivaldi, maître du violon. Réalisé par Damiano Michieletto, Vivaldi et moi fait l’ouverture du festival Music & Cinéma à l’Artplexe, en présence du compositeur de la bande originale, Fabio Massimo Capogrosso, augurant des multiples tandems cinéaste-compositeur de musique de film faisant tout le sel de cette manifestation qui a pour centre névralgique le cinéma situé en haut de la Canebière, du 30 mars au 4 avril.

    Seul festival qui interroge à ce point la relation entre l’image et la musique en Europe, Music & Cinéma verra sa 27e édition irriguée par dix films dans la compétition longs-métrages. « Avec 13 pays représentés, majoritairement d’Europe », campe son président Jacques Sapiega. Figure ainsi à ce menu L’étrangère. Filmé par Gaya Jiji et musique signée Valentin Hadjadj, l’histoire d’une femme qui fuit la Syrie, laissant au pays un enfant et un mari « dans les geôles du régime », destination Bordeaux, où elle tombe amoureuse d’un avocat qui lui vient en aide.

    Rencontres et marché

    Cette mouture conviera également la réalisatrice et comédienne Romane Bohringer comme « invitée d’honneur », tout comme le Britannique Steven Price, « l’un des plus grands compositeurs de musiques de films au monde » à l’origine de Gravity, Baby driver ou Suicide squad, précise Anne-Gaëlle Rodeville, déléguée générale d’un festival aussi nourri par des « Accords en duo ». Explorant « comment musique et image se répondent pour donner vie à un film », une section qui invite cette année Cyriel Aris et Anthony Sahyoun pour Un monde fragile et merveilleux ainsi qu’Olivier Masset-Depasse et Frédéric Vercheval pour Duelles, récompensé il y a quelques années par neuf Magritte du cinéma, l’équivalent belge des César.

    Espace de diffusion et de rencontres avec les équipes de films, Music & Cinéma propose par ailleurs de nombreux dispositifs tels que « le marché international de la composition pour l’image » qui permet à des centaines de « producteurs et réalisateurs de présenter un projet de film ou série déjà financé, de trouver des compositeurs. Le seul marché au monde à faire cela », développe Anne-Gaëlle Rodeville. Des projections « coups de cœur » auront aussi droit de cité, un certain nombre de films étant conçus par des artistes marseillais. Parmi ceux-ci, Claude McKay, errances d’un poète révolté de Matthieu Verdeil, qui fait ressurgir l’œuvre de cet écrivain jamaïcain préfigurateur de la négritude, passé par la cité phocéenne dans les années 1920.

    Programme complet sur www.music-cinema.com

  • La relève de l’Opéra de Paris en pas de deux à Aix

    La relève de l’Opéra de Paris en pas de deux à Aix

    Le Grand Théâtre de Provence accueille, dimanche 8 mars à 17 h, puis lundi 9 et mardi 10 mars à 20 h, le Junior Ballet de l’Opéra de Paris. Au programme, des chorégraphies de George Balanchine, Maurice Béjart, Anabelle Lopez Ochoa et José Martinez. Un choix très diversifié conçu sur mesure pour les jeunes artistes, concentré de techniques chorégraphiques classiques et d’approches plus contemporaines.

    À l’initiative de ce dispositif, le chorégraphe José Carlos Martínez, nommé en 2022 directeur de la danse à l’Opéra de Paris. Né à Carthagène en Espagne, il est à ce jour l’unique danseur d’origine espagnole à avoir été nommé étoile au sein du Ballet de cette prestigieuse institution. En 2024, il crée le Junior Ballet, une promotion d’une vingtaine de jeunes danseurs et danseuses venus du monde entier qui, au sein de l’Opéra de Paris, bénéficient d’une solide formation. Pour José Martinez, il s’agit avant tout de faire le lien entre l’école de danse de l’Opéra de Paris et le corps de ballet, et de parvenir à davantage de diversité en approchant des danseurs du monde entier.

    Transmission, création

    Il rappelle que le dispositif, s’il est nouveau à Paris, existe déjà dans plusieurs pays et compagnies à l’étranger. Il fallait s’assurer l’accompagnement des jeunes danseurs en fin de formation professionnelle. « Il s’agit de permettre aux danseurs qui terminent l’école de danse et qui ne sont pas engagés dans le ballet de poursuivre leur formation tout en bénéficiant d’une expérience professionnelle. D’autre part, on veut offrir à des danseurs venant d’autres écoles du monde la possibilité de découvrir le style français tel qu’on le pratique à Paris. Ainsi, nous pouvons diversifier les profils qui peuvent être engagés dans le futur corps de ballet de l’Opéra », précise-t-il.

    Une fois intégré le Junior Ballet, un contrat de professionnalisation de 24 mois leur est proposé. Treize d’entre eux sont issus de l’école de danse, les autres viennent d’autres écoles du monde. Aucune concurrence entre les deux accès. José Martinez insiste : « Ce dispositif m’a paru nécessaire car je ne voulais pas voir de jeunes artistes ayant suivi chez nous toute la formation, livrés à eux-mêmes, sans accompagnement, ni contrat de travail. » Et d’ajouter : « J’aime à dire que les danseurs qui entrent au Junior Ballet sont encore des élèves et lorsqu’ils en sortent, ils sont des professionnels. »

    La tournée qui les conduira à Aix est l’occasion d’une expérience professionnelle indispensable. « C’est leur premier contact avec un vrai public, dans des salles différentes. Ils apprennent à gérer les répétitions, la fatigue, la charge de travail. » Le programme a été pensé avec une double ambition : pédagogique, en amenant les danseurs à explorer toutes les formes de l’art chorégraphique, du classique le plus pur au contemporain ; et artistique, en offrant au public l’occasion de découvrir toute la richesse et l’exigence de cet art.

  • Bruno Ely, 45 années au service du musée Granet

    Bruno Ely, 45 années au service du musée Granet

    Émotion et gratitude, des témoignages, une plus claire perception du chemin parcouru entre 1980 et aujourd’hui, la maire d’Aix-en-Provence, Sophie Joissains et une foule d’amis ont salué depuis la salle des États Généraux le départ à la retraite de Bruno Ely.

    Avant que la médaille de la ville d’Aix lui soit remise, « sa base arrière » la plus essentielle, ses enfants Marie et Paul (28 et 25 ans) et son épouse Valérie ont pris la parole pour dire à quel point ils ont préservé à ses côtés un univers de grande liberté. L’engagement au quotidien d’une famille hantée par la photographie, la magie et la discrétion des métiers voués aux images restent merveilleusement contagieux : la fille aînée de Bruno, Marie Ely a passé avec bonheur et succès le concours de conservatrice du musée du Mans.

    Sophie Joissains, l’adjointe à la culture Marie-Pierre Sicard ainsi que son directeur d’autrefois Denis Coutagne ont retracé les étapes de la carrière d’un porteur de projets et d’une équipe remarquablement soucieux de convaincre par de multiples conférences et visites guidées le public de son époque. En 1990, pendant l’exposition Cezanne réalisée après l’incendie de la Sainte-Victoire il s’agissait de redonner une place de première importance au musée Granet; 40 ans plus tard, des accrochages et des expositions de niveau international, des dépôts et des acquisitions ont fait taire ceux qui estimaient qu’Aix avait longtemps ignoré « le père de l’art moderne ». À la tête du Pavillon Vendôme et du musée des Tapisseries pendant 18 ans, avant de devenir en 2008 le conservateur du musée Granet, Bruno Ely aura réalisé dans Aix plus de 180 expositions qui relèvent de l’archéologie, du grand XVIIe aixois, du Festival d’art lyrique autant que de la modernité, Alechinsky, Fabienne Verdier et Bernard Plossu peuvent en témoigner. Un prochain portrait du journal complétera cet hommage.

  • Alpes-de-Haute-Provence : des personnes handicapées en vacances en Espagne

    Alpes-de-Haute-Provence : des personnes handicapées en vacances en Espagne

    Un groupe de 50 personnes des Alpes-de-Haute-Provence a pu partir en vacances, en Espagne, avec l’association Cœur Lavande, dont l’objectif est d’organiser des événements « rassemblant personnes handicapées et lambda pour sensibiliser à la différence », explique le président fondateur de l’association, Jean Tripodi.

    « Les personnes lambda se rendent compte que tout prend plus de temps quand on a un handicap, et cela permet d’avoir accès à la culture, au sport et aux loisirs pour tous », avance le président de Cœur Lavande, association basée à Digne-les-Bains qui organise également des trails, des courses et des défilés de mode autour des différences.

    « Dans la peau d’une personne handicapée »

    L’association est aussi à l’initiative d’une action nommée Handi’ville, qui consiste à se rendre dans différentes villes et villages du département et proposer aux habitants de les « mettre dans la peau d’une personne handicapée » en les asseyant dans des fauteuils roulants, en portant « des lunettes déformantes pour les malvoyants, des bandeaux pour les non-voyants et des casques pour les malentendants », détaille Jean Tripodi.

    Le groupe, en vacances à Barcelone, a notamment pu assister à un spectacle de flamenco, visiter une bodega, faire du shopping et participer à une dégustation de vin. « La différence est une force » est le slogan de l’association, qui organisait ce voyage pour la dixième année.

    Repas dans le noir chez Domitys le 27 mars à 19h pour se mettre dans la peau d’une personne non-voyante, sur inscription, 80 places disponibles, 22 euros.