Tag: contrôle

  • Handicap : un stationnement squatté par les valides à Marseille

    Handicap : un stationnement squatté par les valides à Marseille

    Pas moins de 9 dépanneuses et 20 agents de la police municipale ont été déployés ce mercredi 25 février pour un contrôle des places réservées aux personnes à mobilité réduite dans le centre-ville. Au nombre de 742 recensées à ce jour dans la ville, elles sont bien souvent occupées illégalement déplore Isabelle Laussine (Mad Mars), adjointe au maire en charge des personnes en situation de handicap, à l’inclusion et à l’accessibilité. Plus de la moitié ne sont plus conformes. « Cela peut être simplement un panneau mais c’est à la métropole de le faire et cela dépend de son calendrier », explique l’élue, consciente de l’ampleur du chantier à poursuivre.

    « On se bat au quotidien »

    Sur le trottoir, Ouahid Boustila, fondateur du Handisud Basket et président du collectif du collectif « plus jamais sans nous » assiste à l’opération. Il se déplace en ville « avec ses bras », souvent après s’être garé à la Joliette. Un stationnement prévu pour deux voitures, « où on en retrouve 5 », témoigne-t-il. Résultat, sortir ou rentrer dans son véhicule est impossible. Altercations, pneus crevés, portières abimées, Ouaid ne compte plus les accrochages pour faire respecter la loi. « On se bat au quotidien ! », s’indigne-t-il, dénonçant au passage l’inaccessibilité des transports en commun. « C’est rageant de ne pas avoir le droit d’accéder au métro sans être accompagné, de ne pas avoir accès au nouveau tram parce qu’il y a une barre au milieu, de ne pas pouvoir prendre le bus car la rampe est en panne », raconte-t-il.

    Depuis 2024 le nombre de PV a doublé (de 2 344 à 4 282), les effectifs aussi, explique Céline Lefléfian, directrice de la police municipale qui entend « déclencher une prise de conscience ».

  • Le pilonnage des points de deal se poursuit à Marseille

    Le pilonnage des points de deal se poursuit à Marseille

    Les narcotrafiquants ne tiendront pas les cités marseillaises. » Le message envoyé par le préfet de département, Jacques Witkowski, et la préfète de police déléguée, Corinne Simon, se veut limpide. Après une première frappe anti-narco simultanée le 9 décembre, une nouvelle opération de pilonnage a été organisée, ce mardi 11 février, sur dix points de deal de la ville.

    Pas moins de 250 policiers locaux et 10 compagnies républicaines de sécurité octroyées par le ministre de l’Intérieur, soit plus de 1 000 policiers au total, ont été mobilisés. Leur mission : surveiller, donner l’assaut, occuper le terrain, interpeller les trafiquants et verbaliser les consommateurs.

    Ce dispositif a permis d’interpeller 76 personnes, indique la préfecture dans son bilan, ce mercredi 11 février. Et 95 autres ont fait l’objet d’une amende forfaitaire délictuelle (AFD) pour consommation de stupéfiants. À noter que cette verbalisation, d’un montant de 200 euros, a été présentée par le président de la République comme une des solutions de lutte contre le narcotrafic. Il souhaite d’ailleurs la porter à 500 euros, alors même que la Défenseure des droits avait constaté dès 2023 que l’AFD portait atteinte aux droits de la défense et à l’accès à un juge.

    Des saisies ont également été réalisées : près de 56 000 euros, dont une partie en lien avec une affaire judiciaire, 31 kg de cannabis, 1,4 kg de cocaïne, une arme de poing, quatre armes blanches et trois véhicules. Dans une cité, la présence des CRS a également permis d’interpeller l’auteur d’un coup de couteau, précise-t-elle. Préfet de département et préfète de police déléguée se sont par ailleurs rendus, mardi, dans deux des dix cités ciblées, Kallisté (15e) et La Castellane (15e).

    Un outil supplémentaire

    « Renouvelées régulièrement, ces opérations sont un outil supplémentaire au travail quotidien réalisé par les effectifs locaux », estiment-ils. Cette stratégie de pilonnage ayant été mise en place par la préfecture de police des Bouches-du-Rhône d’alors, en janvier 2021. La lutte contre le narcotrafic se déploie « à tous les étages » rappellent-ils avec, outre ce genre d’opération, le travail de voie publique, le judiciaire et l’application de la loi narcotrafic.

    Pour mémoire, la précédente opération, qui avait engagé le 9 décembre quelque 1 500 agents, tous services de police confondus, sur quinze points de deal, avait permis de saisir 7 kg de résine de cannabis pour 114 personnes interpellées et 82 garde à vue, de dresser 61 AFD pour consommation de stupéfiants et de prononcer 33 interdictions administratives de paraître. Lors de contrôle dans les commerces, 118 kg de tabac de contrebande avaient été découverts, une arme de poing neutralisée et 10 infractions relevées.

    « Partout où les trafiquants tentent de s’approprier le territoire, ils trouveront une farouche et indéfectible présence de l’État », a prévenu le préfet. Lors d’un bilan des actions de l’État pour l’année 2025, le 4 février, aux côtés du procureur, de responsables de la police, de la gendarmerie et de la douane, il avait tenu à afficher un front commun face au narcotrafic, se félicitant d’avoir obtenu des résultats en jouant collectif, chacun faisant jouer ses compétences. Il rappelait que le nombre de personnes interpellées, à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône, avait augmenté par rapport à l’an dernier, respectivement de 14,2% et 11%, les points de deal avaient eux diminué de moitié : de 181 en 2021 à 89 à Marseille, et de 222 à 114 dans le département.

    Au-delà de ce vaste volet répressif, la préfète de police déléguée a également lancé, vendredi, des assises de la prévention pour éviter que les jeunes ne tombent dans les réseaux.

  • Au Marché du soleil, 200 000 contrefaçons saisies

    Au Marché du soleil, 200 000 contrefaçons saisies

    Plus de 200 000 marchandises contrefaites ont été saisies par les services de l’état au sein du Marché du soleil, a annoncé le parquet de Marseille dans un communiqué de presse, ce lundi. Une saisie rendue possible par la fermeture administrative, à partir du 2 février, de l’immense bazar marseillais situé dans le 2e arrondissement, sous ordre de la préfecture des Bouches-du-Rhône.

    Pendant une semaine, les services de l’état ont coordonné une immense opération de contrôle dans le cadre d’une enquête judiciaire. Plus de 300 effectifs de police et des douanes ont été déployés pour contrôler 108 boxes commerciaux sur les 160 existants.

    42 millions d’euros

    Le parquet annonce avoir saisi des contrefaçons pour une contre-valeur estimée à un peu moins de 42 millions d’euros. Les fouilles ont également mis à jour des caches aménagées dans les faux plafonds afin d’y stocker la marchandise. Deux presses à floquer, ainsi qu’une quinzaine de machines à coudre destinées à l’apposition d’étiquettes de marque ont également été découvertes. 99 boxes commerciaux ont été contrôlés en possession de produits contrefaisants.

    La fermeture administrative du Marché du soleil est maintenue pour six mois par la préfecture, conformément à la nouvelle loi de juin 2025 sur le narcotrafic, qui permet de fermer tout lieu en cas de suspicion de blanchiment d’argent.

  • Une réforme de la police au cœur du scrutin

    Une réforme de la police au cœur du scrutin

    Une procédure accélérée pour une adoption avant les municipales, afin de permettre aux futurs maires de disposer d’une toute nouvelle « boîte à outils ». Voilà comment le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a vendu le projet de loi sur la réforme de la police municipale dont l’examen a démarré le 3 février au Sénat, le vote devant avoir lieu ce mardi 10 février. En fait d’outil, c’est la boîte de Pandore qui a été ouverte, renforçant une « municipalisation de la sécurité », au détriment de l’État de droit, analyse dans une note circonstanciée la CGT Intérieur Police.

    Concrètement, le texte soumis au Parlement s’appuie sur une mission d’information de la commission des lois, pilotée en 2024 par le ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur d’alors, François-Noël Buffet (LR), en parallèle d’un « Beauvau de la police municipale ». Dont les syndicats ont dénoncé au passage l’absence de mesures sociales… Mais, au nom du fameux « continuum de sécurité », policiers municipaux et gardes champêtres se verraient attribuer des compétences judiciaires élargies. Outre la possibilité de relever une identité, ils seraient à même de dresser des amendes forfaitaires délictuelles (AFD) – dont le taux de recouvrement atteint péniblement les 31% – pour au moins neuf délits « de l’insécurité du quotidien ». Les membres de la majorité de droite, pris dans un enthousiasme tout sécuritaire, en ont rajouté. Sous certaines conditions, les agents pourraient procéder à des fouilles, utiliser des drones « à titre expérimental », auraient accès à de nouveaux fichiers. Tout ça restant au bon vouloir des maires, se prévaut le gouvernement.

    Pas de doctrine nationale

    « C’est tout simplement une atteinte à la démocratie », résume Anthony Caillé, secrétaire général de la CGT-Intérieur Police. Avec ce « ballon d’essai » de transfert d’une compétence régalienne au local, il estime le risque constitutionnel « sérieux » et alerte sur l’absence de doctrine nationale sur la municipale. « Comment on les arme ? Comment doivent-ils rendre des comptes ? À qui ? Quelles sont leurs missions ? » interroge-t-il. Pour lui, la mise en place d’une mission de contrôle des polices municipales, commune aux inspections générales du ministère de l’Intérieur prévue dans le texte, reste insuffisante. Au nom de la libre administration territoriale, le droit des citoyens est mis à mal, dans un contexte de « montée des discriminations », estime la CGT. Sur les AFD, le syndicaliste rappelle que le droit est déjà bafoué, le policier se faisant juge : « C’est une inscription au casier, direct, alors qu’un délit, c’est une enquête à charge et à décharge, un droit à la défense… »

    La CGT craint une « pénalisation territorialisée », avec un maire qui peut utiliser sa police sur des zones « à forte mobilisation électorale ». À l’inverse, le pouvoir de la police municipale sur l’édile s’en trouverait renforcé. « On l’a vu à Bordeaux, où le maire écologiste ne voulait pas les armer », illustre-t-il. Résultat : une police municipale équipée de semi-automatique, cet été, « après trois semaines de grève ».

    Sans attendre la fin de la navette parlementaire, la CGT a fait parvenir sa note « à tous les députés et sénateurs, sauf le RN ».

    Repères

    Des prérogatives élargies

    Vente à la sauvette, vol, usage de stupéfiants, occupation illicite de halls d’immeuble, vente d’alcool aux mineurs… Au moins neuf nouveaux délits pourraient être sanctionnés par la police municipale d’une amende forfaitaire délictuelle. Les sénateurs ont déjà proposé d’ajouter la conduite sans permis, sans assurance ou encore le port d’armes blanches.

    45%

    de hausse. Le nombre de policiers municipaux est passé de 19 405 en 2012 à 28161 en 2023. En 2026, 11000 agents devaient être recrutés, selon le Centre national de la fonction publique territoriale.

    Drones et caméras embarquées

    La police municipale pourrait être autorisée à utiliser des drones à titre expérimental durant 5 ans sur cinq segments précis, des grands rassemblements à la protection des bâtiments communaux.

    Sur 5 ans aussi, des caméras embarquées équiperaient les véhicules.

  • Quand des officiers de tir simulaient l’apocalypse

    Quand des officiers de tir simulaient l’apocalypse

    À cinq cent mètres du bistrot du village, se trouvait l’accès à l’ancien poste de conduite de tir n°1 des missiles stratégiques de la force de frappe, là où entre 1971 et 1996 se sont succédés 182 officiers, des binômes aguerris, cloîtrés H24 dans une capsule blindée enfoncée à 1,7 km du sas d’entrée et à 500 mètres sous la montagne. Recevant l’ordre présidentiel irrévocable, ils devaient activer le tir simultané des 18 missiles de plus d’un mégatonne enterrés dans des silos sur le plateau d’Albion. Le poste de tir de Rustrel avait son jumeau à 30 km à Reilhannette (Drome) où deux autres officiers contrôlaient 9 autres missiles. Ce PC n°2 a lui été intégralement démantelé.

    En 1963, le conseil de défense décide d’investir le plateau d’Albion, plus sûr géologiquement que le plateau de Valensole. La cité Saint-Michel de 874 logements à Apt pour accueillir les militaires et leur famille. On aménage des routes adaptées aux convois de missiles. En 1968, plus de 1 000 ouvriers s’activent pour extraire 74 000m3 de roches et couler 40 000m3 de béton armé. La forteresse inexpugnable comprend sa propre centrale électrique, ses circuits d’aération, des galeries à angle droit pour casser le souffle d’une bombe ennemie, des puits de gaz brûlés, des tunnels et des puits d’évacuation de 1,6km, des trappes piégées et la fameuse capsule. On construit la base aérienne de Saint-Christol où 2 000 personnes vont, les installations de transmissions du Mont Ventoux, de la montagne de Lure et du Luberon. Le 1er Groupement de missiles stratégiques s’installe. Mais c’est à la gendarmerie qu’est confié le boîtier de contrôle gouvernemental des ogives, la surveillance des sites, l’escorte des convois et des équipages d’officiers de tir.

    « Pendant cinq ans, j’ai eu la responsabilité du tir de 9 missiles », nous avait confié en 2006 Jean-Louis Cahu, qui a été un très jeune officier de tir de 1979 à 1984. À 22 ans, il avait sous sa responsabilité des vecteurs de 96 fois la puissance de la bombe A qui a rasé Hiroshima le 6 août 1945 tuant instantanément 70 000 personnes. Sa désertion le 11 novembre 1984 a été un coup de tonnerre. À 26 ans, au terme d’une prise de conscience personnelle, il médiatisait son refus de tourner la clé.

    Des simulations d’incidents nucléaires

    Son quotidien était de surveiller les missiles dans les silos, de faire des exercices de mise sous tension. « J’avais la commande de tous les outils d’action mécanique sur les missiles. Chaque action, quelle que soit la commande qui visait à interagir avec le missile, ne se faisait jamais à la légère car nous agissions sur des “engins vivants”. Nous simulions des incidents nucléaires en vitesse accélérée pour voir en situation de stress maximal jusqu’où l’officier pouvait aller. » Des simulations qui n’étaient pas un jeu mettaient les nerfs de ces officiers à rude épreuve, précisément pour les filtrer. « Certains ont craqué à quelques secondes du tir. Dans les périodes de tensions internationales, on a eu des moments chauds à l’intérieur de la capsule. On ne pouvait pas vivre de situations plus stressantes qu’à ce poste. Je suis la démonstration que lorsqu’on ne croit plus à la dissuasion nucléaire, on ne peut plus tenir ce poste », avait-il confié à La Marseillaise. À ses procès il avait revendiqué un droit à l’objection permanente.

    L’ordre présidentiel devait leur parvenir par des canaux de transmissions durcis et redondants. « Ce n’est pas pour rien qu’on nous appelait les “hommes du Président”. Ma seule autorité, c’était le Président, le Premier ministre et le ministre de la Défense. Il n’y avait pas plus secret que ce poste de tir », disait l’ancien officier toujours astreint au silence.

    En février 1996, Jacques Chirac a signé la fin d’Albion. La dernière ogive a quitté le plateau le 26 février 1998. La science est descendue aux abris et des silos ont été recyclés en déchetterie, en plateforme d’observation astronomique. On peut même boire des canons au Bistrot de Lagarde sur un ancien silo. Sur le plateau, la Légion étrangère protège désormais les « grandes oreilles » d’une station d‘écoute de la DGSE car la « grande muette » est tout sauf sourde.

    Lire : [Immersion] Le « LSBB », un labo enfoui à l’écoute du silence

    « On ne pouvait pas vivre de situations plus stressantes »

  • Le nouveau préfet veut optimiser la lutte contre l’habitat indigne

    Le nouveau préfet veut optimiser la lutte contre l’habitat indigne

    Le préfet de région Jacques Witkowski a indiqué mercredi lors d’un point presse vouloir relancer la lutte contre l’habitat indigne. « C’est une volonté collective, un engagement et une vraie préoccupation presque philosophique de ma part », a signifié le préfet fort d’une culture opérationnelle sur le sujet.

    Le diagnostic est sombre. « On voit bien quand on traverse la ville que nombre d’habitats ne sont plus aux normes du temps et dans ce lot, certains sont incompatibles avec de l’habitat digne. La catastrophe de la rue d’Aubagne a été l’exégèse et un détonateur pour tous. On a un taux d’indignité de logements considérable », observe le préfet pour qui « la réalité dépasse de beaucoup les 60 000 logements indignes identifiés dans les Bouches-du-Rhône ».

    D’où la « volonté politique interne » affichée d’avancer et de « travailler en synergie ». Si un regain notable est observé sur les arrêtés préfectoraux de traitement de l’insalubrité (70 nouveaux arrêtés lançant la procédure publiés en 2025 dont 39 à Marseille), le constat d’une dispersion des compétences entre les différents services (ARS, DDTM, etc.) pèse, « là où il faudrait au contraire les regrouper avec tous les moyens budgétaires comme je l’ai fait en Seine-Saint Denis », a lancé le préfet. À peine débarqué, il a créé à titre expérimental une « mission interservices de lutte contre l’habitat indigne » confiée à une commissaire divisionnaire.

    Le préfet veut mobiliser des services opérationnels comme les pompiers, les policiers, les gendarmes, les agents EDF-GRDF, les opérateurs de fibre pour remonter des alertes. « J’ai souhaité qu’on s’intéresse aux agences de location qui louent sciemment des locaux inhabitables en l‘état », dévoile le préfet qui « sans vouloir jeter l’anathème sur une profession » annonce une campagne de « contrôles au titre de la répression des fraudes car les agences sont responsables de ce qu’elles proposent à la location ».

    « Pas de cadeau, pas de quartier ! »

    Les services fiscaux sont mis dans la boucle. « Un propriétaire déviant, on va lui faire la totalité des urines comme on disait au XVIe siècle. Pas de cadeau, pas de quartier comme on disait au temps des corsaires. Le fisc doit s’intéresser à ces gens mais aussi la justice, la répression des fraudes, la préfecture bien sûr, les communes, les bailleurs sociaux », poursuit le représentant de l’État qui sait que « les outils ne sont pas encore totalement parfaits ». Le relogement des victimes d’habitat indigne reste problématique en cas de carence des propriétaires, les occupants n’étant pas prioritaires dans les dispositifs. « C’est un sujet ancien. On s’organise pour avancer collectivement. »

    À propos de la mise aux enchères par les Domaines sur la plateforme Agorastore d’une cave proposée à l’habitation (la Marseillaise du 29 janvier). « C’est complètement dingue, je ne peux pas le dire autrement, réagit le préfet. On ne cautionne absolument pas ce genre de choses. Ce n’est pas possible qu’en voulant bien faire, on se prenne les pieds dans le tapis. »

    S’agissant des projets de rénovation urbaine, le préfet sait combien ils suscitent « beaucoup d’attente assez frustrante », mais que « là les grues arrivent. 2026 sera une année importante ». Les Bouches-du-Rhône comptent 19 projets Anru dont 10 à Marseille pour un montant global de 850 millions d’euros. À ce jour, on est à 82% des engagements de crédit avec fin juin 2026 comme date butoir. « Les projets sont à peu près stabilisés. La métropole et les villes sont en train de caler les cahiers des charges et les calendriers pour le choix des maîtres d’œuvre », signale la préfète déléguée à l’égalité des chances, Isabelle Épaillard. « Nous allons passer au premier trimestre à la démolition de la tour B de Campagne Lévèque. » Suivront la Bricarde et la Castellane. Pour anticiper des difficultés liées aux points de deal et aux vols sur les chantiers, un travail est en cours pour doper les marchés publics de clauses d’insertion sociale.

  • Narcotrafic : l’État met en avant ses résultats

    Narcotrafic : l’État met en avant ses résultats

    Un bilan positif de par une action commune. C’est le message qu’ont voulu faire passer ce mardi 3 février les représentants des services de l’État engagés dans leur bilan de la lutte contre le narcotrafic. Le nombre de personnes interpellées à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône a augmenté par rapport à l’an dernier, respectivement de 14,2 % et 11 %, les points de deal ont diminué de moitié, passant de 181 en 2021 à 89 à Marseille, de 222 à 114 dans le département. Sur les narchomicides, leur nombre est aussi en baisse de 49 en 2023, à 24 en 2024 puis 20 tués en 2025.

    « Notre stratégie », pose le préfet de région Jacques Witkowski, « ne rien lâcher, agir et encore agir. » Et s’appuyer sur le collectif, avec « la totalité de la puissance étatique en marche, chacun avec ses compétences. » Ses leviers d’action : le quotidien avec « un engagement permanent de la police nationale et de la gendarmerie pour sécuriser les secteurs » et la « poursuite des enquêtes judiciaires », le pilonnage et les opérations de grande envergure, « l’aval » avec des investigations dans « tout un tas de domaines » comme le recel et l’amont avec « des résultats probants » sur le blanchiment et 32 millions d’euros d’avoirs criminels saisis contre 30 en 2024.

    Face à des trafiquants qui se réorganisent, misant notamment sur le « ubershit », le « ubercoke » pour éviter aux consommateurs de se déplacer, policiers et gendarmes ont adapté leurs méthodes. Avec plus de contrôles de « flux » quand au-delà des voitures, les livreurs utilisent parfois des trottinettes, raconte Cédric Esson, directeur interdépartemental de la police nationale. Pour contrer l’arrivée de produits venus de Marseille et d’Avignon, « dans les trains, sur les routes, nous avons investi les transports en commun avec des équipes cynophiles » ajoute le général Pierre Baillargeat à la tête du groupement de gendarmerie départementale des Bouches-du-Rhône. Des « enquêtes sous pseudonyme » sont aussi menées détaille le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone.

    La loi narcotrafic du 13 juin 2025 offre aussi de nouveaux outils. Comme les interdictions administratives de paraître détaille la préfète de police déléguée, Corinne Simon. Quelque « 150 cette année, ce qui nous permet d’assécher les points de deal », estime-t-elle, rappelant que le contrevenant risque jusqu’à 3 mois d’emprisonnement s’il se fait reprendre. Côté contrôles d’établissements, salle de sport, vendeurs de CBD et autres, ils sont une vingtaine à avoir été fermés dans le cadre des opérations baptisées « Jumbo ». Pour compléter l’arsenal, les expulsions de logements sociaux, avec 36 procédures en cours dont « plusieurs sont passées au tribunal » précise Corinne Simon.

    Apporter une réponse pénale à la hauteur

    Les consommateurs sont aussi dans la ligne de mire. Lors d’un contrôle organisé sur trois jours la semaine dernière mobilisant 1 200 agents dans tout le département, « une personne sur 12 était détentrice de produits stupéfiants » rappelle le préfet, « ils participent au narcotrafic » martèle-t-il.

    Côté justice, le ministère public se fait fort de suivre. Les infractions à la législation des stupéfiants représentent cette année « 24 % de l’activité du Parquet » indique Nicolas Bessone, le double d’une juridiction équivalente, le triple de villes comme Périgueux ou Valence, contre 18 % en 2023, 22 % en 2024. Le nombre de garde à vue dans les affaires de trafic a augmenté, de 15 % passant de 2 406 en 2024 à 2 853 en 2025. « Notre réponse pénale, c’est le déferrement systématique » assume Nicolas Bessone, se félicitant au passage d’une bonne collaboration avec le tout nouveau Pnaco parquet national anticriminalité organisée, mis en place le 5 janvier avec « deux affaires qui ont fait l’objet de co-saisines. »

    Sur les consommateurs, une convention avec la Direction Générale des Finances Publiques (DGFI) a été signée pour assurer le paiement des 10 000 AFD (amende forfaitaire délictuelle) de l’année, 200 euros chacune, les personnes en obligation de soins en ayant été exclues. Des instructions de saisies de voitures ou smartphone commencent aussi à tomber. Un « début » avec 9 téléphones et 4 autos.

    Et le procureur de revenir également sur le travail entamé sur le « haut du spectre » avec de premières saisies d’appartements à Dubaï, des surveillances particulières sur les détenus dangereux qui continuent à gérer leurs affaires depuis la prison.

    Des points de deals qui se déplacent

    Autant de pressions qui ont permis d’avancer mais loin de tout régler. Au-delà des livraisons à domicile, les points de deal se sont déplacés des quartiers Nord vers le centre-ville. Celui du 3e arrondissement restant un point chaud dans le cadre d’un affrontement sans merci pour son contrôle.

    « C’est un travail de longue haleine qui commence à porter ses fruits » commente néanmoins Nicolas Bessone, qui dans le même temps, rappelle que « nous avons affaire à une contre-société » avec une DZ mafia qui fait des conférences de presse, des narcotrafiquants qui proposent du soutien scolaire, de s’acquitter de travaux de bricolage, ou s’organisent en cartel pour s’attaquer à des fonctionnaires de l’administration pénitentiaire. « Nous sommes désormais un pack, habitués à jouer ensemble » estime le préfet filant la métaphore rugbystique. De quoi assurer un début de première mi-temps, quand pour le moment, les trafiquants ont toujours le ballon.

  • Le Marché du Soleil fermé six mois par arrêté préfectoral

    Le Marché du Soleil fermé six mois par arrêté préfectoral

    L’étau se resserre autour du Marché du Soleil. Ce lundi, un arrêté préfectoral annonce sa fermeture administrative pour six mois, tandis que douanes, police et gendarmerie se sont coordonnées pour effectuer un vaste contrôle, qui durera jusqu’à la fin de la semaine. En ligne de mire : la vente de contrefaçons, qui serait omniprésente au sein des échoppes du bazar, devenue institution. « Sur 160 commerces, on en estime au moins deux tiers comme faisant du commerce de contrefaçons », explique le directeur régional des douanes, Michael Lachaux.

    Plus de 200 fonctionnaires ont été dépêchés afin de passer au crible chaque boutique. L’opération, coordonnée par la justice et la police, se fait dans le cadre d’une enquête, débutée en novembre et qui avait entraîné la saisie des murs de l’établissement et des contrôles. Le lieu était également régulièrement sous le joug de fermeture administrative par la mairie, pour des manquements à la sécurité, depuis un incendie en 2008.

    Des dispositions sécuritaires d’ampleur permises par la loi narcotrafic, promulguée en juin 2025. Aucun lien entre le lieu et le trafic de drogue n’est établi, mais la nouvelle réglementation permet « d’assécher les lieux d’économies parallèles et de blanchiment d’argent de recel et de contrefaçon », précise Jacques Witkowski, préfet des Bouches-du-Rhône.

    Pour le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, le but de l’opération est clair : « Redresser les pratiques et imposer un nouveau rapport à la loi », alors que le marché est conseillé dans les guides touristiques. « Il faut que l’on déconstruise cette image de Marseille », précise-t-il.

    Pour l’un des voisins du marché, c’est la fin. « Cela fait deux ans qu’ils parlent de le fermer, je ne pense pas que cela va rouvrir. » Du côté du préfet et du procureur, l’avenir du lieu est flou, même si le préfet affirme que « le but est de faire arrêter la vente de contrefaçons ». L’avocat du propriétaire des lieux, Me Stéphane Ceccaldi, dit son client prêt à « coopérer avec le parquet pour lutter contre la contrefaçon », mais craint que la fermeture du lieu n’entraîne un grand désordre. L’avocat affirme étudier un recours administratif contre cette décision.

  • Narcotrafic : les consommateurs dans la ligne de mire à Marseille

    Narcotrafic : les consommateurs dans la ligne de mire à Marseille

    Pas question de « culpabiliser » le consommateur, mais de lui « faire prendre conscience » qu’en prenant des stupéfiants, il contribue au narcotrafic. Corinne Simon, préfète de police déléguée, accompagnée de Cédric Esson, directeur interdépartemental de la police nationale, et de Pierre Baillargeat, commandant du groupement de gendarmerie départementale des Bouches-du-Rhône, a lancé officiellement, ce mercredi 28 janvier une vaste opération de contrôle de trois jours dans 23 villes du département, engageant 1 200 agents.

    « Nous avons eu, en 2025, de bons résultats sur les stupéfiants », se félicite Corine Simon au préalable, du pilonnage des points de deal, dont le nombre a été divisé par deux en deux ans, en passant par l’application de la loi sur le narcotrafic avec des interdictions administratives de paraître et autres fermetures de commerce. Un nouveau volet s’ouvre désormais, « la lutte contre les consommateurs ». Et la préfète de dérouler son équation : plus de consommateurs sur les points de deal égal assèchement, égal fermeture du point de deal. « Mon objectif n’est pas de piéger les gens, mais d’avertir », insiste Corinne Simon.

    Sur instruction du ministre de l’Intérieur, policiers et gendarmes sont déployés pour 159 contrôles dans « tous les quartiers sans distinction » prévient Cédric Esson, aux abords des collèges, lycées, facultés, dans les gares, dans les trains, trams, métro ou sur la route, mais aussi la nuit, à la sortie des discothèques.

    Des amendes jusqu’alors inutiles ?

    Les contrevenants écoperont d’une AFD (amende forfaitaire délictuelle) de 200 euros, que le « président de la République souhaite monter à 500 euros », ajoute la préfète. Une des seules « annonces » faites par Emmanuel Macron sur la lutte contre le narcotrafic lors de sa venue à Marseille, le 16 décembre. Près de 14 000 AFD ont été dressées l’an dernier sur le département en zone police. Des amendes dont le taux de recouvrement atteindrait à peine les 20%, estimait le sénateur socialiste Jérôme Durain, qui a fait une proposition de loi pour les réformer. La réponse de Corine Simon : une possible inscription au casier judiciaire en cas de récidive. « Nous allons travailler avec le parquet », promet-elle.

    Si cette opération est une première a priori en France, elle a vocation « à se reproduire tout au long de l’année, régulièrement », prévient Corine Simon, partie en « guerre » contre le trafic. Une guerre « qu’on gagnera d’autant plus vite que les consommateurs seront prévenus », estime-t-elle.

    « En zone gendarmerie, on s’aperçoit que nous sommes clairement sous l’influence de Marseille, voire d’Avignon, dans d’autres parties du département, le narco se développe, nous sommes sur une posture dynamique », ajoute le commandant Pierre Baillargeat, précisant que pour le seul mois de janvier, le stup’ a augmenté de 25% dans l’activité des gendarmes. Ce dernier misant également sur 22 équipes cynophiles, dont quatre des douanes, qui permettent de détecter la drogue de façon plus certaine.

    À l’arrêt de tram des Réformés, pas de policier canin, mais des humains qui ont engagé des séries de « palpations » sur des voyageurs se demandant bien ce qui leur arrive. Si les agents assurent sélectionner leurs cibles au hasard, la majorité des personnes contrôlées ce jour-là sont des jeunes. Certains se disant un peu découragés voire agacés de se voir contrôlés « tout le temps ».

    Et quand on demande justement à la préfète si des actions vont être menées en matière de prévention auprès de la jeunesse, elle affirme lancer des assises sur le sujet en février.

  • [Municipales] La gauche veut réguler les milliers de locations de tourisme à Arles

    [Municipales] La gauche veut réguler les milliers de locations de tourisme à Arles

    Imaginons vouloir partir une semaine à Arles pour la première semaine d’août, du samedi 1er au 8 du mois. Ce sont 380 logements qui sont proposés par la plateforme pour un voyageur, dans tout l’espace compris entre la rue Gambetta, le Rhône et les boulevards des Lices et Émile-Combe.

    Sur l’ensemble de la ville, le moteur de recherche indique même « plus de 1 000 logements » disponibles à la réservation, juste pour soi, sans partage avec l’hôte, à des tarifs variant entre 450 euros pour un « studio cosy au pied des Arènes » et jusqu’à 1 300 euros pour ce deux-pièces avec terrasse offrant la vue sur l’hôtel de ville. Toujours pour la première semaine d’août, sont aussi disponibles ce « penthouse à vue imprenable » affiché à 2 300 euros ou ce « havre de paix avec piscine » pour plus de 8 000 euros, dans le registre de l’exclusif.

    Face à ce « phénomène Airbnb », Nicolas Koukas, tête de liste (PCF) de l’Union pour Arles aux municipales, assure être « à l’offensive sur le logement » depuis sa déclaration de candidature, en décembre. « Nous sommes fatigués de ne plus pouvoir nous loger dans le centre-ville », affirme-t-il, rappelant que l’opposition « demande depuis 6 ans de réguler strictement les locations touristiques » de ce type, « comme les villes de La Rochelle et d’Annecy ont pu le faire », précise le candidat.

    « Des quotas par quartier »

    Il y aurait 2 100 meublés de tourisme recensés par la Ville, 3 800 selon l’opposition. Dans le cadre du programme de l’Union pour Arles, Nicolas Koukas propose une politique municipale sur deux jambes. « En premier, réguler Airbnb en imposant un quota de locations touristiques par quartier et en limitant le nombre de nuitées », complété par « une police du logement contre l’insalubrité de certaines locations ». D’autre part, le candidat veut s’appuyer sur une société coopérative foncière municipale dédiée à « préempter dans les secteurs stratégiques » pour reprendre le contrôle sur le marché.

    Des affiches posées dans la rue, l’été dernier, permettent de mesurer cette attente. « Touriste, ton Airbnb augmente mon loyer », « Afin de préserver la santé mentale des riverains, merci de soulever vos valises à roulettes », « Airbnb tue nos quartiers, loyers Arles centre jusqu’à +50% en cinq ans, qui peut encore vivre ici ? », pouvait-on lire.

    Dans l’équipe du maire sortant Patrick de Carolis (HOR), Sébastien Abonneau répondait à la radio Ici, en août, qu’il ne fallait pas être « dupe des arguments de l’opposition » à l’approche des élections. Sollicitée l’été dernier pour dresser un bilan estival, la plateforme Airbnb assumait de « ne pas communiquer sur ses données car cotée en bourse américaine et que ce sont des indicateurs de bonne santé de l’entreprise ».

    Les nombreuses boîtes à clés installées au Monoprix de la place Lamartine parlent d’elles-mêmes.