À l’échelle nationale, le mouvement est encore jeune. La Cracs, la coalition des résistances artistiques, culturelles et scientifiques s’est montée en mai 2026, après publication de sa tribune dans le journal Libération, le même mois. Un peu partout en France, des comités locaux émergent, Aix-en-Provence et Marseille inclus. « L’objet de cette association, c’est de rentrer de plain-pied dans la bataille culturelle qu’aujourd’hui, l’extrême droite est en train de gagner », résume simplement Dany Bruet, coordinateur du comité d’Aix. En se réunissant sous cette coalition, artistes intellectuels et scientifiques veulent dépasser ce « fatalisme ». « Autant l’année dernière a été difficile, tout le monde était dans le déni, voire découragé, là on sent qu’il y a des énergies qui émergent de partout », constate Dany Bruet. À une échelle locale, plusieurs mobilisations sont déjà en train de s’organiser. À l’approche, entre autres, d’une programmation de la Dame de Pierre, notamment prévue en septembre au Dôme de Marseille. Pour rappel, sa programmation à Aix, en novembre, avait été dénoncée par les syndicats et associations d’artistes ainsi que les partis de gauche locaux pour sa proximité avec le projet Périclès du milliardaire d’extrême droite Pierre-Edouard Stérin. Même scénario pour la Nuit du bien commun, programmée au 6MIC, en octobre dernier, devant lequel s’était tenue une large mobilisation. Pour la Cracs, d’autres projets sont à prévoir. Un stand lui est d’ores et déjà réservé à la Fête de l’Humanité. « L’objet de notre action ne sera pas de brailler devant les entrées, mais d’informer et de faire de la pédagogie auprès du public qui ne sait pas, qui n’est pas au courant que certains des projets sont financés par l’extrême droite, du projet politique qu’il y a derrière », déroule Danny Bruet, qui précise que ce projet d’association « va au-delà de la présidentielle, on est face à un problème de société ». Si les idées et plusieurs actions sont déjà en place, le statut de l’association est toujours en cours de création. Et veut continuer à fédérer des membres, à l’échelle locale comme nationale. « C’est un projet qui demande beaucoup de temps, beaucoup de pugnacité et de cohérence, précise Catherine Lecoq, artiste et membre de la CGT des Spectacles, en charge de la coordination du comité marseillais. Il y a énormément de choses qui se font en ce moment. Ce qui est intéressant est de réussir à coaliser tout ça, avoir une réelle force de frappe concernant notre liberté d’action et nos possibilités réelles, en dehors des financements de ces milliardaires d’extrême droite. Il faut qu’on fasse en sorte que les gens soient sur le coup (…) ça peut prendre une belle ampleur, devenir une réflexion pour un monde meilleur. Ce peut être un adage vaste et optimiste mais il faut construire quelque chose de différent, être plus solidaires, réfléchi, de trouver des outils de réflexion pour que nos secteurs ne soient pas sabordés d’ici peu ou ne puissent plus raconter le monde comme ils doivent le faire. » Eva Bonnet-Gonnet
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Un voyage en Andalousie avec le spectacle Paseo Flamenco
Le flamenco sera à l’honneur ce dimanche 28 juin à la salle Saint-Marceaux de La Ciotat. L’école Éveil Flamenco y Mas y présentera Paseo Flamenco, son spectacle de fin d’année, l’occasion pour les élèves de partager avec le public le travail réalisé tout au long de la saison. Le rendez-vous débutera à 18 heures, avec une ouverture des portes dès 17h30.
Préparé depuis le mois de septembre, le spectacle est l’aboutissement de plusieurs mois d’apprentissage et de répétitions. Sur scène, « les élèves, âgés de 5 à 70 ans, interpréteront différents styles de flamenco », présente Josy Delgado, la directrice de la structure, et ce à travers une succession de tableaux mêlant danse, musique et chant. Des plus jeunes débutants aux danseurs confirmés, chacun proposera une partie du travail accompli au cours de l’année.
Pour cette représentation, les élèves seront accompagnés de musiciens professionnels, avec guitare, chant et violon.
Les enfants et les élèves débutants sont formés par Josy Delgado, la directrice de l’école Éveil Flamenco y Mas, tandis que Teresa Deleria accompagne les danseurs les plus avancés. Les cours de guitare sont assurés par Paco Carmona.
Des élèves de 5 à 70 ans sur scèneAu-delà de la représentation artistique, Paseo Flamenco se veut un moment de rencontre et de convivialité. L’école souhaite faire de cette soirée une fête ouverte à tous, où familles, proches et amateurs de danse pourront découvrir l’évolution des élèves dans une ambiance chaleureuse. Une petite restauration sera proposée sur place avant et après le spectacle.
Spectacle, dimanche 28 juin à 18h, salle Saint-Marceaux. Entrée : 10 euros, gratuit (- de 12 ans). Petite restauration et réservations sur HelloAsso ou au 06.62.68.05.41.
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La famille Fadas s’agrandit pour six jours de fête à Tholon
« Les Fadas, c’est un anti-festival », selon l’adjoint (PCF) à la culture, Florian Salazar-Martin. Et ce n’est pas pour dénigrer l’événement, qui s’agrandit encore cette année et va accueillir plusieurs nouveautés présentées lors d’une conférence de presse, lundi matin, à l’ombre de la Cour de l’île.
Cette huitième édition s’élargit dans l’espace et dans le temps. Pas d’histoire de science-fiction ici, mais bel et bien un village des Fadas implanté pendant six jours, du mardi 7 au dimanche 12 juillet, sur une base nautique de Tholon complètement dédiée à l’événement. Cet anti-festival s’étendra du Tétrodon jusqu’au parking le long du boulevard Touret-de-Vallier, qui ne sera plus disponible pour son véhicule, mais pour un invité un peu spécial.
Car, à l’honneur de cette édition 2026 figure le centre culturel embarqué de la Flotille pour Gaza, hébergé sur le voilier Hétérotope armé par le journaliste et militant Emilien Urbach. « Toute l’année, nous sommes citoyens du monde. L’Hétérotope est chargé de la mémoire des flottilles », détaille Florian Salazar-Martin, qui parle des Fadas comme avant tout d’un « espace de parole et d’échange » loin de « la surenchère » programmatique.
« Un échange culturel loin de la culture bourgeoise »Car l’idée, pour l’élu, est avant tout de « transmettre le virus fada », celui qui veut qu’« on puisse passer sa journée à se prélasser sans que personne ne dise rien », celui « de l’échange culturel et pas que de la culture bourgeoise et ses grands hommes : plus il y a de diversité, mieux c’est ! », insiste l’adjoint.
Cette idée trouve son écho dès le mardi 7 juillet, avec la compagnie des Josianes, qui propose un spectacle de danse et de cirque autour de la notion de résistance féministe. Le même jour, la chanteuse et multi-instrumentiste féministe et antiraciste Bia Ferreira sera en concert, suivie de la marseillaise Carlala, qui proposera un DJ-set entre reggaeton, flamenco, brasilian funk ou encore DnB. L’ensemble de la programmation est à retrouver sur le site internet Martigues Bouge.
Le village des Fadas a aussi pour ambition d’être « une éco-manifestation », selon Florian Salazar-Martin, avec notamment l’utilisation de la « dînette en plastique » lavable inaugurée l’année dernière. « On a lavé 7 500 couverts l’année dernière, avec seulement 50 litres d’eau et sept objets cassés. L’enjeu est de tendre vers le zéro-déchets », indique l’adjoint.
Autre nouveauté, le déploiement du dispositif Safer, dédié à la prévention et à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. En clair, le public aura à sa disposition un stand de prévention, une application d’alerte et des équipes de maraude.
Être fadas, faire la fête, oui. En respectant tout le monde, c’est encore mieux.
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L’histoire mise en scène pour sauver la bastide Marin à La Ciotat
Les navigateurs au long cours et les riches commerçants qui ont fait vivre la bastide pendant près d’un demi-siècle reviennent à La Ciotat avec le spectacle « Révélations ». « Nous avons fait le pari de faire un dîner spectacle sur plusieurs époques, pour raconter la ville au fil des siècles », raconte Mireille Benedetti, présidente de l’association.
Au programme : plusieurs scènes d’une dizaine de minutes, entrecoupant le repas, et retraçant le passé de La Ciotat, de l’époque médiévale aux années folles. « On part de la grande histoire pour arriver à l’histoire locale et on révèle de petits secrets, toujours en lien avec la bastide. » Issu du livre du même nom publié l’année dernière par Mireille Benedetti, le spectacle se veut participatif et convivial. « Ce sont les acteurs qui font le service. On joue avec les gens, on sert de l’hypocras, un vin médiéval, pour qu’ils se sentent vraiment dans cette époque. »
Sur scène, une cinquantaine de comédiens, également membres de l’association, font vivre le patrimoine historique de La Ciotat. « On va parler de la peste, du chantier naval, de l’installation de la gare dans la ville. L’idée, c’est de montrer que toute l’histoire est liée. »
Fil rougeCette représentation sera suivie d’autres événements, qui courront tout au long de l’été. Pour Mireille Benedetti, il a toujours été question de restaurer la bastide Marin afin de préserver l’histoire de la ville. « On a décidé de sauver et de sauvegarder, par la culture, ce patrimoine qui était à l’abandon, précise-t-elle. Tous les bénéfices de nos spectacles servent à rénover la bastide. »
Depuis plus de 20 ans, l’association agit avec une conviction : « On ne peut pas transmettre et protéger ce que l’on ne connaît pas. » Tous les spectacles, construits à partir de recherches historiques, se veulent ainsi très pédagogiques.
La transmission passe aussi par les enfants, invités à découvrir l’histoire locale à travers des ateliers. « On leur explique comment les enfants vivaient il y a longtemps. Mon concept, c’est la culture pour tous et avec tous. »
À La Ciotat, nombreux sont ceux qui s’associent au projet. « Les costumes sont faits avec de la récupération, des rideaux, des draps (…). On incarne l’histoire pour la rendre vivante. » Une mobilisation particulièrement visible depuis l’incendie qui a touché la bastide, en 2020. « Les habitants ont organisé des ateliers couture pour nous refaire des costumes. »
« À chaque fois qu’on a eu le genou à terre, des gens nous ont aidés », affirme Mireille Benedetti. Grâce à ce soutien, l’association peut poursuivre son travail de sauvegarde et de transmission du patrimoine local, à travers ses spectacles.
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![[Passerelle interculturelle] Traditions chinoises, zongzi et courses de bateaux-dragons](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/06/744b459d47d7a4dd6e605a5db77cf49c.jpg)
[Passerelle interculturelle] Traditions chinoises, zongzi et courses de bateaux-dragons
Il s’agit de l’une des grandes fêtes traditionnelles chinoises. À cette occasion, les familles ont coutume de manger des zongzi, de petits paquets de riz gluant enveloppés dans des feuilles végétales, de suspendre de l’armoise chinoise aux portes des maisons, et surtout d’assister ou de participer à des courses de bateaux-dragons.
Le zongzi est l’un des aliments les plus emblématiques de cette fête. Il est préparé avec du riz gluant, parfois garni de différentes farces, puis enveloppé dans des feuilles de bambou, de lotus, de roseau, de maïs ou encore de bananier. Chaque type de feuille apporte au riz un parfum particulier et donne au zongzi une saveur unique.
Dans la Chine ancienne, ces feuilles ne servaient pas seulement à parfumer les aliments. Elles permettaient aussi de mieux conserver les zongzi pendant les chaleurs de l’été, grâce à certaines propriétés naturelles antibactériennes. C’est ainsi que les anciens Chinois ont développé cette méthode consistant à envelopper le riz dans des feuilles, puis à conserver les zongzi dans l’eau fraîche.
Mais la fête de Duanwu est surtout connue pour ses spectaculaires courses de bateaux-dragons. Cette tradition chinoise très ancienne remonterait à plus de 2 000 ans. Aujourd’hui encore, elle reste l’un des moments les plus attendus des célébrations.
Le long du fleuve YangtséIl existe plusieurs explications sur l’origine de ces courses. Selon l’une des théories les plus répandues, elles seraient nées parmi les communautés de pêcheurs installées le long du fleuve Yangtsé, dans le centre-sud de la Chine. À l’origine, il s’agissait d’un rituel populaire destiné à demander aux divinités de la pluie des récoltes abondantes.
Plus tard, cette tradition a été associée à la mémoire de Qu Yuan, poète de la période des Royaumes combattants, au IIIe siècle avant notre ère. Connu pour son patriotisme et ses œuvres poétiques, Qu Yuan fut exilé après avoir été écarté de la cour par un souverain corrompu. Selon la légende, lorsqu’il apprit que son pays avait été vaincu par ses ennemis, il se jeta dans la rivière Miluo, désespéré. Les habitants auraient alors lancé leurs bateaux sur la rivière pour tenter de retrouver son corps. Ils auraient également jeté des zongzi dans l’eau afin d’empêcher les poissons de s’en approcher. C’est de cette légende que viendrait l’association entre les courses de bateaux-dragons, les zongzi et la fête de Duanwu.
Au fil des siècles, les courses de bateaux-dragons sont devenues à la fois une tradition culturelle, une activité sportive et un symbole fort de l’esprit collectif. Aujourd’hui, elles sont pratiquées bien au-delà de la Chine, dans de nombreux pays, où elles attirent un public de plus en plus large.
À travers ses saveurs, ses légendes et ses courses animées, la fête de Duanwu témoigne de la richesse des traditions chinoises et de leur capacité à traverser le temps tout en s’ouvrant au monde.
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À Nîmes, l’archéologie creuse son sillon populaire
À Nîmes, il suffit parfois de creuser un parking, de restaurer une arche ou d’ouvrir une tranchée pour que la ville, soudain, se mette à parler. Vendredi 12 juin, la Ville de Nîmes et l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) ont renouvelé leur partenariat scientifique et culturel, en présence du maire Vincent Bouget et du président de l’Inrap, Dominique Garcia.
Derrière la signature, une ambition : faire de l’archéologie non pas un luxe de spécialistes, mais « un moteur de connaissance, de transmission et de rayonnement pour la ville », dans cette ville où l’on construit souvent sur les strates du passé. Depuis plus de 40 ans, l’Inrap accompagne les transformations urbaines de Nîmes. Plus de 400 diagnostics et près de 140 fouilles préventives ont déjà été réalisés, révélant une richesse qui court de la Préhistoire à l’époque contemporaine.
La ville sous la villeLa célèbre mosaïque de Penthée, découverte en 2007 lors du chantier du parking Jean-Jaurès, ou encore les traces d’un amphithéâtre antérieur aux Arènes, rappellent que chaque aménagement peut devenir une porte ouverte sur le passé. « Nîmes a participé à la construction de l’archéologie préventive en France », a salué Dominique Garcia.
Mais le partenariat ne se limite pas aux fouilles. Expositions, conférences, visites de chantiers, colloques, publications et bientôt atlas numérique doivent rendre ces savoirs accessibles aux habitants, aux scolaires, aux chercheurs comme aux visiteurs. « Ces recherches méritent d’être diffusées auprès de tous les publics », insiste Vincent Bouget. Le Musée de la Romanité, dont les collections reposent largement sur ces découvertes, demeure au cœur de cette dynamique.
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![[Entretien] Mélissa Laveaux : « Si j’avais envie de faire beaucoup d’argent, je me tairais politiquement »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/06/f319db7f385dc4000cb3efaf5089ed13.jpg)
[Entretien] Mélissa Laveaux : « Si j’avais envie de faire beaucoup d’argent, je me tairais politiquement »
La Marseillaise : Comment vous êtes-vous lancée dans la musique ? Est-ce que ça a toujours été une passion pour vous ?
Mélissa Laveaux : Non. Je voulais être médecin, puis peintre et ballerine. Je me suis mise à faire de la musique pour soutenir des associations pour lesquelles j’étais bénévole, comme des associations féministes d’Ottawa, la ville où j’ai grandi, qui soutiennent les femmes qui sont victimes de violences sexuelles, des associations punk. C’était mes communautés et c’est pour ça que je me suis lancée dans la musique. Tout le monde m’a dit qu’il fallait que je mette ma musique sur Myspace. Cela fait plus de 20 ans que je fais de la musique, donc Spotify n’existait pas encore. Pas mal de gens m’ont découverte sur Myspace, et c’est là où mon ancien label m’a repérée. Maintenant, je suis devenue une artiste indépendante et autoproduite.
La Marseillaise : Vous chantez en plusieurs langues, mais plus en français. Pour quelle raison ?
Mélissa Laveaux : Je chantais en français, mais on m’a dit que mon français n’était pas correct, alors que je suis francophone, c’est ma langue maternelle. Du coup, j’ai arrêté de chanter en français en France. Je l’ai vraiment pris comme une insulte personnelle. Je refuse de chanter en français en France. J’ai perdu l’envie. Par contre, je chante en français au Québec. Et je chante en créole parce que physiquement, sensoriellement, c’est hyper délicieux. C’est comme manger un bon dessert. Je compose par rapport au goût.
La Marseillaise : Quelles sont vos inspirations musicales ?
Mélissa Laveaux : J’aime beaucoup le groupe écossais Young Fathers. J’ai toujours aimé Nina Simone. Après, il y a une énorme panoplie de chansons qu’on m’a fait écouter quand j’étais plus jeune. J’étais beaucoup inspirée par la Tropicalia brésilienne, par des artistes cubains, des femmes à la guitare. C’est ce qui m’intéresse beaucoup.
La Marseillaise : Vous vous considérez comme un ovni ?
Mélissa Laveaux : Oui. J’aimerais beaucoup qu’il y ait d’autres personnes qui fassent de la musique bizarre. Je trouve que je fais de la musique bizarre parce que j’écris pas de chansons d’amour. J’écris des chansons sur la mort, sur la maladie, sur la destruction de la planète. Si j’avais envie de faire beaucoup d’argent, je chanterais des chansons d’amour et je me tairais politiquement.
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Châteauvallon va tourner une page pour sa saison 2026-2027
Un parfum inhabituel flottait sur Châteauvallon lundi soir, lors de l’annonce du programme de la saison culturelle 2026-2027. Celui de la fin d’un règne qui lui a permis d’obtenir le titre de scène nationale en 2015 et de devenir la deuxième plus importante du pays. Cela, quatre ans après la création du théâtre Liberté, dans le centre de Toulon, un pourvoyeur de culture dont la 12e ville de France avait cruellement besoin.
Dans le décor gréco-gallo-romain de l’emblématique amphithéâtre extérieur, Charles Berling, directeur de la scène nationale Châteauvallon-Liberté, a ainsi procédé à sa dernière ouverture de saison culturelle, devant une foule digne de ses plus belles soirées, venue saluer celui qui rendra les clés de ce haut lieu de la culture française en août, après 16 années de bons et loyaux services.
« C’est une décision mûrement réfléchie, difficile, mais profondément sereine », assure le principal intéressé, dont on ne connaît pas encore le successeur, mais qui reviendra sur ses terres le 7 octobre, pour jouer et mettre en scène Lost and Found, une pièce du dramaturge suédois Lars Norén. « Difficile car ces 16 années ont constitué une des aventures les plus passionnantes de ma vie. Sereine car l’institution doit se renouveler et se transmettre aux générations qui viennent. » Cet infatigable perfectionniste s’en va avec le sentiment du devoir accompli : « En fondant le Liberté en 2010, avec mon frère Philippe, nous avions une ambition simple : faire une maison en centre-ville, populaire, artistiquement exigeante, mais ouverte à tous. Aujourd’hui, en regardant derrière, je vois des milliers de spectateurs, des centaines d’artistes. Je vois des salles pleines de vie, des moments de partage. Je vois surtout une aventure collective. Rien n’aurait été possible sans les équipes qui m’ont accompagné. »
« La culture est une nécessité démocratique »Mais plus que les concrétisations matérielles, Charles Berling retiendra l’engagement, dans la droite lignée de l’esprit historique des lieux : « Ce dont je suis le plus fier, c’est ce que nous avons défendu. Dans une époque souvent traversée par les peurs, les replis, nous avons essayé de faire vivre ici les valeurs qui font notre République. Nous avons défendu la diversité des points de vue, nous avons défendu et voulu le dialogue, la création, l’idée que la culture n’est pas un luxe, mais une nécessité démocratique. Je crois profondément que cette mission demeure plus essentielle que jamais. »
Un postulat que Châteauvallon-Liberté continuera d’affirmer cette saison. Tout d’abord grâce à la reconduction du programme « Quartiers en Liberté », lancé il y a trois ans en partenariat avec la Ville de Toulon pour « apporter la culture dans la métropole et montrer que ce n’est pas un truc élitiste et barbant », appuie Charles Berling. Après Sainte-Musse et le Pont du Las, c’est la Beaucaire qui bénéficiera d’un projet participatif porté par la compagnie Gratte Ciel, intitulé « Tawa en Liberté ». Deux ateliers auront lieu les 29 septembre et 2 octobre, pour une restitution le 4.
Ensuite, par la poursuite de son soutien à l’Opéra de Toulon, en travaux jusqu’à fin 2027. Une manière, par la même occasion, de décloisonner cet art, avec l’accueil de plusieurs représentations, dont Madame Butterfly de Puccini, les 26, 28 et 30 juin, en inauguration du Festival d’Été, et Don Giovanni de Mozart en juin 2027.
Enfin, à travers ses « thémas » et festivals comme toujours éclectiques, mais surtout engagées et pédagogiques. La théma « Le Pouvoir ? », d’octobre à décembre, interrogera sur cette notion et son exercice. Avec au programme, entre autres, la saga Huit Rois, de Léo Cohen Paperman, qui met en scène avec humour et différentes formes théâtrales les présidents de la Ve République. La pièce Magistral.e.s d’Alexandra Cismondi offrira quant à elle une grande fresque judiciaire participative invitant à imaginer la dialectique homme-femme de demain, à travers un procès fictif dont les spectateurs seront les jurés. Citons également le festival In&Out, du 24 novembre au 4 décembre, qui incarnera, comme chaque année, un espace de réflexion des luttes féministes, antiracistes et LGBTQIA+.
Programmation complète sur chateauvallon-liberté.fr
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Meizonnet relance la corrida à Vauvert
Nicolas Meizonnet continue-t-il son instrumentalisation des traditions taurines ? Pour l’opposition, l’annonce effectuée par le nouveau maire de Vauvert le 2 juin d’un retour de la corrida dans les arènes Jean Brunel en est un nouvel exemple. Elle sera organisée le dimanche 9 août en début de fête votive, après neuf ans d’absence.
Rapidement, les militants opposés à la corrida comme l’Alliance Anticorrida ont fait part de leur consternation et y ont vu un « coup de communication » du nouveau maire. Mais aucune action en justice n’est prévue. En effet, pour que le retour de la corrida soit contesté, il faut une rupture de la tradition tauromachique locale durant plusieurs années. Ce fut par exemple le cas à Pérols qui avait été interdit de spectacle taurin avec mise à mort. Mais à Vauvert, la tradition a perduré durant les mandats de Jean Denat (PS), puisque des novilladas ont continué d’être organisées. Or entre une novillada et une corrida, seul l’âge du taureau diffère.
Si certains élus d’opposition sont fondamentalement opposés à la mise à mort du taureau, c’est surtout sur l’aspect financier qu’insistent aujourd’hui les opposants à Nicolas Meizonnet. « Le contrat présenté en conseil municipal court sur deux ans et ne concerne que la communication et le conseil d’Hadrien Poujol. C’est tout de même 24 000 euros par an. Pour une mairie qui n’a pas beaucoup de moyens, ça commence à faire cher les festivités. Pour l’instant, on ne connaît même pas le prix de la corrida », fustige Magali Nissard, élue d’opposition.
Moins de culture,
plus de corridasDe plus en plus onéreuses, les corridas représentent en effet un poste budgétaire important dans l’organisation des fêtes votives. Des villes comme Alès ont d’ailleurs réduit la voilure dans ce domaine lors de la feria 2026. Vendredi 5 juin, le maire d’extrême droite a également présenté en conseil municipal la grille tarifaire pour les 4 000 places que comptent les arènes vauverdoises, qui s’étend de 10 à 85 euros.
« L’argent qui est économisé en annulant Jazz à Vauvert sert en réalité à organiser une corrida. Le maire a coupé dans les subventions aux associations à hauteur de 88 000 euros. Il dit que c’est -30% pour tout le monde mais en réalité, certaines associations ont gardé la même subvention quand d’autres ont eu des baisses. Ils ont aussi augmenté les tarifs du centre de loisirs. Ils détricotent tout ce qu’on avait fait pour atteindre un objectif de mixité sociale », ajoute Magali Nissard, qui craint que cette corrida ne dénature la fête votive vauverdoise.
« Est-ce que les habitants attendent ça ? Je ne suis pas sûre que ceux qui sont attachés aux traditions et à la fête votive à Vauvert soient très intéressés par une manifestation de tauromachie espagnole. Même des personnes de l’électorat de Meizonnet le disent. En plus, la fête commence le samedi soir et le dimanche, c’est la première vraie journée où il y a habituellement le déjeuner au pré, la course camarguaise l’après-midi et de nuit dans les arènes. Comme c’est le week-end, c’est vraiment attendu. Ces animations qui marchaient bien seront placées le lendemain », regrette l’élue d’opposition.

