Tag: construction

  • À Marseille, leur carte de séjour a expiré, des salariés sont suspendus

    À Marseille, leur carte de séjour a expiré, des salariés sont suspendus

    Émoi chez les salariés de Kalhyge, la blanchisserie industrielle située chemin de Saint-Jean-du-désert (5e) à l’annonce par la direction de la suspension des contrats de travail de salariés dont le titre de séjour n’a pu être renouvelé. Trois salariés plongent dans l’inconnu. Parmi eux une mère de quatre enfants.

    « Vendredi après-midi, deux salariés en CDI et un autre en CDD ont reçu un coup de téléphone de la direction leur annonçant que leur contrat de travail était suspendu suite au non-renouvellement de leur titre de séjour », alerte Kamel Bouanani, délégué syndical CGT de l’établissement qui emploie 134 salariés dont environ 80% sont de nationalité étrangère. « C’est très inquiétant. Ces salariés résident légalement en France depuis de nombreuses années. D’autres entreprises sont confrontées à des situations similaires, liées aux délais et décisions des préfectures. Nous constatons également que certaines entreprises profitent de ce contexte pour ne pas remplacer les salariés concernés, ce qui engendre une forte précarisation des salariés, des difficultés organisationnelles sur les sites, et surtout un véritable vide juridique, les salariés comme les employeurs se retrouvant sans recours immédiat, la décision relevant exclusivement de la préfecture. Cette situation crée une impasse sociale et humaine inacceptable », alerte le syndicaliste.

    « Ça sera trop dur sans salaire »

    Mariama, 43 ans, mère de quatre enfants, est agent de production en CDI depuis 2023. « Le travail m’a appelé pour me dire de ne pas venir lundi car mon récépissé avait expiré. » Ressortissante comorienne, elle vit en France depuis 1998. « C’était ma 2e carte de séjour après celle de 2015. J’ai fait les démarches de renouvellement en juin avant son expiration le 23 septembre. On m’a dit que tout était ok. Puis j’ai eu une prolongation de 3 mois qui a fini le 23 décembre. » Depuis juillet 2024, les démarches sont dématérialisées sur le site Anef (Administration numérique pour les étrangers en France). « Sur mon dossier en ligne, ils me marquent que ma carte est “en construction” », ne comprend pas Mariama qui s’est rapprochée de la Cimade pour interpeller la Préfecture. « Ça sera trop dur sans salaire. J’ai quatre enfants de 9, 12, 15 et 16 ans, un loyer de 935 euros et des factures à payer. » Elle a perçu son dernier salaire de 1 700 euros et se raccroche à la promesse faite par son employeur de la reprendre dès qu’elle obtiendra la carte.

    L’UL CGT des quartiers nord avait alerté la semaine dernière du refus de délivrance par la préfecture d’une carte de séjour à un salarié de Primark.

  • Le port prévoit d’investir plus d’1 milliard d’ici 2029

    Le port prévoit d’investir plus d’1 milliard d’ici 2029

    Les résultats de l’année qui vient de s’écouler confirment que le Grand port maritime de Marseille-Fos (GPMM) « s’appuie sur des fondements solides », comme le glisse le président de son conseil de surveillance Christophe Castaner. Alors que le « schéma de la mondialisation » devient « segmenté et instable », avec une « reconfiguration des alliances maritimes » et une « repolitisation du commerce international », les chiffres présentés lors des vœux montrent une croissance positive.

    Le trafic total atteint 74 millions de tonnes, soit une hausse de 5%, grâce à une dynamique insufflée par l’évolution des vracs solide et liquide. Le transport de passagers enregistre aussi une augmentation de 4%. Avec un chiffre d’affaires de 235,3 millions d’euros (+5%), les finances se portent bien. L’investissement a dépassé les objectifs annoncés de 10 millions d’euros, atteignant 105 millions d’euros.

    Des incertitudes

    Alors que le GPMM vient d’adopter son plan stratégique 2025-2029, qui prévoit d’1 à 1,3 milliard d’euros d’investissements, Christophe Castaner souligne « un effort massif particulièrement important : trois fois plus que le programme précédent 2020-2024 ». Avec deux objectifs : « Décarboner et reconstruire un avantage compétitif durable. »

    Car si le port tient le cap, il a certaines fragilités : le trafic de containers reste tout juste stable, avec 1,45 million d’équivalent vingt pieds qui y ont transité en 2025, « alors qu’on observe une croissance des volumes passés en Méditerranée », analyse le président du conseil de surveillance. En réponse, afin d’assurer une montée en capacité de ses terminaux, le GPMM déploie notamment le projet Fos 3XL.

    En 2026, certains grands projets verront le jour, à l’instar du démarrage de Phare (le projet architectural du futur siège social et la réhabilitation de la Halle J0) ou de la première connexion à quai des bateaux de croisières, le résultat de 200 millions d’euros investis dans l’électrification depuis 2017. « Marseille-Fos sera le premier port d’Europe capable de brancher simultanément trois navires », annonce fièrement Christophe Castaner. D’autres projets sont plus incertains, comme Deos, une plateforme de construction et d’assemblage d’éoliennes flottantes sur la zone industrialo-portuaire de Fos. « Le projet se heurte à deux difficultés : son financement et sa compatibilité avec les trajectoires aériennes militaires et civiles », admet Hervé Martel, président du directoire du port.

    Plus globalement, les bouleversements liés au contexte géopolitique apportent leur lot d’incertitudes quant aux 15 milliards d’euros d’investissements privés attendus à l’Ouest. Hervé Martel assure : « On travaille pour investir sur le môle central car les projets sont là, pas totalement engagés de façon ferme et définitive, mais on prend une partie de risque pour être au rendez-vous quoi qu’il arrive. 2026, c’est l’année d’un certain nombre de décisions finales d’investissement pour ces opérateurs. »

  • Hérault : un nouveau lycée à Cournonterral à la rentrée 2026

    Hérault : un nouveau lycée à Cournonterral à la rentrée 2026

    Village situé à l’ouest de Montpellier, il a connu une nette augmentation de sa population également puisqu’entre 2016 et 2022, le nombre d’habitants est passé de 5 950 à 7 019.

    Le chantier du nouveau lycée a débuté en 2025 après plusieurs années de reports liés à l’achat des parcelles et aux autorisations administratives. L’ouverture de l’établissement est prévue pour septembre 2026.
    La Région annonce une capacité de 1 400 élèves
    et une surface de 17 000 mètres carrés.
    Il devrait proposer
    des formations professionnelles, techniques et générales, orientées vers les métiers du numérique et de l’informatique.

  • Une nouvelle mosquée va être construite à Montpellier

    Une nouvelle mosquée va être construite à Montpellier

    C’est une initiative qui s’inscrit dans le grand projet de transformation du quartier de la Mosson. Début décembre, Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de la Métropole, Cédric Grail, directeur général de la société d’aménagement de la Métropole SA3M et Ahmed Bouzaoui, président de l’association cultuelle de la Miséricorde (ACDM), qui gère la mosquée du même nom dans le quartier de la Mosson, ont procédé à la signature de deux promesses de vente.

    Une plus grande superficie

    La première va permettre à l’ACDM d’édifier une nouvelle mosquée avenue de Barcelone, sur le site de l’ancienne Tour Catalogne détruite il y a plus de 15 ans. La seconde permettra à la SA3M d’acquérir les locaux actuels de la mosquée, situés dans l’immeuble Font Del Rey. Cette copropriété de sinistre mémoire, qui doit être démolie en 2028, était devenue le symbole du logement indigne exploité par les marchands de sommeil. À l’automne 2023, la Ville de Montpellier s’était portée partie civile, aux côtés de la Fondation pour le logement des défavorisés (ex-fondation abbé Pierre) et de l’association montpelliéraine Habiter Enfin, dans une procédure contre les anciens propriétaires de la résidence. Lesquels ont écopé, en première instance, de peines de prison de 12 et 6 mois avec sursis.

    D’une superficie de 1 000 m² contre 700 m² actuellement, la nouvelle mosquée, dont l’inauguration est prévue en 2028, pourra accueillir 800 personnes (contre 486 aujourd’hui). Elle sera édifiée face à un projet d’équipement de santé de proximité, actuellement en cours d’élaboration avec des professionnels de santé du territoire. « Je suis très engagé en faveur de la laïcité et très intransigeant quand le religieux veut imposer ses vues. Mais par contre, je suis très attaché à ce que chacun puisse être respecté dans sa foi. (…) Les fidèles doivent avoir des lieux de culte adaptés pour que chacun puisse vivre sa spiritualité », a réagi Michaël Delafosse.

  • La nouvelle cuisine centrale d’Avignon se précise

    La nouvelle cuisine centrale d’Avignon se précise

    La forte augmentation de la demande de repas issus de la cuisine centrale d’Avignon oblige, la municipalité a approuvé lors du dernier conseil municipal, le samedi 20 décembre dernier, une délibération votée à l’unanimité autour de la création d’une nouvelle cuisine centrale.

    En effet, le conseiller municipal délégué à la restauration scolaire, Christian Rocci, évoque un site actuel « dimensionné selon les standards de 1999 » et donc « vieillissant, sous-dimensionné (4 800 repas par jour, avec environ 3% d’augmentation par an) et inadapté aux évolutions actuelles (+ de 1 000 couverts par jour en 8 ans) ».

    Un nouveau bâtiment dont la construction est envisagée « sur un tènement foncier du MIN ». Une structure avec un étage et 2 164 mètres carrés de surface de plancher. Elle aura donc une « capacité de production totale de 7 300 repas/jour (6 000 scolaires, 900 petite enfance et 400 adultes/seniors) », précise la municipalité. Le conseiller municipal ajoute que les « enjeux de consommation énergétique sur ce type d’équipements et la maîtrise des coûts de fonctionnement sont si forts que l’opportunité de recourir à un marché de conception-réalisation pour réaliser l’opération sera à considérer ». Mais aussi qu’une délibération ultérieure sera nécessaire « pour la définition des jurys de candidature et d’analyse des offres afin d’acter notamment le montant des indemnités de participation à la consultation ». Le montant de l’opération est estimé à 17 945 000 euros. Un projet qui devra donc être porté par la prochaine municipalité.

    Un choix fort

    Une délibération votée avec « enthousiasme » par le conseiller municipal d’opposition écologiste Jean-Pierre Cervantès, qui y voyait lors de ce dernier conseil municipal « un choix politique fort » qui « démontre qu’il est possible d’allier exigence de qualité, justice sociale et durabilité ». Il avait alors appuyé son propos car elle « marque à bien des égards l’aboutissement d’un cycle de transformation qui a été engagé par la Ville. Celui d’un passage d’une gestion privée à une régie municipale de la restauration scolaire ».

  • Un temple des arts équestres à Béziers

    Un temple des arts équestres à Béziers

    Fin 2025, Firmin Gruss, le directeur de la célèbre compagnie circassienne et fils du fondateur Alexis Gruss, a présenté un projet d’envergure mené en partenariat avec la Ville de Béziers : un conservatoire des arts équestres et de la piste sur un terrain de 13 hectares à l’entrée de Béziers.

    Présenté par la Ville comme un « ensemble architectural audacieux », ce futur sanctuaire, dont la construction devrait débuter en 2028 pour un peu plus d’un an et demi, vise à « préserver, transmettre et faire rayonner les savoir-faire liés au cheval ». Le conservatoire accueillera donc des festivals et spectacles équestres mais aussi une collection d’objets, d’archives et de témoignages liés aux métiers du cheval. À travers des technologies immersives, les visiteurs pourront découvrir les traditions équestres et le savoir-faire des selliers, bourreliers, maréchaux-ferrants, palefreniers, soigneurs, etc. La famille Gruss souhaite aussi faire de ce sanctuaire, un lieu de formation aux arts du spectacle pour les chevaux comme pour les cavaliers à travers des master-classes animées par des figures du monde équestre.

    Près de 20 millions d’euros à investir par la famille Gruss et la Ville

    Côté financement, 19,5 millions d’euros seront nécessaires. La famille Gruss a annoncé investir 16 millions d’euros, complétés par la Ville de Béziers avec 3,5 millions, notamment prévus pour l’achat des terrains et l’aménagement des voiries. L’agglomération voit en ce projet une opportunité de diversifier son offre touristique et de générer de nouvelles retombées économiques.

  • Marc Vuillemot pointe les retards de la rénovation urbaine à La Seyne-sur-Mer

    Marc Vuillemot pointe les retards de la rénovation urbaine à La Seyne-sur-Mer

    Validé par l’État en 2019, le NPNRU du centre-ville de La Seyne a connu quelques retards à l’allumage. Avec pour seule réalisation concrète la rénovation de la place Germain-Loro et du parvis des Maristes, en 2020, sa mise en œuvre a débuté en septembre, avec quatre axes : logements, commerces, équipements et espaces publics. À ce titre, 102 logements seront rénovés et une médiathèque construite à Calmette sur le site de la crèche Joseph Vincent. Les travaux sur les places Hoche, Martel Esprit et Baptistin Paul débuteront fin janvier (pour six mois), tout comme ceux de l’Îlot Calmette. Ceux de la place Perrin (4 mois), et de la place Laïk fin 2026.

    « L’habitat est la pierre angulaire du programme »

    Initiateur du projet, Marc Vuillemot relève qu’il « eût été républicain de préciser quelle équipe l’a conçu. On ne fera pas croire qu’il a fallu cinq ans pour une seule modification : la localisation de la médiathèque, et la baisse de 70 à 12 du nombre de berceaux de la future crèche. » Il pointe aussi la décision de la mairie de freiner les « opérations immobilières prévues pour reloger les familles dont les appartements vont être restructurés, en particulier sur l’ancienne école Cotton et la friche Altavilla » alors que « l’habitat est la pierre angulaire du programme ».

    Basma Bouchkara et Cheikh Mansour, adjoints au logement et à la politique de la ville, et liés pour les élections municipales (la première soutenant la candidature du second), en prennent aussi pour leur grade. Marc Vuillemot les qualifie de « girouettes » s’étant opposées à la construction des logements sociaux durant leurs mandats, avant de « plaider pour leurs créations, qualifiant de “démagogie, irresponsabilité [et] égoïsme” les positions de la majorité municipale… dont ils font partie ».

    Malgré tout, pour l’ex édile, « l’important est que les opérations puissent enfin démarrer, même s’il est peu probable que les calendriers (2026-2029), habilement programmés avant l’élection municipale, pourront être tenus ». Ce dernier appelle, de fait, « les candidats attachés à la restructuration humaniste et sociale (…) à s’engager, dans un esprit de continuité républicaine et sans esprit revanchard, à mener à bien sans le remettre en cause le programme enfin sur les rails ».

  • Rémi Esnault en droite ligne de l’action de René Raimondi à Fos-sur-Mer

    Rémi Esnault en droite ligne de l’action de René Raimondi à Fos-sur-Mer

    Il se pose en héritier de René Raimondi (ex-PS). Rémi Esnault, désigné par le maire sortant pour prendre la suite de l’action municipale menée depuis 2004, a présenté ce samedi le bilan du mandat qui s’achève, dont il espère prendre la relève en mars 2026. « C’est cet ADN fosséen d’ambition, de service public qui a été plébiscité par la population, et à juste titre, affirme-t-il. On gardera toujours cette ligne de protection. »

    Pas de rupture brutale, donc, et des dossiers bien connus du directeur de cabinet, qui compte s’appuyer sur son expérience acquise dans les coulisses de la mairie pour poursuivre certains projets, tels que la construction de la cuisine centrale dédiée aux seniors ou de la nouvelle piscine métropolitaine, l’enfouissement des lignes à très haute tension dans le secteur des carabins et le sud de la commune ou encore la création d’un réseau de chaleur à destination des équipements publics à partir des pipes de l’ancienne raffinerie Esso.

    Dans son programme, Rémi Esnault souhaite apporter une attention toute particulière au dynamisme du centre-ville. « Il faut préempter et acheter un maximum de bâtiments, les rénover, faire en sorte de choisir nos locataires, ce qui nous permettra d’avoir une vraie stratégie de déploiement commercial et d’habitat social », présente-t-il, en prenant pour exemple la Poste du centre ancien, où une esthéticienne est désormais installée.

    Une liste à moitié renouvelée

    « N’oublions pas que nous sommes une ville de gauche avec des valeurs de solidarité et de proximité et que tout ce qui se présente en face de nous ne va pas dans le même sens, on a des gens qui veulent casser le service public, qui veulent virer les employés communaux, qui veulent moins dépenser et ça, ça se ressentirait au quotidien », pose-t-il, dans une attaque à peine voilée à l’encontre de Philippe Maurizot, conseiller municipal d’opposition adoubé par l’extrême droite via le label « La Provence qu’on aime ».

    Si Rémi Esnault ne prend pas la menace RN à la légère, il assure néanmoins : « La personne qui s’est affublée de l’étiquette a perdu X et X élections. Si elle avait une quelconque crédibilité auprès des Fosséennes et des Fosséens on s’en serait aperçus depuis le temps. »

    Quant à la candidature dissidente de Jean-Michel Leroy (PS), le dauphin de René Raimondi prévient : « C’est un épiphénomène très regrettable puisque ces gens vont devoir assumer la responsabilité de leur déloyauté dans un contexte ou le RN a des appétits sur de nombreux territoires, dont le nôtre. Leur geste de rupture est encore plus grave qu’il ne l’aurait été sans la menace de l’extrême droite. »

    Rémi Esnault présentera sa liste, dont la moitié sera composée de personnes issues de la majorité actuelle, ainsi que son programme lors d’une réunion publique dont la date sera prochainement annoncée.

  • L’Arbois, cette décharge sauvage à perte de vue à Aix-en-Provence

    L’Arbois, cette décharge sauvage à perte de vue à Aix-en-Provence

    Des monticules de déchets et détritus divers à perte de vue avec en toile de fond la légendaire silhouette de la montagne de Sainte-Victoire qui se détache dans l’azur. Cézanne pris de nausée n’y mettrait pas son chevalet. L’ordure supplante la garrigue et la pinède sur le plateau de l’Arbois aux confins du territoire communal d’Aix-en-Provence. À deux cents mètres de la gare TGV, cette immense décharge sauvage attire, d’année en année, toujours plus dépôts, principalement des gravats de construction du bâtiment qui s’entassent avec des pièces de carrosserie automobile, des apports des particuliers comme une épave de bateau, un jet-ski, des matelas.

    Devant l’inertie des pouvoirs publics, un collectif citoyen « Déchargeons le plateau d’Aix-TGV » s’est créé en 2019, né de la pétition de Valentin qui cumule aujourd’hui plus de 60 000 signatures pour alerter sur ce scandale environnemental. Autorités, propriétaires fonciers privés et publics se renvoient la balle.

    15 hectares de détritus

    et déchets

    La décharge s’étend désormais sur 15 hectares. « On a atteint en dix ans des records en volumes. On estime la superficie à l’équivalent de 20 terrains de foot ici et autant de l’autre côté là-bas », pointe Frédéric, un membre du collectif qui arpente cette zone de désolation sous une pluie fine. On est au voisinage du grand site Natura 2000 du plateau de l’Arbois, si précieux pour le pastoralisme.

    Un premier site de déchets correspond à l’ancienne aire d’accueil provisoire de gens du voyage, une parcelle de 8,7 ha que la communauté d’agglomération du pays d’Aix-en-Provence louait depuis novembre 2013 à Drekra Foncier, propriétaire et ancien exploitant d’un contrôle technique de poids lourds. La commune lui a rendu le site en mars 2017 sans aucun état des lieux mais avec des monticules de déchets évalués à 41 000 m³, précise un jugement de la cour administrative d’appel validé par le Conseil d’État en juillet 2025 et qui considère que Dekra ne peut être regardée comme responsable de ces déchets et qui annule la mise en demeure par la commune d’Aix en avril 2020 de les éliminer. Le jugement rappelle que « les contrats conclus prévoyaient notamment une prise des lieux “dans l’état actuel”, à charge pour le preneur d’aménager le terrain et de le restituer en bon état d’entretien, étant précisé que le preneur s’engageait particulièrement à se conformer aux obligations relatives à l’élimination des déchets ». En octobre 2020, une parcelle de 5 000 m² du conseil départemental a été dépolluée de 1 320 m³ de déchets. On estimait alors à environ 250 000 m³ le volume de déchets abandonnés sur l’Arbois, considéré comme la 3e plus grande décharge sauvage de France.

    « Ils se moquent de nous »

    « On était à 6 millions d’euros de budget d’enlèvement des déchets mais depuis deux, trois ans, le même schéma se reproduit sur ce site limitrophe et là un nouveau cycle démarre. Il y en aura pour 10 à 12 millions d’euros. Le déchet appelle le déchet. Les gens voient que c’est un dépotoir alors ils jettent. Je parie que dans 10 ans, ils seront encore là », assure Frédéric. « La Ville d’Aix ne s’en occupe pas du tout. Ils se moquent de nous. Ils essayent de renvoyer la faute sur les autres. On demande un rendez-vous à Mme Joissains depuis septembre », déplore Béatrice.

    Les gens d’ailleurs pensent qu’on est sur le territoire de Vitrolles et ne se doutent pas qu’on est au point le plus reculé de la commune d’Aix. « En réalité, c’est tout le département qui vient jeter ici. S’il y avait un feu l’été, avec les pneus, les huiles, les pots de peinture, les produits chimiques, ça serait assez catastrophique avec le mistral. C’est urgent de s’en occuper. » Pour le collectif, c’est un environnement et une réflexion complète autour du déchet qu’il faut repenser : « Comment on les produit, qui les paye, quels sont les accès aux déchetteries et les filières de retraitement. Aujourd’hui, c’est devenu de plus en plus difficile d’accéder à une déchetterie. On a des quotas pour rentrer. Quand on arrive, les bennes sont pleines. Il faut un vrai raisonnement mais pas seulement sur l’Arbois. »

  • La folie du carnaval infuse à Martigues

    La folie du carnaval infuse à Martigues

    C’est une drôle de scène qui s’est déroulée sur le parvis du rond-point de l’hôtel de ville, jeudi 18 décembre. Debout sur une estrade montée devant l’espace Simone-Veil, trois honorables membres du jury carnavalesque jugent, chronomètre à la main, le record de lancer de ligne de pêche d’un champignon. Muni d’un panneau, un dinosaure passe sporadiquement, intimant au public tantôt d’applaudir, tantôt de se taire. Le moteur d’une moto retentit. Un homme débarque pour devenir à son tour officiellement le meilleur de son domaine : le plus long regard dans le vide, « sans penser à rien ».

    Si rien de tout ça n’est réel, une chose l’est bel et bien : l’inauguration du QG du carnaval de Martigues, qui se tiendra le 7 février 2026. L’événement a beau être festif et fantaisiste, la Ville prend son organisation très au sérieux. « C’est une tradition ancrée, un outil fort de la politique culturelle, explique Santillane Sabouret, en charge de son organisation. Le carnaval résulte chaque année d’un travail de concertation entre des compagnies d’art de rue et les habitants, c’est un temps de création collective et de transmission de savoir-faire. »

    Faire ensemble

    Cette année, c’est la compagnie Camélopard qui s’occupe de la direction artistique de la fête. L’association culturelle arlésienne avait déjà pris part à l’organisation en 2025 en menant des interventions dans les maisons de quartier et les centres sociaux « avec des ateliers sur le recyclage pour montrer comment on peut construire des triporteurs, des mini-chars ou des costumes à partir de matériaux déjà utilisés, dans une volonté de favoriser l’économie circulaire », explique Laura Pazzola, metteuse en scène et comédienne.

    « On va continuer avec cette philosophie mais cette fois, on a un lieu qui sera ouvert, tout le temps, pour que les habitants aient un endroit où se retrouver pour fabriquer leurs accessoires, échanger des idées ou juste boire un café », poursuit-elle.

    L’espace Simone-Veil sera tenu par la direction culturelle de la Ville du lundi au mercredi. Le vendredi, la couturière, le constructeur scénographe et la metteuse en scène de la compagnie Camélopard animeront l’espace de 11h à 20h. « On a du matériel de base pour le défilé, chacun pourra venir demander conseil et prendre part à l’écriture du carnaval en imaginant des tableaux tout le long du parcours », dont on sait déjà qu’il démarrera de la place des Martyrs, à Jonquières.

    Laura Pazzola est enthousiaste : « Le fait d’avoir un QG qui appartient à tout le monde va permettre d’embarquer les gens dans une aventure qui devient une expérience collective. (…) Pour nous, ce qui est important c’est certes la journée même, donc la déambulation, cet événement festif, mais le carnaval c’est aussi tout ce qui se passe avant, le fait de se retrouver, de tisser des liens, de rêver, de s’amuser ensemble. »

    Marceline Zéphir, conseillère municipale déléguée au carnaval (PCF), affirme : « C’est d’abord une fête populaire. » « Pour arriver à ça, la Ville met à disposition les moyens qu’il faut, avec un lieu dédié mais aussi une plus-value artistique. Non seulement ça fait travailler des compagnies et le milieu de la culture, mais ça donne une dynamique extraordinaire à cet événement qui se fera avec des gens ordinaires. »

    Pour l’élue, « vouloir faire la fête, vouloir le vivre-ensemble, vouloir préparer des choses collectivement, c’est encore plus important maintenant qu’avant ». « Dans le monde délétère qui se profile, le carnaval devient un acte de résistance », assure-t-elle. De résistance, mais aussi de liberté. « Juste un mot : le ridicule ne tue pas », lance Patrick Eleonore, un grand expert des carnavals selon Laura Pazzola, à l’assemblée. « On est là pour s’amuser, on souffre déjà assez le reste de l’année. »