Tag: Culture

  • C’est l’heure de la reconnexion à La Seyne

    C’est l’heure de la reconnexion à La Seyne

    « Une reconnexion profonde à la nature »

    Créée fin 2024 et soutenue par un comité international de scientifiques, artistes et éducateurs, ReconnectNature souhaite « favoriser une reconnexion profonde à la nature et promouvoir une transition écologique systémique en mêlant art, science et éducation ». Partant du constat qu’« un tiers des enfants de 8 à 12 ans ne savent plus distinguer une figure d’une courgette » ou encore que « dans le Var, moins de 10% de l’alimentation est produite localement », elle invite à créer des synergies entre acteurs engagés mais « souvent isolés », dans l’optique de « réussir la transition écologique, sociale et économique ».

    Pour ce faire, l’association insiste sur l’importance de créer des liens « avec la nature, entre générations et disciplines, d’entraide et de coopération », afin que l’environnement devienne une source d’inspiration plutôt que d’anxiété. Elle promeut ainsi l’approche dite des « 5 chemins » (contact, émotion, sens, compassion, beauté) et collabore pour l’événement avec… Jean-Louis Masson – homonyme du président du département, artiste engagé dans les transitions – qui adapte son concept « À Travers Champs », consistant lui aussi à relier les acteurs engagés.

    Au-delà des discussions entre acteurs, qui auront lieu de 9h à 17h, le grand public, des plus aux moins jeunes, est également invité à participer, de 13h30 à 16h30, avec une balade animée, des stands d’informations et un atelier land art (conception d’œuvres avec des matériaux naturels). Afin que chacun puisse entamer sa reconnexion.

    Infos sur reconnectnature.org

  • Les croyances à l’épreuve de la science et des arts

    Les croyances à l’épreuve de la science et des arts

    Alors que la chape de plomb des fanatismes religieux et politiques tente d’étouffer chaque jour un peu plus le ciel mondial de la raison, Aix-Marseille Université (AMU) apporte son écot à la recherche et à sa démocratisation avec le Festival des sciences et des arts. Avec une 6e édition gratuite et ouverte à tous placée sous le signe de « Science et croyances », qui s’élance mardi 16 septembre à la Maison méditerranéenne des sciences de l’Homme d’Aix, théâtre notamment d’une table ronde à 15h15 réunissant historiens, anthropologues et sociologues autour « des manières dont les humains interrogent l’invisible et questionnent les conditions de possibilité d’une science des religions », indique le programme.

    La science et les croyances : des « manières de comprendre le monde qui, loin d’être opposées, ont souvent interagi », mentionne l’éditorial de cette manifestation qui entend propager la raison à la croisée des arts et des sciences, avec l’aide de 100 intervenants et 60 propositions qui mettent en jeu 27 disciplines. C’est ainsi que la journée d’ouverture aixoise s’aventurera, entre autres, hors des sentiers battus de la connaissance avec la performance d’un violoniste et d’un anthropologue autour « des récits des êtres fantastiques des Alpes, où lutins, croque-mitaines, loups-garous et revenants peuplent l’imaginaire des montagnards et donnent sens et cohérence à l’expérience humaine ». Si les profanes trouveront des propositions plus conventionnelles mais non moins dénuées d’intérêt, traitant du principe de laïcité à l’ère des réseaux sociaux ou encore des « idées reçues sur les migrations », le festival terminera sa soirée d’ouverture en fanfare dans la salle de concert du 6mic, avec les artistes pop, rap et électro Camille Yembé, Chilla et du collectif Twerkistan.

    Chercher à désenvoûter

    Comme le rappelait Marilyne Crivello, vice-présidence d’AMU et à l’origine du festival, lors de sa présentation à la presse, « pour être chercheur, il faut être inventif ». Rien d’anodin donc, à ce que ce « temps de circulation des savoirs » diversifie les formes et les lieux jusqu’au 20 septembre : de Bunker, spectacle documentaire sur l’histoire d’un « naturopathe autoproclamé dont le discours pseudo-médical puise ses sources dans le complotisme et l’extrémisme politique » au Théâtre Antoine Vittez, à la projection-débat de Kongo dans l’école aubagnaise de la Satis, film sur un guérisseur de Brazzaville dont « la vie bascule lorsqu’on l’accuse publiquement de pratiquer de la magie noire ». À Marseille, le Mucem abritera quant à lui, notamment, la lecture performée d’Ensorcelé par la comédienne Clara Lama Schmit, autour de « la magie et des croyances dans les campagnes » ainsi que de « la littérature inspirée des actes de sorcellerie ». Du côté de la bibliothèque de l’Alcazar, l’un des temps forts coïncidera avec la table ronde « Science en danger » qui, « à la suite de l’initiative d’AMU d’accueillir une vingtaine de chercheurs américains en exil », permettra de débattre sur « la liberté académique les entraves faites à la recherche scientifique aux États-Unis et ailleurs dans le monde ».

  • « Soutenir la culture scientifique, c’est donner les moyens d’une pensée démocratique et critique »

    « Soutenir la culture scientifique, c’est donner les moyens d’une pensée démocratique et critique »

    La Marseillaise : Pourquoi la Ville soutient-elle le festival des sciences et des arts ?

    Aurélie Biancarelli : Face à la complexité du monde et des crises, soutenir la culture scientifique, c’est donner les moyens d’une pensée démocratique et critique. Cela passe par des actions comme ce festival qui s’adresse d’abord à la communauté universitaire mais qui va aussi permettre de l’émulation entre Aix-Marseille Université, ses étudiants, enseignants, chercheurs et tout un monde de la culture marseillais qui vit en interaction avec notre université.

    Que vous inspire le thème « Science et croyances » ?

    A.B. : On vit une période où l’équivalence stricte des discours conduit à une crise de la démocratie. Je pense qu’il ne faut pas opposer les croyances et les savoirs. Ce sont des champs qui peuvent s’affronter mais aussi qui, au fil de l’histoire, ont évolué. Au-delà de cette tension, la science est une forme de recherche du vrai, du réel. Et ça, ce n’est pas le système de valeurs des croyances. Si on veut qu’une démocratie éclairée puisse s’exercer pour tous, il faut créer les conditions de partage des savoirs, et ne pas l’opposer au vécu des gens, quel qu’il soit.

    À l’heure du retour décomplexé des fanatismes religieux et politique, estimez-vous qu’il y a un recul de la raison ?

    A.B. : J’aurais tendance à dire que ça montre surtout que le capitalisme nous mène une bataille très dure sur la place des savoirs et de la pensée critique. L’appropriation démocratique des savoirs est profondément un outil d’émancipation des masses populaires. Si on n’est pas capable de comprendre le monde dans lequel on vit, à quel moment comprend-on qu’on est dominé ?

    Ces fanatismes sont des outils de domination en cours : patriarcale, capitalistique, sociale… Ces moments de partage des savoirs sont donc profondément émancipateurs. Le sociologue Pierre Bourdieu expliquait que les classes sociales populaires sont exclues du débat politique parce qu’elles ne savent pas qu’elles en sont exclues. C’est ça, la guerre politique qu’ils nous font.

  • À Pézenas, trois jours pour fêter Molière et son époque

    À Pézenas, trois jours pour fêter Molière et son époque

    « En 1653, la troupe de Dufresne est attendue à Pézenas pour la durée des États du Languedoc. Promu directeur de la troupe, le jeune Jean-Baptiste Poquelin veut profiter de ces journées de liesse populaire pour présenter ses nouvelles farces inspirées des Italiens et de leur commedia dell’arte. Molière recevra-t-il enfin les faveurs du public ? »

    Voilà pour le décor. Trois ans après avoir célébré les 400 ans de la naissance du plus célèbre comédien et dramaturge de la langue française, la Ville de Pézenas sonne le rappel. Durant 3 jours, du 12 au 14 septembre, la « cité de Molière » va se transformer et se replonger au milieu du XVIIe siècle, où les troupes de théâtre font figure de divertissement en temps de misère.

    Reconstitution historique

    Rythmé de cortèges tambourinant, parades costumées, spectacles, concerts, discours et reconstitutions historiques*, sans oublier les tavernes et marchés gourmands, le week-end promet de faire voyager le public familial attendu en nombre. En 2022, 30 000 curieux avaient répondu présent. « On sent une émulation, une énergie populaire jusque dans les écoles qui participent. Les gens viennent chercher des costumes, ils ont envie de se prendre au jeu », se réjouit Armand Rivière.

    Pour le maire socialiste, l’événement qu’il espère reconduire est une « occasion de mettre en lumière le patrimoine dormant mais aussi vivant de Pézenas » qui compte une quarantaine d’artisans. « Pézenas a une offre commerciale et culturelle toute l’année. L’idée c’est aussi que cela donne envie aux gens de revenir, comme un produit d’appel ».

    À quelques jours du rendez-vous, Armand Rivière ne cache pas son enthousiasme partagé. « C’est l’un des rares sujets qui ne fait pas polémique sur les réseaux sociaux alors même qu’on bloque le centre-ville pendant 48 heures. » L’élu socialiste y voit l’occasion pour les gens de « sortir du marasme ambiant » et d’affirmer des valeurs d’ouverture aux autres, « contrairement à ce qui est prôné à 20 km d’ici… »

    * www.ville-pezenas.fr

  • Le curieux banquet le long des remparts, c’est ce dimanche

    Le curieux banquet le long des remparts, c’est ce dimanche

    Derniers préparatifs en vue pour le curieux banquet. Commencé à être élaboré en octobre, le menu sera à la carte avignonnaise ce dimanche : la population est invitée à apporter un plat et se poser sur une tablée géante (alignement de 17 tables) de 1,7 km, qui prendra place (11h30-16h30) le long des remparts entre les portes de la République et Saint-Lazare (notre édition du 18 juin). Une initiative qui s’inscrit dans le cadre de Terre de culture et dont un petit avant-goût a eu lieu, ce mardi matin, pour une photo, sur place, des principaux acteurs.

    À commencer par son instigateur, l’artiste Yvan Loiseau, à l’origine de plusieurs grandes tables de la sorte. « C’est vraiment une première de voir autant de structures mobilisées, d’habitude, il y en a une vingtaine, là il y a une cinquantaine d’associations culturelles, sociales, autour de l’alimentation, mais aussi 45 restaurants partenaires », se félicite-t-il. La Ville insiste bien sur le fait que les restaurateurs proposeront quelques-uns de leurs plats, mais qu’il ne s’agit en aucun cas de fournir un repas à chacun.

    « L’idée est d’amener un plat volumineux à partager, pas d’arriver avec son sandwich déjà prêt et se poser à une table, mais faire société assis à côté de gens que l’on ne connaît pas », dressait Cécile Helle, en juin, lors du point presse de présentation. Pas besoin de réservation, juste penser également à son assiette et couverts. Plusieurs déambulations artistiques et musicales rythmeront le banquet.

  • La rentrée de la MJC bat son plein entre théâtre et musique

    La rentrée de la MJC bat son plein entre théâtre et musique

    Je l’inscris à la MJC car il baigne dedans depuis qu’il est petit », confesse Marilyne Pellegrino aux inscriptions de rentrée de la Maison des jeunes et de la culture (MJC) de Martigues mardi dernier. Son fils Hugo vient y découvrir le théâtre, « car je veux devenir Youtubeur et tourner dans un film » argue le jeune garçon en CM2 à La Couronne.

    Un rêve Parmi d’autres, au milieu des dizaines de parents, enfants et autres intéressés par les activités de la MJC. Avec comme nouveauté cette année l’atelier musical des minots, Qui permet à des enfants n’ayant jamais fait de musique de découvrir plusieurs instruments. « On a eu besoin de trouver un moyen pour désengorger les cours de musique qui sont pleins chaque année » indique Elsa Ferrier, chargée de la communication de la MJC. Une nouveauté complétée par un atelier de percussion africaines et de rythmes du monde par Jean-Christophe Herrmann.

    Avec plus de 990 adhérents l’année dernière, la MJC se donne pour « objectif d’atteindre le même nombre cette année » projette Elsa Ferrier, alors qu’ « entre 250 et 300 personnes étaient déjà réinscrites en fin de saison dernière » et que « le temps fort de l’inscription dure jusqu’à la Toussaint ».

    Un ancrage local

    Cette affluence à l’inscription s’explique entre autres par la présence et l’historique de la MJC de Martigues. « On vient voir des pièces de théâtre depuis très longtemps » reprend Marilyne Pellegrino. « Je suis déjà venu voir des spectacles de ma grand-mère » abonde son fils Hugo. Le large éventail d’activités permet d’ailleurs de s’y retrouver à tous ces âges. Comme le dit la mère de Nils Fruit, « il faisait du saxophone avant. Je voulais qu’il fasse une autre activité culturelle alors je l’ai inscrit au théâtre car j’en ai moi-même fait avant ». « Car c’est un sacré comédien » complète-t-elle sur le ton de l’humour.

    Et ces activités ne sont pas que pour remplir le mercredi. « il voulait continuer le saxo mais son ancien professeur arrêtait, alors on est venu ici » conclut la mère de Nils Fruit. On retrouve cette « connaissance intergénérationnelle des habitants », souligne le directeur Isidore Gomis, qui insiste sur « le renouvellement du package, issu chaque année des discussions avec les adhérents sur ce qu’ils ont envie de faire ». Cette liberté est rendue possible par « l’engagement constant de la Ville sans laquelle on fermerait nos portes » indique le directeur, qui revendique l’« équipement le mieux doté dans les Bouches-du-Rhône. Quand je discute avec d’autres collègues je vois qu’ils ne sont pas soutenus comme nous » en comparaison avec les autres structures analogues.

    À noter, le prochain temps fort qu’est la soirée Kanaky le 4 octobre.

  • La culture du bénévolat toujours en force à Marseille

    La culture du bénévolat toujours en force à Marseille

    Des centaines de chapiteaux ont poussé dimanche sur le Vieux-Port, à l’occasion du festival Vivacité. Un important moment de visibilité pour le tissu associatif local qui, dans un contexte d’austérité budgétaire, doit redoubler d’efforts pour continuer d’assurer l’une de ses missions : l’éducation populaire. Christophe Betti, président de l’association en charge de l’Open festival de Marseille, permettant la diffusion sur deux jours de 44 courts-métrages dans les cinémas Pathé Madeleine et Pathé Joliette, dit s’appuyer avant tout sur la détermination de ses collaborateurs. « Nous sommes 16 bénévoles à travailler à l’année et 30 bénévoles en plus nous rejoignent au moment du festival. Il faut des gens motivés car nous avions 3 229 courts-métrages à visionner cette année pour en sélectionner 44 », raconte-t-il. Subventionnée exclusivement par la mairie après un refus de participation du Département, de la Métropole et de la Région, l’association, qui propose un festival 100% gratuit, a pour objectif de redonner, au plus grand nombre, le goût du cinéma, un lieu « d’échange et de partage », selon Christophe Betti.

    Véronique Manzah, créatrice de l’association les Mots passants, proposant des ateliers d’écritures pour toute la famille, ne bénéficie, elle, d’aucune subvention. « Je n’ai pas encore fait la demande, pour l’instant c’est ma poche qui subventionne et le travail des deux bénévoles qui m’accompagnent », ironise-t-elle. Son ambition : permettre aux adhérents d’apprendre dans la convivialité, l’inclusion et l’humilité.

    Mécénats et billetteries adaptées

    La ZEF, ou Scène nationale de Marseille, dont les salariés disent être relativement épargnés par les baisses de financements avec une poursuite presque inchangée des versements de subventions de la part de toutes les collectivités, s’inquiètent tout de même du sort de leurs partenaires. « Les modifications des accès au Pass culture impactent les scolaires, avec qui nous collaborons beaucoup. Peut-être ne pourront-ils plus assister aux mêmes spectacles qu’avant », confie une bénévole. Composée de deux lieux dans les 14e et 15e arrondissements, l’association dispose d’une résidence d’artistes et d’une salle dédiée à la diffusion de spectacles. Pour rendre la culture accessible au plus grand nombre malgré les manques, les tarifs d’entrée aux spectacles sont adaptés aux revenus et varient entre 3 et 15 euros. Des billetteries solidaires, permettant aux plus aisés d’acheter en plus de leur billet une deuxième entrée à 5 euros, sont également mises en place. Le Studio théâtre (1er), proposant des ateliers théâtre pour tout niveau et n’ayant, lui, obtenu aucune subvention, pratique aussi la méthode de la billetterie adaptée, allant de 150 euros à 60 euros l’année.

    Du côté de Kipawa, association qui aide les personnes exilées avec des cours intensifs de français et l’accompagnement vers le bénévolat, les financements se cherchent un peu partout. « On a des subventions de la Ville et du Département mais on se finance aussi grâce à la recherche de mécénat et aux dons des particuliers », explique Nathalie Dehay, formatrice français langue étrangère, salariée de l’association. D’après le Mouvement associatif, 45% des subventions accordées aux associations en 2025 sont en baisse par rapport à 2024, dont 20% en « forte baisse ». Et de sortir les rames.

  • L’Alhambra, une vraie Plateforme du cinéma

    L’Alhambra, une vraie Plateforme du cinéma

    L’adjoint à la culture (PCF), Jean-Marc Coppola, espère livrer le cadeau en 2028, « pour les cent ans du cinéma ». Les travaux de la nouvelle salle de 60 places, promise dès 2011, devraient démarrer en 2026. C’est aussi l’année où le nouveau campus du numérique, la Plateforme, doit ouvrir au public à la Madrague-Ville (15e), où l’association présidée par Robert Guédiguian, l’Alhambra Cinémarseille, prendra en main la programmation de deux des trois salles de cinéma du campus.

    « Tout se passe au nord », peut se réjouir William Benedetto, qui impulse depuis 40 ans la vitalité et la pertinence du seul cinéma de cette partie de la ville. Classé art et essai, doté des labels jeune public, patrimoine-répertoire et recherche et découverte, il organise chaque année autour de 1 200 séances de cinéma et attire quelque 60 000 spectateurs devant son écran de 12m sur 7. C’est sans compter les ciné-repas, ciné-concerts et autres débats et festivals, ainsi que les formations et résidences qui s’y déroulent.

    L’équipement culturel, construit en 1928, avait réouvert ses portes en 1990 après avoir été rénové par la Ville. Mais voilà, avec les 57 établissements scolaires avec une seule salle de 240 places qu’il reçoit, « on est un peu à l’étroit », regrette William Benedetto. L’investissement de trois millions d’euros doit permettre l’ouverture de la salle, « avec un petit écran, qui pourra servir au travail avec les scolaires, à amplifier la projection pour garder des films à l’affiche plus longtemps », indique-t-il, mais aussi de rénover la verrière du cinéma, le patio et d’ajouter une cuisine permettant la réalisation de 80 couverts.

    Un rayonnement

    complet au Nord

    Pour ce qui est d’un prochain positionnement de l’association sur le site de la future école du numérique, la proposition n’arrive pas en concurrence avec la salle mythique de Saint-Henri. L’idée du projet est venue de son concepteur Cyril Zimmermann qui a souhaité impliquer l’Alhambra dans la Plateforme. « Il nous a contactés pour que nous assurions la programmation des deux petites salles de 80 et 60 places chacune, sur l’idée de rester sur des projections art et essai. » De quoi, pour l’association culturelle, se projeter sereinement « vers les décennies à venir », estime William Benedetto « et améliorer l’offre ».

    Cette belle combinaison demande un fin travail d’articulation des genres. « La plateforme est un projet impressionnant qui redessine l’offre de Marseille vers le Nord. C’est plutôt bluffant d’entrer dans ce monde en transformation », réagit le cinéphile. Pour autant, « on n’arrive pas en terrain conquis mais l’enjeu est excitant et nous avons nos savoir-faire à amener à cette aventure ». Le directeur de l’Alhambra est prêt à relever le défi, convaincu qu’« il est important de se battre pour que les gens lâchent leur portable pour se poser sur nos fauteuils ».

    À l’heure du numérique, les salles obscures du 7e art ont encore toute leur place à tenir.

  • Un tissu toulonnais riche et soutenu pour favoriser la cohésion sociale

    Un tissu toulonnais riche et soutenu pour favoriser la cohésion sociale

    « Nous avons vraiment à cœur de mettre en lumière la richesse du tissu associatif de la ville de Toulon et tous les bénévoles qui le font vivre », commence l’adjointe au maire Caroline Depallens qui a en charge parmi ses fonctions l’organisation du Forum des associations. Une vitalité expliquée par une politique volontariste de la municipalité qui, malgré les crises, a non seulement maintenu les dotations aux associations mais est parvenue à les augmenter, lorsqu’ailleurs elles faisaient les frais de rigueur budgétaire. L’élue insiste sur leur rôle joué par toutes ces structures dans le maintien de la cohésion sociale fortement ébranlée « en créant du lien entre les personnes ».

    À ses côtés Caroline Giran, également impliquée dans le déroulement de la manifestation rappelle que « les associations sont un des outils de la mise en œuvre des politiques publiques, des corps intermédiaires sans lesquels on ne pourrait pas faire grand-chose ».

    Pour donner à voir cette diversité, 330 associations qui œuvrent dans les solidarités, le sport, la culture, le développement durable ou encore la santé vont se retrouver ce samedi sur les trois étages du Palais des Congrès Neptune ainsi que sur son parvis. Un rendez-vous auquel chaque année le public répond présent. Ainsi en 2024, ce sont 12 000 personnes qui sont venues sur les stands s’informer sur les nombreuses activités proposées, prendre des contacts, ou s’engager eux-mêmes à faire vivre la solidarité en donnant de leur temps.

    12 000 personnes

    « Le bénévolat, c’est le don de soi pour le vivre-ensemble », reprend Caroline Depallens pour qui « la solidarité est l’essence même d’une ville ». Et de poursuivre : « Faire attention humainement à l’autre c’est primordial, surtout dans la période. »

    L’occasion aussi de mettre en lumière les Comités d’intérêts locaux (CIL) qui sont de véritables courroies de transmission entre les habitants et la municipalité. Ils seront cette année regroupés à l’entrée du Palais Neptune. « Ils sont un quartier. Et un quartier plus un quartier plus un quartier, ça fait la richesse de la ville », insiste l’élue.

    Une journée donc pour trouver une activité sociale, éthique, physique ou culturelle, et se connecter physiquement aux autres et à la vie de la cité, en allant à la rencontre de tous ceux qui œuvrent déjà au service de la collectivité. Avec en prime des démonstrations, entre autres de danses et d’arts martiaux. Et des conférences aussi. Parmi elles, on peut noter à 10h45 celle intitulée « une bonne assurance », animée par l’association de consommateurs UFC Que Choisir. Ou à 11h30, « Sensibilisation aux enjeux de l’énergie et du climat », par The Shifters, l’organisation qui milite pour la décarbonation de l’économie. Et à 14h45, « le changement climatique », animée par l’Association varoise pour la sauvegarde de l’agriculture, de la Nature et de l’Environnement.

    La vie associative permet aussi cela, de se lever pour faire face aux grands défis et devenir soi-même acteur du changement. Ou du moins tenter d’éclairer les consciences.

  • La Ville lance un appel à projets pour réhabiliter le Comptoir de la Victorine

    La Ville lance un appel à projets pour réhabiliter le Comptoir de la Victorine

    Il était temps. Inscrit depuis le printemps 2022 dans le plan de rénovation urbaine conclu entre la Ville de Marseille et l’Agence nationale de rénovation urbaine (Anru), le Comptoir de la Victorine (3e) passe une nouvelle étape dans son chemin vers la réhabilitation avec l’ouverture d’un appel à projets par la mairie.

    Racheté par la Ville en 2008 puis abandonné par la municipalité Gaudin, le site attend une rénovation de grande ampleur depuis 2018 au moins, année où il est gravement endommagé par un incendie. Si 1 500 mètres carrés sont déjà investis par le tissu associatif, 6 000, répartis sur trois bâtiments, restent à aménager. « Notre ambition est d’exploiter au mieux cet espace pour que les locaux puissent pleinement en profiter, détaille Audrey Gatian, adjointe (PS) au maire en charge de la politique de la ville. Le programmiste devra appuyer cette réflexion, sur l’optimisation des mètres carrés en fonction de toutes les envies et besoins du territoire, avec la volonté par exemple de créer un lieu d’accueil et d’insertion par l’emploi pour les jeunes. »

    Un site déjà partiellement exploité

    Cofinancée par l’Anru – qui conditionne sa contribution à la création de « services aux habitants » – la réhabilitation comprend plusieurs phases, intégrant des missions de programmation, de faisabilité, puis d’assistance à la consultation de maîtrise d’œuvre. C’est pour accomplir ses tâches que la Ville lance cet appel d’offres.

    Ancienne usine d’allumettes, le Comptoir de la Victorine abrite dès le début des années 2000 des activités socioculturelles. Racheté par la Ville en 2008 après avoir souffert d’un déficit d’entretien, le site continue aujourd’hui son activité associative et accueille plusieurs structures sociales, artistiques et culturelles – les Têtes d’ails, centrée sur la culture et l’éducation populaire, l’Art de vivre, qui propose des spectacles vivants, et de la création sonore, Appel d’aire, porteuse d’une formation aux métiers du bois et du métal pour les jeunes déscolarisés et Boulègue, un média participatif – toutes regroupées au sein de l’association du Grand Comptoir. Le lieu, animé par ses résidents, est reconnu comme un centre d’éducation populaire, de création participative et d’insertion. Lancé la semaine dernière, l’appel à projets se clôture à la fin du mois.