Tag: construction

  • Les infractions à l’urbanisme et la limite des poursuites à Marseille

    Les infractions à l’urbanisme et la limite des poursuites à Marseille

    Quoi de mieux pour échapper aux poursuites que de mettre à néant la procédure. Ce fut le cas lundi devant la chambre de l’urbanisme. D’entrée, un avocat fait mouche en lançant que l’inspecteur de l’urbanisme de la Ville de Marseille a pénétré au domicile de son client et pris des photos depuis sa terrasse. « L’inspecteur de l’urbanisme n’a effectivement pas relevé votre consentement écrit pour pénétrer dans votre propriété. Il ne fait même pas état de l’accord oral donné. Le procès-verbal de constat des infractions du 14 septembre 2020 est donc nul. C’est la seule pièce du dossier. Vous êtes relaxé de toutes les infractions », doit admettre la présidente face au prévenu qui fond de bonheur.

    Venue personnellement défendre à la barre ses dossiers, la directrice de l’urbanisme de la Ville de Marseille s’incline et s’entend rappeler du tribunal que depuis la loi Elan de novembre 2018, l’article L480-17 du code de l’urbanisme stipule que « les domiciles et les locaux comportant des parties à usage d’habitation ne peuvent être visités qu’entre 6h et 21h, avec l’assentiment de l’occupant ou, à défaut, en présence d’un officier de police judiciaire (…). Cet assentiment doit faire l’objet d’une déclaration écrite de la main de l’intéressé. » Une petite note de service ?

    Un cabanon à l’Estaque

    Dossier suivant. « Je m’étais déplacé au service de l’urbanisme. On m’avait dit oralement que pour moins de 5 m², je n’avais pas besoin de déclaration préalable », explique avec une apparente bonne foi le propriétaire d’un cabanon à l’Estaque (16e). Mais l’extension de 4,95 m² réalisée début 2015 sur son cabanon de 13 m² en rez-de-jardin viole le PLUi. 4 ans plus tard, un inspecteur de l’urbanisme vient dresser un PV d’infraction. Le propriétaire tente en vain de régulariser. Le parquet débordé propose un classement sous condition mais le prévenu refuse l’amende-cadeau de 5 000 euros, arguant qu’il a saisi le tribunal administratif. Ce dernier tranche 4 ans plus tard en donnant raison à la Ville : c’est une construction nouvelle détachable du cabanon faute de porte. « Si chacun se dit que pour moins de 5 m², on peut ne pas respecter le PLUi alors plus aucune norme n’est respectée. La règle est là pour tout le monde et pour préserver notre environnement », sermonne la présidente. La directrice de l’urbanisme réclame la démolition de l’extension, « cet avantage que n’auraient pu obtenir ceux qui respectent la règle ». La plus-value de ce bien résulte aussi de l’infraction : le cabanon acheté 195 000 euros en 2011 est à vendre aujourd’hui 365 000 euros. Le tribunal a écarté la démolition, considérant la bonne foi du prévenu qui ressort de sa prise de contact initiale avec le service de l’urbanisme. C’est donc une amende de 10 000 euros calculée sur le prix au mètre carré dans le quartier.

  • La Ville d’Aix-en-Provence va finalement devoir accueillir le projet immobilier Géophoros

    La Ville d’Aix-en-Provence va finalement devoir accueillir le projet immobilier Géophoros

    Le 12 novembre dernier, le tribunal administratif examinait un litige opposant la Ville au Préfet autour d’un projet immobilier, porté par la société Geophoros. La municipalité avait refusé de lui délivrer le permis de construire, une décision contestée par la Préfecture, qui demandait au juge de condamner la Ville à l’accorder. Le 4 décembre dernier, le tribunal administratif a donc donné raison à la Préfecture et décide qu’il est « enjoint au maire d’Aix-en-Provence de délivrer à la société Geophoros Aix Saint-Jérôme l’autorisation d’urbanisme sollicitée dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement » en annulant l’arrêté du 24 avril 2024, portant refus du permis de construire.

    Pour mémoire, le chantier porté par la société Géophoros, filiale du groupe Bouygues Immobilier, doit s’implanter sur l’ancien site d’Enedis le long de l’avenue Saint-Jérôme. La municipalité estimait notamment que le projet immobilier réparti en deux bâtiments R+4 de 168 logements
    – dont une quarantaine de logements locatifs sociaux – ne s’intégrait pas dans le paysage urbain, risquant ainsi de dénaturer le paysage urbain. Le tribunal a estimé que « le projet s’insère dans un quartier périphérique urbain, la parcelle d’assiette étant entourée de plusieurs immeubles modernes en R+4 ainsi que de quelques habitations individuelles », allant ainsi dans le sens des conclusions du rapporteur public. Sollicitée, la Ville n’a pas dit si elle faisait appel de la décision. E.B.-G.

  • Une nouvelle centrale de secours pour le Charles de Gaulle

    Une nouvelle centrale de secours pour le Charles de Gaulle

    Elle n’affiche pas l’austérité attendue pour ce type de construction. Avec ses fresques, réalisées par le consortium d’artistes Graphikart (la Seyne-sur-Mer) et par l’illustrateur Daniel Bechennec, représentant fièrement le Général et le navire de guerre éponyme, mis en scène sur des théâtres maritimes houleux, la nouvelle centrale de production électrique du porte-avions Charles de Gaulle a fière allure. « Au ministère des Armées, on est attaché à l’art. Mais il est moins commun d’avoir des fresques sur des bâtiments industriels. C’était une bonne manière de parler de la Marine au gré des siècles, et de rendre hommage à Charles de Gaulle et au porte-avions qui porte son nom », décrit l’ingénieur en chef de première classe Stéphane Nardelli, secrétaire général adjoint du Service d’infrastructure de la Défense (SID) Méditerranée. Mais outre son habillage, ce bâtiment, positionné à proximité du quais Milhaud 6, lieu de stationnement du célèbre porte-avions (actuellement en mission d’entraînement), et qui vient suppléer l’ancienne centrale, constitue un ajout majeur : « Il s’intègre dans un ensemble contenant les stations de conversion du réseau électrique RTE de Vauban et Milhaud pour constituer un nouveau réseau 6 300 volts, 60 hertz, totalement dédié au porte-avions. Les installations historiques sont ainsi consacrées au reste de la flotte, dont les besoins en énergie à quais augmentent significativement », détaille l’ingénieur en chef Nardelli.

    Capable d’alimenter

    une ville comme Ollioules

    Objectif : « Répondre aux besoins de fiabilisation des sources et de la distribution des réseaux haute tension de la base navale, exprimés par la Marine nationale dans le cadre de la sûreté nucléaire. Cette centrale constitue une source d’alimentation électrique de repli quasi infaillible pour le Charles de Gaulle, capable de pallier la perte du réseau électrique RTE ou à une avarie sur les stations de conversion du porte-avions », poursuit Stéphane Nardelli. Dotée de trois groupes électrogènes – contre deux pour l’ancienne -, la centrale est capable d’alimenter « des villes comme Saint-Mandrier avec un seul groupe, et Ollioules en pleine puissance », soit environ 15 000 habitants, illustre l’ingénieur en chef. Prête à l’emploi, elle ne sera mise en marche qu’en cas de besoin, pour prendre le relais du réseau électrique classique.

    Débuté en janvier 2023, le chantier aura coûté 15 millions d’euros et nécessité la passation de dix marchés publics (sécurité, géotechnique, environnement, maîtrise d’ouvrage…). Il s’inscrit dans le cadre du Programme d’Infrastructure RENOVELEC, visant à moderniser les installations électriques de la base navale de Toulon. « Cette nouvelle centrale démontre la maîtrise, la parfaite réalisation, et surtout l’excellente collaboration qui a prévalu, félicite le Capitaine de vaisseau Pierre Suleau, Commandant de la base navale de Toulon. Toutes les étapes ont été franchies dans le partage permanent. La fin de l’opération a été menée sous une pression calendaire et opérationnelle forte. C’est un bon exemple pour les projets en cours et à venir. » Notamment en vue du chantier du porte-avions de nouvelle génération, qui doit arriver sur la base navale en 2035, et qui va nécessiter, entre autres, la création d’un pont de 600 mètres jusqu’au port de Brégaillon… et une nouvelle centrale de production.

  • À Marseille, ils réclament un collège en plus dans le 13e

    À Marseille, ils réclament un collège en plus dans le 13e

    « Les collèges du 13e sont déjà au-dessus de leur capacité. Il y a un vrai besoin d’un collège en plus. » Dans la salle de l’union locale de la CGT à La Rose, ce mercredi, Maylis Merly, membre du collectif « un collège supplémentaire pour le 13e », explique pourquoi la relocalisation du collège Mallarmé, proposé ce mardi par le Département des Bouches-du-Rhône, ne les satisfait pas.

    Ce collectif, créé en mars 2024, réclame la construction d’un nouveau collège, constatant une augmentation démographique importante dans le 13e arrondissement. « Entre 2018 et 2024, il y a eu 600 collégiens en plus sur tout le 13e arrondissement, soit un collège complet », souligne Elena Izquierdo, membre du collectif.

    L’annonce, en juillet 2025, de la construction d’un collège à côté du lycée Simone-Veil aurait pu être une bonne nouvelle pour le collectif. « Mais, on a appris que ce n’est qu’une relocalisation du collège Mallarmé », se désole Maylis Merly. « Le collège devrait donc fermer d’ici 6 ans, lorsque l’autre établissement aura ouvert », précise Anaël Chauvet, professeur et membre du collectif. Le nouvel établissement devrait bénéficier de 200 places supplémentaires, ce qui, d’après le Département, « permettra d’accueillir le surplus d’élèves prévu sur cet arrondissement ». Selon le collectif, cela reste largement insuffisant.

    Moins de moyens

    Aux yeux des militants, le nombre de place limité n’est pas le seul point noir de cette relocalisation. « Leur argument pour fermer ce collège est le problème de sécurité lié au trafic. Mais retirer du service public dans ces lieux n’est pas une solution », affirme le professeur d’histoire-géographie. Le collectif craint également la perte de moyen. « Le collège Mallarmé est en REP+ (Réseau d’éducation prioritaire). Au vu de la nouvelle zone de construction et des coupes budgétaires, il y a peu de chances que le nouvel établissement conserve le même statut. Ce qui signifie moins de financement », estime Maylis Merly.

    Le collectif exige donc le maintien du collège de Mallarmé et la construction du nouveau collège. Le Département des Bouches-du-Rhône assure être « attentif à l’évolution de la démographie et savoir adapter sa stratégie de gestion des collèges si besoin ».

  • La discrète première pierre du chantier du nouvel hôpital

    La discrète première pierre du chantier du nouvel hôpital

    Deux tractopelles sont stationnées en contrebas de la D69, sur le chemin de la Renardière, à l’Ouest de Salon-de-Provence. Depuis quelques mois, un nouvel ouvrage en béton voit le jour : l’exutoire pluvial où seront envoyées les eaux du nouvel hôpital et de son village santé avant d’atterrir dans le grand fossé Bel Air, qui se jette dans la Touloubre. « Discrètement, les travaux commencent, se réjouit le maire (LR) Nicolas Isnard. Bien sûr, ce n’est pas le gros chantier sur site, mais même si on le fait modestement il fallait marquer le coup. »

    C’est à 1,7 kilomètre de là que 9,5 hectares de terrain seront artificialisés pour accueillir le complexe flambant neuf. « La deuxième étape débutera d’ici un an ou plus, lorsque les entreprises qui vont intervenir pour réaliser le village de santé seront désignées, détaille l’édile. C’est ce à quoi se consacre l’hôpital, qui établit le cahier des charges pour préparer l’appel d’offres. On lancera le marché dans le premier semestre de l’année 2026. Le début des vrais travaux est prévu pour fin 2026, début 2027 pour les premières fondations, avec une mise en service en 2029/2030. »

    À l’arrivée, 245 lits et 42 places en ambulatoire seront créés sur 35 760 m² de surface. À proximité de cet hôpital implanté sur 6,5 hectares, un village santé de 3 hectares avec l’installation d’une douzaine de partenaires comme un centre de dialyses, un laboratoire d’analyses médicales, une clinique ou un hôtel hospitalier. « 80 lits resteront en centre-ville, puisque les soins palliatifs et la gériatrie ne bougent pas », précise Nicolas Isnard.

    La coopération

    « C’est le seul hôpital déménagé depuis trente ans dans la région Paca », se targue le premier adjoint au maire Michel Roux (DVD). Une victoire rendue possible par la volonté et la coopération des acteurs du territoire. C’est en juillet 2019 que vingt villes du bassin salonais s’associent dans un Syndicat intercommunal à vocation unique pour acheter, ensemble, un terrain, afin d’inciter l’État à agir et de lui faciliter la tâche. « Chaque commune a investi 10 euros par habitant pour acheter ces 9,5 hectares », précise Nicolas Isnard.

    Les agents de l’hôpital aussi ont consenti à des efforts pour voir le projet sortir de terre. « Ça a donné lieu à de gros sacrifices en interne en termes de budget, raconte la représentante FO Magali Brotons. Il a fallu revenir sur des accords locaux, voter et accepter des requalifications en instance… »

    Ces économies, réalisées de sorte à aider l’hôpital à trouver 27 des 172 millions d’euros fléchés pour le nouvel hôpital sur ses fonds propres, étaient une nécessité. « On a huit pavillons. Le plus ancien date de 1903. En hiver il fait très froid, en été il fait 40 degrés. Il devient de plus en plus difficile de prendre en charge les patients. Par exemple, les couloirs et les portes sont trop petits, les lits n’y passent plus, il faut démonter les barrières, ce qui est épuisant. » Au-delà des conditions de travail, c’est surtout pour les malades que le personnel est soulagé. « C’est important de pouvoir les accompagner dans un bel environnement, c’est notre vocation », affirme Magali Brotons.

    À Martigues, la CGT lutte pour qu’une somme de la même ampleur soit investie dans l’hôpital, exsangue. Le syndicat revendique également la création de 90 emplois statutaires immédiats. L’établissement saura-t-il suivre la même voie que celui de Salon ?

  • Sortir la rénovation du dogme des démolitions

    Sortir la rénovation du dogme des démolitions

    Devant de nombreux étudiants, architectes, enseignants et associatifs, des militants du mouvement HouseEurope! ont présenté, vendredi soir à l’IMVT, le court-métrage The Great Together, du collectif Docar. Le doc explore des exemples de transformation de grands ensembles à Rome, Vienne, Toulouse et Belgrade. HouseEurope! milite pour une architecture écologique, sociale et demande à la Commission européenne de « rendre l’industrie de la construction plus soutenable ». Moins démolir, mais rénover en améliorant l’existant.

    « L’association Un Centre-Ville Pour Tous est partenaire du projet FaireVille et du collectif Stop Démolitions ! Nous travaillons sur le manque de démocratie dans la fabrique de la ville », rappelle Hélène Froment. « Les programmes Anru (Agence nationale pour la rénovation urbaine) à Marseille prévoient près de 5 000 démolitions de logements sociaux, alors que la livraison de logements abordables ne dépasse pas 1 000 logements par an. Concernant le quartier Félix-Pyat, État et Métropole ont acté leur intention de démolir la tour B, sans prévoir aucun financement pour le relogement des 168 familles (80% en logement social et 10% propriétaires occupants). » À cela s’ajoute l’annonce du projet de démolition des deux tours de la copropriété Bel Horizon, « sans perspective de relogement abordable de proximité et sans reconstitution de l’offre locative. Les 450 ménages de ces deux ensembles pourraient être forcés à habiter loin du centre-ville ».

    « Tout ce que j’aime, les bureaux d’études lyonnais le démolissent », ironise l’urbaniste Nicolas Mémain, qui fait le deuil des « petites choses humbles » démolies. Ainsi de la chaudronnerie Arnaud rasée au 8 rue Melchior-Guinot, à Marseille (3e). « Ce bâtiment d’angle faubourien d’après-guerre était d’une beauté très simple. Son caractère, sa singularité, sa personnalité rayonnaient. On aurait pu construire autour, passer en porte-à-faux au-dessus. L’arbitrage financier a fait qu’il a été démoli. »

    Déconcentrer la pauvreté

    En ligne de mire, les bulldozers non négociables de l’Anru. « L’Anru porte le même inconscient collectif que le Second Empire, celui de ne pas revouloir la révolution avec de grandes lignes vides comme des systèmes de visée au canon. L’Anru, c’est le projet haussmannien sécuritaire, avec des sols en béton lavé, des lampadaires les plus chers qui ressemblent à des épées de Dark Vador. C’est une espèce de fiction de police parfaite qui crée des ambiances urbaines minables de traumatisme collectif. »

    « Le modèle ne change pas. Les politiques publiques sont faites pour déconcentrer la pauvreté et stimuler la production de neuf », analyse la chercheuse Lina Raad, qui constate que les 165 000 démolitions de logements sociaux du premier programme de l’Anru n’ont pas toutes été compensées. « On a un déficit net de 25 000 logements sociaux et les logements reconstruits sont plus petits et plus chers. » Une note d’optimisme avec Stéphane Labatut de l’agence 8 et demi, dont les projets démontrent qu’« on peut sauvegarder des résidences avec l’adhésion des habitants ».

  • Le Château Faguest en ruines abandonné à son triste sort

    Le Château Faguest en ruines abandonné à son triste sort

    Le tribunal administratif a donné entière satisfaction à Eiffage Immobilier et Primosud qui peuvent lancer leur projet immobilier, traverse du Vieux-Moulin, 14e, à Saint-Joseph, sans avoir à réhabiliter la bastide de château Faguest, ou plutôt sa ruine inscrite au plan local d’urbanisme au titre d’élément remarquable du patrimoine bastidaire (EB 184).

    Ce devait être un « marqueur visuel historique fort » dans l’aménagement de ce quartier compris dans le périmètre de l’OAP Bessons-Giraudy qui prétend « valoriser le patrimoine bâti historique ». La bastide du XIXe en ruines est condamnée à s’effondrer puisque sa seule protection, au final, c’est de ne pouvoir être démolie sauf à modifier le PLUi. Les promoteurs n’ont en réalité jamais envisagé sa réhabilitation. Leur projet se borne malicieusement à proposer d’en conserver la mémoire par une « représentation au sol » ! De quoi douter de la portée des servitudes patrimoniales votées en conseil métropolitain.

    Le permis délivré en décembre 2023 pour la construction de deux immeubles comprenant 86 logements dont 46 sociaux, des commerces et une crèche, sur les terres de cette ancienne « campagne » marseillaise est ainsi sauvé. Les juges annulent la prescription de l’Architecte des bâtiments de France (ABF) suivant laquelle « l’intégralité des ruines de l’ancienne bastide, de l’ensemble des bâtiments constituant ses communs ainsi que les éléments constitutifs de ses jardins (bassins, escaliers, arbres remarquables), sont conservées, réhabilitées et intégrées au projet ». Reprenant le raisonnement des requérants, les juges ont considéré que le projet ne portait pas en lui-même sur l’ancienne bastide – sciemment exclue de l’assiette du projet – la prescription qualifiée d’« imprécise » sur la réhabilitation exigée et donc « illégale », ne visait pas à s’assurer de la conformité des travaux projetés.

    « Pas dans l’équation économique »

    La Ville ne fera pas appel, elle qui soutenait la prescription de l’ABF. « C’était très contraignant pour les promoteurs. La réhabilitation n’entrait pas dans leur équation économique », commente l’adjoint à l’urbanisme Eric Méry qui se satisfait d’avoir obtenu de « diminuer la densité » du projet. Il dit à présent « négocier sur la sécurisation du site » accessible au public. Le clos et le couvert ont disparu avec la totalité des charpentes et la majeure partie des travées de planchers, ce qui laisse les murs libres sur une grande hauteur. Les travaux de conservation et de sécurisation de la bastide étaient évalués en 2023 à 500 000 euros. Aucun arrêté de mise en sécurité n’a été pris à ce stade au titre de la police des immeubles menaçant ruine.

    « Il est regrettable que soient progressivement loties et densifiées les terres constituant l’ancien domaine de la bastide, cette dernière se retrouvant progressivement phagocytée par des constructions au point de perdre la lecture paysagère originelle du site » écrit l’ABF dans son avis de juillet 2023 jeté aux orties.

  • Le chantier naval Gatto contribue à renouveler la flotte de la SNSM

    Le chantier naval Gatto contribue à renouveler la flotte de la SNSM

    « Tout ça pour que la mer n’ait pas le goût des larmes », glisse Patrick Gatto dans un élan de poésie, le regard planté sur la vedette blanche et orange amarrée à quai, sur le canal de Caronte. Le petit bateau de 12 mètres vient de sortir de son chantier naval. « Ça commence avec des fûts de résine, puis il faut cinq mois et sept hommes et ça donne ce bateau en polyester ! », résume le chef d’entreprise.

    Destiné à la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM), ce bateau conçu pour des interventions rapides dans la bande des 10 milles nautiques a plus de caractéristiques que simplement celle d’être en polyester : il est « insubmersible et auto-redressable ». À l’intérieur, les technologies de pointe ornent les postes de commandement, entre caméras thermiques et logiciels de dernière génération.

    La vedette fait partie d’un lot de douze bateaux inscrit dans un « plan de renouvellement de notre flotte vieillissante », explique Martin Louchart, responsable du soutien technique de la SNSM. Pour une vedette comme ça, « le prix de base est d’un million d’euros », assure Patrick Gatto.

    Pour son financement, l’association a pu compter sur la CMA-CGM, engagée pour la sécurité maritime, particulièrement depuis le drame des Sables-d’Olonne qui avait coûté la vie à trois sauveteurs en 2019, détaille Xavier Leclercq, vice-président du groupe, qui ne souhaite pas préciser le montant du don. Quoi qu’il en soit, cette générosité est « vitale » pour la SNSM, qui fonctionne à 60% grâce à cette solidarité des particuliers et des entreprises. Pour rappel, les dons sont défiscalisés à hauteur de 66%.

  • Gérald Passedat devra raboter sa villa d’Endoume

    Gérald Passedat devra raboter sa villa d’Endoume

    Le tribunal correctionnel de Marseille a déclaré, vendredi, Gérald Passedat et sa SCI coupables de démolition et exécution de travaux non autorisés. Le chef avait fait bâtir, en 2023, une villa, impasse du Riff (7e), dans le quartier d’Endoume, avec un permis de construire de 2018 périmé.

    Le juge a ajourné le prononcé de la peine au 4 septembre 2026, laissant le temps au chef cuisinier de mettre en conformité la construction qui excède de 50 cm la hauteur maximale autorisée par le nouveau PLUi (Plan local d’urbanisme intercommunal).

    Alertée par des habitants du quartier, La Marseillaise avait révélé (notre édition du 9 janvier 2023) cette situation singulière, le service de l’urbanisme ayant, en effet, formellement rejeté, fin 2020, sa demande de prorogation du permis qui expirait alors en mars 2021, refus motivé par le fait que le projet n’aurait pas respecté les exigences du nouveau PLUi sur la hauteur de l’ouvrage.

    à l’audience du 3 octobre, Gérald Passedat avait dénoncé, par la voix de son avocat Julie Savi, « le comportement non coopératif » de la Ville de Marseille et dit son sentiment d’être « traqué », ce à quoi le procureur Guillaume Bricier avait répondu que M. Passedat était « jugé comme tout le monde ».

    Des travaux avaient débuté une dizaine de jours avant la caducité du permis. Mais, suivant une jurisprudence constante, le service de l’urbanisme et le tribunal ont considéré ces travaux préliminaires comme insuffisants et non significatifs pour valoir « commencement d’exécution » du projet. En effet, à la date de la péremption, « seuls des travaux préparatoires avaient été entrepris (études de sol, installation du chantier, dépôt de matériel de démolition, dépose du portail et de la maçonnerie d’entrée) », énonce le jugement rendu.

    Gérald Passedat avait ensuite passé outre l’arrêté interruptif de travaux délivré par la Ville de Marseille et poursuivi l’édification de sa villa jusqu’à son achèvement avec une hauteur à l’égout de la construction de 7,54 m. Pour régulariser, il lui est demandé de réduire sa hauteur à 7 m.

  • Un référé pour la carrière antique de la Corderie

    Un référé pour la carrière antique de la Corderie

    Louis Alesandrini, président de l’association ART 13, a plaidé, lundi, en l’absence de son avocat pour demander au tribunal administratif l’arrêt en urgence des travaux en cours de requalification du jardin municipal Saint-Nicolas, présumant leur impact sur la conservation des vestiges antiques réensevelis au printemps.

    « Les travaux d’aménagement du jardin vont rajouter de l’eau qui va descendre par percolation et dégrader les vestiges. L’exhaussement de 4 m de terre n’était déjà pas autorisé au PLUi. Le mur de l’immeuble de la résidence des Loges fait barrage à l’eau et ils ont rajouté en avril une bâche en plastique », a-t-il expliqué tout en pointant la caducité du permis initial. « La ville s’était engagée à valoriser ce site historique, mais sa visibilité est réduite à un bloc abrité sous quelques bouts de bois posé à la va-vite. On est loin de la promesse d’une ombrière de 160m2. Le plus vieux monument de Marseille est en train de pourrir car ils étaient tous pressés de l’enfouir. »

    Des cadres municipaux sont venus réfuter cette analyse. « Aucun élément n’est produit sur un éventuel risque qu’aurait ce projet sur la conservation du monument, a dit une directrice de l’urbanisme. La commune produit des avis favorables de la Métropole sur la gestion des eaux pluviales. Tout a été pensé avec les Affaires culturelles (DRAC) et l’Architecte des bâtiments de France pour conserver et valoriser ce site. » De son côté, le directeur de la construction a souligné que « l’impluvium [système de captage des eaux de pluie] est total sur le jardin public. On ne rejette pas d’eau de pluie. La terre absorbe, le sol fait son œuvre. C’est un jardin fermé depuis trop longtemps. C’est sa vocation de service public d’y accueillir les enfants et leurs parents ». Délibéré mercredi.