Tag: Coupe du Monde

  • La Suisse n’a déjà plus le droit à l’erreur

    La Suisse n’a déjà plus le droit à l’erreur

    La première journée de la phase de groupes s’est maintenant achevée et certaines nations ont eu plus de mal à se lancer que d’autres. C’est le cas de la Suisse. La Nati devait entamer son Mondial d’une façon légère en affrontant le Qatar, aucun point en Coupe du monde à ce jour. Le train helvète a fini par dérailler.

    Un nombre incalculable d’occasions manquées, un penalty transformé et une égalisation qatarie au crépuscule du temps additionnel (1-1). Une punition finalement juste, tant les coéquipiers de Granit Xhaka ont manqué de tranchant dans la surface adverse. Justement, le milieu de Sunderland était remonté après avoir égaré deux points d’entrée. « Je crois que nous devons d’abord redescendre sur terre et regarder la réalité en face. Nous ne sommes pas aussi prêts que ce que nous avons peut-être laissé entendre lorsque nous parlions de réaliser le meilleur tournoi de notre histoire », s’est énervé le Suisse.

    Danger face à la Bosnie-Herzégovine

    Ce jeudi soir (21h), les Suisses devront éviter un autre piège, celui tendu par la Bosnie-Herzégovine. Réaliste face au Canada, la plus grande équipe du Mondial (1,87 m de moyenne) peut également jouer un mauvais tour aux hommes de Murat Yakin. Toutes les équipes de ce groupe B ayant un point, la 2e journée sera cruciale. Cette dernière permettra de dessiner une hiérarchie et d’entrevoir les qualifiés de la poule. La Suisse doit s’imposer pour apercevoir les 16e de finale.

  • L’Angleterre face à un premier défi majeur

    L’Angleterre face à un premier défi majeur

    Un choc, un classique du football européen et le remake de la demi-finale de la Coupe du monde 2018. Anglais et Croates se retrouvent, ce mercredi (22h), pour ouvrir leur compétition, au Texas. Il y a 8 ans, dans le dernier carré, le Damier s’était imposé après prolongation (2-1), brisant les rêves des Three Lions.

    De cette rencontre intense, au cœur de l’été russe, il ne reste plus que Harry Kane, John Stones, Jordan Pickford et Jordan Henderson, côté anglais. Pour cause, de l’eau est passée sous le Tower Bridge et le sélectionneur Thomas Tuchel a bouleversé sa liste pour le rendez-vous nord-américain. Cole Palmer, Harry Maguire, Luke Shaw, Trent Alexander-Arnold et Phil Foden – pour ne citer qu’eux – ne sont pas du voyage.

    La Croatie avec un groupe très équilibré

    Un groupe anglais surprenant, avec moins de stars mais davantage d’homogénéité. La concurrence y est forte, mais l’incertitude demeure autour du niveau réel de cette sélection. D’autant que les noms prestigieux ne manquent pas dans le camp adverse. L’inoxydable entraîneur Zlatko Dalic a gardé son ossature expérimentée avec Luka Modric (199e sélection ce mercredi soir), Mateo Kovacic, Ivan Perisic et a appelé certains prodiges, qui sortent d’une saison pleine avec leurs clubs. Petar et Luka Sucic, l’excellent Martin Baturina, Luka Vuskovic et le désormais établi Josko Gvardiol, lui qui fut un maillon important du Manchester City de Pep Guardiola.

    Un match sous haute tension, indécis, qui s’annonce comme l’un des grands rendez-vous de cette fin de la première journée de la phase de groupes.

  • La France vient à bout du Sénégal pour son entrée en lice

    La France vient à bout du Sénégal pour son entrée en lice

    Les démons du match France-Sénégal 2002 sont bel et bien derrière eux. Le Mondial asiatique n’avait pas porté chance aux Bleus, le nord-américain débute de la manière idoine. Après une première période terne, Olise et ses coéquipiers ont réglé la mire pour battre les Lions de la Teranga (3-1), mardi soir.

    Il a fallu attendre la fin du premier quart d’heure de jeu pour voir l’action inaugurale de l’équipe de France. Finalement, ces premières minutes de jeu ont été à l’image du reste. De grosses approximations techniques, aussi bien sur les contrôles que les passes. Si le Sénégal n’a pas trouvé la faille lors de cette période, il a touché le montant par l’intermédiaire de Nicolas Jackson (25e). Le joueur prêté au Bayern Munich la saison dernière a vu sa frappe s’écraser sur le poteau avant d’heurter la jambe de Mike Maignan. Les balles perdues ont été le maître mot de ce premier acte pour les deux formations, au grand dam des nombreux spectateurs et téléspectateurs. 45 minutes ternes, sous le soleil de la banlieue new-yorkaise.

    Le match s’est progressivement emballé et les défenses se sont ouvertes. Michael Olise, dès la reprise, a offert la meilleure occasion à l’équipe de France. Le gardien sénégalais Edouard Mendy est monté rapidement pour boucher les angles, face au joueur formé à Chelsea.

    Kylian Mbappé a enfin trouvé la faille

    Les premières réelles vibrations autour de cette partie sont arrivées autour de l’heure de jeu. Peu inspiré depuis le coup d’envoi, Kylian Mbappé est monté en puissance et aurait pu obtenir un penalty. L’arbitre australien a décidé, avec l’aide de la vidéo, de ne pas l’accorder au capitaine tricolore.

    Mais il n’a pas fallu patienter plus longtemps pour le Bondynois. Idéalement lancé par le métronome Michael Olise, Mbappé a trompé Mendy pour inscrire un 57e but en Équipe de France. Cette réalisation lui permet alors d’égaler Olivier Giroud, meilleur buteur de l’histoire des Bleus, et de revenir à trois buts de Miroslav Klose, canonnier le plus prolifique en Coupe du monde. Et même à deux buts de l’Allemand et passer devant Giroud, avec un but au bout du temps additionnel (3-1, 97e), après la réalisation de Barcola (2-0, 82e) et celle de Mbaye (2-1, 96e) pour réduire la marque. Un doublé et une victoire : Mbappé et la France sont lancés.

    FRANCE 3 (0)

    SENEGAL 1 (0)

    1ère journée du groupe I de la Coupe du monde

    MetLife Stadium, New Jersey

    Arbitre : Alireza Faghani (AUS)

    Buts : Mbappé (66e, 90+7’), Barcola (82e) ; Mbaye (90+6’)

    FRANCE : Maignan – T.Hernandez, Upamecano, Saliba, Koundé – Rabiot, Tchouameni – Doué, Dembele, Olise – Mbappé

    Entraîneur : Didier Deschamps

    SENEGAL : Mendy – Diouf, Niakhaté, Coulibaly, Diatta – P.Gueye, I.Gueye, Camara – Mané, Sarr, Jackson

    Entraîneur : Pape Thiaw

    ET AUSSI

    Les folles 24 heures de la Tunisie

    Un premier match catastrophique et un fort remue-ménage d’entrée pour les Tunisiens. Après la lourde défaite contre la Suède (5-1), la fédération tunisienne a décidé de remercier son sélectionneur, Sabri Lamouchi. Le Franco-Tunisien paie déjà ses choix, alors que sa nation est en pleine reconstruction. Pour continuer cette Coupe du monde, Hervé Renard a été appelé, en pompier de service, pour sauver ce qui reste à sauver.

    Quid de Neymar ?

    Attraction de la liste brésilienne concoctée par Carlo Ancelotti, Neymar est toujours inapte. L’ex-joueur du PSG n’a pas encore repris l’entraînement sur le terrain, alors que son pays doit affronter Haïti, dans la nuit de vendredi à samedi. Nul ne sait s’il participera à au moins un match dans cette Coupe du monde.

    Plus de visa pour un attaquant iranien

    L’attaquant iranien Mehdi Torabi a vu son visa pour entrer sur le sol américain expirer à la suite du match contre la Nouvelle-Zélande (2-2). Contrairement à ses coéquipiers, ils n’avaient droit qu’à une seule entrée aux États-Unis. La fédération a annoncé « entamer des démarches » pour régler cette situation au plus vite.

    Lionel Messi puissance 200

    Des paliers records, Lionel Messi en a franchi de très nombreux durant sa longue carrière. Un nouveau cap a été dépassé, la nuit dernière, lors du match Argentine-Algérie. La légende du Barça a atteint les 200 sélections. Seul un joueur fait mieux dans toute l’histoire du football : Cristiano Ronaldo. Le Portugais affiche actuellement à 228 sélections. Luka Modric talonne Messi d’une unité (199), pour ses derniers moments avec la Croatie.

  • Un trio magique pour lancer les Bleus

    Un trio magique pour lancer les Bleus

    Pour sa dernière campagne à la tête des Tricolores, Didier Deschamps va d’emblée entrer dans le vif du sujet avec cet affrontement corsé contre les Lions de la Teranga, champions d’Afrique sur le terrain, mais dépossédés de leur couronne continentale sur tapis vert au profit du Maroc, à l’issue d’une finale de la CAN-2025 chaotique.

    Pour des Français considérés comme de sérieux prétendants à la victoire, c’est un test d’envergure qui s’annonce au MetLife Stadium, ce mardi soir. Une enceinte où ils espèrent prendre leurs marques pour y revenir en finale, le 19 juillet, et ajouter une nouvelle étoile à leur maillot, histoire de clore en beauté et en apothéose l’incroyable parcours de leur sélectionneur.

    Certes, la configuration de cette compétition à 48 pays autorise des jokers et une contre-performance ne serait pas rédhibitoire pour la suite dans un groupe I où figurent l’Irak et la Norvège d’Erling Haaland. Mais un faux-pas dès la première rencontre ferait désordre pour une formation avec de si hautes ambitions et instillerait forcément le doute dans les esprits.

    D’autant que croiser le Sénégal rappelle cette défaite 1 à 0 des champions du monde en titre lors du match d’ouverture du Mondial-2002, prélude à un crash historique et à une humiliante élimination au premier tour. Sur le papier, les Bleus présentent toutefois de nombreuses garanties pour s’éviter un tel scénario. Portés par un secteur offensif envié de tous, ils font preuve d’une impressionnante permanence au plus haut niveau international, matérialisée par leur qualification pour quatre finales sur les sept dernières éditions de la Coupe du monde.

    Mbappé, le guide

    Leur atout numéro 1 se nomme bien évidemment Kylian Mbappé. Le capitaine sait mieux que quiconque comment aborder une épreuve qui a fait de lui une star planétaire et doit guider ses coéquipiers vers une troisième victoire. Champion du monde en 2018, finaliste quatre ans plus tard avec un triplé entré dans la légende contre l’Argentine de Lionel Messi (3-3 a.p., 4 t.a.b. à 2), l’attaquant sort d’une saison sans trophée et très mouvementée en coulisses avec le Real Madrid malgré un deuxième titre de meilleur buteur en Liga. Il aura donc soif de revanche pour faire taire les critiques aux États-Unis, lui le fan de culture et de sports américains.

    Mais Mbappé ne sera pas seul cette fois et Deschamps compte aussi énormément sur Ousmane Dembélé pour l’épauler. Le Ballon d’Or, auréolé d’un extraordinaire doublé en Ligue des champions avec le PSG, doit enfin prendre une autre envergure en bleu, à l’image de son rôle de leader en club, après plusieurs phases finales passées dans l’ombre.

    Le duo est désormais complété par Michael Olise, magnifique attaquant qui a éclaboussé de sa classe la Ligue des champions 2025/2026 avec le Bayern et vient d’inscrire le 8 juin un triplé de toute beauté face à l’Irlande du Nord (3-1) au cours de l’ultime match de préparation avant le décollage pour le camp de base de Boston.

    Mais il faudra que la défense française, qui a pris la fâcheuse habitude de prendre au moins un but lors de ses cinq dernières sorties, se montre solide pour empêcher une catastrophe dès ses premiers pas dans ce Mondial. Car le Sénégal a des arguments solides à faire valoir. En se hissant en finale de la Coupe d’Afrique en 2019, 2021 et 2025, l’équipe actuellement dirigée par Pape Thiaw est devenue une référence du continent.

    Avec des cadres comme le gardien Edouard Mendy, le défenseur et capitaine Kalidou Koulibaly, le milieu Idrissa Gueye et bien sûr l’immense vedette Sadio Mané, les Lions de la Teranga devront être pris très au sérieux.

  • Iliman Ndiaye a bien grandi depuis l’OM

    Iliman Ndiaye a bien grandi depuis l’OM

    Il est loin le temps où le petit Iliman Ndiaye faisait des jongles sur les marches de la gare Saint-Charles. Éblouissant depuis deux saisons sous le maillot d’Everton, en Premier League, l’ailier désormais âgé de 26 ans est devenu un joueur phare de la sélection sénégalaise. Avec les Lions de la Téranga, le jeune homme formé partiellement à l’Olympique de Marseille, avant de disputer une saison avec le groupe professionnel en 2023, s’apprête à affronter les Bleus pour le premier match du groupe I au Mondial 2026. Une équipe nationale qu’Iliman Ndiaye allait voir avec Rouen Sapins, le club de son enfance. « C’est un super souvenir mais l’équipe de France ne m’a jamais fait rêver, ce n’est pas mon histoire », lance celui qui a choisi de porter le maillot du Sénégal en amont de la Coupe du monde 2022. « En revanche, j’avais des étoiles dans les yeux en voyant leur niveau de jeu. Évidemment, je n’ai pas vu le Sénégal-France de 2002 en direct mais je l’ai vu mille fois ensuite. Beaucoup d’entre nous attendaient ce match, on voulait tous ce tirage », poursuit le vice-champion d’Afrique en titre, désireux de prouver devant le monde entier que le football africain est en train de franchir un cap. « Le Sénégal attend la Coupe du monde avec impatience car nous avons un objectif clair : devenir champions du monde. (…) On veut vraiment ramener la Coupe du Monde en Afrique », insiste Iliman Ndiaye avec détermination.

  • [Coupe du monde] Passés par Montpellier, sept joueurs rêvent d’un autre monde

    [Coupe du monde] Passés par Montpellier, sept joueurs rêvent d’un autre monde

    Ils ne se connaissent probablement pas, mais partagent une trace commune. Ils ont joué à Montpellier. Et ils s’apprêtent à prendre part à la 26e Coupe du monde aux États-Unis, au Mexique et Canada (11 juin-19 juillet). L’attaquant de la Côte d’Ivoire
    Elye Wahi, le milieu de la République démocratique du Congo Nathanaël Mbuku, l’ailier de la Jordanie Mousa Tamari, le gardien de l’Argentine Gerónimo Rulli, le milieu de la Tunisie Ellyes Skhiri ou le défenseur du Maroc Rédouane Halal vont profiter, ou pas, de la loupe médiatique pour se faire une place au soleil.

    Elye Wahi

    Une pépite pour Montpellier. Elye Wahi s’y révèle pendant trois saisons (2020-23). L’avant-centre, talentueux et désinvolte, réussit 19 buts la dernière année. Et s’envole pour Lens, qualifié en Ligue des champions, pour le plus gros transfert de l’histoire du MHSC : 30 ME.

    Une saison à Lens, six mois à Marseille, un transfert à Francfort : il ne décolle pas.

    Un prêt en janvier à Nice s’accompagne d’un passeport ivoirien. Ce fan de Didier Drogba (23 ans) découvre les Éléphants en mars, avant d’être sélectionné pour le Mondial. Un moment important pour lui.

    Gerónimo Rulli

    Une saison à Montpellier (2019-20) et un rebond. Prêté par la Real Sociedad (San Sebastian), il assume la succession de Benjamin Lecomte d’un tour de main. Gardien fiable, affable, il atterrit à Villareal, puis à l’Ajax Amsterdam. Avant de devenir le gardien de l’OM à l’été 2024. Où il y épouse la courbe électrique.

    Que peut-il attendre du Mondial ? Pas grand-chose. Rulli (34 ans, 7 sélections) est la doublure de la star controversée Emiliano Martinez. Héros de l’Argentine au Qatar, honni en France.

    Mousa Tamari

    Un passage fulgurant. À Montpellier, Mousa Tamari, qui arrive libre de Louvain à l’été 2023, explose. Cet ailier spectaculaire repart un an et demi plus tard à Rennes pour 8ME. Contre son gré, pour les besoins financiers du MHSC.

    Premier Jordanien à évoluer dans l’un des cinq grands championnats européens, Tamari (29 ans), proche du prince Hussein ben Abdallah, peut profiter de ce premier Mondial pour exposer son talent aux yeux du monde. Dans une poule compliquée (Argentine, Algérie, Autriche).

    Ramy Bensabaini

    Une saison à Montpellier (2015-16) et une étiquette encombrante. Ramy Bensebaïni (31 ans) arrive dans les petits papiers de Rolland Courbis. L’international algérien lui rend un hommage posthume au regard de sa carrière.

    Trois ans à Rennes, quatre au Borussia Mönchengladbach et trois à Dortmund en font une valeur sûre de la défense de l’Algérie.

    Les Fennecs peuvent surprendre dans une poule difficile (Argentine, Autriche, Jordanie), si les partenaires de Riyad Mahrez, ancien joueur de Manchester City, se libèrent.

    Ellyes Skhiri

    Le fantôme d’Ellyes Skhiri rôde à la Mosson. Le Lunellois (31 ans) a laissé une trace profonde à Montpellier. Celle d’un milieu fiable, d’un jeune capitaine respecté et d’un nouvel international tunisien. Skhiri quitte son club formateur en 2019 aux bornes de l’Europe. Il passe quatre ans à Cologne (2019-23), trois autres à Francfort. Capitaine de la Tunisie, dirigée par l’ex-Alésien Sabri Lamouchi, Skhiri participe à sa 3e Coupe du monde. Sans espoir d’être en 16e de finale ? Pas vraiment (Pays-Bas, Japon, Suède).

    Nathanël Mbuku

    La grosse côte pour Nathanël Mbuku (24 ans) et la République démocratique du Congo. Prêté l’an passé par le club allemand d’Augsbourg, le milieu offensif, formé à Reims, n’a pas levé toutes les interrogations à Montpellier. Au sein de l’attaque la moins efficace des candidats à la montée.

    Les Congolais voulaient être au Mondial pour la première fois depuis 1974. Ils ont franchi deux barrages à l’automne (Cameroun, Nigéria) et au printemps (Jamaïque) pour y être. Signe d’une force mentale salvatrice avant de défier le Portugal, la Colombie et l’Ouzbékistan ?

    Rédouane Halal

    Il vient de loin. De la Paillade. De l’Atlas Paillade. Le défenseur Rédouane Halal (23 ans) a passé huit ans (2015-23) à Montpellier, mais n’a pas été préservé. Il est parti à l’Atlético de Madrid, puis à Malines (Belgique). Le nouveau sélectionneur du Maroc Mohamed Ouahbi, ancien formateur à Anderlecht, a fait appel à lui lors des matchs de préparation en mars. Le voilà au sein du groupe du Maroc, demi-finaliste au Qatar et plein d’ambition (Brésil, Haïti, Écosse). Pour en être la surprise ?

  • [Entretien] Jean-Baptiste Guégan :« C’est clairement la Coupe du monde de Donald Trump »

    [Entretien] Jean-Baptiste Guégan :« C’est clairement la Coupe du monde de Donald Trump »

    La Marseillaise : Est-ce le Mondial de Donald Trump ?

    Jean-Baptiste Guégan : C’est clairement la Coupe du monde de Donald Trump pour plusieurs raisons. D’abord parce que sans lui, les États-Unis, le Mexique et le Canada ne l’obtiennent pas. En 2018, face au Maroc, la candidature américaine bénéficie de la pression du président qui avait été mis à l’écart jusque-là. Il publie un tweet où il dit, vous êtes avec moi ou vous êtes contre moi. Quand Joe Biden était président, personne ne parlait de la Coupe du monde de Biden. Aujourd’hui, c’est donc une Coupe du monde qui met en scène Trump version deuxième mandat. Ça avait commencé avec la Coupe du monde des clubs l’été dernier (photo), où on l’a vu faire son sketch autour du podium. Il a voulu aller avec les joueurs de Chelsea pour soulever le trophée puis il a demandé s’il pouvait garder le trophée. Certains disent même qu’il l’a gardé et que Chelsea est reparti avec une copie. Il voudra être omniprésent sur tous les sujets, mais c’est sa stratégie politique habituelle. Ce sera d’autant plus la Coupe du monde de Trump que, comme tous les événements sportifs d’ampleur nationale et internationale, il va s’en servir comme caisse de résonance pour sa vision du monde et comme moyen de polariser son électorat, en vue des Midterms de novembre. En gros, pour lui, c’est une sorte de gigantesque moyen de montrer qu’il applique sa politique. C’est pour ça qu’il a durci le ton sur la politique migratoire.

    Le meilleur arbitre africain ne peut pas se rendre aux États-Unis, des membres du staff non plus
    et certains joueurs ont eu des problèmes de visa. Ce sont ces exemples qui lui permettent de prouver la réussite de sa politique migratoire ?

    J.-B.G. : Pour nous, ça donne l’impression d’une désorganisation, d’une radicalité de l’administration. Pour Trump, c’est au contraire la confirmation de sa politique. Tout son deuxième mandat s’est construit sur le fait de reprendre le contrôle des frontières. Et aujourd’hui, il s’attaque aux officiels, aux spectateurs et aux équipes. Il y a aussi le cas de l’attaquant qui a marqué le but décisif pour l’Irak, qui se retrouve bloqué pendant sept heures par la douane américaine. Il y a un véritable zèle, il y a des consignes qui ont été données de durcissement, et au moindre doute, on suspend et on interdit l’accès au territoire. En plus, il faut ajouter l’instrumentalisation autour de la sélection iranienne pour montrer qu’on a une position inflexible et qu’on sait que l’Iranien est fondamentalement méchant, Ajoutez à cela le discours vis-à-vis des Africains, avec les shithole countries [pays merdique, Ndlr], les travel ban [interdiction de voyager], et la suspension de toutes les formes de naturalisation et obtention de visa et on obtient le discours typique qui sert l’arrière-plan de la Coupe du monde, pour faire entendre sa politique. De toute façon, à chaque occasion qui lui permettra de valider ou de faire valider ses idées, sa vision du monde et sa radicalité durant ce Mondial, il s’en servira.

    Pourquoi la Fifa ne réagit-elle pas ?

    J.-B.G. : En général, la Fifa fait l’intermédiaire et essaie de détendre les choses, parce qu’elle a un lien direct avec les deux partis, mais là, ça ne marche pas. Gianni Infantino [le patron de la Fifa, Ndlr] est très lénifiant et quasi absent sur cette question. Il sait que s’il braque Trump, ce sera encore pire. Il est dans une posture où il n’y a que la flatterie qui fonctionne. Pourquoi est-il systématiquement aligné avec Trump ? Pour des questions de business, d’ego, et de rêve américain. Mais il est censé montrer un peu d’indépendance et qu’on ne fait pas n’importe quoi avec le football.

    Quelle sera la situation
    des Iraniens ?

    J.-B.G. : Les Iraniens ne sont pas au même niveau de traitement, puisqu’ils n’auront pas le droit de reconnaître le terrain la veille des matchs. Ils vont arriver le jour même et ils vont repartir juste après le match. Ce sera aussi la première fois qu’un régime est incapable d’assurer la sécurité d’une sélection. La question c’est : que se passera-t-il s’ils sont qualifiés en huitièmes de finale et qu’ils affrontent les États-Unis ? C’est donc pour toutes ces raisons que c’est la Coupe du monde la plus géopolitique et politique qu’on ait connue dans l’histoire. C’est la plus politique au sens détestable du terme puisqu’elle est très matérialiste. Personne ne parle de jeu mais tout le monde parle d’enjeux.

    Ce Mondial peut-il rapprocher
    le Canada et le Mexique des États-Unis ?

    J.-B.G. : Il y a un an, Trump proposait au Canada de devenir le 51e État américain et il proposait de bombarder le Mexique. Depuis quelques mois, les tensions se sont tout de même calmées parce que le Mexique a collaboré pour l’arrestation de trafiquants de drogue et Trump ne parle plus d’annexer le Canada ou le Groenland. Mais la défiance des Canadiens envers les États-Unis est toujours présente et il n’y a jamais eu autant de départs de Mexicains des États-Unis. Les personnes en situation opérationnelle vont arriver à travailler ensemble mais ce n’est pas cette Coupe du monde qui permettra de les rapprocher, bien au contraire.

    Cette Coupe du monde sera-t-elle rentable ?

    J.-B.G. : Beaucoup d’enquêtes sortent pour montrer que le Canada va être perdant. Pour le Mexique aussi ce ne sera pas une bonne opération. Aux États-Unis, le coût des transports, des infrastructures et des billets a explosé. Le logement est extrêmement cher parce qu’on est sur un marché dérégulé. Il y a une baisse des réservations partout de 20% sur l’ensemble des villes concernées. Financièrement, ça va être un fiasco. Ça va coûter très cher aux fédérations, c’est d’ailleurs pour cela que la Fifa a augmenté ses dotations. Le coût pour les supporters et pour les familles des joueurs est énorme. Après, pour la Fifa, ce sera une très belle opération avec au moins 11 milliards d’euros de retombées potentielles et probablement plus. Ce sera aussi intéressant pour des entreprises qui vont tester des technologies et vont vouloir se mettre en scène.

    Cette situation politique joue-t-elle sur l’engouement autour
    de la compétition ?

    J.-B.G. : Étonnamment, je trouve que le volume de critiques et d’appels au boycott ou de réactions politisées est quand même très limité. Il y en a beaucoup moins que contre le Qatar il y a quatre ans parce que personne n’a payé des agences de relations publiques pour démonter les États-Unis parce qu’on n’affronte pas l’administration Trump en frontale. Personne ne traite de la question environnementale comme c’était le cas avec le Qatar. Pourtant, la compétition se déroule dans trois pays, sur six fuseaux horaires, avec des distances entre les stades colossales. Le coût environnemental va être énorme. Aucune compensation n’est prévue. Il y a aussi la question des transports et toutes les difficultés logistiques autour. Donc c’est vrai qu’il n’y a pas l’enthousiasme habituel. La politique américaine dicte littéralement le tempo et l’enthousiasme de cette Coupe du monde. La figure de Trump écrase l’engouement. J’espère que ça va changer quand la compétition va débuter. L’enthousiasme viendra surtout des diasporas et des touristes qui auront réussi à venir. Au Mexique, la situation devrait tout de même être différente.

  • Premier grand test pour Carlo Ancelotti et le Brésil face au Maroc

    Premier grand test pour Carlo Ancelotti et le Brésil face au Maroc

    Monstre sacré parmi les entraîneurs, l’Italien Carlo Ancelotti tente le pari de remporter un titre de champion du monde comme sélectionneur du Brésil au Mondial-2026, avec un premier grand test dès dimanche (0h) contre le Maroc, demi-finaliste il y a quatre ans. C’est le match au sommet de ce groupe C, qui compte également l’Ecosse et le Petit Poucet Haïti.

    « Carletto », qui, à 67 ans, fait ses débuts comme sélectionneur en Coupe du monde, est le seul entraîneur à avoir remporté cinq Ligues des champions et le titre dans les cinq principaux championnats européens.

    « J’espère que tout ce que j’ai fait contre lui, je pourrai désormais le faire pour lui, surtout pendant la Coupe du monde », a affirmé cette semaine l’attaquant Raphinha, 29 ans. Le joueur du FC Barcelone a remporté huit classicos alors qu’Ancelotti entraînait le Real Madrid entre 2022 et 2025.

    « L’atmosphère

    s’est transformée »

    En l’absence de la star Neymar, blessé fin mai et qui ne s’est pas entraîné depuis, Raphinha est avec Vinícius Jr l’un des grands espoirs des quintuples champions du monde qui veulent mettre fin à une disette de titres mondiaux depuis 2002. Mais la Seleçao a montré un jeu irrégulier sur la route du Mondial nord-américain, où elle a perdu des joueurs importants comme Rodrygo et Estevao.

    « Nous avons traversé des périodes compliquées pendant cette préparation, mais je pense que nous sommes bien pour le début du tournoi », a déclaré Raphinha. Depuis l’arrivée d’Ancelotti il y a un an, « l’atmosphère s’est transformée. Il a une présence très forte et ne se focalise pas sur les polémiques », a souligné le gardien de Liverpool, Alisson. L’équipe est critiquée pour son manque d’individualités sortant du lot, dans un pays qui a toujours voué un culte à la créativité. L’équipe est critiquée pour son manque d’individualités sortant du lot, dans un pays qui a toujours voué un culte à la créativité.

    Plusieurs pertes

    pour les deux nations

    Ancelotti a cédé à la pression populaire et appelé l’artiste Neymar mais l’attaquant de Santos est loin d’être assuré d’une place dans le onze de départ. Même diminué physiquement à 34 ans, il est l’un des rares à pouvoir sortir un geste venu d’ailleurs.

    À court de rythme, le meilleur buteur de l’histoire de la Seleçao (79 buts) sera absent contre les Marocains mais l’Italien peut compter sur le jeune Endrick qui, à presque 20 ans, est déjà comparé à l’ancienne gloire Romario. Le Maroc a lui aussi connu des déconvenues.

    Les champions d’Afrique 2026 – titre obtenu sur tapis vert qui fait l’objet d’un appel du Sénégal – ont perdu jeudi l’ailier Abde Ezzalzouli et le défenseur de l’Olympique de Marseille Nayef Aguerd, blessés lors du dernier match de préparation contre le Norvège la semaine dernière. Marwan Saadane et le joueur d’Angers Amine Sbaï sont les deux remplaçants. Casse-tête à venir pour le sélectionneur Mohamed Ouahbi, qui perd l’un de ses titulaires avec « Abde Ez ».

    ET AUSSI

    Le programme du week-end

    Groupe B : Qatar – Suisse (samedi 21h, Levi’s Stadium de San Francisco) Groupe C : Brésil – Maroc (dimanche 0h, MetLife Stadium de New York) ; Écosse – Haïti (dimanche 3h, Gillette Stadium de Boston) Groupe D : Australie – Turquie (dimanche 6h, BC Place de Vancouver) Groupe E : Allemagne – Curaçao (dimanche 19h, NRG Stadium de Houston) ; Côte d’Ivoire – Équateur (lundi 1h, Lincoln Financial Field de Philadelphie) Groupe F : Pays-Bas – Japon (dimanche 22h, AT&T Stadium de Dallas) ; Suède – Tunisie (lundi 4h, Stade BBVA de Monterrey)

    Belle audience pour le match d’ouverture

    4,88 millions, c’est le nombre de téléspectateurs présents devant M6 pour le match d’ouverture entre le Mexique et l’Afrique du Sud (2-0). C’est un record pour une édition estivale de la Coupe du monde depuis 2014.

    Les Bleus sous la chaleur

    L’équipe de France a réalisé ses premiers entraînements, depuis son arrivée à Boston. La météo n’a pas épargné les Bleus, qui devront rapidement s’habituer à la chaleur. Le thermomètre a dépassé les 30 degrés pour leurs premières mises en place aux États-Unis.

    Déjà de nombreux sièges vides

    Si le match d’ouverture a rassemblé plus de 80 000 spectateurs à Mexico, les tribunes étaient plus clairsemées à Guadalajara pour Tchéquie – Corée du Sud. La FIFA a annoncé 44 985 personnes sur 48 000, mais les images montraient de larges portions vides dans le stade. Pour chaque match, plusieurs milliers de billets sont encore disponibles sur le site de revente de la FIFA, notamment à cause des prix faramineux.

  • [Coupe du Monde] Dans le groupe E, incertitudes à tous niveaux

    [Coupe du Monde] Dans le groupe E, incertitudes à tous niveaux

    Allemagne, Côte d’Ivoire, Equateur et Curaçao. Trois nations fortes de leur continent respectif et le Petit Poucet incontesté de cette 23e édition. La 4e place de cet indécis groupe E ne devrait pas échapper à l’ancienne colonie néerlandaise, peuplée de 185 000 habitants – soit à peine plus que la ville de Grenoble -, tant l’écart de niveau semble élevé. Pour le reste, les débats sont ouverts.

    Les certitudes ne sont pas nombreuses pour les troupes de Julian Nagelsmann, qui débutent justement contre Curaçao (dimanche 19h). Manuel Neuer est sorti de sa retraite internationale pour aider son pays, le prodige Lennart Karl s’est blessé en préparation et les cadres de cette équipe sortent d’une saison en dents de scie. Les Kimmich, Goretzka, Musiala, Wirtz, Woltemade n’ont pas été des plus flamboyants, mais ils seront tout de même les principaux atouts de leur sélectionneur.

    Qui pour créer la surprise ?

    Dans cette situation, Equatoriens et Ivoiriens ont leur carte à jouer, même face à la sélection allemande. Après de solides campagnes de qualification, les deux formations arrivent en forme en Amérique du Nord. Leur affrontement, dans la nuit de dimanche à lundi (1h), établira une première hiérarchie dans cette poule E. Le vainqueur verra à coup sûr les 16e de finale et sera en position de remporter ce groupe.

  • Le coup d’envoi de la Coupe du Monde donné au Stadio Azteca

    Le coup d’envoi de la Coupe du Monde donné au Stadio Azteca

    Un show coloré, avec un premier tableau mettant en avant la culture locale. Costumes et pyramides mayas et aztèques au programme. Ensuite, place à la chanson et à la danse avec plusieurs superstars latino-américaines aux millions (voire milliards) de streams. Le Vénézuélien Danny Ocean, Belinda, J Balvin et, en clou du spectacle, Shakira, chanteuse de l’hymne de cette édition, comme en 2010. Un show d’une vingtaine de minutes avant que les principaux acteurs n’entrent sur la pelouse.