Tag: Culture

  • [Opéra] Un triomphe pour « Ermione »

    [Opéra] Un triomphe pour « Ermione »

    Ovation des grands soirs (ou du dimanche après-midi en l’occurrence) pour la première des deux Ermione de Rossini données à l’Opéra de Marseille. Un public électrisé n’a pas ménagé ses applaudissements pour offrir un triomphe mérité au plateau exceptionnel réuni par Maurice Xiberras, l’inépuisable (espérons-le) directeur de la maison, ainsi qu’à un Orchestre de l’Opéra littéralement magnétisé par Michele Spotti, pas loin de la transe.

    En tête d’affiche, deux voix que le public marseillais adore : la mezzo Karine Deshayes dans le rôle-titre et Enea Scala qui a endossé un Pyrrhus flamboyant. Maîtresse de la volute acrobatique, armée d’aigus d’airain, « La Deshayes » (pourquoi pas ?) offre un de ces festivals vocaux qui ont fait et font encore la gloire de l’art lyrique près du Vieux-Port. Ça fuse avec grâce, ça vocalise jusqu’au vertige. On reste subjugué par tant de présence scénique. Enea Scala fait tomber des graves insoupçonnés chez ce ténor solaire. Il éclaire le plateau à chacune de ses interventions. Le ténor sud-africain Levy Sekgapane reçoit une belle et touchante ovation. Il est un Oreste tout ce qu’il y a de plus rossinien. C’est souple, élégant, virtuose. Un nom à ne pas oublier.

    Autre révélation, la basse française Louis Morvan, envoûtant Fenicio au timbre d’une clarté rayonnante et aux graves profonds. À noter – et on l’attend de pied ferme – qu’il sera le géant Fafner dans L’Or du Rhin, dirigé en mai à Marseille par Michele Spotti. Teresa Iervolino est une fort belle Andromaque servie par un mezzo de grande classe. Matteo Macchioni fait un Pylade au ténor délié et parfaitement phrasé. Fita Monfort (Cleone) n’est pas en reste et ne se contente pas de jouer les comparses avec une voix bien timbrée. De même Cefisa est servi par la très piquante et très remarquable Mathilde Ortscheidt. Enfin, Carl Ghazarossian habite de son élégante silhouette un très bel Attalo.

    Un orchestre de prestige

    Pour redécouvrir cet ouvrage, la version concert permet au public de se concentrer sur le meilleur. I Masnadieri de Verdi en avait déjà été une autre preuve indiscutable. Et à Marseille, on ne le dit pas assez, le meilleur, nous l’avons. Nous avons un orchestre qui n’a plus grand-chose à prouver, sinon qu’il est une phalange dont les qualités sont encore trop dédaignées par on ne sait quel snobisme qui voudrait qu’à Marseille, il ne soit question que de galéjades ou de trafics. Nous avons un chef que bien des maisons d’opéras nous envient. Et nous avons, en la personne de Maurice Xiberras, un directeur qui possède cet art si subtil de réunir en plateau des fidèles et l’intelligence de savoir recruter de nouveaux talents. Il est fort dommage que ce qui se passe à l’Opéra de Marseille ne reçoive pas l’écho qu’il mérite.

    Ce mardi à 20h. Détails sur le site opera-odeon.marseille.fr

  • Créer une culture nîmoise vivante…

    Créer une culture nîmoise vivante…

    Fondateur du Triptyk Théâtre, metteur en scène et figure reconnue du paysage culturel nîmois, Denis Lanoy ne conçoit pas la culture comme un supplément d’âme ni comme une variable d’ajustement budgétaire. Elle est le socle même de l’action politique. Engagé de longue date aux côtés de Vincent Bouget, Leader de la liste municipale Nîmes en commun rassemblant la gauche sociale et écologiste, communiste convaincuil défend au sein de Nîmes en commun une ambition culturelle claire et assumée : « Il n’y a pas de réflexion politique sans réflexion culturelle ».

    Dans un contexte de désengagement massif de l’État et de fragilisation du monde artistique, la situation nîmoise apparaît, à ses yeux, préoccupante. « La culture est souvent le premier domaine, avec le sport, où les aides publiques sont retirées », constate-t-il. À Nîmes, le diagnostic est sans appel : l’absence de politique culturelle clairement définie par la municipalité actuelle. « Il n’y a pas aujourd’hui de politique publique de la culture à Nîmes. C’est cela qu’il faut remettre en question. » Cette carence a des conséquences concrètes : précarisation des associations, fragilité des artistes, manque de lisibilité pour les pratiques amateurs comme professionnelles, et une politique éducative artistique jugée trop timide. Pour Denis Lanoy, une politique culturelle digne de ce nom doit embrasser l’ensemble de ces dimensions : soutien à la création, éducation artistique, accès aux savoirs, reconnaissance du patrimoine dans toutes ses strates.

    Doubler la capacité d’accueil du conservatoire

    Car c’est aussi là que se joue une autre critique majeure : la réduction de Nîmes à une « ville-musée », tournée presque exclusivement vers sa romanité et son attractivité touristique. « On ne peut pas réduire Nîmes à une carte postale », insiste-t-il, rappelant la richesse de l’histoire médiévale, moderne et contemporaine de la ville, trop souvent reléguée au second plan. Du menhir de Courbessac aux fresques du XIXe siècle de l’église Saint-Paul, en passant par le patrimoine du XXe siècle, c’est toute une mémoire urbaine que Nîmes en commun souhaite réinvestir avec et pour les habitants.

    Le metteur en scène va plus loin : « Nîmes est un carrefour méditerranéen. Elle reçoit des influences venues du sud, de l’est, de l’ouest, et les transforme. Ce n’est pas une identité figée, c’est une richesse faite de circulations, de croisements et de métissages ». Une vision en rupture avec les discours identitaires, qu’il associe aux logiques de repli et aux offensives de l’extrême droite contre le savoir, la recherche et la liberté d’expression. Défendre une culture ouverte, plurielle, traversée par les contradictions, devient alors un véritable rempart démocratique. « La culture, ce n’est pas pour me sentir seulement Nîmois, c’est pour me sentir un être humain », résume-t-il.

    Cette ambition culturelle repose sur une méthode claire : la concertation. Avec la création d’un office culturel municipal, Nîmes en commun entend bâtir une politique coconstruite avec les acteurs et les habitants, afin de « mettre les expériences, les envies et les projets en commun ». Fondée sur la confiance accordée aux artistes, cette vision se cristallise dans un dossier emblématique, celui du conservatoire : face à un projet municipal qui organise le rétrécissement, le collectif défend un nouvel équipement capable de doubler sa capacité d’accueil et de viser un conservatoire à rayonnement régional. Une « cité de la musique » pensée pour le long terme, qui tranche avec la logique de vitrine et d’austérité, et affirme un choix politique clair : faire de la culture un service public essentiel, au cœur du projet démocratique nîmois.

  • Les propositions de Nîmes en commun

    Les propositions de Nîmes en commun

    À un mois des élections municipales, Nîmes en commun affiche une ambition culturelle structurante, pensée comme un levier de cohésion sociale. Le programme défendu par le collectif repose sur une idée centrale : replacer la culture au cœur de l’action publique. Première mesure phare : la création d’un office culturel municipal, conçu comme un lieu permanent de dialogue entre la Ville, les institutions culturelles, les associations et les artistes. Objectif : coconstruire la politique culturelle, partager les moyens et définir collectivement les priorités à l’échelle communale et intercommunale.

    Faire culture commune

    Autre axe majeur : le soutien durable à la création. Nîmes en commun propose de généraliser les conventions pluriannuelles avec les acteurs culturels afin de sortir de la logique du projet par projet. Une manière d’instaurer un rapport de confiance, de sécuriser l’emploi artistique et d’assurer une offre culturelle continue pour les habitants. Le collectif défend également la gratuité intégrale des bibliothèques, couplée à un soutien renforcé aux librairies indépendantes et aux maisons d’édition locales. Cette politique s’inscrit dans un projet plus large : faire de Nîmes une véritable Cité du livre, en lien avec l’université, la formation et l’éducation artistique.

    Sur le plan des équipements, Nîmes en commun entend revoir en profondeur le projet de conservatoire, jugé sous-dimensionné. Le collectif plaide pour un nouvel établissement, capable d’accueillir davantage d’élèves et de viser le label de conservatoire à rayonnement régional. Enfin, le programme met l’accent sur le patrimoine, envisagé autrement que sous l’angle touristique, et sur la création de tiers-lieux culturels, les « places communes », ancrés dans les quartiers, co-gérés et ouverts à toutes les pratiques. Ces propositions seront au cœur de la réunion publique organisée dimanche 22 février à 15 heures, à l’auditorium du centre Pablo-Neruda, à Nîmes. Un temps d’échange est prévu avec les habitants pour débattre de l’avenir culturel de la ville qui sera précédé d’un moment musical.

  • À Arles, De Carolis présente une liste renouvelée à 60%

    À Arles, De Carolis présente une liste renouvelée à 60%

    La mise en scène était soignée. Après une arrivée triomphante sur la chanson de Van Halen Jump et des propos liminaires sur fond de battements cardiaques, le maire sortant Patrick de Carolis (Horizons) a présenté les visages de sa liste « Arles au
    cœur ».

    Une liste renouvelée à 60%. « J’ai choisi de garder le noyau dur », explique le candidat. De l’ancienne majorité, marquée par des défections en pagaille – 12 départs au total, le dernier en date étant celui de Sandrine Cochet -, reste Mandy Graillon, adjointe en charge de la sécurité, en seconde place ; Sylvie Petetin, adjointe aux finances ; Claire de Causans, adjointe à la culture ; Antoine Parra ou encore Sylvère Bastien.

    Les mondes de l’agriculture, des traditions et du patrimoine sont bien représentés, avec la présence du président du syndicat des riziculteurs Bertrand Mazel, du directeur administratif et financier du Centre français du riz Sébastien Abonneau ou encore de la 14e Reine d’Arles Camille Hoteman.

    Un programme dense

    Entre l’édification d’un centre social à Griffeuil, la construction d’une salle multi-activités à Raphèle, la promesse de générer un millier d’emplois en six ans, la création d’un port de plaisance sur le canal d’Arles à Bouc, d’un observatoire municipal du foncier rural « pour que le foncier agricole reste aux agriculteurs » ou encore l’accueil de nouvelles entreprises sur le site des Papeteries Étienne, Patrick de Carolis a également évoqué les grands projets de son programme, appelant ses sympathisants à aller voter en masse pour « prolonger le redressement de la ville ». Ou plutôt contre « la domination communiste ». Car le maire sortant ne cache pas son rival : le « candidat communiste », qu’il ne nomme jamais. Mais dont il parle beaucoup.

  • Grünt Municipales, la tournée contre l’extrême droite est à Marseille

    Grünt Municipales, la tournée contre l’extrême droite est à Marseille

    Ponctué de discours engagés, ce concert s’inscrit dans la « Tournée Municipales » lancée par le média spécialisé dans le rap « Grünt » le 5 février dernier.

    Une lutte qui se veut être « un rassemblement contre la haine », contre l’extrême droite et son idéologie « xénophobe, autoritaire, antisociale et climatosceptique ». Lors d’une table ronde organisée par Streetpress, le fondateur de Grünt, Jean Morel, alerte sur la mise en péril de la culture engendrée par la coupe de subventions.

    Dès lors, il avertissait sur « la disparition culturelle » et « l’augmentation de l’obscurantisme : De moins en moins de gens peuvent accéder à des choses qui font qu’on s’aime les uns les autres ». Après Marseille, Tours, Saint-Brieuc, Laval et Nice, la tournée se poursuivra à Lyon, Tourcoing, Caen et Strasbourg.

    Emma Kerbourc’h

    Concert complet

  • Une mise en lumière de la peinture provençale

    Une mise en lumière de la peinture provençale

    On veut mettre en avant nos grands maîtres provençaux », explique Éloïse Massot, membre du service culturel de Sisteron, à l’initiative de cet événement en partenariat avec Arsud. Une sélection de 25 peintures de grandes figures de l’école provençale, telles qu’Émile Loubon, Paul Guigou ou Adolphe Monticelli, permet de mettre à l’honneur cette période, de 1840 à 1950, très riche en peinture pour la région. Le président de l’établissement public Arsud, ainsi que l’élu à la culture de la ville de Sisteron, seront présents sur place pour le vernissage.

    « Un élan de mise en valeur de leur territoire »

    L’école provençale est un mouvement artistique régional regroupant des peintres unis par leur attachement à la à notre région. Elle représentait, par la peinture, les paysages et la lumière du Sud. « Ils peignaient autant la terre que la mer », explique Éloïse Massot, d’où le nom de l’exposition. « Ces artistes, se sont attachés à peindre leur terre avec sincérité, avec un élan de mise en valeur de leur territoire », détaille le peintre George Coulomb sur son site internet. Émile Loubon, figure majeure de ce mouvement, excellait dans la peinture de paysages champêtres et de scènes de vie rurale.

    Espace d’Ornano du musée gallo-romain – entrée gratuite
    Vernissage ce vendredi à 18h.

  • Marc Pena face aux lecteurs à Aix-en-Provence

    Marc Pena face aux lecteurs à Aix-en-Provence

    Le logement

    Denise Tardy : Que comptez-vous faire pour le logement social et comment cela va évoluer dans nos quartiers ?

    Marc Pena : Nous allons commencer par appliquer la loi SRU. Aix est très loin du compte et paie des pénalités car elle ne respecte pas la loi SRU, qui est une boussole. Je mettrais tout en œuvre pour que l’on puisse atteindre les objectifs de celle-ci. Cela signifie construire, qui est un vrai sujet alors que nous avons un foncier très cher, avec des promoteurs qui préfèrent investir dans des résidences secondaires plutôt que dans du logement social.

    Ce n’est pas si facile, mais il y a un chemin. Chaque fois qu’il y a un projet immobilier, la mairie aujourd’hui, à partir de 1 000m2, à l’obligation de mettre proportionnellement le même nombre de logement social. L’obligation était à 2 000m2 au début du mandat de Maryse Joissains. Mais nous étions les premiers dans l’opposition, que nous représentons, à dire que vis-à-vis des autres villes, nous n’étions pas dans la norme. Finalement, la majorité est descendue à 1 000m2. Mais on peut aller plus loin. On pourrait envisager de construire des logements sociaux dès 500m2.

    Se pose ensuite la question d’où et de comment. L’erreur à ne pas faire, est de concentrer les logements sociaux en un seul endroit. Il faut qu’ils puissent être de partout dans la ville, et pas seulement à Encagnane, qui supporte l’essentiel des logements sociaux. Ailleurs, nous n’avons pas assez de logements sociaux. Il y a entre sept et dix ans d’attente à Aix, pour un logement social. On a le temps de changer de vie avant d’en avoir un.

    Je le dis aussi, il y a un clientélisme éhonté, il n’y a aucune transparence en ce qui concerne l’attribution des logements, ce sont des éléments fondamentaux qu’il faut changer. Nous proposons des procédures claires, transparentes, dans ce domaine. Au-delà de la construction, il y a les conditions d’habitat, et le lieu. Ce qui est dramatique à Aix, c’est qu’en plus d’avoir un manque de logement social, celui que nous avons n’est pas un logement pour les plus vulnérables, les plus précaires : ce n’est pas le logement social très social.

    Si Sophie Joissains était reconduite, j’ai peur que ce manque soit encore plus important, puisqu’on a privatisé le parc social de logements qui appartenait à Pays d’Aix Habitat. ça a été donné à Famille & Provence, ce sont plus de 700 millions d’euros de mètres carrés d’immobilier qui a été donné au privé. Ce que je vois, c’est un bailleur qui ne fait pas dans le social : il achète, rénove, revend, et n’est pas dans la philosophie générale de ce que nous proposons. Il y aura aussi à retrouver une organisation des bailleurs sociaux publics, sur lesquels on peut agir.

    Céline Urbaniak : On est en train d’entrer dans le piège du surtourisme en ce qui concerne le logement en centre-ville, essentiel pour les étudiants et les jeunes travailleurs. Comment sortir de ce piège-là ?

    Marc Pena : On entend continuellement la municipalité actuelle se réjouir du développement du tourisme depuis quelques années et se forme une communication autour d’Aix comme étant la ville la plus visitée, la plus belle du monde… Puis on joue de ses atouts, l’été, les festivals de musique, etc. Or, ce surtourisme à des conséquences négatives.

    Sur un plan économique, il y a des retombées qui pourraient apparaître être positives pour les commerces, c’est à discuter. Parce que dans ce surtourisme il arrive des cars entiers de touristes qui viennent, qui prennent un bout de lavande, qui ne savent pas s’ils sont à Rome, Florence, ou Aix à ce moment-là et qui consomment rapidement. Il y a des questions à se poser même pour les gens liés directement au tourisme. Je connais des cafetiers qui dès qu’il y a des événements comme l’Iron Man, ferment, plutôt que d’avoir des problèmes.

    Il y a à s’interroger sur ce qu’on appelle l’attractivité d’Aix et cette politique du surtourisme, qui conduit indirectement ou directement à un fléau, celui des Airbnb. C’est une manière de capter, d’enlever des logements au marché privé classique qui permettrait à des jeunes de se loger. La Ville ne fait rien, rien en termes de Airbnb.

    Pendant le Covid, les étudiants, quand ils le pouvaient, sont partis, le centre-ville était vide : il n’y a pas de familles, peu de gens qui ont une vie banale de tous les jours. Ça pose la question de ce que l’on entend par attractivité. Je ne suis pas contre, mais elle ne se limite pas aux hôtels particuliers ou la Biennale.

    L’attractivité doit concerner tous les habitants de la ville. L’enjeu de refaire venir les familles en centre-ville est difficile, il va avec celui de la commercialité, il faut retrouver des commerces de proximité, lutter contre la spéculation immobilière, arriver à trouver des loyers à des prix où les classes moyennes vont pouvoir vivre en centre-ville toute l’année me semble important. Aussi, j’espère être maire parce que j’espère que la ville ne va pas avoir la main totale sur la rénovation du quartier Faubourg. C’est une opération de spéculation immobilière qui va faire monter les prix sur le cours Sextius quand il sera rénové, provoquer une gentrification et une expulsion des classes moyennes.

    Sécurité

    Denise Tardy : à Encagnane, nous avons eu plusieurs incidents (tirs, attaque sur gendarme en civil, etc.) Comment lutter contre
    les incivilités, que faire pour la tranquillité publique, notamment dans les quartiers populaires
     ?

    Marc Pena : La sécurité est un droit fondamental, il est normal que les habitants des quartiers populaires puissent se sentir délaissés sur ce sujet-là. Je veux redire d’abord que la sécurité et la tranquillité publique sont une problématique de gauche. ça a pu être accaparé, instrumentalisé par la droite et l’extrême droite mais c’est une problématique de gauche : c’est la mère de toute liberté.

    Aujourd’hui, il y a, notamment lié au narcotrafic mais pas que cela, une délinquance qui monte en puissance, alors que faire ? La première chose que l’on veut faire, avant tout, c’est rétablir de l’humain. C’est retrouver, autrement, ce que l’on appelle la police de proximité que Nicolas Sarkozy avait jetée par-dessus bord il y a quelques années tout en disant qu’avec le karcher, il allait résoudre tous les problèmes. La police de proximité, c’est assumer un recrutement en matière de police municipale, un recrutement où la police municipale connaît le quartier dans lequel elle travaille et elle agit, et vice versa. Ce n’est pas un corps étranger qui arrive une fois puis repart. La police est présente, en tenue, et n’est pas seulement là pour faire faire du sport aux enfants. On va par ailleurs recruter à cet effet des animateurs, des moniteurs, des personnes qui vont accompagner les dispositifs qu’on va mettre en place. Encore une fois, en matière de sécurité, la police de proximité est fondamentale.

    On va recruter, sur la mandature, 80 policiers municipaux. Au début, dans la première année, une vingtaine. Ce sont des choix budgétaires que l’on va faire mais c’est indispensable. Aussi, les policiers sont des ouvriers de la sécurité, ce sont des travailleurs.

    En ce sens je me distingue de la gauche qui dit que la police tue. C’est dangereux d’expliquer que l’on rentre dans une société de conflit ouvert entre les habitants et sa police. On a aussi des dispositifs d’alerte, par exemple des bornes qui permettent d’alerter en direct la police municipale, et selon le type de sujet, travailler avec la police nationale pour une intervention immédiate et efficace dans certains cas.

    J’ai beaucoup insisté sur la sécurité dans mon meeting, où j’ai eu l’honneur de recevoir Amine Kessaci. Je pense qu’à Aix-en-Provence il y a une insuffisance. Je pense surtout que cette question de la sécurité est une question capitale pour les habitants. Il faut qu’on retrouve un sens du collectif, des responsabilités.

    Sarah Trevisiol-Peccini : Quels sont les dispositifs que vous comptez mettre en place pour améliorer la sécurité des femmes dans l’espace public. Il serait envisageable d’ouvrir un centre d’accueil permanent et municipal pour les victimes de violences sexistes et sexuelles (VSS) ?

    Marc Pena : C’est dans le programme. On peut envisager de former des agents municipaux dans ce domaine, puisque l’accueil n’est pas un accueil ordinaire dans ces cas-là. On veut en faire une cellule qui soit celle de l’accueil, de l’humanité, et d’alerte de manière plus générale pour éviter les drames. Pour que ces femmes puissent trouver une réponse première à leur situation, souvent de grande difficulté dans ce cas-là. Je le disais au travers des transports, il y a chez la jeunesse et jeunes femmes, un sentiment d’insécurité. On va prévoir dans les bus un système d’arrêt à la demande, qui n’a l’air de rien mais peut permettre en cas de danger potentiel, de s’extirper rapidement et au chauffeur, d’alerter sur le problème. On va faire une pédagogie autour de ces questions de façon très forte. C’est un sujet global, national, de société et touche toutes les catégories, et Aix-en-Provence doit être exemplaire en la matière.

    Transport

    Lionel Nari : Au sujet de la desserte des Milles et du Pôle d’activités de la Duranne, les élus métropolitains ont voté un nouveau Bus à haut niveau de service (BHNS). Ne serait-il pas mieux d’exploiter la voie ferrée Rognac-Aix ? Pour éviter 5 ans de travaux et coûter moins cher à la collectivité ?

    Marc Pena : Cette municipalité n’a rien compris aux enjeux des transports sur son territoire et de manière générale, n’a rien compris à ce qu’il se passait aux Milles. Elle nous propose une desserte par BHNS au moins pour 2030, plutôt pour 2035 selon moi. Une desserte qui est en fait un vieux projet qui revient. C’est une ligne droite qui va à un endroit et qui en revient, sans desservir l’ensemble du pôle d’activité, ni les autres quartiers. On se demande comment on met tant d’argent pour desservir la Duranne, qui doit l’être, mais c’est tout puisque les salariés qui travaillent sur le Pôle d’activité viennent de partout : et ils sont loin d’être tous aixois.

    Je suis un fervent partisan du ferroviaire, et il y a des années que des associations, des collectifs, parfois des responsables politiques ont montré et démontré que cette ligne ferroviaire desservirait bien mieux l’ensemble du territoire métropolitain et qu’elle était une solution plus accessible que les BHNS. Il faut que cette ligne ferroviaire soit rapidement utilisée car dans quelques années, elle risque d’être réellement détériorée. C’est le moment d’agir dessus. Avec les progrès que nous avons faits, nous pouvons avoir des trains qui ne soient pas trop lourds, ne demandent pas à ce que toute la ligne soit à refaire, et où l’on puisse être opérationnels rapidement. Nous allons évidemment, si nous sommes aux affaires, proposer et essayer d’entraîner un changement dans la politique métropolitaine en la matière, en obtenant que si l’on a des financements, ils doivent d’abord revenir au ferroviaire. Le tracé de la ligne Aix-Rognac permet de desservir très largement toute cette zone autour des Milles et au-delà. Je suis convaincu, avec d’autres communes peut-être, que l’on peut agir si nous la demandons. Le BHNS encore une fois ne dessert qu’une partie des Aixois, est relativement restreint, en plus avec un débit en termes de fréquence et de desserte qui ne serait de toute façon pas satisfaisant. Il faut véritablement changer de politique sur les transports.

    Lionel Nari : Il ne serait pas temps de fusionner la régie des transports métropolitains pour récupérer toutes les activités interurbaines et urbaines afin d’arrêter la casse sociale des salariés des transports qui subissent les logiques des entreprises privées ?

    Marc Pena : Quand on est candidat aux municipales, dans le meilleur des cas, on aborde la question du transport dans sa généralité. On oublie parfois ceux qui travaillent dans ces entreprises, les salariés. Là où je vous rejoins : le bilan de la concurrence (européenne) après 25 ans est très mauvais. Autrefois, il y avait un lien entre les chauffeurs et les usagers. Aujourd’hui, c’est totalement anonyme, c’est une entreprise commerciale, ils vous parleraient en anglais, vous trouveriez ça normal. On a un vrai sujet et surtout, les salaires sont extrêmement faibles. Une municipalité ne peut pas s’occuper de tout, mais ce n’est pas une fatalité de n’avoir que des délégataires de service public. Aussi, ceux que l’on connaît à Marseille au niveau de la RTM, on pourrait le développer beaucoup plus au niveau métropolitain. Si une ville comme Aix dit ses besoins en ce domaine, porte ce type de projet, ça pourrait avoir un écho et un effet pour les autres communes qui joueront le jeu. C’est un enjeu social, sociétal, un enjeu économique en matière de transport, un enjeu de santé publique aussi, puisqu’on se retrouve souvent dans des embouteillages monstres. Il faut changer la donne. Une commune ne va pas transformer la société mais elle peut changer la ville et améliorer largement la qualité de vie des citoyens et de ceux qui ont l’honneur de faire ce métier-là.

    Marc Barrieu : Est-ce que l’on peut avancer vers la gratuité totale des transports ?

    Marc Pena : Oui, dans le programme il y a l’objectif d’avancer, au cours du mandat, vers la gratuité. Le droit de se déplacer est un droit fondamental. Il implique pouvoir aller à son travail, aux enfants d’aller faire des activités sportives et culturelles, aux personnes âgées de trouver des moyens de transport qui leur correspondent… Dans la société d’aujourd’hui, c’est un impératif. Si on doit penser à une gratuité, il faut peut-être aussi la penser à une échelle métropolitaine. C’est difficile, mais c’est un rapport de force politique et c’est là qu’on revient à ces élections. Si dans un rapport de force politique à la Métropole nous avons une majorité, on pourra changer de politique y compris dans ce domaine.

    Santé

    Marc Barrieu : Si vous êtes élu maire vous siégerez au conseil d’administration de l’hôpital. L’offre de santé, Montperrin incluse, est mise en concurrence avec les cliniques qui se rassemblent dans l’hôpital privé. Quelle sera votre action sur la matière ?

    Marc Pena : L’action de nos communes sur les soucis de santé publique existe, même à une échelle modeste. C’est une politique nationale, d’ensemble de santé publique, qui fait l’état de l’hôpital public aujourd’hui. Il reste à l’hôpital public tout ce qu’il n’est pas rentable mais tout ce qui est essentiel, pourtant. Derrière cette crise-là, ce n’est pas qu’une crise conjoncturelle de concurrence, mais l’idée d’une certaine politique d’affaiblir tellement le service public que finalement la santé ne serait plus publique, mais réservée à la catégorie de citoyens qui peuvent se la payer, et donc on a là un vrai sujet. L’hôpital public d’Aix-en-Provence est aujourd’hui défavorisé par rapport à ce qu’il se passe dans le privé. Axium va s’étendre énormément. Et la commune va siéger dans le conseil stratégique de l’hôpital. C’est là où elle peut faire valoir ses besoins, c’est là où elle peut non pas contrecarrer à elle seule toutes les politiques de santé publique en la matière, mais où elle peut dire ses besoins, être aux côtés des salariés de l’hôpital public et donc, peser sur les décisions prises.

    Je pense qu’à Aix, il est très important de défendre cet hôpital. L’hôpital de Montperrin, est un symbole, un hôpital ouvert sur la cité, ce n’est pas un hôpital de l’enfermement global. Aujourd’hui avec le peu de moyens qui lui reste, toute cette philosophie de prise en compte autrement se perd de plus en plus. Aussi, autour de Montperrin, il y a beaucoup de foncier, qui a déjà été grignoté, et c’est directement visé. Pas pour faire des logements sociaux, je vous assure ! Si on pouvait ou le faire disparaître, ou le restreindre au minimum, on le ferait. Alors qu’il y a une crise de la psychiatrie en France.

    Jeunesse

    Céline Urbaniak : Quel peut-être le rôle d’une équipe municipale dans une ville étudiante pour qu’on lutte mieux contre la précarité étudiante et que ce qui peut être proposé par la ville soit plus lisible, plus accessible, pour que les étudiants puissent étudier, puisqu’ils viennent pour ça.

    Marc Pena : En ce moment, on perd 5 000 étudiants chaque année. Ils choisissent Montpellier, l’académie de Nice, Grenoble ou Lyon, car à Aix, le loyer et la vie quotidienne sont trop chers. Les étudiants qui vont pouvoir être intéressés par des hauts niveaux de formation, de Master, vont faire un arbitrage qui n’est pas en faveur de notre région. Si on continue comme ça, on va continuer à perdre des étudiants. De ce point de vue là, ce devrait être un enjeu fondamental pour les pouvoirs publics, pour ceux qui ont fait l’Université unique qui avait pour but d’attirer le plus d’étudiants et de compétences possibles. Aujourd’hui, dans l’environnement qui est celui d’Aix ce n’est plus le cas.

    Le mot précarité, pour les étudiants, commence à être usé. C’est pire que ça. Aujourd’hui, les étudiants sont pauvres. C’est un sujet encore plus important. Ils pourraient, pour un certain nombre d’entre eux, être classés parmi les 10 millions de pauvres dans notre pays. On est pauvre quand on diffère les soins et la santé : les étudiants ne peuvent même pas avancer l’argent. Ils vont donc ne pas se soigner. Vous savez les problèmes de santé publique que ça va entraîner, globalement, et évidemment sur la santé de notre jeunesse. Au moment de l’âge de la vie où l’on s’émancipe, c’est d’une tristesse infinie de voir cela. On a tout de même réussi à obtenir le repas au Crous à un euro à l’Assemblée, qui était depuis très longtemps une revendication des associations étudiantes et des partis de gauche de manière générale. Il devrait permettre à nos étudiants de ne plus différer leurs repas.

    Sarah Trevisiol-Peccini : Que comptez-vous mettre en place pour faciliter l’accès à la culture pour les jeunes et les enfants, mais aussi aux étudiants et étudiantes, la jeunesse en général ?

    Marc Pena : À ce sujet, il y a beaucoup de choses à dire. Vous avez, par exemple, le Théâtre du Bois de l’Aulne, une programmation remarquable, des spectacles gratuits, possibles, même s’il faut réserver à l’avance. En même temps, s’il y a de quoi se nourrir en termes de culture, les habitants du quartier n’y vont pas. Cela signifie que pour eux, cela reste un corps étranger et qu’une politique de fond n’est pas menée. Je pense que la culture commence très tôt. Par exemple, nous avons de grandes ambitions pour le périscolaire : je l’ai redit en meeting il n’y a pas si longtemps. On a notamment l’éveil à la culture dans ce plan, en lien avec le Conservatoire, pour la maîtrise d’un instrument de musique par exemple. Il y a le besoin très tôt d’installer la culture comme un élément essentiel de développement individuel et collectif, de développement pour l’individu dans son ensemble. Ensuite, il faut qu’il y ait une offre culturelle qui corresponde aux catégories, aux besoins de cette jeunesse-là. Si elle va au festival d’Arts Lyriques immédiatement, c’est très bien. Mais on n’a pas de réseau d’activité culturelle, de spectacle, dans lequel les étudiants se reconnaîtraient et participeraient. Les étudiants, même s’ils ne restent que quelques années à Aix, doivent être associés à la ville. Ça implique de concevoir différemment les étudiants dans la ville. On a un vrai sujet. J’ai un plan jeunesse qui va de la crèche, jusqu’au périscolaire et jusqu’à l’enseignement supérieur, qui fasse en sorte que les étudiants n’aient pas que des nourritures terrestres mais aussi des nourritures spirituelles. Pour cela, il faut s’appuyer sur les organisations étudiantes, parce que la mairie actuelle a créé un conseil étudiant, mais pour 80%, ce sont des clones de la majorité. Ils ne sont pas très reconnaissants, j’en vois beaucoup faire campagne pour Philippe Klein.

    Sarah Trevisiol-Peccini : Comment aider les petits commerces de proximité liés à la culture face aux grandes chaînes de magasin ?

    Marc Pena : Aujourd’hui, vous n’avez plus qu’une seule librairie, c’est Goulard. Sur ma liste, il y aura un monsieur qui s’appelle Jean-Michel Durafour. Il vit à Aix et travaille aux presses universitaires d’Aix-Marseille. Il avait créé, avec son épouse, une librairie qui s’appelait le Lagon Noir, avec BD, romans policiers, dans une rue qui n’est pas dans le centre immédiat. Or, elle a dû fermer. Il a plusieurs fois écrit à la mairie pour le minimum de subventions qui l’auraient aidé dans son entreprise, il n’est jamais rentré dans les réseaux de cette mairie et n’a jamais obtenu quoi que ce soit. Il y avait aussi un système d’arrêt ponctuel en voiture, rester un quart d’heure, une demi-heure, pour acheter ses livres, discuter avec le libraire et repartir. Cela, sans explication, a été supprimé par la mairie. Finalement, comme c’est périphérique et qu’on ne peut plus y aller, les gens ont fini par ne plus y aller. Il a dû fermer [en novembre, Ndlr.]. Là-dessus, la mairie peut avoir un droit de préemption commerciale. Sous la pression de l’opposition, la mairie d’Aix l’a mis en place mais n’en fait pas grande chose. Ce droit permet à la commune de décider globalement du type de commerce qu’elle veut dans sa commune, et du type de commerce qui correspond à ses quartiers ou son centre-ville. Ce sont des choix qui peuvent être faits, des accompagnements qui peuvent être donnés… Nous, nous serons une commune à l’écoute de ce type d’initiatives, nous les accompagnerons aussi.

  • Montpellier ouvre son centre d’art dédié à la petite enfance

    Montpellier ouvre son centre d’art dédié à la petite enfance

    Après Clermont-Ferrand, Montpellier devient la deuxième ville française à installer l’art contemporain dans le quotidien des tout-petits. Mille Formes est un projet porté depuis des années par la municipalité de Michaël Delafosse, en partenariat avec le Centre Pompidou à Paris.

    Dans un espace de 1 000 m², la structure propose un terrain d’exploration. Avant même de savoir lire, l’enfant expérimente le monde par les sens. Pour ce faire, les marches d’escalier sont adaptées à la taille des petits. Les sièges, les estrades, les modules d’assise sont également pensés à hauteur d’enfant. L’architecture en elle-même devient pédagogique. Montpellier a décidé de parier sur l’intelligence sensible de ses enfants. Dans un monde saturé d’écrans et de stimulations passives, proposer un lieu où l’on touche la matière réelle, où l’on s’émerveille au gré des couleurs et des sons, relève presque d’un acte militant.

    Dès l’entrée, on est immergé dans des espaces colorés, emplis de matières, de volumes et de créations diverses. La prouesse technique n’était pas mince, souligne l’architecte plasticienne Sara de Gouy : « Réaménager un bâtiment existant, sur deux étages, avec des contraintes fortes telles que les normes de sécurité, la circulation verticale, la présence d’un toboggan intégré à l’architecture. Il fallait adapter sans brider. »

    Un laboratoire culturel

    Elle explique également que la scénographie de ce lieu est conçue comme une œuvre immersive à part entière, où se greffent les différentes propositions. Au premier étage, en plus du coin lecture, une galerie accueille des projets artistiques immersifs, conçus en collaboration régulière avec des artistes. « Imaginer un projet pour les 0-6 ans, c’est un sacré défi pour les artistes », souligne Lydie Marchie, directrice du centre. « Ils sortent de leur zone de confort. Ils ne font pas un projet de médiation, ils imaginent un véritable projet artistique. Il faut garder cette exigence, parce que les enfants adorent la difficulté, quand ce n’est pas simple ».

    La structure peut accueillir jusqu’à 200 personnes simultanément. Pour cela, elle compte sur une équipe diversifiée de 16 personnes. Éducateurs, médiateurs culturels, artistes, spécialistes de la petite enfance travaillent en réseau. « L’idée n’est pas d’empiler les expertises, mais de les croiser  », explique la directrice. Mille Formes se veut également un lieu de référence en matière de culture et petite enfance. La formation est au cœur de ses missions. Des étudiantes de la faculté d’éducation participent chaque semaine à un projet de tutorat. Depuis septembre, une apprentie en BPJEPS a rejoint l’équipe. « Être référents en matière de culture et petite enfance fait partie de nos missions », précise la directrice. « La question de l’apprentissage est au cœur de nos pratiques. » Le lieu devient aussi un laboratoire pédagogique.

    « Investir dans un centre d’art pour la petite enfance, c’est affirmer que la culture n’est pas un supplément d’âme, c’est un socle », a rappelé le maire de la ville, Michaël Delafosse, présent lors de l’inauguration. En clair, Mille Formes n’est pas un équipement culturel de plus. C’est un outil de politique publique. Gratuit et ouvert à tous, ce lieu affiche une ambition claire d’égalité d’accès. Mais la gratuité ne suffit pas à elle seule à toucher les familles les plus éloignées de l’offre culturelle.

    Lydie Marchie le reconnaît, « depuis trois ans, une programmation “hors les murs” a été mise en place, bien avant l’ouverture officielle. On a vu que ça marchait très bien l’an dernier. On va continuer à faire du hors les murs, à aller vers les gens, à partir de la fin du printemps. L’idée, c’est d’aller à leur rencontre, petit à petit.  » En ce sens, le centre, situé au pied des Échelles de la Ville dans les anciens locaux de la médiathèque Fellini, est une petite révolution.

    Du mercredi au dimanche,
    de 10h à 18h.
    Fermé les lundis et mardis.

  • L’art met en scène les cultures méditerranéennes

    L’art met en scène les cultures méditerranéennes

    L’événement « Méditerranée bord à bord », exposé au Polaris d’Istres met à l’honneur la Méditerranée. « Polaris est un centre d’art contemporain qui a toujours cherché l’ancrage dans la question de l’héritage et de la filiation » rappelle la directrice artistique, Catherine Soria. Ce projet valorise l’ancrage antique dans l’art contemporain pour « traiter les questions de flux et d’ouverture multiculturelle du pourtour méditerranéen », développe-t-elle.

    Gianni Dessi donne le ton

    Jusqu’au 4 avril, le premier volet s’ouvre avec l’exposition Terra Terre de Gianni Dessi. Partisan du renouveau de la peinture italienne des années 1970-80, cet « artiste contemporain avec une touche classique », décrit Catherine Soria, « lie la tradition à la modernité de la peinture ». Du sol au plafond, Gianni Dessi joue avec l’optique et l’espace dans une scénographie propre à son art. « Une mise en bouche » du deuxième volet.

    Grecs, marocains, tunisiens… Les vingt artistes méditerranéens seront exposés dès le 16 mai. Cette fois, la scénographie fera ressortir la mixité culturelle du pourtour méditerranéen. « D’un bord à l’autre, ces cultures sont à la fois communes et différentes », explique la directrice artistique, « reliées par un passé commun ». Les matériaux incarnent aussi ce message : « Parler de la culture méditerranéenne, c’est parler des savoir-faire : la terre rouge, la céramique, le marbre, la fresque au henné…», appuie Catherine Soria.

    Entrée gratuite

  • [Cinéma] « L’étoile du Nord » se met à briller à Marseille

    [Cinéma] « L’étoile du Nord » se met à briller à Marseille

    « Quand je distribue mes flyers aux passants, ça donne tout de suite des frissons », s’amuse Kirsten Blom, à propos de l’image d’un homme se baignant au milieu d’un paysage finlandais enneigé. « Finalement, on propose une rencontre entre le Nord et le Sud », résume celle qui a fondé le festival L’Étoile du Nord, il y a une dizaine d’années dans le Limousin, avant de le faire déménager dans son sillage à Marseille. Dédié au cinéma et à la culture nordique, une manifestation qui s’élancera samedi 14 février dans la salle du Gyptis, dans le quartier de la Belle de Mai où cette Danoise a posé ses valises il y a deux ans.

    Top départ avec la projection d’Islande, un jour sans femmes. Un documentaire qui revient sur la grève historique des Islandaises d’octobre 1975, suivie par 90% des femmes du pays, aussi bien « travailleuses à l’usine que fonctionnaires ou mères au foyer ». Les réalisatrices Hrafnhildur Gunnarsdottir et Pamela Hogan font témoigner les leaders du mouvement de l’époque, parmi lesquelles « une est devenue juge et une autre, première femme présidente en Islande », situe Kirsten Blom.

    « Drôle et humain »

    Derrière la pointe émergée de l’iceberg du cinéma nordique, symbolisée par le réalisateur suédois doublement palmé à Cannes, Ruben Ostlund, se cache une production foisonnante que le festival entend faire découvrir. « Des films souvent assez drôles, enthousiastes et très humains », estime Kirsten Blom, pointant entre autres la projection en avant-première de The last viking. Réalisée par le Danois Anders Thomas Jensen, une comédie autour d’un braqueur qui, à sa sortie de prison, cherche à retrouver son frère (incarné par Mads Mikkelsen), « le seul à savoir où est caché le butin ».

    Des animations pour les enfants sont aussi prévues, à travers la diffusion du film jeunesse Gros-pois et Petit-point. À l’issue de cette séance, des petits gâteaux en forme de pois seront distribués au cours d’un « goûter en musique » assuré par une chorale d’habitants de la Belle de Mai chantant en Suédois, autour de la Sainte-Lucie, fête célébrée dans les pays scandinaves. Sans oublier une dégustation de smorrebrod, ces « tartines sur pain de seigle » répandues au Danemark. « On voit des films, on parle, on mange un bout ensemble. Aujourd’hui, plus que jamais, on a besoin de tous se rencontrer », affirme Kirsten Blom.